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vendredi 23 janvier 2015

Les pressions de la liberté

Vous ne serez sans doute pas passé à côté du fait que ces dernières semaines, nous avons été amenés collectivement à nous poser (ou nous reposer) un certain nombre de questions morales, voire philosophiques.
"–Tire sur mon doigt pour voir?"
 Je veux parler de questions particulièrement profondes du type :
  • Peut-on rire de tout? Et si oui, avec tout le monde?
  • La liberté des uns s'arrête-t-elle là où commence celle des autres?
  • L'expression de la liberté peut-elle outrepasser la liberté d'expression ? Et vice-versa? (elle de moi celle-là)
  • Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité mérite-t-il l'une ou l'autre? Finira-t-il par n'avoir aucune des deux?
  • Si je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, dois-je me battre pour que vous ayez le droit de le dire?
  • La première des libertés est-elle la liberté de tout dire?
  • L'impertinence satyrique est-elle soluble dans le politiquement correct?
  • Quand est-ce qu'on mange?
  • Si quand je regarde une caricature du prophète je pense à un zob est-ce que je suis Charlie?
  • Est-ce que sucer c'est vraiment tromper?
  • Vous êtes Odile Deray?
    Oui, je sais, se moquer du pape c'est blasphémer. C'est mal. Mea culpa.
  • Les pigeons sont-ils d'anciens électeurs déçus de François Hollande?

Attention, la liberté d'expression est dangereuse pour la santé

Et le rire tue. La preuve, on peut mourir de rire. Attendez... non, je confonds avec les kalach'
Il faut bien dire que la liberté d'expression c'est quand même un truc vaguement dangereux quand on la confie à des irresponsables ou des inconscients. Un peu comme une fiole de nitroglycérine entre les mains d'un parkinsonien qui a le hoquet quoi. Enfin je schématise, mais manifestement c'est grosso modo l'idée qui ressort de ce sondage IFOP à chaud (bon disons à tiède) sur la liberté d'expression : 42% des gens interrogés estimant qu'il faut éviter de publier des caricatures de Mahomet, et environ 50% des gens interrogés étant plutôt favorable à une limitation de la liberté d'expression sur internet et les réseaux sociaux (la presse papier on n'en parle pas par contre).

A priori si je comprends bien ce sondage, ça doit vouloir dire qu'un gif animé avec la caricature d'un barbu légendaire adulé par des millions de fidèles et des chatons tout kawaïs sur un blog à la diffusion confidentielle c'est mal. En revanche Eric Zemmour dégoulinant de xénophobie dans la presse papier, diffusée à des milliers d'exemplaires, c'est bon, ça va.
Oui, je sais... j'ai hésité à mettre plutôt cette image, mais je n'ai pas osé. Je me suis autocensuré, je suis lâche, pardon. Mais faut me comprendre : j'ai une femme avec de magnifiques jambes à la fourrure toute douce, deux gnomes, trois chats, deux chiens et un hérisson...
En gros, certains semblent penser que ce qui est arrivé à la rédaction de Charlie, c'est bien triste, mais que bon, ils l'avaient un peu cherché... Je ne vais pas m'étendre sur ce point précis, je l'ai déjà fait ici, et Rock'n Lolita l'a exprimé encore mieux qui moi ici. Je résumerai juste en disant que c'est un peu gonflé de faire porter la responsabilité d'un crime à la victime plutôt qu'au criminel.

En fait, je pense que ce sondage reflète surtout une forme de paresse intellectuelle (communément désignée sous le terme scientifique de "connerie"). Oui, parce que bon : ok descendre à presque 4 millions dans la rue pour dire #jesuischarlie et défendre la liberté d'expression c'est bien sympa, mais bon là ça va être l'heure de "Plus belle la vie" et après y a le tirage du Kéno alors la liberté d'expression bon hein... Ou pour résumer simplement : #jesuischarliemaispasmaintenantjaipiscine

Et puis la liberté d'expression c'est compliqué en fait. Bon, se moquer voire choquer des gens dont on se contrefiche, ou qu'on n'aime pas comme par exemple les arabes, les juifs, les homo, les blondes, les curés : passe encore. Et déjà, bon, c'est risqué on l'a vu. Mais subir un discours qui nous choque nous, là, ça va quand même un peu trop loin Maurice... Du coup on ne peut pas laisser faire : la liberté d'expression oui! Mais que pour ceux qui sont globalement d'accord avec nous. Non mais.

T'as le droit, mais c'est interdit...

Bon, si vous me suivez depuis longtemps, vous connaissez déjà mon amour immodéré pour la bienpensance républicaine, mais aussi pour la censure et les interdits. Du coup, vous vous doutez un peu que je suis plutôt favorable à une liberté d'expression non restrictive, même si le prix à payer est d'entendre s'exprimer des mecs qui sont juste des raclures de fond de bidet. Alors bon, je vous vois venir bande de petits fripons, vous allez me sortir des trucs du genre :

–Le droit à la satyre ok, mais par exemple on ne peut pas laisser passer de soi-disant traits d'humour qui font l'apologie du terrorisme!

–Il y a quand même des choses qu'on ne peut pas dire, même sous couvert de liberté d'expression : l'appel au meurtre, le soutien au terrorisme, la discrimination, l'insulte...

–L'humour oui, les discours de haine sous couvert d'humour même pas drôle non!

–Et comme ça tous les conspirationnistes fondus de petits hommes verts, de chinois du FBI de la NSA et autres pseudo-complots américano-socialo-sionistes vont s'en donner à cœur joie!

Ok. Mais qui va décider ce qui relève de l'humour, voir de l'humour drôle, et ce qui n'en relève pas? Qui va définir la limite entre absence d'empathie pour les victimes (la compassion ne peut être contrainte après tout) et soutien aux terroristes? Qui va déterminer la différence entre provocation imbécile (et irresponsable) et menace définie et sérieuse? Qui aura le droit de décider de ce qui relève du révisionnisme/complotisme plutôt que du questionnement légitime? Le gros souci lorsqu'on limite la liberté d'expression, même avec de bonnes intentions du reste, c'est qu'il est délicat de la définir cette limite justement, d'autant qu'on ne pourra jamais contenter tout le monde.
"Veuillez profiter de ce dessin culturellement, ethniquement, religieusement et politiquement correct de façon responsable. Merci."
–Mais crénom [je vous trouve un poil familier quand même, va falloir se calmer un peu] tu ne peux nier que certains abusent de cette liberté d'expression! Est-ce que tu laisses tes enfants balancer des gros mots ou des insultes sans rien dire par exemple?

