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dimanche 8 avril 2018

Shannara... té!

Alors oui, bon, je sais déjà ce que vous allez dire : "Gna gna gna... il pond même plus un article par mois, c'est une honte... et patati et patata...". Ce à quoi je vous répondrai : "Hé ho hein bon! Je fais bien ce que je veux naméo!", et là vous allez insister, et ça va mal se finir...
Ça vaudra mieux pour tout le monde.

Et en plus, ça va même pas être un article qui va voler très haut, car on va parler série télé. Si si. Et non, je n'ai toujours pas la télé. Mais j'ai internet. Oh et puis arrêtez d'ergoter! Je vais donc vous parler d'une série fantasy (ces trucs avec de la magie, des trolls, des morts-vivants), tirée d'une série de bouquins assez connus qui suit les pérégrinations de plusieurs générations de héros confrontés à des forces indicibles et maléfiques. Y a du sexe, du sang et des morts. Et de la magie. Les personnages principaux sont un beau jeune homme idéaliste, un bâtard visiblement, mais à l'ascendance empreinte de mystère, une princesse belle et rebelle qui...

"–Nooooon!? Sans déconner? Tu vas causer de Game of T..."

Non, pas du tout. De toutes façons, je ne vois pas bien ce qu'il y aurait à dire sur cette série, qui a certainement ses défauts, mais qui reste plutôt bien ficelée dans l'ensemble. Non, là je parle d'une série qui ne se contente pas d'être honorable.

"–Ah? Elle est super bien donc?"

Non. C'est même tout le contraire : elle est moisie au possible. Mais à tel degré que ça en devient formidable.

"–Euh... t'es sûr du coup?"

Oui. Chut. Nous allons donc causer de cet empilement de clichés stéréotypés assemblés en un scénario bancal et incohérent joués par des acteurs totalement dépourvus de charisme (ou qui s'en foutent) qu'est "Les Chroniques de Shannara".

"–Hein?"

Tenez, rien que l'affiche envoie déjà du rêve : pourquoi les greluches filles prennent-elle cette pose totalement pas naturelle, à part pour montrer leur c... leur dos , alors que les garçons ont une posture normale. On notera le talent du graphiste/photoshopeur qui a dupliqué les nuages comme un sagouin en haut de l'affiche.
Oui, l'affiche est déjà un bel exemple de stéréotypes, comme on le voit très régulièrement sur les affiches de blockbusters. Je trouve que ça en dit long sur le rôle de faire-valoir dévolu aux deux demoiselles de l'affiche. Autre exemple, prenez les Marvel les plus récents :
En haut la version officielle, en bas la même si les héros masculins prenaient les mêmes genres de postures que leur homologues féminines et inversement. Vous saisissez l'idée?


Bon. Shannara pour ceussezécelles à qui ça ne dit rien, c'est avant tout une série de bouquin de Terry Brooks, qui a eu pas mal de succès en son temps. Enfin il parait, car je vous avoue que je ne les ai jamais lus.

Brooks était un grand fan du Seigneur des Anneaux (le livre de Tolkien traduit en français avec les pieds, pas le film de Peter Jackson qui n'était pas encore sorti hein...) et a décidé de pondre sa propre saga de Fantasy avec des elfes, des nains, et tout le bastringue. Mais avec une petite subtilité cependant : c'est aussi un univers post-apocalyptique, c'est-à-dire qu'il se passe dans notre futur après une catastrophe non précisée (du moins dans la série) qui a conduit à la destruction de notre civilisation et à la mutation de l'humanité en différentes races (les elfes, les gnomes, les trolls, etc...) donc.

L'univers de Shannara a été décliné en une vingtaines de romans, plusieurs nouvelles, un guide, et une bande dessinée. On le voit : les auteurs de la série disposait donc de pas mal de matériel pour faire un truc qui avait de la gueule et un vrai scénario. Comme quoi on n'est jamais à l'abri de l'accident industriel.

Disons-le tout de go, ils auraient pu rater deux-trois trucs et que ça soit quand même pas trop mal. Mais là, il semble y avoir eu une sorte d'acharnement à rater consciencieusement chaque scène, grâce à une subtile alchimie entre :
  • un casting principalement constitué d'ados au charisme de vieux chewing gum collé dans le métro
  • un scénario presque aussi palpitant et imprévisible qu'une élection en Russie
  • et un empilement de clichés si élevé que la station ISS doit périodiquement changer d'orbite pour éviter de se le cartonner
Bref : si vous êtes amateur de nanard, c'est une pépite. Et sinon, on peut le voir comme une bonne série humoristique, il suffit d'ajouter quelques rires enregistrés.

La série n'a connu que deux uniques saisons, les producteurs ayant préféré arrêter les frais aux vues du résultat.

Mais tout de suite, spoilons un peu. Et présentons tout d'abord brièvement les protagonistes histoire de s'y retrouver.

Wil Omsford Link. C'est sans doute le personnage principal de la série. Level 1 au début, on peut conjecturer qu'il atteint péniblement le level 2 à la fin de la deuxième saison. Et encore, grâces aux bonus d'artfacts. Dernier descendant des Shannara (ce qui donne son titre à la série), une puissante magie est censée couler dans ses veines, et il est donc, comme de bien entendu, l'Elu de la prophétie qui dit qu'il va sauver le monde.
Le sauveur du monde à l'aide du Triforce, et qui va conquérir le cœur de la princesse elfe Zelda.
Archétype même de l'adolescent à demi pubère, sa lèvre supérieure est ornée d'un demi-duvet laissant penser qu'il va se mettre parler d'une voix à moitié cassée par une mue à demi terminée afin de réclamer un scooter ou un I-foune®. Il a les oreilles à demi pointues et s'habille plutôt en vert demi-teinte : c'est un elfe. Enfin un demi (bon ok, en fait un quart d'elfe comme on le découvrira dans la saison 2, puisque sa mère est humaine, et que son père est déjà lui-même un demi-elfe).  Demi-elfe, mais aussi demi-crétin tant il traversera les deux saisons de cette série sans accomplir une seule action un minimum réfléchie. J'imagine que le bouillonnement de ses hormones conduit à de regrettables redirections sanguines privant par là-même son demi-cerveau du minimum vital d'oxygène pour remplir correctement ses fonctions. Bref, un ado ordinaire quoi.
"–Voyons, est-ce que j'ai pensé à fermer l'onglet Youporn avant de laisser l'ordi à maman?"

►Le druide Alanon Alakon. Ressemble plus à un gladiateur ou un guerrier qu'à un druide. Il est donc plus proche de :
Beuarrrrrh!

que de :
Non, pas toi Obelix, tu es tombé dedans quand tu étais petit.
Level 69, il possède donc le sort de peau de banane. On comprend vite qu'il vit depuis des siècles en se plongeant périodiquement dans une sorte de stase magique qui le régénère. Il est barbu, a les tempes et la nuque rasées, et arbore des sortes de scarifications en formes de runes visiblement magiques.
"–Je sais tout. Mais je ne dirais rien."
De prime abord, il est clairement omniscient car :
  • il a vécu des événements oubliés par le reste du monde et donc, il s'en souvient
  • il peut lire dans les pensées
  • il a lu le scénario connait les prophéties
Bref, il sait tout... mais il ne dira rien. Enfin, le moins possible car sinon ça pourrait éventuellement aider les héros et permettre de torcher l'histoire en moins de 30 minutes, ce qui serait ballot.

