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vendredi 13 février 2015

Dis donc! Tu veux mon doigt?

 –Les gnoooooomes! C'est l'heure de manger! On va se laver les mains!
–Non, j'veux pas me laver les mains!
"Je t'ai déjà de pas fouiller dans ton nez avec tes doigts, y a mouchoirs pour ça!"

–P'tit Prince : c'est pas discutable. Vu que tu manges avec tes doigts, et vu les endroits ou tu les mets avant, on pourrait aussi bien te tailler une assiette dans le lino du tramway si tu les laves pas, y aura pas plus de microbes...
–Pffff, bon... d'accord...

Agad', on secoue, on frotte un peu, et ayé, c'est bon.
Et oui, car il faut bien le dire, nos mains, nos doigts nous servent à tout et surtout n'importe quoi, ce qui en fait la porte d'entrée principale à tous les miasmes, microbes et autres toxiques possibles. Surtout en cette saison. Le problème, c'est que la conception gnomesque de l'hygiène concernant ce qu'on peut porter à la bouche est un peu particulière :
  • des mains cradingue :
  • une rembarde de tramway :
  • le sol :
  • une cuvette de WC :
  • des légumes en contact avec la viande dans l'assiette :


Comme vous ne vous en doutez peut être pas, aujourd'hui on va parler d'une excroissance oblongue, parfois turgescente, et qu'on a tendance à fourrer un peu n'importe où : je veux bien sûr parler des doigts. Mais je vous rassure, on va aussi causer de bistouquette,  vu qu'entre le procès du Carlton et la sortie de "50 nuances..." au ciné, ça serait ballot de se priver. Et en plus, une récente étudalacon fait le lien entre les deux.
50 nuances de Gris.

Ah mais dites donc... ça fait longtemps qu'on a pas parlé d'une étudalacon! Et pourtant, la science poursuit sa route (mais jusqu'où s'arrêteront-ils?). Et accessoirement, ça fait un certain temps qu'on n'a pas parlé de sexe non plus. Je vous sens déjà frétiller d'impatience...

Commençons par le commencement, les doigts donc : ces petits boudins articulés qui équipent nos jolies mimines à raison de 5 par paluche en temps normal, sont probablement l'un des éléments les plus caractéristiques de notre espèce, surtout le pouce opposable d'ailleurs, bien que peu utile pour le curage de narine (trop gros), mais pratique pour l'utilisation du smartphone, et indispensable pour l'autostop, ou le catapultage de crottes de nez. D'ailleurs, ça se ressent même dans le langage puisqu'on ne compte pas les expressions faisant référence aux doigts :
  • "Se fourrer le doigt dans l’œil"
    Il y avait plus simple...
  • "Obéir au doigt et à l’œil"
    Schnell!
  • "Un doigt d'alcool"
    Qui peut conduire au doigt dans l'engrenage du reste.
  • "C'est mon petit doigt qui me l'a dit"
    ... et je lui raconte mes petits secrets.
  • "Doigt d'honneur"
    Je vois bien le doigt, mais je n'ai jamais compris ou était l'honneur...
  • "Le doigt dans l'engrenage"
    Enfin, ça commence par le doigt...
  • "S'en mordre les doigts"
    Ah? On peut déléguer?
  • "Des doigts de fée"
    Quand elle est facétieuse, elle fait des bibites.
  • "Être à deux doigts"
    ... de conclure par exemple. Sur un malentendu.
  • "Mettre le doigt sur quelque chose"
    "Ah, là je sens que je vais mettre le doigt sur quelque chose..."
  • "Ne pas lever le petit doigt"
    Trop fatiguant...
  • "Le petit doigt sur la couture du pantalon"
    Je... euh... Désolé.
  • "Montrer du doigt"
    Best. Example. Ever.
  • "Au doigt mouillé"
    "Bon, là, au doigt mouillé, je dirais qu'il va pleuvoir..."
  • "Connaître sur le bout des doigts"
    En espérant qu'ils soient propres tout de même.
  • "Avoir la bague au doigt"
    Comme le mariage. D'ailleurs y a aussi une histoire de gnomes...
Bon, ok, mais et l'étudalacon qui lie les doigts au sexe dans tout ça? Patience, j'y viens...

Déjà, dans un certain nombre d'expressions, le lien entre "doigt" et "sexe" est plus ou moins patent. Ainsi, le "doigt d'honneur" symbolise plus ou moins (plutôt plus que moins) le pénis imaginaire carré dans l'oignon de celui ou celle à qui on le fait, ce qui, outre son côté assez vulgaire évoque des pratiques sodomites (c'est donc une sorte d'insulte plus ou moins ouvertement homophobe). La bibite est aussi parfois désignée par l'expression "le doigt du milieu". Je passe sur les expressions imagées telles que "se palucher", "se mettre un doigt", etc... Et puis il y a toutes ces vieilles rumeurs entre taille de la zigounette et taille des doigts, ou le rapport entre son diamètre est celui du cercle formé par le pouce et l'index réunis...

Bref, il était temps que la science y mette les paluches fourre son nez. C'est à présent chose faite grâce à cette belle étude faisant un lien entre taille de certains doigts et fidélité dans le couple. Si si. Bon, ne cherchez pas, c'est surement encore un coup du brave chercheur qui nous avait déjà pondu cette étude ci, ainsi que cette autre et aussi celle-là. Oui, pour moi, c'est clair : Kevin a remis ça.

Laboratoire du docteur Kevin Tate DeNeuh, 11h21

–KEVIN!
*schbling*
–Merde, mon tube à essai... Brenda-chérie, ça va pas de faire irruption comme ça non? C'était un échantillon super rare : une cellule de cheveux de Kojac, merde... même pas eu le temps de faire l'analyse digitale...
Aussi rare que les poils des oeufs.

