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vendredi 6 mars 2015

Quantum of salade

Prologue

Nous avions réussi à semer les clowns du C.L.O.W.N., mais la Saxensix avait pris cher: les bricolages de Piotr étaient efficaces, mais ils avaient leurs limites. Nous parvînmes néanmoins péniblement à atteindre son garage. Sergueï examina rapidement le moteur, et son verdict sans appel tomba tel un couperet :
–Moteur cramé. Voiture caput.
–Ah. Flûte. C'est contrariant ça... Y a moyen de réparer Dimitri? Vous n'avez pas une turbine de fusée Korolev sous la main?
–Niet. Je déjà réparer culasse avec joint centrale nucléaire ukrainienne. Maintenant, culasse déformée. Dangereux. Je déjà commandé toupie béton pour couler Saxensix dans sarcophage. Je réussir récupérer autoradio. Vous vouloir lui?
–Euh oui, tant qu'à faire mais bon... je fais comment pour rentrer chez moi en attendant?
–Je prêter vous Twingo.

La Twingo de Vladimir.
–C'est ça que vous appelez une "twingo"? Je sais que c'est moche une twingo, mais quand même...
–Da. Ça Twingo. Je récuperer elle après empoisonnement polonium gros accident. Je remplacer moteur par réacteur MIG-21...
–Ah voui... vous avez même gardé les ailerons.
–Da. Pare-choc être avant venir Tupolev. Rétroviseur être périscope Koursk. Et carrosserie venir char T-34.
–Euh... et vous avez réussi à le faire repasser aux "Mines" avec tout ça? intervint Paul Bismuth.
–Da. Lui très bien passer mines.

–Non, je voulais parler du services des M...
–Bon ok c'est bon, interrompis-je Paul, on la prend pour le moment, il est déjà tard. J'en chercherai une plus adaptée à mes besoins après. Aller, en voiture Simone!
Nous déposâmes Paul à un arrêt de bus. Au moment de se quitter, il me demanda :
–Bon... et maintenant, vous allez faire quoi? Analyser le Big Clown que j'ai réussi à tirer? Il parait que ces trucs sont immortels! Imputrescibles! Ça doit être bourré de produits chimiques!
–Question : pourquoi vous vous êtes emmerdé à le chourer? On aurait pu juste en acheter un non?
–Euh... je... n'y avais pas pensé...
–Je vous aime bien Paul, mais franchement... bon, donc, vous, vous faites ce que vous voulez. Moi, je rentre me pieuter.

Deux semaines plus tard, alors que je profitais d'une journée de repos et que les gnomes étaient à l'école, on frappa à la porte. A peine eussé-je le temps d'ouvrir que Paul se faufilait à l'intérieur.
–Alors? Vous avez analysé le Big Clown?
–Non mais dites donc! Je ne vous ai pas invité à entrer!
Boulette (chien n°2) dut s'en rendre compte, car elle se jeta immédiatement sur lui et le... lécha consciencieusement. Ouaih. Bon. Elle ne s'était rendu compte de rien en fait, elle était juste contente d'avoir de la visite. Je la séparai avec difficulté de son nouveau jouet, un peu baveux à présent, et aidai ce dernier à se relever.
–Bon, franchement, votre burger, je l'ai foutu au fond d'un placard et je l'ai complètement zappé. Mais si ça peut vous faire plaisir on va y jeter un...
–Faire les courses, m'interrompit maman Koala. Vos âneries c'est bien gentil, mais il y a des choses sérieuses à faire dans la vraie vie des gens, comme par exemple refaire les réserves de chocolat. Et puisque vous êtes là tous les deux, vous allez m'aider à porter les sacs. Non mais.
–Mais...
–Schnell!!!
–A vos ordres fraülein!
Nous remontâmes donc dans la twingo d'Igor, et prîmes le chemin du supermarché. Les courses se déroulèrent sans encombres. Ça n'est que lorsque nous sortîmes de la grande surface, les sacs de courses remplis, que brusquement un individu entièrement vêtu d'une sorte de pyjama noir et masqué avec une espèce de cagoule bondit de derrière une poubelle de tri. Un ninja ou quelque chose du genre. Immédiatement, d'autres ninjas surgirent d'un peu partout. Ils dégainèrent des katanas d'une taille démesurée. Nous étions cernés...

Le ninja aime bien faire son kéké.

Maman Koala se serra contre moi. Je hélai les nouveaux venus :
–C'est  n'importe quoi la mode de nos jours. Oui? Vous voulez quoi ?
L'un d'entre eux me répondit :
–Mmh mhm mh mhmm hm mhmhmh! Mhmmhm-mhhm hm hmh mhmmh! Mhhhm!
–...
–Mhmhmmh mhm!
–Non, franchement... écoutez mon vieux, vous êtes bien gentil, mais avec votre chaussette sur la tête, on entrave que dalle! Faites un effort que diable!
Le ninja jeta un œil en direction d'un gros 4x4 aux vitres teintées, interrogeant probablement son chef, puis, hochant la tête, retira le bas de son masque révélant le visage d'un homme blanc, pourvu d'une superbe moustache... un truc de sapeur à vous couper le squeele!
–Bon sang! Mais vous êtes...