►La princesse Amberle Zelda. Petite fille du roi elfe. Son père (le fils aîné du roi donc) est mort des années auparavant dans des circonstances peu claires. Elle décide de devenir l'une des Élues de l'arbre magique, le Groficus, bien qu'aucune fille ne l'ait fait avant elle (notons qu'aucune loi ne l'interdit, c'est juste que... non, en fait on n'en sait rien, c'est comme ça).
Zelda (la brune) et sa meilleure amie, l'elfe Béhaifeff (la blonde) qui la console quand elle a une peine de cœur.
Bien qu'épaisse comme un coton tige anorexique, c'est une guerrière. Accessoirement elle est amoureuse de l'un des autres élus, un elfe insignifiant que nous baptiserons Bellâtre et qui est visiblement voué à mourir assez rapidement.
Comme vous vous en doutez, elle va bien vite tomber amoureuse de Link et de son charisme de concombre farci.
"–Je n'y peux rien... j'aime les concombres..."

►La vagabonde Eretria Chaudass. Deuxième jolie fille du casting après Zelda. Comme on s'en doute, elle est là pour constituer le triangle amoureux bien stéréotypé avec Link.
"–Ok je suis une vagabonde dans un monde médiéval post-apo, mais je veux des fringues en cuir moulant classes et du maquillage. Compris?"
Son ascendance est elle aussi mystérieuse : elle aurait été vendue enfant à un vagabond sans scrupules que nous appellerons Grotraitre, qui l'a entraînée et se sert d'elle pour ramener du butin. Bon, honnêtement, puisqu'il la laisse crapahuter dans la cambrousse, on ne comprend pas bien pour elle lui quémande sa liberté au lieu de juste se faire la malle sans autre forme de procès, mais bon... Comme on le découvrira par la suite, elle possède un mystérieux tatouage sur l'épaule, et semble avoir une étrange magie qui coule dans son sang. Elle semble liée elle aussi à la prophétie.

►Le méchant druide maléfique Dagdamor Pouftémor. Vous le savez, lorsqu'un personnage porte un nom en "or", c'est qu'il s'agit d'un flutain de gros méchant : 
  • Sauron de Mordor
  • Dark Vador
  • Voldemort
  • Mediator®
  • #Balancetonporc
Du coup, forcément, là ça ne rate pas : c'est un gros vilain. Et histoire qu'on n'ait pas le moindre doute sur la question, les costumiers et les maquilleuses lui ont fait une tronche de gros vilain bien stéréotypé : peau très pâle, piercings, tatouages et des yeux qui foutent les chocottes.
Amis gothiques qui me lisez, sachez-le : pour Hollywood vous êtes l'incarnation du mal. Surtout si par malheur vous vous appelez Victor ou Aurore.
Emprisonné dans une dimension parallèle avec tous les démons grâce au pouvoir du Groficus, l'arbre magique des elfes, il ne rêve que d'une chose : détruire le monde. Pour régner sur ses cendres. Oui, c'est complètement con de vouloir devenir le maître d'un caillou stérile, mais que voulez-vous... Et pourquoi est-il aussi méchant? Parce que. C'est à cause de... euh... du côté obscur de la magie. Voilà. Allez zou, circulez.

►Le roi Eventine Gimli. Roi des elfes de la cité de Gronarbre depuis un bon moment. Il a connu la grande guerre durant laquelle le dernier druide et la magie sont censés avoir disparu.
Oh! Bon! Sang! Mais c'est Gimli du Seigneur des Anneaux! (quelle déchéance, de nain à elfe...) Je comprends mieux où est passé le budget de la première saison : rien que son salaire a dû en bouffer les deux tiers...

Le roi Gimli a eu trois fils :
  • Le prince Onsenfout, le fils aîné de Gimli et père de Zelda. Mort des années auparavant parce que son petit frère, le prince Alcoolix était parti jouer à picoti-picota avec la capitaine des gardes en laissant la porte du palais ouverte derrière lui et que des gnomes facétieux en ont profité pour rentrer et planter un peu des dagues dans les gens. Quand je vous dis qu'on rentre dans ce palais comme dans un moulin...
  • Le prince Iznogoud, le deuxième dans l'ordre de succession. Il aimerait être calife à la place de son paternel qu'il prend pour un vieux fou sénile. Possède à peu près autant de jugeotte qu'un concombre de mer.
    Comment ça une gueule de traitre? Non mais dites donc...
  • Le prince Alcoolix, troisième et dernier fils de Gimli, dernier dans l'ordre de succession. S'en veut terriblement de son erreur qui a coûté la vie de son aîné, et a donc sombré dans l'alcool et la dépression. Du coup sa copine capitaine de la garde s'est barré et est à présent en couple avec son frère Iznogoud. Ou comment être l'incarnation même du looser.
    Il reste un peu de whisky?
►L'elfe Catania Béhaifeff. La meilleure amie de Zelda (sa BFF quoi). Est blonde et aussi gentille que stupide (faut dire que quand on s'appelle Catania, on attire les catastrophes) : elle serait du genre à ouvrir la porte des enfers en croyant appeler l'ascenseur. Comme on le verra, elle a de plus un goût discutable pour choisir ses petits amis. Un vrai cliché sur pattes.
"–Le démon? Ah bah oui, je l'ai laissé entrer... il m'a dit qu'il venait pour poser le compteur Linky..."

Les Chroniques de Shannara : saison 1 - Episode 1

Tout commence dans une forêt où Zelda est en train de galoper comme une furieuse en... comptant, les mains attachées dans le dos et les yeux bandés. Elle finit par se vautrer comme une merde, logique. Un autre elfe se pointe alors : c'est son oncle Alcoolix et nous comprenons alors que Katniss Zelda s'entraine pour participer au Hunger Games à la course des élus dans le but de devenir une sorte de gardienne du Grand Arbre Magique : le Groficus qui pousse au centre de la cité de Gronarbre. On notera donc que pour recruter leurs jardiniers, les elfes organisent des concours sous forme d'une course d'obstacle à l'aveugle, les mains attachées dans le dos et au cours de laquelle tous les coups sont permis entre les concurrents :
  • croche-pied
  • bousculade
  • coup de pied
  • tourniquet ukrainien
  • prise de krav maga
  • arrachage de poils de nez...
En résumé : ce peuple hautement développé et réputé très intelligent sélectionne donc les individus les plus retords et dépourvus de sens moral pour assurer la gestion de leur principal symbole. Un peu comme les élections en France dans le fond... c'est totalement cohérent.

Bref, de façon totalement imprévisible, oulala pfouu... Zelda parvient à remporter l'épreuve et faire partie des élus. Tous avec moi : "ça alors."

