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vendredi 27 mai 2016

mercredi 12 novembre 2014

Le fantôme de l'Opéra(tion grippe A) – partie 2

Résumé des épisodes précédents

L'ami L'informateur La vague connaissance de papa Hérisson, Paul Bismuth a fait venir notre héros place Vendôme pour lui montrer un gros sextoy objet vert incongru.
Non, il ne s'agissait pas de l'obélisque... (oui, je sais j'ai dû trop lire Le lycra ça colle Sticky Pants)
 Mais il sera retrouvé endormi avec une seringue dans le popotin, non loin d'un artiste agressé, et en présence d'un mystérieux fantôme masqué qui parviendra à s'enfuir. Dans la main de Paul Bismuth, un mystérieux message :
Voilà qui est mystérieux!
Hélas, interrogés par la police, papa Hérisson, maman Koala, les gnomes et le chien n'ont pu avancer dans leur enquête. Pire, Paul Bismuth qui est peut être le seul à savoir ce qui s'est passé, a été vacciné contre la grippe A et souffre à présent de narcolepsie. Il est donc incapable de parler. Nos héros arriveront-ils à élucider ce mystère? Vous le saurez en lisant ce qui suit.


Vous pouvez lire le début ici...

5. Squalène, aluminium, mercure... donc, vous admettez la tentative d'empoisonnement?

Holà! Pas si vite! Reprenons l'exemple des maladies auto-immunes : ok certaines études semblent  montrer des corrélations entre vaccination et prévalence de ces maladies, mais corrélation n'est pas lien de cause à effet ! Attention à l'effet cigogne!

–Mouaih... pour autant, l'absence de preuve n'est pas la preuve de l'absence! Et d'ailleurs, une étude sur les liens entre l'autisme et la vaccination ROR (vaccin trivalent Rougeole-Oreillons-Rubeole) a été évoquée dans la presse il y a quelques années...

Mauvais exemple inspecteur : le Dr. Wakefield qui avait conduit l'étude publiée en 1998 a été accusé d'avoir falsifié les résultats. Il fut même radié par l'ordre des médecins. D'autres études postérieures, brouillent encore les cartes sur la question, puisque si la piste vaccinale n'est pas totalement écartée, il ne serait au mieux qu'un co-facteur lié à d'autres causes environnementales (ondes électromagnétiques, prise d'ibuprofène, etc...). En tout état de cause, le débat est loin d'être tranché, mais il est toujours vif.
Tout est relatif. si si.

Le gros souci en matière de toxicologie, c'est qu'il est très difficile de démontrer avec certitude les effets indirects d'une substance donnée, surtout quand on parle d'effets à long terme, parce qu'une corrélation apparente peut être trompeuse et que d'autres facteurs peuvent entrer en ligne de compte. Dans l'absolu, et pour des raisons sanitaires, il faudrait faire jouer le principe de précaution en cas de doute raisonnable. Mais c'est rarement le cas en pratique.

Ceci étant, si des effets secondaires sont en effet reconnus pour la plupart des vaccins, ils sont généralement considérés comme rares, et la balance bénéfice/risque comme favorable à leur utilisation malgré tout. Objectivement, pour des cochonneries comme la variole, la polio, la diphtérie ou la méningite, il est sans doute préférable qu'un vaccin existe, fut-il imparfait. Disons que c'est un moindre mal.
"–Non parce que tu vois, j'ai un panaris et... Aïe! Ma main!
–Oui bon bah ça va fiston hein... le sabrolaser ça cautérise : pas d'hémorragie!"



6. Donc vous dites que c'était de la légitime défense c'est ça?

Et bien... c'est le discours officiel : les vaccins sauvent des millions de vies chaque année, ils permettent d'enrayer des épidémies, d'éradiquer des maladies, ils sont sans danger, et font revenir l'être aimé en moins de 48h. Les statistiques montrant le taux de prévalence des maladies année par année montrent d'ailleurs un effondrement du nombre de malades, et c'est grâce à la vaccination. Et puis il y a le cas d'école : la variole que le vaccin a permis d'éradiquer en 1977.

–Ah ah! A mon tour de vous prendre en défaut : corrélation n'est pas lien de cause de cause à effet ! Et d'ailleurs pour la plupart des maladies, la baisse avait commencé avant l'introduction du vaccin!

L'interprétation de ces données est discutable, et l'absence de preuve n'est pas la preuve de l'absence d'un effet positif du vaccin. Il est bien évident qu'on a pas attendu l'invention des vaccins pour soigner les gens! Ça ne veut pas dire que les vaccins n'ont pas contribué à la baisse dès lors qu'ils ont été introduits... Toutefois il est vrai que le discours officiel est sans doute un rien trop angélique.
Les vaccins, c'est que de l'amour!
Un virologue, le Dr. Paul Offit a par exemple affirmé qu'un enfant (au système immunitaire immature) pouvait sans risque recevoir jusqu'à 100 000 doses de vaccins (il a réduit par la suite à 10 000). Le controversé (un peu conspirationniste sur les bords, le garçon) Mike Adams, rédacteur du site naturalnews.com a rebondi sur cette affirmation et offert 1 million de dollars à tout membre de la direction d'un laboratoire qui accepterait de recevoir ne serait-ce que 1000 doses de vaccins. Mais étrangement, aucun de ces gens là ne doit avoir besoin d'un million de dollars, car le défi n'a pas encore été relevé.
C'est l'aluminium... ça attaque le cerveau : il doit mélanger ses chiffres.

Bon, concrètement : le déclin de beaucoup de maladies a effectivement commencé bien avant l'arrivé de leur vaccin sur le marché. C'est clairement lié à tout un ensemble de choses : amélioration des conditions d'hygiène, alimentation abondante, maîtrise de l'environnement, utilisation de médicaments (si si, certains ont une réelle efficacité), éventuellement mesures de quarantaines (pour les méningites par exemple)... et il est probable que les vaccins aient joué aussi un rôle dans ce déclin.

Prenons le cas d'école de la variole : il est souvent affirmé que le vaccin a permis d'éradiquer cette maladie. En réalité, et même l'OMS le reconnait (mais pas trop fort), c'est une combinaison de plusieurs méthodes dont la vaccination qui a permis de venir à bout de la variole : la stratégie dite de surveillance et d'endiguement à base de vigilance sanitaire, de soins, de quarantaines ciblées, et de vaccination. Le vaccin était donc un élément de la stratégie, mais pas le seul, et rien de permet d'affirmer qu'il fut plus déterminant que les mesures de quarantaine par exemple. Notons d'ailleurs que dès confirmation de la disparition de la variole, l'OMS a recommandé dans son rapport (p.11) de suspendre la vaccination en raison de ses effets secondaires. Voilà voilà...
"–Bon,on a circonscrit Ebola. On va repasser à des méthodes conventionnelles les gars, ok?"

Et puis les affirmations en termes de taux d'efficacité des vaccins sont aussi assez discutables... D'abord, pour un certain nombre de maladies, on manque de recul pour une évaluation en situation réelle. Tout simplement parce que certains vaccins sont trop récents (ceux contre le papillomavirus par exemple). Du coup, le taux d'efficacité est calculé non sur l'efficacité prouvée (et il conviendrait déjà d'être d'accord sur la preuve), mais sur la seule mesure des anticorps spécifiques sur les sujets test lors des études cliniques (voir ce document, p. 30). Sauf que l'expérience a montré que certains individus dont le taux d'anticorps dépassait la limite considérée comme immunisante, pouvaient quand même contracter la maladie. C'est d'ailleurs un peu le nœud de la polémique : les vaccins ont-ils réellement l'efficacité qu'on leur prête, compte tenu du risque d'effets secondaires qu'ils amènent?

–Bin tient justement, puisque vous en parlez : certains affirment que le mode de calcul de ces taux d'efficacité (contre la grippe saisonnière par exemple) est volontairement biaisé! L'efficacité réelle du vaccin se situerait aux alentours de 1,5% !

Je ne vous suivrai pas sur ce terrain, car je n'ai pas accès à l'intégralité de l'étude sur laquelle se base cet article. En outre le calcul à 1,5% est foireux : on ne peut soustraire ainsi des pourcentage, ça ne repose sur aucun fondement mathématique. D'autant que si on connait le nombre de sujets dans le groupe témoin, il n'est pas précisé pour le groupe test. Il faut comparer ce qui est comparable. Je retiens cependant que l'étude conclue que la protection supposée chez les sujets de plus de 65 ans n'est absolument pas prouvée. Dommage puisque la campagne de vaccination anti-grippe cible surtout ces personnes là...
Ils sont forts ces labos pharmaceutiques quand même...
Et si on prend l'exemple spécifique de la grippe A : on a encouragé les vieux à se faire vacciner... alors même que la plupart d'entre eux étaient naturellement immunisés contre cette souche qu'ils avaient déjà croisée dans les années 50. Bien joué. Et la ministre Bachelot avait même prévu deux injections au cas où, alors même que le vaccin classique contre la grippe saisonnière n'en propose qu'une.
Commercial de chez Sanofeur-Pasti™ à la conclusion du contrat "Grippe A" avec la France

–Et concernant le vaccin contre le cancer du col de l'utérus alors? Son efficacité réelle est remise en cause aussi il me semble?

