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jeudi 15 février 2018

QI ou cru?

"–Moi je crois qu'il hiberne...
–T'es sûr? C'est pas dit... p'têt qu'il fait semblant et que d'un coup, bim! Il va nous sauter dessus! On peut pas être sûr...
–Maiiiis non! Il hiberne j'te dis! C'est la saison après tout! T'as qu'à voir, ça fait combien de temps qu'il a pas moufté? Un mois? Deux? P'têt même qu'il est clamsé, va savoir...
–Remarque... t'as raison... il a pas l'air frais quand même... touche le pour voir?
–Moi? Et pourquoi toi tu le touche pas?
–C'est ça! Et là il me fait le coup du zombie mort vivant, il se relève, et il me bouffe! Merci bien!
–Pfff, tu racontes n'importe quoi! Les zombies c'est que dans les films et les séries!
–Bin dans ce cas, pourquoi t'as peur de le toucher?
–Mais euh j'ai pas peur!
–Ah ouaih? Prouve le alors!
–Mais ouaih, mais carrément...
–Bah vas-y!
–Ouaih ouaih, je vais le faire... d'façon, j'risque rien hein... suffit de le voir, il est tout pâle, c'est clair qu'il est carrément décédé! Allez zou, je le touche!
*tâte* *tâte*
–Greuuuuuuh!
–AAAAAAAAAAAAAAH!
–AAAAAAAAAAAAAAH!
–Teuheu! Teuheu! Purée! Mais... teuheu... ça va pas de me réveiller pendant que je roupille? Bon sang, on peut même pas siester tranquille pour se remettre de sa grippe sans que des p'tit cons viennent vous casser les testiboules! Feriez-mieux d'aller à l'école! Ça vous instruirait! Rhaaaa, fait ch..."
Rhaaa, fichue grippe! Atchoum! Teuheu!

Bon, puisque je suis réveillé, on va en profiter pour causer : comme le titre de l'article ne l'explicite pas très clairement, nous allons papoter à propos d'Intelligence, question polémique s'il en est, ce qui devrait nous permettre de ne pas répondre à des interrogations aussi ardues que :
Vous noterez que j'ai parlé de "polémique" Victor : car la presse s'est récemment fait l'écho d'une baisse inquiétante du QI moyen au cours des 100 dernières années et même plus précisément des 20 dernières années. Certains voulant jouer les Cassandre ont immédiatement évoqué l'effet "Idiocratie": nous deviendrions de plus en plus cons.

Et il est vrai que l'on a parfois le sentiment qu'il y a de plus en plus de cons chaque année. Et parfois même que les cons de l'année prochaine sont déjà là...
F*ck... j'ai l'impression qu'on s'est planté quelque part... mais où?

Mais peut-on dire vraiment que le QI et l'intelligence c'est la même chose? En effet la notion d'intelligence est du genre plutôt subtile, et ne fait pas l'unanimité. Comment en effet définir ce qui est intelligent et ce qui ne l'est pas? D'autant que :
  1. on peut toujours trouver moins intelligent que soit
  2. on est tous le con de quelqu'un
  3. même des gens très intelligents dans certains domaines peuvent se révéler excessivement cons dans des domaines qui ne sont pas les leurs



Alors peut-on quantifier l'intelligence? Faut il se baser sur le test du QI? Du QE? Du QIT? La taille du cerveau? Celle du zgeg? L'âge du capitaine? Le bonnet de soutien-gorge?

1. Commençons par le commencement : d'abord, l'intelligence, qu'est-ce que c'est?

Parler d'intelligence, c'est une chose, mais pour la définir on est tout de suite moins à l'aise. Bin oui, à votre avis, c'est quoi l'intelligence? C'est :
  • l'excellence scolaire?
  • la capacité à s'adapter à son environnement?
  • les aptitudes mathématiques?
  • la faculté d’appréhender le monde sous un angle scientifique, rationnel et logique?
  • la capacité à "traiter" de l'information?
  • le Quotient Intellectuel (QI) ou le Quotient Intellectuel Total (QIT)?
  • le Quotient Emotionnel (QE)?
  • Obiwan Kenobi?

Bon, je vous l'avoue, je suis mal à l'aise pour vous donner une définition claire. Et moi quand je suis mal à l'aise pour définir clairement une notion, mon premier réflexe c'est d'utiliser une bombe de fumée ninja et de me carapater et poussant un rire sardonique un dictionnaire :
Mouahahahaha! Euh...
  intelligence \ɛ̃.te.li.ʒɑ̃s\ ou \ɛ̃.tɛl(l)i.ʒɑ̃s\ féminin
   Nom commun.
   (latin intelligentia, de intelligere, connaître)
  • Ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la connaissance conceptuelle et rationnelle : Les mathématiques sont-elles le domaine privilégié de l'intelligence ? Test d'intelligence.
  • Capacité de manipuler un concept par la pensée : Pour l'intelligence de ce qui va suivre, rappelons la démonstration antérieure.
    "–Ok, donc l'intelligence, c'est être un petit Jedi tout vert?"
On n'est pas le cul sorti des ronces. Bon, en voici une autre alors :
  • L'intelligence est l'ensemble des facultés mentales permettant de comprendre les choses et les faits, de découvrir les relations entre elles et d'aboutir à la connaissance conceptuelle et rationnelle (par opposition à la sensation et à l'intuition). Elle permet de comprendre et de s'adapter à des situations nouvelles et peut en ce sens être également définie comme la faculté d'adaptation. L'intelligence peut être également perçue comme la capacité à traiter l'information pour atteindre ses objectifs.
    Le terme est dérivé du latin intelligentĭa, « faculté de comprendre », dont le préfixe ĭnter- (« entre »), et le radical legĕre (« choisir, cueillir ») ou ligāre (« lier ») suggèrent essentiellement l'aptitude à lier des éléments entre eux.
Ok. En gros, si je résume, c'est la capacité à relier ensemble plusieurs informations pour interagir de façon efficace et consciente avec son environnement, et ce dans le but d'optimiser ses chances de survie à court, moyen, et long terme.

Bon, évidemment, à ce compte on peut sans doute considérer que le caillou lambda est plus intelligent que le président des USA lambda mais admettons. Mais... corrigez moi si je me trompe :  la plupart des formes de vie interagissent avec leur environnement non? Et toutes cherchent à maximiser leur survie en adoptant des comportements adaptés. Du coup la plupart des formes de vie sont intelligentes?

–Bin non, les animaux ils sont pas intelligents, c'est l'instinct!

