Affichage des articles dont le libellé est liberté. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est liberté. Afficher tous les articles

mardi 29 novembre 2016

Liberté, j'écorche ton nom...

Souvenez-vous, c'était il y a environ un an. A l'époque, une belle bande de trous de cul avaient décidé de faire des trous de balles dans les gens dans une salle de concert et des terrasses de café au nom de... de... de on ne sait pas trop quoi au juste, mais ça avait l'air vachement important pour eux, et complètement con pour la plupart des autres gens. En tout cas, à en croire les médias et la classe politique unanime : ils avaient tenté de s'en prendre à... notre Liberté!
Oui, la liberté est très... libérée.

Suite à cela, la population et la classe politique s'était rassemblée pour faire front national, autour de cette notion fondamentale : la liberté. Aaaah, la Liberté! "Liberté, j'écris ton nom" comme on le scanda alors, citant l'écrivain Paul Eluard qui rédigea ce poème en 1942... 42, bin tient, tu m'étonnes vu le contexte hein! La "Liberté", ils devaient pas trop s'étouffer avec à l'époque. Avec la choucroute non plus d'ailleurs, vu le rationnement!

Bon, "Liberté, j'écris ton nom", après "Charlie" et surtout après le "Bataclan" vous avez dû en être abreuvés copieusement : c'est pas compliqué, ce titre ornait les éditoriaux, parsemait les discours, était répété en boucle sur les radios...  Pour dire, à "Qui veut Gagner du Pognon" ça doit faire partie des questions du premier niveau de savoir que c'est l'ami Eluard et non Obiwan Kenobi qui l'a écrit. Par contre, je ne suis pas intimement persuadé que vous ayez lu (ou relu) ce texte en intégralité, sauf peut être si vous fréquentez encore les bancs de l'école/du collège/du lycée. Du coup, comme je suis sympa, je vous retranscris ci-dessous, prenez donc le temps de le relire en totalité sans vous arrêter au titre...

Liberté (Paul Eluard)

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

Paul Eluard
Poésie et vérité 1942 (recueil clandestin)

Bon, je ne vais pas vous faire un cours sur ce poème, une rapide recherche sur Gogole™ vous en donnera la majeure partie des "clés de lecture" : l'anaphore "j'écris ton nom" façon "moi Président" qui résonne comme un refrain ou une incantation de ce qu'il appelle de ses vœux, le martèlement des allitérations en "p" et "t" qui rappelle inévitablement le bruit des bottes des soldats, tout comme les évocations discrètes de la guerre, etc... Bref, plus qu'un poème, c'est presque un chant Résistant (Eluard, communiste, était d'ailleurs lié aux maquisards), une prière destinée à ramener cette liberté perdue en raison de l'occupation allemande. Et puis les mots sont courts et simples : faciles à retenir. Un symbole idéal dont nos dirigeants se sont immédiatement emparés suites aux attentats qui ont ensanglanté la France ces dernières années. Et puis la Liberté est l'un des trois piliers de notre devise nationale. Il y avait bien aussi l'Egalité et la Fraternité, mais elles avaient déjà pris cher depuis pas mal de temps, il fallait bien  trouver un symbole rassembleur. La liberté c'était chouette : consensuel, universel et facile à représenter :

  • La Liberté guidant le peuple, le nichon au vent façon femen débraillée
    Piedmobile en avant les histoires qu'on raconte au peuple pour l'endormir!
  • la statue de la Liberté
    Liberté de devenir obèse!
  • Che Guevara...
    Viva el t-shirt de la revolución en solde !


Bref, la liberté, c'était un beau symbole. Et ce qui est pratique avec les symboles c'est qu'ils ne sont que cela : des symboles. Ce qui veut dire qu'on peut très bien s'en réclamer à corps et à cris, tout en leur chiant allègrement dessus dans la pratique (songez à ces grands et ardents défenseurs de la lib... pardon, la Liberté, que sont Vladimir Poutine, Erdogan, et consorts).

C'est un peu comme si vous comptez tous les politiciens se réclamant de De Gaulle (symbole de la France qui résiste et se bat, et patin-couffin), vous êtes pratiquement en mesure d'organiser un concours qui n'aura pas grand chose à envier aux conventions regroupant les sosies d'Elvis tant ces gens n'auront rien à voir avec le vieux Charles ou les idées qu'il portait.
"–Vive le Quebec liiiiibre!
–Mais non Marcel, t'es con ou quoi? C'est Elvis là...
–Ah merde... bon euh... ♫ Toute la musique que j'aimeuh♪ Elle vient de là elle vient du Blues...♫
–Purée, t'es lourd!"
Et là sur le symbole de la liberté ça ne loupe pas : tout le monde trouve que la liberté c'est super, c'est cool, et qu'il faut la défendre au péril de sa vie s'il le faut.

Prenons par exemple la liberté de culte. Tout le monde est parfaitement d'accord pour dire que les terroristes ne sont pas représentatifs de l'Islam, et que #padamalgame et qu'il ne faut pas stigmatiser. En toute logique donc, à Anderlecht en Belgique, une écolière a été sanctionnée, au nom de la défense de la liberté, pour avoir prononcé dans la cours de récréation la phrase hautement subversive "Allahu akhbar". Graine de terroriste va! Alors, oui bon ok, en arabe ça veut juste dire "Dieu est grand", mais bon hein, l'école est laïque (oui, en Belgique aussi, ils ont juste plus de frites à la cantoche, même s'ils mangent du porc). Liberté de culte, ok. mais bon, surtout si tu es blanc et chrétien hein... Le père de la fillette, sans doute une graine de terroriste lui aussi, aurait fait parait-il la réponse suivante :

Madame la Directrice. 
Etant donné le contexte et les derniers événements, je vais vous expliquer ce que signifie "Allah wakbar" chez NOUS , les musulmans pratiquants, les croyants qui craignent sincèrement Dieu dans leur cœur. 
Allah wakbar signifie " Dieu est grand ". Cela signifie l'immensité dont Il fait preuve par rapport à nous, petits êtres ne vivant que par Sa permission.  
"Allah wakbar " je le dis plus de 94 fois par jour dans mes prières
"Allah wakbar" je le dis lorsque j'invoque Dieu et que je Lui demande de protéger ma famille, ceux qui me sont chers, de guérir les malades du monde entier et de faire triompher la paix.
"Allah wakbar " je le dis lorsque je vois un événement merveilleux se produire devant mes yeux qui me rappelle à quel point nous sommes minuscules dans ce monde si grand.
"Allah wakbar " je le dis lorsque je perd un être cher et cela m'aide à me rappeler que nous retournerons tous à Lui peu importe notre couleur, condition sociale, ou religion.
"Allah wakbar" j'ai entendu un jour ma meilleure amie non musulmane me dire "je déteste cette phrase" et là j'ai compris.. j'ai compris qu'ils avaient réussi. Ces tueurs que je ne qualifierai jamais de musulmans ont réussi à faire détester l'une des plus belles phrases de notre religion. C'est la première que nous disons lorsque nous entrons en prière. Si nous ne la prononçons pas, notre prière n'est pas "validée" car c'est un de ses piliers.
"Allah wakbar" c'est une phrase que je ne me lasserais jamais de répéter et que je ne me lasserais jamais d'expliquer à ceux qui ne savent pas. A ceux qui comme vous, croient par leur esprit détourné par ces dramatiques événements, le contraire de ce qu'elle signifie.
" Allah wakbar " j'expliquerai bien sûr à ma fille la gravité de ces propos, vous avez tout à fait raison. J'expliquerai à ma fille que ces propos sont GRAVES dans le sens où ils pèsent lourds dans la balance de Dieu. Je lui rappelerai que c'est une magnifique parole et qu'elle ne doit jamais avoir honte de prononcer celle ci. 
 