Alors déjà, rien que cette façon de l'appeler me donner envie de péter des rotules. Il n'existe pas de vaccin contre le cancer : le cancer c'est un développement anarchique des cellules! On vaccine contre un germe ou une toxine, pas contre le cancer. A force de prendre les gens pour des cons avec ce genre de raccourci stupide, pas étonnant qu'ils finissent par le devenir.

Bon : il s'agit en réalité de vaccins (il en existe deux différents) contre certaines souches de papillomavirus humain. Et parmi ces souches ciblées, certaines sont considérées comme responsables de certains cancers du col de l'utérus. Comme on le voit, cette formulation plus précise relativise pas mal les choses. Et en termes d'efficacité, on manque clairement de recul (le vaccin n'a pas encore 10 ans) pour affirmer que ce vaccin aurait un impact quelconque sur l'incidence de ce cancer sur le long terme. Du coup, était-il pertinent de dépenser presque 500 millions d'euros dans le monde pour ces campagnes de vaccination? On peut se poser la question... Autant dire qu'un futur scandale se profile à l'horizon, d'autant que ce vaccin est envisagé de plus en plus jeune, pour les filles comme les garçons, et pourrait même être réalisé en milieu scolaire, ce que contestent à juste titre certaines associations. Rappelons quand même que c'est avant tout une MST (le papillomavirus)... il n'est peut être pas utile de vacciner les nourrissons.



7. Mais alors... c'est une conspiration?!

Oui, mais c'est bon la conspiration! Surtout au chocolat.
A en croire certains, la vaccination (et surtout la vaccination obligatoire dans certains pays dont la France) constitue un complot des Illuminati Rose-Croix de la Synarchie du Bilderberg, destiné en vrac à :
  • contrôler le cerveau des gens/rendre la population docile
  • exercer un contrôle des naissances/de la population
  • rendre la population dépendante à Big Pharma
  • permettre la réélection de François Hollande/Nicolas Sarkozy (au choix)
  • créer des clowns psychopathes
  • créer des zombies-mutants
  • faire du fric
  • décimer la population pour permettre l'émergence d'une nouvelle humanité améliorée
  • Obiwan Kenobi
–Han, mais c'est vrai! J'ai même lu dans "La croix" que des organisations catholiques accusent l'OMS d'utiliser des vaccins antitétaniques contenant de l'hormone hCG dans le but de stériliser des femmes kényanes! Afin de réduire la population!

Bien sur! D'ailleurs ça n'est pas la première fois qu'ils font le coup : dans les années 90, ils firent de même au Mexique, aux Philippines, et au Nicaragua. Et tout ça dans le cadre d'un plan global de David Rockefeller et Bill Gates...

–Non? C'est vrai? Mais... c'est horrible!

Non mais... sans déconner? Vous y croyez vraiment? Je veux dire, vous vous figurez sérieusement que :
  1. Bill Gates (qui n'est déjà pas foutu de faire un Windows sans bugs) et David Rockefeller auraient conspiré dans l'intention de réduire la population contre son gré?
  2. Qu'ils s'adresseraient à l'OMS dans le cadre d'une conspiration secrète ou d'un accord occulte?
  3. Pour faire en sorte que cette dernière débauche des labos privés?
  4. Dans le but de produire un vaccin antitétanique modifié contenant l'hormone hCG ?
  5. Afin que l'organisme des femmes vaccinées s'auto-immunise contre cette hormone, essentielle au déroulement d'une grossesse, les empêchant ainsi de mener une grossesse à terme ?
  6. Ce vaccin étant utilisé lors de campagnes de vaccination dans des pays du tiers-monde, parce que merde quand même, tous ces nègres métèques pauvres sans-dents auvergnats sans le sou qui pullulent partout ça fait désordre ?
Ah ce problème des familles nombreuses...
Vous pouvez juste m'expliquer, sans bafouiller ni rougir, POURQUOI ils se feraient chier à mettre au point un plan aussi foireux, complexe et risqué –vous imaginez le nombre de gens impliqué?– dans le seul but de réduire les naissances dans ces pays? Surtout à l'aide d'un procédé à la fiabilité douteuse, alors même que les perturbateurs endocriniens qui polluent de nombreuses zones du monde, dont ces pays en particulier par le biais des pesticides de Monsantox™, vont faire le même boulot de façon beaucoup plus efficace et systématique et sans risque de se faire chopper comme un vulgaire directeur du FMI qui se ferait prendre la main dans la culotte d'une femme de chambre d'un Sofitel...

–Euh ok... mais les analyses qui montrent la présence de hCG dans le vaccin alors?

Ce rapport de l'OMS (en p.3), indique que l'organisation mexicaine ultra-catho pro life (c'est à dire anti-avortement) qui a demandé l'analyse, s'est adressée au labo d'un hôpital local, qui a utilisé de vulgaires tests de grossesse pour montrer la présence de l'hormone hCG. Tous les tests menés dans d'autres laboratoires ne montrèrent aucun présence de hCG, et un laboratoire Hongrois démontra même que l'eau utilisée dans cet hôpital conduisait à plus de résultats positifs sur les tests de grossesse que le vaccin lui-même. Mais c'était trop tard, la rumeur était partie, et elle revient depuis périodiquement.
"–Félicitation monsi... madame le vaccin! Vous êtes enceinte!"
Plus généralement, ceux d'entre vous qui me lisent depuis quelques temps savent que je n'adhère guère aux théories du complot, en vertu d'un principe simple : Ockham avait son rasoir, moi j'ai ma biscotte. Je vous résume : plus un complot est d'envergure et implique de participants, plus il sera impossible à mettre en œuvre en vertu du principe de la biscotte de papa Hérisson, car la bêtise humaine naturelle, l'appât du gain, et l'égocentrisme feront forcément qu'à un moment ça va partir en couille.
Attention, l'abus de théorie du complot est dangereux pour la santé mentale.

Alors un complot lié aux vaccins impliquant une bonne quinzaine de multinationales, des dizaines  d'agences sanitaires, des centaines de gouvernements et des milliers de chercheurs, vous imaginez bien...
"–Bon les enfants, je crois que notre plan pour transformer les humains en Golgoth-rutabagas géants a été éventé..."
Mais attention : le fait qu'aucun complot ne tienne vraiment la route ne signifie pas que le marché des vaccins soit parfaitement transparent, loin de là. Car ce marché est financièrement juteux : estimé à 20 milliards de dollars en 2012 ! De quoi s'offrir quelques résidences secondaires sur des îles paradisiaques pour les personnes occupant des postes clés dans ce marché. Et du coup encourager ces mêmes personnes à prendre quelques libertés avec le principe de précaution, les études cliniques, et les réglementations. De quoi aussi convaincre les décideurs politiques et les autorités de santé de fermer les yeux sur quelques effets secondaires néfastes ou quelques incidents. Bref, comme le marché du médicament classique finalement.

Le fiasco de cette histoire de vaccination contre la grippe A est là pour le démontrer : des millions de doses de vaccins fabriquées et vendues dans l'urgence, insuffisamment testés, à travers des contrats particulièrement avantageux pour les labos, pour une grippe annoncée comme hautement contagieuse et mortelle, et qui s'est très rapidement avérée bénigne. Ah au fait... saviez-vous que ces contrats dédouanaient totalement les labos en cas de pépin (effet secondaire, maladie iatrogène, forte douleur anale...).

Le problème finalement, c'est qu'on a tendance à vacciner pour un oui ou pour un non : beaucoup de vaccins, même pour des maladies qui ne le justifient pas forcément. Le système immunitaire peut-il gérer sans conséquences néfastes toutes ces fausses alertes? Cela n'a-t-il pas pour effet pervers d'affaiblir le système immunitaire au lieu de le renforcer en le sur-sollicitant? La question est posée. Les laboratoires répondent que non, les naturopathes répondent que oui. Les études se contredisent. A vous de voir.


8. Ok bon. Mais la loi, c'est la loi...

... il y a des vaccins obligatoires en France vous savez!

Pas tant que ça : seulement le DTP. Les autres sont justes recommandées dans le calendrier vaccinal, même si l'entrée d'un enfant en collectivité (crêche, école...) est souvent conditionnée au respect du calendrier vaccinal. Ceci étant, des associations se mobilisent contre cette obligation vaccinale. Au nom de la liberté de choix. Ce à quoi les autorités de santé leur répondent d'aller se faire voir, au nom de la santé publique.

Car oui, en substance, l'argument du ministère de la santé c'est que : "bon, les vaccins sont à 100% sans danger, super efficaces, mais que si des gens ne se font pas vacciner, ils mettent en danger ceux qui le sont."

–Pardon? Je croyais que le but du vaccin était de protéger justement! En quoi les gens vaccinés sont-ils menacés par ceux qui ne le sont pas?

Bon ok, la protection n'est pas efficace à 100%, du coup un certain pourcentage de personnes (disons 10 à 12%) se croyant protégés par le vaccin, ne le sont pas...