–Oui. Un occidental.
–Non. J'allais dire un sbire à moustache. Franchement, vous auriez pu nous épargner ce cliché moisi... mais vu qu'on a déjà eu droit au "ninja", je suppose qu'on n'est plus à ça près... Bon, vous disiez?
–Euh... On est là pour le burger! Remettez-nous le Big Clown sans résistance, et tout ira bien! sinon...
Le ninja passa lentement le pouce sur sa gorge, pour nous signifier ce qui nous attendait en cas de refus. Cette fois, c'était mal engagé. Et c'est le moment que choisit Paul pour leur lancer :
–Jamais! Vous ne savez pas qui est cet homme, dit-il en me désignant : il s'appelle Hérisson! Papa Hérisson! Vous allez dérouiller sévère les mecs!
–Punaise Paul! l'apostrophai-je. Ils sont un peu nombreux et un peu armés avec des armes en mousse là quand même... J'ai pas mon Patator® avec moi, et votre Big Clown là, on s'en tamponne vaguement le crustacé avec une patte d'alligator femelle! Vous ne pouviez pas fermer votre mouille?

–Je... euh...
Trop tard : les ninjas se précipitaient sur nous! Un sac de courses vola, éjectant les tablettes de chocolat qu'il contenait...




La dernière fois, on a causé frites. En toute logique, nous allons aborder aujourd'hui la question du Gros Mac.
Non, pas celui-là.

Car s'il est un plat emblématique des fast-foods, c'est bien le hamburger, dont le Gros Mac est le symbole par excellence. Enfin excellence... façon de parler. Bon, si on s'en tient aux ingrédients affichés (du pain, salade, tomate, cornichon, fromage pour les cheeseburgers, viande de poulet ou de bœuf, ou poisson), on pourrait penser que ce plat est relativement équilibré et complet. Bien sur, ça ne sera pas l'avis des anti-gluten (à cause du pain principalement) et des veg-(étariens, -ans) pour qui la viande voire le fromage sont à proscrire. Notons du reste qu'il existe des burgers végétariens plutôt savoureux, comme ceux proposés dans les Very Fresh de Pascal Favre d'Anne, mais là n'est pas le sujet...

L'un des principaux problèmes du burger, du moins de celui qu'on trouve dans la plupart des chaînes de restauration rapide, c'est sa charge calorique : environ une attaque cardiaque à chaque bouchée. Car certes, il y a du pain, mais généralement du pain dit "bun", bourré de sucre. Ok il y a de la salade, de la tomate et des cornichons, mais pas beaucoup. Juste un pouyem. D'accord il y a de la viande, mais de la viande hachée, issue de l'agriculture intensive (ne rêvez pas) et donc copieusement garnie de gras, mais aussi et surtout de pesticides, d'antibiotiques, etc... Et le tout accompagné de force ketchup (tomate concentrée et sucre), mayo (moutarde, oeuf, matière grasse, additifs divers... et sucre. Si si, je vous promets.), sauce secrète-de-la-mort-qui-tue-que-la-CIA-elle-est-verte-de-jalousie (ingrédients secrets donc... mais je vous fiche mon billet que l'un d'entre eux est du sucre... ou du moins du glucose. Ou pire, du sirop de glucose-fructose également appelé sucre  inverti, qui est une vraie saloperie. Je vous en reparlerai à l'occasion.).

Et puis il y a bien évidemment tous les additifs (autorisés bien sûr) classiques de l'industrie alimentaire : exhausteurs de goût, arômes artificiels ou naturels, glutamate (encore une belle cochonnerie dont les industriels abusent, car cela améliore l’appétence des aliments et diminue la sensation de satiété : donc tu consommes plus) , sel, conservateurs...
Sympa non?
Tiens, d'ailleurs, en parlant des conservateurs d'ailleurs, ça fait un peu polémique ça. Sans doute avez-vous vu passer cette rumeur d'un burger retrouvé intact après plusieurs années? Mais on entend aussi régulièrement parler d'expériences sur plusieurs semaines afin d'observer la dégradation d'un burger. En cherchant un peu, on trouve d'ailleurs cette video :


Du coup, esprit scientifique oblige, je me suis senti obligé de vérifier (au moins partiellement) cette info : les burgers de Mac Diabète® sont-ils vraiment immortels? Je me suis donc procuré un Gros Mac (un Big Clown si vous préférez) afin de faire l'expérience (certes pas dans des conditions rigoureuses, mais on va dire que ça ira pour une observation basique).

Jour 0
Franchement, presque...

Première constatation : ça ressemble à la photo de la pub... en un peu moins bien quand même. Sur la pub, le steak est gros et débord bien du pain bun, dans la réalité, deux micro-steaks sont perdus au milieu des pains et ont semé des grains de sésame pour retrouver leur chemin. Sur les photos promo, la salade est discrète et semble croquante. Dans la réalité un quantum de salade (un peu plus verte toutefois) sous forme de lanières cherche à fuir une flaque de sauce graisseuse et sucrée.
Deuxième constatation : la pub est trompeuse. On voit toujours ces burgers en gros plan, magnifiés, énormes et rebondis, comme ceci :
Astuce de photographe : utiliser une perspective trompeuse. Ici le burger est au premier plan pour paraître plus gros.

On a l'impression d'un truc énorme, renforcé par le nom donné : "Big Clown". On s'imagine un truc comme ça :
Miam, on va se faire péter le bide!

Sauf qu'en réalité on a un truc comme ça :
♫♪ Prendre un burger par la main...♪♫

Plutôt riquiqui hein? Notez : vu déjà la charge calorique du bouzin, plus proche de celle d'une bombe au napalm lâchée sur Hô-Chi-Minh-Ville que de celle d'un sandwich, c'est sans doute préférable.
Le Gros Mac : une attaque cardiaque à chaque bouchée.
Pour rappel, les besoins caloriques moyen d'un être humain moyen sont :
  • pour un homme : environ 2500kcal par jour
  • pour une femme : environ 2000kcal par jour
Comme on le voit, le Gros Mac apporte à lui seul entre un cinquième et un quart de l'apport calorique quotidien. A lui seul. Sauf que seul... il l'est rarement. Car tel le porte-avion Charles de Gaulle parti faire une réunion tupperware au proche orient pour vendre des Rafales la guerre au terrorisme, ou DSK en conférence à Lille le Gros Mac ne se promène jamais sans sa flotte d'escorte :
  • frites
  • boisson au cola
  • sauce
  • dessert (optionnel)
Et tout cela mit bout à bout commence à compter.