Bien sur que non : je leur explique que ça ne se fait pas, et je punis, ou je leur dis qu'ils le seront s'ils recommencent. C'est ma prérogative en tant qu'autorité parentale.


–A ce moment là, pour ceux qui abusent de la liberté d'expression, c'est la même chose :  la justice doit intervenir!

Ah bin tiens, bonne idée, faisons ça. Oh mais vous savez quoi? C'est déjà le cas : la loi protège la liberté d'expression, mais elle permet d'en condamner les abus. Par exemple l'insulte publique, la diffamation ou l'appel au meurtre sont réprimés par la loi sur délibération d'un tribunal. Mais toujours à posteriori par contre, car Tom Cruise étant un peu débordé, il n'a pas le temps de se coltiner tous les affreux avant qu'ils ne commettent leur forfait. Too bad.
"–Je vois... je vois... je vois Jean-Marine balancer un gros touïte® qui tâche, bien polémique dans pas longtemps."
Un individu est donc libre de lancer une menace de mort à autrui, mais s'il le fait, il est puni. Logique. Et jusque là, ça ne me pose aucun problème.

Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais

On pourrait penser que ces lois étaient suffisantes puisque couvrant l'ensemble des situations d'abus possibles, mais le législateur a également introduit le délit  d'apologie (terme fourre-tout suffisamment flou pour permettre moult interprétations)  du terrorisme dans le but de durcir les condamnations liées aux appels au meurtre dans ce contexte particulier. Et cette loi a été encore récemment durcie par le législateur, spécialement si cette apologie est réalisée sur internet ou les réseaux sociaux. Ainsi ce délit, s'il est constaté par la justice, est passible de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende(7 ans et 100 000 euros s'il est commis ou relayé sur Internet).

C'est bien pratique puisque ça permet de coller au gnouf pour un long moment tous les pénibles qui viennent baver sur les rouleaux de la République :
On fera le tri plus tard. Ou pas.
Donc, outre une forte amende, ces vils malandrins risquent maintenant de la prison ferme histoire de leur apprendre... euh... de leur apprendre quoi d'ailleurs? Ah oui : à respecter la liberté d'expr... euh... à respecter celle des aut... enfin à ne pas exprimer leur opinion balancer des conneries comme ça pif pouf. C'est une mesure pédagogique! C'est ça, pédagogique, pour les ramener dans le droit chemin de la pensée consensuelle, et les empêcher de se radicaliser ou de passer à l'acte.

Enfin en théorie, parce que je ne sais pas pour vous, mais je serais à leur place, j'aurais un peu la haine. Prenons l'exemple du jeune un peu rebelle qui veut crâner devant ses potes style ni dieu ni maître tac-tac-t'as vu! Histoire de faire causer de lui pour émoustiller la Géraldine, il balance un gros touïte® un peu nauséabond et bien provocateur. Oui, le jeune, il est comme ça : il dit des trucs cons sans forcément réfléchir, il écoute du Justin Bieber, et il fume parfois des pet'. C'est bête, je sais, mais il faut bien que jeunesse se passe. Sauf que là, ni une ni deux, on le coffre et on lui colle une apologie du terrorisme sur la margoulette.

Et c'est là qu'apparaît le problème de la proportionnalité de la peine. Parce que dans le cas présent, ça proportionne pas terrible je trouve. Imaginons que votre enfant a balancé un "grosse patate pourrie" au voisin comme ça pour faire son intéressant.Pour le punir vous allez l'enfermer à la cave pendant deux semaines avec les voyous du quartier? Vous croyez que ça donnerait de bons résultats?

Là c'est pareil, à mon avis, le fait de coller le jeune au cachot et au ramassage de savonnette dans les douches communes juste pour avoir balancé une connerie qu'il ne pensait pas vraiment, ça va pas forcément  l'empêcher de se radicaliser (à défaut de se ridiculiser puisque ça c'est déjà fait), surtout vu le voisinage à Fleury-Mérogis. Mais par contre ça risque de lui donner quelques envies de revanche vis-à-vis de ce législateur si susceptible. Des trucs à base de plan incliné, de bâtons, et de joli costume en latex par exemple. Idem pour le mec qui balance une insulte à un flic sous l'effet de l'alcool.
Costume de saucisse en latex, j'entends...
Alors bon, je sais, vous allez me dire que les tribunaux sont justement là pour proportionner les peines, et que les condamnations seront sans doute légères ou inexistantes dans de nombreux cas. Sauf que le durcissement de la loi a conduit à juger ces faits en comparution immédiate : donc examen rapide voire superficiel de l'affaire, et droits de la défense assez succincts. Du coup pour l'instant, c'est pas franchement l'impression qui en ressort. Alors en terme de pédagogie, c'est un peu foiré : on a l'impression que sur la liberté d'expression, en France, c'est un peu faites ce que je dis, mais pas ce que je fais.

Les lois mémorielles : la liberté à ses limites

Toujours dans le domaine de la pénalisation des abus liés à la liberté d'expression, il y a les fameuses lois mémorielles qui interdisent de remettre en question certains faits historiques établis (la Shoah, ou le génocide Arménien depuis peu). Je ne conteste évidemment pas les faits historiques en questions, et objectivement il faut être passablement con ou de mauvaise foi pour le faire. Mais si ces lois partent à l'évidence d'un bon sentiment, et d'un objectif louable de lutte contre la connerie en barre, elles se révèlent au final aussi utiles et pédagogiques (encore) que la technique éprouvée consistant à dire très fort "♪ LA LA LA! JE N'ENTENDS RIEN DE CE QUE TU DIS! ♫" en se bouchant les oreilles lorsque quelqu'un vous raconte un truc qui vous déplait :
  1. d'une ça n'empêche pas la personne qui balance ces théories de les penser
  2. de deux ça n'empêche visiblement pas leur diffusion (elle se fait juste par des canaux plus confidentiels)
  3. de trois ça permet à la personne de se poser en victime (de la censure, d'un complot, de l'incompréhension, etc...), et donc d'attirer la sympathie éventuelle, pour lui et ses thèses, de tous ceux qui se méfient de l'autorité pour X raison
  4. et de quatre ça évite à tout contradicteur éventuel (et je ne doute pas qu'il y en ait) de venir ridiculiser l'inconvenant en lui enfonçant bien le nez dans son caca verbal à l'aide de jolis arguments bien étayés, puisqu'on peut juste se contenter de censurer le contrevenant et de rabâcher le discours officiel consensuel comme quoi c'est pas bien de nier les faits, ce qui ne manquera pas de convaincre les opposants n'est-ce pas?
♪ LA LA LA! J'ENTENDS RIEN! ♫
En général, il me semble que pour lutter contre le feu on utilise de l'eau, et pas des bâtons pour cogner sur les flammes. De la même façon, j'aurais tendance à penser que l'intelligence et l'éducation peuvent lutter contre la connerie beaucoup plus efficacement que la prison. Mais bon, ça n'est qu'une idée comme ça hein...