–Si 10% des vaccinés ne développent pas d'immunité, en quoi cela fait-il une différence si des gens ne se font pas vacciner? Du coup, pourquoi obliger à vacciner?

Rhaaa, c'est pourtant simple : au plus la couverture vaccinale est large, au moins il y a de gens non immunisés! Ça permet d'équilibrer la balance bénéfice/risque...


–Je croyais que c'était 100% sûr?

Oui, mais bon, y a quand même deux-trois effets secondaires possibles et puis... merde quoi! C'est la loi point barre! Fuck!
"–Nan mais c'est ok j'vous promets! Vous nous faites confiance quand même, non?"
Avec ce genre de discours, on comprend que des gens se disent qu'on les prend pour des cons notez bien.

Du coup, certains parents refusent d'appliquer la loi pour leurs enfants car ils ne veulent pas prendre le risque de ces fameux effets secondaires, parfois graves, pour un bénéfice discutable, non garanti, vis-à-vis d'une maladie que l'enfant ne contractera peut-être jamais. Et forcément, comme c'est la loi, ça se termine au tribunal. Et parfois même, ces parents gagnent le procès. D'autres trichent avec l'aide de médecins complaisants (qui prennent de sérieux risques juridiques d'ailleurs) : les carnets de santé comportent le macaron du vaccin, mais celui-ci n'est pas fait en pratique.

Notons que la France fait partie des rares pays européens (avec la Belgique, l'Italie et le Portugal) à avoir une loi d'obligation vaccinale.

Évidemment,  cette volonté de couverture vaccinale maximum, qu'il s'agisse d'une obligation légale ou juste d'une forte suggestion, ne va pas sans poser certains problèmes. Outre un message un peu biaisé (comme cette histoire de vaccin contre le cancer du col de l'utérus), et fortement moralisateur (Ne pas se faire vacciner, c'est mettre les autres en danger!), cette stratégie du "tout vaccin" peu s'avérer contre-productive.

–Comment ça "contre-productive"? Genre : trop de vaccin tue le vaccin?

A plusieurs niveau oui :
  1. Déjà, à trop insister, cela suscite de la méfiance vis à vis de la vaccination (la preuve ci dessus)
  2. Comme on l'a vu pour la variole, faute d'une stratégie globale, on n'éradique pas la maladie ainsi. Pire, on court le risque de favoriser de nouvelles souches, résistantes au vaccin elles : cela commence à s'observer pour la coqueluche par exemple.

Et puis le législateur est parfois un peu con-con dans ses décisions. Ou mal informé. L'actuel projet de loi visant à permettre aux sages-femmes et pharmaciens de réaliser la vaccination  me semble par exemple légèrement dangereux. Il suffit de lire la notice de la plupart des vaccins : il est généralement recommandé au praticien faisant l'injection de garder le sujet sous surveillance pendant une demi-heure pour pallier aux risques de choc anaphylactique (entre autres), et d'avoir de l'épinéphrine ainsi que l'équipement adapté à disposition pour ce cas de figure. Déjà que les toubibs ne le font pas, alors les pharmaciens vous imaginez... Et je ne vous parle pas des infirmières scolaires qui n'ont déjà théoriquement pas le droit de vous filer un aspirine.


9. Bon, vous plaidez coupable ou pas finalement...

... parce que là honnêtement, je ne sais plus ou j'en suis. Les vaccins c'est une bonne ou une mauvaise chose en fait?

Honnêtement, elle est plutôt con cette question. Et les livres par exemple, c'est bien ou c'est mal?

–Hein? Bah c'est idiot comme comparaison : c'est bien les livres évidemment...

Ah oui? Pourtant Mein Kampf est un livre, partiellement lié à la mort de 38 millions de civils. Le Petit Livre Rouge de Mao n'est pas mal non plus dans le genre. Et je ne parle pas de la Bible au nom de laquelle moult générations se sont étripées joyeusement au cours des 2000 dernières années... Sans compter d'autres ouvrages de sinistre mémoire...
Et puis pour imprimer les livres, il faut couper des arbres, détruire des forêts.Et franchement, pour ÇA...
Le livre c'est un outil. Il n'est pas bon ou mauvais en soi, tout dépend de ce qu'il contient et de l'usage qu'on en fait. Les vaccins c'est pareil. Ils sont bien loin de représenter la panacée promise, même s'ils ne sont sans doute pas non plus le "grand Satan" redouté par certains. Il y en a de bien utiles, et d'autres franchement superflus, voire dangereux.

Le mieux est sans doute de ne pas se jeter sur le dernier best seller, afin de ne pas encombrer sa bibliothèque son système immunitaire.

Je vous invite surtout à vous documenter, en gardant l'esprit critique, et ne pas gober aveuglément ce qu'on vous raconte dans un sens comme dans l'autre. 

Sur cette question des vaccins, vous pouvez lire cet intéressant document en ligne, très bien fourni, et dont les sources documentaires sont référencées en détail dans la bibliographie en annexe. Il est en particulier intéressant pour la description des maladies et les spécificités (contenus, effets secondaires connus, etc...) de chaque vaccin. Vous pouvez aussi regarder ce qu'en dit Anne-Estelle du blog Etre Parent, qui a fait un article très détaillé et bien documenté (même si je ne partage pas totalement sa vision), en partie basé sur le livre de Sylvie Simon (que j'avoue ne pas avoir lu) qui fait référence chez les détracteurs des vaccins.



Épilogue

Le piège avait fonctionné. Bon pas tout à fait comme prévu, il est vrai, le fantôme s'étant lancé à la poursuite de Sammy et Scoubidou du p'tit prince et du chien, mais au final, il s'était quand même retrouvé coincé par la tapette géante.

"–Eh! C'est moi que vous traitez de tapette?
–Mais non commissaire..."
–Je me doutais que cet article allait attirer notre "fantôme de l'opération Grippe A". Il ne restait plus qu'à lui tendre un piège. Bien joué p'tit prince, bien joué le chien. Vous avez bien mérité des scoobiscuits!
–Merci p'pa!
–Bon, et maintenant inspecteur, voyons qui se cache derrière ce masque.

Le masque glissa sans difficulté du visage du fantôme, immobilisé par des policiers.

–Oh! s'exclama l'inspecteur, mais c'est...
–Odile Deray, s'exclama tout le monde en cœur.
–Bon sang, l'attachée de presse de Mac Carthy, dit l'inspecteur, mais alors... tout ça n'était qu'une manœuvre pour créer le buzz autour du plug anal de l'oeuvre de Mac Carthy?
–Pas si vite inspecteur, dis-je. Regardez, mademoiselle Deray porte elle même un masque en latex. Voyons donc voir qui se cache derrière...

Avec un bruit similaire à celui d'un élastique qu'on relâche, le visage de latex factice se détacha, révélant le visage de...
Le fantôme de l'opération grippe A!
–Le directeur du parc d'attractions! s'exclama l'inspecteur. Non, désolé, j'ai toujours rêvé de dire ça...
–...
–Je reprends : Nom de... Roselyne Bachelot! s'exclama l'inspecteur.
–Et oui inspecteur, dit maman Koala. C'est que révélait cet indice que nous avions trouvé : Sub... Ros... Au début  nous avions pensé à une référence conspirationniste : Sub Rosa, le leitmotive des organisations secrètes. Mais il s'agissait en fait de la note griffonnée par Paul Bismuth après sa discussion houleuse avec l'artiste Mac Carthy. Paul voulait savoir qui avait subventionné son travail.
Les amateurs de polar se régalent!
–Mais... pourquoi Mme Bachelot a-t-elle subventionné ce plug anal cette œuvre? Et pourquoi se déguiser en fantôme?
–C'est pourtant simple : il lui reste énormément de vaccins contre la grippe A sur les bras. Il lui fallait un coup publicitaire pour les écouler.Le plug sapin de Noël devait servir de support pour une aiguille géante, afin de symboliser une seringue de vaccin. La couleur verte, porteuse de valeurs positives, devait permettre d'en faire une publicité immense pour les vaccins... Mais Mac Carthy ne l'aurait pas laissée dénaturer son oeuvre. Alors elle s'est déguisée en fantôme pour agir incognito...
Un plan presque sans faille...

–Et ça aurait fonctionné! nous interrompit l'ancienne ministre. Si votre bande de gamins et ce sale chien ne s'en étaient pas mêlés! 
–Wouf! fit le chien en quémandant un scoobiscuit.
–Ah ah ah! 
–Ça n'est pas fini, vous m'entendez? éructa Roselyne Bachelot. Je me vengerai... je me vengerai...

Le reste de sa diatribe se perdit dans le vent lorsque les policiers l'emmenèrent sous bonne garde. 

Fin

vendredi 7 novembre 2014

Le fantôme de l'Opéra(tion grippe A) – partie 1

Prologue

–Pfff, encore un fichu article publicitaire pour inciter les gens à se faire vacciner contre la grippe. Et toujours avec les mêmes vieux arguments moisis en plus... ça en devient lassant tout de même!

