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vendredi 23 janvier 2015

Les pressions de la liberté

Vous ne serez sans doute pas passé à côté du fait que ces dernières semaines, nous avons été amenés collectivement à nous poser (ou nous reposer) un certain nombre de questions morales, voire philosophiques.
"–Tire sur mon doigt pour voir?"
 Je veux parler de questions particulièrement profondes du type :
  • Peut-on rire de tout? Et si oui, avec tout le monde?
  • La liberté des uns s'arrête-t-elle là où commence celle des autres?
  • L'expression de la liberté peut-elle outrepasser la liberté d'expression ? Et vice-versa? (elle de moi celle-là)
  • Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité mérite-t-il l'une ou l'autre? Finira-t-il par n'avoir aucune des deux?
  • Si je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, dois-je me battre pour que vous ayez le droit de le dire?
  • La première des libertés est-elle la liberté de tout dire?
  • L'impertinence satyrique est-elle soluble dans le politiquement correct?
  • Quand est-ce qu'on mange?
  • Si quand je regarde une caricature du prophète je pense à un zob est-ce que je suis Charlie?
  • Est-ce que sucer c'est vraiment tromper?
  • Vous êtes Odile Deray?
    Oui, je sais, se moquer du pape c'est blasphémer. C'est mal. Mea culpa.
  • Les pigeons sont-ils d'anciens électeurs déçus de François Hollande?

Attention, la liberté d'expression est dangereuse pour la santé

Et le rire tue. La preuve, on peut mourir de rire. Attendez... non, je confonds avec les kalach'
Il faut bien dire que la liberté d'expression c'est quand même un truc vaguement dangereux quand on la confie à des irresponsables ou des inconscients. Un peu comme une fiole de nitroglycérine entre les mains d'un parkinsonien qui a le hoquet quoi. Enfin je schématise, mais manifestement c'est grosso modo l'idée qui ressort de ce sondage IFOP à chaud (bon disons à tiède) sur la liberté d'expression : 42% des gens interrogés estimant qu'il faut éviter de publier des caricatures de Mahomet, et environ 50% des gens interrogés étant plutôt favorable à une limitation de la liberté d'expression sur internet et les réseaux sociaux (la presse papier on n'en parle pas par contre).

A priori si je comprends bien ce sondage, ça doit vouloir dire qu'un gif animé avec la caricature d'un barbu légendaire adulé par des millions de fidèles et des chatons tout kawaïs sur un blog à la diffusion confidentielle c'est mal. En revanche Eric Zemmour dégoulinant de xénophobie dans la presse papier, diffusée à des milliers d'exemplaires, c'est bon, ça va.
Oui, je sais... j'ai hésité à mettre plutôt cette image, mais je n'ai pas osé. Je me suis autocensuré, je suis lâche, pardon. Mais faut me comprendre : j'ai une femme avec de magnifiques jambes à la fourrure toute douce, deux gnomes, trois chats, deux chiens et un hérisson...
En gros, certains semblent penser que ce qui est arrivé à la rédaction de Charlie, c'est bien triste, mais que bon, ils l'avaient un peu cherché... Je ne vais pas m'étendre sur ce point précis, je l'ai déjà fait ici, et Rock'n Lolita l'a exprimé encore mieux qui moi ici. Je résumerai juste en disant que c'est un peu gonflé de faire porter la responsabilité d'un crime à la victime plutôt qu'au criminel.

En fait, je pense que ce sondage reflète surtout une forme de paresse intellectuelle (communément désignée sous le terme scientifique de "connerie"). Oui, parce que bon : ok descendre à presque 4 millions dans la rue pour dire #jesuischarlie et défendre la liberté d'expression c'est bien sympa, mais bon là ça va être l'heure de "Plus belle la vie" et après y a le tirage du Kéno alors la liberté d'expression bon hein... Ou pour résumer simplement : #jesuischarliemaispasmaintenantjaipiscine

Et puis la liberté d'expression c'est compliqué en fait. Bon, se moquer voire choquer des gens dont on se contrefiche, ou qu'on n'aime pas comme par exemple les arabes, les juifs, les homo, les blondes, les curés : passe encore. Et déjà, bon, c'est risqué on l'a vu. Mais subir un discours qui nous choque nous, là, ça va quand même un peu trop loin Maurice... Du coup on ne peut pas laisser faire : la liberté d'expression oui! Mais que pour ceux qui sont globalement d'accord avec nous. Non mais.

T'as le droit, mais c'est interdit...

Bon, si vous me suivez depuis longtemps, vous connaissez déjà mon amour immodéré pour la bienpensance républicaine, mais aussi pour la censure et les interdits. Du coup, vous vous doutez un peu que je suis plutôt favorable à une liberté d'expression non restrictive, même si le prix à payer est d'entendre s'exprimer des mecs qui sont juste des raclures de fond de bidet. Alors bon, je vous vois venir bande de petits fripons, vous allez me sortir des trucs du genre :

–Le droit à la satyre ok, mais par exemple on ne peut pas laisser passer de soi-disant traits d'humour qui font l'apologie du terrorisme!

–Il y a quand même des choses qu'on ne peut pas dire, même sous couvert de liberté d'expression : l'appel au meurtre, le soutien au terrorisme, la discrimination, l'insulte...