D'accord, me direz-vous, mais rien n'oblige à prendre un menu aussi conséquent. C'est un choix du client.

Oui, sauf que... non, pas tout à fait. Le problème de ce type de nourriture, c'est qu'elle ne tient pas bien au ventre. C'est partiellement dû au fait que, comme son nom l'indique, le "fast-food" est mangé rapidement. Du reste sa charge en glucides, et particulièrement en sucres dit rapides, fait que la sensation de satiété (le signal de l'estomac qui dit "a pu faim, c'est bon!") qui devrait se déclencher après un repas aussi "riche" ne fonctionne pas bien. Conséquence : vous avez tendance à commander des portions plus importantes (sur la base de "La dernière fois, j'avais encore faim après mon menu Triple Pontage!"). Du coup, petit calcul rapide de l'apport calorique, en se basant sur les chiffres disponibles sur le site de Mac Diabète® :
  • Gros Mac : 509kcal (42g de glucides, dont presque 9g de sucre tout de même)
  • Grande Frite : 448kcal (55g de glucides tout de même... bin oui, la patate...)
  • Sauce ketchup : 13kcal (2,9g de glucides, dont 2,4g de sucre pour environ 6g... pas mal)
  • Caca Colé® 50cl : 210kcal (dont 27g de sucre...)
  • Crème glacée nappée de chocolat : 330kcal (41g de sucre. Que vous dire...)
Soit un total de 1510kcal, c'est à dire 60% de l'apport quotidien pour un homme, 75% pour une femme. Notez que cela représente aussi environ 170g de glucides, et pas les meilleurs qui soient... ainsi que près de 4g de sel (à supposer que vous n'en rajoutiez pas sur les frites), soit la moitié de l'apport quotidien recommandé (déjà élevé selon moi) : autant dire que les hypertendus n'ont pas intérêt à abuser du Mac Diabète®.

A titre de comparaison, 100g de Gros Mac représentent 232kcal, ce qui est plus que 100g de cassoulet (136kcal) ou de pot-au-feu (72kcal), ces plats réputés légers et pas bourratifs.

Bref, tout cela ne laisse guère de place pour un solide petit déjeuner ou un diner ne serait-ce que normal. Mais comme ce menu sera très vite "digéré", vous aurez quand même faim, et du coup il est probable que vous dépassiez allègrement l'apport recommandé au final.

Quoi qu'il en soit, observons l'évolution du bidule :

Jour 1
Bon. L'odeur n'a pas changé. Le truc semble intacte (ok, un peu de traviole à force d'être manipulé).
Wesh!

Jour 2
Idem.
Tac-tac t'as vu?

Jour 3
Idem.
Bien ou bien?

Jour 5
Idem. Bon, la salade commence à faire un peu la gueule. Notons tout de même que si je prends une salade bio chez mon primeur et que je la laisse comme ça à l'air libre, c'est pas 5 jours que ça prendra avant qu'elle tire la tronche.
En forme, chaud, mais pas fatigué!

Jour 7
Idem. Hein? Idem? Dans ma cuisine humide? Bin oui. Le Big Clown, lui, est en pleine forme.
Et ouaih. La classe man!

Jour 10
Ah... ah... on aperçois un vague début d'embryon de moisissure. Si si, regardez bien : là! Notons toutefois qu'à l'odeur, c'est toujours nickel. Pas la moindre trace de putréfaction.
Zyva c'est bon, lâche moi! C'est un peu d’acné quoi!
Jour 12
La moisissure s'étend, tout doucement. Toujours aucun odeur de charogne. Si si, ce produit contient de la viande, je vous assure.
C'est bon oui? D'où que tu me traite de "charogne"? Tu vas mourir toi!

Jour 14
C'est de pire en pire. Ça a mit du temps à commencer, mais maintenant, la déchéance semble inéxorable. Notons toutefois que si une légère odeur de champignon commence à flotter, il n'y a en revanche toujours aucune odeur de putréfaction. Et ouaih.
C'est bon, j'me tire, c'est moisi ici! Ta mère!

Conclusion
La vidéo du dessus, qui se joue sur 30 jours, est sans doute véridique dans la mesure ou ils enferment leurs burgers dans des bocaux : l'évolution des produits dépend manifestement pas mal des conditions ambiantes.

Le placard de cuisine où j'ai entreposé le mien est réputé pour sa capacité à faire moisir des biscuits secs en quelques jours, et le Gros Mac ne fait pas exception. Au temps pour le mythe du burger imputrescible donc. Mais ceci étant, le Gros Mac résiste quand même étonnamment bien : 10 jours tout de même pour un début de moisissure, et aucune odeur de charogne à 14 jours révolus. Ce qui est plutôt flippant si on y réfléchit : si ce truc ne se dégrade pas à l'air libre, je ne suis pas persuadé que votre microbiote intestinal le trouve particulièrement assimilable...