Délaissant mon ordinateur, je me levai pour aller me chercher un scoobiscuit. Le chien se leva également, trouvant que c'était manifestement un riche idée. La sonnerie caractéristique de Skaïpe™ m'interrompit. Fichtre : un appelant inconnu qui se faisait appeler "Gorge Pro" tentait de prendre contact... bien qu'assez perplexe quant à l'identité de ce mystérieux interlocuteur, j'acceptai la communication. Le visage dissimulé par filtre mosaïque, un individu apparu à l'écran. De sa voix déformée par un procédé électronique, il s'adressa à moi :
–Bonjour papa Hérisson...
–Ah bon sang! C'est vous Paul Bismuth? Qu'est-ce qui vous prend de vous présenter avec ce pseudo à la con? "Gorge Pro"... j'ai failli ne pas vous reconnaître, et refuser la comm'...
–Je... euh... c'est à dire que c'est vous qui avez décidé de me baptiser "Paul Bismuth". Moi j'avais choisi "Gorge Profonde" je vous rappelle.
–Non mais clairement y a pas moyen : je sais que vous êtes employé de Sexshop, mais franchement, ça envoie pas du rêve. Et arrêtez avec la voix déformée et la mosaïque sur la tronche, j'ai l'impression de causer à une prostituée des pays de l'est en train de témoigner dans Zone Interdite.
–Hum... oui, bon. Quoiqu'il en soit, vous n'avez guère avancé depuis notre dernière conversation...
–Ah vous trouvez vous! Vous êtes passablement gonflé quand même! J'ai écrit deux pavés : un sur le système immunitaire, et un sur les maladies! Je ne sais pas ce qu'il vous faut de plus...
–Déjà deux articles, et toujours rien sur les vaccins...
–Vous êtes marrant vous! Vous ne m'avez pas filé des masses de tuyaux sur la question non plus figurez-vous. Pour un "mystérieux informateur", vous êtes grosso modo aussi utile qu'un slip dans une partouze...
–Hum. Très bien, alors j'ai du lourd pour vous. Rendez-vous devant l'obélisque.
–Dites, je sais que vous prenez votre rôle d'informateur du Watergate à cœur, mais : 1/Washington DC c'est pas la porte à côté, 2/je ne m'appelle pas Crésus, 3/j'ai franchement autre chose à foutre que de me taper 5000 bornes pour entendre vos délires.
–Euh, non, je parlais de l'obélisque de la place Vendôme...
–Dites, je sais que vous prenez votre rôle d'informateur du Watergate salon de l'érotisme à cœur, mais : 1/Paris c'est pas la porte à côté, 2/je ne m'appelle pas Crésus, 3/j'ai franchement autre chose à foutre que de me taper 500 bornes pour entendre vos délires.
–Venez, vous ne le regretterez pas! Rendez-vous demain à 14h. #blip#
Il venait de couper la communication, le fourbe. Que faire? Et s'il disait vrai et qu'il avait des informations importantes? Mais je ne pouvais décemment pas abandonner maman Koala et les gnomes ainsi plusieurs jours. Et le chien alors? Qui allait s'en occuper. Bon aller, fuck la prudence, on y va tous.
–Les gnomes! Maman Koala! Le chien! Tous à la Hérisson-mobile, on file à Paris, on a un mystère à résoudre!
–Ouaiiiiiiiih!

Le Scooby Hérisson-gang

Le lendemain, nous arrivâmes au lieu du rendez-vous, avec quelques minutes d'avance. Une foule inhabituelle était présente place Vendôme, et en sus de la colonne éponyme  dont l'érection fut commandée par Napoléon, se trouvait une sorte d'immense structure gonflable verte.


–Oui je sais ce que vous vous dites, énonça une voix rauque derrière nous, la forme est évoque, n'est-ce pas?
Nous nous retournâmes. Devant nous se trouvait un homme en imperméable, tentant vainement de dissimuler son visage dans l'ombre de son chapeau de feutre.
–Tient salut Paul. Vous êtes physionomiste pour avoir réussi à nous retrouver dans cette foule dites donc. Oui, concernant le gros machin vert, je me disais justement que ça ressemblait à un...


... sapin de Noël. Mais il manque les...


... boules et puis c'est encore un peu tôt pour installer un sapin je trouve.
–Un... sapin!!?? Vous trouvez que ça ressemble à un sapin vous!!!???? Mais vous êtes aveugle ou quoi?
–Bin que voulez-vous que ça soit? Un missile intercontinental écolo? Un étron du géant vert?
–Rhaaaa! C'est pourtant évident voyons, c'est un gros...


... dispositif publicitaire géant pour les vaccins, c'est clair! Une manipulation de ceux qui tirent les ficelles!
Paul commençait à s'énerver et à s'agiter. Je tentai de le calmer, en vain.
–Je vais vous le prouver! Si je trouve le responsable, je vais l'obliger à parler.
Et il s'élança dans la foule. Nous tentâmes de le suivre, mais la densité de la foule nous en empêcha. quelques minutes plus tard, un cri attira notre attention dans un recoin de la place. Un homme assez âgé avec une barbe blanche assez fournie était assis par terre, blessé au visage. Du doigt, il désigna une ruelle voisine. Ne doutant pas qu'il nous montrait la direction prise par son agresseur, nous nous élançâmes dans la direction indiquée. Au coin de la rue, je butai sur la dépouille de Paul Bismuth et dans ma lancée je chutai lourdement au sol. A quelques mètres de nous, une mystérieuse silhouette en noir masquée de blanc brandissait une seringue géante, tel un terrifiant fantôme de salle d'opération, prêt à bondir sur moi. Mais l'arrivée du chien, de maman Koala et des enfants le mit en fuite : il s'éclipsa dans une ruelle perpendiculaire. Je tentai de le rattraper, mais percutai brutalement une jeune femme qui arrivait en sens inverse. Trop tard : le fantôme de l'opération avait disparu.
Ouhlala Sammy!

J'aidai la femme à se relever.
–Désolé mademoiselle, je poursuivais un criminel masqué.
–Oui, je l'ai vu passer... mais... vous êtes de la police?
–Je suis papa Hérisson. Et voici maman Koala, les gnomes et
Scoubidou le chien.
–Oh! Je suis contente de vous rencontrer, j'adore ce que vous faites!
–Ah. Et vous êtes?
–Place Vendôme.
–Euh, non, je veux dire, votre nom?
–Ah pardon : Odile. Odile Deray. Je suis l'attachée de presse de M. Mc Carthy, l'artiste qui a érigé la sculpture sur la place...
–Ah non, l'érection de la colonne, c'est un coup de Napoléon, et ça ne date pas d'hier.
–Ah... euh, non, je parlais du... de la... la grande sculpture verte.
–Ah. Donc c'est une œuvre d'art. Bon bah écoutez, pourquoi pas hein... y en a bien qui exposent des urinoirs après tout.
–Papa Hérisson, nous interrompit maman Koala. Paul Bismuth ne bouge plus!
–Bah. Il aime bien faire le con. Je veux dire... euh, il est mort?
–Euh... non, il ronfle. Je crois qu'il dort. Il a un seringue plantée dans le croupion.
–Diantre! Sûrement un coup du Fantôme. Du calme Scoubi le chien, c'est surement pas un vrai fantôme.
–J'entendais des témoins : apparemment, Paul se disputait avec le vieux quand le fantôme les a attaqué.
–Le vieux? Mais quelle mouche l'a... tiens!?
Le chien reniflait la main de Paul, ce qui attira mon attention : Paul tenait un bout de papier. Il était déchiré, mais on pouvait y lire les mots :

"–Oh! Regardez : un indice!"
–"Sub... Ros..." Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire? Sub Rosa peut-être? Un coup des Rose-Croix? Des francs-maçons? Des Illuminati? Des chinois du FBI? De la conspiration des Fleuristes Coulrophobes?
Nous fûmes interrompus par l'arrivée de la police. L'interrogatoire fut sans concessions...

"–N'essaie pas de me faire croire que t'es blanc comme neige!"


1. Pouvez-vous nous relater les faits?

Comme nous l'avons déjà dit, si le principe de la vaccination repose sur le principe simple suivant : lorsque notre organisme est exposé à un germe (virus ou bactérie), il a tendance à "mémoriser" la signature des antigènes rencontrés, afin de poutrer plus rapidement la margoulette de ces inconvenants à grands coups d'anticorps lors de leur rencontre suivante. Et ça marche. En principe.
Ramón le globule blanc, ici déguisé en Pape petit dragon, fait des bulles anticorps pour piéger les bactéries.

A l'origine donc, on se vaccinait contre la variole (une vraie saloperie ce truc), en se mettant en contact avec la forme bovine de la maladie (variole des vaches aussi appelée vaccine), qui était en réalité issue du cheval (on aurait donc du parler d'équination et non de vaccination finalement... une sorte de remède de cheval). Ce principe empirique, fut ensuite formalisé, explicité et théorisé, principalement par Pasteur, d'où la paternité qu'on lui accorde sur la question.

Les premiers vaccins furent donc composés à partir de cultures des souches bactériennes ou virales atténuées ou venant d'une autre espèce (et donc moins ou pas pathogènes pour l'homme). Évidemment, cela n'alla pas sans quelques incidents.


