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vendredi 7 novembre 2014

Le fantôme de l'Opéra(tion grippe A) – partie 1

Prologue

–Pfff, encore un fichu article publicitaire pour inciter les gens à se faire vacciner contre la grippe. Et toujours avec les mêmes vieux arguments moisis en plus... ça en devient lassant tout de même!

Délaissant mon ordinateur, je me levai pour aller me chercher un scoobiscuit. Le chien se leva également, trouvant que c'était manifestement un riche idée. La sonnerie caractéristique de Skaïpe™ m'interrompit. Fichtre : un appelant inconnu qui se faisait appeler "Gorge Pro" tentait de prendre contact... bien qu'assez perplexe quant à l'identité de ce mystérieux interlocuteur, j'acceptai la communication. Le visage dissimulé par filtre mosaïque, un individu apparu à l'écran. De sa voix déformée par un procédé électronique, il s'adressa à moi :
–Bonjour papa Hérisson...
–Ah bon sang! C'est vous Paul Bismuth? Qu'est-ce qui vous prend de vous présenter avec ce pseudo à la con? "Gorge Pro"... j'ai failli ne pas vous reconnaître, et refuser la comm'...
–Je... euh... c'est à dire que c'est vous qui avez décidé de me baptiser "Paul Bismuth". Moi j'avais choisi "Gorge Profonde" je vous rappelle.
–Non mais clairement y a pas moyen : je sais que vous êtes employé de Sexshop, mais franchement, ça envoie pas du rêve. Et arrêtez avec la voix déformée et la mosaïque sur la tronche, j'ai l'impression de causer à une prostituée des pays de l'est en train de témoigner dans Zone Interdite.
–Hum... oui, bon. Quoiqu'il en soit, vous n'avez guère avancé depuis notre dernière conversation...
–Ah vous trouvez vous! Vous êtes passablement gonflé quand même! J'ai écrit deux pavés : un sur le système immunitaire, et un sur les maladies! Je ne sais pas ce qu'il vous faut de plus...
–Déjà deux articles, et toujours rien sur les vaccins...
–Vous êtes marrant vous! Vous ne m'avez pas filé des masses de tuyaux sur la question non plus figurez-vous. Pour un "mystérieux informateur", vous êtes grosso modo aussi utile qu'un slip dans une partouze...
–Hum. Très bien, alors j'ai du lourd pour vous. Rendez-vous devant l'obélisque.
–Dites, je sais que vous prenez votre rôle d'informateur du Watergate à cœur, mais : 1/Washington DC c'est pas la porte à côté, 2/je ne m'appelle pas Crésus, 3/j'ai franchement autre chose à foutre que de me taper 5000 bornes pour entendre vos délires.
–Euh, non, je parlais de l'obélisque de la place Vendôme...
–Dites, je sais que vous prenez votre rôle d'informateur du Watergate salon de l'érotisme à cœur, mais : 1/Paris c'est pas la porte à côté, 2/je ne m'appelle pas Crésus, 3/j'ai franchement autre chose à foutre que de me taper 500 bornes pour entendre vos délires.
–Venez, vous ne le regretterez pas! Rendez-vous demain à 14h. #blip#
Il venait de couper la communication, le fourbe. Que faire? Et s'il disait vrai et qu'il avait des informations importantes? Mais je ne pouvais décemment pas abandonner maman Koala et les gnomes ainsi plusieurs jours. Et le chien alors? Qui allait s'en occuper. Bon aller, fuck la prudence, on y va tous.
–Les gnomes! Maman Koala! Le chien! Tous à la Hérisson-mobile, on file à Paris, on a un mystère à résoudre!
–Ouaiiiiiiiih!

Le Scooby Hérisson-gang

Le lendemain, nous arrivâmes au lieu du rendez-vous, avec quelques minutes d'avance. Une foule inhabituelle était présente place Vendôme, et en sus de la colonne éponyme  dont l'érection fut commandée par Napoléon, se trouvait une sorte d'immense structure gonflable verte.


–Oui je sais ce que vous vous dites, énonça une voix rauque derrière nous, la forme est évoque, n'est-ce pas?
Nous nous retournâmes. Devant nous se trouvait un homme en imperméable, tentant vainement de dissimuler son visage dans l'ombre de son chapeau de feutre.
–Tient salut Paul. Vous êtes physionomiste pour avoir réussi à nous retrouver dans cette foule dites donc. Oui, concernant le gros machin vert, je me disais justement que ça ressemblait à un...


... sapin de Noël. Mais il manque les...


... boules et puis c'est encore un peu tôt pour installer un sapin je trouve.
–Un... sapin!!?? Vous trouvez que ça ressemble à un sapin vous!!!???? Mais vous êtes aveugle ou quoi?
–Bin que voulez-vous que ça soit? Un missile intercontinental écolo? Un étron du géant vert?
–Rhaaaa! C'est pourtant évident voyons, c'est un gros...


... dispositif publicitaire géant pour les vaccins, c'est clair! Une manipulation de ceux qui tirent les ficelles!
Paul commençait à s'énerver et à s'agiter. Je tentai de le calmer, en vain.
–Je vais vous le prouver! Si je trouve le responsable, je vais l'obliger à parler.
Et il s'élança dans la foule. Nous tentâmes de le suivre, mais la densité de la foule nous en empêcha. quelques minutes plus tard, un cri attira notre attention dans un recoin de la place. Un homme assez âgé avec une barbe blanche assez fournie était assis par terre, blessé au visage. Du doigt, il désigna une ruelle voisine. Ne doutant pas qu'il nous montrait la direction prise par son agresseur, nous nous élançâmes dans la direction indiquée. Au coin de la rue, je butai sur la dépouille de Paul Bismuth et dans ma lancée je chutai lourdement au sol. A quelques mètres de nous, une mystérieuse silhouette en noir masquée de blanc brandissait une seringue géante, tel un terrifiant fantôme de salle d'opération, prêt à bondir sur moi. Mais l'arrivée du chien, de maman Koala et des enfants le mit en fuite : il s'éclipsa dans une ruelle perpendiculaire. Je tentai de le rattraper, mais percutai brutalement une jeune femme qui arrivait en sens inverse. Trop tard : le fantôme de l'opération avait disparu.
Ouhlala Sammy!