Bien sûr, il conviendrait de refaire les test à plusieurs reprises, et sur différentes marques, mais financièrement cela m'était difficile, et je manque de place pour entreposer tout ça. En outre, il aurait fallu faire ça dans des conditions de labo, avec mesure de l'hygrométrie, de la température, etc... Mais cette observation basique permet tout de même de conclure que le Gros Mac ne se dégrade pas rapidement. Pour autant, ça n'est tout de même pas un burger immortel comme certains le prétendent. Je dirais plutôt mort-vivant...


Épilogue
Trop tard : les ninjas se précipitaient sur nous! Un sac de courses vola, éjectant les tablettes de chocolat qu'il contenait, lorsque l'un des ninjas se prit les pieds dedans... Le visage de maman Koala se décomposa :
NOOOOOOOOOOOOOOoooooooooooooon!
Le choco! Bande de saligauds!
Je chopai immédiatement Paul par le col, pour nous abriter dans un petit hangar à caddies.
–Mais... euh... vous laissez maman Koala seule contre ces assassins? s'étonna Paul.
–Croyez-moi, c'est vraiment pas le moment de se mettre en travers de sa route. Dans cet état, elle ne distingue plus amis et ennemis... répondis-je. Ils n'auraient pas dû shooter dans les chocos..
"Chocolaaaaaaaaaaat!"
Le combat fut aussi bref qu'intense. Les ninjas et leurs katanas géants en latex n'avaient aucune chance. Et tandis que maman Koala se calmait en ramassant les tablettes de chocolat, je m'approchai du 4x4 aux vitres teintées en piétinant leurs corps désarticulés les mannequins en mousse qui jonchaient le sol. Décidément, cette suite était bien fauchée... La voiture tenta de démarrer brusquement. Trop brusquement. Le conducteur cala, puis noya le moteur en tentant de remettre le contact. Je frappai à la vitre : la portière s'ouvrit, livrant le passage à...
Christophe Lambert!
–Christophe Lambert? Bon sang... mais... ça vous prend souvent d'envoyer des ninjas moustachus incompétents aux gens pour leur truander leurs burgers?
–Hin hin... pardon! Oui ils ne sont pas très doués je sais. Mais bon, ils ont appris leur art sur un tuto en ligne.
–Non, c'était pas ma question... pourquoi vouloir nous carotter le Big Clown?
–Bin, parce que c'est un burger immortel tient! Et qu'il ne peut en rester qu'un...
♪♫ Here we are, Born to be kings,
We're the princes of the universe ♪ ♫
–Je... Sérieusement?
–Oui.
–C'est moi ou c'est juste complètement con? Vous ne confondriez pas Mac Diabète® et Mac Leod par hasard?
–Dites donc...
–Bon alors déjà, petit un : votre burger là, il est pas immortel. Il a carrément moisi dans mon placard.
–Ah... merde...
–Et petit deux : si en vouliez tellement un, pourquoi venir me baver sur les rouleaux? Vous pouviez aller en acheter un dans un Mac Diabète®!
–Je... n'y ai pas pensé.
–Pffff. Si vous tenez tant que ça à manger un bon hamburger, venez donc à la maison. Je vais vous en préparer un dont vous me direz des nouvelles.
–Ah... euh? Sérieux?
–Oui, pas le choix : c'est une trilogie. Il faut bien un pitch pour la suite. Par contre je m'inquiète un peu...
–À quel sujet?
–Sans vouloir vous vexer : une première suite avec Christophe Lambert, des ninjas et des mannequins en mousse... c'est un coup à se retrouver avec Frédéric Diefenthal, Lorie et des effets spéciaux en CGI moisies dans le troisième opus...


A suivre...


P.S. : si jamais tu me lis, en vrai je t'adore Christophe. Même quand tu joues comme une patate dans des gros nanards qui tâchent. Surtout, change rien, je te kiffe!

lundi 20 octobre 2014

Walking scared : l'invasion des maux des vivants

Prologue

C'était arrivé insidieusement, sans que l'on se rende compte vraiment du moment ou tout avait basculé. Certains nous avaient averti du danger... on les avait traité de fous. Et pourtant... Au début, il n'y avait eu que quelques cas... mais ils s'étaient vite multipliés. Dépourvus de la moindre intelligence, leur propagation était quasi virale. N'importe qui pouvait être touché : de simples inconnus, des voisins, des proches même, nul n'était à l'abri. Votre meilleur ami pouvait soudain succomber à son tour, propageant la terreur à son tour : l'invasion avait commencé, et on ne pourrait plus l'arrêter.

Comme on le voit, la progression est implacable...

–Tu... tu vas sortir??! Tu n'as pas peur de la contagion?
–Je sais oui. Mais... il faut bien qu'on mange! On ne tiendra pas éternellement sur nos réserves!
–Je le sais bien mais... ils sont partout, ils sont si nombreux... On les voit passer parfois, le regard vide, la tête penchée, la démarche erratique! Tu ne peux pas prendre le risque de laisser entrer ça chez nous!
–Je serai prudent, t'inquiète, ils ne m'auront pas! Tu me connais, je sais me défendre : je ne suis pas décérébré moi! Au pire, j'ai une pelle dans le coffre de la voiture, ah ah ah!
Maman Koala esquissa un sourire forcé qui peinait à masquer son inquiétude. Je l'embrassai, la serrai dans mes bras, et sorti en refermant consciencieusement derrière moi.
Toujours viser la tête : c'est là que se trouve le problème.