2.  Des "incidents" dites vous... Justement des témoins vous ont vu en train de...

... multiplier des germes dangereux!

Bin oui : pour fabriquer les vaccins, il faut des souches virales ou bactériennes. En nombre. Et donc, il faut bien multiplier les virus, ou les bactéries, pour obtenir ces souches. Pour les bactéries, c'est en général assez facile, car elles se reproduisent par mitose (souvenez-vous!). Mais pour les virus, c'est une autre paire de manches, puisqu'ils ne se reproduisent qu'en infectant des cellules. Il faut donc faire une culture de cellules pour multiplier le virus. Plusieurs cas de figure possibles :
  • des cellules humaines sont nécessaires (virus spécifique à l'homme) : dans ce cas, pas le choix il faut des cellules humaines capables de se multiplier. On utilise donc généralement des cellules issues d'embryons humains avortés congelés (souche de culture cellulaire WI-38 et MRC5 par exemple). Véronique Courjault voulait en fait se lancer dans la vaccinologie.
  • des cellules animales (espèce proche de l'homme) peuvent faire l'affaire : dans ce cas on utilise par exemple des cultures cellulaire dérivées de cellules du rein du singe vert africain (souche de culture cellulaire Vero)
    "–Désolé Babouche, c'est pour la science...
    –Euh... Dora, pose ce scalpel s'il-te-plait..."

Le problème, c'est que ces cellules n'étaient forcément saines de base. De fait, dans les années 90 on avait déjà dénombré une soixantaine de virus infectant les cellules d'origine (du singe vert) utilisées. Et du coup, certains vaccins, tirés des souches virales obtenues par multiplication dans les cellules sus-nommées, se sont retrouvées contaminées par des virus du singe vert. C'est ainsi le cas des vaccins contre la polio produits jusqu'en 1963, qui étaient contaminés par le SV40, lequel SV40 a donc infecté la plupart des personnes vaccinées à l'époque. Dommage puisque ce SV40 semblerait avoir des effets cancérigènes (souvenez-vous : Christophe Lambert, Akira, tout ça...).

Notez que cet incident du SV40 est probablement a l'origine de légende concernant le Sida qui se serait échappé d'un laboratoire. D'aucun estiment en outre que le VIH, très probablement issu du VIS, aurait peut être contaminé l'être humain de la même façon, via des lots de vaccin antipolio ou de vaccins antivariole contaminés par le VIS. Néanmoins, cette hypothèse n'a pas été démontrée à ce jour.

Et puis il y aussi ces histoires de vaccins qui ont refilé la maladie...


3. Et je suppose que le coup est parti tout seul ?

Pour que le système immunitaire apprenne à réagir aux germes, il faut bien faire les présentations.
"–Salut raclure!
–Salut minus!"
 Au début, on utilisait surtout des germes entiers atténués...


–C'est pas un peu risqué d’inoculer un germe, même atténué?

Théoriquement non. Mais en pratique... si parfois. Ainsi, il arriva que des vaccins à germes entiers atténués retrouvent leur virulence et deviennent alors infectants, comme dans le cas du Cutter Incident. Quoi? Vous n'avez jamais entendu parler du Cutter Incident? C'est normal, on en parle peu en France (même Wikipedia n'a pas d'article en français dessus).
En 1955, eu donc lieu le Cutter Incident. L'entreprise Cutter faisaient partie des laboratoires choisis par le gouvernement américain pour produire le vaccin "Salk" injectable contre la poliomyélite (oui, encore). Malheureusement, les souches virales n'avaient pas été parfaitement inactivées, et sur 120 000 enfants ayant subi une injection, 40 000 développèrent une forme de polio dite iatrogène (causée par le vaccin si vous préférez).
    "–Docteur... c'est normal que ça fasse ça?
    –C'est une petite réaction inflammatoire, ça veut dire que votre système immunitaire réagit.
    –Ah..."
Pas de chance hein? Mais bon un accident peut toujours arriver hein... ou deux. Deux? Oui, deux.

En 1963, GSK produisit un nouveau vaccin antipolio (décidément, il a la poisse celui-là) par voie orale à germes entiers baptisé "Sabin". Le Sabin s'avéra provoquer lui-même un nombre non négligeable de cas de poliomyélite par réactivation de son germe (on parlera de polio iatrogène). Certaines sources évoquent même jusqu'à trois fois plus de cas de polio iatrogène que de polio "sauvage" dans les pays industrialisés. Sans compter des cas de paralysie similaires à ceux induits par la polio elle-même. De nombreux pays sont d'ailleurs revenus au vaccin injectable.
C'est toujours sympa de choper la maladie en se faisant vacciner.
De nos jours les vaccins utilisent de moins en moins les germes entiers, mais plutôt des extraits de leurs antigènes (les molécules spécifiques à leur surface... leurs papiers d'identité en gros) avec des adjuvants pour tromper le système immunitaire.
Vas-y Ramón! Mords-y l’œil!


4. Des "adjuvants"? Vous aviez donc des acolytes !

Le corps humain peut être affecté par une très grande diversité de poisons, dont les modes d'actions sont extrêmement variés (j'en parlais déjà ici).

Certains nécessites des doses importantes (certaines substances, considérées comme sans danger, deviennent d'ailleurs nocives à forte dose). D'autres sont toxiques à dose infime (les perturbateurs endocriniens par exemple). Beaucoup de ces substances toxiques sont déjà présentes dans notre alimentation par le biais des additifs à la con que les industriels y introduisent.
Rayon des sodas et boissons énergétiques d'un supermarché.
Parmi ces substances nocives, on retrouve aussi de nombreux métaux toxiques : l'arsenic, le plomb... mais aussi mercure, aluminium... Notons que ces deux derniers se retrouvent fréquemment dans la liste des adjuvants utilisés pour la fabrication des vaccins. Logique. Chuuuut, si, c'est normal. On va dire que les doses sont faibles hein... Mais le problème, c'est que tous ces poisons peuvent être cumulatifs et/ou interagir dans une sorte d'effet cocktail. De vraie bombes à retardement.

Dans un vaccin donc, il n'y a pas que le virus (ou la bactérie, ou les seuls antigènes). Il aussi toutes sortes d'additifs remplissant différentes fonctions :
  • Déjà le liquide qui sert de support : généralement du sérum physiologique, tout simplement pour que le vaccin soit isotonique avec le sang. Ça, c'est pas dangereux.
  • Ensuite, une solution tampon : destinée à ce que le pH du vaccin soit le plus proche possible de celui du sang. Ceux qui ont des souvenirs des cours de chimie au lycée apprécieront...
  • Et puis il y a des adjuvants, destinés à renforcer la réponse immunitaire de l'organisme : ils sont censés pousser les lymphocytes à produire des anticorps spécifiques en quantité. Parmi les plus connus : le squalène , l'aluminium...
    Sous l'effet du squalène, Ramón à tendance à se lâcher un peu sur les anticorps...
  • Des antibiotiques et des antiseptiques destinés à empêcher la contamination des vaccins par d'autres germes, et/ou à inactiver les germes utilisés dans les vaccins.Pour y parvenir, on utilise des substances sympa telles que : formaldéhyde (formol), phénols et apparentés, mercure, thiocyanate de potassium, etc...
  • Divers détergents utilisés pour stériliser/nettoyer le matériel
    "Mon eau de Javel? Ah non désolé, je l'ai filé au docteur pour son vaccin..."
  • Divers édulcorants (pour les vaccins par voie orale), tels que l'aspartame, si sympathique.
Récemment, c'est surtout sur ces fameux additifs (en particulier l'aluminium et le squalène) que la polémique a porté. Et toute la question est de savoir si :
  1. ces adjuvants sont vraiment inoffensifs
  2. le rapport bénéfice/risque est favorable
  3. on nous prend pour des cons
Soyons clairs : objectivement il est pratiquement impossible de trancher sur la base de données factuelles, pour la bonne et simple raison que les études se suivent et se contredisent. En même temps, on voit mal les labo pharmaceutiques nous pondre une étude venant dire que "oui ces adjuvants sont moisis et vont foutre le dawa dans votre organisme, mais que bon hein oh ça va bien quand même!" : ça s’appellerait scier la branche sur laquelle on est assis.

Prenons l'exemple du squalène : il a été suspecté de pouvoir causer certaines maladies auto-immunitaires.

Pour rappel, une maladie auto-immune (ou auto-immunitaire), c'est une maladie causée par le fait que votre propre système immunitaire s'attaque à votre propre organisme (en général, spécifiquement à certaines parties ou certaines substances). Par exemple, la sclérose en plaque dont on parle beaucoup en ce moment car le nombre de cas augmente, et dont les causes restent officiellement inconnues, est une maladie dans laquelle Ramón le globule blanc s'attaque à la myéline qui gaine les fibres nerveuses du cerveau et de la moelle épinière et les nerfs optiques.
La meilleure définition d'une maladie auto-immune que j'ai pu trouver.