–Ranafout' ! Tu as oublié ton portable à la maison. J'ai consulté l'index...
–Et mon petit doigt me dit que tu as trouvé mon code les doigts dans le nez...
–Quand tu m'as passé la bague au doigt, tu m'a juré fidélité. Alors c'est qui cette Sandy qui t'envoie des sextos? Hein? HEIN?
–Argh... je vais me faire taper sur les doigts... euh... c'est rien.
–Rien? Tu me prends pour une buse? C'est ta maîtresse c'est ça? Salaud! Et à deux doigts de la St Valentin en plus! Goujat!
–Tu te méprends mamour... tu me connais sur le bout des doigts, il est virtuellement impossible que je te sois infidèle... tiens, regarde ma main, compare mes doigts.
–...
–Ah tu vois? Inutile de me montrer du doigt!
–Non, mais tu me prends vraiment pour un jambon?Tes doigts, tu devrais les croiser pour que mon avocat ne te laisse pas en caleçon US sur la rue du quai! Et ma main à moi, tu veux la voir de près ma main? 'spèce de salaud! *baffe*
*re-schbling*
–Rhaaa non, zut! Mon échantillon de matière cérébrale de Nabilla! Une exemplaire unique! Son analyse devait donner un coup de pouce à mes recherches...
Pour une fois qu'on avait isolé de la matière noire...

–Nabi...? Encore une qui passe dans ton lit dès que tu claque des doigts? Obsédé! Menteur! Traitre! Tu vas t'en mordre les doigts!
–Oh! Pouce! Tu sautes aux conclusions chérie. Tiens, lis donc cette étude menée avec doigté! Comme tu peux le voir, mon annulaire n'est pas plus long que mon index. Peut-être est-il même plus court. Je suis donc fidèle, c'est scientifiquement prouvé.
–Euh... mais euh... et les SMS de cette Sandy alors? Tu vas me faire croire que tu n'as pas mis le doigt dans l'engrenage.
–Quoi? Ça? Ah ah! Pffff! Non, mais... c'est la secrétaire de Brendon celle qui a les gros seins nous protège des maladies coronariennes. Et t'as vu la taille de son annulaire à lui. Pfff, il se la tape c'est évident. Il croit avoir un doigt droit de cuissage sur toutes les filles du labo. Cette gourde brave fille à l'indice lipidique du postérieur un peu trop bas s'est juste mélangé les doigts et gouré de n°... Ou si ça trouve, Brendon lui a filé le mien pour que sa femme ne mette pas le doigt sur quelque chose. Ah ah!
–Ah... bah... bon. Si c'est la science qui le dit alors... j'ai dû me fourrer le doigt dans l’œil...Oublie ça, faisons plutôt l'amour sauvagement! Je veux sentir tes doigts qui...
–YES! SCIENCE WINS! AGAIN!
Sacré Kevin... dès qu'il s'agit de science, toujours le petit doigt sur la couture du pantalon.

lundi 3 novembre 2014

#2050 : futur sur le retour



Le problème avec les vieux, c'est qu'ils ont tendance à radoter. Et à s'épancher sur le passé avec nostalgie comme s'il s'agissait d'une époque bénie des dieux, et que le présent serait tout pourri. En radotant. D'autant qu'ils sont parfois séniles.

Pour autant, il est bien dommage de ne pas écouter ce qu'ils ont à dire, car ils ont généralement le mérite de l'expérience, et une certaine forme de sagesse. Sauf s'ils sont complètement cons bien sur. Mais à ce sujet il convient de noter, comme le disait un chanteur mort de ma jeunesse, que : "♫♪L'âge ne change rien à l'affaire, quand on est con, on est con♪♫".
Seuls les vieux croulants de ma génération peuvent comprendre la référence.
Bon, objectivement, il arrive aussi aux jeunes d'être nostalgiques de cette époque révolue... qu'ils n'ont à l'évidence pas connue. Ils voient ce passé comme une sorte d'âge d'or mythique où il y avait le plein emploi, où les oiseaux chantaient, et où les politiciens étaient de vrais hommes d'état avec une solide paire de testiboules (comme par exemple Nadine Morano, Patrick Balkany ou Jacques Cheminade). Oui, c'est une forme d'idéalisme. Notons d'ailleurs que ça ne se limite pas au passé, beaucoup de gens se projettent aussi dans un avenir qu'ils (vous pouvez mixer les explications selon que vous êtes ou pas misanthrope) :
  • espèrent : un futur radieux rempli de gadgets technologiques, de téléportation, de robots, de paix, de gens en bonne santé qui sourient et sont bien nourris dans un environnement maîtrisé et hautement médicalisé
  • redoutent : un futur glauque rempli de gadgets technologiques, de téléportation, de robots, de paix, de quelques gens riches en bonne santé qui sourient et sont bien nourris dans un environnement maîtrisé et hautement médicalisé, de répression policière, d'entreprises toutes puissantes, et de beaucoup de gens pauvres, malades et affamés qui font la gueule, dans un environnement violent et hautement pollué
  • craignent plus que tout : un futur post-apocalyptique dans lequel la civilisation s'est effondrée, et où des survivants courageux tentent de reconstruire un semblant de société évoluée en combattant tribus de punk-barbares, mutants, singes, zombies, extraterrestres, pollution, nature déchainée, régime totalitaire, avocats, clowns, ou toute autre menace ayant conduit à (ou résultant de) la catastrophe
Et je dirais que c'est d'autant plus vrai lorsque l'on est jeunes parents, car on s'inquiète inévitablement pour le devenir de nos gnomes. L'ennui avec le futur qu'on imagine, c'est qu'il correspond rarement à la réalité. Car bien souvent lorsqu'on y est, on se rend compte que le futur c'est juste le présent qui a un peu vieilli.
Le futur, c'était mieux avant.
Jadis, au temps de mes parents, on imaginait un futur avec des voitures volantes, des villes sur la lune, etc... Pourtant, les voitures ont continué de rouler, et les (quelques) voyages sur la lune ne sont qu'un lointain souvenir d'une époque où la NASA avait des idées et du pognon. Par contre très peu de gens avaient vu venir l'informatisation généralisée de notre société. Normal : qui aurait parié un Euro (ancienne monnaie utilisée en Europe au début du siècle) sur le fait qu'une "calculatrice" allait changer la face du monde?