 A cet instant, un bruit dans la rue me fit sursauter. Une silhouette vaguement humanoïde, vacillante s'avançait avec difficulté. Elle émit une sorte de grognement, puis une espèce de râle inhumain, tandis que des fluides non identifiés se répandaient au sol. S'approchant de moi, la créature au regard vitreux agita sa main dans ma direction. J'étais pétrifié, trop tard pour lui échapper :

–Teuheu... teuheu... *xnirf*... Rhaaa, fichue grippe, articula péniblement mon voisin. Ça va la petite famille? *xnirf*
–Ça va, ça va, enfin mieux que vous apparemment, répondis-je.
L'homme étouffa un éternuement dans son mouchoir.
–*xnirf* Rhaaa oui, m'en parlez pas ce fichu vaccin contre la grippe n'a pas marché *teuheu* Je suis malade comme un chien.
–Moui... vous feriez mieux de vous mettre au chaud dans votre lit et de vous reposer.
–*teuheu* C'est ce que je vais faire, je reviens de la pharmacie avec mes médocs. Allez, bonne journée! *Reuuuu, teuheu*


Le voisin s'éloignait d'un pas chancelant, mais une autre silhouette venait d'entrer dans mon champ de vision : tête penchée, démarche mécanique, regard vide... c'était l'un d'entre eux à l'évidence. Il s'agissait de Kevin, le fils d'un autre voisin. Peste soit de cette maudite épidémie! Marchant tel un zombie, l'esprit ailleurs et les doigts pianotant frénétiquement sur son smartphone,  il me croisa sans même me jeter un regard, occupé à Touïter je ne sais quelle futilité. Un lolcat dans le meilleur des cas. Ouf!

M'enfermant dans l'habitacle de ma voiture, je nettoyai immédiatement mes mains à l'aide d'un gel hydroalcoolique : dérisoire barrière contre les nombreux germes omniprésents en cette saison. Insérant la clé de contact, j'allumai le moteur. Immédiatement, l'autoradio se mis à crachoter :
 

#... nistre de la santé : un premier cas suspect du virus en France. Dans quelques minutes, nous allons poser la question à notre spécialiste santé, Jean-Daniel Faipachier : est-ce qu'on va tous crever? En tout cas, la jeune femme suspectée d'être atteinte du virus Ebol...#

Je coupai précipitamment le son! C'était limite : j'avais été négligent, imprudent, j'avais failli être atteint. Contaminé moi aussi par la psychose ambiante, aussi stupide qu'irrationnelle, qui s'était emparée des médias au sujet du virus Ebola. Déjà, on voyait partout ces abrutis marchant le regard vide et la tête penchée sur leur smartphone, en train de multiplier les Touïtes répandant leur trouille dans le monde entier. Se demandant si Ebola n'était pas le virus de la fin du monde
, en émettant des petits bruits de pets liquides. Et pourquoi pas le prélude à une apocalypse zombie pendant qu'on y était? Rhaaaa! Heureusement que la frousse n'est pas vecteur de contagion : la moitié de la population mondiale y serait déjà passé. Je changeai la station de radio pour passer sur Mélancolie FM. Un peu de musique de vieux l'ancienne génération me changera les idées.

#...♫♪ Je suis malaaaaaadeuh... complètement malaaaaaaadeuh♪♫...#


Et merde.


Et oui, comme le montre donc la carte un peu plus haut : les Touïtes® paniqués au sujet d'Ebola (et plus généralement de toute épidémie plus ou moins médiatique) progressent considérablement plus vite que la maladie elle-même. Songez qu'on n'a même pas encore un seul cas autochtone en France à l'heure où j'écris ces lignes. Il est donc prouvé que la connerie est contagieuse, et que son vecteur est Touïteur®. Soyons clairs :  je ne dis pas qu'Ebola n'est pas dangereux hein, juste que pour le moment la maladie est circonscrite à une certaine région du monde, dans laquelle il a fait moins de morts que les accidents de la route ou le tabac dans notre pays. Du reste, les conditions de soins, de vie, de santé, de contrôle de la contamination (etc...) ne sont pas les mêmes. Mais que voulez-vous : les maladies font peur, car on ne comprend pas comment elles tuent, comment elles se transmettent. La plupart des gens ignore comment elles fonctionnent. Heureusement, papa Hérisson est là pour partager son ignorance ses recherches son savoir avec vous.

La dernière fois on a causé système immunitaire (souvenez-vous : Ramón et son escouade de la BAC). Mais dans le cadre de ce dossier "vaccins", il va bien falloir qu'on s'intéresse aussi à la racine du mal : la maladie elle-même. Ce qui tombe fort bien puisqu'une nouvelle fois, l'actualité me rattrape, tel le curé avec l'enfant de cœur.

Et là encore comme vous allez vous en rendre compte, le sujet est vaste. Alors oui, je sais on va encore me reprocher d'en écrire une tartine, et je vous l'accorde : le dernier billet était touffu (et celui-ci ne le sera guère moins). Mais soyons honnête : si j'ai tendance à écrire au kilomètre, ramené à une version imprimée mon texte n'était guère épais.

Je vous laisse méditer ce subtil calembour.






Fin de la récréation.

Bon, quand on parle de maladie, on pense tout de suite "microbe" basiquement. Ou cancer si on lit doctissimaux. A la limite, si on a retenu quelques notions de ses cours de SVT au collège/lycée, on se souviendra vaguement de trucs comme "bactérie" ou "virus", mais tout ça n'est pas forcément bien clair. Je vais donc essayer d'y remédier.

Alors bon, on ne va pas faire un résumé de chaque maladie existante, y a pas écrit "wikipédia" (ni doctissimaux) dans l'intitulé de ce magnifique blog :
  1. mon but n'est pas de faire ici un manuel de médecine, juste de poser certaines bases utiles
  2. sinon on va encore me reprocher de faire trop long
Et je vais essayer de ne pas dire trop de bêtises, car apparemment je suis lu (aussi) par des biologistes, des microbiologistes, des naturopathes (comme maman Koala par exemple).

