jeudi 1 octobre 2015

50 nuances du troisième type

Proctologue
Anastasia mordit sa lèvre inférieure : dans sa tête, ses pensées bouillonnaient. Les poignets et les chevilles attachées sur cet étrange chevalet, elle était désormais totalement à la merci de ce monsieur Gris, qui s’apprêtait à lui faire subir ses étranges pratiques, incluant moult objets semblant venir d'un autre monde... 

Pourtant, une rencontre de ce type, Anastasia en avait toujours rêvé, d'aussi loin qu'elle put se souvenir. Ça devait dater de son adolescence, un jour où elle avait visionné en cachette une VHS appartenant à son père et dans laquelle il était question de ces drôles de rencontres... Depuis lors, avec appréhension, mais aussi une certaine excitation et pas mal d'espoir, elle avait guetté le jour une raie de lumière apparaitrait nuitamment sous la porte de sa chambre, annonçant l'arrivée de l'Etranger qui la guiderait vers cette nouvelle expérience des sens.

Ce... fantasme, Anastasia l'avait généralement gardé pour elle, n'en parlant qu'à ses plus proches amis. La plupart des gens trouvaient ce genre de choses... bizarres. Bizarres et pour tout dire : dérangeantes. C'était... contre-nature selon eux. Pour ceux qui sont croyants, ses idées seraient même sans doutes passées pour diaboliques! Oh, Anastasia ne doutait pas que derrière ces façades lisses de braves gens bien sous tout rapport, certains d'entre eux cachaient de similaires aspirations. Mais évidemment, aucun d'entre eux n'aurait osé l'avouer.

La vibration émanant de l'étrange ustensile que tenait le monsieur Gris ramena Anastasia à des pensées plus actuelles. Car oui, à présent, ça n'était plus un rêve : il était là. Le fantasme d'Anastasia avaient pris corps. Et quel corps! Malgré sa posture... humiliante, suggestive, Anastasia ne pouvait deviner aucune émotion derrière ce visage impassible et ces yeux inexpressifs. Prenait-il plaisir à ce qu'il faisait? L'avait-il fait d'innombrables fois auparavant avec d'autres femmes, des hommes peut-être? Anastasia l'ignorait. Ce qu'elle savait seulement, c'est que depuis qu'elle avait pris place à bord de ce luxueux véhicule aux formes effilées, sa vie avait basculé.

Le monsieur gris s'approchait d'elle avec son curieux ustensile oblongue...

"Oh my god!" se dit Anastasia. "Que va-t-il me faire? Va-t-il me faire voir des étoiles? Et surtout, est-ce que ces foutus extraterrestres vont me ramener chez moi après???"
"Oh M. Gris, vous êtes si mystérieux!"

Vous l'aurez deviné, aujourd'hui on va parler d'extraterrestres (et plus généralement de la vie dans l'Univers). Jadis dans l'imagerie populaire, l'Extraterrestre était petit, vert et venait de Mars. Mais depuis le milieu des années 90 (1990 j'entends) et la vague X-Files qui a popularisé la légende urbaine du crash de soucoupe de Roswell, l'archétype de l'Extraterrestre est à présent petit, gris, avec de grands yeux noirs et vient de Zéta II de la Réticule. Accessoirement, il semble vouer une véritable culte à l'art délicat de la sonde proctologique sur jeunes gens kidnappés en pleine cambrousse à l'aide de son gros véhicule de transport. Un peu comme Emile Louis donc, mais sans se limiter à l'Yonne. Le "petit gris", comme on le surnomme souvent, ne serait donc qu'une vulgaire sorte de spatio-pervert. Tout fout le camp ma bonne dame...

Sommes-nous seuls dans l'univers?
L'air de rien, cette question taraude l'humanité depuis un bon moment, puisque les plus anciens récits de voyages spatiaux (cf. article précédent) évoquaient déjà d'hypothétiques habitants de la lune, de Mars, ou de bien au delà. Il faut dire qu'il suffit de s'allonger un moment dehors, pendant une nuit d'été (de préférence), et de plonger son regard dans l'obscurité du vide parsemé d'étoiles pour prendre conscience de notre insignifiance et de l'immensité de l'univers. Et aussi au passage pour se faire bouffer par les moustiques si l'on ne s'est pas muni au préalable d'un bon spray à la citronnelle.

Songez que notre minuscule planète ne fait que 12 700 km  de diamètre (environ). La plus grosse planète de notre système solaire, Jupiter, est déjà 11 fois plus large. Et ça n'est rien en comparaison de notre soleil, qui du haut de ses 1 392 684 km de diamètre est environ 109 fois plus gros. C'est presque impressionnant. Sauf lorsque l'on sait que notre soleil n'est qu'une étoile de petite taille, et qu'il en existe de beaucoup plus grosses (Rigel ferait 62 fois la taille de notre soleil, et VY Canis Majoris peut être 2200 fois sa taille!).

–Bon, ok, mais c'est pas la taille qui compte!

C'est ce qu'on dit quand on en a une petite. Mais bon, au delà de la seule taille, il faut savoir que notre étoile est relativement banale (notre seule galaxie en compterait environ 100 millions dites de la même "classe spectrale"). Sachant que notre galaxie elle-même est de taille moyenne et que l'univers contiendrait de l'ordre de 100 milliards de galaxies, inutile de vous dire qu'à l'échelle de notre univers, la Terre représente moins qu'une crotte de mouche, et que vous-même, à titre individuel, vous vous situez quelque part entre le rien et le néant. On comprendra aisément qu'une crise d'égo mal placée ait pu donner naissance à des religions prônant l'idée que "Dieu" nous a créé à son image et ressemblance et patin-couffin. Enfin gardez quand même à l'idée qu'il suffirait d'un astéroïde facétieux pour qu'on puisse tous aller vérifier fissa cette histoire d'image et ressemblance collectivement hein...
Oui oui : même elle pour l'image et ressemblance. Je sais, c'est dur. Vous comprendrez que je préfère prôner le Pastafarisme et la vénération du monstre de spaghetti volant...