Notons d'ailleurs que ces fameuses lois ont fait (et font encore) couler pas mal d'encre, et que même certains intellectuels qui condamnent farouchement les thèses négationnistes y sont opposés par principe. Elles ne se sont du reste jamais distinguées par une efficacité remarquable, si ce n'est de mettre en lumière les contrevenants et leurs thèses justement. Pas de bol.

Mais jusqu'où s'arrêteront-ils?

On pourrait se dire qu'il y a déjà du lourd, mais manifestement, pour certains ça ne suffit pas. Et l'UMP par exemple, propose donc de sanctionner les élèves n'ayant pas respecté la minute de silence en hommage aux victimes des attentats. Hors cadre scolaire, des sanctions sont d'ailleurs déjà tombées. Excellente idée : puisque notre pays défend et revendique la liberté d'expression, imposons donc l'expression d'une compassion nationale rendue obligatoire, quitte à ce qu'elle soit factice (et nos politiciens en savent quelque chose n'est-ce pas?). A défaut de savoir rassembler sur les principes qui sont derrière, imposons l’œcuménisme républicain autours de certains symboles, icônes dérisoires et parfois vides de sens pour certains, comme l'hymne national ou la devise du pays. Les valeurs sont foutues : mais sauvons les apparences.

Dans le camp d'en face, il est envisagé de créer (ou plutôt de réactiver) une peine d'indignité nationale. Rien moins. Avec déchéance des droits civiques et patin couffin. Mais c'est vraiment pour les trucs graves, le mec ou la nana qui nous colle la honte, le facepalm de la nation tu vois...
"–Oh le con!"
Bref, à l'instant où l'on s'apprête à faire disparaître totalement le délit de blasphème (religieux) de notre beau pays,  on songe donc à en créer le pendant laïque et républicain. Bien joué, on n'est plus à un paradoxe près.

Et pourtant, le rassemblement historique et plus ou moins spontané du 11 janvier nous montre bien que ces jolis hochets républicains sont superflus, que la population est capable se mobiliser massivement pour peu qu'elle s'approprie des valeurs auxquelles elle croit, et non de simples symboles. J'ajouterai que ce paradoxe serait hilarant s'il n'était tragique, puisque Charlie Hebdo s'est justement donné depuis belle lurette pour mission de justement dynamiter les symboles, aussi bien religieux que républicains.

La liberté d'expression est univers... oh et puis zut!

Bref, c'est tellement compliqué la liberté d'expression totale, que finalement ça reste quand même un truc assez marginal comme le souligne Slate.
L'Antarctique ne figure pas sur la carte. Too bad pour les manchots opprimés par le régime totalitaire des ours blancs..
Carte à mettre en parallèle avec celle de l'IDH (combinant revenu par habitant, espérance de vie, et alphabétisation). Juste comme ça pour rigoler. Voilà voilà...
Décidément, les manchots sont tricards...

Voilà voilà. Et sinon, il y a des gens qui ont tellement bien compris l'esprit #jesuischarlie qu'ils ont décidé de meuler la face du vil buraliste crypto-jihadiste qui tentait de carotter la dernière édition de Charlie Hebdo. D'autres gens ont décidé promouvoir la liberté d'expression en lui donnant de la valeur à cette dernière édition... Esprit Charlie je vous dit!!! Ils sont bien les gens...
Non, vraiment. Il faut arrêter.
Comme j'ai commencé cette note par quelques belles citations, je terminerai donc sur cette autre belle citation, de Douglas Adams :

"Ça me flanque la migraine rien qu'à m'abaisser à essayer de penser à votre niveau."


vendredi 25 juillet 2014

Objets sexuels et retour de bâton

Été = Sexe, alors c'est l'occasion de se lâcher et d'en parler.

Si si je vous assure : été = sexe. Il suffit de voir la couverture de la plupart des magasines de presse féminine ou masculine pour s'en convaincre. Et ça ne date pas d'hier, d'ailleurs, c'est un peu comme la mode, il y a des tendances annuelles.

►1998 : la mode est à la pipe turlute flute à 6 schtroumpfs fellation au cigare
Ok, mais si on avale, c'est tromper?

Notons d'ailleurs que c'est comme la mode : au début c'est de la haute couture, réservé aux vedettes, à ceux qui ont le swag, et puis quelques années plus tard, c'est le tour des gens du commun avec le prêt à porter...

►Années 2000 : le poil c'est la loose, on rase gratis! Plus les années passent, plus le poil recule. Comment voulez-vous...
Et oui, je suis cap' de mettre la photo d'un minou sans poil sur un blog tout public. Même pas peur.

Une mode de sinistre mémoire qui aura des effets désastreux sur la biodiversité.

►2011 : la tendance est aux viols de soubrettes amours ancillaires
Une histoire sordide qui lui a coûté son job. A Nestor je parle. C'est triste.


►2012 : c'est le SM qui a la cote. Ne le niez pas, je sais que vous avez lu "50 nuances...".
Hum, c'est tentant mais... hum, non.



►2013 : fini le SM, c'est passé de mode, la mode est au saphisme
Et oui, Martine a dû lire "Elle". Et comme elle a le swag...


Si si, authentique, "Elle" vous explique que (si vous êtes une fille), avoir une amante c'est trop le swag. Même si t'es hétéro. Ah bon... bah si c'est pour le swag alors...

►2014 : le poil est de retour : le poil c'est hype
Ce blog devient n'importe quoi : on y voit même des gens complètement à poil!



►2015 : vive la zoophilie?
Le film est en préparation, le casting a débuté...

Ne riez pas, ça existe pour de vrai (ici, et aussi), et je ne parierais pas qu'on en fera pas un best seller un jour...


Et je passe sur tous les testàlacon du style "Suis-je plutôt soumise ou dominatrice?",  "Devrais-je essayer la sodomie?" ou "Suis-je dévergondée?" ou encore "Dois-je coucher le premier soir ou attendre le deuxième?", rédigés par des stagiaires sous-payés (non payés) sous acide.