J'aidai la femme à se relever.
–Désolé mademoiselle, je poursuivais un criminel masqué.
–Oui, je l'ai vu passer... mais... vous êtes de la police?
–Je suis papa Hérisson. Et voici maman Koala, les gnomes et
Scoubidou le chien.
–Oh! Je suis contente de vous rencontrer, j'adore ce que vous faites!
–Ah. Et vous êtes?
–Place Vendôme.
–Euh, non, je veux dire, votre nom?
–Ah pardon : Odile. Odile Deray. Je suis l'attachée de presse de M. Mc Carthy, l'artiste qui a érigé la sculpture sur la place...
–Ah non, l'érection de la colonne, c'est un coup de Napoléon, et ça ne date pas d'hier.
–Ah... euh, non, je parlais du... de la... la grande sculpture verte.
–Ah. Donc c'est une œuvre d'art. Bon bah écoutez, pourquoi pas hein... y en a bien qui exposent des urinoirs après tout.
–Papa Hérisson, nous interrompit maman Koala. Paul Bismuth ne bouge plus!
–Bah. Il aime bien faire le con. Je veux dire... euh, il est mort?
–Euh... non, il ronfle. Je crois qu'il dort. Il a un seringue plantée dans le croupion.
–Diantre! Sûrement un coup du Fantôme. Du calme Scoubi le chien, c'est surement pas un vrai fantôme.
–J'entendais des témoins : apparemment, Paul se disputait avec le vieux quand le fantôme les a attaqué.
–Le vieux? Mais quelle mouche l'a... tiens!?
Le chien reniflait la main de Paul, ce qui attira mon attention : Paul tenait un bout de papier. Il était déchiré, mais on pouvait y lire les mots :

"–Oh! Regardez : un indice!"
–"Sub... Ros..." Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire? Sub Rosa peut-être? Un coup des Rose-Croix? Des francs-maçons? Des Illuminati? Des chinois du FBI? De la conspiration des Fleuristes Coulrophobes?
Nous fûmes interrompus par l'arrivée de la police. L'interrogatoire fut sans concessions...

"–N'essaie pas de me faire croire que t'es blanc comme neige!"


1. Pouvez-vous nous relater les faits?

Comme nous l'avons déjà dit, si le principe de la vaccination repose sur le principe simple suivant : lorsque notre organisme est exposé à un germe (virus ou bactérie), il a tendance à "mémoriser" la signature des antigènes rencontrés, afin de poutrer plus rapidement la margoulette de ces inconvenants à grands coups d'anticorps lors de leur rencontre suivante. Et ça marche. En principe.
Ramón le globule blanc, ici déguisé en Pape petit dragon, fait des bulles anticorps pour piéger les bactéries.

A l'origine donc, on se vaccinait contre la variole (une vraie saloperie ce truc), en se mettant en contact avec la forme bovine de la maladie (variole des vaches aussi appelée vaccine), qui était en réalité issue du cheval (on aurait donc du parler d'équination et non de vaccination finalement... une sorte de remède de cheval). Ce principe empirique, fut ensuite formalisé, explicité et théorisé, principalement par Pasteur, d'où la paternité qu'on lui accorde sur la question.

Les premiers vaccins furent donc composés à partir de cultures des souches bactériennes ou virales atténuées ou venant d'une autre espèce (et donc moins ou pas pathogènes pour l'homme). Évidemment, cela n'alla pas sans quelques incidents.


2.  Des "incidents" dites vous... Justement des témoins vous ont vu en train de...

... multiplier des germes dangereux!

Bin oui : pour fabriquer les vaccins, il faut des souches virales ou bactériennes. En nombre. Et donc, il faut bien multiplier les virus, ou les bactéries, pour obtenir ces souches. Pour les bactéries, c'est en général assez facile, car elles se reproduisent par mitose (souvenez-vous!). Mais pour les virus, c'est une autre paire de manches, puisqu'ils ne se reproduisent qu'en infectant des cellules. Il faut donc faire une culture de cellules pour multiplier le virus. Plusieurs cas de figure possibles :
  • des cellules humaines sont nécessaires (virus spécifique à l'homme) : dans ce cas, pas le choix il faut des cellules humaines capables de se multiplier. On utilise donc généralement des cellules issues d'embryons humains avortés congelés (souche de culture cellulaire WI-38 et MRC5 par exemple). Véronique Courjault voulait en fait se lancer dans la vaccinologie.
  • des cellules animales (espèce proche de l'homme) peuvent faire l'affaire : dans ce cas on utilise par exemple des cultures cellulaire dérivées de cellules du rein du singe vert africain (souche de culture cellulaire Vero)
    "–Désolé Babouche, c'est pour la science...
    –Euh... Dora, pose ce scalpel s'il-te-plait..."

Le problème, c'est que ces cellules n'étaient forcément saines de base. De fait, dans les années 90 on avait déjà dénombré une soixantaine de virus infectant les cellules d'origine (du singe vert) utilisées. Et du coup, certains vaccins, tirés des souches virales obtenues par multiplication dans les cellules sus-nommées, se sont retrouvées contaminées par des virus du singe vert. C'est ainsi le cas des vaccins contre la polio produits jusqu'en 1963, qui étaient contaminés par le SV40, lequel SV40 a donc infecté la plupart des personnes vaccinées à l'époque. Dommage puisque ce SV40 semblerait avoir des effets cancérigènes (souvenez-vous : Christophe Lambert, Akira, tout ça...).