Du coup, vous imaginez bien que le nombre potentiel de planètes habitables, voire habitées et tout bonnement astronomique, et que si jamais notre terre était la seule planète abritant la vie dans tout l'univers :
  1. ça serait quand même un beau gâchis d'espace
  2. on ne serait pas dans la merde d'être considérés comme l'espèce la plus évoluée de l'univers. Certains me diront peut être : "Rhoo, t'exagères! L'humanité n'est pas si nulle!". A ceux là, je me contenterai de répondre : "Nadine Morano". Ok? Bon.
  3. ça signifierait que "Dieu" est une sorte d'émir koweïtien, le genre qui aime bien faire fabriquer un complexe aquatique avec balnéo de 40 hectares pour que Kiki, son yorkshire, puisse y uriner tranquille
Sauf que pour le moment, la vie n'a été observée nulle part ailleurs. En fait, tout cela est parfaitement résumé dans le paradoxe de l'ami Enrico.

–Macias?

Non, il n'a pas chanté ♫ Ah c'qu'elles sont jolies les filles de mon pays...♪. Je parlais d'Enrico Fermi, c'est un physicien italien du siècle dernier, contemporain et collègue d'Albert Einstein. En 1950, alors qu'il discutait avec d'autres potes geek à lui, Fermi s'est donc posé la question suivante :
"S’il y avait des civilisations extraterrestres, leurs représentants devraient être déjà chez nous. Où sont-ils donc ?"
Et après ils ont enchaîné sur le résultat d'un combat potentiel entre Obiwan Kenobi et le capitaine Kirk...


A cette délicate question, il existe en gros trois réponses possibles :
  1. Il n'existe aucune autre planète habitée et aucune autre civilisation (on peut éventuellement transiger, et postuler qu'ils existe d'autres planètes habités et d'autres civilisations, mais trop rares et trop dispersées pour pouvoir communiquer)
    Alors voyons, donc...
  2. Il existe d'autres civilisations, mais elles n'ont pas encore communiqué avec nous (soit elles sont trop éloignées pour ça, soit leur mode de pensée/communication est incompatible avec le notre, soit elles sont trop avancées et ne veulent pas influencer notre civilisation, soit elles se préparent à nous meuler la face sévère par surprise)
    –Suuuuuurpriiiiiiise!
  3. Ils sont déjà là...
    Planquez les p'tits chats!!!!


Il était une fois la vie
Le paradoxe de Fermi est souvent associé à l'équation de Drake (inventé par l'astronome Franck Drake) qui a pour fonction d'estimer le nombre de civilisations extraterrestres dans notre galaxie. Elle est libellée ainsi :

Équation de Drake
...ce qui vous fait une belle jambe.
Équation d'Angelina

En gros, N c'est le nombre recherché, et les autres trucs, ce sont les paramètres de l'équation (nombre d'étoiles possédant des planètes, nombre de planètes potentiellement habitables, durée de vie moyenne d'une civilisation, pourcentage de chance d'apparition d'une Nadine Morano, etc...).

Le problème avec cette équation, c'est que beaucoup de ses paramètres sont virtuellement inconnus. Au mieux on n'a que des hypothèses. Et selon les hypothèses, le nombre varie de une civilisation (la notre) à des millions. En gros, on n'est guère plus avancés, mais au moins c'est mathématique.

La première bonne nouvelle, c'est que concernant le nombre de planète et leur fréquence dans la galaxie, ce paramètre a fait un grand bond ces dernières années. Vous voyez certainement passer régulièrement des articles sur la découverte de nouvelles "exoplanètes", de "super-terres", etc... : apparemment, les systèmes solaires sont monnaie courante dans la galaxie, au point qu'aujourd'hui, on considère que presque chaque étoile est pourvue de son cortège de planètes. Après, quand à savoir si elles sont habitables, c'est le prochain défis à relever pour les astronomes.

La deuxième bonne nouvelle, c'est que même dans notre système solaire, il n'est finalement pas exclu que l'on trouve de la vie ailleurs que sur Terre :
  • la présence d'eau liquide a été démontrée sur Mars
  • on est pratiquement certains de l'existence d'océans d'eau liquide sous-glaciaire sur Europe et Ganymède (des lunes de Jupiter)
    Europe est une lune de Jupiter, plus petite que la Terre, mais elle contiendrait autant d'eau, voir plus. Et oui...
  • des geysers d'eau ont été observé sur Encelade (une lune de Saturne) ce qui démontrerait également la présence d'un océan sous la glace
  • Titan, une lune de Saturne, contient pas mal de "briques élémentaires" de la vie (méthane, divers hydrocarbures, etc...)
L'eau liquide n'est pas forcément synonyme de vie, mais c'est un bon début.