    Préambule liminaire (mais indispensable) : les cellules

    Bon, déjà, il va falloir que je pose certaines bases : tout organisme vivant complexe (oui, même le vôtre sera qualifié de complexe, bien que vous regardiez parfois TF1) est composé d'un assemblage de cellules. Mais c'est quoi au juste une "cellule" ? Celui qui vient de me répondre que c'est l'endroit où on met les criminels vient de perdre son droit à la qualification de complexe.

    Et bien si vous étiez un Légo par exemple, la cellule représenterait la petite brique de base servant à fabriquer votre corps.

    Il en existe de différentes sortes, avec différentes fonctions, comme les meubles en kit de marque Iaveka™.
    Bon, évidemment, chez certains on se rend compte que la notice de montage a été mal traduite hein...
    Il y a un carton d'emballage une membrane, les morceaux de meuble le cytoplasme,la notice de montage en français traduit du suédois par Gogole™ Translator l'ADN. Si les meubles cellules sont de modèle Prokariöt Procaryote, la notice est en vrac dans la boite et les clés de montage sont rarement fournies l'ADN est libre dans le cytoplasme qui ne contient généralement aucun organite. Si c'est un modèle Eukariöt Eucaryote, plus cher, la notice de montage est placée dans un sachet et la clé de montage est fournie ainsi que des vis en rab' l'ADN est à l'abri dans un noyau et le cytoplasme contient aussi des organites tels que les mitochondries. Dans votre organisme, ce sont des cellules eucaryotes, parce que vous le valez bien.

    Ces cellules sont un peu comme vous : elles vivent, se reproduisent (par mitose, c'est à dire en se divisant), et meurent (on appelle ça l'apoptose).
    Et ainsi de suite...

     Ces bases étant posées, entrons dans le vif du sujet avec...



    1. Les bactéries


    Ce sont aussi des meubles Iaveka® cellules. Assez semblables à celle de votre organisme en fait, sauf que les vôtres sont des modèles de luxe Eukariöt eucaryotes, alors que les bactéries sont plutôt des cellules low cost Prokariöt procaryotes.

    Tout comme vos propres cellules, les chômeurs de Paul Emploi, ou les affaires judiciaires dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, les bactéries se multiplient donc par mitose. Il existe grosso modo deux grandes familles de bactéries selon le design choisi :

    ►en forme de testiboule d'abat-jour modèle Etwøalnwår, ce sont des "Coques" (streptocoquesstaphylocoquescoques à cola, etc...)
    ♫ Rond comme un ballon, et plus jaune qu'un citron...♪
    ►en forme de bibite lampe de chevet modèle Røkøsifredï, ce sont les "bacilles" (bacille de Yersindu charbonde Kochprise de la bacille, etc...)
    Un objet de goût.

    La grosse majorité des bactéries est sans danger (non pathogène). La plupart d'entre elles n'a d'ailleurs pas d’interactions particulières avec l'homme. Beaucoup d'autres interagissent, mais sont toutefois parfaitement intégrées à l'organisme humain. En effet, tel le brave travailleur immigré qui bosse comme éboueur, beaucoup de bactéries vivent en parfaite harmonie avec notre corps et son système policier immunitaire au sein du système digestif. Elles bossent dur, font 2,1 millions d'enfants, produisent de la richesse des vitamines, des micro-nutriments et de l'énergie, paient leurs impôts soutiennent activement le système immunitaire, et nettoient les ordures dégradent certains aliments non digestibles en vue de leur évacuation par le rectum. Notons tout de même qu'il peut arriver que certaines de ces bactéries (mal intégrées certainement), se mettent à dealer du shit, à rouler en Mercedes et à foutre la zone se multiplier de façon anarchique et deviennent pathogènes, comme par exemple Escherichia coli. Ces bactéries appartiennent au microbiote intestinal. On parle aussi de flore intestinale.

    Oui, la flore, pas la faune. Non les bactéries ne sont pas des végétaux mais bien des animaux. Mais les biologistes sont de grands déconneurs : ça c'est un peu l'équivalent en biologie de cette blague tordante au sujet du fou qui repeint son plafond.

    Ce microbiote intestinal est loin d'être anecdotique : il contient plus de bactéries que notre corps n'a de cellules, avec une variété de souches phénoménale. D'après de récentes études, son rôle est essentiel dans le système immunitaire. En outre, ce microbiote semble avoir des échanges privilégiés avec le système nerveux entérique. Késako me direz-vous? Et bien, sachez que des neurones (cellules du cerveau... les cellules qui cogitent quoi) on n'en trouve pas que dans le cerveau justement, mais aussi un bon paquet au niveau du système digestif, histoire de gérer ce joyeux bordel qu'est la digestion. A titre de comparaison, on estime à 200 millions le nombre de neurones de cette zone (à peine 1000 fois moins que le cerveau humain, et équivalent à celui d'un chat par exemple).

    Et ce "deuxième cerveau" semble jouer un rôle non négligeable dans la production de certains neurotransmetteurs (l'équivalent de Touïteur® pour vos neurones) tels que la sérotonine (qui joue un rôle clé dans les émotions telles que la peur, la colère, l'angoisse, le stress...). Or des expériences menées sur des souris montrent que l'échange de leurs microbiotes influe sur leurs réactions face au stress et donc sur certaines de leur capacités. L'expression "en avoir dans les tripes" prend donc un tout autre sens...