Bref : été = sexe.

Alors je vous vois venir sacripants! Vous vous dites qu'avec un titre pareil pour le présent article, on va traiter de pratiques sexuelles particulières que la moral et les ostéopathes réprouvent, peut être même proposer un tutoriel de fabrication de matériel SM (= Sado-Maso, pour les non initiés) en DIY (= Do It Yourself = Fais-le toi-même, pour les non anglophiles). Et si avec de tels mots clés, je ne récupère pas tous les pervers de France et de Navarre  fans libidineux de Christian Grey, c'est à n'y rien comprendre...
Montage erroné d'une chaise de bar HËNRIKSDÅL dont la notice était mal traduite. Ixea, bien plus qu'un marchand de meubles.

Les adeptes du divin marquis peuvent retourner vaquer à leurs occupations (quelles qu'elles soient, je ne veux rien savoir) : point de tuto SM dans cette bafouille. Oui, je sens votre déception, mais c'est ainsi.

Petit aparté
Je préfère le préciser parce que je sens poindre la douce odeur du troll en rut dans les commentaires, et que je préfère autant les sélectionner moi-même (les trolls je veux dire) : je respecte les préférences et les désirs sexuels de chacun. 
Je n'ai aucun problème avec l'homosexualité (tant pis pour Titine Boutin) :
♦ je suis totalement favorable au mariage pour tous : les homos aussi ont le droit de mourir de honte dans des déguisements pourris lors des enterrements des vie de garçon/jeune fille, et de se taper des festivités interminables au cours desquelles papy Raoul tripotera le fessier des p'tites cousines et tonton Jean-Marie racontera des blagues graveleuses/racistes/homophobes qui jetteront un silence gêné dans l'assemblée.
♦ j'approuve la possibilité d'adopter pour les familles homoparentales : je ne vois pas en quoi des parents homos élèveraient un enfant moins bien que des parents hétéros (il suffit d'ailleurs de voir certaines familles hétéros pour se dire que ça n'est pas toujours un modèle à suivre), et je pense qu'à choisir entre "pas de famille" et une "famille homo", les enfants feraient vite leur choix...
Je n'ai rien non plus contre les pratiques SM (ou autres), tant que c'est librement consenti par les différents partenaires.
Ce qui me dérange c'est cette façon stupide de transformer tout ça en phénomène de mode, histoire d'en faire un buzz médiatique. Vous imaginez un titre de "Elle" disant : "L'hétérosexualité avec la position du missionnaire à la papa, c'est trop à la mode, il faut vous y mettre!" ? Ça paraitrait complètement con non? Bon. Ça c'est dit.

Non, quand je parle d' "objets sexuels" c'est plutôt une référence à ce phénomène (qui ne date d'ailleurs pas d'hier) consistant à utiliser l'image dénudée, ou du moins érotisée, du corps –féminin la plupart du temps, mais pas que– pour vendre un produit ou promouvoir une cause. Et ceci même, et surtout en fait, si ça n'a aucun rapport avec la choucroute.

Schématiquement, disons qu'un corps plus ou moins dénudé pour une pub de lingerie ne me parait pas incongru, mais que voir tant de gens à poil (Jean-François Copé n'a pas finit d'être choqué) pour promouvoir, au hasard, une chaîne de magasin d'électroménager, est déjà plus étonnant. On va mettre ça sur le compte de la coke que les publicitaires sont réputés consommer en quantité industrielle, hein.
Vu la tête du monsieur alors qu'une jolie fille à moitié nue s'accroche à lui, soit il est gay, soit c'est pas une vraie fille. Vu le sourire de madame, je penche pour la deuxième hypothèse.
Alors oui, je sais bien ce que vous allez me dire : logique, le sexe fait vendre. Déjà, ça reste à prouver, et en plus à une période c'était devenu tellement banal que ça n'avait visiblement plus d'effet. Et du coup tout le monde avait plus ou moins laissé tombé cette espèce de surenchère dans le trash. Et puis d'un coup, une sorte de renouveau de la morale pudibonde a fait son grand retour, et le sexe et la nudité sont redevenu transgressifs. Et du coup, tout le monde s'y remet, car qui dit transgressif dit buzz et qui dit buzz dit pub gratuite :

►Le cinéma :
Non mais, les scènes de sexe, c'est juste parce que... euh... pouf pouf : oh! Regardez, une palme d'or!
►La télé :
Non mais, les scènes de sexe, c'est juste parce que... euh... pouf pouf : oh! Regardez, un Emmy Award!
►L'industrie musicale :
Non mais, les scènes de sexe, c'est juste parce que... euh... pouf pouf : oh! Regardez,un NRJ Music Award!
►Et du coup même les féministes s'y mettent :
Non mais, militer contre la marchandisation du corps féminin en montrant ses seins dans une église c'est ok.

Et justement puisqu'on en parle : les femen proteste (entre autre) contre le fait de transformer les femmes en objets sexuels non... Alors quelqu'un pourrait-il m'expliquer l'intérêt qu'il peut y avoir à montrer ses nénés à tout bout de champs au nom de cette lutte contre l'exploitation du corps féminin? Y a pas une sorte de paradoxe là?
Bon ok, dans certains pays particulièrement rétrogrades en la matière comme la Chine ou certains pays arabes, le fait de montrer une poitrine féminine dénudée peut être vu comme un acte militant et transgressif en soi, et donc être apparenté à une forme de protestation. Admettons. Mais en France? Franchement? A part pour faire le buzz, ce qui peut être vu comme l'utilisation des procédés même qu'elles dénoncent, je ne vois pas trop... Et puis, vous pensez sérieusement que les actions commandos des femen peuvent amener un pur macho à changer de posture?
Essayons d'imaginer une rencontre entre ces deux être que tout oppose.
Prenons Michel, 33 ans, phallocrate sexiste imbu de lui-même et Svetlana, 22 ans, femen plantureuse arborant le slogan "Naked War" sur sa poitrine nue.
Toute ressemblance blablabla...
[Michel]:
–Non mais moi, les nanas je les prend puis je les jette tu vois... pis si elles sont pas contentes, je leur colle une taloche, uh uh uh!
[Arrivée de Svetlana]:
–WOMAN IS NOT AN OBJECT!!! *Svetlana agite ses seins sous le nez de Michel en scandant son slogan*
–Ah oui... *le visage de Michel se décompose soudain*  ok, non mais d'accord. Je comprend mon erreur... *Michel pleure à chaudes larmes* snif... vos arguments d'une rare profondeur ont su toucher mon âme pervertie de vil macho. Je prend rendez-vous derechef avec la clinique pour une ablation de mes testiboules avant d'aller me dénoncer à la police pour violence.