Certaines études montrent pourtant des effets néfastes sur les rats à haute dose par exemple. Études que les laboratoires s'empressent de disqualifier avec cet argument massue :

–Nan mais bon, les rats, c'est pas pareil que les humains hein! C'est pas transposable, ça prouve rien.

Argument manifestement considéré comme valide par certains agriculteurs de la FNSEA... Mais notons toutefois que lorsque  ces mêmes rongeurs sont utilisés dans le cadre d'études montrant l’innocuité de leurs produits, les labos sont rapidement moins critiques sur la nature de la bestiole. Faites ce que je dis... Bon : l'OMS estime qu'il n'existe pas de preuve déterminante, et la question n'est pas tranchée à ce jour.

Le truc, c'est que le corps produit lui-même du squalène, qui stimule la production d'anticorps. Ce qui fait dire aux labos que le squalène c'est forcément pas dangereux du coup.  Si je poursuis dans cette logique, le corps produisant du caca, on peut en injecter sans danger dans les veines des gens, leur en faire bouffer et même leur en balancer dans les yeux. Ça explique certainement la qualité de certains plats cuisinés et de beaucoup de programmes télé.

Mais en même temps, certains biologistes se demandent si son introduction comme adjuvant dans un vaccin ne pousse pas justement l'organisme à le considérer comme un ennemi. D'où : maladie auto-immune.
"–Rends-toi le Squalène! Tu es repéré!"

Pour l'alu, c'est un peu différent. C'est un toxique (neurotoxique) reconnu, qui possède en outre la fâcheuse propriété de traverser la barrière encéphalique (voir ici, p.13). On le soupçonne d'ailleurs de liens avec Al Qaïda Alzheimer. Il pourrait être aussi responsable de la controversée Myofasciite à macrophages qui provoquerait des lésions musculaires et des douleurs (tient tient... comme dans le syndrome de la guerre du Golfe... ça alors). Les labos affirment que les doses présentes dans les vaccins sont sans danger. Le problème c'est qu'on trouve de l'aluminium partout dans notre environnement industrialisé, et que du coup les doses se cumulent...

Et puis certains vaccins,dont celui contre la grippe A par exemple, contiennent aussi du mercure : neurotoxique lui aussi. Certains médecins soupçonnent que ça pourrait être lié aux cas de narcolepsie qui se sont parfois déclenchés chez les personnes vaccinées contre cette grippe.

–Tiens donc... Il va falloir qu'on tire cette histoire au clair : le labo vient de me prévenir que votre copain là, celui que vous appelez Paul Bismuth, il s'est mangé une dose de vaccin contre la grippe A dans le fondement. Le toubib dit qu'il roupille parce qu'il fait de la narcolepsie. Comme par hasard... Alors je prolonge votre garde à vue, car il reste des questions sans réponse...


A suivre...



Diable! Cet inspecteur n'a pas l'air commode... que de temps perdu! Et pendant ce temps, celui qui a empoisonné vacciné Paul Bismuth court toujours. Mais que signifiait donc l'indice de Paul : Sub... Ros... Et qui peut bien se cacher derrière le "fantôme" de la place Vendôme? Se pourrait-il qu'il s'agisse de...
... Sophie Marceau? En roue libre comme dans Belphégor?
Vous le saurez au prochain épisode : Le fantôme de l'Opéra(tion grippe A) – partie 2

lundi 20 octobre 2014

Walking scared : l'invasion des maux des vivants

Prologue

C'était arrivé insidieusement, sans que l'on se rende compte vraiment du moment ou tout avait basculé. Certains nous avaient averti du danger... on les avait traité de fous. Et pourtant... Au début, il n'y avait eu que quelques cas... mais ils s'étaient vite multipliés. Dépourvus de la moindre intelligence, leur propagation était quasi virale. N'importe qui pouvait être touché : de simples inconnus, des voisins, des proches même, nul n'était à l'abri. Votre meilleur ami pouvait soudain succomber à son tour, propageant la terreur à son tour : l'invasion avait commencé, et on ne pourrait plus l'arrêter.

Comme on le voit, la progression est implacable...

–Tu... tu vas sortir??! Tu n'as pas peur de la contagion?
–Je sais oui. Mais... il faut bien qu'on mange! On ne tiendra pas éternellement sur nos réserves!
–Je le sais bien mais... ils sont partout, ils sont si nombreux... On les voit passer parfois, le regard vide, la tête penchée, la démarche erratique! Tu ne peux pas prendre le risque de laisser entrer ça chez nous!
–Je serai prudent, t'inquiète, ils ne m'auront pas! Tu me connais, je sais me défendre : je ne suis pas décérébré moi! Au pire, j'ai une pelle dans le coffre de la voiture, ah ah ah!
Maman Koala esquissa un sourire forcé qui peinait à masquer son inquiétude. Je l'embrassai, la serrai dans mes bras, et sorti en refermant consciencieusement derrière moi.
Toujours viser la tête : c'est là que se trouve le problème.

 A cet instant, un bruit dans la rue me fit sursauter. Une silhouette vaguement humanoïde, vacillante s'avançait avec difficulté. Elle émit une sorte de grognement, puis une espèce de râle inhumain, tandis que des fluides non identifiés se répandaient au sol. S'approchant de moi, la créature au regard vitreux agita sa main dans ma direction. J'étais pétrifié, trop tard pour lui échapper :

–Teuheu... teuheu... *xnirf*... Rhaaa, fichue grippe, articula péniblement mon voisin. Ça va la petite famille? *xnirf*
–Ça va, ça va, enfin mieux que vous apparemment, répondis-je.
L'homme étouffa un éternuement dans son mouchoir.
–*xnirf* Rhaaa oui, m'en parlez pas ce fichu vaccin contre la grippe n'a pas marché *teuheu* Je suis malade comme un chien.
–Moui... vous feriez mieux de vous mettre au chaud dans votre lit et de vous reposer.
–*teuheu* C'est ce que je vais faire, je reviens de la pharmacie avec mes médocs. Allez, bonne journée! *Reuuuu, teuheu*


Le voisin s'éloignait d'un pas chancelant, mais une autre silhouette venait d'entrer dans mon champ de vision : tête penchée, démarche mécanique, regard vide... c'était l'un d'entre eux à l'évidence. Il s'agissait de Kevin, le fils d'un autre voisin. Peste soit de cette maudite épidémie! Marchant tel un zombie, l'esprit ailleurs et les doigts pianotant frénétiquement sur son smartphone,  il me croisa sans même me jeter un regard, occupé à Touïter je ne sais quelle futilité. Un lolcat dans le meilleur des cas. Ouf!

M'enfermant dans l'habitacle de ma voiture, je nettoyai immédiatement mes mains à l'aide d'un gel hydroalcoolique : dérisoire barrière contre les nombreux germes omniprésents en cette saison. Insérant la clé de contact, j'allumai le moteur. Immédiatement, l'autoradio se mis à crachoter :
 

#... nistre de la santé : un premier cas suspect du virus en France. Dans quelques minutes, nous allons poser la question à notre spécialiste santé, Jean-Daniel Faipachier : est-ce qu'on va tous crever? En tout cas, la jeune femme suspectée d'être atteinte du virus Ebol...#

Je coupai précipitamment le son! C'était limite : j'avais été négligent, imprudent, j'avais failli être atteint. Contaminé moi aussi par la psychose ambiante, aussi stupide qu'irrationnelle, qui s'était emparée des médias au sujet du virus Ebola. Déjà, on voyait partout ces abrutis marchant le regard vide et la tête penchée sur leur smartphone, en train de multiplier les Touïtes répandant leur trouille dans le monde entier. Se demandant si Ebola n'était pas le virus de la fin du monde
, en émettant des petits bruits de pets liquides. Et pourquoi pas le prélude à une apocalypse zombie pendant qu'on y était? Rhaaaa! Heureusement que la frousse n'est pas vecteur de contagion : la moitié de la population mondiale y serait déjà passé. Je changeai la station de radio pour passer sur Mélancolie FM. Un peu de musique de vieux l'ancienne génération me changera les idées.

#...♫♪ Je suis malaaaaaadeuh... complètement malaaaaaaadeuh♪♫...#


Et merde.


Et oui, comme le montre donc la carte un peu plus haut : les Touïtes® paniqués au sujet d'Ebola (et plus généralement de toute épidémie plus ou moins médiatique) progressent considérablement plus vite que la maladie elle-même. Songez qu'on n'a même pas encore un seul cas autochtone en France à l'heure où j'écris ces lignes. Il est donc prouvé que la connerie est contagieuse, et que son vecteur est Touïteur®. Soyons clairs :  je ne dis pas qu'Ebola n'est pas dangereux hein, juste que pour le moment la maladie est circonscrite à une certaine région du monde, dans laquelle il a fait moins de morts que les accidents de la route ou le tabac dans notre pays. Du reste, les conditions de soins, de vie, de santé, de contrôle de la contamination (etc...) ne sont pas les mêmes. Mais que voulez-vous : les maladies font peur, car on ne comprend pas comment elles tuent, comment elles se transmettent. La plupart des gens ignore comment elles fonctionnent. Heureusement, papa Hérisson est là pour partager son ignorance ses recherches son savoir avec vous.