–L'humour oui, les discours de haine sous couvert d'humour même pas drôle non!

–Et comme ça tous les conspirationnistes fondus de petits hommes verts, de chinois du FBI de la NSA et autres pseudo-complots américano-socialo-sionistes vont s'en donner à cœur joie!

Ok. Mais qui va décider ce qui relève de l'humour, voir de l'humour drôle, et ce qui n'en relève pas? Qui va définir la limite entre absence d'empathie pour les victimes (la compassion ne peut être contrainte après tout) et soutien aux terroristes? Qui va déterminer la différence entre provocation imbécile (et irresponsable) et menace définie et sérieuse? Qui aura le droit de décider de ce qui relève du révisionnisme/complotisme plutôt que du questionnement légitime? Le gros souci lorsqu'on limite la liberté d'expression, même avec de bonnes intentions du reste, c'est qu'il est délicat de la définir cette limite justement, d'autant qu'on ne pourra jamais contenter tout le monde.
"Veuillez profiter de ce dessin culturellement, ethniquement, religieusement et politiquement correct de façon responsable. Merci."
–Mais crénom [je vous trouve un poil familier quand même, va falloir se calmer un peu] tu ne peux nier que certains abusent de cette liberté d'expression! Est-ce que tu laisses tes enfants balancer des gros mots ou des insultes sans rien dire par exemple?

Bien sur que non : je leur explique que ça ne se fait pas, et je punis, ou je leur dis qu'ils le seront s'ils recommencent. C'est ma prérogative en tant qu'autorité parentale.


–A ce moment là, pour ceux qui abusent de la liberté d'expression, c'est la même chose :  la justice doit intervenir!

Ah bin tiens, bonne idée, faisons ça. Oh mais vous savez quoi? C'est déjà le cas : la loi protège la liberté d'expression, mais elle permet d'en condamner les abus. Par exemple l'insulte publique, la diffamation ou l'appel au meurtre sont réprimés par la loi sur délibération d'un tribunal. Mais toujours à posteriori par contre, car Tom Cruise étant un peu débordé, il n'a pas le temps de se coltiner tous les affreux avant qu'ils ne commettent leur forfait. Too bad.
"–Je vois... je vois... je vois Jean-Marine balancer un gros touïte® qui tâche, bien polémique dans pas longtemps."
Un individu est donc libre de lancer une menace de mort à autrui, mais s'il le fait, il est puni. Logique. Et jusque là, ça ne me pose aucun problème.

Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais

On pourrait penser que ces lois étaient suffisantes puisque couvrant l'ensemble des situations d'abus possibles, mais le législateur a également introduit le délit  d'apologie (terme fourre-tout suffisamment flou pour permettre moult interprétations)  du terrorisme dans le but de durcir les condamnations liées aux appels au meurtre dans ce contexte particulier. Et cette loi a été encore récemment durcie par le législateur, spécialement si cette apologie est réalisée sur internet ou les réseaux sociaux. Ainsi ce délit, s'il est constaté par la justice, est passible de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende(7 ans et 100 000 euros s'il est commis ou relayé sur Internet).

C'est bien pratique puisque ça permet de coller au gnouf pour un long moment tous les pénibles qui viennent baver sur les rouleaux de la République :
On fera le tri plus tard. Ou pas.
Donc, outre une forte amende, ces vils malandrins risquent maintenant de la prison ferme histoire de leur apprendre... euh... de leur apprendre quoi d'ailleurs? Ah oui : à respecter la liberté d'expr... euh... à respecter celle des aut... enfin à ne pas exprimer leur opinion balancer des conneries comme ça pif pouf. C'est une mesure pédagogique! C'est ça, pédagogique, pour les ramener dans le droit chemin de la pensée consensuelle, et les empêcher de se radicaliser ou de passer à l'acte.

Enfin en théorie, parce que je ne sais pas pour vous, mais je serais à leur place, j'aurais un peu la haine. Prenons l'exemple du jeune un peu rebelle qui veut crâner devant ses potes style ni dieu ni maître tac-tac-t'as vu! Histoire de faire causer de lui pour émoustiller la Géraldine, il balance un gros touïte® un peu nauséabond et bien provocateur. Oui, le jeune, il est comme ça : il dit des trucs cons sans forcément réfléchir, il écoute du Justin Bieber, et il fume parfois des pet'. C'est bête, je sais, mais il faut bien que jeunesse se passe. Sauf que là, ni une ni deux, on le coffre et on lui colle une apologie du terrorisme sur la margoulette.

Et c'est là qu'apparaît le problème de la proportionnalité de la peine. Parce que dans le cas présent, ça proportionne pas terrible je trouve. Imaginons que votre enfant a balancé un "grosse patate pourrie" au voisin comme ça pour faire son intéressant.Pour le punir vous allez l'enfermer à la cave pendant deux semaines avec les voyous du quartier? Vous croyez que ça donnerait de bons résultats?