Ah oui. L'instinct. Précisons tout de même que cette notion "d'instinct" ne fait plus l'unanimité au sein de la communauté scientifique. Mais admettons. Et du coup, comment distinguer ce qui relève l'instinct (processus inconscient) de l'intelligence (processus conscient)?
L'intelligence, ça a du bon quand même...
–Oh bin ça c'est facile : les créatures intelligentes fabriquent des trucs, utilisent des outils...

Ok. On doit donc considérer que les castors qui construisent des barrages, ou les fourmis qui construisent des fourmilières sont plus intelligentes que les actionnaires des grands groupes pétroliers qui détruisent l'environnement. Notez, ça se tient. Selon ce principe on doit alors considérer que le plombier moyen est beaucoup plus intelligent que l'expert comptable, ce qui serait vrai selon certains, emmerdant et absurde selon beaucoup d'autres.
Vous aussi vous trouver qu'il n'est pas absolument essentiel de regarder la partie gauche de cette image?

Du coup pour quantifier cela, certains ont imaginé des tests psychométriques standardisés sensés mesurer quantitativement l'intelligence : le test de Quotient Intellectuel, ou QI. Dans les faits, ce dernier mesure principalement la capacité de raisonnement logique, de représentation spatiale, la mobilisation du vocabulaire et la mémoire.

Problème : si ces items sont certainement des aspects de l'intelligence, ce ne sont probablement pas les seuls. D'où l'émergence depuis quelques années du concept de Quotient Émotionnel (ou QE).

Bon, tout ça c'est bien joli, mais allez donc faire passer un test de QI ou de QE à un poulpe ou un dauphin... notez d'ailleurs que la question se poserait tout autant vis à vis d'un hypothétique extraterrestre parlant exclusivement le Zéta-Réticulien (par exemple), issu d'un développement totalement différent, et imprégné d'une culture sans rapport avec la notre...
On appelle aussi ça la langue de bois...
Formulé autrement : "Si vous jugez un poisson par sa capacité à grimper aux arbres, il passera sa vie entière persuadé qu'il est totalement stupide." (Albert einstein)


Bon, on ne s'en sort pas. La définition est floue, la mesure tout autant... Concentrons-nous plutôt sur l'origine de l'intelligence...

2. Où se situe le siège de l'intelligence?

Non pas celui-ci.
Faute de pouvoir définir l'intelligence, sans doute pourra-t-on au moins dire quel organe en est à l'origine. Au moins chez l'homme... Ça, ça devrait être une question facile :
"–Rhaaa, c'est pas facile... euh... le zgeg peut être? Non... enfin quoique... le cerveau?
–C'est votre dernier mot?
–Euuuuuuh... je crois que je vais demander à un ami hein! Google est mon ami."
Hélas, la réponse est loin d'être simple. Pour beaucoup de gens, le siège de l'intelligence est évidemment le cerveau. Ce bel organe constitué principalement de matière grasse et de flotte serait donc l'organe conduisant l'être humain à construire le Taj Mahal ou à faire des blagues homophobes à la télé. Du moins, c'est ce que l'on a longtemps cru. Toutefois, des recherches récentes tendent à démontrer que si l'essentiel des capacités de traitement de l'information se situent bien dans le cerveau, un certains nombre de décisions pourraient bien être prises ailleurs : quelque part dans le système nerveux entérique...

–Gneuh?

... le système nerveux des intestins. Les neurones du prout quoi! On l'appelle parfois le deuxième cerveau.

Pour l'essentiel, ce système nerveux entérique est un groupe de ganglions nerveux dont la fonction est de réguler le délicat mécanisme de la digestion. Ne rigolez pas : rien que lâcher une caisse nécessite l'action conjointe de deux sphincters, dont seul l'un des deux est dirigé de façon consciente...

Là ou ça se complique, c'est que plusieurs neurotransmetteurs...

–Ohla! Tu deviens technique...

Pardon. Je reprends. Le système nerveux et le cerveau fonctionnent à l'aide de tirs de taser p'tites décharges électriques (les impulsions nerveuses) et de drogues signaux chimiques (qui en général régulent les émotions). La pensée est un mix de ces deux types de signaux. Et les signaux chimiques, ce sont des petites molécules appelées neurotransmetteurs (les hormones en sont un exemple).

Bon. Or, plusieurs de ces neurotransmetteurs sont fabriqués dans le système nerveux entérique. Cela dépend donc :
  1. de ce qu'on mange (certains aliments sont plus propices que d'autres à la production de certains neurotransmetteurs, et donc à l'expression de certaines émotions)
  2. de l'action du microbiote intestinal (les micro-organismes alliés qui vivent dans nos intestins et nous aident à digérer nos aliments) : les recherches récentes montrent qu'un mauvais équilibre du microbiote semble associé à certaines pathologies mentales et même à des retards d'apprentissage
Il est même envisagé que certains de nos choix soient plus ou moins directement dictés par... les microbes se trouvant dans nos intestins. En effet, ces organismes ont des préférences alimentaires, et influeraient de façon plus ou moins large sur nos décisions en libérant certains neurotransmetteurs (le bon vieux système punition/récompense) pour nous pousser à consommer ce qui leur plait. Nos préférences gustatives (j'aime les épinards/je n'aime pas les épinards, je préfère le chocolat noir au chocolat blanc, etc...) seraient donc directement liées à la nature précise de notre microbiote , c'est à dire à notre entérotype (les organismes présents, et leur proportions).
"C'est pas ma faute, c'est mon microbiote!"

Il est même envisageable que leur influence s'étende à d'autres aspects de notre vie, pouvant avoir un impact sur leur bien être, ce qui rendrait l'être humain plus proche d'une intelligence collective, ou intelligence de ruche, que d'un être disposant vraiment de libre-arbitre.

Bon tant pis pour le siège de l'intelligence... mais est-ce qu'on peut au moins la mesurer? Établir un classement?