Notez que cet incident du SV40 est probablement a l'origine de légende concernant le Sida qui se serait échappé d'un laboratoire. D'aucun estiment en outre que le VIH, très probablement issu du VIS, aurait peut être contaminé l'être humain de la même façon, via des lots de vaccin antipolio ou de vaccins antivariole contaminés par le VIS. Néanmoins, cette hypothèse n'a pas été démontrée à ce jour.

Et puis il y aussi ces histoires de vaccins qui ont refilé la maladie...


3. Et je suppose que le coup est parti tout seul ?

Pour que le système immunitaire apprenne à réagir aux germes, il faut bien faire les présentations.
"–Salut raclure!
–Salut minus!"
 Au début, on utilisait surtout des germes entiers atténués...


–C'est pas un peu risqué d’inoculer un germe, même atténué?

Théoriquement non. Mais en pratique... si parfois. Ainsi, il arriva que des vaccins à germes entiers atténués retrouvent leur virulence et deviennent alors infectants, comme dans le cas du Cutter Incident. Quoi? Vous n'avez jamais entendu parler du Cutter Incident? C'est normal, on en parle peu en France (même Wikipedia n'a pas d'article en français dessus).
En 1955, eu donc lieu le Cutter Incident. L'entreprise Cutter faisaient partie des laboratoires choisis par le gouvernement américain pour produire le vaccin "Salk" injectable contre la poliomyélite (oui, encore). Malheureusement, les souches virales n'avaient pas été parfaitement inactivées, et sur 120 000 enfants ayant subi une injection, 40 000 développèrent une forme de polio dite iatrogène (causée par le vaccin si vous préférez).
    "–Docteur... c'est normal que ça fasse ça?
    –C'est une petite réaction inflammatoire, ça veut dire que votre système immunitaire réagit.
    –Ah..."
Pas de chance hein? Mais bon un accident peut toujours arriver hein... ou deux. Deux? Oui, deux.

En 1963, GSK produisit un nouveau vaccin antipolio (décidément, il a la poisse celui-là) par voie orale à germes entiers baptisé "Sabin". Le Sabin s'avéra provoquer lui-même un nombre non négligeable de cas de poliomyélite par réactivation de son germe (on parlera de polio iatrogène). Certaines sources évoquent même jusqu'à trois fois plus de cas de polio iatrogène que de polio "sauvage" dans les pays industrialisés. Sans compter des cas de paralysie similaires à ceux induits par la polio elle-même. De nombreux pays sont d'ailleurs revenus au vaccin injectable.
C'est toujours sympa de choper la maladie en se faisant vacciner.
De nos jours les vaccins utilisent de moins en moins les germes entiers, mais plutôt des extraits de leurs antigènes (les molécules spécifiques à leur surface... leurs papiers d'identité en gros) avec des adjuvants pour tromper le système immunitaire.
Vas-y Ramón! Mords-y l’œil!


4. Des "adjuvants"? Vous aviez donc des acolytes !

Le corps humain peut être affecté par une très grande diversité de poisons, dont les modes d'actions sont extrêmement variés (j'en parlais déjà ici).

Certains nécessites des doses importantes (certaines substances, considérées comme sans danger, deviennent d'ailleurs nocives à forte dose). D'autres sont toxiques à dose infime (les perturbateurs endocriniens par exemple). Beaucoup de ces substances toxiques sont déjà présentes dans notre alimentation par le biais des additifs à la con que les industriels y introduisent.
Rayon des sodas et boissons énergétiques d'un supermarché.
Parmi ces substances nocives, on retrouve aussi de nombreux métaux toxiques : l'arsenic, le plomb... mais aussi mercure, aluminium... Notons que ces deux derniers se retrouvent fréquemment dans la liste des adjuvants utilisés pour la fabrication des vaccins. Logique. Chuuuut, si, c'est normal. On va dire que les doses sont faibles hein... Mais le problème, c'est que tous ces poisons peuvent être cumulatifs et/ou interagir dans une sorte d'effet cocktail. De vraie bombes à retardement.

Dans un vaccin donc, il n'y a pas que le virus (ou la bactérie, ou les seuls antigènes). Il aussi toutes sortes d'additifs remplissant différentes fonctions :
  • Déjà le liquide qui sert de support : généralement du sérum physiologique, tout simplement pour que le vaccin soit isotonique avec le sang. Ça, c'est pas dangereux.
  • Ensuite, une solution tampon : destinée à ce que le pH du vaccin soit le plus proche possible de celui du sang. Ceux qui ont des souvenirs des cours de chimie au lycée apprécieront...
  • Et puis il y a des adjuvants, destinés à renforcer la réponse immunitaire de l'organisme : ils sont censés pousser les lymphocytes à produire des anticorps spécifiques en quantité. Parmi les plus connus : le squalène , l'aluminium...
    Sous l'effet du squalène, Ramón à tendance à se lâcher un peu sur les anticorps...
  • Des antibiotiques et des antiseptiques destinés à empêcher la contamination des vaccins par d'autres germes, et/ou à inactiver les germes utilisés dans les vaccins.Pour y parvenir, on utilise des substances sympa telles que : formaldéhyde (formol), phénols et apparentés, mercure, thiocyanate de potassium, etc...
  • Divers détergents utilisés pour stériliser/nettoyer le matériel
    "Mon eau de Javel? Ah non désolé, je l'ai filé au docteur pour son vaccin..."
  • Divers édulcorants (pour les vaccins par voie orale), tels que l'aspartame, si sympathique.
Récemment, c'est surtout sur ces fameux additifs (en particulier l'aluminium et le squalène) que la polémique a porté. Et toute la question est de savoir si :
  1. ces adjuvants sont vraiment inoffensifs
  2. le rapport bénéfice/risque est favorable
  3. on nous prend pour des cons
Soyons clairs : objectivement il est pratiquement impossible de trancher sur la base de données factuelles, pour la bonne et simple raison que les études se suivent et se contredisent. En même temps, on voit mal les labo pharmaceutiques nous pondre une étude venant dire que "oui ces adjuvants sont moisis et vont foutre le dawa dans votre organisme, mais que bon hein oh ça va bien quand même!" : ça s’appellerait scier la branche sur laquelle on est assis.