Et pour finir, je lui expliquerai aussi que malheureusement beaucoup de gens ont peur de cette phrase à cause de ce que certains méchants ont fait en son nom.  
Elle perd peut être 5 points d'éducation sur son dossier scolaire mais j'espère que vous, vous gagnerez 5 points de connaissances par ces explications.  
Bien à vous
Si ça c'est pas de la graine de terrorisme tient! Faudrait p'têt quand même songer à restreindre un chouïa la liberté d'expression du coup...


Et puis histoire de bien rendre hommage à Paul Eluard, sympathisant de la Résistance française qui luttait pour la Liberté et donc contre le fichage général de la population, organisé par l'occupant allemand et le régime de Vichy, on va aussi créer un fichier central concernant l'ensemble des détenteurs de carte d'identité et/ou de passeport en France, c'est à dire 60 millions de français : le fichier TES (déjà surnommé fichier "monstre"). De toute façon, ça serait chafouin de suspecter Jean-Jacques Urvoas (et son pote Cazeneuve) de vouloir faire un truc chelou, eux qui se sont élevés vent debout contre un projet de fichage généralisé en 2012 sous Sarko 1er, avec entre autre arguments qu'aucun fichier informatique n'est impénétrable, et qu'on ne saurait croire que les garanties juridiques données soient infaillibles contre une mauvaise utilisation

Et histoire de bien rester dans le concept de "liberté", on va prendre la "liberté" de s'affranchir d'un débat parlementaire (probablement pour ne pas emmerder les pauvres députés avec ce sujet sans importance) en passant ça par décret la veille de la Toussaint, pendant un pont, et en urinant abondamment sur l'avis négatif de la CNIL.

Mais rassurez-vous :

  1. soyez donc rassurés, ce fichier sera parfaitement sécurisé et impénétrable, comme tous ses homologues dans d'autres pays : aucun risque de voir vos données semées à tout ventHum.
  2. il y a des garanties juridiques, ce fichier n'a qu'une vocation : permettre de garantir l'authenticité des titres sécurisés (carte d'identité et passeport). Il servira JAMAIS, JAMAIS, JAMAIS à l'identification ou au fichage des personnes. Enfin, tant qu'un nouveau décret du 24 ou 31 décembre, du 13 juillet, ou du 14 août n'en modifiera pas la lettre. Mais franchement, ça, ça serait vicelard.

Capture d'écran du site d'un certain Urvoas Jean-Jacques en 2012. Sûrement un vil opposant anarchiste sans scrupule.

Donc soyez tranquilles, ce fichier c'est pour votre sécu... votre liberté, votre liberté! Et pour ce faire, on va donc commencer par la supprimer parce que bon, hein, ça va bien deux minutes, mais va quand même falloir arrêter de nous chier dans les bottes, vous êtes gentils.
Merci de votre attention. Ah, au fait : vous n'avez plus la liberté d'écrire sur les murs, merci d'effacer ce texte.


Et puis, ne vous inquiétez pas, il nous reste encore et surtout la liberté de voter pour qui l'on veut...
On peut même dire que l'on peut voter pour n'importe qui faisant n'importe quoi. #remigaillard
Alors oui, bon, des esprits chagrins vont encore me dire :
  • ça se passe au USA
  • leur système de vote n'est pas au suffrage direct, et du coup, avec le système foireux des grands électeurs, il est possible d'être élu même en ayant moins de voix au total que son adversaire
  • d'façon il n'aura sans doute pas les moyens d'appliquer son programme
  • entre ce qu'il promettait en campagne et ce qu'il fera réellement... il y a un monde!
C'est pas faux. Et d'ailleurs le fait que l'élection de ce guignol soit saluée par les groupes extrémistes bandes de copains un peu déconneurs que sont le Ku Klux Klan et autres organisations néo-nazies, et que Trump ait déjà commencé à composer son gouvernement avec une belle brochette de faucons de droite dure, d'anti-IVG pro-life, et autres conspirationnistes misogynes, judéophobes et islamophobes, n'est certainement qu'un malentendu...
Ne fous inguiétez bas, za fa pien ze pazzer! Ach!

Ceci étant, peut être qu'effectivement il ne pourra pas appliquer son programme. Mais je ne sais pas vraiment s'il faut souhaiter ou craindre qu'il ne le puisse pas : si le système empêche qu'il puisse l'appliquer, cela veut dire qu'aucune réforme non autorisé par le système en place ne peut passer, qu'elle soit bonne ou mauvaise... Et n'oubliez pas que #idiocracy...

Alors oui, vous allez me dire "Non mais ça n'arrivera pas en France hein..." Certes. Probablement. Enfin, à ceci près que :
  • ce qui se passe au USA met environ 8-10 mois à arriver en France, comme par exemple les émissions débiles de télé-réalité
  • il ne faut pas sous-estimer la détestation des candidats "traditionnel" (nous diront issus du sérail politique classique) par le corps électoral. Un certain Nicolas vient d'en faire les frais, et un certain François le pourrait également très bientôt.
  • il ne faut pas négliger non plus le dégoût croissant du système en place et donc la sympathie pour un candidat "anti-système" (ne serait-ce que de façade hein... parce que le milliardaire Trump en défenseur des pauvres, c'est presque aussi hilarant que l'ex banquier de Rothschild et candidat du MEDEF Macron en défenseur de la classe laborieuse)
  • l'envie de retrouver un peu de fierté de son pays (même si ça n'est qu'une façade) et le raz le bol de l'empapaoutage permanent des gouvernements de droite comme de gauche peuvent conduire à un vote sanction.
Je vous inviterai d'ailleurs, si vous ne l'avez pas encore fait, à lire l'intéressante (mais glaçante) BD "La présidente"...
C'est curieux, j'ai beau regarder cette couverture, je ne trouve rien de marrant à dire dessus.
Mais rassurez-vous, ça peut tout à fait être François Fillon qui l'emporte... un vrai chantre de la liberté lui!
Tient, on va faire un peu de liberté à grand coup de 49.3!