La dernière fois on a causé système immunitaire (souvenez-vous : Ramón et son escouade de la BAC). Mais dans le cadre de ce dossier "vaccins", il va bien falloir qu'on s'intéresse aussi à la racine du mal : la maladie elle-même. Ce qui tombe fort bien puisqu'une nouvelle fois, l'actualité me rattrape, tel le curé avec l'enfant de cœur.

Et là encore comme vous allez vous en rendre compte, le sujet est vaste. Alors oui, je sais on va encore me reprocher d'en écrire une tartine, et je vous l'accorde : le dernier billet était touffu (et celui-ci ne le sera guère moins). Mais soyons honnête : si j'ai tendance à écrire au kilomètre, ramené à une version imprimée mon texte n'était guère épais.

Je vous laisse méditer ce subtil calembour.






Fin de la récréation.

Bon, quand on parle de maladie, on pense tout de suite "microbe" basiquement. Ou cancer si on lit doctissimaux. A la limite, si on a retenu quelques notions de ses cours de SVT au collège/lycée, on se souviendra vaguement de trucs comme "bactérie" ou "virus", mais tout ça n'est pas forcément bien clair. Je vais donc essayer d'y remédier.

Alors bon, on ne va pas faire un résumé de chaque maladie existante, y a pas écrit "wikipédia" (ni doctissimaux) dans l'intitulé de ce magnifique blog :
  1. mon but n'est pas de faire ici un manuel de médecine, juste de poser certaines bases utiles
  2. sinon on va encore me reprocher de faire trop long
Et je vais essayer de ne pas dire trop de bêtises, car apparemment je suis lu (aussi) par des biologistes, des microbiologistes, des naturopathes (comme maman Koala par exemple).

    Préambule liminaire (mais indispensable) : les cellules

    Bon, déjà, il va falloir que je pose certaines bases : tout organisme vivant complexe (oui, même le vôtre sera qualifié de complexe, bien que vous regardiez parfois TF1) est composé d'un assemblage de cellules. Mais c'est quoi au juste une "cellule" ? Celui qui vient de me répondre que c'est l'endroit où on met les criminels vient de perdre son droit à la qualification de complexe.

    Et bien si vous étiez un Légo par exemple, la cellule représenterait la petite brique de base servant à fabriquer votre corps.

    Il en existe de différentes sortes, avec différentes fonctions, comme les meubles en kit de marque Iaveka™.
    Bon, évidemment, chez certains on se rend compte que la notice de montage a été mal traduite hein...
    Il y a un carton d'emballage une membrane, les morceaux de meuble le cytoplasme,la notice de montage en français traduit du suédois par Gogole™ Translator l'ADN. Si les meubles cellules sont de modèle Prokariöt Procaryote, la notice est en vrac dans la boite et les clés de montage sont rarement fournies l'ADN est libre dans le cytoplasme qui ne contient généralement aucun organite. Si c'est un modèle Eukariöt Eucaryote, plus cher, la notice de montage est placée dans un sachet et la clé de montage est fournie ainsi que des vis en rab' l'ADN est à l'abri dans un noyau et le cytoplasme contient aussi des organites tels que les mitochondries. Dans votre organisme, ce sont des cellules eucaryotes, parce que vous le valez bien.

    Ces cellules sont un peu comme vous : elles vivent, se reproduisent (par mitose, c'est à dire en se divisant), et meurent (on appelle ça l'apoptose).
    Et ainsi de suite...

     Ces bases étant posées, entrons dans le vif du sujet avec...



    1. Les bactéries


    Ce sont aussi des meubles Iaveka® cellules. Assez semblables à celle de votre organisme en fait, sauf que les vôtres sont des modèles de luxe Eukariöt eucaryotes, alors que les bactéries sont plutôt des cellules low cost Prokariöt procaryotes.

    Tout comme vos propres cellules, les chômeurs de Paul Emploi, ou les affaires judiciaires dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, les bactéries se multiplient donc par mitose. Il existe grosso modo deux grandes familles de bactéries selon le design choisi :

    ►en forme de testiboule d'abat-jour modèle Etwøalnwår, ce sont des "Coques" (streptocoquesstaphylocoquescoques à cola, etc...)
    ♫ Rond comme un ballon, et plus jaune qu'un citron...♪
    ►en forme de bibite lampe de chevet modèle Røkøsifredï, ce sont les "bacilles" (bacille de Yersindu charbonde Kochprise de la bacille, etc...)
    Un objet de goût.

    La grosse majorité des bactéries est sans danger (non pathogène). La plupart d'entre elles n'a d'ailleurs pas d’interactions particulières avec l'homme. Beaucoup d'autres interagissent, mais sont toutefois parfaitement intégrées à l'organisme humain. En effet, tel le brave travailleur immigré qui bosse comme éboueur, beaucoup de bactéries vivent en parfaite harmonie avec notre corps et son système policier immunitaire au sein du système digestif. Elles bossent dur, font 2,1 millions d'enfants, produisent de la richesse des vitamines, des micro-nutriments et de l'énergie, paient leurs impôts soutiennent activement le système immunitaire, et nettoient les ordures dégradent certains aliments non digestibles en vue de leur évacuation par le rectum. Notons tout de même qu'il peut arriver que certaines de ces bactéries (mal intégrées certainement), se mettent à dealer du shit, à rouler en Mercedes et à foutre la zone se multiplier de façon anarchique et deviennent pathogènes, comme par exemple Escherichia coli. Ces bactéries appartiennent au microbiote intestinal. On parle aussi de flore intestinale.

    Oui, la flore, pas la faune. Non les bactéries ne sont pas des végétaux mais bien des animaux. Mais les biologistes sont de grands déconneurs : ça c'est un peu l'équivalent en biologie de cette blague tordante au sujet du fou qui repeint son plafond.

    Ce microbiote intestinal est loin d'être anecdotique : il contient plus de bactéries que notre corps n'a de cellules, avec une variété de souches phénoménale. D'après de récentes études, son rôle est essentiel dans le système immunitaire. En outre, ce microbiote semble avoir des échanges privilégiés avec le système nerveux entérique. Késako me direz-vous? Et bien, sachez que des neurones (cellules du cerveau... les cellules qui cogitent quoi) on n'en trouve pas que dans le cerveau justement, mais aussi un bon paquet au niveau du système digestif, histoire de gérer ce joyeux bordel qu'est la digestion. A titre de comparaison, on estime à 200 millions le nombre de neurones de cette zone (à peine 1000 fois moins que le cerveau humain, et équivalent à celui d'un chat par exemple).

    Et ce "deuxième cerveau" semble jouer un rôle non négligeable dans la production de certains neurotransmetteurs (l'équivalent de Touïteur® pour vos neurones) tels que la sérotonine (qui joue un rôle clé dans les émotions telles que la peur, la colère, l'angoisse, le stress...). Or des expériences menées sur des souris montrent que l'échange de leurs microbiotes influe sur leurs réactions face au stress et donc sur certaines de leur capacités. L'expression "en avoir dans les tripes" prend donc un tout autre sens...

    Du coup, la diversité des bactéries de la flore intestinale (et leur état de santé) peut jouer sur certains états émotionnels, mais également sur l'apparition de certaines maladies telles que l'asthme. Oui, oui, on parle bien des minuscules bestioles qu'on a dans le colon, celles qui pataugent à longueur de journée dans la m... Bref, c'est donc bien dans le besoin qu'on reconnait ses amis.
    Et bin on n'est pas dans la merde...

    A titre d'information messieurs, aucune étude ne prouve à ce jour que vous avez des neurones au niveau de la kikoutte. Donc si vous pouviez cesser de penser avec votre b... ça serait pas mal.


    Revenons à nos moutons. Une bactérie pathogène par contre, c'est un peu comme un milliardaire étranger sans scrupule, qui méprise les normes environnementales, et le code du travail. Elle installe une succursale dans l'organisme, capte une partie des subventions publiques nutriments, multiplie ses usines polluantes colonies (au détriment de son voisinage) et s’essuie les pieds sur le code du travail oblige les organes à travailler dans des conditions déplorables.
    Ces bactéries nuisent à l'organisme de plusieurs façons :
    ►elles privent vos cellules d'une partie de leurs sources de revenus en pratiquant le dumping social nutriments
    ►elles font de la déforestation et détruisent des bâtiments classés au patrimoine émettent parfois des substances lytiques qui endommagent les tissus (pour faire de la place et se balader où elles veulent)
    ►elles polluent l'environnement en émettant un rire sardonique et en pissant à la raie des lois environnementales libèrent souvent des toxines qui nuisent, parfois gravement, à l'organisme (ex : toxine tétanique, toxine botulique, toxine diphtérique, ...)
    "Oh c'est bon hein... ces connards d'écolos de globules blancs ne vont pas nous casser les couilles antigènes pour quelques toxines!"
    Toutes les bactéries portent sur leur membrane des badges professionnels antigènes assez spécifiques, qui permettent de les identifier et de les caractériser. Du coup, le but des vaccins est de tenter de filer à vos défenses immunitaires les infos sur ces badges antigènes, pour que les bactéries soient ciblées par la brigade financière par Ramón dès leur arrivée.