Pendant ce temps à Vera Cruz dans le village de Trouperdu, un blondinet à l'air niais et aux oreilles pointues, Link, est au chevet de sa mère mourante :
"–Link... mon petit...
–Maman, ne t'inquiète pas, je vais te soigner. J'ai commencé des études de médecine et...
–Laisse tomber mon fils, je vais mourir...
–Naaaan, dis pas ça, on n'a pas tout essayé encore! Tout à l'heure j'ai trouvé l'affichette d'un puissant magicien, le professeur Boubousoula, mondialement connu dans son quartier! Il peut réparer les scooters italiens par télépathie et...
Link voulait juste le consulter pour son problème de sex... hum...
–Mékilékon! Link, écoute moi! Je vais trépasser compris? Mon contrat ne courait que pour un seul épisode. Alors, tu la boucle, et tu écoute. Tu as un destin de héros : tu dois sauver le monde, c'est la prophétie qui le dit. Pour cela, tu va trouver le Druide. Ah, et puis prends ces pierres elfiques en plastique bleu qui appartenaient à ton père...
–Hum, mon père alcoolique, qui est mort et que je déteste?
–C'est ça. Et surtout, ne les perds pas!
–Super... v'la l'héritage... des bouts de plastoc fluo...
–Bon, sur ce : couic! Je meurs."

Hum. Une prophétie, une destinée, des pierres magiques? Je me demande bien ce qui va se passer... En attendant, notre héros charismatique en deuil se dispute avec son oncle qui voudrait bien qu'il laisse tomber ces histoires de héros, de prophétie et jette les pierres dans la rivière. Mais Link refuse de se débarrasser des cailloux, ça polluerait. Il n'a cependant aucune intention de suivre la prophétie et décide de partir pour la fac de médecine de Bledpaumé puisqu'il veut devenir soigneur et qu'il a entendu parler des soirées étudiantes qui se terminent en orgie et que ça tombe bien il déborde tellement d'hormone qu'il a le kiki tout dur rien qu'en regardant deux écureuils copuler.

Au même moment, au fond d'une sombre grotte, un barbu couvert de scarifications, de poussière, et de givre se réveille de ce qui semble être une sorte de sommeil magique : c'est le le druide Alakon. Et son épée à cran d'arrêt super cool.
Un druide certes, mais un druide qui met les pieds ou il veut, et surtout dans la gueule.

Cependant, à Gronarbre, c'est la cérémonie d'intronisation des nouveaux élus devant le Groficus, en présence du roi elfe. Les élus sont donc intronisés (non, rien de répréhensible là dedans), ils font un gratouille au Groficus et là... c'est le drame : en touchant une racine du bouzin, Zelda a une vision terrifiante de l'avenir : le Groficus est mort, la cité de Gronarbre est détruite et tout le monde est zigouillé par des démons ailés. Ayant échoué à son test de santé mentale, elle commence à prononcer des paroles incompréhensibles du genre :"Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn" et tourne de l’œil illico presto.

Un peu plus tard et une fois remise de ses émotions, Zelda profite du bal de promo des élus pour refaire discrètement une tentative de papouille au Groficus. Evidemment, elle a une nouvelle vision : elle-même en train de zigouiller son fiancé Bellâtre, un beau gosse elfe à la cervelle de pois chiche. Paniquée, elle décide donc de fuguer pour empêcher sa vision de se produire, non sans coller une copieuse mandale à Bellâtre qui tente de l'en empêcher (tant la notion de consentement lui semble surfaite).

De son côté Link est en pleine cambrousse avec son cheval sa bite et son couteau à beurre +2 contre les rats, quand il se fait alpaguer par un "troll" (en fait un gros motard avec un blouson de cuir et un masque à gaz mais sans sa Harley).
"–Chérie? Ça va trancher..."
Il est à deux doigts d'y passer, mais est sauvé par une fille en tenue moulante, la vagabonde Chaudass, qui se fout un peu de sa gueule (on la comprend) avec cette réplique mémorable (et néanmoins authentique je le crains) :
"–Je croyais que les elfes étaient censés être intelligents...
–Je ne suis qu'à moitié elfe.
–Tu dois être la mauvaise moitié..."
Voilà : même Chaudass s'est aperçu que le héros est un abruti! C'est dire si les auteurs de la série ne se font pas d'illusions... Sur ces entrefaites, elle l'invite à la suivre dans sa cabane en haut d'un arbre.

Au même moment, à Gronarbre, les élus constatent que le Groficus n'est pas au top de sa forme : il pisse le sang, ce qui pour un arbre n'est pas banal. C'est le moment choisi par Alakon pour pointer sa truffe.  Les gardes, qui ont pour instruction de refouler les démarcheurs, tente bien de le stopper, mais se font bien vite démonter le museau par notre druide un brin chafouin, ce qui donne un dialogue du style :
"–Votre majesté, un témoin de Jéhovah insiste pour vous voir.
–Un seul? D'habitude ils sont deux... Rhaaa, fais ch... ma petite fille s'est barrée pour la Syrie, et le Groficus est malade alors j'ai d'autres chats à fouetter m'voyez! Foutez-le dehors.
–Mais il dit qu'il est druide...
–C'est du grand nawak! Y a plus de druides, la culture du canabis magie est morte!"
Le druide entre alors en propulsant un garde sur le chandelier, ce qui démontre qu'on s'introduit dans ce palais comme dans un moulin, mais la suite le prouvera de nouveau.
"–Salut mon poto, ça farte?
–Alakon? Bin merde alors, j'étais sûr que tu avais fait une overdose y a des années de ça...
–Mais non... la descente d'acide à juste été un peu longue. Bon, j'ai eu une vision du Groficus, ça pue...
–Hum. Oui, désolé y avait des haricots à la cantoche ce midi, et j'ai la digestion un peu capricieuse...
–Non, je veux dire : ça pue, les forces du mal sont de retour.
–Minute papillon...
–Moui? Vous êtes?
–Iznogoud, le fils aîné du roi. Je ne te crois pas étranger. Prouve que tu es un druide, fais de la magie!
–Que... mais... vous n'avez pas vu que j'ai fait voler vos gardes pour arriver ici? Il vous faut quoi de plus?
–C'est bon fiston, je me porte garant de lui.
–Sgrmblbl... Vieux sénible... Sgrmblbl...
–Bon votre Groficus : il est malade. A chaque feuille qu'il perd, un démon va se réveiller. Quand il sera à oilpé, on va prendre cher : les portes de l'enfer vont s'ouvrir.
–Ah merde... ça bouche les latrines hein c'est ça? Je savais bien qu'on aurait dû utiliser autre chose..."

Pendant ce temps, dans la maison dans l'arbre, Chaudass, demande à Link de se dessaper pour se laver. Les hormones de ce dernier étant toujours au top niveau, il ne se fait pas prier bien que tout cela sente le piège à plein nez. Et de fait, tandis qu'il se délasse dans son bain...