C'est comme cette histoire de CETA... Comment ça, vous ne savez pas ce que c'est que le CETA? Mais siiii, souvenez-vous cette grosse arnaque ce traité de libre-échange entre le Canada et l'Europe, qui va permettre de faire revenir la croissance, le plein emploi, et ta femme qui s'est barré en moins de 48h mieux que La Redoute ou maître Dantonku...
Et pourtant, faut être doué pour faire mieux que maître Dantonku!
La grosse Commission Européenne, dont les membres sont démocratiquement élus par le peuple désignés par les dirigeant européens probablement au cours d'une partie de chifoumi, a raisonnablement pris la liberté de valider ce traité dont pas grand monde ne voulait, ce qui était totalement incompréhensible tant ce traité était symbole de Liberté!
Bon, Angela a gagné au chifoumi, le président de la commission Européenne sera donc...

C'est comme la liberté retrouvée pour nos amis cubains depuis la mort de Fidel Castro! Enfin ils vont pouvoir prétendre à des salaires décents, et à un mode de vie moderne! Décidément, c'est beau la liberté!
Ami cubain, je te conseille de tousser un coup : c'est un peu douloureux au début, mais on s'habitue à tout...

Ah, un instant, on me souffle à l'oreille (c'est d'ailleurs fort désagréable, merci de cesser derechef), que cet article comporte une coquille : il fallait bien lire "Libéralisme" et non "Liberté". Oui bof, enfin bon, Liberté, Libéralisme, c'est la même racine non? Le Libéralisme est un peu à la Liberté, ce que la Démocratie dans République Populaire Démocratique de Corée du Nord est aux valeurs démocratiques... et puis comme on dit hein : l'esclavagisme, c'est l'exploitation de l'homme par l'homme, tandis que le libéralisme, c'est le contraire. On ne va pas commencer à s'emmerder avec de la sémantique hein...  et puis, dans l'univers du Libéralisme, c'est pas comme si on était  prisonnier hein? Ha ha ha!
Tu la sens bien ta Liberté là?
C'est rien que du bonheur...

mardi 6 septembre 2016

2017 : gare aux élections pestilentielles

Je pense que ça vous aura difficilement échappé : les élections présidentielles de 2017 se préparent. Bon, à lire la presse à droite à gauche (c'est le cas de le dire) elle se prépare même depuis déjà environ 4 ans tant on a l'impression que certains et certaines ne vivent que dans l'attente d'une prochaine campagne électorale plus que pour faire quelque chose du mandat dans lequel ils glandent exercent sont censés déjà exercer. Un peu comme mes chats qui passent leur temps à dormir pour se reposer de leur sieste et en prévision d'un bon roupillon avant un gros dodo. Les chats, c'est un peu comme le politicien moyen : un gros flemmard prétentieux qui se donne des airs et n'en fiche pas une sauf pour s'empiffrer de petits fours lors des pince-fesse mondains ou chaparder ton escalope dans ton assiette.
Tout un programme...
Alors oui, bon, je sais que vous allez me dire qu'il ne faut sans doute pas les mettre tous dans le même sac comme les chatons et les pavés avant leur cours de natation, ceci étant, il faut quand même reconnaître que ces derniers temps, ils se surpassent tous en matière de démagogie et de proposition à deux balles communication et de finesse d'analyse. A leur décharge le mode de communication privilégié en ce moment, à savoir Touïteur®, limite forcément la profondeur de leur propos. Bin oui : en 140 caractères, pas évident de pondre un programme politique, surtout quand il faut en plus inclure les hashtag #toutpourmagueule, #monadversairecegrosconnard et #votezpourmapomme... En même temps, je soupçonne que compte tenu de la hauteur de vue de certains, 140 caractères, c'est déjà beaucoup trop. Comme le disait Coluche : "Mieux vaut fermer sa gueule et passer pour un con que l'ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet."

En même temps, illustrer les "limites" de nos politiciens avec un message de Morano, c'est un peu comme illustrer un article sur les causes du diabète avec une bouteille de cola... c'est un peu facile.

En même temps ce côté "rapide" (au sens parfois de "précoce" vu les tweets de certains et certaines...) et "spontané" (au sens parfois de "ah oui, quand même...") de Touïteur correspond assez bien à notre époque : faut que ça aille vite et que ça buzz, quitte à ce que ça soit con comme une bite. Il suffit de regarder ce qui passe à la télé pour vous en convaincre.

L'autre caractéristique de cette élection, c'est qu'il y a pléthore de candidats...

–Ah oui, mais non, mais y en aura moins à l'élection elle-même hein : y a des primaires à droite et à gauche.

Des primaires...
Sans déconner? Moins de candidats grâce aux primaires?
Tout à fait entre nous, entre ceux qui :
  • ne rentrent pas dans l'appareil d'un parti classique
  • ont leur propres ambitions
  • ne pourront pas saquer le "candidat officiel du parti"
  • n'en ont rien à secouer des primaires
  • considèrent (à juste titre ou non) que ces primaires sont des pièges à con manipulées
  • se montent le bourrichon (avant de se dégonfler comme des baudruches problement)
  • liste non exhaustive
... je vous fiche mon billet qu'il y aura sensiblement autant de candidats en 2017 qu'il a pu y en avoir en 2012, si ça n'est même plus. Et pas que du candidat de première fraîcheur hein : du président sur le retour (attention c'est du réchauffé), de l'ancien président sur le retour (qui a un peu attaché à la casserole)...
C'est plus des casseroles à ce stade, c'est toute la batterie de cuisine...
... de l'ancien premier ministre (un peu faisandé, genre vieille carne façon semelle de godasse botte), du candidat extrémiste passé à la lessiveuse pour paraître plus blanc que blanc (mais dont les tâches brunes sont sans doute encore bien incrustées), du centriste mou en veux-tu en voilà (des anciens, des nouveaux, des jeunes, des jeunes, des vieux), du banquier de chez Rothschild (mais si il va y aller, ne soyez pas naïfs), du gauchiste révolutionnaire qu'on ressort occasionnellement de la naphtaline parce que ses vannes font rigoler deux minutes et que ça met de l'ambiance, de l'écolo recyclé qui veut juste se positionner pour un futur maroquin au gouvernement, et j'en passe. D'un autre côté, vous préféreriez un bipartisme à l'américaine?
Ça fait rêver...
Ça aussi...
Et le plus formidable, outre cette sélection de champions du monde, ce sont les thématiques de campagne que l'on va très probablement nous infliger. Je veux dire, soyons clairs : nous vivons dans un pays riche qui ne manque ni d'eau ni de nourriture, dans lequel la population est plutôt bien éduquée (oubliez Morano et Nabilla un instant je vous prie, et suivez un peu), et qui dispose d'une importante population active plutôt en bonne santé, ainsi que de ressources naturelles non négligeables. Les principaux problèmes auxquels nous faisons face sont :
►la répartition des richesses (dont on dispose hein, il s'agit juste de savoir où on met les sous)
►le taux de chômage (c'est lié)
►les choix de la politique éducative (c'est un peu lié aussi)
►les choix liés à la transition énergétique et à l'environnement (idem)
►la politique de santé (pareil)
►la politique étrangère
►le terrorisme (oui, difficile de passer à côté quand même, même si c'est pas mal lié à la répartition des richesses et à la politique étrangère fondamentalement)