Ou pas.

Évidemment chacun fait comme il le sent, mais :
  1. je trouve que leurs méthodes et leurs actions (souvent assez extrêmes) ne renvoient pas une image très positive du "combat féministe". 
  2. des p'tites nénettes blondes au physique de mannequin des pays de l'est (oui, je sais je caricature là, mais bon, faut reconnaître qu'en général...) qui se ballade nichons à l'air en envoyant chier, en vrac, les curé, les fachos, les homophobes, les machos et tutti quanti (ça n'est pas moi qui leur donnerait tord sur le fond du reste) ça passe peut être bien à la télé mais en termes d'argumentation c'est un peu le degré zéro
  3. elles finissent par se montrer aussi virulentes et caricaturales que les groupes qu'elles combattent...
Tient, d'ailleurs rien que ce terme de "combat" (que d'autres féministes emploient également) me pose problème. Pourquoi un "combat" avec tout ce que ce terme implique de violence?

Je ne conteste pas qu'il reste encore beaucoup à faire en matière d'égalité et de respect mutuel homme-femme, mais doit-on vraiment faire de cela une lutte, une guerre des sexes ? Ça revient à entériner l'opposition entre hommes et femmes, y compris pour ceux et celles qui ne se sentaient peut être pas concernés. Combien de femmes qui n'ont jamais, ou rarement, subit de véritable discrimination vont se mettre à penser que tous les hommes les regardent comme des nichons sur pattes? Et combien d'hommes ne vont même plus oser aborder une femme de peur que ça passe immédiatement pour du harcèlement?
 
–Han mais papa Hérisson, t'es anti-féministe alors!?

Non pas du tout : je soutiens totalement la cause. Moins les groupes et les méthodes. Juste, j'aime pas les "istes" et les "ismes", quoique vous décidiez de mettre devant, car souvent, vous pouvez facilement remplacer le préfixe par "extrem", quoi qu'il ait été à l'origine. Je serais plutôt enclin à faire d'une certaine mesure en toute chose, et, autant que possible, à essayer de comprendre "l'autre", ce qui n'est possible qu'à condition de garder l'esprit ouvert, sans (trop d') idées préconçues, et sans rechercher le clash.

Ça me fait un peu penser à ce strip BD à propos duquel j'ai eu un désaccord avec l'un de mes contacts Facebouc® récemment : ce contact (un homme d'ailleurs) s'indignait du propos "anti-féministe" tenu par l'auteur de la planche, tandis que moi je la trouvais globalement pertinente (le ton est bien sur excessif, mais c'est assez normal puisque satyrique et l'auteur est coutumier du fait). A en croire mon contact, critiquer les féministe revient à contester la justesse de leur revendication... Et bien désolé, mais je ne suis pas d'accord.
►Primo : il n'y a pas un seul féminisme, mais de multitudes de féminismes. Je doute que toutes les femmes se retrouvent dans les méthodes des femen par exemple. Pourtant ces mouvements parlent toujours au nom des femmes dans leur ensemble. C'est un peu comme le MEDEF qui se réclame des patrons dans leur ensemble quand il représente en réalité surtout les dirigeants du CAC40 (et encore).
►Secundo : certaines revendications sont amplement justifiées, mais d'autre me semblent franchement secondaires (comme ce truc du madame/mademoiselle), mais ça n'empêche pas certains mouvements féministes de se battre becs et ongles pour ces trucs là. Mouaih. Y a pas plus urgent des fois?

Bien sûr que le harcèlement de rue et le sexisme sont une réalité encore trop présente, qu'ils sont à dénoncer, à condamner et à proscrire... mais à trop en faire, à trop en dire, on en arrive à culpabiliser et rendre suspicieux l'ensemble du genre masculin, renforçant mécaniquement la division que l'on cherche à abolir. Sans compter le risque de sortir l'artillerie lourde (marche de soutien, appel à témoins larmoyant, plateaux télés, débats passionnés à l'assemblée, déploiement de l'armée, déclaration de guerre au Boukistan, etc...) pour un canular par exemple.

Au delà de conceptions stéréotypées antédiluviennes (vous savez comme j'adore les stéréotypes) et purement culturelles il me semble me rappeler un vague truc de cours de SVT : hommes et femmes font partie de la même espèce (l'être humain), partagent le même ADN, et sont complémentaires ne serait-ce que sur le seul plan de la reproduction. J'ajouterai aussi que la plupart des avancées sociétales –je parle d'évolutions efficaces et durables– se font bien plus grâce au consensus et à l'éducation des masses que grâce aux actions d'éclat vindicatives et aux slogans hostiles.

Mais revenons-en à notre choucroute, ou plutôt à nos objets sexuels.

Ainsi donc, le corps –de la femme en particulier– à force d'être exposé pour un oui ou pour un non, finit par devenir un simple objet sexuel destiné à attirer l'attention. Le problème n'est d'ailleurs pas la nudité en soi, je ne vais pas commencer à faire mon Jean-François Copé de base. Et d'ailleurs je précise que je n'ai rien de particulier contre la nudité (qu'elle fut masculine ou féminine) : j'aime bien dessiner moi-même des nus de temps en temps, et j'estime que le corps humain n'a rien de honteux. C'est plus ce côté "objet sexuel" qui me dérange. C'est donc surtout, une question de contexte.

A titre de dernier exemple, j'évoquerais juste le débat lancé par Anne-Estelle sur le blog Etre Parent, concernant l'allaitement en public (vous pourrez d'ailleurs constater dans les commentaires que certain(e)s sont assez virulents sur la question, ce qui nous renvoi plus ou moins au point n°3 sur les femen évoqué plus haut). A titre personnel, ça ne me dérange pas qu'une femme allaite en public sans se dissimuler même si je conçois aussi parfaitement la pudeur de certaines qui le font avec une certaine discrétion.