3. Mon QI/QIT est plus gros que le tien... faisons un concours de QE...

Les humains aiment bien quantifier toutes sortes de choses inutiles et plus ou moins abstraites :
  • le montant de leur fortune
  • les points du permis de conduire
  • l'audimat de Cyril Hanouna
  • la taille du bonnet de soutien gorge
  • la longueur de leur zigounette
  • etc...
Cette manie de tout quantifier porte même un nom : le règne de la quantité (ainsi dénommé par René Guénon dans son ouvrage éponyme). Du coup, il paraissait logique de quantifier et classer l'intelligence également. C'est ce que fit le psychologue Charles Spearman au début du XXième siècle avec ce qu'on appela d'abord le "facteur G", puis le test de "Quotient Intellectuel". Spearman se basait sur son observation d'une corrélation entre les performances scolaires dans les différentes disciplines (les élèves bons en anglais étaient significativement meilleurs en maths, etc...). Ou pour schématiser : les premiers de la classe sont comme les asperges, le meilleur est dans la tête et font faire pipi qui sent fort. Dit autrement : si t'es bon en math, t'es intelligent, mais si tu ne sais pas résoudre une équation différentielle à 5 inconnues, t'es con comme un bulot.

Forcément, pas mal de gens ont trouvé ça plutôt injuste (certainement les crétins qui ne savent pas résoudre les équations différentielles à 5 inconnues, les pauvres...), et se sont mis à trouver que cette classification par le QI était par trop restrictive, car trop corrélée à l'apprentissage scolaire. En gros, ça montre qui rentre bien dans le moule scolaire et sait faire 2+2, mais pas forcément qui a du potentiel, ou qui sait se montrer performant dans des domaines plus sociaux par exemple.

Du coup, dans les années 90, le psychologue américain Daniel Goleman propose le concept de Quotient Emotionnel, destiné à quantifier ce que l'on pourrait qualifier d'intelligence émotionnelle -(proche du concept d'intelligence sociale).  Ça vous semble nébuleux? Un exemple alors. Prenons cet individu :
Un individu lambda. Voire un peu con.
Si beaucoup de gens le considèrent comme une forme de génie (si si, je vous rappelle que d'autres gens ont élu Donald Trump), un nombre probablement plus grand encore le considère certainement comme un con. Ce à quoi je vous dirai : un con peut être, mais un con rudement intelligent dans la mesure ou il gagne certainement bien mieux sa vie que la plupart de ceux qui le prennent pour un con, moi le premier.
Et ouaih. Et c'est légal.
Et bien l'intelligence émotionnelle, c'est ça. Ce type n'enverra sans doute jamais une Tesla en orbite martienne, mais il possède une forme d'intelligence lui permettant d'optimiser son influence sociale... et par là même la taille de son portefeuille.

–Bon mais... et l'éducation dans tout ça?

Aaaaah, l'éducation... il y aurait tellement à en dire que ça fera l'objet d'un prochain billet je pense...
Toi aussi t'as baillé, te cache pas, j't'ai vu!
"–Mince, je crois qu'il s'est rendormi...
–C'est bon, tu m'auras pas une deuxième fois. Qu'il roupille donc, moi je me casse.
–Bin quoi, t'es pressé? T'as un rendez-vous p'têt?
–Non, c'est pas ça, mais j'ai vu qu'il y avait une grosse promo sur le Nuletta® à l'Intercharmé®...
–Et depuis quand tu bouffe du Nuletta® toi?
–J'en bouffe pas, mais j'en achète plein en promo, et je les revends sur le Petit Coin après à deux fois plus cher, mais moins cher que le prix normal quand même. Du coup je me fais des testiboules en or.
–Ah ouaih p'tain, t'es intelligent toi...
–Et ouaih... que veux-tu, j'ai un gros QI..."

lundi 21 août 2017

Crédit à la con, sot!

Aujourd'hui, j'ai envie d'aborder un sujet que certains d'entre toi, cher lecteur, a peut-être vu passer brièvement dans la presse. Oui, alors bon déjà, tu sais que quand je commence à te tutoyer, c'est qu'en général je suis un chouïa chafouin. Et là, en effet, chafouin je le suis, il faut bien l'admettre. Car lorsque j'ai lu ceci, mon sang n'a fait qu'un tour :
J'te raconte pas quand les huissiers vont débarquer... on va prendre cher.
Alors bien sur, on ne parle pas d'un crédit à la banque hein, c'est un "crédit" sur les ressources naturelles disponibles (matières premières, ressources végétales, eau, nourriture, etc...). Si vous êtes un minimum anglophone, cette vidéo vous expliquera plus précisément de quoi il retourne :


Et sinon je vous résume l'idée : en 8 mois, l'espèce humaine a consommé les ressources que la planète met un an à constituer. Donc, depuis le 2 août, tout ce que nous consommons dépasse les capacités de renouvellement de la Terre et on vit à crédit sur les ressources que la planète va constituer l'année suivante. Mais  comme on parle d'un calcul annuel, que ça fait des années que ça dure, et que la date butoir avance sans arrêt, on peut considérer que ce sont déjà des années voire des décennies de crédit que nous nous trainons. Voilà voilà...

Bon alors évidemment, c'est assez abstrait : ce genre de crédit ça ne se visualise pas sur le relevé de banque à la fin du mois (encore que... mais je vais y revenir), et aucun huissier ne va venir toquer à la porte pour saisir votre écran plasma trouzmille pouces et votre Touingo® dans les jours qui viennent...
*knock knock*
"–Bonjour, maître Xl@rghµh$$%, huissier de justice inscrit au greffe de Zeta de la Reticule, je viens pour le recouvrement du crédit..."
Et pourtant, d'une façon ou d'une autre, vous avez déjà commencé de payer. Vous ne l'aviez pas remarqué? Pourtant... vous payez bien vos factures d'eau? C'est-à-dire que vous payez pour le traitement et le retraitement des eaux, afin de pouvoir disposer d'eau potable pour boire, et accessoirement faire votre vaisselle, laver votre voiture, ainsi que votre petit pipi et votre gros caca (puisqu'il n'y a qu'un seul réseau d'eau courante, tout ça c'est avec de l'eau potable, et oui...). Enfin, quand je dis pour boire, ça dépend puisque nombreux sont ceux qui préfèrent payer l'eau à boire sous forme de bouteilles plastiques, bien plus chère, et joyeusement infusée de matière plastique puisque les bouteilles sont thermoformées et remplies dans la foulée avant même leur refroidissement...