Alors bon :  je rappelle que la cabane est en haut d'un arbre, mais visiblement, elle doit avoir l'eau courante. Dans un monde sans technologie oui. Ne cherchez pas, c'est aussi con que le reste. Sinon, on peut imaginer Link et Chaudass en train de monter de l'eau dans un seau au bout d'une corde pendant environ 2h pour remplir la baignoire. Bref, tandis qu'il se délasse dans son bain en sirotant une pina colada, notre héros fini par s'endormir, drogué, tandis que Chaudass lui chaparde ses pierres elfiques en plastique.

Bon, à ce stade je vous avoue que j'ai commencé à lapider l'écran à coups de figues molles.

Cependant, à Gronarbre, tandis que le jardinier en chef tente de soigner le Groficus par... euh... apposition des mains... ?
Cet arbre saigne. Encore un coup de ces assassins de Végans!
... les premières feuilles tombent au sol et se consument. Au même moment dans un paysage désolé en plein cœur du Mordor, un démon se réveille : le terrible Pouftémor. Il se retranche illico derrière une barrière magique (à moins qu'il ne lâche une caisse, on ne sait pas bien) avec un rire sardonique.

A suivre...

vendredi 5 décembre 2014

Les F.E. de l'amour

Vivement qu'ils sortent une version stable. Sinon faut passer sur du libre... c'est souvent moins bogué...
Lorsque je ne me pique pas de sociologie de comptoir (je vous laisse la méditer quelques secondes celle-là)... j'aime bien partager mon ignorance crasse mes idées d'une folle pertinence sur tout un tas d'autres sujets aussi divers que variés. Alors aujourd'hui, j'ai troqué ma choppe mon costume de sociologue du bar PMU de Petaouchnok-les-Ombrelles pour un divan de sexologue de machine à café, afin de vous aider à éviter les F.E. (Fatal Error) de l'Amour. Plusieurs raison à cela :
  1. le sexe c'est vendeur, et donc, pas le jeu des mots clés, cela devrait m'amener des lecteurs particulièrement nombreux (je n'ai guère de doutes, vu que certains arrivent déjà ici par des recherches aussi incongrues que "la farine pour grossir les fesses", "montre moi tes nene" ou encore "histoire érotique une femme devenue femen zoophile de force". Si si, authentique. Notez qu'au moins maintenant, ils auront de bonnes raisons d'atterrir ici.)
    Certaines choses n'ont pas attendu le popotin de Kim Kardashian pour casser internet.
  2. le sexe ça concerne un peu tout le monde. Inutile de le nier, je sais que beaucoup de mes lecteurs sont des lectrices, et que nombre d'entre elles ont un ou des enfants : ça fait un bail que plus personne ne croit à l'immaculée conception bande de petite friponnes!
    En outre chacun sait bien que la Génèse c'est que des conneries puisque le monde à été créé par le Monstre de Spaghettis Volant!
  3. au delà de la seule dimension "sexe", nombre de couples connaissent à un moment ou à un autre de petits soucis/de gros désaccords/des faits divers sordides/des conflits sanglants (rayez la mention inutile), que quelques bons conseils, généreusement offert par votre serviteur, totalement ignare en matière de thérapie de couple, permettrait éventuellement sur un malentendu certainement de désamorcer.
    Ça va bien se passer ce moment vous allez voir... je vous propose de coucher vos motifs de désaccord par écrit...
  4. parler d'esprit de Noël au moment des fêtes, et d'amour à la Saint Valentin, c'est d'une banalité affligeante. Je préfère parler d'amour maintenant, c'est plus original (bon, pas tant que ça finalement...).

Car oui en fait, c'est plus d'amour que de sexe qu'on va parler (bon, ok, comme vous insistez un peu, on va aussi parler de sexe. Mais juste un peu.). Et autant le dire, le sujet n'est pas simple, car il y a probablement autant de façons d'être amoureux qu'il y a d'amoureux. Et d'ailleurs si j'avais la formule magique de l'amour, je ferais de la radio ou de la télé, je vendrais des bouquins, je serais multimillionnaire, on me surnommerait Dr. Love ou un truc du genre, et je passerais sans doute une partie de mes journées à me repoudrer le nez à la coke en participant à des orgies sexuelles au milieu de blondes siliconées dans un vieux manoir qui... Euh...  non attendez... ça c'est un autre truc, je mélange. Bref.

Il y a quelques années, la chanteuse-mime Axelle Red (qui fait donc parti d'un mouvement musical comprenant également Etienne Daho et Carla Bruni) chantait ceci (tendez bien l'oreille):

♫♪ Gna gna gna gna quelques temps
La passion s'affaiblit
gna gna gna apparemment
Et maman m'avait dit: ralentis
Désir ou amour gna gna gna gna un jour ♪♫

En montant un peu beaucoup le son, en supprimant les parasites sonores, et en appliquant quelques filtres bien sentis, on obtient à peu près ceci :
♪♫ Il parait qu'après quelques temps
La passion s'affaiblit
Pas toujours apparemment
Et maman m'avait dit: ralentis
Désir ou amour tu le sauras un jour
♫♪

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est pas faux. Déjà le désir (sexuel donc) est bel et bien dissocié de l'amour. Mais pas trop. Mais un peu quand même. Enfin, ça dépend des gens. Déjà ça semble dépendre pas mal de si on est un homme ou une femme. Mais pas toujours. Rhaaaaa! Bon, disons qu'on peut avoir l'un sans l'autre et inversement, mais que c'est quand même vachement mieux s'il y a les deux, et picétou!

Techniquement, on va en fait distinguer "amour romantique", "désir sexuel" et "attachement". Tout d'abord parlons de...


L'amour romantique

Si l'on en croit certains anthropologues, c'est un phénomène assez ancien, généralisé, et qui traverse les époques et les civilisations.
Ici représentée une histoire vieille comme le monde : Grünteo et Grüliette.
Biologiquement, il s'agit d'un mécanisme assez complexe, qui met en œuvre plusieurs zones du cerveau, et mobilise différents neurotransmetteurs : dopamine (hormone de l'euphorie et de la prise de risque), noradrénaline (hormone de l'excitation, liée aux mécanismes de la récompense), sérotonine (hormone régulatrice de l'humeur)... Ce qui fait ressembler le cerveau d'un amoureux transi à celui d'un camé en plein trip, avec les mêmes mécanismes de dépendance (besoin de se procurer son "fix" retrouver l'objet de son amour régulièrement) et les mêmes conséquences funestes en cas de manque (dépression, agressivité, suicide, meurtre, se gaver  de Häagen-Dazs® en écoutant du Barbara Streisand en boucle,...).

D'un point de vue évolutif, le but serait de motiver les sujets à se concentrer sur un seul partenaire (fut-il en totale inadéquation), afin de concentrer leur attention et leurs ressources en faveur de leur progéniture commune. Ce mécanisme se traduisant par le développement d'une grande confiance, et d'une importante empathie doublée d'un lien émotionnel fort avec le partenaire. Une sorte de syndrome de Stockholm donc, pouvant conduire à des actes désespérés tels que le mariage.
La nature est parfois une garce.
L'amour romantique s'accompagne souvent (mais pas toujours) de...