Or, jusqu'à présent, de quoi a-t'on parlé (et de quoi va-t'on très vraisemblablement parler durant la campagne qui s'amorce)?
►de religion
►de religion musulmane
►de la burka (et de ses dérivés : burkini, burki-string, burki-plug anal, ...)
–Ça va? C'est bon? Tout le monde est content?
►de la place des femmes dans la société (et accessoirement de la bonne façon pour elles de se vêtir, mais on va éviter de leur demander leur avis, ou même surtout d'avoir trop de candidates à l'élection, c'est pas l'élection de miss France non plus naméo!)
Nous sommes pour la liberté de la femme! Mais pas trop quand même hein oh!
►de sécurité :
  • combien de flic doit-il y avoir au cul de chaque français pour assurer pleinement sa sécurité? 
  • doit-on sacrifier notre liberté à notre sécurité?
  • si t'as rien à cacher, de quoi tu as peur?
  • putain tu fais chier avec tes questions à la con de bobo-gauchise-droit de l'hommiste, continue à m'emmerder et je raccourcis ta laisse!
►de tous ces profiteurs qui vivent de l'argent public grâce aux allocs
►d'immigration (c'est vrai quoi, ils font chier tous ces réfugiés qui fuient les bombardements de leur pays au napalm patriote de l'axe du bien à venir s'échouer sur nos plages avec leurs gamins pour tenter de vivre en paix... ils pourraient pas rester chez eux à crever comme tout le monde non? Est-ce qu'on va leur piquer leurs allocs nous hein?)
C'est cadeau. Je sais, c'est complètement gratuit, mais c'est juste pour rappeler qu'avant d'être des statistiques, ce sont aussi et surtout des êtres humains.
►de l'évolution du droit du travail (–Moins de droits. –Oui mais plus de travail hein? –Oh, ça, on verra...)
►de radicalisation (disons quoi? un millier d'individus sur 66 millions de français? on sent bien la menace qui va détruire nos valeurs tu vois... enfin surtout si on décide de rogner nos libertés pour cette poignée de cinglés)
►des impôts (qui sont trop élevés c'est bien connu, mais par contre ça serait quand même bien d'augmenter les moyens de la police, des renseignements, de l'éducation nationale, de l'armée, le salaire des députés et des ministres, et...)
►tout autre sujet futile et non essentiel à venir mais qui monopolisera l'attention des médias (et donc de la population) plutôt que de parler de ce qui importe vraiment.

Le gros problème (et ça ne date pas d'hier), c'est que la plupart des politiciens n'ont pas une vision qui va au delà des prochaines échéances électorales. Du coup ils proposent des solutions "miracles" (qui ne marchent pas) sur du court terme là où il faudrait des solutions à long terme... que la population n'accepterait sans doute pas puisqu'elle n'en verrait pas l'aboutissement... à court terme.

Ces derniers temps, on voit fleurir un peu partout cet extrait d'émission avec Etienne Chouard (un professeur d'économie) :

L'analyse est intéressante, et je serais tenté d'y adhérer, si elle ne véhiculait pas l'idée sous-jacente que derrière tout cela, il y a un dessein intelligent (manipulation, complot, appelez ça comme vous voudrez...). Or cette idée même se heurte à un principe plus fondamental : le principe de la biscotte de Papa Hérisson. Vous ne connaissez pas? C'est comme le principe du rasoir d’Occam en science qui dit que de deux explications, la plus simple est généralement la bonne. Et bien le principe de la biscotte dit que dans le domaine social/économique/politique, l'explication la plus conne est généralement la meilleure. Et en politique, l'explication la plus conne est en effet généralement liée à la BISCOTTE :

  • Bêtise
  • Incompétence
  • Sexe
  • Clientélisme
  • Opportunisme
  • Tune
  • Tune (oui, deux fois, parce que ça revient beaucoup quand même...)
  • Ego
En gros, ils ne sont pas mauvais parce qu'il y a un quelconque complot pour nous mettre dans le jus : ils sont mauvais juste parce qu'ils sont mauvais.

–Ils ne sont quand même pas tous à mettre dans le même panier?

Sans doute pas non... mais ceux qui vaudraient la peine sont rarement élus, où s'ils le sont, ils n'ont pas les moyens d'agir avec sagacité parce qu'ils sont entourés d'imbéciles opportunistes. Qui plus est, les plus motivés pour obtenir le pouvoir sont en général ceux à qui il faudrait le moins possible le confier. Et inversement. C'est là tout le paradoxe de la démocratie, qui souffre en outre d'un autre biais irrémédiable...

Pour schématiser : vous qui me lisez et trouvez que j'ai raison, vous vous demandez comment il se fait que malgré tout on élise toujours des médiocres incompétents. C'est normal : vous représentez le dessus du panier. Vous avez un esprit critique aiguisé, et un minimum de culture. C'est bon, vous pouvez voter pour moi, je vous ai bien brossé dans le sens du poil. Le problème, c'est que la démocratie, édictée par des gens cultivés et intelligents comme vous justement, part du principe que le plus grand nombre fera des choix cohérents et intelligents, la moyenne statistique gommant les choix discutables des plus crétins d'entre nous, y compris le fait de voter pour des imbéciles opportunistes. Wikipédia fonctionne sur le même principe. Et se heurte à la même limite : la bêtise collective.

Oui, collectivement nous sommes infiniment plus cons que pris individuellement. Cela est lié à deux phénomènes :

  1. notre mode de société a tendance à encourager la médiocrité et la bêtise (ça c'est le postulat du film de science fiction satyrique Idiocracy, que je vous recommande chaudement, qui, à mon sens, ressemble de plus en plus à un documentaire)
  2. le mimétisme social a tendance à pousser les individus à suivre des comportements grégaires, même (et surtout) si ces comportements sont idiots. Pour vous en convaincre, il suffit de jeter un œil aux expériences du type expérience de Milgram. Faites une recherche rapide sur Gogole®, vous verrez, ce ne sont pas les occurrences qui manquent, comme par exemple celle-ci...
Ramené à Wikipedia, cela signifie que des articles avec un contenu erroné ou idiot peuvent passer, pour peu que le plus grand nombre le valide. En soi ça n'a rien de catastrophique pour une encyclopédie : après, les connaissances qu'elle contient peuvent être appelées à évoluer. C'est déjà plus embêtant lorsqu'il s'agit de diriger un pays : si n'importe quel imbécile peut décider du sort de ses concitoyens (voire même des individus au delà de ses frontières) sur un concours de circonstances, on est mal brêlés...
Ouh punaise!