Mais ce n'est pas tout : logiquement vous payez aussi une taxe sur les ordures (directement si vous êtes propriétaires, ou indirectement dans vos charges si vous êtes locataire). En attendant peut-être de payer une taxe sur l'air que vous respirez (parce que bon, voilà quoi, à ce rythme, il va bientôt falloir le filtrer pour le respirer hein...). Lorsque vous achetez votre voiture, vous payez une taxe pollution sur la carte grise, plus tout un tas de taxes sur l'essence consommée par la suite. Vous visualisez ces villes de science-fiction (Blade Runner ou autre) qui ressemblent a des mégalopoles tentaculaires sans verdure, pleines d'immeubles immenses et dans lesquelles les habitants se baladent avec des masques à gaz? Ne rêvez plus, ça n'est plus de la science-fiction, ça existe déjà à Mexico, Tokyo, Hong Kong,Shanghaï et tant d'autres. Seules les voitures volantes sont encore du domaine de la fiction. Le prix nous le payons aussi déjà sur le plan géopolitique : de nombreux observateurs s'accordent à dire que la crise en Syrie (pour ne citer qu'elle) trouve une large part de ses fondements dans le changement climatique lié à l'activité humaine.

Pour les ressources à proprement parler : le pétrole augmente de plus en plus, tout comme les métaux, ou la nourriture saine... Donc, techniquement, même si c'est presque invisible parce que vous y êtes accoutumé : c'est comme la fable de la grenouille... Oui, vous avez déjà commencé de payer ce crédit. De le payer certes, mais la dette elle-même ne pourra jamais être soldée : elle n'est pas sous forme monétaire...

Et ça ne semble pas parti pour s'arranger, vos descendants risquent de douiller encore plus sévère, et pas que financièrement : plus d'eau potable, plus de métaux, plus de nourriture saine et abondante, plus de bois, d'air pur à respirer, plus de plages de sable fin...

–De sable? Sans rire...

Sans rire. Ça ressemble au vieux sketch de Coluche sur les technocrates à qui tu files le désert et qui finissent par acheter du sable ailleurs, et pourtant... Le sable coquillier est un composant essentiel du béton. Béton qui sert à construire plein de trucs moches, et en particulier à bétonner les littoraux pour enrichir les promoteurs immobiliers. Sauf qu'on ne peut pas utiliser n'importe quel sable : celui du Sahara ne conviendrait pas par exemple, il est trop rond et n'a pas la bonne composition : il faut du sable "coquillier", c'est à dire en partie issue de la dégradation des coquillages. Donc du sable de mer ou de plage. D'où l'exploitation sans vergogne de ce sable : il faut environ 200t pour construire une maison, 30 000t pour un km d'autoroute, et pour le mur de Trump je vous laisse imaginer...

Rien qu'au cours de quatres dernières années, la Chine a consommé autant de sable que les Etats-Unis en 1 siècle, et la tendance ne semble pas à s'inverser. Résultat? Des littoraux sont petit à petit rongés par cette surexploitation. Inutile de vous dire que l'écosystème qui vit sur ces littoraux n'est pas à la fête.


–Ah ouaih, à ce point.

Et oui. Donc profitez bien de la plage avec vos enfants, il est possible que cela ne dure pas. Ah, et puis il y a aussi les forêts primaires comme celles de la Malaisie ou de l'Indonésie que l'on détruit, souvent par le feu tant qu'à faire n'importe quoi, pour planter à la place des palmiers à huile afin de fabriquer (entre autres) du Nutebwaaah®, et tant pis pour les orang-outans qui y vivent. Ou encore les écosystèmes détruits pour l'exploitation du gaz de schiste par la fracturation hydraulique... Y en a un peu plus, je vous le mets avec?

Donc quand on parle de "crédit", c'est plus une dette que vous collez sur le dos de vos enfants/petits enfants, et qu'ils ne pourront jamais solder. Pour prendre une analogie, c'est un peu comme si vous fracassiez la tirelire-cochon de Jean-Kevin, 5 ans, pour lui chaparder ses quelques euros afin de vous offrir le dernier iphoune8X-mega-HD-de-la-mort® (qui tombera en panne dans 6 mois ou aura son écran pété dans 15 jours) : certes vous avez le dernier iphoune8X-mega-HD-de-la-mort®, mais vous venez de faire les poches d'un mioche de 5 ans, ce qui fait de vous un gros rabouin sans scrupules. Sauf qu'en plus après avoir fracassé la tirelire cochon, vous avez aussi uriné sur les murs, et vidé les poubelles du quartier dans sa chambre. Car au-delà la consommation des ressources, il y a aussi un problème de déchets.

–Ah oui, j'ai vu ça... il parait que chaque français produit en moyenne dans les 350 kg de déchets par an...

350kg? Presque. Mais en fait non. Nous sommes plus proches de 14 tonnes par français (et j'imagine que le score d'un américain n'a rien à lui envier). 354kg, c'est juste le poids de nos ordures ménagères. C'est en quelque sorte la partie visible de l'iceberg. Mais bien avant que la boite de raviolis que vous venez de vous enfiler n'arrive dans votre poubelle, sa fabrication a déjà produit une bonne quantité de déchets, aussi bien pour fabriquer le contenu que le contenant. La partie cachée de l'iceberg, ce sont donc tous les déchets produits EN AMONT, générés par l'industrie. Afin de fabriquer, par exemple, ce merveilleux iphoune8X-mega-HD-de-la-mort® qui fait moins de 500g, l'industrie a produit 75kg de déchet en amont.
L'emmerdant dans tout cela, c'est que le Titanic c'est notre planète...

Bien sûr, sur ces 14t, certains déchets ont un impact limité (vos épluchures de carottes ne vont guère porter tort à la planète), mais d'autres ont un impact plus... durable : les déchets radioactifs produits par les centrales nucléaires qui vont servir à recharger votre iphoune8X-mega-HD-de-la-mort® ont pour certains une activité nocive pendant des centaines de milliers d'années... c'est sympa hein?

Pour que vous visualisiez bien le truc, 14t, c'est la masse d'une pelleteuse de belle taille. Par an. Par français. Sachant que nous sommes environ 67 millions. Donc, 67 millions de pelleteuses. Si vous avez une quarantaine d'années (âge médian en France) : il suffit de multiplier pour imaginer la masse de déchets accumulés (ok, je dois exagérer un peu car le volume de déchet n'est pas forcément stable depuis 40 ans hein...). Mais je ne parle que de la France. Alors certes, l'Ethiopien moyen doit être plus proche de la brouette que de la pelleteuse, mais l'américain moyen (ils sont environ 300 millions je le rappelle) est sans doute plus proche du semi-remorque...

Oui. Une pelleteuse par an.
Ce qui est extraordinaire, c'est que même en le sachant (je rappelle que plusieurs articles de presse ont évoqué cette histoire de "crédit" sur les ressources de la planète hein!) on continue comme ça. Même dans les films on en parle, comme par exemple Hugh Laurie dans le film "A la poursuite de demain"... dommage, il y a incarne le méchant...