Et là, on ne parle que de la vie telle qu'on l'observe sur Terre et donc telle qu'on l'imagine possible. Mais des auteurs de science-fiction et des scientifiques ont imaginé toutes sortes de formes de vie exotiques qui pourraient peut être exister dans des environnements qu'on pourrait qualifier d'hostiles (radiations, mondes gazeux, température élevée ou basse, etc...) : du coup, si on ne se montre pas trop anthropomorphique, on peut imaginer que la vie a des chances d'être plutôt répandue dans l'Univers.

Parlons de la Panspermie
Bon. Là il va falloir arrêter de photobomber mes articles monsieur. Aller, ouste!

 –Euh... on va encore parler de trucs cochons là?

Ah bin merci, c'est sympa! Bonjour la réputation! Tu m'étonnes qu'après il y ait des gens qui débarquent ici avec une recherche Gogole™ du style : "boule bouche maso" (authentique). Non : la "panspermie" ça n'est pas sale. Étymologiquement, pan-spermie c'est :
Je vous laisse faire la synthèse : c'est un garçon qui tire un coup...
...
...
C'est bon? C'est fini les blagues vaseuses? Bon, alors je reprend, la pan-spermie (pɑ̃.spɛʁ.mi) ça vient du grec (pan et spermia) et c'est :
On combine  = les graines ou les spores venues de l'univers

Cette thèse, qui n'est pas nouvelle, postule que la vie aurait pu être "fécondée" de l'extérieur, intentionnellement ou non. De nos jours, des scientifiques très sérieux jugent cette hypothèse plausible, et l'une des missions de la célèbre sonde Philæ était d'ailleurs d'en vérifier la potentielle validité en mesurant la présence de composés organiques sur la comète Tchouri.

En principe, on va distinguer grosso modo quatre hypothèses de panspermie.

1/ La thèse martienne
De nos jours, Mars n'est pas une planète très accueillante. C'est un grand désert glacé (et non un grand dessert glacé... dommage) avec une atmosphère  très ténue. Mais ça n'a pas toujours été le cas. Dans sa jeunesse, Mars était sans doute bien plus... habitable : atmosphère plus dense, température plus clémente, et de l'eau, beaucoup d'eau. Or, Mars est plus petite que la Terre (environ 3 fois plus petite) : elle s'est refroidie plus vite lors de la formation du système solaire. Donc, à l'époque lointaine (en gros il y a 4 milliards d'années) ou la Terre était encore une grosse boule de roche brûlante, Mars était sans doute à peu près vivable.

L'idée de certains scientifiques est que la vie serait apparu sur Mars, et que les nombreuses chutes d'astéroïdes de l'époque auraient projeté dans l'espace interplanétaire des cailloux martiens... avec un peu de matière biologique : de simple briques élémentaires, voire des bactéries. Après un long voyage de plusieurs millions d'années, ces cailloux auraient fini par se casser la margoulette sur New York (oui, ça tombe toujours sur New York #hollywoodrules), heureusement avant sa construction, amenant là... là vie sur une Terre à ce moment là refroidie et dotée d'océans d'eau liquide.
Plouf!


 Notons qu'on peut transposer l'idée à une autre planète que Mars, voire carrément à une planète d'un autre système solaire hein... cette thèse porte le joli nom de lithopanspermie (litho comme caillou en grec).

2/ La thèse cométaire
C'est une autre branche de la lithopanspermie. Dans cette thèse, ce sont toujours des astéroïdes et des comètes qui amènent la vie sur Terre. Cependant elle n'est pas née sur un autre monde, mais bien dans l'espace, dans ces astéroïdes et ces comètes.

–Euh... l'espace, c'est pas cet endroit tout froid, sans atmosphère et qui baigne dans les radiations?

Oui, un peu comme certaines boites de nuit, et ça n'a jamais empêché certains de s'y reproduire. Disons que techniquement, les comètes c'est comme chez Casto, il y a tout ce qu'il faut :
  • des éléments lourds (carbone, oxygène, azote, fer, Nadine Morano..)
  • de l'énergie (les vents solaires, les rayons cosmiques, la chaleur des impacts météoritiques)
  • de l'eau (enfin, dans les comètes surtout de la glace, mais parfois elle fond...)
Du coup, certains pensent que des réactions chimiques se produisent sur les comètes. Des réactions qui génèrent les éléments de base permettant le développement de formes de vies simples sur les planètes propices où tombent ces comètes : des acides aminés, des chaînes d'hydrocarbures complexes, des perches à selfies...

Si cette hypothèse était avérée, cela voudrait dire que les comètes seraient sans doute à la fois à l'origine des océans terrestres, mais aussi de l'apparition de la vie. Corollaire : toute planète du système solaire ayant reçu les mêmes éléments est donc susceptible de conduire au même résultat si les conditions le permettent : cela renforcerait la probabilité de trouver de la vie sur Europe, Ganymède, Encelade et les autres... et même au delà de notre seul système solaire, car certaines comètes seraient plus anciennes que notre soleil.

Tient, d'ailleurs, l'espace interplanétaire a beau être un lieu hostile, il y a des créatures que ça ne dérange pas trop. Je veux parler... des oursons d'eau, que moi, personnellement, j'appelle les Oursons de l'espaaaaaace!

–Je... que... quoi? Hein? Des oursons de l'espace?