Moi-même, dans ma jeunesse, je m'étais essayé à l'exercice de prospective futuriste dans un vieil article que j'avais rédigé. Bon évidemment, tout cela était humoristique et rétrospectivement on a en effet du mal à imaginer que Manuel Valls aurait pu être élu président en 2017, puisqu'il a abandonné la politique pour une brillante carrière de chippendale suite à son mariage avec la populaire Zahia en 2016.
Oh le joli p'tit couple en plastique.
Bref, tout ça pour dire que quand j'entends des trucs du genre : "Ah bin quand même, c'était bien mieux avant!" ou bien "Au moins, y a 30 ans on trouvait facilement du boulot!", ou encore "Ah bin ça c'est sur, les politiq' de maint'nant, ça vaut de vrais hommes d'état comme François Hollande hein!" ça a tendance à m'énerver un chouïa. Car contrairement à la plupart des vieux décatis seniors, je ne vis pas dans ce culte idiot et édulcoré d'un passé soi-disant idyllique. Non. Clairement pas. Bon, sauf peut être pour la musique, car honnêtement, la musique de sauvages que les jeunes écoutent maintenant, ça ne vaut vraiment rien! On est loin des artistes complets comme Justin Bieber ou Miley Cyrus, et de leurs chansons à texte (les paroles de "Baby"... j'en pleure encore).

Remettons les choses en contexte voulez-vous? Alors c'est vrai que la situation n'est pas forcément terrible en ce moment (crise politique, économique, écologique, tensions internationales, terrorisme, épidémies, etc...), mais pensez-vous que c'était vraiment mieux au tout début du XXIème siècle par exemple (disons jusqu'en 2015)? A l'époque, et ça on a tendance à l'oublier un peu, il y avait aussi pas mal de sources d'inquiétude : la vie sexuelle de François Hollande, le chômage, la bronzette sur les plages en plein mois d'octobre, les menaces de guerre civile en Belgique, l'installation d'un sapin de Noël gonflable géant à Paris, l'épidémie d'Ebola, l'invasion des clowns psychopathes...

Et puis il y a eu le TTIP en 2015 (ou TAFTA). Destiné à favoriser les échanges commerciaux entre l'Europe et l'Amérique du Nord en dérégulant les frontières, ce traité commercial était censé ouvrir de nouveaux marchés aux entreprises victimes de la crise économique de 2008, ramener la richesse en Europe, favoriser l'emploi, retrouver le chat de la mère Michel, et faire revenir l'être aimé en moins de 48h.

 

Évidemment il n'en a rien été : le traité a surtout profité aux grosses multinationales et aux banques, et le chômage a continué d'augmenter. Pire : les états se sont même retrouvés en procès contre des entreprises comme Monsantox™. En effet, le traité autorisait des entreprises qui s'estimaient financièrement lésées par les lois d'un état à poursuivre ce dernier en justice pour obtenir dédommagement. Cela mis fin aux lois basées sur la bioéthique ou le principe de précaution, et c'est ainsi qu'aux alentours de 2020 naquirent... les monstroplantes suite à une regrettable boulette lors du développement d'une souche de petits pois OGM destinée à maraver les pigeons qui venaient les bouffer (on leur a filé l'ADN de Chuck Norris).
Les monstroplantes... sale engeance!
Enfin... il me semble. Mes souvenirs sont un peu confus : ça date de 30 ans. Enfin bref, c'était à peu près à l'époque où Gogole™ s'est lancé dans la médecine. En injectant de minuscules robot dans les gens (des nanomachines), il promettait de pouvoir diagnostiquer les problèmes de santé en temps réel, voire de soigner des tissus endommagés. C'était censé être la première étape vers l'immortalité. En pratique évidemment, Gogole™ utilisa surtout les informations collectées pour étendre son emprise et mettre de la pub directement dans le cerveau... sauf que c'est parti en cacahuète lorsque les gens ont commencé à attraper des virus informatiques :

►le terrible Tourette 9.3 qui poussait les gens à s'insulter et s'invectiver pour un oui ou pour un non
►le Préjugés 2.0 de sinistre mémoire qui rendait parano vis-à-vis de tout ceux qui étaient différents (musulman, catho, juifs, homo, noirs, arabes, blancs, geeks, lecteurs de Marc Levy...)
►sans oublier bien sur le terrifiant Mouton 8.333 qui abolissait toute réflexion construite au profit d'un comportement grégaire (d'aucuns, de mauvaises langues surement, laissent entendre que ça n'était pas un virus, mais juste le programme pilote normal des nanomachines de Gogole™)
Oui : certains parvenaient à cumuler plusieurs virus en même temps apparemment...
C'est dans ce contexte difficile qu'en 2017 les français désignèrent la première femme présidente du pays, très contestée, lors d'une élection de tous les dangers marquée par la désaffection des partis traditionnels. Le second tour se joua ainsi entre le populaire (et populiste) Rémy Gaillard (à force de faire n'importe quoi, il avait donc bien fini par devenir quelqu'un) et la très clivante Mélanie Laurent, qui l'emporta néanmoins de justesse. Rapidement son premier ministre, Karl Lagerfeld, instaura un gouvernement répressif qui multiplia rapidement les lois discriminatoires envers les clowns. Commença alors une sinistre période qui reste encore aujourd'hui dans toutes les mémoires (les chapiteaux de la Mort, brrrr...).
Un gouvernement de sinistre mémoire.