Au contraire, tout le monde nous rebat les oreilles du PIB, de la production industrielle et de cette fameuse "croissance" (supposément infinie visiblement, la planète Terre doit être connectée à d'autres dimensions je suppose) qui doit mettre sa misère au chômage, sauver le pays et faire revenir l'être aimé en moins de 48h : la presse, les dirigeants représentants politiques (oui : on n'élit pas des gens qui nous dirigent, mais des gens qui nous représentent. En théorie... si si, c'est écrit dans la constitution. Ça peut sembler être de l'enculage de mouche la sodomie de diptères, mais les mots ont leur importance, et à nous balancer sans arrêt du "dirigeant" à toutes les sauces, les médias accréditent l'idée que nous leur devons obéissance, alors qu'en fait... non pas trop), et tout un tas de gens très intelligents. Et vous êtes priés de les croire puisqu'ils sont plus intelligents que vous. Eux-mêmes vous le disent, c'est bien la preuve.
Ou si vous préférez : vous êtes trop cons pour comprendre, alors laissez faire les gens intelligents sans vous poser de questions. Merci. Bisous. Ah, au fait, on va ouvrir les magasins le dimanche pour augmenter la croissance.

Et tous en mode "TINA" ("There Is No Alternative" = Il n'y a Pas d'Alternative, célèbre formule thatchérienne qui nous explique gentiment que t'es bien gentil avec tes gros sabots d'écolo-bobo-gaucho-socialo-humaniste, mais que, en gros, tu vas pouvoir t'asseoir sur tes jolies convictions et tourner) s'il vous plait, pour bien nous faire comprendre que l'économie de marché libérale qui pollue et consomme des ressources en mode RAF ("Rien A Foutre")  est la seule fucking solution. Ou comment foncer droit dans le mur en klaxonnant. Quelque chose me dit que certains ont dû louper quelques barreaux en gravissant l'échelle de l'évolution...
"–Bon, demi-tour les mecs, on s'est planté..."

Evolution au sommet de laquelle nous sommes censés être parvenus justement... Je vous mets une photo d'Hanouna ou d'Eric Zemmour ou ça ira?

Juste pour rappel, l'espèce humaine existe depuis environ 15 millions d'années si on considère l'apparition des tous premiers hominidés. Et si l'on s'en tient à l'Homo Sapiens, c'est tout juste 315 000 ans environ. Et durant cette période, nous avons réussi à... euh... fabriquer des iphoune8X-mega-HD-de-la-mort®? A titre de comparaison, les fourmis (vous visualisez bien hein : les petits machins avec des antennes qui vivent dans des fourmilières et que vous essayez de zigouiller à grands coups d'insecticides quand vous en avez trop près de votre garde-manger...) existent depuis 100 millions d'années environ, et ont survécu à 4 ou 5 extinctions massives dont la Grande Extinction de la fin du Crétacé (mais siiii, vous savez, la disparition des dinosaures!). Et vous savez quoi? Je suis presque certain qu'elles survivront également à la prochaine Grande Extinction... celle que nous sommes en train de déclencher. Par contre, quelque chose me dit qu'il n'est pas certain que l'espèce qui se trouve "au sommet de la pyramide de l'évolution" y survive à celle-ci...

A ce stade, je pense que les crânes d’œufs experts du Global Footprint Network (l'institut de recherches international établi à Oakland,Californie, et qui réalise le calcul du fameux indicateur de la date du crédit sur les ressources naturelles du début de cet article) s'arrachent tellement les cheveux que la plupart d'entre eux pourraient postuler à un job de mascotte chez Matines.
Image de la dernière réunion des experts du Global Footprint Network

–Bon, ok, mais au pire si on salope trop la planète, on ira s'installer ailleurs, non?

Hum. Il n'y a aucune autre planète habitable en l'état dans le système solaire. Et ailleurs bin... on n'en sait trop rien, mais d'façon on s'en cogne : dans le meilleur des cas il nous faudrait minimum 20 000 ans pour atteindre la plus proche en supposant qu'elle soit en orbite de l'étoile voisine. Sinon ça serait encore plus long. 20 000 ans de voyage. VINGT. MILLE. FUCKING. ANNEES!!!! Pas de planète "B", pas de plan B. TINA. There Is No Alternative. Nada. Macache bono. Que dalle. Niente. Nothing. Rien.

–Et Mars alors? J'ai entendu dire que le milliardaire sud africain là... Elon Musk, il voulait coloniser Mars.

Je reprends pour les deux du fond : aucune. Autre. Planète. Habitable. Dans. Le. Système. Solaire. Mars ne fait pas exception. En l'état, Mars, c'est ça :
Ça envoie du rêve...

Du sable et des cailloux. De l'eau : c'est pas sûr. Pas beaucoup dans le meilleur des cas. Mars fait un tiers du diamètre de la Terre et n'a aucune végétation ni  cours d'eau. La température en surface oscille joyeusement entre -133°c et -3°c (avec une moyenne à -63°c), et la pression de l'air est d'environ un centième de celle de la terre. Moins qu'au sommet de l'Everest. Et bien sûr il n'y a pas d'oxygène dans l'atmosphère. Autant dire que la tenue de plage des touristes sera plus proche de ça :
"–Pinaise! Et dire qu'on nous chié une pendule pour quelques burkinis..."

que de ça :
"–Pinaise... et dire qu'on nous a chié une pendule pour quelques claquettes-chaussettes..."

Et la maison sur Mars plus proche de ceci :
"–Pinaise! Quel est le porc qui a encore oublié de fermer la porte des cabinets?"
que de cela :
"–Pinaise! Qui a laissé le robinet de la baignoire ouvert?"

Si vous avez déjà du mal à supporter Franck Dubosc dans "Camping", imaginez la même chose en vase clos pendant 20 ans...

–Oui bon bah, on la rendra habitable Mars hein!

La terraformation? Bah pourquoi pas hein... Sauf que le processus a de bonne chance de s'échelonner sur des siècles voire des millénaires et qu'en attendant, les colonies martiennes seront tributaires des ressources de la Terre. Et j'ajouterais que tenter de rendre une planète inhabitable habitable alors même que nous sommes en train de faire l'inverse, c'est à dire rendre une planète habitable inhabitable, ça s'apparente quand même vaguement à du foutage de gueule. Avant de tenter de transformer un Kart à pédales en Traban, ça serait sans doute pas mal d'apprendre à faire au moins la vidange de la Rolls Royce...

–Misère... et on fait quoi alors puisque tout le monde s'en fout?