Basiquement, je n'aurais aucun problème à expliquer ce qu'il en est à mes gnomes si jamais ils me posaient la question à propos d'une femme en train d'allaiter son enfant (d'autant qu'eux-même l'ont été et comprennent de quoi il retourne). Il me semble en revanche que j'aurais plus de mal à justifier la nudité beaucoup plus vulgaire et connotée de certains clip musicaux ou certaines publicités...
"Bon, là, tu vois, la dame elle donne à manger à son bébé, c'est pour ça qu'elle montre son néné..."
"Bon, là, tu vois...euh... les dames... euh... bin... elles doivent avoir envie de faire pipi je pense... hum... bon..."

Et puis on sait ce qu'il en est des phénomènes de mode : un coup dans un sens, un coup dans l'autre. Des seins et des fesses partout aujourd'hui, plus rien demain. C'est fatiguant ce passage d'un extrême à l'autre...

Alors, "tous à poil", certes, mais pas n'importe comment, sinon entre les puritains et les publicitaires ça risque de finir comme ça :
Et là, c'est pas dit que l'image de la femme en sorte grandie...

lundi 12 mai 2014

Stereotypes Débiles Surround

Depuis peu, je me suis mis sur Touïteur® (@PapaHerisson si ça vous intéresse, mais je vous averti, je n'y suis pas très actif à l'heure actuelle). Et comme pour l'inscription il faut trouver des gens à suivre, je me suis abonné, entre autres, au fil de Christine Boutin. Non, je sais... ça a l'air idiot dit comme ça, surtout à la lecture de certaines de mes précédentes notes, mais il y a une certaine logique à surveiller ses adversaires. Et puis il faut le dire, avec Titine, des fois, on rigole bien.
Et du coup, en épluchant ses tweets récents, je suis tombé là-dessus (retweeté d'un certain Pierre-Louis Nguyen en date du 4 mai il me semble) :
Le pictogramme n'est pas d'origine.
Vous commencez à connaître mon amour immodéré pour les préjugés et les stéréotypes de genre (mais pas que), vous vous doutez donc que mon sang n'a fait qu'un tour.
Ça va chier des bulles!
Au nom de qui, au nom de quoi nous inflige-t-on ces restrictions vestimentaires stupides et archaïques? Hein? Je vous le demande! En vertu de quels principes idiots venus d'un autre âge, serait-il interdit pour un papa de porter la jupe? Pourquoi n'aurais-je pas, moi aussi, le droit d'exposer aux regards la vision magnifique de mes superbes gambettes poilues et musclées? A quoi ça sert que Jean-Paul Gaultier se décarcasse depuis plus de trente ans à essayer d'imposer la jupe masculine?
Et en plus, il s'occupe du ménage...
Moi qui rêve de tenter le kilt, je trouve ça à la fois vexant et stigmatisant (mot très à la mode, du coup, c'est comme Touïteur®, je m'y met aussi). J'irais même jusqu'à dire que c'est de la discrimination! Et au delà des gesticulations de Titine Boutin et de ses copains de la "Manif' pour tous" ou de Civitas, les exemples de cette discrimination par des stéréotypes antédiluviens ne manquent pas. Allez hop, un petit top 5 comme ça, à la débottée.

Stéréotype n° 1 : combien de victimes de viol sont encore soupçonnées d'avoir été consentantes... car après tout, on ne viole pas un homme non? Si un homme se fait "violer", c'est qu'il devait être consentant en fait (c'est d'ailleurs la même chose pour les femmes... et en plus, elles l'ont surement un peu cherché en s'habillant sexy). Alors certes, les viols d'hommes sont certainement moins fréquent que les viols de femmes, mais ils existent néanmoins. Petit rappel au passage (pour les hommes comme les femmes) :
Zut... les jeux vidéos ne sont pas cités. On néglige trop souvent l'influence néfaste de Super Mario ou des Angry Birds.

Stéréotype n° 2 : combien de toilettes publiques (parcs d'attractions, restaurants, lieux publics...) sont équipées en tables à langer? De toilettes homme je parle... D'expérience, pas beaucoup. C'est bien connu, les hommes n'ont pas d'enfants en bas âge. Ou ne s'occupent pas de changer leurs couches.
Tout se tient : un homme en jupe rose pourra donc aller torcher son gnome.

Stéréotype n°3 : les écoles demandent parfois des accompagnateurs pour les sorties scolaires... il vaudrait sans doute mieux dire des accompagnatrices, car manifestement, les hommes ne sont pas toujours les bienvenus. C'est bien connu, tous les hommes sont des pédophiles en puissance, jamais les femmes. A ce sujet d'ailleurs, lisez les commentaires sur les articles évoquant des enseignants accusés de relations pédophiles... vous verrez que selon que l'enseignant était un homme ou une femme, la tonalité générale des commentaires change quelque peu, car c'est bien connu : si c'était une femme, elle était sans doute amoureuse, alors qu'un homme ne recherchait obligatoirement qu'un plaisir sexuel pervers qui mérite la peine capitale minimum.

Stéréotype n°4 : les hommes ne savent pas cuisiner, c'est bien connu. D'ailleurs les invités à un repas félicitent presque toujours la maitresse de maison. J'en ai encore fait l'expérience il y a peu en apportant des petits gâteau faits maison à mon travail l'autre jour, à partager avec mes collègues, l'une d'elles me dit ceci :
–Oh merci papa Hérisson! Et tu remercieras maman Koala  ;)
–Je dois la remercier de quoi? De m'avoir laisser utiliser la cuisine pour préparer les biscuits? Ou de vous en avoir laissé?
J'ai l'impression que pour beaucoup de gens, un papa en cuisine c'est de ce style...
Je précise que maman Koala cuisine divinement, pour autant, ça ne veut pas dire que c'est elle qui prépare tout ce qui se mange à la maison.

Stéréotype n°5 : les hommes ne peuvent pas comprendre la douleur des femmes qui accouchent. Les femmes sont des warriors, capables de supporter la douleur intense d'un accouchement, alors que ces chochottes de porteurs de testiboules n'en seraient pas capables, c'est bien connu. Le stéréotype est en revanche moins disert sur la réaction potentielle des femmes en cas de violent coup dans les valseuses si elles en avaient. Question purement oiseuse du reste puisque la biologie humaine est ainsi faite. Cela revient à opposer cancer du sein à celui de la prostate pour savoir qui est le plus vernis...




Mes choix de stéréotypes vous choquent? Vous les trouvez dévalorisant pour les femmes car passant sous silence les multiples stéréotypes dont elles sont victimes au quotidien? Vous avez raison... partiellement. Mon propos est volontairement outrancier : les stéréotypes humiliant pour les femmes sont bien plus nombreux... et tout aussi débiles. Au cas ou vous en douteriez, je vous invite à regarder cet édifiant petit film d'Eleonore Pourriat qui circule sur le net depuis quelques mois, il remet quelques pendules à l'heure.