    Du coup, la diversité des bactéries de la flore intestinale (et leur état de santé) peut jouer sur certains états émotionnels, mais également sur l'apparition de certaines maladies telles que l'asthme. Oui, oui, on parle bien des minuscules bestioles qu'on a dans le colon, celles qui pataugent à longueur de journée dans la m... Bref, c'est donc bien dans le besoin qu'on reconnait ses amis.
    Et bin on n'est pas dans la merde...

    A titre d'information messieurs, aucune étude ne prouve à ce jour que vous avez des neurones au niveau de la kikoutte. Donc si vous pouviez cesser de penser avec votre b... ça serait pas mal.


    Revenons à nos moutons. Une bactérie pathogène par contre, c'est un peu comme un milliardaire étranger sans scrupule, qui méprise les normes environnementales, et le code du travail. Elle installe une succursale dans l'organisme, capte une partie des subventions publiques nutriments, multiplie ses usines polluantes colonies (au détriment de son voisinage) et s’essuie les pieds sur le code du travail oblige les organes à travailler dans des conditions déplorables.
    Ces bactéries nuisent à l'organisme de plusieurs façons :
    ►elles privent vos cellules d'une partie de leurs sources de revenus en pratiquant le dumping social nutriments
    ►elles font de la déforestation et détruisent des bâtiments classés au patrimoine émettent parfois des substances lytiques qui endommagent les tissus (pour faire de la place et se balader où elles veulent)
    ►elles polluent l'environnement en émettant un rire sardonique et en pissant à la raie des lois environnementales libèrent souvent des toxines qui nuisent, parfois gravement, à l'organisme (ex : toxine tétanique, toxine botulique, toxine diphtérique, ...)
    "Oh c'est bon hein... ces connards d'écolos de globules blancs ne vont pas nous casser les couilles antigènes pour quelques toxines!"
    Toutes les bactéries portent sur leur membrane des badges professionnels antigènes assez spécifiques, qui permettent de les identifier et de les caractériser. Du coup, le but des vaccins est de tenter de filer à vos défenses immunitaires les infos sur ces badges antigènes, pour que les bactéries soient ciblées par la brigade financière par Ramón dès leur arrivée.

    Notons que les bactéries sont généralement sensibles aux fameuses class action (actions groupées en justice) qui les font cracher au bassinet fameux antibiotiques (anti = anti + bio = vie, donc ► anti-vie), qui permettent de les tuer ou de les affaiblir. Mais primo, les antibiotiques c'est pas automatique c'est un peu comme les milices d'extrême droite : ça ne s'attaque pas qu'aux racailles des cités, ça tue aussi les braves bactéries honnêtes et bien intégrées à votre tube digestif, ce qui est vaguement fâcheux tant ces bactéries là sont bien utiles. Et secundo, les racailles, elles, sont de plus en plus résistantes à ces antibiotiques justement, ce qui fait que ça revient à pisser dans un violon.
    T'es sous antibiotique? Non? Bon bin t'es pas malade.
    Face au développement de souches bactériennes multirésistantes aux antibiotiques, l'une des voies les plus prometteuses est probablement la phagothérapie, mettant en jeu... des virus.



    2. Les virus


    Contrairement aux bactéries, les virus ne sont pas des cellules. En fait, certains biologistes hésitent même à les considérer véritablement comme des êtres vivants, un peu comme Justin Bieber.

    A l'image d'un mauvais bouquin de Bernard Henri Levy livré par Melazon™ dans une enveloppe de papier bulle, les virus sont juste constitués d'un fragment d'ADN ou d'ARN, encapsulé dans une coque de protéines : ce fragment étant juste la notice de montage du virus lui-même. Oui, le virus est du genre égocentrique. Il existe de grandes variétés de virus aux formes diverses : en bouboule, en bibite, en ressort, en module lunaire...
    La grande variété des virus.

    Le virus est un parasite : il ne peut se reproduire seul. Tel le Dom Juan de sites de rencontres, il va draguer de braves cellules sans méfiance lors de speed dating foireux, mettre un peu de GHB dans leur verre, les suivre chez elles, et en profitant de leur état second les mettre en cloque lors d'une étreinte aussi brève que peu romantique, avant de les abandonner là comme des merdes, enceintes et amnésiques. En plein déni de grossesse. Quelques temps après, elles donneront naissance à toute une tripotée de bébé virus avant de mourir (brisée par le chagrin certainement... ou par l'accouchement brutal sur le carrelage de la salle de bain peut être). A leur tour, les bébés virus deviendront de vils séducteurs de site de rencontre, et ainsi de suite...
    Résumé du fonctionnement de Meeto™
    Mais alors... tous les virus sont de gros enfoirés de machos violeurs et coureurs de jupons? Techniquement oui (puisqu'ils ne peuvent se reproduire autrement). Mais tous ne s'attaquent pas aux cellules humaines. Beaucoup de gros enfoirés de machos coureurs de jupons s'attaquent aux cellules animales ou végétales, et uniquement à celles-là. Il peut cependant arriver ponctuellement que certains virus s'attaquent à plusieurs espèces, ou passent d'une espèce à une autre : on pense que c'est le cas d'Ebola, du VIH, ou encore du SV40.

    Et du coup, certains virus ont la particularité d'affecter... les bactéries (qui sont des cellules après tout). On appelle ces virus bactériophages ("mangeurs de bactéries"), ou juste phages. Ces braves phages sont donc très intéressants pour tenter de lutter contre des bactéries pathogènes devenues résistantes aux antibiotiques.