On fait blit. Et on essaye, à son échelle, de diminuer son impact autant que possible :
  • réduire ses déchets : en sélectionnant les produits avec le moins d'emballage possible par exemple. Idéalement, pas d'emballage du tout. L'emballage, c'est une triple arnaque : tu payes le déchet qu'il constitue dans ta taxe ordure ménagère, tu pollues, et la fabrication de l'emballage lui-même génère des déchets et de la pollution en amont (raffinage des produits pétroliers pour les plastiques, abattage des arbres, etc...). Privilégier les emballages réutilisables (verre par exemple) et/ou recyclable facilement (carton). De plus en plus d'épiceries (bio ou non) et même des grandes surfaces proposent des produits "en vrac" (faut juste prévoir des récipients ou des sacs).
  • éviter de succomber aux sirènes du marketing : le dernier iphoune8X-mega-HD-de-la-mort® est sûrement très joli, mais celui que vous avez fonctionne encore très bien, et vous n'en aviez déjà pas super besoin... et si vraiment vous ne pouvez pas résister, voir le point qui suit.
  • le marché de l'occaz existe, se porte bien et est facile d'accès à l'ère d'internet. Il présente un double avantage : c'est moins cher, et cela évite de générer de la surconsommation nuisible à l'environnement et à l'éthique (songez aux chtites nenfants qui travaillent dans les mines de coltan au mépris de leur santé pour y extraire le précieux minerai permettant la fabrication de ce fameux iphoune8X-mega-HD-de-la-mort®...
  • ne gaspillez pas l'eau : ne la laissez pas couler inutilement, utilisez des bassines pour la récupérer et arroser vos plantes avec par exemple. Il existe aussi des embouts de robinet permettant de réduire votre consommation d'eau. La douche quotidienne n'est peut-être pas nécessaire : de nombreux dermatologues estiment que l'excès d'hygiène est mauvais pour notre santé. En plus, vous diminuerez votre facture d'eau.
  • réduisez votre consommation d'électricité : combien d'appareils n'auraient pas besoin de fonctionner en permanence chez vous? N'oubliez pas qu'un appareil en veille consomme aussi de l'électricité! De la même façon, tout bloc d'alimentation (transfo) branché sur une prise consomme aussi de l'électricité même si aucun appareil n'y est raccordé!!! Oui, car un transfo contient un système avec des bobines qui permet de "transformer", d'où le nom, la tension électrique en l'abaissant pour les appareils qui ont besoin d'une faible tension. Le problème, c'est que ce transfo fonctionne dès lors qu'il est branché, et cela qu'un appareil soit connecté de l'autre côté ou pas. On débranchera donc les transfo non raccordé, ou on utilisera des prises avec interrupteur pour stopper totalement l'alimentation. Encore une fois, outre l'avantage écologique de réduire sa consommation, vous y trouverez un avantage financier...
  • sachez aussi qu'il existe des fournisseurs d'électricité qui garantissent que leur production vient de sources renouvelables (solaire, éolien, etc...) : Enercoop, Lampiris, et d'autres. Attention cependant, certains sont des filiales de groupes plus... discutables, tels que Total.
  • dans vos achats, essayez de privilégier les produits locaux autant que possible : rien à voir avec un quelconque patriotisme économique à l'heure où l'usine voisine peut très bien appartenir à un groupe du Qatar ou de la Chine, c'est juste pour minimiser les transport et donc l'impact écologique de ce produit. Au delà de ça, un achat local tend à favoriser l'économie locale hein...
  • arrêtez de faire des gosses, on est déjà trop nombreux. Faites des crêpes plutôt, c'est bon les crêpes.
  • Recyclez, réparez, rafistolez, récupérez. Ainsi l'a dit Mac Gyver dans le psaume... euh... De façon générale, évitez de gaspiller : aussi bien en matière alimentaire que pour les biens dits de consommation.
Et surtout : arrêtez d'être des moutons. Utilisez votre fucking cerveau : réfléchissez à ce que vous faites! Documentez-vous! Des solutions existent... Le futur ne sera sans doute pas radieux, mais on peut encore faire qu'il y en ait un... peut-être.

mercredi 14 octobre 2015

Oh oui grand fou! Vas-y! Mets-le là ton gros...

... canapé!!!

Je vous ai bien eu! Vous pensiez que je vous piégeais avec un titre apparemment salace pour parler de tout autre chose? Et bien vous avez tort. On va bel et bien parler seske et séduction. Au moins, ça justifiera les recherches Gogole™ zarbi qui vous amènent ici, telle que : "mini malliot de bain soumise maso" ou "elle se met un baillon boule toute seule" (authentique comme toujours).

Autant vous le dire franco, depuis un peu plus de deux ans que je tiens ce noble lieu de culture, je n'ai eu de cesse d'être surpris. Surpris de votre nombre d'abord, car vous êtes en moyenne dans les 150 à 200 à venir vous encanailler ici (au lieu de bosser. Ne le niez pas, je le sais.) quotidiennement à ce jour. Surpris de certains mots clés de recherche ensuite, mais ça je l'ai déjà souligné : vous me faites parfois un peu peur, mais changez rien, je vous aime bien comme ça. Et surpris des nombreuses demandes que je reçois.

Car oui : le quotidien d'un blogueur, ce sont aussi les nombreuses sollicitations ("Bonjour monsieur, toutes nos sollicitations!") dont il est l'objet de la part d'une moultitude (j'assume ce néologisme) de sociétés, community managers, responsables marketings, groupies nymphomanes, journalistes de "Tire sur C'est mon doigt choix", et j'en passe et des meilleurs... Mais pourquoi cela me direz-vous? Fastoche : vous êtes 150 à 200 à venir ici quotidiennement, et du coup, ça aiguise les appétits publicitaires de certains.
"–Ooooh : un blogueur à pigeo... à recruter!"

Bon, vous commencez à me connaître maintenant : vu le faible nombre d'articles de "pub" que vous avez vu ici, vous vous doutez que je réponds rarement positivement. Je serais bien tenté de vous dire que c'est un choix éthique, mais en fait non : je suis totalement corruptible. C'est juste qu'ils ne m'ont pas suffisamment graissé la patte que le thème abordé ne me paraissait pas correspondre à ma ligne de coke éditoriale. Et puis honnêtement, les mails préformatés d'agence de webmarketing à peine personnalisés et qui ne se sont même pas donné la peine de lire le blog... je ne trouve pas ça sexy... ça ne donne pas envie. Là. C'est dit. J'ai besoin de me sentir désiré. Avis aux sociétés qui me sollicitent : flattez-moi! Jouez sur mon égo démesuré, sur ma vénalité basique, sur mes bas instincts... mais évitez de me prendre pour un idiot, ça ça ne marche pas.