Bref, toujours est-il que les choses ne commencèrent à s'arranger qu'à la Libération en 2026, lorsque Jacques Cheminade fut brillamment élu Grand Schtroumpf (oui, le titre de président/e avait tellement été galvaudé et haï sous Mélanie Laurent, qu'il fut remplacé par cette dénomination, plus neutre) à la tête du N.O.E.U.D. (Nouvel Ordre de l'Europe Unie Démocratique). C'est sous sa gouvernance éclairée que l'Europe mit ses C.O.U.I.L.L.E.S. (Colonies Orbitales Universelles Industrielles Liées au Lancement d'Expéditions Spatiales) en orbite, lui permettant rapidement de poser son C.U.L. (Complexe Universel Lunaire) sur la lune, avant de mettre pas loin de 100 B.A.L.L.E.S. (Bases Autonomes Légères Localisées pour l'Exploration et la Science) sur Mars.Une bien belle réussite qui explique sa réélection triomphale en 2032 avec le slogan : "Pour que la conquête dure, élargissons à Uranus!"
Oui, l'Europe à un gros C.U.L.
Aaaah... c'était la grande époque! L'aventure! Maintenant, avec leur espèce de téléportation-de-je-ne-sais-quoi, y a plus de frisson. N'importe quel bouffon peut aller visiter les lunes de Jupiter et revenir pour le diner. Bon, des fois avec une jambe en moins ou des gènes de mouche en plus mais bon...
Les risques de la téléportation...
Dommage, ça s'est dégradé à la fin de son deuxième mandat, pendant la bataille des Planètes contre les forces de Véga menées par le Grand Stratéguerre. Il n'aurait jamais dû nommer Nicolas Bedos comme chancelier : il a tout chié dans la colle lors des négociations de paix. Enfin bon, on a fini par gagner quand même...

Ah les souvenirs... Tiens, je me demande ce que font Juliette Merris et Papycube? Ça fait un bail que je ne les ai pas vu. Je crois que Juliette cherche son dentier, et il me semble que Papycube devait faire un article test sur les sondes urinaires, j'ai hâte de le lire.

Bon, qu'est-ce que je disais déjà? Ah oui : le problème avec les vieux, c'est qu'ils ont tendance à radoter...



P.S. :
 Sur une idée de base de Juliette Merris, qui a réussi à fédérer (non, pas Roger) toute une bandes de cinglés dans mon genre :

►Jeveux1bébé → Jeveux1dentier
http://jeveux1bebe.com/WordPress/88-miles-a-l-heure-2050/

►8 à la maison → 37 à la maison
http://www.8alamaison.com/37-a-la-maison-2050/

►E-zabel→ Mamie-Zabel
http://www.e-zabel.fr/ouf-fin-vacances-2050/

►La tribu de Juju → l’hospice de Juju
http://la-tribu-de-juju.net/2014/11/les-chicoufs-rentrent-enfin-chez-eux-2050/

►PapaCube → PapiCube
http://www.papacube.com/2014/11/je-veux-un-dentier-et-papicube.html

►J’suis une peste et j’assume → la peste souffle ses 50 ans
http://www.vivelespestes.fr/2014/11/03/je-suis-une-vieille-peste-et-jassume-2050/

►Moi, Timothée → Moi, Pépé Tim’
http://moitimothee.blogspot.fr/2014/11/mon-chat-mon-blink-et-moi-2050.html

►Paf le paf → pépé à la maison
http://paf-le-paf.fr/3-novembre-2050-1159

►Crevette d’o douce → Crevette focile
http://www.crevettedodouce.com/crevette-vetuste-2050/

►Sabine et associés → Sabine et les pré-retraités
http://sabineetassocies.hautetfort.com/archive/2014/11/02/j-arrete-de-bloguer-2050.html

►Cranemou → MéméMolle
http://www.cranemou.com/2014/11/botox-en-2050/

►Maman@home → Mamie@home
http://www.mamanathome.com/2014/11/ces-petits-que-j-affectionne-tant-2050.html

►Mémé Aiko Katon
http://blog.camilleprieto.fr/index.php?post/2014/11/01/2050

►Game of mômes → Game of déambulateurs
http://gameofmomes.fr/2014/11/bad-teacher-4-professeur-virtuel-2050.html

►La vie de Selky → Le poil blanc de Selky
http://laviedeselky.fr/selky-en-aura-du-poil-blanc-2050/

►Astrid.M
http://www.astridm.com/2014/11/we-are-young-2050.html

►Moustick → Mémé Moustick
http://zoo-moustick.blogspot.fr/2014/11/happy-birthday-2050.html


►Lili aime le nougat → mémé aimait le nougat
http://www.liliaimelenougat.com/article-le-3-novembre-2050-mamieaimelenougat-124920323.html

►Le bao blog → Le bao mamie blog
http://blog.bao-world.com/2050-une-famille-soudee


►Marmotsbio → Mémé 9.0
http://www.marmotsbio.fr/petits-marmots-bio-meme-9-0/

►Mamanonyme → MamieAnonyme
http://mamananonyme.fr/2014/11/03/mamie-passes-les-animaux/

►Marie Grain de Sel
http://mariegraindesel.fr/4-novembre-2050-meme-moche-mechante/

►Papa bouffe la rouille
http://papabouffelarouille.wordpress.com/2014/11/04/2050-lepopee-bouffelarouille/

►Papa Lion → Papi Lion
http://www.papalion.fr/2014/11/04/papi-lion-2050/

vendredi 26 septembre 2014

50 nuances de marron

J’imagine qu’à la lecture du titre de ce billet, certains d’entre vous pensaient qu’ils s’apprêtaient à lire je ne sais quelle prose à caractère humoristico-prout-prout-pipi-caca. Ou un article santé honteusement recyclé abordant la difficile question de la gastro saisonnière… Ne le niez pas, lorsque j’ai évoqué ce titre à venir sur Facebouc® , j’ai bien vu à quoi vous pensiez. Quoi ? Vous n’avez pas encore aimé ma page Facebouc® ? Vous avez bien raison, et je vous encourage à rester loin de ce lieu de perdition où il m’arrive d’évoquer des questions intimes et de poster des images compromettantes. Quoiqu’il en soit : non. Ce billet est ainsi intitulé car :

L’automne arrive !