Là c'est pareil, à mon avis, le fait de coller le jeune au cachot et au ramassage de savonnette dans les douches communes juste pour avoir balancé une connerie qu'il ne pensait pas vraiment, ça va pas forcément  l'empêcher de se radicaliser (à défaut de se ridiculiser puisque ça c'est déjà fait), surtout vu le voisinage à Fleury-Mérogis. Mais par contre ça risque de lui donner quelques envies de revanche vis-à-vis de ce législateur si susceptible. Des trucs à base de plan incliné, de bâtons, et de joli costume en latex par exemple. Idem pour le mec qui balance une insulte à un flic sous l'effet de l'alcool.
Costume de saucisse en latex, j'entends...
Alors bon, je sais, vous allez me dire que les tribunaux sont justement là pour proportionner les peines, et que les condamnations seront sans doute légères ou inexistantes dans de nombreux cas. Sauf que le durcissement de la loi a conduit à juger ces faits en comparution immédiate : donc examen rapide voire superficiel de l'affaire, et droits de la défense assez succincts. Du coup pour l'instant, c'est pas franchement l'impression qui en ressort. Alors en terme de pédagogie, c'est un peu foiré : on a l'impression que sur la liberté d'expression, en France, c'est un peu faites ce que je dis, mais pas ce que je fais.

Les lois mémorielles : la liberté à ses limites

Toujours dans le domaine de la pénalisation des abus liés à la liberté d'expression, il y a les fameuses lois mémorielles qui interdisent de remettre en question certains faits historiques établis (la Shoah, ou le génocide Arménien depuis peu). Je ne conteste évidemment pas les faits historiques en questions, et objectivement il faut être passablement con ou de mauvaise foi pour le faire. Mais si ces lois partent à l'évidence d'un bon sentiment, et d'un objectif louable de lutte contre la connerie en barre, elles se révèlent au final aussi utiles et pédagogiques (encore) que la technique éprouvée consistant à dire très fort "♪ LA LA LA! JE N'ENTENDS RIEN DE CE QUE TU DIS! ♫" en se bouchant les oreilles lorsque quelqu'un vous raconte un truc qui vous déplait :
  1. d'une ça n'empêche pas la personne qui balance ces théories de les penser
  2. de deux ça n'empêche visiblement pas leur diffusion (elle se fait juste par des canaux plus confidentiels)
  3. de trois ça permet à la personne de se poser en victime (de la censure, d'un complot, de l'incompréhension, etc...), et donc d'attirer la sympathie éventuelle, pour lui et ses thèses, de tous ceux qui se méfient de l'autorité pour X raison
  4. et de quatre ça évite à tout contradicteur éventuel (et je ne doute pas qu'il y en ait) de venir ridiculiser l'inconvenant en lui enfonçant bien le nez dans son caca verbal à l'aide de jolis arguments bien étayés, puisqu'on peut juste se contenter de censurer le contrevenant et de rabâcher le discours officiel consensuel comme quoi c'est pas bien de nier les faits, ce qui ne manquera pas de convaincre les opposants n'est-ce pas?
♪ LA LA LA! J'ENTENDS RIEN! ♫
En général, il me semble que pour lutter contre le feu on utilise de l'eau, et pas des bâtons pour cogner sur les flammes. De la même façon, j'aurais tendance à penser que l'intelligence et l'éducation peuvent lutter contre la connerie beaucoup plus efficacement que la prison. Mais bon, ça n'est qu'une idée comme ça hein...

Notons d'ailleurs que ces fameuses lois ont fait (et font encore) couler pas mal d'encre, et que même certains intellectuels qui condamnent farouchement les thèses négationnistes y sont opposés par principe. Elles ne se sont du reste jamais distinguées par une efficacité remarquable, si ce n'est de mettre en lumière les contrevenants et leurs thèses justement. Pas de bol.

Mais jusqu'où s'arrêteront-ils?

On pourrait se dire qu'il y a déjà du lourd, mais manifestement, pour certains ça ne suffit pas. Et l'UMP par exemple, propose donc de sanctionner les élèves n'ayant pas respecté la minute de silence en hommage aux victimes des attentats. Hors cadre scolaire, des sanctions sont d'ailleurs déjà tombées. Excellente idée : puisque notre pays défend et revendique la liberté d'expression, imposons donc l'expression d'une compassion nationale rendue obligatoire, quitte à ce qu'elle soit factice (et nos politiciens en savent quelque chose n'est-ce pas?). A défaut de savoir rassembler sur les principes qui sont derrière, imposons l’œcuménisme républicain autours de certains symboles, icônes dérisoires et parfois vides de sens pour certains, comme l'hymne national ou la devise du pays. Les valeurs sont foutues : mais sauvons les apparences.

Dans le camp d'en face, il est envisagé de créer (ou plutôt de réactiver) une peine d'indignité nationale. Rien moins. Avec déchéance des droits civiques et patin couffin. Mais c'est vraiment pour les trucs graves, le mec ou la nana qui nous colle la honte, le facepalm de la nation tu vois...
"–Oh le con!"
Bref, à l'instant où l'on s'apprête à faire disparaître totalement le délit de blasphème (religieux) de notre beau pays,  on songe donc à en créer le pendant laïque et républicain. Bien joué, on n'est plus à un paradoxe près.

Et pourtant, le rassemblement historique et plus ou moins spontané du 11 janvier nous montre bien que ces jolis hochets républicains sont superflus, que la population est capable se mobiliser massivement pour peu qu'elle s'approprie des valeurs auxquelles elle croit, et non de simples symboles. J'ajouterai que ce paradoxe serait hilarant s'il n'était tragique, puisque Charlie Hebdo s'est justement donné depuis belle lurette pour mission de justement dynamiter les symboles, aussi bien religieux que républicains.