Prenons l'exemple du squalène : il a été suspecté de pouvoir causer certaines maladies auto-immunitaires.

Pour rappel, une maladie auto-immune (ou auto-immunitaire), c'est une maladie causée par le fait que votre propre système immunitaire s'attaque à votre propre organisme (en général, spécifiquement à certaines parties ou certaines substances). Par exemple, la sclérose en plaque dont on parle beaucoup en ce moment car le nombre de cas augmente, et dont les causes restent officiellement inconnues, est une maladie dans laquelle Ramón le globule blanc s'attaque à la myéline qui gaine les fibres nerveuses du cerveau et de la moelle épinière et les nerfs optiques.
La meilleure définition d'une maladie auto-immune que j'ai pu trouver.

Certaines études montrent pourtant des effets néfastes sur les rats à haute dose par exemple. Études que les laboratoires s'empressent de disqualifier avec cet argument massue :

–Nan mais bon, les rats, c'est pas pareil que les humains hein! C'est pas transposable, ça prouve rien.

Argument manifestement considéré comme valide par certains agriculteurs de la FNSEA... Mais notons toutefois que lorsque  ces mêmes rongeurs sont utilisés dans le cadre d'études montrant l’innocuité de leurs produits, les labos sont rapidement moins critiques sur la nature de la bestiole. Faites ce que je dis... Bon : l'OMS estime qu'il n'existe pas de preuve déterminante, et la question n'est pas tranchée à ce jour.

Le truc, c'est que le corps produit lui-même du squalène, qui stimule la production d'anticorps. Ce qui fait dire aux labos que le squalène c'est forcément pas dangereux du coup.  Si je poursuis dans cette logique, le corps produisant du caca, on peut en injecter sans danger dans les veines des gens, leur en faire bouffer et même leur en balancer dans les yeux. Ça explique certainement la qualité de certains plats cuisinés et de beaucoup de programmes télé.

Mais en même temps, certains biologistes se demandent si son introduction comme adjuvant dans un vaccin ne pousse pas justement l'organisme à le considérer comme un ennemi. D'où : maladie auto-immune.
"–Rends-toi le Squalène! Tu es repéré!"

Pour l'alu, c'est un peu différent. C'est un toxique (neurotoxique) reconnu, qui possède en outre la fâcheuse propriété de traverser la barrière encéphalique (voir ici, p.13). On le soupçonne d'ailleurs de liens avec Al Qaïda Alzheimer. Il pourrait être aussi responsable de la controversée Myofasciite à macrophages qui provoquerait des lésions musculaires et des douleurs (tient tient... comme dans le syndrome de la guerre du Golfe... ça alors). Les labos affirment que les doses présentes dans les vaccins sont sans danger. Le problème c'est qu'on trouve de l'aluminium partout dans notre environnement industrialisé, et que du coup les doses se cumulent...

Et puis certains vaccins,dont celui contre la grippe A par exemple, contiennent aussi du mercure : neurotoxique lui aussi. Certains médecins soupçonnent que ça pourrait être lié aux cas de narcolepsie qui se sont parfois déclenchés chez les personnes vaccinées contre cette grippe.

–Tiens donc... Il va falloir qu'on tire cette histoire au clair : le labo vient de me prévenir que votre copain là, celui que vous appelez Paul Bismuth, il s'est mangé une dose de vaccin contre la grippe A dans le fondement. Le toubib dit qu'il roupille parce qu'il fait de la narcolepsie. Comme par hasard... Alors je prolonge votre garde à vue, car il reste des questions sans réponse...


A suivre...



Diable! Cet inspecteur n'a pas l'air commode... que de temps perdu! Et pendant ce temps, celui qui a empoisonné vacciné Paul Bismuth court toujours. Mais que signifiait donc l'indice de Paul : Sub... Ros... Et qui peut bien se cacher derrière le "fantôme" de la place Vendôme? Se pourrait-il qu'il s'agisse de...
... Sophie Marceau? En roue libre comme dans Belphégor?
Vous le saurez au prochain épisode : Le fantôme de l'Opéra(tion grippe A) – partie 2

lundi 20 octobre 2014

Walking scared : l'invasion des maux des vivants

Prologue

C'était arrivé insidieusement, sans que l'on se rende compte vraiment du moment ou tout avait basculé. Certains nous avaient averti du danger... on les avait traité de fous. Et pourtant... Au début, il n'y avait eu que quelques cas... mais ils s'étaient vite multipliés. Dépourvus de la moindre intelligence, leur propagation était quasi virale. N'importe qui pouvait être touché : de simples inconnus, des voisins, des proches même, nul n'était à l'abri. Votre meilleur ami pouvait soudain succomber à son tour, propageant la terreur à son tour : l'invasion avait commencé, et on ne pourrait plus l'arrêter.

Comme on le voit, la progression est implacable...