Oui enfin, c'est leur surnom. Leur vrai nom c'est : tardigrades.
Oui, certains trouvent qu'ils ont une tronche de nounours. Ça se discute hein...
 Figurez-vous que ces p'tites bêtes d'un millimètre et demi sont capables de résister à pratiquement tout :
  • le vide (on en a vu s'en sortir sans dommages d'un discours de François Hollande)
  • les radiations (ils peuvent supporter plus de 1000 fois la dose mortelle pour un humain)
  • les substances toxiques
  • la déshydratation
  • la température (ils survivent entre -272 et +150°c)
  • la pression (ils peuvent supporter jusqu'à 1200 atmosphères)
  • un concert de Justin Bieber
Bref : ils sont taillés pour le voyage spatial sans combi. A tel point que certains pensent qu'ils pourraient même venir... d'ailleurs. ♫ tou tou tou tou tou tou tibidibidibidi ♪ (◄ ceci est le générique de X-Files. Si si, faites un effort.)

3/ La thèse de la dissémination volontaire
Cette hypothèse, un peu plus controversée, est cependant loin d'être stupide. Compte tenu des grandes distances entre les étoiles, et si l'on part du principe que la vitesse de la lumière ne peut être dépassée, il est vraisemblable qu'aucune civilisation ne soit en mesure de visiter les étoiles voisines (temps de voyage trop long). Du coup, se pose le problème de la perpétuation de l'espèce, voire plus prosaïquement de la vie, au delà de son biotope d'origine.

Dans cette hypothèse, les auteurs imaginent qu'une civilisation extraterrestre, menacée de disparition brutale (astéroïde, supernova, guerre, concert de Justin Bieber, etc...) ou juste par prudence, décide de perpétuer leur modèle biologique au delà de leur planète natale, en envoyant des millions de "spores" artificielles (par exemple des capsules métalliques contenant du matériel génétique) au hasard dans l'espace. Ces capsules devant libérer leur contenu à l'arrivée, et ainsi ensemencer d'autres planètes.
"–Oh mais... c'est du gel pour cheveux?"

Ah ah ah! Quelle idée ridicule n'est-ce pas? Ou pas...


4/ La thèse Prometheus...
... qui, au delà d'un mauvais film de Ridley Scott, est aussi une théorie un peu foutraque. Un peu comme dans le cas de la dissémination volontaire, il est ici question d'une civilisation extraterrestre qui décide que ça vaut le coup d'aller coller ses mickeys un peu partout. Sauf que là, ils sont super balèze en technologie, et décident de faire le voyage eux-même dans leurs belles soucoupes pour :
  • "terraformer" (ou glapnützformer s'ils viennent de Glapnütz32 par exemple) des mondes et les rendre habitables
  • implanter des espèces vivantes sur des mondes habitables (ou qu'ils auront rendu habitables donc)
  • intervenir dans le développement naturel des espèces locales pour favoriser l'émergence de l'intelligence (je pense que chez nous ils ont finalement renoncé, sinon je ne vois comment expliquer le Printemps Français et Civitas...)
  • transformer les espèces ainsi créées en partenaires commerciaux/membres d'une grande civilisation galactique/esclave dociles/chair à canon/candidats de téléréalité/autre (rayer les mentions inutiles)
"–Et en accord avec le vote du public, les dinosaures sont donc... éliminééééééés!"

Notez d'ailleurs, concernant la panspermie, que certains scientifiques proposent de lancer un programme de dissémination, afin de propager notre modèle biologique en dehors de la Terre à l'aide des fameuse micro-capsules déjà évoquées. Au cas ou... Et il n'est d'ailleurs pas exclu que cela se soit déjà produit... involontairement. En effet, l'envoi de sondes sur Mars par exemple, pas parfaitement stérilisées, a peut être déjà eu pour conséquence de contaminer le sol martien avec des micro-organismes terriens. Et oui...

Vers l'infini... et au delàààà! Mouaih... enfin, on va déjà aller jusqu'à Vesoul hein...

Rencontrer des extraterrestres, je veux dire des vrais, pas juste des microbes, c'est quand même pas gagné. Et oui, car l'univers c'est grand, très grand même...

–CMB!

Ok... Et du coup, les voyages peuvent être longs. Quelques ordres de grandeur? Mais à vos ordres!

►Il faut savoir que la lumière est ce qui se déplace le plus vite dans l'univers : d'après Einstein, sa vitesse (environ 300 000km par seconde) ne peut être dépassée par aucun objet ou rayonnement. Et 300 000 km par exemple, c'est environ la distance qui sépare la Terre de la Lune (on parlera donc d'une distance d'environ 1 seconde-lumière). Juste pour info, il a fallu près de 3 jours aux missions Appolo pour parcourir cette distance.
"–Pas d'hyperespace?
–ILS M'AVAIENT DIT QU'ILS AVAIENT RÉPARÉ!!!"


►Entre la Terre et le Soleil, la distance est d'environ 150 millions de km, soit 8 minutes-lumières (la distance parcourue par la lumière en 8 minutes, c'est à dire 8 fois 60 fois 300 000 km).
Le jour où le Soleil explosera, il faudra donc 8 minutes pour se morfler l'explosion dans le museau. Vous avez le temps de prendre un café, ou de faire crac-crac (mais juste un petit coup vite fait alors!).

►L'étoile la plus proche de la Terre (en dehors du Soleil donc) est Proxima du Centaure, et se situe à 4 années-lumière (soit la distance parcourue par la lumière en 4 ans!!! Je vous laisse faire le calcul, mais y a un paquet de zéros je peux vous le dire... temps de parcours estimé pour un vaisseau type Appolo : 120 000 ans. 'vont pas être très frais les astronautes à l'arrivée...
"–Regarde Galpnützx, les terriens nous ont encore envoyé des astronautes!"
Ou alors, faut envisager des surgelés. Picard et Findus : l'avenir de l'exploration spatiale.