La liberté d'expression est univers... oh et puis zut!

Bref, c'est tellement compliqué la liberté d'expression totale, que finalement ça reste quand même un truc assez marginal comme le souligne Slate.
L'Antarctique ne figure pas sur la carte. Too bad pour les manchots opprimés par le régime totalitaire des ours blancs..
Carte à mettre en parallèle avec celle de l'IDH (combinant revenu par habitant, espérance de vie, et alphabétisation). Juste comme ça pour rigoler. Voilà voilà...
Décidément, les manchots sont tricards...

Voilà voilà. Et sinon, il y a des gens qui ont tellement bien compris l'esprit #jesuischarlie qu'ils ont décidé de meuler la face du vil buraliste crypto-jihadiste qui tentait de carotter la dernière édition de Charlie Hebdo. D'autres gens ont décidé promouvoir la liberté d'expression en lui donnant de la valeur à cette dernière édition... Esprit Charlie je vous dit!!! Ils sont bien les gens...
Non, vraiment. Il faut arrêter.
Comme j'ai commencé cette note par quelques belles citations, je terminerai donc sur cette autre belle citation, de Douglas Adams :

"Ça me flanque la migraine rien qu'à m'abaisser à essayer de penser à votre niveau."


jeudi 27 mars 2014

Et si ça te plait pas, c'est pareil!

Un petite brève aujourd'hui. Je lisais ce jour dans la presse, que le ministre du chômage du travail, Michel Sapin avait déclaré que les chiffres du chômage allaient "dans la mauvaise direction",  et qu'il fallait "maintenir le cap". Maintenir le cap dans la mauvaise direction donc. Au début, cette formule m'a fait penser à la phrase de Félix Houphouët-Boigny : "Nous étions au bord d'un gouffre, nous avons fait un grand pas en avant...".
"–Ok, je sais que vous avez déjà l'oignon comme ça... mais il va encore falloir faire des efforts!"
Mais finalement, en y réfléchissant un peu, et sachant que la phrase n'a pas dû être énoncée textuellement comme cela, ça me fait plutôt penser à cette formule, prononcée généralement face à une requête insistante d'un gnome dans le but de couper court :

–Bon stop! C'est comme ça et pis c'est tout! Et si ça te plait pas, c'est pareil!

Convenons-en, c'est un peu le degré zéro de l'argumentation. Et d'ailleurs, ça fonctionne rarement de la façon voulue, puisqu'en général vous obtenez juste cris & hurlements de la part du gnome concerné. Gageons donc que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, les prochaines semaines seront socialement et politiquement agitées...
Oui, la politique ça me pompe un peu l'air aussi...

Comme l'Etat a tendance à nous prendre pour des gamin, et comme je suis sympa, voici les 10 commandements qui marchent assez bien sur les gnomes quand vous voulez obtenir quelque chose et que les gnomes ne veulent pas trop :
  1. T'expliquer toujours tu devras : le gnome n'est pas idiot, il peut comprendre si on lui explique bien. Après il ne voudra peut être toujours pas, mais là, c'est juste qu'il veut vous faire chier. Mais il ne faut pas confondre autorité et autoritarisme.
  2. Contredire l'autre parent tu proscriras : évitez de vous contredire entre parents, les gnomes profitent de ce genre de faiblesse. Dans le même ordre d'idée, rejeter la faute sur l'autre parent si vous êtes séparés, ne fera pas avancer les choses : au contraire.
  3. Sur l'essentiel jamais tu ne transigeras : si c'est une question vitale, expliquez pourquoi il n'y aura pas de négociation possible
  4. Tu ne t'énerveras et ne paniquera point : c'est un signe de fébrilité, de manque de contrôle, et donc de faiblesse. Vous pouvez menacer ou punir si c'est justifié, mais sans s'énerver, ça ne fera qu'ajouter de l'huile sur le feu (les cris appellent les cris). Se disperser, faire et dire n'importe quoi, courir dans tous les sens ne vous aidera en aucune façon. Recentrez-vous sur l'essentiel.
  5. Tu n'écouteras point les conseils à la con : les "moi si j'étais vous..." ont toujours beaucoup de conseils et de recommandations à donner. Si vous commencez à suivre tous ces avis divergents, vous n'irez nulle part car vous ferez tout et son contraire. J'ajouterai que certains conseils ne sont pas désintéressés (pour vous vendre un truc par exemple)... Si vous avez une ligne claire (mais encore faut-il en avoir une), tenez-vous y. Ça ne vous empêche pas de faire évoluer votre stratégie si celle que vous utilisez ne donne pas les résultats escomptés, mais gardez votre objectif premier en tête.
  6. Tu n'insulteras point : traiter le gnome d'idiot qui ne comprend rien ou de méchant ne vous aidera pas, c'est un non-argument. Si le gnome ne comprend pas, c'est parce que vous expliquez mal, pas parce qu'il est bête.
  7. Tu n'accuseras point la mauvaise influence d'autrui : accuser Marine, la fille du voisin, d'avoir une mauvaise influence et vouloir empêcher de la fréquenter ne résoudra pas votre problème : Marine est peut être une petite conne avec des idées stupides, mais c'est un symptôme, pas une cause. Votre gnome ne la suivrait pas si les principes que vous inculquez tenaient la route. Virer la nounou ne résoudra sans doute pas le problème non plus.
  8. Tu ne mentiras point : mentir, c'est insulter l'intelligence du gnome. Ça se voit, et vous finirez par vous faire chopper... sans compter que ça donne un bien mauvais exemple. Essayer de détourner l'attention peut fonctionner un temps, mais c'est reculer pour mieux sauter.
  9. Négocier tu pourras : on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre, vous pouvez éventuellement négocier (sauf commandement n°3) si vous avez des billes pour cela, mais il faut que ça reste cohérent et crédible (le coup du poney ne marchera qu'un fois, surtout si c'est du bluff)
  10. Ton erreur tu reconnaitras : vous avez le droit de vous tromper, de reconnaître votre erreur et de changer d'avis (pas trop souvent quand même). Mais persister dans l'erreur en se justifiant d'un "Il faut maintenir le cap et aller plus vite et plus fort dans les réformes" "C'est comme ça!" est juste incroyablement stupide et contre-productif.