Et puis des fois, les demandes sont... inattendues :
Quoi? Moi? rencontrer Evelyne Thomas? Mon rêeeeeeve! Ou pas.
D'autant plus qu'en parallèle, une de ses collègues, travaillant également pour "Mets ton doigt" "C'est mon choix" me proposait, en échange d'un partage de mon article auprès de ses 6 abonnées sur Facebouc®, de battre le rappel auprès de vous pour un casting impliquant des couples dont l'un des membres souhaitait le relooking de l'autre, et la présence d'un spécialiste sur le plateau chargé de ravaler la façade de la victime choisie.
"Alors madame... comme ça monsieur n'en a pas assez dans le slip?"

Bizarrement, la réponse que j'ai apporté alors à Céline, a semblé dissuadé sa copine, qui s'est alors désinscrite de ma page Facebouc® et a fait disparaître le message envoyé. Pourtant, elle était sympa ma réponse :
Franchement? Non?

Du coup, lorsque j'ai reçu un mail de Marie-Cécile qui commençait ainsi :
Bon sens de l'à propos. Way to go!

... je n'ai pas pu m'empêcher de me marrer comme un con tout seul derrière mon écran. Ça partait plutôt bien.

Marie-Cécile, elle bosse pour une boite que ne connaissait ni Dave ni Davant (Sophie) : Westwing, un site de shopping déco et design d'intérieur. Un peu comme Valérie Damidot donc, mais version web. Et Marie-Cécile, elle me proposait tout bonnement d'écrire une bafouille au sujet de leur dernière infographie réalisée en collaboration avec un site de rencontre (eDarling pour ne pas le nommer), sur la thématique : déco d'intérieur et séduction. Précision qui a son importance : j'ai une totale liberté éditoriale.
Liberté éditoriale? Mouahahaha!

Bref, c'est l'occasion rêvée de parler d'amour, de seske, et de GHB séduction. Thématiques trop peu abordées ici. Du coup, comme vous vous en doutez, ce billet est honteusement sponsorisé (comprendre, on me file des sous pour ça).


Bon la voici l'infographie (je l'ai juste un peu retouchée, il suffit de cliquer sur le lien un peu plus haut pour voir l'originale) :
Avec une infographie, c'est tout de suite plus clair je trouve.

Oui, je sais que mon lectorat se compose d'un nombre non négligeable de parents, mais on a beau être parent, l'on en garde pas moins une certaine envie de séduire, ne serait-ce que la personne avec qui on est en couple. Enfin... uniquement les soirs où :
  • la journée de boulot et les gnomes ne vous ont pas mis sur les rotules
  • vous avez réussi à prendre une douche et donc à sentir autre chose que le lait caillé/le vomi de coquillettes-jambon/l'odeur de couche sale/la sueur/les clopes des collègues/le café froid
  • la machine à laver à suffisamment tourné pour vous permettre de récupérer le jogging de Jean-Théo pour son cours de foot du lendemain ET vos sous-vêtements sexy qui font faire graou à monsieur
  • Micheline-Emma ne fait pas ses dents/une otite/une gastro/une bronchite/une crise de peur du noir (aucun lien avec Nadine Morano)/la nouba dans sa chambre
  • Vous ne vous prenez pas une pièce de lego dans le croupion en vous jetant sur le lit lors d'une étreinte torride, après avoir réussi à esquiver le bateau pirate Playmobil...
  • il n'y a pas le dernier épisode de Plus Belle la Vie Game of Thrones à la téloche
 Après, soyons honnêtes : séduire grâce à sa décoration intérieure, c'est plus facile pour certains que pour d'autres...
En même temps, les goûts et les couleurs...
Bon. Donc je résume. Pour séduire son ou sa partenaire à l'aide de sa décoration, il faut donc :
  • Un intérieur parfaitement rangé
  • Ni trop meublé ni trop peu
  • Sobre avec des livres
  • Pas trop grand (plus intime)
  • Sans colocataire
  • Avec un animal Hannibal
C'est bon, on a trouvé le séducteur ultime :
"–Je vous offre un petit Chianti avec un peu de charcuterie?"

vendredi 13 février 2015

Dis donc! Tu veux mon doigt?

 –Les gnoooooomes! C'est l'heure de manger! On va se laver les mains!
–Non, j'veux pas me laver les mains!
"Je t'ai déjà de pas fouiller dans ton nez avec tes doigts, y a mouchoirs pour ça!"

–P'tit Prince : c'est pas discutable. Vu que tu manges avec tes doigts, et vu les endroits ou tu les mets avant, on pourrait aussi bien te tailler une assiette dans le lino du tramway si tu les laves pas, y aura pas plus de microbes...
–Pffff, bon... d'accord...

Agad', on secoue, on frotte un peu, et ayé, c'est bon.
Et oui, car il faut bien le dire, nos mains, nos doigts nous servent à tout et surtout n'importe quoi, ce qui en fait la porte d'entrée principale à tous les miasmes, microbes et autres toxiques possibles. Surtout en cette saison. Le problème, c'est que la conception gnomesque de l'hygiène concernant ce qu'on peut porter à la bouche est un peu particulière :
  • des mains cradingue :
  • une rembarde de tramway :
  • le sol :
  • une cuvette de WC :
  • des légumes en contact avec la viande dans l'assiette :


Comme vous ne vous en doutez peut être pas, aujourd'hui on va parler d'une excroissance oblongue, parfois turgescente, et qu'on a tendance à fourrer un peu n'importe où : je veux bien sûr parler des doigts. Mais je vous rassure, on va aussi causer de bistouquette,  vu qu'entre le procès du Carlton et la sortie de "50 nuances..." au ciné, ça serait ballot de se priver. Et en plus, une récente étudalacon fait le lien entre les deux.
50 nuances de Gris.

Ah mais dites donc... ça fait longtemps qu'on a pas parlé d'une étudalacon! Et pourtant, la science poursuit sa route (mais jusqu'où s'arrêteront-ils?). Et accessoirement, ça fait un certain temps qu'on n'a pas parlé de sexe non plus. Je vous sens déjà frétiller d'impatience...