►Notre seule galaxie a un diamètre estimé à 100 000 années-lumière, et l'univers entier mesurerait environ 15 milliards d'années-lumière. Je vous fais un dessin ou ça va?
Ok, je résume : C'est fucking maousse!

Du coup, si on part du principe que dans notre système solaire à nous, la Terre est la seule planète habitée, ça veut dire que nos plus proches voisins peuvent faire la nouba jusqu'à des heures tardives : on n'est pas prêt de leur envoyer la maréchaussée pour tapage nocturne.

–Bon ok, mais il suffit d'aller plus vite non?

Oui... sauf si on en croit le père Einstein, il y a une vitesse limite : celle de la lumière. Rien ne peut la dépasser.
"–Dites donc, ça ne semble pas très réglementaire ces émissions de tachyons... c'est une Volkswagen?"

–Sinon quoi? On perd des points sur le permis? Fuck! On les emmerde les spatio-poulets!

Non : c'est juste qu'on ne peut pas. Techniquement, il faudrait une énergie infinie rien que pour atteindre cette vitesse avec une fusée. Donc, dans le meilleur des cas, il faudrait des années pour atteindre les étoiles proches. Le seul point positif, c'est que plus on s'approche de la vitesse de la lumière, plus le temps s'écoule lentement pour celui qui se déplace : donc pour lui le voyage semblera beaucoup plus court. C'est le fameux paradoxe des jumeaux d'Einstein.
Par exemple, imaginons que l'on se débarrasse de Grishka dans une fusée qui va à la vitesse de la lumière et se rende à 100 années-lumière de distance : 100 ans plus tard il arrivera frais et dispo (avec un peu de poil au menton... disons une barbe de quelques jours) tandis qu'Igor bouffera les pissenlits par la racine depuis des décennies.
–Et y a pas moyen de contourner la limite? De tricher? Genre l'hyperespace ou un truc comme ça?

Et bien... Certains physiciens disent que non, et d'autres disent que oui. Il existe des théories, des projets... En tout état de cause, si c'est possible, ça n'est pas encore avéré à ce jour. Nous verrons bien de quoi l'avenir sera fait, car l'air de rien, cette question n'est pas sans importance : l'humain n'existe que sur Terre (pour autant qu'on le sache). Donc si la Terre devient inhabitable, notre espèce (et beaucoup d'autre avec) disparait. L'équation est simple. La solution aussi : la diaspora. C'est ce que veut faire le milliardaire sud-africain Elon Musk par exemple, en colonisant Mars. Et à long terme : disséminer notre espèce dans la galaxie pour assurer sa survie. C'est la technique qui consiste à ne pas mettre tous ses œufs dans le même pani...

–Nadine Morano.

Euh... bon c'est peut être pas une super idée de disséminer l'humanité en fait. On va plutôt tabler sur l'hypothèse qu'il existe plein de formes de vie dans l'univers, hein?

Edit 12/10 : je ne suis pas le seul à m'interroger...

lundi 21 septembre 2015

Un jour on tendra l'oriflamme à nos fils en orbite

Aaaaaah! L'espace! Le nouveau farouesste de l'humanité! L'ultime frontière vers l'infini et au delà! Mais surtout l'endroit où personne ne vous entend crier n'entend chanter Justin Bieber! Pfiou : on comprend que ça motive à y aller. Du coup, lorsque le module Eagle d'Apollo 11 a atterri sur la Lune le 20 juillet 1969, tout le monde se disait qu'une nouvelle ère allait s'ouvrir. Une ère de fusées, de villes spatiales installées sous de grands dômes de verre, de colonisation du système solaire, de costumes futuristes en forme de pyjamas à pattes d'eph', de rencontre avec des extraterrestres en mousse!!!!
Le futur, c'était mieux av... euh... Non. Rien.

Et puis bon, finalement, on est en où 45 ans plus tard? Bin, il y a trois-quatre sondes automatisées qui parcourent le système solaire, et quatre ou cinq péquins enfermés dans une grosse boite de conserve en orbite basse au dessus de la terre. Taguée NASA quand même la grosse boite, hein. Voilà voilà. Oui, je sais ça envoie du rêve. D'un autre côté, on a échappé aux pyjamas pattes d'eph.

–Euh... C'est vrai ça, pourquoi c'est parti en 'cahuète la conquête spatiale?

Pour le savoir, faisons un petit point historique, voulez-vous?


Le ciel, les étoiles, la lune, toussa, ça a toujours passionné les humains. Déjà, dans l'antiquité, les habitants de Sodome étaient réputés pour leur exploration approfondie de la lune Aristote (cf. l'article précédent. Non je ne mets pas le lien, faites un petit effort aussi!) s'interrogeait sur la nature de notre satellite.

Et déjà à l'époque, certains auteurs imaginent des voyages vers notre satellite, à la rencontre d'hypothétiques sélénites. Les histoires ou des phantasmes de voyages vers la lune traversent d'ailleurs l'histoire :
Et même inspiré des artistes :


Notons que la plupart de ces récits envisagent des moyens de locomotion spatiaux qui oscillent entre le gentiment naïf (transporté par des oiseaux magiques) et la consommation en quantité industrielle de schnouffe coupée à l'acide de batterie (une ceinture de fiole de rosée gorgée de soleil) en passant par le nawak le plus total (bateau dirigeable). Même Jules Verne, en 1865, envisage un moyen plutôt risqué : s'enfermer dans un obus géant tiré par un énorme canon.