vendredi 17 janvier 2014

Mauvais genre!

Ce qui est merveilleux avec les groupes réactionnaires, c'est que la peur du ridicule ne les dissuade pas d'enfourcher de nouveaux chevaux de bataille, si stupides soient-ils. Et quand on pense qu'ils ont touché le fond, certains d'entre eux s'obstinent encore à creuser pour trouver une nouvelle pépite.

C'est donc avec une joie non dissimulée que je vous annonce qu'ils ont trouvé un gisement.
Ah, stereotype fail : la fille n'est pas en rose!
Vous commencez à me connaître, ces histoires de stéréotype, ça a légèrement tendance à me gonfler. Je pouvais donc difficile passer à côté de ça... mais j'avoue être passablement vexé : comment voulez-vous que j'ironise sur cette affiche? C'est déjà presque un gag en soi! Pour vous dire, la première fois que je l'ai vue, j'ai pensé à un faux, un montage. Mais non.

Quand je vous disais qu'ils creusent encore! Je pense que dans leur esprit, une petite fille qui jouerait avec des petites voitures, des épées en mousse et aimerait le bleu se transformerait dès ses premières règles en lesbienne de combat de classe camionneuse à moustache, et un petit garçon qui  joue à la poupée, à la dînette ou aime le rose est plus ou moins condamné à se transformer en une sorte de crypto-Zaza de la "Cage aux folles".
Jeune garçon devenu travelo au bois de Boulo... ah, pardon! On me signale dans l'oreillette qu'il s'agit de Frigide Barjot, égérie de la Manif' pour tous.

Une petite remarque tout de même : sachant que le mouvement de la "manif' pour tous" (sic) est activement encouragé par un certain nombre de curés traditionalistes en soutane –des hommes en robes donc– je ne peux m'empêcher de trouver leur nouveau combat plutôt paradoxal... j'ai hâte de voir quels slogans extraordinaires ils vont nous trouver pendant la manif elle-même. Bon, pour la prochaine manif, je propose donc le visuel suivant, plus cohérent selon moi :
Tant qu'à aller dans les stéréotypes hein...
Sinon, pour leurs prochains chevaux de bataille, je propose :
  • Pas touche à nos stéréotypes raciaux-colonialistes!
  • Pas touche à nos stéréotypes de classe sociale!
  • Pas touche à mes idées pétainistes
  • Pas touche à ma théorie de la Terre plate!
  • Pas touche à ma peinture rupestre!
  • Gronk! (traduction : "Toi pas toucher mammouth de moi!")
Bon. C'était ma minute "moi aussi je me moque de l'idiot du village".
Ah ah!
Et maintenant, je vais me faire l'avocat du diable.

Soyons clair : si les gens de la manif' pour tous sont des gogoles coincés et rétrogrades, ça ne signifie pas pour autant que leurs adversaires sont moins neuneus. Et franchement, à la lecture de cet article, je me dis qu'il doit y avoir un concours de la proposition la plus stupide. Sérieusement, je cite :
"le rapport recommande également de «sanctionner les propos sexistes en cours de récré (...) »"
Dans le même esprit, et pour favoriser l'égalité des sexes dès le plus jeune âge, je propose que les bébés refusant de téter leur père soient passibles d'une peine de prison.

J'ai déjà eu l'occasion d'aborder les "vertus de l'interdit", ici, et. Encore une fois, le législateur tente de s'emparer d'un sujet qui relève de comportements humains, et dont il ne devrait pas se mêler, ou du moins pas avec autant de zèle. Car c'est bien là que le bât blesse : si la lutte pour l'égalité des sexes est légitime et souhaitable, ce genre de loi ou de réglementation risque d'être au mieux inapplicable, et au pire contre-productif. Mais comme on dit, l'enfer est pavé de bonne intentions... le truc, c'est qu'avant de s'occuper des cours de récré, je me demande vaguement s'il n'y aurait d'autres sources de stéréotypes et de préjugés dans notre société...



vendredi 10 janvier 2014

–Pourquoi j'ai pas le droit? –Parce que!

Qui n'a jamais été tenté, face aux questions insistantes d'un enfant un peu têtu, de se contenter de répondre un tonitruant et définitif "PARCE QUE!!!" en guise de toute argumentation? Et bien, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ça marche assez rarement. J'avais déjà eu l'occasion d'aborder la question de l'interdit, mais je vais y revenir ici sous un autre angle.
Evidemment, vu sous cet angle...