Mais qu'ils concernent les hommes ou les femmes (ou même les homos, les étrangers, les jeunes, etc...), tous les stéréotypes ne sont rien de plus que ce que leur définition indique :

stéréotype /ste.ʁe.ɔ.tip/ masculin

    1. Représentation caricaturale.
        exemple : Le stéréotype de la blonde n’est pas épargné par la publicité.
    2. Idée toute faite acceptée sans réflexion.


Sans réflexion...  je crois que tout est dit.



Pour terminer, si Titine veut vraiment promouvoir des stéréotypes idiots sur Touïteur® à l'aide de BD pour les enfants, je lui propose de ne pas se limiter aux stéréotypes de genre. Les clichés racistes, homophobes et autres n'attendent que son soutien. En voici quelques uns qui devraient lui plaire :
Même pas eu besoin de la trafiquer celle-là d'image...
Hum... pas dit que celui-ci plaise à Titine.

jeudi 27 mars 2014

Et si ça te plait pas, c'est pareil!

Un petite brève aujourd'hui. Je lisais ce jour dans la presse, que le ministre du chômage du travail, Michel Sapin avait déclaré que les chiffres du chômage allaient "dans la mauvaise direction",  et qu'il fallait "maintenir le cap". Maintenir le cap dans la mauvaise direction donc. Au début, cette formule m'a fait penser à la phrase de Félix Houphouët-Boigny : "Nous étions au bord d'un gouffre, nous avons fait un grand pas en avant...".
"–Ok, je sais que vous avez déjà l'oignon comme ça... mais il va encore falloir faire des efforts!"
Mais finalement, en y réfléchissant un peu, et sachant que la phrase n'a pas dû être énoncée textuellement comme cela, ça me fait plutôt penser à cette formule, prononcée généralement face à une requête insistante d'un gnome dans le but de couper court :

–Bon stop! C'est comme ça et pis c'est tout! Et si ça te plait pas, c'est pareil!

Convenons-en, c'est un peu le degré zéro de l'argumentation. Et d'ailleurs, ça fonctionne rarement de la façon voulue, puisqu'en général vous obtenez juste cris & hurlements de la part du gnome concerné. Gageons donc que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, les prochaines semaines seront socialement et politiquement agitées...
Oui, la politique ça me pompe un peu l'air aussi...

Comme l'Etat a tendance à nous prendre pour des gamin, et comme je suis sympa, voici les 10 commandements qui marchent assez bien sur les gnomes quand vous voulez obtenir quelque chose et que les gnomes ne veulent pas trop :
  1. T'expliquer toujours tu devras : le gnome n'est pas idiot, il peut comprendre si on lui explique bien. Après il ne voudra peut être toujours pas, mais là, c'est juste qu'il veut vous faire chier. Mais il ne faut pas confondre autorité et autoritarisme.
  2. Contredire l'autre parent tu proscriras : évitez de vous contredire entre parents, les gnomes profitent de ce genre de faiblesse. Dans le même ordre d'idée, rejeter la faute sur l'autre parent si vous êtes séparés, ne fera pas avancer les choses : au contraire.
  3. Sur l'essentiel jamais tu ne transigeras : si c'est une question vitale, expliquez pourquoi il n'y aura pas de négociation possible
  4. Tu ne t'énerveras et ne paniquera point : c'est un signe de fébrilité, de manque de contrôle, et donc de faiblesse. Vous pouvez menacer ou punir si c'est justifié, mais sans s'énerver, ça ne fera qu'ajouter de l'huile sur le feu (les cris appellent les cris). Se disperser, faire et dire n'importe quoi, courir dans tous les sens ne vous aidera en aucune façon. Recentrez-vous sur l'essentiel.
  5. Tu n'écouteras point les conseils à la con : les "moi si j'étais vous..." ont toujours beaucoup de conseils et de recommandations à donner. Si vous commencez à suivre tous ces avis divergents, vous n'irez nulle part car vous ferez tout et son contraire. J'ajouterai que certains conseils ne sont pas désintéressés (pour vous vendre un truc par exemple)... Si vous avez une ligne claire (mais encore faut-il en avoir une), tenez-vous y. Ça ne vous empêche pas de faire évoluer votre stratégie si celle que vous utilisez ne donne pas les résultats escomptés, mais gardez votre objectif premier en tête.
  6. Tu n'insulteras point : traiter le gnome d'idiot qui ne comprend rien ou de méchant ne vous aidera pas, c'est un non-argument. Si le gnome ne comprend pas, c'est parce que vous expliquez mal, pas parce qu'il est bête.
  7. Tu n'accuseras point la mauvaise influence d'autrui : accuser Marine, la fille du voisin, d'avoir une mauvaise influence et vouloir empêcher de la fréquenter ne résoudra pas votre problème : Marine est peut être une petite conne avec des idées stupides, mais c'est un symptôme, pas une cause. Votre gnome ne la suivrait pas si les principes que vous inculquez tenaient la route. Virer la nounou ne résoudra sans doute pas le problème non plus.
  8. Tu ne mentiras point : mentir, c'est insulter l'intelligence du gnome. Ça se voit, et vous finirez par vous faire chopper... sans compter que ça donne un bien mauvais exemple. Essayer de détourner l'attention peut fonctionner un temps, mais c'est reculer pour mieux sauter.
  9. Négocier tu pourras : on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre, vous pouvez éventuellement négocier (sauf commandement n°3) si vous avez des billes pour cela, mais il faut que ça reste cohérent et crédible (le coup du poney ne marchera qu'un fois, surtout si c'est du bluff)
  10. Ton erreur tu reconnaitras : vous avez le droit de vous tromper, de reconnaître votre erreur et de changer d'avis (pas trop souvent quand même). Mais persister dans l'erreur en se justifiant d'un "Il faut maintenir le cap et aller plus vite et plus fort dans les réformes" "C'est comme ça!" est juste incroyablement stupide et contre-productif.

samedi 15 février 2014

Fahrenheit 51 : c'est quoi ce pastis?