Faisons un petit jeu. Selon vous :
Attention, il y a un piège.
Si vous avez répondu :
►D : bien tenté, mais non. Obiwan Kenobi est surtout connu pour avoir inventé la perche à selfie.
Tss tss...

► C : franchement, presque. Mais non.
Aucun rapport, à part la forme et le fait que les gnomes appellent ça des petites "fusées".
► B : Bravo! Vous êtes tombé dans le piège comme la plupart des gens. C'est vrai que le mythe du savant nazi qui fabrique des soucoupes volantes pour aller sur la lune, ça laisse toujours rêveur. Mais non, pas de bol, si Von Braun a bien conçu les V1 et les V2, avant d'être le père du programme spatial américain, il s'est appuyé sur les travaux d'un de ces prédécesseurs.
Extrait de l'excellent documentaire "Iron Sky".


► A : en effet, c'est bien Edouardo. Enfin Constantin Edouardovitch Tsiolkovski (oui, le "Edouardovitch", ça casse un peu le truc quand même je trouve), un savant russe, au début du XXième siècle qui a imaginé le concept moderne de la fusée.
Non, ça n'est pas le professeur Tournesol. Mais il y a de l'idée.



L'idée de base est simple : elle repose sur les lois de Newton (action-réaction, et loi de la gravité). L'idée est d'accélérer et d'éjecter de la matière à grande vitesse, pour en réaction, propulser la fusée dans les airs. D'où le nom de fusée à réaction. L'objectif pour une fusée spatiale étant d'obtenir une vitesse suffisante pour que la distance de "chute" soit supérieure au diamètre de la Terre (cf. article précédent encore).

Notons que le père Tsiolkovski en avait dans le citron puisqu'il avait déjà cogité le carburant à utiliser (propergol) et le principe d'étages de fusées (pour alléger la bête au fur et à mesure que le carburant est consommé). Il avait même imaginé le principe des stations orbitales modulaires. Oui, fin XIXième début XXième. Ils sont balaises ces russes quand même... ça me fait penser que mon garagiste, Youri, doit surement avoir un lien de parenté avec Constantin. En tout cas, ça expliquerait son obstination à bidouiller ma voiture avec des pièces de Spoutnik.

Ceci étant, notre pote Constantin avait encore plein d'idées très en avance sur leur temps : comme par exemple l'ascenseur spatial.

–Un... ascenseur spatial? Sérieusement?

Oui. L'idée est de construire une tour de 36.000 kilomètres (tant qu'à faire hein...), ou d'y positionner une station orbitale géostationnaire et d'en faire descendre un câble (de plusieurs milliers de kilomètres donc) pour monter des charges vers l'orbite terrestre. Je ne vous cache pas que beaucoup de savants ont longtemps pensé que c'était con comme une bite et virtuellement infaisable, tout simplement parce qu'aucun matériau connu ne serait assez solide. Enfin presque : le diamant le pourrait, mais à l'évidence, les ressources sont limitées. Sauf que depuis des progrès ont été fait : on fabrique des matériaux artificiels (nanotubes de carbone) présentant les caractéristiques voulues. En trop faible quantité encore, mais le principe devient potentiellement viable. Enfin sauf qu'il reste quelques problèmes sérieux à surmonter :
  • la protection de l'édifice contre les crashs, les actes de terrorisme
  • le coût astronomique (c'est le cas de le dire)
  • l'emplacement (idéalement le plus proche possible de l'équateur... ça pourrait être sympa en Centrafrique non? Non?)
  • la musique : alors déjà que la musique d'ascenseur pendant quelques minutes c'est chiant, imaginez pendant des heures voir des jours : il va falloir envisager la présence de psychologues à bord pour éviter des actes désespérés....
  • si l'un des passagers lâche une caisse du type silent but deadly... on a le droit de le balancer par le sas?
  • si je me retrouve dans la même cabine que Maurice de la compta, que je ne peux pas blairer depuis qu'il a raconté à l'arbre de Noël de la boite que j'avais eu une meilleure augmentation que les autres, est-ce que je vais pouvoir maintenir ce silence gêné si caractéristique pendant les moult heures de trajet?
  • quand l'ascenseur tombe en panne :  l'interphone pour prévenir le dépanneur sera-t-il aussi foireux que sur les ascenseurs d'immeuble? Faudra-t-il attendre le dépanneur aussi longtemps?
"♪♫ Oh oh oh ooooh... en apesanteur... oh oh oh oooooh pourvu que les secondes heures soient des heures jours ♫♪"

Alors l'ascenseur spatial : avenir de la conquête spatiale ou cauchemar des ascensumophobes? L'avenir le dira sans doute.


Il aura donc fallu un bon demi-siècle entre l'idée de Tsiolkovski et sa réalisation pratique. En raison du coût évidemment... et un peu par manque de volonté politique ("Aller dans l'espace? Visiter la lune? Nan mais OSEF quoi!"). Et donc comme souvent, ce sont les militaires qui vont faire décoller le projet, sous l'égide d'un ingénieur de formation : Wernher Magnus Maximilian von Braun (un vrai nom de méchant qui sonne bien). Dans un premier temps, les militaires nazi en l'espèce, comme le montre ce document d'archive :
Oui, les gros objets oblongues, ça a toujours du succès.
Profitant des capitaux mis à sa disposition par la luftwaffe, Wernher procède donc à la mise au point de fusées basées sur le procédé décrit par Tsiolkovski : de grands objets phalliques, à carburant liquide, et à plusieurs étages...
"Comme la mienne!"
Ce sont d'abord les fusées A2 (A pour Aggrégat), puis les A4 plus connue sous le nom de "V2" ("V" pour "Vergeltungswaffe" ou "arme de représailles") et qui vont pleuvoir sur Londres à partir de 1944.