Une fois n'est pas coutume, je vais donc vous raconter une petite histoire.

C'est l'histoire d'un homme. Un homme à la peau noire, instruit, intelligent, mais qui a un certain... "problème" avec le communautarisme. Cet homme a donc choisi de se révolter contre un système qu'il réprouve. Ses paroles et ses actes lui valent l'inimitié, voire le mépris d'une assez large part de la classe politique et de l'intelligentsia de son pays. Mais cet homme, qui aurait pu s'en tenir là et reprendre ses activités normales, décide d'aller plus loin : il s'acoquine avec d'autres individus considérés comme peu fréquentables, et mène des réunions publiques dans lesquelles il critique vertement le système. Il popularise même un geste du bras, qui sera repris par nombre de ceux qui l'écoutent et le suivent. Le gouvernement de son pays promulgue alors un décret lui interdisant toute réunion publique, pour motif de trouble à l'ordre public.




Petit vote ?
►a . Vous cautionnez la décision de ce gouvernement
►b . Si cet homme viole réellement la loi, ça vous semble normal qu'il soit puni
►c . Vous désapprouvez
►d . Obiwan Kenobi Bien


























A présent sachez que si vous avez voté a ou b, vous venez d'apporter votre caution au gouvernement afrikaner en Afrique du Sud dans les années 50, et approuvé la mise en résidence surveillée de Nelson Mandela.
"C'est bon, j'ai attrapé la queue du Mickey! On a un tour gratuit les mecs!"

Ça c'est fait.

Une autre histoire? Allez zou, c'est parti mon kiki.

Encore un homme. Plûtot un artiste celui-ci. C'est un brillant orateur, qui sait captiver son auditoire. Lui aussi organise des réunions publiques, et devient vite le héraut d'une frange contestable de la population de son pays. Lui aussi popularise un geste du bras qui devient vite le signe de ralliement de ceux qui le soutiennent, lui et ses idées. Tient!? Lui aussi les autorités décident de le museler pour trouble à l'ordre public.





On vote à nouveau?
►a . Vous désapprouvez
►b . C'est bon, vous vous êtes fait avoir une fois : vous soutenez à fond ce pauvre type censuré!
►c . Si cet homme viole réellement la loi, ça vous semble normal qu'il soit puni
►d . Le docteur Rotule
































Bien.

Si vous avez voté a ou b, vous venez de fustiger les autorités allemandes de 1922 qui ont condamné et emprisonné Adolf Hitler.
C'est marrant, j'ai toujours cru qu'il était incapable d'exécuter un salut nazi correct...

Ces deux individus ont eu des parcours parfois similaires, des idées diamétralement opposées, ont tout deux subi la censure des pouvoirs publics, et leurs idées ont néanmoins prospéré. Vous vous doutez que je parle de ça en rapport avec l'actualité récente. Je vous rassure, je n'irai pas plus loin dans le parallèle et la comparaison, puisque tel n'est pas mon but.
Je ne porterai pas non plus de jugement sur cet autre homme qui est au centre de la tourmente médiatique actuelle, car je ne pourrais pour ce faire me fonder que sur les idées et intentions qu'on lui prête. Or je ne le connais ni lui, ni ses idées réelles. Quant à la façon de réagir aux idées nauséabondes, Odieux Connard en parle bien mieux que moi.

Pour ma part, mon but était le suivant :

  1. montrer que l'arme de la censure n'est pas nouvelle
  2. montrer que l'arme de la censure est à double-tranchant
  3. montrer que l'arme de la censure a toujours été inefficace pour combattre des idées, quelles qu'elles soient (sans quoi l'apartheid régnerait encore en Afrique du sud, et la seconde guerre mondiale n'aurait pas eu lieu).
Censurer, c'est une façon d'admettre que l'on a pas d'arguments à opposer à son adversaire et qu'on cherche juste à le faire taire car ses idées vous dérangent. Mais ça n'est pas parce qu'une idée n'est plus évoquée publiquement qu'elle cesse de se propager. Au delà de ça, s'arroger le droit de décider de ce qui peut être dit ou pas est selon moi extrêmement présomptueux.

Pour en revenir à mon introduction, la meilleure réponse à un "pourquoi ?" est rarement un "parce que!", et beaucoup plus souvent un autre "pourquoi ?"...

Edité : correction de quelques fautes et ajout du lien vers l'avis de Maitre Eolas sur la question, que je vous recommande chaudement tant je le trouve pertinent.

dimanche 25 août 2013

Fais pas çi, fais pas ça!