Désir sexuel

Il naitrait apparemment dans le cerveau limbique. Oui celui-là même des hippopotames rouges et du complexe de la pétoche. Encore lui. Décidément, il nous fera chier jusqu'au trognon celui-là. Logique : c'est un instinct naturel! Dont le but est rien moins que motiver les troupes à perpétuer l'espèce. C'est donc bien un mécanisme vital du point de vue de l'évolution et de la survie. Biologiquement, c'est assez essentiel.

Le désir a pour but de déclencher l'excitation sexuelle, mécanisme physiologique préalable à la mise en œuvre de l'acte reproductif dans de bonnes conditions (érection pour les mâles, lubrification pour les femelles). Logiquement, le cortex préfrontal, siège des fonctions cognitives, est là pour modérer les signaux parfois intempestifs de ce gros obsédé de cerveau limbique, et éviter que le sujet ne saute sur tout ce qui bouge (ou ne bouge pas). Mais des fois, ça déconne.
Coucou les filles!
Notons à ce sujet que l'excitation peut naître de causes purement mécaniques, sans que le désir soit présent : ça n'est donc absolument pas un consentement tacite, qu'on se le dise.

Bon, sinon vous pouvez toujours vous croire au dessus de ça (espèce supérieure, conscience, civilisation, bla bla bla...), mais quand on voit une boutique de fringues à l'ouverture des soldes, les files d'attentes devant un Apple Store ou un ciné lors de la sortie d'un nouveau Starwars, ou les commentaires sur les articles parlant d'Ebola, on se dit quand même que le chemin parcouru depuis que l'humanité est descendue de son arbre ne doit guère dépasser le périmètre des racines. Et que vu la couche bien épaisse que certains semblent tenir, on doit encore se prendre pas mal de pommes sur la gueule manifestement. Et pas des petites.
(excellent documentaire sur les soldes, de la non moins excellente Marion Seclin –aka Mady)

Et si on suppose que vous êtes tombé amoureux, puis que sous l'effet du désir, vous avez copulé comme des macaques au mépris de toute prudence, logiquement, vous avez fini par concevoir des enfants, ce qui conduit logiquement à...


L'attachement

Il s'agit d'une pratique sexuelle impliquant des liens ou des entraves, souvent associée aux pratiques dites Sado-Maso (ou SM), et impliquant une relation dominant/dominé. Ce type de relation a été popularisé par un récent roman à succès.
L'attachement, c'est le ciment du couple.
Bon alors lui, c'est plus le troisième étage de la fusée vu qu'il arrive en général en dernier : c'est un mécanisme psychologique mis en place pour protéger l'éventuelle progéniture issue de l'amour romantique et/ou du désir sexuel, en créant un lien affectif envers le compagnon/la compagne et surtout les descendants qui constituent la perpétuation de votre patrimoine génétique commun, et donc de l'espèce. Ce lien est destiné à vous encourager à protéger l'objet de cette affection. C'est donc bien un mécanisme de défense, distinct de l'amour romantique et du désir. Notons que certaines personnes s'attachent assez facilement à tout et n'importe quoi pourvu que ça soit kawaï (terme technique en psychologie nespresso, qui désigne toute chose d'apparence gentille-mignonne-cucul comme par exemple un koala ou un chaton).
♥ ♥ Oooooooh! ♥ ♥

Bien. Sur la base de ces trois mécanismes donc, la plupart des gens ont la fâcheuse tendance à former des "couples", temporairement ou durablement. Voire parfois des "trouples", mais c'est plus rare, et ça part plus facilement en cacahuète. Voire des "grouples" mais là ça commence franchement à devenir compliqué, bien que les polyamoureux prétendent que ça marche... admettons. Enfin pour ma part, je me limiterai à des cas standard de "couple" (qu'ils soient homme-femme, homme-homme, ou femme-femme, car ça m'est égal et j'emmerde profondément les Manif' pour tous. Ça c'est dit.) vu que je manque de données sur ces autres relations originales.

Et s'il est un phénomène qui revient fréquemment (il existe des exceptions, mais elles sont tout de même rares), c'est donc celui dit de "l'usure du couple" (rien à voir avec les irritations dues à un excès de youplaboum dans les draps, y a des crèmes pour ça). Dans beaucoup de couples en effet, le lien qui unissait initialement les deux partenaire semble progressivement se distendre, jusqu'à parfois se rompre. Les causes peuvent être diverses :
  • simple disparition de la passion
    Notons quand même que madame tente de se motiver...
  • évolution différente des deux partenaires
    "–Ecoute... euh... je crois qu'on va en rester là hein..."
  • arrivée d'un enfant
    Et je ne parle pas des problèmes avec le cododo...
  • infidélité non tolérée d'un des partenaires (voire des deux)
    Y a pas de petit profit.
  • manque de communication
    Et dans "communiquer", il y a "commu"
  • lassitude liée à la routine
    "–Ecoute, j'en peux plus de cette routine chérie..."
  • inadéquation sur le plan sexuel
    "–Ecoute, il faut qu'on parle..."
  • tentative de meurtre d'un partenaire sur l'autre
    "Finish him!"
  • il n'y avait pas vraiment de couple, c'était juste de la schizophrénie
    "–Si si j'vous jure, il y a une femme qui parle dans ma tête!"
Bien sûr, chaque couple est différent, et devra donc trouver des solutions qui lui sont propres, selon le problème d'origine, mais on peut quand même essayer de dégager quelques généralités :

1. La communication

Je crois qu'ils essaient de communiquer...
Alors oui, je sais, dit ainsi, ça ressemble au bon vieux poncif des familles : "il faut du dialogue au sein du couple bla bla bla". Ouaih. Bin si on vous le répète, c'est que ça ne doit pas être totalement faux... Il est important de maintenir un échange, qui peut avoir tendance à s'amenuiser avec le temps.  Exemples :
  • "Ta journée s'est bien passée?"
  • "Qu'aurais-tu envie que nous prévoyons pour la Saint Valentin?"
  • "Alors? Comment va ta mère?"
  • "Chérie? Pourquoi as-tu rangé le facteur dans le placard de la chambre?"
  • "Et que penses-tu du Boson de Higgs?"
Vous pouvez même y adjoindre des mots doux et des petits surnoms charmants :
  • "He, passe-moi le sel ducon!"
  • "Tu n'as qu'à venir le chercher morue!"

Bon, sinon, vous pouvez aussi parler d'amour! Essayer de sauver la flamme vacillante de la passion, tel le courageux patriote se jetant devant le vil militant anarchiste en train d'uriner sur celle du soldat inconnu.

Et si vous voulez évoquer vos envies, les choses qui vous feraient plaisir, n'hésitez pas :
  • "On se fait un chinois ce soir?"
  • "Mon amour? Je crois que j'aimerais bien voter Jacques Cheminade, pour voir..."
  •  "Mon ange... j'aimerais bien tester quelque chose à trois avec le facteur..."
  • "Chéri, j'ai acheté un gode-ceinture king-size. Ce soir j'aimerais bien tester un truc..."