–Bon et tu proposes quoi? Tu veux être candidat?

Moi candidat? A la présidence?
Ça va pas non? Qu'est-ce que j'irais faire dans ce cirque médiatique qu'est la campagne électorale? Non, quitte à prendre le pouvoir, autant devenir...
Empereur! (bon en fait je pensais plutôt à l'Empereur Dieu de Dune, mais bon hein...)
Au moins, tu n'as pas à te casser la paillasse à faire de la démagogie pour une éventuelle réélection.

mardi 15 décembre 2015

L'honneur de l'amère patrie

La patrie est blessée. Notre patrie. Une patrie outragée! Une patrie brisée! Une patrie martyrisée, mais une patrie... libérééééée! Délivrééééééeeee! ♫♪


Ah ça! Depuis quelques semaines, la patrie on nous en rebat les oreilles hein. On en bouffe du patriotisme! Et que j'te fasse tourner en boucle la Marseillaise...

♫ AlonZenfandelaaaa PATRI-I-EUH... lejourdeglôôôaaaarétarivé ♪

... et que j't'affiche du drapeau tricolore en veux-tu en voilà...
Gilbert Montagné Like this

... et que j'te balance du "liberté-égalité-fraternité" à toutes les sauces, entre deux masturbations intellectuelles sur les valeurs éternelles de la France pays des droits de l'homme, de la liberté de la presse, de Voltaire et Zadig Rousseau, du saucisson et du pinard. Bla bla bla.

Et pour les sauvegarder ses valeurs, figurez-vous que la France fera ce qu'il faut. Y compris les abandonner.

–Hein?

Non mais juste le temps de mettre la misère aux méchants hein... je vous rassure. Ohla si si, pas d'inquiétude! Rhoooo... Pfff, que n'allez vous pas penser bande de margoulins complotistes à la petite semaine! C'est l'affaire de quoi? Pfff, 15 jours... Bon allez, trois mois!... Ok... six mois grand max hein!... Enfin bon, sauf si les méchants recommencent parce que là...

Bref. Comme je vous sens un tantinet inquiets, je vous propose de vous expliquer comment la France espère en vain va mettre sa raclée à ces gros bâtards de terroristes. Voici donc (Oh! Bad!) :

Leçon d'antiterrorisme : l'amer docu


1.Leçon n° 1 : Tester ses résistances
Comme le dirait John Rambo : et maintenant, ça va chier!
Attention, ça ne rigole plus!
Non parce que jusqu'ici, les gros navions ils faisaient du macramé tu vois. Mais là, maintenant, ça plaisante plus, on est un peu chafouins. On en a gros!

Non mais, ok, d'accord : on les bombardait déjà, mais jusque là c'était juste pour déconner : on lâchait les bombes sur des cailloux, des buissons, des licornes, des civils innocents... Mais maintenant : fini de jouer. On va balancer nos bombes sur... euh... les méchants. Voilà. C'est dit. Pourquoi on l'a pas fait avant? Euh... non mais c'est parce qu'ils se planquaient. Au milieu de civils. Tandis que maintenant... euh... pareil, mais ça rigole plus voilà. On en a gros!
Et on veut être considérés en tant que tel.
2. Leçon n°2 : Prolonger la magie du premier regard
Parce que 12 jours c'est un peu court pour un état d'exception au fonctionnement normal de la justice en France, le gouvernement a décidé de le prolonger à trois mois.. Trois mois, c'est mieux. Voire six hein... ou plus s'il le faut. C'est vrai quoi : être obligé de demander l'avis d'un juge pour perquisitionner chez les gens, ou les assigner à résidence, quelle plaie franchement... En fait, si on f'sait ça tout le temps? Ça serait sans doute pas mal non?
Franchement, si les juges et les avocats servaient à quelque chose, ça se saurait non?

Non parce que c'est pas comme si l’État d'Urgence pouvait conduire à des abus quoi! C'est un truc d'exception, mais parfaitement maîtrisé, dans lequel chaque étape est parfaitement sous contrôle de... euh... enfin, on ne peut pas faire n'importe quoi avec... euh... Oh et puis merde : nous on est les gentils, et eux ce sont les méchants. Epicétou!


3. Leçon n°3 : Arrondir les angles
Les terroristes ont tenté de s'en prendre aux valeurs que nous défendons, aux droits de l'Homme qu'ils exècrent. Du coup, la meilleure réponse à apporter consiste à passer un coup de fil au Conseil de l'Europe pour lui dire que les droits de l'Homme, on va déroger un peu...

"–Allo? Le Conseil de l'Europe?
–Oui? Qui est à l'appareil?
–Ici c'est la France, c'était pour vous prévenir : les droits de l'Homme toussa, on va s'asseoir dessus un petit peu. Mais juste le temps de péter la mouille des vilains quoi!
–Ah... mais... euh... c'est pas justement ce que vous leur reprochez, de ne pas respecter les droits de l'Homme?
–Ah mais non, mais oui, mais c'est pas pareil. Nous on est les gentils, et eux ils sont les méchants.
- Pourquoi me veut-il du mal ?
- Parce que c'est un méchant.
- Mais, pourquoi moi ?
- Parce que t'es une gentille !

–Ah d'accord. Bon bin, YOLO hein, faites vous plaiz'
–Oui. Allez, bisous, topette!"

Faire une pause sur les valeurs qu'on veut défendre et qu'ils attaquent : ça c'est de la stratégie. C'est un peu comme si on avait flingué tous les juifs en 1940 pour emmerder Hitler. (Oui, je sais : je m'auto-inflige un point Godwin).


4. Leçon n°4 : Jeter le trouble dans son esprit
Combattre l'ennemi, c'est d'abord identifier l'ennemi. Et de ce point de vue, nous avons un avantage, car l'ennemi est reconnaissable assez facilement.
"L'ennemi est bête : il croit que c'est nous l'ennemi, alors que c'est lui !"


Identifier l'ennemi, c'est facile : il est barbu, porte des vêtements bizarres qui ressemblent à des sortes de djellabas, parle avec des types chelous qui s'expriment en Étranger (langue mystérieuse et incompréhensible au commun des mortels), parle sans cesse de je-ne-sais-quoi Ackbar, pratique une religion pas très catholique, a tendance à partir dans des délires mystiques avec des histoires d'élu ou je ne sais quoi, a un goût prononcé pour les tenues vestimentaires féminines assez discutables, et de façon générale il a l'air assez suspect.
Surveillez bien les amis, je sens que dans les jours qui viennent, le GIGN et le RAID vont pouvoir se faire plaisir à la sortie des cinémas...
 Tandis que le "pas ennemi" est un type normal du genre plutôt passe-partout. Ou pas.
Euh...

Et sinon il restera toujours la solution de Donald Trump, hmmm?