–Tu... tu vas sortir??! Tu n'as pas peur de la contagion?
–Je sais oui. Mais... il faut bien qu'on mange! On ne tiendra pas éternellement sur nos réserves!
–Je le sais bien mais... ils sont partout, ils sont si nombreux... On les voit passer parfois, le regard vide, la tête penchée, la démarche erratique! Tu ne peux pas prendre le risque de laisser entrer ça chez nous!
–Je serai prudent, t'inquiète, ils ne m'auront pas! Tu me connais, je sais me défendre : je ne suis pas décérébré moi! Au pire, j'ai une pelle dans le coffre de la voiture, ah ah ah!
Maman Koala esquissa un sourire forcé qui peinait à masquer son inquiétude. Je l'embrassai, la serrai dans mes bras, et sorti en refermant consciencieusement derrière moi.
Toujours viser la tête : c'est là que se trouve le problème.

 A cet instant, un bruit dans la rue me fit sursauter. Une silhouette vaguement humanoïde, vacillante s'avançait avec difficulté. Elle émit une sorte de grognement, puis une espèce de râle inhumain, tandis que des fluides non identifiés se répandaient au sol. S'approchant de moi, la créature au regard vitreux agita sa main dans ma direction. J'étais pétrifié, trop tard pour lui échapper :

–Teuheu... teuheu... *xnirf*... Rhaaa, fichue grippe, articula péniblement mon voisin. Ça va la petite famille? *xnirf*
–Ça va, ça va, enfin mieux que vous apparemment, répondis-je.
L'homme étouffa un éternuement dans son mouchoir.
–*xnirf* Rhaaa oui, m'en parlez pas ce fichu vaccin contre la grippe n'a pas marché *teuheu* Je suis malade comme un chien.
–Moui... vous feriez mieux de vous mettre au chaud dans votre lit et de vous reposer.
–*teuheu* C'est ce que je vais faire, je reviens de la pharmacie avec mes médocs. Allez, bonne journée! *Reuuuu, teuheu*


Le voisin s'éloignait d'un pas chancelant, mais une autre silhouette venait d'entrer dans mon champ de vision : tête penchée, démarche mécanique, regard vide... c'était l'un d'entre eux à l'évidence. Il s'agissait de Kevin, le fils d'un autre voisin. Peste soit de cette maudite épidémie! Marchant tel un zombie, l'esprit ailleurs et les doigts pianotant frénétiquement sur son smartphone,  il me croisa sans même me jeter un regard, occupé à Touïter je ne sais quelle futilité. Un lolcat dans le meilleur des cas. Ouf!

M'enfermant dans l'habitacle de ma voiture, je nettoyai immédiatement mes mains à l'aide d'un gel hydroalcoolique : dérisoire barrière contre les nombreux germes omniprésents en cette saison. Insérant la clé de contact, j'allumai le moteur. Immédiatement, l'autoradio se mis à crachoter :
 

#... nistre de la santé : un premier cas suspect du virus en France. Dans quelques minutes, nous allons poser la question à notre spécialiste santé, Jean-Daniel Faipachier : est-ce qu'on va tous crever? En tout cas, la jeune femme suspectée d'être atteinte du virus Ebol...#

Je coupai précipitamment le son! C'était limite : j'avais été négligent, imprudent, j'avais failli être atteint. Contaminé moi aussi par la psychose ambiante, aussi stupide qu'irrationnelle, qui s'était emparée des médias au sujet du virus Ebola. Déjà, on voyait partout ces abrutis marchant le regard vide et la tête penchée sur leur smartphone, en train de multiplier les Touïtes répandant leur trouille dans le monde entier. Se demandant si Ebola n'était pas le virus de la fin du monde
, en émettant des petits bruits de pets liquides. Et pourquoi pas le prélude à une apocalypse zombie pendant qu'on y était? Rhaaaa! Heureusement que la frousse n'est pas vecteur de contagion : la moitié de la population mondiale y serait déjà passé. Je changeai la station de radio pour passer sur Mélancolie FM. Un peu de musique de vieux l'ancienne génération me changera les idées.

#...♫♪ Je suis malaaaaaadeuh... complètement malaaaaaaadeuh♪♫...#


Et merde.


Et oui, comme le montre donc la carte un peu plus haut : les Touïtes® paniqués au sujet d'Ebola (et plus généralement de toute épidémie plus ou moins médiatique) progressent considérablement plus vite que la maladie elle-même. Songez qu'on n'a même pas encore un seul cas autochtone en France à l'heure où j'écris ces lignes. Il est donc prouvé que la connerie est contagieuse, et que son vecteur est Touïteur®. Soyons clairs :  je ne dis pas qu'Ebola n'est pas dangereux hein, juste que pour le moment la maladie est circonscrite à une certaine région du monde, dans laquelle il a fait moins de morts que les accidents de la route ou le tabac dans notre pays. Du reste, les conditions de soins, de vie, de santé, de contrôle de la contamination (etc...) ne sont pas les mêmes. Mais que voulez-vous : les maladies font peur, car on ne comprend pas comment elles tuent, comment elles se transmettent. La plupart des gens ignore comment elles fonctionnent. Heureusement, papa Hérisson est là pour partager son ignorance ses recherches son savoir avec vous.

La dernière fois on a causé système immunitaire (souvenez-vous : Ramón et son escouade de la BAC). Mais dans le cadre de ce dossier "vaccins", il va bien falloir qu'on s'intéresse aussi à la racine du mal : la maladie elle-même. Ce qui tombe fort bien puisqu'une nouvelle fois, l'actualité me rattrape, tel le curé avec l'enfant de cœur.

Et là encore comme vous allez vous en rendre compte, le sujet est vaste. Alors oui, je sais on va encore me reprocher d'en écrire une tartine, et je vous l'accorde : le dernier billet était touffu (et celui-ci ne le sera guère moins). Mais soyons honnête : si j'ai tendance à écrire au kilomètre, ramené à une version imprimée mon texte n'était guère épais.

Je vous laisse méditer ce subtil calembour.






Fin de la récréation.