♫♪ Les feuilles mortes... se ramassent à la pelleuuuuuh! ♪♫

Et je ne suis pas en train de faire mon Ned Stark, c’est juste une constatation liée au fait que lors de nos ballades dominicales en forêt, ma fille Xéna commence à ressembler à un hamster :

C'est nul aussi... pourquoi font-ils des poches si petites?

Oui, un hamster. Aux poches garnies de marrons. Car s’il est un bien un signe du retour de l’automne, c’est celui-là. Bon, il faut reconnaitre que c’est plutôt élégant un marron. C’est brillant avec de belles nuances de marron. De belles lignes irrégulières d’une couleur plus foncée en font le tour… on dirait le tableau de bord d’un Rolls Royce en ronce de noyer. Sans les boutons et les cadrans. Et pas en ronce de noyer du coup. Et gratuit. Bref, tout simplement c’est joli à regarder, et c’est vraisemblablement la raison pour laquelle Xéna les collectionne.


♫ Il m'a filé une beigne, je lui ai filé un marron
 Il m'a filé une châtaigne, je lui ai filé mon blouson ♪
Et les marrons, ça revient tous les ans précisément à la même période et ça ne se mange pas contrairement aux châtaignes et du coup, ça ne sert à rien de particulier. C’est d’ailleurs pour ça que, dans la presse, on appelle « marronniers » les sujets récurrents, prévisibles, saisonniers et sans grand intérêt qui servent de bouche-trou lorsque l’actualité est pauvre comme par exemple :
►la rentrée scolaire : c’est vrai que des gnomes qui vont à l’école pour apprendre  à s’exprimer et à écrire, c’est un truc de dingue. Vu le nombre de fautes de français qu'ils commettent, les journalistes devraient essayer…
►les impôts : car oui, étrangement l’Etat ne finance pas les soirées de débauches putes/champagne des ministres infrastructures publiques (hôpitaux, écoles, police, etc…) en récupérant l’or des lutins au pied de l’arc-en-ciel.
►le passage à l’heure d’été/d’hiver : plus personne ne sait à quoi ça sert exactement (à l’évidence, l’argument concernant de soi-disant économies d’énergie est  juste complètement con puisque l'on se situe à moins de 0,3% de la consommation électrique totale), mais ça n’empêche pas la presse d’y revenir tous les 6 mois, accompagnés des sempiternels avis (négatifs ou positifs) des experts de service qui devaient avoir un vieux reliquat d’impôts à payer.
►la vaccination contre la grippe : la grippe, ça fait tousser. Je ne suis toujours pas certain d'avoir bien compris l'intérêt de se prendre une aiguille dans le croupion pour y remédier, d'autant que chaque fois que je l'ai fait, j'ai été malade comme un chien. Ceci dit, les autorités compétentes des gens qui passent à la télé nous le recommandent. J'en reparlerai bientôt...

"Des gens vont mourir parce qu'ils ne se seront pas fait vacciner!"
►les soldes : et vous, allez-vous profiter des stupéfiantes réductions proposées par les commerçants sur les hippopotames rouges ?
►la Saint Valentin : l’occasion de parler de sexe avec une bonne excuse.
►le baccalauréat : ou de l’importance dans faire une tartine au sujet d’un diplôme dont le monde du travail se contrefiche, attendu qu’il a tellement été nivelé par le bas et trituré pour qu’une majorité d’élèves l’obtienne que certains le décrochent avec une moyenne de 21 sur 20. Oui, 21 sur 20. Veuillez m’excuser un instant, je crois que je vais avoir besoin de mon fix de colle Cléopatre là…
►la canicule et la solitude des vieux : et oui, en été il fait chaud, et les vacanciers abandonnent leurs vieux sur les aires de repos, ce qui n’est guère urbain vis-à-vis des pauvres agents d’autoroute qui vont devoir nettoyer derrière. C’est tragique. N.B. : des SDF meurent aussi en été, mais comme on les dégage des c'est pas dans les zones touristiques, ça ne se voit pas, alors ça va, pas besoin d’en parler.
►le froid et la détresse des SDF : et oui, en hiver il fait froid, et tels la cigale de la fable, ou les petits cochons aux maisons de paille et de bois que le loup vient de souffler, les gens qui vivent dehors sont bien feintés. Notez bien qu’ils sont sales, qu’ils ont faim, et parfois froid aussi tout le reste de l’année, mais comme c’est pas en période de fête, ça va c’est cool merci d’être venu. Notons aussi que les vieux crèvent toujours dans la solitude, mais comme ça ne fera pas vendre de climatiseurs c’est sans intérêt.

A ne pas confondre avec les « serpents de mer », similaires aux « marronniers » à ceci prêt qu’ils ne sont pas saisonniers et peuvent être utilisés à n’importe quel moment :
►le sexe : comme la Saint Valentin, mais sans avoir une bonne excuse bien consensuelle (quel joli mot). Idéalement on s’abritera donc derrière une énième étudalacon, ou un beau reportage en immersion sur le porno ou la prostitution pour pouvoir appâter le chaland avec quelques nichons. Fort heureusement, l’émergence de nouvelles greluches popstars telles que Miley Cyrus ou Rihanna permet aujourd’hui de montrer du cul sans parler de sexe. On vit une époque formidable.
Nicolas Sarkozy Paul Bismuth qui dit qu’il a changé : un vrai virage à 360° ! Si si !
►le retour de Nicolas Sarkozy  Paul Bismuth  en politique : ah bon, il était parti ?
►le retour des procédures judiciaires contre Nicolas Sarkozy Paul Bismuth : y'a une pause là… c’est le temps de recharger les distributeurs de tickets pour les juges.
►le retour de Nicolas Sarkozy Paul Bismuth à la télé pour dire que les procédures judiciaires c’est n’importe quoi et qu’il va pendre les juges à un croc de boucher : c'est important les apparitions télé pour booker les conférences et justifier leur tarif.