5. Leçon n°5 : Resserrer les liens
Identifier l'ennemi c'est une première étape. Une fois cela fait, on lui colle une fiche S et déjà il fait moins le malin. Mais des fois que ça ne suffirait pas, il importe de l'empêcher d'accomplir sa sinistre besogne (poser une bombe, transformer d'honnêtes citoyens en hachis parmentier à la kalach', cultiver et vendre des fruits et légumes bio, manifester, s'indigner,...).
Attention, cette pomme bio radicalisée est prête à s'attaquer à nos familles le couteau entre les dents! Qu'on se le dise!

Heureusement, l’État d'Urgence permet de coller au gnouf d'assigner quelqu'un à résidence sans demander la permission à un de ses mollassons de juges trotsko-islamo-gauchiste. Comme ça, pif pouf. L'inconvénient, c'est que ces margoulins de fichés S pourraient chercher à s'échapper. Du coup, ça serait sans doute pas mal de regrouper tous ces vils malandrins, et de les foutre dans un camp de conce... dans un centre de rétention histoire de pouvoir garder un œil sur eux quoi...
Je me disais bien que mes amis qui étaient devenus Végans étaient suspects...

Voilà voilà. Non mais ne voyez pas le mal partout on vous dit : eux c'est les méchants!!!!

6. Leçon n°6 : Gérer son stress
Viander les méchants c'est bien, mais apprendre à résister à leurs attaques, c'est mieux. Heureusement, le gouvernement pense à vous en vous expliquant comment réagir efficacement à l'aide d'un schéma bien pensé.
Enfin des instructions de sécurité qui s'appuient sur nos points forts : la bouffe, et la baise.

Je pourrais aussi évoquer les envies de contrôle d'internet à faire pâlir Pyongyang de jalousie (si la Corée du Nord disposait d'un accès internet autrement que par des ficelles reliées à des pots de yaourt bien sûr) mais ça, c'est juste encore à l'état de projet.

Mais bon, franchement, si après ça vous n'êtes pas rassurés, je ne peux plus rien pour vous.

vendredi 20 novembre 2015

Peur d'artichaut

(Précision : la formule du titre n'est pas de moi mais de Daniel Schneidermann, dans cet article du reste fort pertinent.)
... et c'est pas toujours une fierté.


Le vendredi 13 novembre 2015. Une date qui restera dans les annales (bien profond d'ailleurs). Même si, objectivement, la date du 12 novembre 2015 le devrait également... ou encore celle du 10 octobre 2015, et sans doute encore beaucoup d'autres, hélas, le mériteraient tout autant.

Loin de moi l'intention de critiquer la compassion à géométrie variable, selon le lieu où se produit un attentat (même s'il faut bien admettre qu'on n'a pas vu fleurir de drapeau libanais sur Facebouc® ou sur les grands monuments de ce monde au lendemain du 12 novembre)... c'est humain : ces événements nous touchent toujours plus lorsque ceux qui sont impactés partagent une même culture. Si l'on pourrait à la limite froncer un peu les sourcils face ceux qui n'ont pas réagi suite aux hécatombes de Beyrouth ou d'Ankara, il est en revanche difficile de critiquer l'émotion et l'empathie dont ils font preuve après ce qui s'est passé à Paris. Les journalistes ont même un terme pour désigner cela : ils parlent de "mort kilomètre". C'est triste sans nul doute, mais c'est humain.

Tout comme il est humain d'avoir peur au lendemain de ces massacres. La peur est humaine, naturelle. Comme je l'évoquais déjà ici avant même les attentats du 7 janvier, il convient juste de ne pas sombrer dans une peur permanente, psychotique : la peur ne doit pas guider nos actes et nos choix au quotidien. Elle ne doit pas nous laisser abandonner nos libertés et notre honneur au prétexte bien illusoire de la sécurité qui en découlerait.

Faisons un point pour bien comprendre ce qui s'est passé.

Dans un pays fort fort lointain...
Mais moins verdoyant quand même.

... un barbu un peu grincheux appelé "Abou" a décidé qu'il voulait se venger des français et de leur mode de vie dissolu (alcool, sexe, rock & roll, droit de vote de femmes, etc...).
"–Moi j'aime pas les gens!"

On ne sait pas bien pourquoi. Personnellement, mon hypothèse est que c'est parce qu'il a gardé un mauvais souvenir de ses années lycée. Je pense qu'il était tombé amoureux de Marie-Jenifer, l'égérie du lycée (comme tout le monde en fait) et qu'il a voulu tenter sa chance...
"–Zyva Marie-Jen, ton père c'était un voleur, il a pris les étoiles du ciel pour les mettre dans tes yeux! Parole! Tavu! Bon, ça te dirait que je te zoumzoumzen? Tu me file ton 06?"

Marie-Jenifer était belle, indépendante, aimait le rock, le foot et sortir avec des copains. Sortir avec des garçons, voire jouer au docteur avec eux ne lui posait pas de problème particulier. Mais là, non, c'était juste pas possib'!Sans doute la pilosité faciale plus ou moins hasardeuse d'Abou, faisant un peu penser à celle d'un hipster prépubère (ou d'un cochon d'inde, c'est pareil) lui a-t-elle joué des tours : Marie-Jenifer lui a mis un gros vent car elle ne kiffe pas trop les hipsters (ni les hamsters).
"–Écoute Abou, t'es bien mignon, mais le poil, c'est pas tendance tu vois... alors parle à ma main ok?"

Du coup, Abou a été tout vexé. Il s'est un peu mis à haïr les gens heureux, les femmes indépendantes, les bobos hipsters parisiens, et a commencé à devenir un peu fou dans sa tête.
Ah ouaih, quand même...

Les années passèrent, et Abou en a profité pour suivre de fructueuses études de Génie du Mal. Une fois son diplôme en poche, il a recruté des sbires à moustache barbus et commencé à zigouiller des gens juste comme ça pouf.
"–Je me vengerai! Et ma vengeance sera terriiiiiiible! Mouahaha!"
Et histoire de "justifier" ses conneries, il décide de faire ce que tous les humains qui voulaient massacrer des gens ont toujours fait depuis la nuit des temps : dire que c'est la volonté de dieu, ou en l’occurrence d'Allah et de son pote Mahomet, ce qui est bien commode car il y a peu de chance qu'ils se pointent pour dire que ce sont des carabistouilles vu que... DIEU/ALLAH EST JUSTE UNE PUTAIN D’HYPOTHÈSE!
Mais ça passe toujours mieux avec un lolcat.
Notons au passage que c'est là aussi toute la différence entre "Islam" (des gens qui croient en un dieu appelé Allah comme d'autres croient en Yahvé, Raël, Cthulhu ou le Monstre de Spaghetti Volant) et "Islamisme" (des gens qui ne croient finalement pas en grand chose, mais trouvent que c'est bien commode comme excuse pour faire plein de conneries en disant #cépamafote #célavolontédedieu). Ça c'est dit. Et si dieu/Allah/Yahvé/Jéhovah/Cthulhu/etc... existe et cautionne : il n'a qu'à se pointer en personne devant l'Arc de Triomphe et filer des instructions claires une bonne foi (Ah ah!) pour toutes.
 