Le truc avec les enfants, c'est que lorsqu'on leur interdit quelque chose, le plus souvent ils le font quand même. Soit franchement, en vous regardant bien avec l'air espiègle de celui qui se dit "Je fais ce que je veux, tu es bien feinté!", soit en loucedé quand dès que tu as le dos tourné. Parce si tu l'as interdit c'est que ça doit être chouette (comme par exemple manger du chocolat après brossage des dents). Du coup, il est parfois nécessaire de bien les surveiller, et d'établir clairement des règles avec punition proportionnée en cas d'infraction.
Exemple :


– Xéna, non! Laisse le chat tranquille! Et rebouche ce feutre. Et non, ça n'est plus l'heure de manger du chocolat! Et on ne colle pas de ramponeau à son frère. Tu vas aller au coin si tu continue...
*Paf le frangin!*
– Ouinnnnnn!
– Je t'ai prévenue, maintenant, c'est : au coin!
– Ouinnnnnn aussi!
– Fallait y penser avant. Punie! Et quand tu auras finis de crier ta rage de t'être fait chopper comme une bleue, tu demanderas pardon à Plouf et tu lui fera un bisou.
Conclusion :
  1. Tes deux gnomes braillent comme des ânes, et la Sécurité Sociale va pleurer sa mère en voyant la note de prothèses auditives.
  2. Lorsque tu énonces un interdit à un gnome, tu te transformes aussitôt en une sorte de crypto-Balladur qui "vous demande de vous arrêter". Avec la même crédibilité.
  3. Plus tu énonces d'interdits, plus tu passes pour un pénible, et plus ça augmente tes chances d'être en train de pisser dans un violon.
Attention, hein, j'te vois! Chenapan!
Plus généralement, le truc avec les humains, c'est que lorsqu'on leur interdit quelque chose, le plus souvent ils le font quand même. Soit franchement, en vous regardant bien avec l'air espiègle de celui qui se dit "Je fais ce que je veux, tu es bien feinté!" (ou l'air bovin de celui qui se dit "Gneuh??"), soit en loucedé quand dès que tu as le dos tourné. Du coup, il est parfois nécessaire de bien les surveiller, et d'établir clairement des règles avec punition proportionnée en cas d'infraction.

En parlant de surveillance, vous avez lu "1984" de Georges Orwell? Moi non. Ou peut être quelques extraits en cours de français au collège, au titre des études de texte. J'en garde le souvenir d'un truc plutôt soporifique dans l'ensemble, à propos d'un mec qui rédige son journal intime dans un angle mort à l'abri du regard inquisiteur d'une espèce de télévision équipée d'une webcam allumée en permanence. Comme Secret Story finalement. Si je me souviens bien, il y avait aussi une "police de la pensée" chargée de réprimer tout comportement déviant et non conforme à la doctrine en vigueur (le "politiquement correct" en somme), et les gens parlaient une langue bizarre édulcorée de tous les termes qui risqueraient de les amener à trop réfléchir... un truc
Il parait que ce livre est une référence pour tous ceux qui dénoncent les régimes totalitaires et les atteintes à la vie privée et aux libertés individuelle par des organismes d'état, "Big Brother" tout ça tout ça.
Big Brother is watching you! Y'a pas, ça me file les chocottes...
En ce qui me concerne, la fiction de référence en matière politique, ça serait plutôt Game of Thrones. Et oui, réfléchissez : on nous y explique que même si on mesure 1m20, on peut prendre le pouvoir à condition d'être un beau-parleur. Comme Sarkozy en 2007. Elle nous révèle également que ça ne suffit pas pour le garder, même si votre femme a été plus fréquentée que le périphérique un jour de départ en vacances. Comme Sarkozy en 2012. Mais surtout, elle démontre que tenter de bloquer les trucs que tu n'aimes pas et que tu ne veux pas voir à l'aide d'un grand mur : ça ne sert rien. Ces trucs que tu n'aimes pas continuent d'exister, et en plus, y a des chances qu'ils profitent du fait que tu ne regarde pas, pour contourner ton mur à un moment ou à un autre.
Nicolas Sarkozy et son bouclier fiscal
Et bien figurez-vous que cette technique dite "du mur" (le "canard enchaîné" parlerait surement de "mur du çon") est particulièrement employée de nos jours. Enfin, ça et la technique dite "du couvercle" (mais Maliki en parle mieux que moi). Comme quoi, depuis Jericho, on a pas franchement progressé. Petit point sur les "murs" les plus célèbres :
  • les murs Facebouc© : souvent surnommés murs de la honte
  • le mur des lamentations : mur Facebouc© de l'hypothétique entité omnipuissante surnommée "Dieu"
  • le mur de Berlin : ouvrage de maçonnerie destiné à empêcher les allemands de l'ouest de rouler en Trabant. Étrangement, sa destruction n'a pas pour autant favorisé la vente de ce véhicule populaire. On en trouve parfois des morceaux à vendre sur e-bay (du mur, comme de la Trabant)
  • la ligne Maginot : sorte de grande muraille de chine, mais plus petite, devant protéger la France d'une invasion allemande en 1939, avec le succès que l'on sait. Ah ah ah!
  • la grande muraille de Chine : sorte de ligne Maginot, mais en plus grand, pour protéger la Chine des invasions mongoles. Même efficacité que la ligne Maginot. Mais plus grand.
  • le Firewall ("mur de feu") : censé protéger votre ordinateur d'une intrusion externe. La plupart des pirates informatiques en rigolent encore.
  • la ligne rouge : celle à ne pas franchir (expression souvent utilisée par les politiciens ou les journalistes). Régulièrement franchie dans la joie et l'allégresse avec fanfare et klaxon, le plus souvent dans l'indifférence générale (exemple : "La Syrie ne doit pas franchir la ligne rouge en utilisant des armes chimiques!". C'est maintenant chose faite. Et donc on fait quoi?).
Le dernier modèle de Trabant, sorti peu avant la chute du mur.
Mais la notion de "mur" est à prendre au sens large : ainsi le législateur...