"Et avec ça Maryse, un magnifique pupitre de conférence vous est offert pour la modique somme de..."
►l’augmentation du chômage : à ce stade, c’est plus une improbable baisse qui est une véritable info, même si c’est souvent dû à un bug
►les malheurs de Sophie François Hollande : c’est un peu le François Pignon de la politique. Que voulez-vous, faut bien se détendre…
►les francs-maçons qui nous contrôlent : bon avouons-le, ça c’est un peu le pré carré du journal « le Point » quand même… chez « Minute », c’est plus les terroristes arabes musulmans étrangers qui nous colonisent par exemple…


Tiens, un autre marronnier : le bilan annuel, très en vogue sur beaucoup de blogs. Par exemple, j'ai constaté que depuis un an, vous étiez de plus en plus nombreux à venir en ce lieu de perdition pour y lire mes âneries. Parfois sur la base de mots clés de recherche sur Gogole™ assez... discutables.

Il faut absolument que je parle avec la personne qui est arrivée ici en cherchant "fond d'écran mickey swag cannabis"!
Du coup, je tiens à vous avertir que je ne peux garantir votre santé mentale si revenez régulièrement sur ce blog : tout comme moi vous risquez de devenir cyniques, gronchons et mysanthropes. Vous êtes prévenus, fuyez tant qu'il en est temps. Si vous persistez, je décline toute responsabilité.


Bref. Tout ça pour dire que l’automne arrive. Et avec lui les arbres aux couleurs de flammes,  les raclettes entre amis, les taxes foncières et d’habitation, les soirées au coin du feu nus et lascivement étendus sur une peau de bête, les champignons, les potirons, l’oktoberfest, le déclin programmé des moustiques à mesure de la baisse des températures... et tout ça, ça nous fait bien plaisir.

vendredi 25 juillet 2014

Objets sexuels et retour de bâton

Été = Sexe, alors c'est l'occasion de se lâcher et d'en parler.

Si si je vous assure : été = sexe. Il suffit de voir la couverture de la plupart des magasines de presse féminine ou masculine pour s'en convaincre. Et ça ne date pas d'hier, d'ailleurs, c'est un peu comme la mode, il y a des tendances annuelles.

►1998 : la mode est à la pipe turlute flute à 6 schtroumpfs fellation au cigare
Ok, mais si on avale, c'est tromper?

Notons d'ailleurs que c'est comme la mode : au début c'est de la haute couture, réservé aux vedettes, à ceux qui ont le swag, et puis quelques années plus tard, c'est le tour des gens du commun avec le prêt à porter...

►Années 2000 : le poil c'est la loose, on rase gratis! Plus les années passent, plus le poil recule. Comment voulez-vous...
Et oui, je suis cap' de mettre la photo d'un minou sans poil sur un blog tout public. Même pas peur.

Une mode de sinistre mémoire qui aura des effets désastreux sur la biodiversité.

►2011 : la tendance est aux viols de soubrettes amours ancillaires
Une histoire sordide qui lui a coûté son job. A Nestor je parle. C'est triste.


►2012 : c'est le SM qui a la cote. Ne le niez pas, je sais que vous avez lu "50 nuances...".
Hum, c'est tentant mais... hum, non.



►2013 : fini le SM, c'est passé de mode, la mode est au saphisme
Et oui, Martine a dû lire "Elle". Et comme elle a le swag...


Si si, authentique, "Elle" vous explique que (si vous êtes une fille), avoir une amante c'est trop le swag. Même si t'es hétéro. Ah bon... bah si c'est pour le swag alors...

►2014 : le poil est de retour : le poil c'est hype
Ce blog devient n'importe quoi : on y voit même des gens complètement à poil!



►2015 : vive la zoophilie?
Le film est en préparation, le casting a débuté...

Ne riez pas, ça existe pour de vrai (ici, et aussi), et je ne parierais pas qu'on en fera pas un best seller un jour...


Et je passe sur tous les testàlacon du style "Suis-je plutôt soumise ou dominatrice?",  "Devrais-je essayer la sodomie?" ou "Suis-je dévergondée?" ou encore "Dois-je coucher le premier soir ou attendre le deuxième?", rédigés par des stagiaires sous-payés (non payés) sous acide.

Bref : été = sexe.

Alors je vous vois venir sacripants! Vous vous dites qu'avec un titre pareil pour le présent article, on va traiter de pratiques sexuelles particulières que la moral et les ostéopathes réprouvent, peut être même proposer un tutoriel de fabrication de matériel SM (= Sado-Maso, pour les non initiés) en DIY (= Do It Yourself = Fais-le toi-même, pour les non anglophiles). Et si avec de tels mots clés, je ne récupère pas tous les pervers de France et de Navarre  fans libidineux de Christian Grey, c'est à n'y rien comprendre...
Montage erroné d'une chaise de bar HËNRIKSDÅL dont la notice était mal traduite. Ixea, bien plus qu'un marchand de meubles.

Les adeptes du divin marquis peuvent retourner vaquer à leurs occupations (quelles qu'elles soient, je ne veux rien savoir) : point de tuto SM dans cette bafouille. Oui, je sens votre déception, mais c'est ainsi.