    Intérêt : la phagothérapie (comme on a baptisé cette technique) est peu chère en termes de recherche, et difficilement brevetable (donc libre de droits). De plus si la bactérie s'adapte, le phage fera de même tôt ou tard (évolution conjointe), donc aucun risque de se retrouver, comme pour les antibiotiques, avec un médicament qui ne marche plus. De plus, les phages n'ont pas d'effet secondaire, comme par exemple flinguer les bactéries amies du tube digestif.

    Inconvénient :la phagothérapie (comme on appelle cette technique) est peu chère en termes de recherche, et difficilement brevetable (donc libre de droits). Et du coup les labos ne se précipitent pas pour la développer, vu que ça leur rapportera des clopinettes.
    Virus contre bactérie, que le meilleur gagne.
    Les antibiotiques sont sans effet sur les virus. Il existe bien quelques antiviraux (et antirétroviraux pour les virus à ARN) mais ils sont en général spécifiques, et rarement sans effets secondaires. La meilleure parade contre les virus reste encore de disposer (ou développer) des anticorps spécifiques qui reconnaissent les antigènes se trouvant sur la coquille du virus. C'est ce que propose de faire un vaccin au final. Notons toutefois que même correctement vaccinée (c'est à dire avec des anticorps qui se développent), une personne dont le système immunitaire est affaibli reste vulnérable. Le mieux est donc d'avoir une bonne hygiène de vie (éviter tabac, alcool, drogue, politique, émissions de téléréalité...) et une alimentation saine et variée de sorte que Ramón pète la forme.

    Notez la fourberie de certains virus comme celui du VIH, qui s'attaque justement à ce brave Ramón le lymphocyte T, l'empêchant ainsi de produire ces fameux anticorps, et plus généralement de faire son boulot en maravant les bactéries et les autres virus connus (puisque le lymphocyte T est la mémoire du système immunitaire justement). Un tueur de flic en somme.

    En outre, certains virus sont soupçonnés de provoquer (ou du moins de favoriser) certains cancers. C'est par exemple le cas de certaines souches de papillomavirus humain.



    3. les cancers


    Natifs du deuxième décan, si vous avez Pluton dans la Balance, vous allez douiller. Si si. Ils le disent sur doctissimaux : vous avez un cancer. Ou une leucémie. Oui, avec doctissimaux, même si vos symptômes se résument à une simple diarrhée un lendemain de bringue impliquant de la bouffe chinoise douteuse, de la bière tiède et des poppers : c'est un cancer.

    Le cancer, c'est une maladie où l'ennemi vient de l'intérieur : vos propres cellules se mettent à déconner sévère. Les causes peuvent être variées : mutation spontanée, radiations, substance toxique, virus, etc... Mais le résultat est toujours le même : une cellule tout ce qu'il y a de plus normale, se met à ricaner bêtement et à devenir immortelle. Là logiquement, elle revêt un grand imperméable et brandit une épée à tout bout de champ elle commence à se multiplier comme les trolls sur un Touït de Nadine Morano, bouffant toute la place et les ressources disponibles, jusqu'à ce que l'organisme meure. Ou devienne devienne un manga culte (mais c'est rare).
    Hin hin!

    Ça n'est pas pour rien que le cancer est redouté : il est notoirement difficile à soigner. En temps normal, des cellules cancéreuses apparaissent un peu tout le temps (mutations spontanées, exposition légère à des toxiques divers et variés, lecture de doctissimaux...), et en général, Ramón le globule blanc leur met un Quickening dans la tronche aussi sec. Mais pour peu que Ramón soit un peu faiblard, ou débordé, il peut ne plus faire face. Et les cellules cancéreuses se multiplient alors, pouvant aller jusqu'à essaimer un peu partout dans l'organisme (métastase). Et dans ce cas, ça sent un peu le sapin pour vous. Pour l'instant, les meilleures solutions proposées par la médecine consistent à :
    1. faire une ablation de la tumeur via une opération chirurgicale : on coupe ce qui dépasse. Également baptisée méthode Louis XVI.
    2. effectuer une chimiothérapie : une sorte de blitzkrieg médicamenteux, en mode "terre brûlée", puisque ça zigouille aussi bien les cellules saines que les cellules cancéreuses. J'appelle ça la méthode "Cathare".
    3. faire une radiothérapie : version médicale de l'attaque nucléaire tactique consistant à balancer des radiations sur la tumeur pour zigouiller les cellules cancéreuses. C'est tout à fait sans danger puisqu'il est bien connu que les radiations n'ont absolument pas tendance à induire des cancers. C'est la méthode dite du "Nuclear Winter".
    "On a une nouvelle technique thérapeutique en phase de test là... ça vous tente? Bon, ça va piquer un peu..."

    Bon, il y a bien des pistes de recherches qui existent pour développer des médicaments nouveaux, les cellules cancéreuses ayant certaines caractéristiques particulières. Par exemple, il semblerait que ces cellules n'utilisent plus leur mitochondries (à supposer qu'elles en disposent encore), et qu'elles produisent leur énergie par fermentation au lieu de respirer. Apparemment, certains régimes alimentaires (ou des diètes ciblées) donneraient des résultats intéressants, ou du moins favoriseraient l'effet des thérapies.

    Sinon, vous pouvez toujours tenter de faire appel au professeur Mamadou.
    Si ça se trouve, il soigne ton cancer et fait un défrag' en même temps.


    Epilogue

    #... ♫♪ J'ai la rate qui se dilate, j'ai le foie qu'est pas droit, j'ai le ventre qui se rentre...♪♫...#

    Rhaaaa! C'est un complot... changeons de station...

    #... ♫♪ Saturday night fever...♪♫...#

    On va tous creveeeeeeeeeeeeeeeeeer!






    Le début : ici