Pendant ce temps, en France, François W. Hollande commence à trouver que Abou n'est vraiment pas sympa du trucider comme ça sans vergogne, sans même prendre la peine de remplir le formulaire B52 de déclaration de guerre auprès de la préfecture de Villetanneuse.
"–Moi président, je te le dis : tu pousses ma patience... Abou. Pfffrrt!"
Du coup, il lui envoie un touïte® pour qu'il se calme un peu parce que hein ho ça va bien deux minutes les conneries t'arrêtes ta p'tite crise tout de suite mon p'tit bonhomme!
"@Abou_de_nerf C'est bon oui? Tu vas te calmer p'tit con?"

Sauf que du coup, Abou il devient un peu chafouin et décide que ça ne va pas se passer comme ça. Alors près avoir fait zigouiller de dangereux caricaturistes qui avaient eu le malheur de ricaner au sujet de ses problèmes de pilosité convictions religieuses, il réunit ses meilleurs hommes...
Je ne suis pas sûr de mes sources pour cette image, mais ça serait cohérent avec la démarche...
... et leur confie pour mission d'aller trucider du hipster à Paris, puis de se faire péter la cafetière avec une ceinture explosive qui... leur permettra d'arriver au paradis où les attendent 72 vierges graciles. Oui ils sont comme ça. Je sais, c'est complètement con, mais cf. les images du staff juste au dessus hein...
"–J'arrive les filles!!! Faites tomber les p'tites culottes!"

Opération rondement menée, même si certains des sbires, sans doute un peu trop motivés par l'histoire des vierges graciles toussa, décident finalement de se faire exploser la carafe avant d'être entrés dans le Stade de France, et donc sans attendre d'être entourés de hipsters/footeux pour en massacrer un maximum. On mettra ça sur le coup de l'enthousiasme hein.
"–Non mais c'est pas grave hein... ça arrive à tout le m... oh wait. Non, t'es juste un boulet."
N'empêche qu'en attendant, y a quand même plein de morts et de blessés et que les gens sont très tristes partout dans le monde, même au Liban malgré qu'ils aient pris cher eux aussi dans une relative indifférence (sauf chez Abou donc, où ils ont débouché le Champomy®). Du coup en France, Manuel Valls fait les gros yeux à Abou...
"–Et si ça devait continuer, en plus des gros yeux je ferai des mouvements de menton et je pointerai du doigt. Alors attention hein, je rigole plus! Naméo!"
... pendant que François W. Hollande réunit un conseil des ministres extraordinaire (et non extraordinaires), avec entre autres Marisol Touraine (ministre de la santé), Patrick Kanner (ministre de la jeunesse et des sports) ce qui fiche quand même drôlement les jetons : il va pas rigoler longtemps le Abou moi je vous le dis.
Et si ça ne suffit pas, on fera appel à BHL!

Comme tout le monde comprend bien vite que c'est par frustration sexuelle dépit amoureux que ce gros châtré pauvre Abou a agi (on le sent un peu Abou... désolé...), il est donc rapidement décidé de lui envoyer quelques sextoys suppositoires à l'eucalyptus accompagnés de petits mots doux. Nul doute que cette délicate attention devrait faire retomber rapidement les tensions.
Plaisir d'offrir, joie de recevoir...

Sinon, vous avez aussi le résumé de Marion Séclin, mais il est moins sérieux que le mien... ♪
 

Bon, on ne va pas se mentir hein : après ce qui s'est passé ce vendredi 13,  l'idée que ces p'tits saligauds se soient morflés quelques bombinettes dans la mouille n'était pas pour nous déplaire. Quelque part, on se dit que c'est bien fait. Enfin on se dit ça vite sous le coup de la colère (qui est sans doute aussi mauvaise conseillère que la peur). Et puis, en y réfléchissant un peu plus tout court : on se rend compte que ça ne changera rien...
  1. ça ne ramènera pas les morts des attentats de Paris
  2. t'inquiètes qu'Abou, il dort dans son bunker bien à l'abri ou qu'il a déjà mis les voiles ailleurs (depuis le temps qu'ils s'en reçoivent des bombes...)
  3. ça va encore un peu plus exciter les autres fondus de la carafe : c'est un peu un concours de claques, je t'en file une, tu m'en files une, et ainsi de suite, c'est au premier qui tombe le cul par terre
  4. il y a de bonnes chances que ça tue aussi des cibles innocentes, vu que ces mecs se sont installés dans des territoires conquis avec femmes et enfants
  5. sachant qu'au moins la moitié des terroristes venaient de chez nous à la base, ça veut dire qu'une moitié du problème se trouve peut être là-bas, mais que l'autre moitié est bel et bien ici. On fait quoi? On bombarde aussi le 9.3? La Belgique?
Bon, mais du coup que faire? Et là, deux écoles s'affrontent :
  • Surtout on ne change rien (ou alors seulement pour ajuster nos mesures de sécurité) sinon ils auront gagné : la meilleure réponse consiste à leur opposer notre mépris (et à les coller au gnouf pour qu'ils y ramassent des savonnettes)
  • Yolooooooo! On s'en fout des lois et des droits de l'homme finalement, on va jouer au même jeu de cons, et on va mettre la misère à tous les barbus #torture #guantanamo #patriotact #tousdanslemêmesac
La première école, c'est celle de la Norvège après les attentats d'Oslo et Utøya, dont le premier ministre déclara : "Bien entendu, nous n’allons rien changer à ce que nous sommes."
Même pas peur!
La deuxième, ça serait les USA après les attentats du 11 septembre, qui ont choisi de manger leur chapeau-liberté avec le Patriot Act et Guantanamo (waterboarding, toussa) et d'aller mettre leurs pieds ou ils veulent, et souvent dans la gueule.
"Y a des jours où faut pas me faire chier. Et y a des jours tous les jours!"