Petit aparté
Je préfère le préciser parce que je sens poindre la douce odeur du troll en rut dans les commentaires, et que je préfère autant les sélectionner moi-même (les trolls je veux dire) : je respecte les préférences et les désirs sexuels de chacun. 
Je n'ai aucun problème avec l'homosexualité (tant pis pour Titine Boutin) :
♦ je suis totalement favorable au mariage pour tous : les homos aussi ont le droit de mourir de honte dans des déguisements pourris lors des enterrements des vie de garçon/jeune fille, et de se taper des festivités interminables au cours desquelles papy Raoul tripotera le fessier des p'tites cousines et tonton Jean-Marie racontera des blagues graveleuses/racistes/homophobes qui jetteront un silence gêné dans l'assemblée.
♦ j'approuve la possibilité d'adopter pour les familles homoparentales : je ne vois pas en quoi des parents homos élèveraient un enfant moins bien que des parents hétéros (il suffit d'ailleurs de voir certaines familles hétéros pour se dire que ça n'est pas toujours un modèle à suivre), et je pense qu'à choisir entre "pas de famille" et une "famille homo", les enfants feraient vite leur choix...
Je n'ai rien non plus contre les pratiques SM (ou autres), tant que c'est librement consenti par les différents partenaires.
Ce qui me dérange c'est cette façon stupide de transformer tout ça en phénomène de mode, histoire d'en faire un buzz médiatique. Vous imaginez un titre de "Elle" disant : "L'hétérosexualité avec la position du missionnaire à la papa, c'est trop à la mode, il faut vous y mettre!" ? Ça paraitrait complètement con non? Bon. Ça c'est dit.

Non, quand je parle d' "objets sexuels" c'est plutôt une référence à ce phénomène (qui ne date d'ailleurs pas d'hier) consistant à utiliser l'image dénudée, ou du moins érotisée, du corps –féminin la plupart du temps, mais pas que– pour vendre un produit ou promouvoir une cause. Et ceci même, et surtout en fait, si ça n'a aucun rapport avec la choucroute.

Schématiquement, disons qu'un corps plus ou moins dénudé pour une pub de lingerie ne me parait pas incongru, mais que voir tant de gens à poil (Jean-François Copé n'a pas finit d'être choqué) pour promouvoir, au hasard, une chaîne de magasin d'électroménager, est déjà plus étonnant. On va mettre ça sur le compte de la coke que les publicitaires sont réputés consommer en quantité industrielle, hein.
Vu la tête du monsieur alors qu'une jolie fille à moitié nue s'accroche à lui, soit il est gay, soit c'est pas une vraie fille. Vu le sourire de madame, je penche pour la deuxième hypothèse.
Alors oui, je sais bien ce que vous allez me dire : logique, le sexe fait vendre. Déjà, ça reste à prouver, et en plus à une période c'était devenu tellement banal que ça n'avait visiblement plus d'effet. Et du coup tout le monde avait plus ou moins laissé tombé cette espèce de surenchère dans le trash. Et puis d'un coup, une sorte de renouveau de la morale pudibonde a fait son grand retour, et le sexe et la nudité sont redevenu transgressifs. Et du coup, tout le monde s'y remet, car qui dit transgressif dit buzz et qui dit buzz dit pub gratuite :

►Le cinéma :
Non mais, les scènes de sexe, c'est juste parce que... euh... pouf pouf : oh! Regardez, une palme d'or!
►La télé :
Non mais, les scènes de sexe, c'est juste parce que... euh... pouf pouf : oh! Regardez, un Emmy Award!
►L'industrie musicale :
Non mais, les scènes de sexe, c'est juste parce que... euh... pouf pouf : oh! Regardez,un NRJ Music Award!
►Et du coup même les féministes s'y mettent :
Non mais, militer contre la marchandisation du corps féminin en montrant ses seins dans une église c'est ok.

Et justement puisqu'on en parle : les femen proteste (entre autre) contre le fait de transformer les femmes en objets sexuels non... Alors quelqu'un pourrait-il m'expliquer l'intérêt qu'il peut y avoir à montrer ses nénés à tout bout de champs au nom de cette lutte contre l'exploitation du corps féminin? Y a pas une sorte de paradoxe là?
Bon ok, dans certains pays particulièrement rétrogrades en la matière comme la Chine ou certains pays arabes, le fait de montrer une poitrine féminine dénudée peut être vu comme un acte militant et transgressif en soi, et donc être apparenté à une forme de protestation. Admettons. Mais en France? Franchement? A part pour faire le buzz, ce qui peut être vu comme l'utilisation des procédés même qu'elles dénoncent, je ne vois pas trop... Et puis, vous pensez sérieusement que les actions commandos des femen peuvent amener un pur macho à changer de posture?
Essayons d'imaginer une rencontre entre ces deux être que tout oppose.
Prenons Michel, 33 ans, phallocrate sexiste imbu de lui-même et Svetlana, 22 ans, femen plantureuse arborant le slogan "Naked War" sur sa poitrine nue.
Toute ressemblance blablabla...
[Michel]:
–Non mais moi, les nanas je les prend puis je les jette tu vois... pis si elles sont pas contentes, je leur colle une taloche, uh uh uh!
[Arrivée de Svetlana]:
–WOMAN IS NOT AN OBJECT!!! *Svetlana agite ses seins sous le nez de Michel en scandant son slogan*
–Ah oui... *le visage de Michel se décompose soudain*  ok, non mais d'accord. Je comprend mon erreur... *Michel pleure à chaudes larmes* snif... vos arguments d'une rare profondeur ont su toucher mon âme pervertie de vil macho. Je prend rendez-vous derechef avec la clinique pour une ablation de mes testiboules avant d'aller me dénoncer à la police pour violence.

Ou pas.

Évidemment chacun fait comme il le sent, mais :
  1. je trouve que leurs méthodes et leurs actions (souvent assez extrêmes) ne renvoient pas une image très positive du "combat féministe". 
  2. des p'tites nénettes blondes au physique de mannequin des pays de l'est (oui, je sais je caricature là, mais bon, faut reconnaître qu'en général...) qui se ballade nichons à l'air en envoyant chier, en vrac, les curé, les fachos, les homophobes, les machos et tutti quanti (ça n'est pas moi qui leur donnerait tord sur le fond du reste) ça passe peut être bien à la télé mais en termes d'argumentation c'est un peu le degré zéro
  3. elles finissent par se montrer aussi virulentes et caricaturales que les groupes qu'elles combattent...
Tient, d'ailleurs rien que ce terme de "combat" (que d'autres féministes emploient également) me pose problème. Pourquoi un "combat" avec tout ce que ce terme implique de violence?