Bon, quand on parle de maladie, on pense tout de suite "microbe" basiquement. Ou cancer si on lit doctissimaux. A la limite, si on a retenu quelques notions de ses cours de SVT au collège/lycée, on se souviendra vaguement de trucs comme "bactérie" ou "virus", mais tout ça n'est pas forcément bien clair. Je vais donc essayer d'y remédier.

Alors bon, on ne va pas faire un résumé de chaque maladie existante, y a pas écrit "wikipédia" (ni doctissimaux) dans l'intitulé de ce magnifique blog :
  1. mon but n'est pas de faire ici un manuel de médecine, juste de poser certaines bases utiles
  2. sinon on va encore me reprocher de faire trop long
Et je vais essayer de ne pas dire trop de bêtises, car apparemment je suis lu (aussi) par des biologistes, des microbiologistes, des naturopathes (comme maman Koala par exemple).

    Préambule liminaire (mais indispensable) : les cellules

    Bon, déjà, il va falloir que je pose certaines bases : tout organisme vivant complexe (oui, même le vôtre sera qualifié de complexe, bien que vous regardiez parfois TF1) est composé d'un assemblage de cellules. Mais c'est quoi au juste une "cellule" ? Celui qui vient de me répondre que c'est l'endroit où on met les criminels vient de perdre son droit à la qualification de complexe.

    Et bien si vous étiez un Légo par exemple, la cellule représenterait la petite brique de base servant à fabriquer votre corps.

    Il en existe de différentes sortes, avec différentes fonctions, comme les meubles en kit de marque Iaveka™.
    Bon, évidemment, chez certains on se rend compte que la notice de montage a été mal traduite hein...
    Il y a un carton d'emballage une membrane, les morceaux de meuble le cytoplasme,la notice de montage en français traduit du suédois par Gogole™ Translator l'ADN. Si les meubles cellules sont de modèle Prokariöt Procaryote, la notice est en vrac dans la boite et les clés de montage sont rarement fournies l'ADN est libre dans le cytoplasme qui ne contient généralement aucun organite. Si c'est un modèle Eukariöt Eucaryote, plus cher, la notice de montage est placée dans un sachet et la clé de montage est fournie ainsi que des vis en rab' l'ADN est à l'abri dans un noyau et le cytoplasme contient aussi des organites tels que les mitochondries. Dans votre organisme, ce sont des cellules eucaryotes, parce que vous le valez bien.

    Ces cellules sont un peu comme vous : elles vivent, se reproduisent (par mitose, c'est à dire en se divisant), et meurent (on appelle ça l'apoptose).
    Et ainsi de suite...

     Ces bases étant posées, entrons dans le vif du sujet avec...



    1. Les bactéries


    Ce sont aussi des meubles Iaveka® cellules. Assez semblables à celle de votre organisme en fait, sauf que les vôtres sont des modèles de luxe Eukariöt eucaryotes, alors que les bactéries sont plutôt des cellules low cost Prokariöt procaryotes.

    Tout comme vos propres cellules, les chômeurs de Paul Emploi, ou les affaires judiciaires dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, les bactéries se multiplient donc par mitose. Il existe grosso modo deux grandes familles de bactéries selon le design choisi :

    ►en forme de testiboule d'abat-jour modèle Etwøalnwår, ce sont des "Coques" (streptocoquesstaphylocoquescoques à cola, etc...)
    ♫ Rond comme un ballon, et plus jaune qu'un citron...♪
    ►en forme de bibite lampe de chevet modèle Røkøsifredï, ce sont les "bacilles" (bacille de Yersindu charbonde Kochprise de la bacille, etc...)
    Un objet de goût.

    La grosse majorité des bactéries est sans danger (non pathogène). La plupart d'entre elles n'a d'ailleurs pas d’interactions particulières avec l'homme. Beaucoup d'autres interagissent, mais sont toutefois parfaitement intégrées à l'organisme humain. En effet, tel le brave travailleur immigré qui bosse comme éboueur, beaucoup de bactéries vivent en parfaite harmonie avec notre corps et son système policier immunitaire au sein du système digestif. Elles bossent dur, font 2,1 millions d'enfants, produisent de la richesse des vitamines, des micro-nutriments et de l'énergie, paient leurs impôts soutiennent activement le système immunitaire, et nettoient les ordures dégradent certains aliments non digestibles en vue de leur évacuation par le rectum. Notons tout de même qu'il peut arriver que certaines de ces bactéries (mal intégrées certainement), se mettent à dealer du shit, à rouler en Mercedes et à foutre la zone se multiplier de façon anarchique et deviennent pathogènes, comme par exemple Escherichia coli. Ces bactéries appartiennent au microbiote intestinal. On parle aussi de flore intestinale.

    Oui, la flore, pas la faune. Non les bactéries ne sont pas des végétaux mais bien des animaux. Mais les biologistes sont de grands déconneurs : ça c'est un peu l'équivalent en biologie de cette blague tordante au sujet du fou qui repeint son plafond.

    Ce microbiote intestinal est loin d'être anecdotique : il contient plus de bactéries que notre corps n'a de cellules, avec une variété de souches phénoménale. D'après de récentes études, son rôle est essentiel dans le système immunitaire. En outre, ce microbiote semble avoir des échanges privilégiés avec le système nerveux entérique. Késako me direz-vous? Et bien, sachez que des neurones (cellules du cerveau... les cellules qui cogitent quoi) on n'en trouve pas que dans le cerveau justement, mais aussi un bon paquet au niveau du système digestif, histoire de gérer ce joyeux bordel qu'est la digestion. A titre de comparaison, on estime à 200 millions le nombre de neurones de cette zone (à peine 1000 fois moins que le cerveau humain, et équivalent à celui d'un chat par exemple).