Par contre les filles, attention à ne pas être trop subtile. Car si de vagues allusions cryptiques paraissent limpides à la plupart d'entre vous, les mâles, quant à eux, sont un peu beaucoup plus basiques au niveau du logiciel, et ont parfois des difficultés à décrypter. La télépathie n'est pas fournie avec l'organe permettant de faire pipi debout. Je vous invite d'ailleurs à lire ce que CatMilf en dit sur son blog, elle l'explique sans doute mieux que je ne le ferais.
Bon après... faut pas forcément voir des allusions là ou il n'y en a pas aussi...

Ok. Donc communiquer c'est important, mais il est un autre élément à ne pas négliger, et qui l'est pourtant beaucoup trop souvent, je veux parler de ...


2. Se maintenir dans une démarche de séduction

Car quand on est un vieux couple, on a tendance à prendre cette situation confortable pour acquise. Alors on se laisse un peu aller : plus de resto (pas le temps avec les gnomes de toutes façons), plus de petit cadeau à l'improviste, plus de fleur, plus de surprise, plus de petits messages coquins, de petits mots doux. La nuisette en dentelle a été remplacée par le pyjama en pilou de chez Kiabi, le boxer "poutre apparente" Calvin Klein a laissé la place au slip kangourou Jean-Marie Bigard special edition deLuxe, et l'on hésite plus à lâcher des caisses sous les draps : c'est la fin du rêve et du romantisme. Bridget Jones s'est faite botoxer, et Mad Max a trop forcé sur la bouteille. Game over.
Oui, je sais, ça envoie du rêve...

Et bien là, moi je dis stop! Ok, vous avez conquis le cœur de votre moitié. Il y a longtemps. Mais ça n'est pas une raison pour vous arrêter là : continuez de le/la séduire. Pensez simplement à toutes ces petits attentions qui montrent que vous pensez à elle/lui :
  • vous êtes levé en premier? Préparez lui le p'tit déj'! Et tant qu'à faire, glissez-y un petit mot doux...
    C'est la minute Mac Gyver : un chalumeau, des outils de modelage, des tartines grillées, et hop : magie!
  • glissez lui de temps en temps un compliment sur son physique (oui, même si vous êtes une fille en couple avec un homme... nous aussi les hommes, nous sommes parfois des midinettes!)
  • je sais, il y a le boulot, les gnomes, les tâches ménagères, le chien à sortir (etc)... mais prenez quand même le temps vous faire un p'tit câlin, un p'tit bisou (d'autant qu'un baiser de 10 secondes permet d'échanger 80 millions de bactéries... non, mais n'ayez pas peur, c'est plutôt bénéfique pour votre santé, et ça vous permet d'accorder votre microbiote intestinal et de digérer les mêmes aliments... c'est-y pas cool?)
  • sortez de temps en temps la tenue sexy qu'il/elle adore et qui va lui faire dire "Graouuuu!"
    Waouh! Sexe tout ça!
  • dédiez-lui une page facebook pour lui prouver votre amour, ça aussi ça envoie du rêve.
Ok. Donc la séduction, c'est bien, mais il reste un autre sujet de désaccord fréquent...


3. Le sexe
Le pictogramme s'impose!

Car si en général le jeune couple s'adonne avec frénésie et passion au jeu de la bête à deux dos, il arrive parfois que la libido connaisse des ratés, ce qui peut créer un malaise dans le couple. Il existe diverses causes à ce phénomène :
  • chez les femmes, la pilule contraceptive (composée d'hormones donc) est souvent liée à une baisse de la libido, et beaucoup trop de gynécologues s'en contrefichent
  • la grossesse (chez la femme, à cause des hormones, mais parfois aussi chez l'homme traumatisé à l'idée de risquer de faire du mal au fœtus... je vous rassure messieurs, elle n'est pas si longue, quoi que vous pensiez).
  • la naissance d'un enfant (chez la femme, à cause des hormones et du traumatisme physique d'avoir démoulé un jambon d'environ 4kg par la choupinette, mais parfois aussi chez l'homme traumatisé d'avoir assisté à la naissance de l'alien l'accouchement... ne riez pas, ça arrive vraiment)
  • la présence de l'enfant (nuits courtes, odeur des changes, faire attention à ne pas faire de bruit pour ne pas le réveiller, toussa toussa...)
  • la routine qui tue le désir (on y revient)
  • l'apparence qui change et peut altérer le désir (embonpoint, perte des cheveux, vergetures, rides, etc...)
  • le manque d'effort pour se mettre en valeur et susciter le désir
  • un problème physique : absence d’érection, ou de lubrification (ce qui peut être douloureux), maladie...
  • etc...
La première chose à faire est, encore une fois, d'en parler à cœur ouvert, pour essayer déjà de comprendre la cause du problème :
  • "Oui, je comprends, la fatigue... mais bon, on pourrait essayer quand même de temps en temps..."
  • "Ah ok, donc c'est juste pour me protéger car tu as choppé le SIDA avec le facteur... ah ah ah, je comprends mieux!"
  • "Que... mais... tu as changé de sexe? Sans me le dire?"
  • "Ok, cododo, cododo, je comprends. Mais bon, il n'a qu'à regarder ailleurs pendant qu'on fait crac-crac aussi..."
    On va pas s'arrêter à ce genre de détails, franchement?
  • "Comment ça mes goûts en matière sexuelle ne te conviennent pas? C'est à cause du fouet, ou de la présence de mes potes Gunthër et Hans que tu dis ça?"
Une fois la cause établie, on pourra essayer de trouver une solution adaptée :
  • changement de contraception (préservatif, stérilet, gel spermicide, ligature des trompes, vasectomie, technique dite "des briques"...)
  • ouverture à de nouvelles pratiques pour briser la routine (arrêter la choucroute avant d'aller au lit, le missionnaire, le kama-sutra, S&M soft ou hardcore, échangisme, triolisme, onanisme...)
  • tentative de réveiller le désir (lingerie sexy, sport/musculation, visionnage de porno, envoi de sextos, dopage à l'ecsta et au viagra, utilisation de GHB...)
  • refiler les gnomes aux grands parents pendant un week end, histoire de pouvoir dormir 48h, se faire une orgie de sexe pendant 48h
  • faire une croix sur le sexe, le macramé c'est bien aussi

Bon ok, mais si les tensions dans le couple sont dues au faux pas de l'un des deux? Je veux parler de...

4. L'infidélité
"–Ah tient!? Bonjour factrice!"

Un problème vieux comme le monde. Alors déjà, je serais tenté de dire que ça dépend si vous vous étiez mis d'accord auparavant sur la question de l'exclusivité des partenaires sexuels. Ça peut sembler idiot, mais certains couples vivent parfaitement bien leur libertinage, ou le polyamour.