Je ne conteste pas qu'il reste encore beaucoup à faire en matière d'égalité et de respect mutuel homme-femme, mais doit-on vraiment faire de cela une lutte, une guerre des sexes ? Ça revient à entériner l'opposition entre hommes et femmes, y compris pour ceux et celles qui ne se sentaient peut être pas concernés. Combien de femmes qui n'ont jamais, ou rarement, subit de véritable discrimination vont se mettre à penser que tous les hommes les regardent comme des nichons sur pattes? Et combien d'hommes ne vont même plus oser aborder une femme de peur que ça passe immédiatement pour du harcèlement?
 
–Han mais papa Hérisson, t'es anti-féministe alors!?

Non pas du tout : je soutiens totalement la cause. Moins les groupes et les méthodes. Juste, j'aime pas les "istes" et les "ismes", quoique vous décidiez de mettre devant, car souvent, vous pouvez facilement remplacer le préfixe par "extrem", quoi qu'il ait été à l'origine. Je serais plutôt enclin à faire d'une certaine mesure en toute chose, et, autant que possible, à essayer de comprendre "l'autre", ce qui n'est possible qu'à condition de garder l'esprit ouvert, sans (trop d') idées préconçues, et sans rechercher le clash.

Ça me fait un peu penser à ce strip BD à propos duquel j'ai eu un désaccord avec l'un de mes contacts Facebouc® récemment : ce contact (un homme d'ailleurs) s'indignait du propos "anti-féministe" tenu par l'auteur de la planche, tandis que moi je la trouvais globalement pertinente (le ton est bien sur excessif, mais c'est assez normal puisque satyrique et l'auteur est coutumier du fait). A en croire mon contact, critiquer les féministe revient à contester la justesse de leur revendication... Et bien désolé, mais je ne suis pas d'accord.
►Primo : il n'y a pas un seul féminisme, mais de multitudes de féminismes. Je doute que toutes les femmes se retrouvent dans les méthodes des femen par exemple. Pourtant ces mouvements parlent toujours au nom des femmes dans leur ensemble. C'est un peu comme le MEDEF qui se réclame des patrons dans leur ensemble quand il représente en réalité surtout les dirigeants du CAC40 (et encore).
►Secundo : certaines revendications sont amplement justifiées, mais d'autre me semblent franchement secondaires (comme ce truc du madame/mademoiselle), mais ça n'empêche pas certains mouvements féministes de se battre becs et ongles pour ces trucs là. Mouaih. Y a pas plus urgent des fois?

Bien sûr que le harcèlement de rue et le sexisme sont une réalité encore trop présente, qu'ils sont à dénoncer, à condamner et à proscrire... mais à trop en faire, à trop en dire, on en arrive à culpabiliser et rendre suspicieux l'ensemble du genre masculin, renforçant mécaniquement la division que l'on cherche à abolir. Sans compter le risque de sortir l'artillerie lourde (marche de soutien, appel à témoins larmoyant, plateaux télés, débats passionnés à l'assemblée, déploiement de l'armée, déclaration de guerre au Boukistan, etc...) pour un canular par exemple.

Au delà de conceptions stéréotypées antédiluviennes (vous savez comme j'adore les stéréotypes) et purement culturelles il me semble me rappeler un vague truc de cours de SVT : hommes et femmes font partie de la même espèce (l'être humain), partagent le même ADN, et sont complémentaires ne serait-ce que sur le seul plan de la reproduction. J'ajouterai aussi que la plupart des avancées sociétales –je parle d'évolutions efficaces et durables– se font bien plus grâce au consensus et à l'éducation des masses que grâce aux actions d'éclat vindicatives et aux slogans hostiles.

Mais revenons-en à notre choucroute, ou plutôt à nos objets sexuels.

Ainsi donc, le corps –de la femme en particulier– à force d'être exposé pour un oui ou pour un non, finit par devenir un simple objet sexuel destiné à attirer l'attention. Le problème n'est d'ailleurs pas la nudité en soi, je ne vais pas commencer à faire mon Jean-François Copé de base. Et d'ailleurs je précise que je n'ai rien de particulier contre la nudité (qu'elle fut masculine ou féminine) : j'aime bien dessiner moi-même des nus de temps en temps, et j'estime que le corps humain n'a rien de honteux. C'est plus ce côté "objet sexuel" qui me dérange. C'est donc surtout, une question de contexte.

A titre de dernier exemple, j'évoquerais juste le débat lancé par Anne-Estelle sur le blog Etre Parent, concernant l'allaitement en public (vous pourrez d'ailleurs constater dans les commentaires que certain(e)s sont assez virulents sur la question, ce qui nous renvoi plus ou moins au point n°3 sur les femen évoqué plus haut). A titre personnel, ça ne me dérange pas qu'une femme allaite en public sans se dissimuler même si je conçois aussi parfaitement la pudeur de certaines qui le font avec une certaine discrétion.

Basiquement, je n'aurais aucun problème à expliquer ce qu'il en est à mes gnomes si jamais ils me posaient la question à propos d'une femme en train d'allaiter son enfant (d'autant qu'eux-même l'ont été et comprennent de quoi il retourne). Il me semble en revanche que j'aurais plus de mal à justifier la nudité beaucoup plus vulgaire et connotée de certains clip musicaux ou certaines publicités...
"Bon, là, tu vois, la dame elle donne à manger à son bébé, c'est pour ça qu'elle montre son néné..."
"Bon, là, tu vois...euh... les dames... euh... bin... elles doivent avoir envie de faire pipi je pense... hum... bon..."

Et puis on sait ce qu'il en est des phénomènes de mode : un coup dans un sens, un coup dans l'autre. Des seins et des fesses partout aujourd'hui, plus rien demain. C'est fatiguant ce passage d'un extrême à l'autre...

Alors, "tous à poil", certes, mais pas n'importe comment, sinon entre les puritains et les publicitaires ça risque de finir comme ça :
Et là, c'est pas dit que l'image de la femme en sorte grandie...