    Et ce "deuxième cerveau" semble jouer un rôle non négligeable dans la production de certains neurotransmetteurs (l'équivalent de Touïteur® pour vos neurones) tels que la sérotonine (qui joue un rôle clé dans les émotions telles que la peur, la colère, l'angoisse, le stress...). Or des expériences menées sur des souris montrent que l'échange de leurs microbiotes influe sur leurs réactions face au stress et donc sur certaines de leur capacités. L'expression "en avoir dans les tripes" prend donc un tout autre sens...

    Du coup, la diversité des bactéries de la flore intestinale (et leur état de santé) peut jouer sur certains états émotionnels, mais également sur l'apparition de certaines maladies telles que l'asthme. Oui, oui, on parle bien des minuscules bestioles qu'on a dans le colon, celles qui pataugent à longueur de journée dans la m... Bref, c'est donc bien dans le besoin qu'on reconnait ses amis.
    Et bin on n'est pas dans la merde...

    A titre d'information messieurs, aucune étude ne prouve à ce jour que vous avez des neurones au niveau de la kikoutte. Donc si vous pouviez cesser de penser avec votre b... ça serait pas mal.


    Revenons à nos moutons. Une bactérie pathogène par contre, c'est un peu comme un milliardaire étranger sans scrupule, qui méprise les normes environnementales, et le code du travail. Elle installe une succursale dans l'organisme, capte une partie des subventions publiques nutriments, multiplie ses usines polluantes colonies (au détriment de son voisinage) et s’essuie les pieds sur le code du travail oblige les organes à travailler dans des conditions déplorables.
    Ces bactéries nuisent à l'organisme de plusieurs façons :
    ►elles privent vos cellules d'une partie de leurs sources de revenus en pratiquant le dumping social nutriments
    ►elles font de la déforestation et détruisent des bâtiments classés au patrimoine émettent parfois des substances lytiques qui endommagent les tissus (pour faire de la place et se balader où elles veulent)
    ►elles polluent l'environnement en émettant un rire sardonique et en pissant à la raie des lois environnementales libèrent souvent des toxines qui nuisent, parfois gravement, à l'organisme (ex : toxine tétanique, toxine botulique, toxine diphtérique, ...)
    "Oh c'est bon hein... ces connards d'écolos de globules blancs ne vont pas nous casser les couilles antigènes pour quelques toxines!"
    Toutes les bactéries portent sur leur membrane des badges professionnels antigènes assez spécifiques, qui permettent de les identifier et de les caractériser. Du coup, le but des vaccins est de tenter de filer à vos défenses immunitaires les infos sur ces badges antigènes, pour que les bactéries soient ciblées par la brigade financière par Ramón dès leur arrivée.

    Notons que les bactéries sont généralement sensibles aux fameuses class action (actions groupées en justice) qui les font cracher au bassinet fameux antibiotiques (anti = anti + bio = vie, donc ► anti-vie), qui permettent de les tuer ou de les affaiblir. Mais primo, les antibiotiques c'est pas automatique c'est un peu comme les milices d'extrême droite : ça ne s'attaque pas qu'aux racailles des cités, ça tue aussi les braves bactéries honnêtes et bien intégrées à votre tube digestif, ce qui est vaguement fâcheux tant ces bactéries là sont bien utiles. Et secundo, les racailles, elles, sont de plus en plus résistantes à ces antibiotiques justement, ce qui fait que ça revient à pisser dans un violon.
    T'es sous antibiotique? Non? Bon bin t'es pas malade.
    Face au développement de souches bactériennes multirésistantes aux antibiotiques, l'une des voies les plus prometteuses est probablement la phagothérapie, mettant en jeu... des virus.



    2. Les virus


    Contrairement aux bactéries, les virus ne sont pas des cellules. En fait, certains biologistes hésitent même à les considérer véritablement comme des êtres vivants, un peu comme Justin Bieber.

    A l'image d'un mauvais bouquin de Bernard Henri Levy livré par Melazon™ dans une enveloppe de papier bulle, les virus sont juste constitués d'un fragment d'ADN ou d'ARN, encapsulé dans une coque de protéines : ce fragment étant juste la notice de montage du virus lui-même. Oui, le virus est du genre égocentrique. Il existe de grandes variétés de virus aux formes diverses : en bouboule, en bibite, en ressort, en module lunaire...
    La grande variété des virus.

    Le virus est un parasite : il ne peut se reproduire seul. Tel le Dom Juan de sites de rencontres, il va draguer de braves cellules sans méfiance lors de speed dating foireux, mettre un peu de GHB dans leur verre, les suivre chez elles, et en profitant de leur état second les mettre en cloque lors d'une étreinte aussi brève que peu romantique, avant de les abandonner là comme des merdes, enceintes et amnésiques. En plein déni de grossesse. Quelques temps après, elles donneront naissance à toute une tripotée de bébé virus avant de mourir (brisée par le chagrin certainement... ou par l'accouchement brutal sur le carrelage de la salle de bain peut être). A leur tour, les bébés virus deviendront de vils séducteurs de site de rencontre, et ainsi de suite...
    Résumé du fonctionnement de Meeto™
    Mais alors... tous les virus sont de gros enfoirés de machos violeurs et coureurs de jupons? Techniquement oui (puisqu'ils ne peuvent se reproduire autrement). Mais tous ne s'attaquent pas aux cellules humaines. Beaucoup de gros enfoirés de machos coureurs de jupons s'attaquent aux cellules animales ou végétales, et uniquement à celles-là. Il peut cependant arriver ponctuellement que certains virus s'attaquent à plusieurs espèces, ou passent d'une espèce à une autre : on pense que c'est le cas d'Ebola, du VIH, ou encore du SV40.

    Et du coup, certains virus ont la particularité d'affecter... les bactéries (qui sont des cellules après tout). On appelle ces virus bactériophages ("mangeurs de bactéries"), ou juste phages. Ces braves phages sont donc très intéressants pour tenter de lutter contre des bactéries pathogènes devenues résistantes aux antibiotiques.