Cet article atteint le point Godwin à plusieurs reprises. Mais c'est eux qui ont commencé.
Depuis quelques jours/semaines/mois, les réac' de tout poil de ce pays semblent s'être donné le mot pour propager leurs idées rétrogrades/liberticides à la con. Franchement, ça valait bien la peine de se moquer des Tea Party américains pour récupérer les mêmes chez nous...
Résumons :

► Manif' pour tous les homophobes contre le mariage gay : il est assez rare de voir des manifestation d'ampleur contre une loi qui ouvre de nouveaux droits au lieu de les restreindre, mais c'est pourtant bien ce qui s'est produit en France. Deux remarques : primo l'ouverture du mariage aux couples homo ne remettait absolument pas en cause les droits des couples hétéros, ça ne faisait qu'aligner les droit, c'est dire mettre tout le monde sur un pied d'égalité (si si, vous savez : l'égalité... ce truc qui figure dans la devise de notre pays, et qui est aussi accessoirement prôné par l'enseignement du Christ!), donc bon... secundo il existe plusieurs pays dans le monde (dont certains pays d'amérique du sud plutôt assez cathos) dans lesquels ce genre de loi est déjà passé sans qu'on en fasse tout ce ramdam, et sans que ça déclenche l'apocalypse, donc bon...

► Manifestation contre le droit à l'avortement à l'appel du "Printemps Français" (groupuscule catho-facho-réac') : selon leur credo donc, un gloubiboulga de cellules immatures en pleine mitose de la taille d'un grain de semoule a plus de droit qu'un être humain adulte de sexe féminin qui viendrait de se faire violer par exemple. Voilà voilà...
Oui, moi le logo du Printemps Français  me fait un peu penser à ça...

► Demande (toujours à l'appel du "Printemps Français", décidément, ils sont partout) de retrait de certains livres de bibliothèque pour enfant destinés à l'éducation sexuelle et la lutte contre les stéréotypes : restons-en aux fondamentaux, la femme au foyer en jupe, l'homme au travail en pantalon, et la position du missionnaire.
C'est vrai quoi! Et pourquoi pas des hommes en robe?
► Tentative de récupération du mouvement ci-dessus en jouant les vierges effarouchées face à un livre humoristique pour enfants dans lequel les gens se déshabillent pour aller se baigner (notons d'ailleurs l'efficacité toute relative des cris d’orfraie de ce monsieur).
Ah... effectivement, il n'est pas à poil, il a un short de bain.
Mais bon, peut-on vraiment croire que ce type a de réelles convictions? Ceci étant, il était aussi l'auteur de la sortie polémique sur les pains au chocolat (souvenez-vous!), ce qui montre qu'à défaut de convictions bien établies (je pense personnellement que le sens moral de ce monsieur est une sorte de barbapapa, informe et maléable), il a une certaine affinité pour les idées nauséabondes.

► Demande d'enseignement de la théorie de la Terre plate...

euh... au temps pour moi, le dernier est un fake du Gorafi. En même temps l'erreur est compréhensible ça resterait cohérent dans la démarche.

Bref, si je résume bien, la France selon Jean-François Copé et le Printemps Français c'est un pays dans lequel des enfants non désirés (issus d'un viol par exemple) devront se conformer au stéréotypes sexuels surannés style régime vichyste (travail, famille, patrie, femmes au foyer habillées en jupe, hommes chefs de famille, bibliothèques ne contenant que les livres autorisés pas le ministère de la propagande de l'information, etc...).

Faudrait-il mettre ces livres sataniques (ta mère!) à l'Index? Faut-il carrément brûler ces ouvrages impies (de vache)? Faire un autodafé de ces ouvrages obscènes (de ménage)?
Autodafé. Et hop, un point Godwin, un!
Bon, vous le savez déjà, les interdits et la censure, j'aime pas trop ça. Surement mon côté bobo-anar-gauchiste.
Ou alors c'est juste que je me suis rendu compte que la censure est totalement inefficace, en plus d'être douteuse sur le moral et sur le plan éthique. Et puis, soyons honnêtes : vous croyez vraiment qu'à notre époque, avec la multiplicité des accès à internet, nos chères têtes blondes peuvent vraiment être préservés de toutes ces thèses hérétiques comme l'égalité des sexes et la diversité des orientations sexuelles? Hum?
En même temps, vu qu'elle surfait déjà sur You-Porn...
Bon, alors ok, c'est vrai, il y a des livres violents. Par exemple :

« Quand tu t’approcheras d’une ville pour l’attaquer, tu lui offriras la paix. Si elle accepte la paix et t’ouvre ses portes, tout le peuple qui s’y trouvera te sera tributaire et asservi. Si elle n’accepte pas la paix avec toi et qu’elle veuille te faire la guerre, alors tu l’assiégeras. Et après que l’Éternel, ton Dieu, l’aura livrée entre tes mains, tu en feras passer tous les mâles au fil de l’épée. Mais tu prendras pour toi les femmes, les enfants, le bétail, tout ce qui sera dans la ville, tout son butin, et tu mangeras les dépouilles de tes ennemis que l’Éternel, ton Dieu, t’aura livrés. C’est ainsi que tu agiras à l’égard de toutes les villes qui sont très éloignées de toi, et qui ne font point partie des villes de ces nations-ci. Mais dans les villes de ces peuples dont l’Éternel, ton Dieu, te donne le pays pour héritage, tu ne laisseras la vie à rien de ce qui respire » (La Bible : Deutéronome 20:10–17).

« Maintenant, tuez tout mâle parmi les petits enfants, et tuez toute femme qui a connu un homme en couchant avec lui; mais laissez en vie pour vous toutes les filles qui n’ont point connu la couche d’un homme » (La Bible : Nombres 31:17–18).

« Si un homme frappe du bâton son esclave, homme ou femme, et que l'esclave meure sous sa main, le maître sera puni. Mais s'il survit un jour ou deux, le maître ne sera point puni; car c'est son argent. » (La Bible : Exode 21:20-21)

Notons que d'après ce livre, à lui seul Dieu est responsable de 2,3 millions de morts (10 pour Satan). Et je ne compte pas les gens morts, torturés, convertis de force (etc...) au nom du dogme véhiculé par ce bouquin. Je sais pas vous, mais moi je me dit que Game of Thrones à côté, c'est du Barbara Cartland. Pourtant, bizarrement, les gens du "Printemps Français" ne demandent pas qu'il soit retiré des bibliothèques celui-là...

On m'objectera, à raison d'ailleurs, que ce n'est pas ce livre qui a tué et torturé, mais bien des êtres humains l'ayant lu et interprété d'une certaine façon. Banco : arrêtons de prendre les livres pour ce qu'ils ne sont pas et les enfants pour des idiots! Pour les adultes, j'ai peur qu'il ne soit déjà trop tard...