En second lieu, et à supposer que vous prôniez cette exclusivité donc, tout dépend si le fautif est un connard (comme le décrit là encore CatMilf) ou pas. Ou une connasse d'ailleurs, hein... ne soyons pas sectaires. Dans le cas contraire, je serais tenté de penser que n'importe qui est susceptible de fauter, le cul cœur a ses raisons que le cortex préfrontal ignore.

Les bonnes questions à se poser ne sont pas :
  • Comment a t-il/elle pu me faire ça? (Il vous faut un dessin?)
  • A t-il/elle pensé aux enfants avant de faire ça? (Pourquoi? Ils ont quelque chose à voir dans cette histoire?)
  • Fait chier, je l'avais vu avant lui/elle! (Trop lent petit scarabée!)
  • J'espère que lui/elle ne sait pas pour mes multiples aventures! (Faites ce que je dis...)
Mais bien :
  • Est-ce que ça change quelque chose à mon amour pour lui/elle?
  • Est-ce vraiment grave, à mon sens, qu'une telle chose se soit produite?
  • Est-ce que je peux continuer à vivre avec lui/elle après ça?
  • suis-je prêt(e) à le/la partager?
  • Mais alors quand je suis tombée enceinte... l'enfant était-il bien le mien puisqu'il avait déjà une maîtresse?
    Non mais ouaih... bonne question!

Bon mais alors, et si malgré tous ces conseils foireux magnifiques conseils, mon couple se sépare, que faire?

Vous pouvez toujours faire appel au magnifique site jerecuperemonex.com et à ses pertinents tutoriels... Non, je déconne, c'est mort. Passez à autre chose.

mardi 12 août 2014

L'accouchement sans douleur

–Inspiratioooooon, et... allez ON POUSSE!!! Allez allez, faut que ça sorte. J'ai pas que ça à faire alors il va falloir accoucher M. Papa Hérisson!
–Vous en avez de bonnes vous... je contrôle pas hein! Ça vient tout seul ou ça vient pas!

Comme vous vous en doutez, aujourd'hui on va parler accouchement, et plus précisément de la façon dont moi j'accouche. Je parle bien sur de l'accouchement d'une note de blog, qu'allez-vous donc imaginer?

J'ai en effet été invité par la sympathique Mia Wallace pour son projet destiné à connaître les sources d'inspiration des ses collègues blogueurs et blogueuses. Je me vois donc contraint de m'exécuter et de vous révéler mes secrets. Je vous invite donc à me suivre :

Dans la tête de Papa Hérisson
Clairement, ça n'est pas mon meilleur profil...
On est prié de s'essuyer les pieds avant d'entrer. Vous excuserez le bordel ambiant, je n'ai pas eu le temps de ranger...

Pour mieux comprendre, nous allons solliciter les explications de notre expert : Michel Chevalet.
Michel Chevalet de Torture
[Michel Chevalet] : Bonjour. Alors, un article de Papa Hérisson, comment ça marche? Et bien c'est très simple. Tout comme dans la fusée Ariane, il y a plusieurs étages : le lanceur, qui fournit l'idée de base, c'est l'é-ner-gie qui permet à la fusée "Article" de dé-co-ller littéralement. Ensuite, il y a les boosters, qui ajoutent des idées secondaires, des vannes pourries et des digressions apportant la poussée supplémentaire pour la mise en orbite de "l'Article". Et enfin, il a la coiffe, "l'emballage" de texte truffé de fautes d'orthographe et d'images honteusement volées ou détournées sur la toile, composant "l'article" proprement dit. A quoi il faut ajouter bien sûr les antennes des réseaux sociaux permettant de prévenir les lecteurs de la mise en orbite.
Ok, donc ça va encore être un article sur le sexe...