    Intérêt : la phagothérapie (comme on a baptisé cette technique) est peu chère en termes de recherche, et difficilement brevetable (donc libre de droits). De plus si la bactérie s'adapte, le phage fera de même tôt ou tard (évolution conjointe), donc aucun risque de se retrouver, comme pour les antibiotiques, avec un médicament qui ne marche plus. De plus, les phages n'ont pas d'effet secondaire, comme par exemple flinguer les bactéries amies du tube digestif.

    Inconvénient :la phagothérapie (comme on appelle cette technique) est peu chère en termes de recherche, et difficilement brevetable (donc libre de droits). Et du coup les labos ne se précipitent pas pour la développer, vu que ça leur rapportera des clopinettes.
    Virus contre bactérie, que le meilleur gagne.
    Les antibiotiques sont sans effet sur les virus. Il existe bien quelques antiviraux (et antirétroviraux pour les virus à ARN) mais ils sont en général spécifiques, et rarement sans effets secondaires. La meilleure parade contre les virus reste encore de disposer (ou développer) des anticorps spécifiques qui reconnaissent les antigènes se trouvant sur la coquille du virus. C'est ce que propose de faire un vaccin au final. Notons toutefois que même correctement vaccinée (c'est à dire avec des anticorps qui se développent), une personne dont le système immunitaire est affaibli reste vulnérable. Le mieux est donc d'avoir une bonne hygiène de vie (éviter tabac, alcool, drogue, politique, émissions de téléréalité...) et une alimentation saine et variée de sorte que Ramón pète la forme.

    Notez la fourberie de certains virus comme celui du VIH, qui s'attaque justement à ce brave Ramón le lymphocyte T, l'empêchant ainsi de produire ces fameux anticorps, et plus généralement de faire son boulot en maravant les bactéries et les autres virus connus (puisque le lymphocyte T est la mémoire du système immunitaire justement). Un tueur de flic en somme.

    En outre, certains virus sont soupçonnés de provoquer (ou du moins de favoriser) certains cancers. C'est par exemple le cas de certaines souches de papillomavirus humain.



    3. les cancers


    Natifs du deuxième décan, si vous avez Pluton dans la Balance, vous allez douiller. Si si. Ils le disent sur doctissimaux : vous avez un cancer. Ou une leucémie. Oui, avec doctissimaux, même si vos symptômes se résument à une simple diarrhée un lendemain de bringue impliquant de la bouffe chinoise douteuse, de la bière tiède et des poppers : c'est un cancer.

    Le cancer, c'est une maladie où l'ennemi vient de l'intérieur : vos propres cellules se mettent à déconner sévère. Les causes peuvent être variées : mutation spontanée, radiations, substance toxique, virus, etc... Mais le résultat est toujours le même : une cellule tout ce qu'il y a de plus normale, se met à ricaner bêtement et à devenir immortelle. Là logiquement, elle revêt un grand imperméable et brandit une épée à tout bout de champ elle commence à se multiplier comme les trolls sur un Touït de Nadine Morano, bouffant toute la place et les ressources disponibles, jusqu'à ce que l'organisme meure. Ou devienne devienne un manga culte (mais c'est rare).
    Hin hin!

    Ça n'est pas pour rien que le cancer est redouté : il est notoirement difficile à soigner. En temps normal, des cellules cancéreuses apparaissent un peu tout le temps (mutations spontanées, exposition légère à des toxiques divers et variés, lecture de doctissimaux...), et en général, Ramón le globule blanc leur met un Quickening dans la tronche aussi sec. Mais pour peu que Ramón soit un peu faiblard, ou débordé, il peut ne plus faire face. Et les cellules cancéreuses se multiplient alors, pouvant aller jusqu'à essaimer un peu partout dans l'organisme (métastase). Et dans ce cas, ça sent un peu le sapin pour vous. Pour l'instant, les meilleures solutions proposées par la médecine consistent à :
    1. faire une ablation de la tumeur via une opération chirurgicale : on coupe ce qui dépasse. Également baptisée méthode Louis XVI.
    2. effectuer une chimiothérapie : une sorte de blitzkrieg médicamenteux, en mode "terre brûlée", puisque ça zigouille aussi bien les cellules saines que les cellules cancéreuses. J'appelle ça la méthode "Cathare".
    3. faire une radiothérapie : version médicale de l'attaque nucléaire tactique consistant à balancer des radiations sur la tumeur pour zigouiller les cellules cancéreuses. C'est tout à fait sans danger puisqu'il est bien connu que les radiations n'ont absolument pas tendance à induire des cancers. C'est la méthode dite du "Nuclear Winter".
    "On a une nouvelle technique thérapeutique en phase de test là... ça vous tente? Bon, ça va piquer un peu..."

    Bon, il y a bien des pistes de recherches qui existent pour développer des médicaments nouveaux, les cellules cancéreuses ayant certaines caractéristiques particulières. Par exemple, il semblerait que ces cellules n'utilisent plus leur mitochondries (à supposer qu'elles en disposent encore), et qu'elles produisent leur énergie par fermentation au lieu de respirer. Apparemment, certains régimes alimentaires (ou des diètes ciblées) donneraient des résultats intéressants, ou du moins favoriseraient l'effet des thérapies.

    Sinon, vous pouvez toujours tenter de faire appel au professeur Mamadou.
    Si ça se trouve, il soigne ton cancer et fait un défrag' en même temps.


    Epilogue

    #... ♫♪ J'ai la rate qui se dilate, j'ai le foie qu'est pas droit, j'ai le ventre qui se rentre...♪♫...#

    Rhaaaa! C'est un complot... changeons de station...

    #... ♫♪ Saturday night fever...♪♫...#

    On va tous creveeeeeeeeeeeeeeeeeer!






    Le début : ici