Petit aparté :  vous noterez que ce terme de "législateur", volontairement vague, est utilisé pour désigner de façon très impersonnelle ceux qui font voter une loi. Style "C'est pas moi, c'est eux m'sieur!". Le législateur est donc une sorte d'entité mal identifiée, prétendument impartiale, et théoriquement dédiée au bien commun. Je dis bien "théoriquement", parce que "pratiquement", le mec qui vote une pseudo-loi inapplicable contre la corruption a des chances d'être celui-là même qui est en train de blanchir en Suisse l'argent de ses caisses noires, ou de se faire attribuer un modeste appartement de 15 pièces avec terrasse en marbre sur les Champs Élysées, à loyer très modéré malgré un salaire de ministre (ça tombe bien : il l'est).
Législateur en plein travail.
Bref, le législateur donc, aime à créer quantités de barrières, en établissant dans la loi toutes sortes d'interdictions. La plupart répondent à une certaine nécessité en terme de vie en société : interdiction de zigouiller les gens (fussent-ils particulièrement insupportables comme Justin Bieber), ou plus généralement interdiction de causer une nuisance physique volontaire (même si de ce fait, de nombreuses baffes continueront de se perdre comme dans le cas de Nadine Morano). Jusque là, rien à redire : la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres.

Là où ça commence à être marrant, c'est lorsque le ♫ législateur ♪ (à prononcer sur un ton grave et vaguement inquiétant) s'attaque à des sujets de société pour lesquels l'objectivité part assez vite en cacahuète. Des exemples? En voici déjà un : la loi du 11 octobre 2011 d'interdiction du port du voile intégral (ou burqa) dans les lieux publics. Un loi censée défendre en vrac :
  • La laïcité (je vous laisse jeter un œil à la bafouille de Maître Eolas sur la question, c'est édifiant).
  • La liberté (interdire le port d'un accessoire vestimentaire au nom de la liberté, c'est assez culotté je trouve)
  • Le droit des femmes (considérées ici comme des victimes donc)
La loi étant censée protéger les victimes et punir les contrevenants il me semble, pourquoi c'est à elles qu'on inflige une amende?
– Non, mais bon, tu fais semblant de pas comprendre aussi : c'est le mari qui leur inflige ça qui est visé! C'est lui qui paye l'amende au final! Han!
Ah. Et de ce point de vue, la femme voilée est donc considérée comme une irresponsable insolvable dont c'est le mari qui vient sauver les miches? Belle progression du statut de la femme dites moi...
– Non, mais bon, c'est un signe ostentatoire aussi... c'est du prosélytisme!
Moui, tandis que les panneaux publicitaires et les magazines montrant des pouffes anorexiques jeunes femmes maigrichonnes à moitié dévêtues par exemple, c'est pas ostentatoire, et ça ne valorise pas un culte malsain de la maigreur excessive. Et c'est une preuve de bon goût aussi. D'ailleurs c'est bien connu, les femmes sont tellement influençables, que le fait de voir l'une d'entre elles en burka donne immédiatement envie aux autres de se convertir à l'islam... Suffit de voir l'effet d'une paire de louboutins...
Toi aussi rejoins le côté obscur l'islam radical!
– Non, mais bon, c'est pas un exemple pour la jeunesse, ça donne une mauvaise image de la Femme!
Une seule réponse : Loana (mais j'aurais également pu dire Nabila "Allo quoi" Benatia, et sans doute pas mal d'autres noms).
Pourtant, vis à vis du cancer de la peau...
Cerise sur le gâteau, cette loi a des effets pervers en créant un "mur" (tient, encore un) entre les musulmans (radicaux ou non) qui se sentent quand même un chouïa dans le collimateur, et les autres qui se disent que si on a fait une loi, c'est que tout ça ne doit pas être très catholique. Ou comment la loi, qui devrait lutter contre le communautarisme a l'effet exactement inverse. Bien joué le ♫ législateur ♪.

En même temps, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais depuis déjà quelques années, les pouvoirs publics (entité sensiblement équivalente au législateur) ont la fâcheuse tendance de nous prendre pour des buses : Mangez 5 fruits et légumes par jour, Fumer est dangereux pour la santé, Triez vos déchets, Achetez français, Le nucléaire c'est bon mangez-en!,Tuer c'est mal, L'alcool ça saoule, Attention : faire l'amour peut provoquer une grossesse!, etc... Je pense que les prochaines campagnes de pub financées par l'état seront : Ne pas respirer tue!, Mangez quand vous avez faim!, Ne mettez pas vos coudes sur la table.

M'est avis que l'état français a trop de fric, du coup le dépenser en campagnes de pub, dont le degré de créativité est digne d'une chanson de Superbus, semble être une bonne idée. D'un autre côté, c'est payé par les testiboules que le fisc vous ponctionne hein... (sauf si tu es ♫ législateur ♪, puisque dans ce cas tu connais les combines pour frauder et/ou tu as un compte helvétique bien garni).

Bref tout ça pour vous dire qu'à force de vouloir interdire tout et n'importe quoi on fini par obtenir l'effet inverse. Alors, lâchez un peu prise de temps en temps...
Ne craignez rien, ça fait du bruit, mais ça sent pas!