Mais rassurez-vous, c'est comme dans les films, les méchants ne peuvent pas gagner. A la fin de la guerre, Von Braun est donc jugé et condamné pour la mort de milliers de prisonniers de guerre embauchés à la fabrication des V2 récupéré par la CIA dans le cadre de l'opération Paperclip ("Presse Papier"), comme des centaines d'autres savants nazis du reste. Il est ensuite naturalisé américain, puis confortablement installé à la tête du programme spatial américain avec un salaire de nabab. Programme spatial "civil" largement financé (et trusté) par l'armée...
Tient!? Sergueï Korolev a l'air de trouver que l'idée est bonne lui aussi...


Mais bon, c'est pas pareil, c'est l'armée des gentils.

Car oui : si une fusée peut envoyer des gens dans l'espace, elle permet aussi à l'évidence de balancer des explosif dans la margoulette des pays voisins, ce qui est bien sympa quand on envisage de conquérir le monde, et ce qui permet de se couvrir en disant qu'on travaille sur un programme spatial civil. Ah ah ah!
Lu dans cet article.

Et d'ailleurs c'est bizarre comme la carte des pays détenteurs de l'arme nucléaire (ou en capacité de l'être à brêve échéance) est étonnamment similaire à celle des pays qui ont un programme spatial. Surement un incroyable hasard ou une extrême coïncidence. Voyez plutôt :
Ceci est donc une superbe carte des plus gros faux-culs de la planète.



En juillet 1969, le programme Apollo finit par aboutir, permettant au module Apollo 11 de se poser sur la lune, à Neil Armstrong d'être le premier homme à y poser le pied, et aux soviétiques de pleurer leur mère.
Fait chier! On était les premiers à envoyer un mec dans l'espace quand même merde!
Notons que si des théories fantaisistes reviennent périodiquement pour prétendre que la NASA n'a jamais atterri sur la lune, et que tout était filmé en studio par Stanley Kubrick, la meilleure preuve qu'ils l'ont bel et bien fait, c'est que dans le cas contraire, les soviétiques se seraient fait un réel plaisir de démonter leur combine.

La dernière mission à se poser sur la lune était la mission Apollo 17 en décembre 1972. Depuis, les missions spatiales habitées se sont limitées à l'orbite terrestre basse.

Mais alors, puisqu'on sait toujours fabriquer des fusées, pourquoi est-ce qu'on ne va plus sur la Lune me direz-vous?

Facile :
  1. La course à la lune est déjà gagné. Par les américains. C'est une compétition ou il n'y a pas de deuxième place : t'as perdu, t'as perdu. Point.
  2. Ça coûte une blinde
  3. Les militaires s'en tamponnent : la Lune ne présente aucun intérêt stratégique
  4. L'entropie
–L'entropie?

L'entropie.

–Kezako?

L'entropie, c'est l'augmentation de la désorganisation d'un système. L'usure. La détérioration. La physique considère que l'Entropie de l'Univers (sa désorganisation donc) ne peut qu'aller en s'accroissant. Bref : ça se dégrade quoi. Ce phénomène semble avoir tendance à s'appliquer aux sociétés humaines dans certains cas.

Et bien le voyage vers la lune, c'est pareil. L'Entropie.

Sinon, comment expliqueriez-vous... ça :
(avertissement : le visionnage et surtout l'écoute du morceau suivant peut gravement affecter votre audition et votre santé mentale. On vous aura prévenu!)

vendredi 4 septembre 2015

Deux mille ans : une espèce d'odyssée


–Dis donc P'tit Prince, c'est quoi ce que tu as dessiné là ? C'est joli!
–C'est mon rêve.
–Ton rêve?
–Oui mon rêve... mon rêve d'aller sur la lune.
–...
–Tu crois que je pourrai aller sur la lune dis?
–Va savoir, certains l'ont fait il y a un certain temps...
–Ils l'ont fait quand? Tout à l'heure? [Note de Papa Hérisson : en langage gnome, "tout à l'heure" recouvre une période allant grosso modo de l'an dernier à l'an prochain]
–Euuuh... non. Avant que tu ne sois né. Un peu avant que moi je ne sois né en fait... Aujourd'hui, on n'y va plus. Pour le moment.
–Mais pourquoi on n'y va plus?Les fusées elles sont au garagiste? Elles sont cassées? Et d'ailleurs  pourquoi il faut des fusées pour aller sur la lune? Pourquoi pas un avion? Ou un vélo?
–Et bien...
Oui, le p'tit Prince a un joli coup de crayon pour son âge je trouve...


L'espace, les astres, la mécanique céleste, le fonctionnement du cosmos, l'infinité de l'univers, le choix discutable du nom d'Uranus... sans doute les plus grands mystères sur lesquels l'humanité se soit jamais penchée (mis à part l'énigme des chaussettes célibataires). Il faut dire l'observation du ciel et des astres soulève pas mal de questions :
  • pourquoi la lune change-t-elle d'apparence?
  • comment elle tient en l'air?
  • c'est le soleil qui tourne autour de la terre ou l'inverse?
  • les Bogdanoff sont-ils des extraterrestres?
  • si on balance Nabilla sans combinaison depuis un sas de la Station Spatiale Internationale : combien de temps l'air contenu dans sa tête lui permet-il de survivre?
  • Pluton, c'est une planète ou pas finalement?
  • qui est le gros pervers qui a choisi le nom "Uranus"?
  • est-il vrai qu'un mars et ça repart?