Merci Michel, pour ces explications. Rejoignons tout de suite nos envoyés spéciaux du futur du temps X, Grégor et Ichka Bouktémoche en direct du centre spatial de Kourou (en Guyane) nerveux du courroux (dans la tête de papa Hérisson) pour l'interview du chef de projet.
Grégor et Ichka, lors d'une conférence à Menton.
[Ichka Bouktémoche] : Bonjour Gregor...
[Grégor Bouktémoche] : ... et bonjour Ichka!
[IB] : Et bonjour à Papa Hérisson, chef de projet dans la tête de Papa Hérisson.
[Papa Hérisson] : Bonjour Grégor, bonjour Ichka.
[IB] : Tout d'abord merci de nous recevoir, mais pouvez-vous commencer par nous expliquer pourquoi Courroux?
[PH] : Facile : je suis un hérisson, donc assez gronchon par nature et souvent courroucé par tout un tas de choses. C'est donc logiquement le centre nerveux le plus spacieux et le mieux équipé.
[GB] : Avec votre aide, nous allons essayer de comprendre comment se fait la naissance d'un article. Alors dites nous, d'où vient l'idée initiale?
[PH] : Oh ça, c'est encore le plus facile. De tout ou presque. De mon quotidien, de l'actualité, de mes lectures, de mes pérégrinations sur la toile, d'autres blogueurs qui me taguent, de choses que je vois en me baladant, de discussions avec des collègues ou des amis, de mes chats... C'est souvent des trucs qui m'énervent, et en particulier la bêtise humaine. Ou les chats. Autant dire que les idées ne manquent pas. Le plus dur n'est pas de trouver l'idée de base mais la façon de l'aborder : et ça c'est un travail d'équipe.
[IB] : Et toutes ces idées aboutissent-elles à un article?
[PH] : Non, évidemment. Certaines idées sont mortes-nées : je n'arrive pas à trouver comment les aborder. Certains articles sont en cours d'écriture depuis plus d'un an et n'avancent pas... Des fois une idée déboule et fait que je mets en standby un article en cours d'écriture, que je reprends la semaine qui suit... ou beaucoup plus tard. Ou jamais. Sans compter que j'ai une fâcheuse tendance à la procrastination, qui fait que si je ne produis pas un article quand j'en ai l'idée, il a des chances de ne jamais voir le jour.
[GB] : Vous vous autocensurez parfois?
[PH] : Non. Je me réserve le droit d'aborder n'importe quel thème. C'est mon blog et j'y écris ce que je veux sans me restreindre : de la critique sociologique à la fiche culinaire en passant par un tutoriel sur l'élevage des pingouins si ça me chante. Seul le ton des articles est uniforme. Et j'essaie aussi de rester à peu près tous publics.
[GB] : Vous parliez de travail d'équipe, vous n'écrivez pas seul alors?
[PH] : Non car (pour paraphraser belle-maman) je ne suis pas tout seul dans ma tête. Mais c'est moi le chef. Du coup, lors de la rédaction d'un article je fais un brainstorming avec mon équipe de moi-même pour déterminer comment l'idée de base va être maltraitée. C'est un peu comme un conseil des sinistres ministres : certains d'entre moi sont spécialisés dans des domaines précis. Lorsqu'il n'y a pas consensus, c'est alors moi qui tranche, puisque je reste le chef. Il m'arrive même de m'engueuler, mais en général je ne m'en veux pas très longtemps et je finis par me pardonner.
Oui, le ministère de la Jeunesse et des Sports est à l'abandon. Que voulez-vous, la vieillesse est un naufrage...
[IB] : Euh...vous êtes sous traitement pour ça?
[PH] : Ça n'est pas pathologique. Enfin je ne crois pas... Bon, en tout cas je ne suis pas dangereux. Ceux qui prétendent le contraire finissent par sécher dans mon grenier de toute façon.
[IB] : Pouvez-vous nous en dire un peu plus?
[PH] : Bien sûr :  "un peu plus".
[IB] : Non... je veux dire, à propos de "ces autres" dans votre tête?
[PH] : C'est schématique. C'est plus un cheminement de pensée qui me permet d'explorer les différentes facettes d'un sujet, sous plusieurs angles. Bon, prenez la présente interview par exemple : c'est surtout une astuce littéraire pour aborder les choses de la façon qui me convient, en donnant l'illusion d'un dialogue. Vous n'existez pas réellement. Et une fois l'article terminé, vous disparaitrez dans le néant d'où vous venez, comme dans un trou noir...
[GB] : C'est troublant...
[PH] : Je ne vous le fais pas dire. Quoique : si, en fait. Et merci pour ce jeu de mot moisi.
[GB] : De rien.
[IB] : Non mais sérieusement, vous prenez des trucs quand même?
[PH] : Pas depuis que j'ai arrêté de renifler la colle Cléopâtre à l'école primaire. Juste du café. Avec deux sucres s'il vous plait.
[GB] : Admettons. Cependant, vous publiez environ un article par semaine, souvent assez long. Peut être avez-vous une muse?
[PH] : Une muse? Vous voulez parlez de ces greluches à moitié nues qui ont de l'air dans le cerveau, qui passent leur temps à glander en racontant des conneries, et qui sont censées inspirer les artistes? Non, sérieusement, je ne regarde pas la télévision, et et surtout pas les émissions de téléréalité. A mon avis c'est plus une distraction qu'autre chose... chez moi il y a bien maman Koala, mais elle se ballade (trop) rarement à poil à mon goût, et elle glande rarement. Du reste elle dit des choses bien trop profondes pour être une muse...
La Nabilla de l'époque s'appelait probablement Terpsichore. Terribles les ravages de la colle Cléopâtre...
[GB] : Ok, alors d'où vous vient cette productivité?
[PH] : Je fonctionne beaucoup par associations d'idées, surtout si elles sont foireuses et qu'elles me font marrer. Et je fais énormément de digressions, du coup ça meuble pas mal. Et puis certains d'entre moi ont de la culture. Des rumeurs insistantes affirment que j'aurais fait un deuxième cycle universitaire en sciences (mais ce sont surement des médisants qui racontent ça). Et je lis pas mal. Des livres, des conneries sur internet, etc... En plus j'adore m'écouter penser.
[IB] : Et d'un point de vue pratique, comment écrivez-vous l'article?
[PH] : Une fois que j'ai une idée, je fais souvent quelques recherches sur le thème choisi. Même si je le connais bien, ça peut permettre de savoir ce qui se dit à ce sujet et d'avoir éventuellement des opinions contradictoires sur la question. Puis je tape mon texte. Au kilomètre, dès que j'ai un peu de temps (ça peut même être dans un simple fichier Notepad au boulot parfois, mais chut, ne le répétez pas, ça pourrait m'attirer des ennuis). En général j'écris une bonne tartine, puis je fais autre chose, puis je reviens dessus et je modifie des trucs. Des fois je change l'ordre de certains paragraphes, j'enlève des phrases, j'en ajoute, j'en modifie la tournure... souvent à plusieurs reprises, jusqu'à ce que le texte me semble fluide et me convienne. Je ne fais jamais de plan avant, et il m'arrive souvent de me lancer sans savoir où je vais : ça vient tout seul. Puis, quand je suis satisfait, je colle ça dans mon brouillon et je le mets en forme. Et enfin, je peaufine en ajoutant les images (et leurs légendes), les liens, des bonus plus ou moins cachés, sous forme d'info-bulle (le texte qui apparait sur un fond jaune clair quand on met le curseur sur un élément) au niveau des liens et des images. Si j'ai le temps et que je suis d'humeur, il peut aussi m'arriver de mettre des dessins de ma composition. Ou même des images qui bougent. J'ai même mis une chanson de ma composition une fois... une occasion rare pour mes lecteurs (ceux qui ne sont pas malentendant bien sur) d'entendre ma superbe voix, semblable à celle d'un baryton tuberculeux sous LSD.
[GB] : En gros, vous voudriez nous faire croire que vous pouvez écrire tout seul un article par semaine sur n'importe quoi, et en en mettant une tartine en plus?
[PH] : Oui probablement.  Mais ça parlera d'à peu près tout sauf du thème de base. Soyons clair : je n'écris jamais un article parce que je le dois (raison pour laquelle je ne fais pas de billet sponsorisé), mais parce que j'en ai envie et que j'ai des choses à dire, même si elles sont stupides.
[GB] : Et ça vous rapporte combien?
[PH] : Que dalle. Je n'ai intégré aucune publicité rémunérée sur mes pages, et je ne fais pas de partenariat commercial. J'écris pour le plaisir. Bon évidemment, je pourrais retourner ma veste si un riche mécène décidait soudain de me couvrir d'or (ceci est un appel du pied). J'ai des convictions mais tout a un prix. Et sinon, j'écris car j'aime être admiré et encensé pour mon esprit brillant et percutant... mais sur ce point je reste un peu sur ma faim : j'ai trop peu de commentaires dithyrambiques pour satisfaire mon ego, et aucune lectrice en pâmoison devant mon génie (incompris) ne m'a jamais proposé le mariage. Pour ceux qui ne comprennent pas les allusions subtiles, je vais être plus direct : commentez! Flattez-moi! Wesh t'as vu, lâche tes coms!
[IB] : Hem. Pour conclure, une astuce à donner à ceux et celles qui seraient tentés par l'aventure du blogging?
[PH] : Y a pas de miracle, comme le dit mon père : ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément (il parait, c'est Gogole™ qui me le dit, que ça serait du Nicolas Boileau à la base... ok, si Gogole™ le dit...). Sinon, les gifs animés de chaton peuvent permettre de noyer le poisson, mais ça ne marche qu'un temps.
Tentative désespérée et pitoyable de masquer le vide sidéral de ce billet.
[GB] : Et bien merci papa Hérisson...
[PH] : On vous en prie.
[IB] : ... et faites vous soigner. Franchement!

Epilogue
–Félicitation M. Hérisson, c'est un article de blog! Et il fait... ah oui, 1942 mots, et 8 pages dans un traitement de textes quand même. Un beau bébé!
–Fastoche. La prochaine fois je le fais sans péri...
–Sans péridurale?
–Non, sans périphrases : inutile de tourner autour du pot. Bon, vous pouvez me recoudre maintenant? Je déteste avoir la boite crânienne ouverte aux quatre vents comme ça...
–Bon... on va mettre un peu de colle Cléopâtre hein...

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