    Notons que les bactéries sont généralement sensibles aux fameuses class action (actions groupées en justice) qui les font cracher au bassinet fameux antibiotiques (anti = anti + bio = vie, donc ► anti-vie), qui permettent de les tuer ou de les affaiblir. Mais primo, les antibiotiques c'est pas automatique c'est un peu comme les milices d'extrême droite : ça ne s'attaque pas qu'aux racailles des cités, ça tue aussi les braves bactéries honnêtes et bien intégrées à votre tube digestif, ce qui est vaguement fâcheux tant ces bactéries là sont bien utiles. Et secundo, les racailles, elles, sont de plus en plus résistantes à ces antibiotiques justement, ce qui fait que ça revient à pisser dans un violon.
    T'es sous antibiotique? Non? Bon bin t'es pas malade.
    Face au développement de souches bactériennes multirésistantes aux antibiotiques, l'une des voies les plus prometteuses est probablement la phagothérapie, mettant en jeu... des virus.



    2. Les virus


    Contrairement aux bactéries, les virus ne sont pas des cellules. En fait, certains biologistes hésitent même à les considérer véritablement comme des êtres vivants, un peu comme Justin Bieber.

    A l'image d'un mauvais bouquin de Bernard Henri Levy livré par Melazon™ dans une enveloppe de papier bulle, les virus sont juste constitués d'un fragment d'ADN ou d'ARN, encapsulé dans une coque de protéines : ce fragment étant juste la notice de montage du virus lui-même. Oui, le virus est du genre égocentrique. Il existe de grandes variétés de virus aux formes diverses : en bouboule, en bibite, en ressort, en module lunaire...
    La grande variété des virus.

    Le virus est un parasite : il ne peut se reproduire seul. Tel le Dom Juan de sites de rencontres, il va draguer de braves cellules sans méfiance lors de speed dating foireux, mettre un peu de GHB dans leur verre, les suivre chez elles, et en profitant de leur état second les mettre en cloque lors d'une étreinte aussi brève que peu romantique, avant de les abandonner là comme des merdes, enceintes et amnésiques. En plein déni de grossesse. Quelques temps après, elles donneront naissance à toute une tripotée de bébé virus avant de mourir (brisée par le chagrin certainement... ou par l'accouchement brutal sur le carrelage de la salle de bain peut être). A leur tour, les bébés virus deviendront de vils séducteurs de site de rencontre, et ainsi de suite...
    Résumé du fonctionnement de Meeto™
    Mais alors... tous les virus sont de gros enfoirés de machos violeurs et coureurs de jupons? Techniquement oui (puisqu'ils ne peuvent se reproduire autrement). Mais tous ne s'attaquent pas aux cellules humaines. Beaucoup de gros enfoirés de machos coureurs de jupons s'attaquent aux cellules animales ou végétales, et uniquement à celles-là. Il peut cependant arriver ponctuellement que certains virus s'attaquent à plusieurs espèces, ou passent d'une espèce à une autre : on pense que c'est le cas d'Ebola, du VIH, ou encore du SV40.

    Et du coup, certains virus ont la particularité d'affecter... les bactéries (qui sont des cellules après tout). On appelle ces virus bactériophages ("mangeurs de bactéries"), ou juste phages. Ces braves phages sont donc très intéressants pour tenter de lutter contre des bactéries pathogènes devenues résistantes aux antibiotiques.

    Intérêt : la phagothérapie (comme on a baptisé cette technique) est peu chère en termes de recherche, et difficilement brevetable (donc libre de droits). De plus si la bactérie s'adapte, le phage fera de même tôt ou tard (évolution conjointe), donc aucun risque de se retrouver, comme pour les antibiotiques, avec un médicament qui ne marche plus. De plus, les phages n'ont pas d'effet secondaire, comme par exemple flinguer les bactéries amies du tube digestif.

    Inconvénient :la phagothérapie (comme on appelle cette technique) est peu chère en termes de recherche, et difficilement brevetable (donc libre de droits). Et du coup les labos ne se précipitent pas pour la développer, vu que ça leur rapportera des clopinettes.
    Virus contre bactérie, que le meilleur gagne.
    Les antibiotiques sont sans effet sur les virus. Il existe bien quelques antiviraux (et antirétroviraux pour les virus à ARN) mais ils sont en général spécifiques, et rarement sans effets secondaires. La meilleure parade contre les virus reste encore de disposer (ou développer) des anticorps spécifiques qui reconnaissent les antigènes se trouvant sur la coquille du virus. C'est ce que propose de faire un vaccin au final. Notons toutefois que même correctement vaccinée (c'est à dire avec des anticorps qui se développent), une personne dont le système immunitaire est affaibli reste vulnérable. Le mieux est donc d'avoir une bonne hygiène de vie (éviter tabac, alcool, drogue, politique, émissions de téléréalité...) et une alimentation saine et variée de sorte que Ramón pète la forme.

    Notez la fourberie de certains virus comme celui du VIH, qui s'attaque justement à ce brave Ramón le lymphocyte T, l'empêchant ainsi de produire ces fameux anticorps, et plus généralement de faire son boulot en maravant les bactéries et les autres virus connus (puisque le lymphocyte T est la mémoire du système immunitaire justement). Un tueur de flic en somme.

    En outre, certains virus sont soupçonnés de provoquer (ou du moins de favoriser) certains cancers. C'est par exemple le cas de certaines souches de papillomavirus humain.



    3. les cancers


    Natifs du deuxième décan, si vous avez Pluton dans la Balance, vous allez douiller. Si si. Ils le disent sur doctissimaux : vous avez un cancer. Ou une leucémie. Oui, avec doctissimaux, même si vos symptômes se résument à une simple diarrhée un lendemain de bringue impliquant de la bouffe chinoise douteuse, de la bière tiède et des poppers : c'est un cancer.

    Le cancer, c'est une maladie où l'ennemi vient de l'intérieur : vos propres cellules se mettent à déconner sévère. Les causes peuvent être variées : mutation spontanée, radiations, substance toxique, virus, etc... Mais le résultat est toujours le même : une cellule tout ce qu'il y a de plus normale, se met à ricaner bêtement et à devenir immortelle. Là logiquement, elle revêt un grand imperméable et brandit une épée à tout bout de champ elle commence à se multiplier comme les trolls sur un Touït de Nadine Morano, bouffant toute la place et les ressources disponibles, jusqu'à ce que l'organisme meure. Ou devienne devienne un manga culte (mais c'est rare).
    Hin hin!

    Ça n'est pas pour rien que le cancer est redouté : il est notoirement difficile à soigner. En temps normal, des cellules cancéreuses apparaissent un peu tout le temps (mutations spontanées, exposition légère à des toxiques divers et variés, lecture de doctissimaux...), et en général, Ramón le globule blanc leur met un Quickening dans la tronche aussi sec. Mais pour peu que Ramón soit un peu faiblard, ou débordé, il peut ne plus faire face. Et les cellules cancéreuses se multiplient alors, pouvant aller jusqu'à essaimer un peu partout dans l'organisme (métastase). Et dans ce cas, ça sent un peu le sapin pour vous. Pour l'instant, les meilleures solutions proposées par la médecine consistent à :
    1. faire une ablation de la tumeur via une opération chirurgicale : on coupe ce qui dépasse. Également baptisée méthode Louis XVI.
    2. effectuer une chimiothérapie : une sorte de blitzkrieg médicamenteux, en mode "terre brûlée", puisque ça zigouille aussi bien les cellules saines que les cellules cancéreuses. J'appelle ça la méthode "Cathare".
    3. faire une radiothérapie : version médicale de l'attaque nucléaire tactique consistant à balancer des radiations sur la tumeur pour zigouiller les cellules cancéreuses. C'est tout à fait sans danger puisqu'il est bien connu que les radiations n'ont absolument pas tendance à induire des cancers. C'est la méthode dite du "Nuclear Winter".
    "On a une nouvelle technique thérapeutique en phase de test là... ça vous tente? Bon, ça va piquer un peu..."

    Bon, il y a bien des pistes de recherches qui existent pour développer des médicaments nouveaux, les cellules cancéreuses ayant certaines caractéristiques particulières. Par exemple, il semblerait que ces cellules n'utilisent plus leur mitochondries (à supposer qu'elles en disposent encore), et qu'elles produisent leur énergie par fermentation au lieu de respirer. Apparemment, certains régimes alimentaires (ou des diètes ciblées) donneraient des résultats intéressants, ou du moins favoriseraient l'effet des thérapies.

    Sinon, vous pouvez toujours tenter de faire appel au professeur Mamadou.
    Si ça se trouve, il soigne ton cancer et fait un défrag' en même temps.


    Epilogue

    #... ♫♪ J'ai la rate qui se dilate, j'ai le foie qu'est pas droit, j'ai le ventre qui se rentre...♪♫...#

    Rhaaaa! C'est un complot... changeons de station...

    #... ♫♪ Saturday night fever...♪♫...#

    On va tous creveeeeeeeeeeeeeeeeeer!






    Le début : ici