Sauf que RIEN (même le terrorisme) ne justifie qu'un état de droit ne transige avec ses lois, avec les droits de l'homme et ceux de ses citoyens ou avec les principes d'égalité au nom de la lutte contre ce terrorisme... car sinon, ils auront gagné en nous retirant ce qu'ils détestent le plus chez nous : notre liberté et notre mode de vie. Et le souci, c'est que c'est pourtant bien ce qui commence à se profiler à l'horizon. Car à gauche (enfin... gauche... le PS. Centre gauche quoi. Enfin centre...) comme à droite, les vaillants hussards de la république qui nous gouvernent font feu de tout bois en matière d'idées géniales pour lutter contre le terrorisme. En vrac :
  • déchéance de la nationalité : nul doute que les cinglés de Daesh en tremblent déjà de terreur (à moins que ça ne soit des spasmes de rire)
  • mettre en place une "colonne républicaine de Musulmans français" (!?) : Et après, on fait une colonne Raëlienne? Scientologue? Pastafarienne? C'est vraiment nécessaire de souligner encore un peu plus le communautarisme? C'est pas déjà ça qui nous a mis dans le jus?
  • coller un bracelet électronique à ceux qui sont fichés "S", voire les enfermer direct (on n'est jamais trop prudent) : OSEF du droit à la justice, on s'en tape des décisions d'un juge, Guantanamo Power!!!! D'un autre côté, ça risque de ne pas être suffisant : rappelons que les fiches "S" ne sont que des soupçons, et de toutes façons, certains ont pu passer au travers : enfermons plutôt tous ceux qui ont une sale gueule (punks à chien compris), les barbus (hipsters inclus) et tous ceux qui protestent trop fort (ça leur fera les pieds). On demandera à la SNCF de les transporter jusqu'au camp de rétention, ils savent comment faire.
  • durcir les conditions d'accès à la nationalité française : grâce à cette mesure somptueuse, ils vont moins la ramener ces enfoirés de terroristes Belges qui... euh... et merde. Bon et puis ceux qui étaient français depuis deux ou trois générations minimum, ils vont... euh... bon, on disait?
  • modifier la constitution pour y introduire (non ça n'est pas sale... quoique...) un nouvel article régissant des situations d'exception, comme l'Etat d'Urgence actuellement en vigueur, ou les Pleins Pouvoirs, mais en moins exceptionnel et plus permanent. Mais légal hein! Mais permanent. De l'Exception Permanente quoi. En gros ça revient à dire que l'Etat passe en God Mode et se met à bouffer du terroriste sans se préoccuper des règles de droit, comme ça pif-pouf. Moi ça me laisse surtout penser que : soit les règles existantes sont si mal fichues qu'on est obligé de s'en affranchir, soit on ne s'est pas donné les moyens de les appliquer. Dans un cas comme dans l'autre, la solution proposée ne résout pas le problème de fond. Par contre, d'un coup, les libertés vont prendre cher.
  • vitrifier la Syrie à l'arme nucléaire
  • assécher les finances de l'ennemi : sans doute la moins con des idées proposées. De base ça parait logique vu que l'argent est le nerf de la guerre. Pas de fric, pas de kalach'! En théorie, c'est génial, car ça ne nécessite pas de bombarder des gens. En pratique, s'il doit être possible de fermer certains robinets à pognon, ça risque d'être plus compliqué pour d'autres. Car il est vraisemblable que cette organisation utilise les mêmes moyens que les grosses organisations criminelles : circuits financiers parallèles, blanchiment d'argent, etc... 
  • libéraliser le port d'arme comme aux USA histoire que tout le monde soit armé et puisse se défendre :  ou puisse flinguer son prochain sur un malentendu. Plus besoin de djihadistes, on pourra s'entretuer peinards. Quant aux gilets pare-balles, ceux qui peuvent arrêter des tirs de kalach' pèsent 6 à 7 kg et font ressembler à Robocop... et n'empêchent pas les balles dans la tête.
Vous êtes un fan inconditionnel de Georges W. ? Vous faites de rêves humides le concernant? Vous fantasmiez sur un monde à la 1984? Bravo, vous risquez d'être bientôt comblés...
C'est vrai que ça envoie du rêve, je comprends.

Il est normal, il est humain, d'avoir peur. Il est humain d'avoir envie de revanche. Humain d'avoir envie d'être en sécurité, que ses enfants soient en sécurité. Mais cela ne doit jamais nous dispenser de réfléchir et de faire preuve de retenue. Non seulement la loi du Talion n'a jamais rien résolu, mais pire : elle risque de fournir des "munitions" aux terroristes, sous forme d'individus mécontents du climat de suspicion généralisée, et susceptibles de se radicaliser par dépit. Action, réaction.

Et s'il est humain d'avoir peur, il est encore plus humain de l'affronter cette peur, d'y faire face. Il est humain de partager la douleur de ceux qui ont perdu des proches, à Paris comme à Beyrouth ou partout où des terroristes ont pu frapper. Il est humain de rire, et de fanfaronner un peu face à eux, en leur renvoyant à la face notre fierté, notre culture, nos valeurs et notre liberté de penser... après tout, le Coq Gaulois symbole de notre pays n'est-il pas le seul animal à chanter les pieds dans la merde? Et surtout : il est humain de nous serrer les coudes, de nous aimer aveuglément et de garder l'esprit ouvert. Parce que c'est le meilleur moyen de lutter contre la connerie de compétition, et pour leur montrer qu'ils n'ont pas gagné, qu'ils ne gagneront jamais.

Le pire que nous pourrions faire en réaction à ces événements, serait d'abandonner notre humanité, de nous replier sur nous-mêmes, de nous méfier systématiquement de l'Autre et de céder aux sirènes d'un extrémisme sécuritaire et xénophobe qui se repaît de nos peurs d'artichaut.

Car ne vous y trompez pas :  ces deux extrémismes fonctionnent finalement en synergie parfaite. Nos extrémistes (extrême droite par exemple, au hasard hein) tiennent un discours de méfiance, voire de haine de l'étranger et de sa culture. Les leurs (radicaux prétendument religieux-mon cul) nous accusent de les détester et de détester leur culture. En butte à la méfiance et la stigmatisation, NOS jeunes issus de cette culture (oui : nos. Ils sont nés dans nos pays, et parfois même leurs parents aussi) le prennent pour eux, et commencent à se dire que quand même, mince. Du coup, puisque c'est comme ça, c'est vraiment trop injuste, et ils deviennent un peu remuant (délinquance, trafic de schnouffe, etc...). Du coup nos extrémistes disent que ah, vous voyez madame Michu, c'est bien la preuve que c'était pas des conneries et qu'on ne se méfie pas assez de ces bougn... métèques zazous. Le ton monte des deux côtés, et un beau jour, nos jeunes se disent que puisqu'on ne les aime pas, bin eux aussi vont nous détester, et pis qu'après on sera tout mort, et que ça sera bien fait, na! Et ils font une grosse connerie. C'est quoi l'étape d'après? On met nos extrémistes au pouvoir et continue le concours de crottes de nez?

Soyons clairs, comme le rappelait très bien Marion Séclin dans sa vidéo (voir ci-dessus) : RIEN ne justifie ni n'excuse le terrorisme. Ni les discours au relent de fond de bidet de Jean-Marine, de Wauquiez ou d'Estrosi, ni les caricatures de Charlie Hebdo, ni même l'action militaire française dans le monde. Juste : on ne tue pas des gens comme ça, c'est tout. Pour autant, si on veut résoudre le problème, j'incline à penser qu'il va falloir trouver une autre solution que d'éparpiller les gens façon chili con carne. Alors on pourrait peut être commencer par arrêter de se détester, non?
Ou pas.