Commençons par le commencement, les doigts donc : ces petits boudins articulés qui équipent nos jolies mimines à raison de 5 par paluche en temps normal, sont probablement l'un des éléments les plus caractéristiques de notre espèce, surtout le pouce opposable d'ailleurs, bien que peu utile pour le curage de narine (trop gros), mais pratique pour l'utilisation du smartphone, et indispensable pour l'autostop, ou le catapultage de crottes de nez. D'ailleurs, ça se ressent même dans le langage puisqu'on ne compte pas les expressions faisant référence aux doigts :
  • "Se fourrer le doigt dans l’œil"
    Il y avait plus simple...
  • "Obéir au doigt et à l’œil"
    Schnell!
  • "Un doigt d'alcool"
    Qui peut conduire au doigt dans l'engrenage du reste.
  • "C'est mon petit doigt qui me l'a dit"
    ... et je lui raconte mes petits secrets.
  • "Doigt d'honneur"
    Je vois bien le doigt, mais je n'ai jamais compris ou était l'honneur...
  • "Le doigt dans l'engrenage"
    Enfin, ça commence par le doigt...
  • "S'en mordre les doigts"
    Ah? On peut déléguer?
  • "Des doigts de fée"
    Quand elle est facétieuse, elle fait des bibites.
  • "Être à deux doigts"
    ... de conclure par exemple. Sur un malentendu.
  • "Mettre le doigt sur quelque chose"
    "Ah, là je sens que je vais mettre le doigt sur quelque chose..."
  • "Ne pas lever le petit doigt"
    Trop fatiguant...
  • "Le petit doigt sur la couture du pantalon"
    Je... euh... Désolé.
  • "Montrer du doigt"
    Best. Example. Ever.
  • "Au doigt mouillé"
    "Bon, là, au doigt mouillé, je dirais qu'il va pleuvoir..."
  • "Connaître sur le bout des doigts"
    En espérant qu'ils soient propres tout de même.
  • "Avoir la bague au doigt"
    Comme le mariage. D'ailleurs y a aussi une histoire de gnomes...
Bon, ok, mais et l'étudalacon qui lie les doigts au sexe dans tout ça? Patience, j'y viens...

Déjà, dans un certain nombre d'expressions, le lien entre "doigt" et "sexe" est plus ou moins patent. Ainsi, le "doigt d'honneur" symbolise plus ou moins (plutôt plus que moins) le pénis imaginaire carré dans l'oignon de celui ou celle à qui on le fait, ce qui, outre son côté assez vulgaire évoque des pratiques sodomites (c'est donc une sorte d'insulte plus ou moins ouvertement homophobe). La bibite est aussi parfois désignée par l'expression "le doigt du milieu". Je passe sur les expressions imagées telles que "se palucher", "se mettre un doigt", etc... Et puis il y a toutes ces vieilles rumeurs entre taille de la zigounette et taille des doigts, ou le rapport entre son diamètre est celui du cercle formé par le pouce et l'index réunis...

Bref, il était temps que la science y mette les paluches fourre son nez. C'est à présent chose faite grâce à cette belle étude faisant un lien entre taille de certains doigts et fidélité dans le couple. Si si. Bon, ne cherchez pas, c'est surement encore un coup du brave chercheur qui nous avait déjà pondu cette étude ci, ainsi que cette autre et aussi celle-là. Oui, pour moi, c'est clair : Kevin a remis ça.

Laboratoire du docteur Kevin Tate DeNeuh, 11h21

–KEVIN!
*schbling*
–Merde, mon tube à essai... Brenda-chérie, ça va pas de faire irruption comme ça non? C'était un échantillon super rare : une cellule de cheveux de Kojac, merde... même pas eu le temps de faire l'analyse digitale...
Aussi rare que les poils des oeufs.

–Ranafout' ! Tu as oublié ton portable à la maison. J'ai consulté l'index...
–Et mon petit doigt me dit que tu as trouvé mon code les doigts dans le nez...
–Quand tu m'as passé la bague au doigt, tu m'a juré fidélité. Alors c'est qui cette Sandy qui t'envoie des sextos? Hein? HEIN?
–Argh... je vais me faire taper sur les doigts... euh... c'est rien.
–Rien? Tu me prends pour une buse? C'est ta maîtresse c'est ça? Salaud! Et à deux doigts de la St Valentin en plus! Goujat!
–Tu te méprends mamour... tu me connais sur le bout des doigts, il est virtuellement impossible que je te sois infidèle... tiens, regarde ma main, compare mes doigts.
–...
–Ah tu vois? Inutile de me montrer du doigt!
–Non, mais tu me prends vraiment pour un jambon?Tes doigts, tu devrais les croiser pour que mon avocat ne te laisse pas en caleçon US sur la rue du quai! Et ma main à moi, tu veux la voir de près ma main? 'spèce de salaud! *baffe*
*re-schbling*
–Rhaaa non, zut! Mon échantillon de matière cérébrale de Nabilla! Une exemplaire unique! Son analyse devait donner un coup de pouce à mes recherches...
Pour une fois qu'on avait isolé de la matière noire...

–Nabi...? Encore une qui passe dans ton lit dès que tu claque des doigts? Obsédé! Menteur! Traitre! Tu vas t'en mordre les doigts!
–Oh! Pouce! Tu sautes aux conclusions chérie. Tiens, lis donc cette étude menée avec doigté! Comme tu peux le voir, mon annulaire n'est pas plus long que mon index. Peut-être est-il même plus court. Je suis donc fidèle, c'est scientifiquement prouvé.
–Euh... mais euh... et les SMS de cette Sandy alors? Tu vas me faire croire que tu n'as pas mis le doigt dans l'engrenage.
–Quoi? Ça? Ah ah! Pffff! Non, mais... c'est la secrétaire de Brendon celle qui a les gros seins nous protège des maladies coronariennes. Et t'as vu la taille de son annulaire à lui. Pfff, il se la tape c'est évident. Il croit avoir un doigt droit de cuissage sur toutes les filles du labo. Cette gourde brave fille à l'indice lipidique du postérieur un peu trop bas s'est juste mélangé les doigts et gouré de n°... Ou si ça trouve, Brendon lui a filé le mien pour que sa femme ne mette pas le doigt sur quelque chose. Ah ah!
–Ah... bah... bon. Si c'est la science qui le dit alors... j'ai dû me fourrer le doigt dans l’œil...Oublie ça, faisons plutôt l'amour sauvagement! Je veux sentir tes doigts qui...
–YES! SCIENCE WINS! AGAIN!
Sacré Kevin... dès qu'il s'agit de science, toujours le petit doigt sur la couture du pantalon.