Et les questionnements et théories sur la question ne datent pas d'hier. Je vous propose un petit survol historique.
J'adorais ce dessin animé!


Le mégalithique, c'est pas automatique.

L'intérêt pour le ciel et les astres est sans doute aussi ancien que l'humanité, mais il est probable qu'il se soit encore renforcé lorsque les hommes de la préhistoire se sont sédentarisés au néolithique, et ont développé l'agriculture. En effet, rien de plus important pour un paysan que de pouvoir anticiper le climat pour ses cultures, et donc de mesurer l'écoulement du temps et les cycles saisonniers, et pouvoir pester sur les satellites qui détraquent la météo. C'est d'ailleurs sans doute pour ça que beaucoup de civilisations du néolithique ont plantés des gros cailloux bizarrement alignés dans des sites mégalithiques (menhir, dolmens et autre mégalithes) : pour servir d'instruments de mesure astronomique et de calendrier pour anticiper les phénomènes saisonniers. Notons d'ailleurs que l'abondance de sépultures près de ces sites semble montrer que la sympathique tradition consistant à lyncher les météorologistes dont les prévisions sont foireuses remonte donc à cette période antique. Une tradition qui se perd d'ailleurs, et c'est bien dommage car on voit que du coup, la météo se détraque. Surement la faute de tous les satellites là...
Cimetière des météorologistes aux prévisions douteuses.

Bref : pour mesurer correctement l'écoulement du temps et le cycle des saisons, il faut observer le mouvement des astres, et essayer de comprendre comment fonctionne tout ce bordel.

Philosophes antiques, philosophes en toc

Du coup, il y a environ 2500 ans, les philosophes grecs ont commencé à émettre plein de théories sur la question. Oui, à l'époque, ils étaient aussi mathématiciens, astronomes, savants... enfin bon, encore plus multiclassés que les scientifiques de films hollywoodiens qui savent synthétiser un vaccin entre deux piratages informatiques et la réparation d'une fusée. Tenez : imaginez qu'on confie le programme spatial à BHL, et vous aurez une idée du merdier dans lequel on serait...

Plusieurs d'entre eux, comme Thalès, imaginaient une terre plate, avec les astres (soleil, lune, étoiles, ) tournant autour. Bon ok, Thalès, il était surement meilleur en géométrie qu'en astronomie en fait. Du coup ce qui restera de sa vie/son œuvre c'est surtout son théorème sur les triangles (mais siiiii, vous savez : le truc qui emmerde les élèves en math depuis des générations!). Pour vous donner une idée du niveau, le père Thalès, grand fan du Luc Besson, était aussi partisan de la théorie des Quatre Éléments (l'eau, l'air, la terre, le feu), contrairement à son pote Démocrite (enfin façon de parler, Démocrite est plus jeune d'environ deux siècles hein) qui postulait déjà l'existence des atomes.
Et le cinquième élément alors?
Bref. Quelques temps après Thalès, ce gros complotiste de Pythagore (que les écoliers connaissent bien aussi) postule quant à lui qu'on nous ment, qu'on nous cache tout, que c'est encore un coup des Illumithalès et que la terre est ronde comme un testiboule (entre deux délires bien barrés sur les triangles rectangles).

L'un de ses disciples, Philolaos de Crotone, imagine quant à lui que la terre bouge, et tourne autour d'un "feu central" (mais qui n'est pas le soleil, c'est un feu central qu'on ne voit pas... oui, je... je pense aussi que les pythagoriciens fumaient le chanvre). Quelle bande de déconneurs!

Heureusement, le père Aristote (sorte de gros troll scientifique de l'époque, qui passe son temps à donner son avis sur tous les travaux de ses prédécesseurs) viendra tenter de mettre le holà à ce nawak ambiant, en réaffirmant via son compteTouïteur® que :
►primo : le soleil et tous les astres tournent autour de la terre (qui est ronde quand même, Erathostène calculera même sa circonférence quelques temps plus tard)
►secundo : ces histoires d'atomes c'est bien mignon, mais ça ne vaut pas les 4 éléments. Na!
Notons que ça ne met pas fin à la polémique, puisque Aristarque de Samos n'est pas d'accord, et prendra partie pour la thèse héliocentrique (la terre qui tourne autour du soleil) en s'appuyant sur les mesures qu'il a réalisées et les calculs qui en découlent.
Touït exumé par les archéologues : bel exemple de buzz antique.

Pour schématiser, selon Aristote la Terre est au centre de l'univers, tous les autres astres étant "fixés" sur des sphères concentriques de plus en plus grandes et qui tournent autour, la sphère et le cercle étant symbole de perfection.
Même Wolverine le dit.
Sauf que du coup, ça ne colle pas trop bien avec les observations.

–Ah bon?

Bah non. Pour les étoiles encore, ça irait à peu près (et encore parce que leur mouvement réel autour de l'axe galactique, et non de la Terre, est imperceptible à notre échelle de temps), mais pour les planètes, comme par exemple Mars, ça chie sérieusement dans la colle.

–Comment ça?

C'est simple à comprendre : comme en réalité, la Terre et Mars tournent toutes deux autour du Soleil (ce qu'Aristote réfute) mais pas à la même distance ni la même vitesse, le mouvement apparent de Mars vu de la Terre est un peu... bizarre. Un peu comme lorsque vous êtes dans un train qui en double un autre qui va moins vite, ce dernier semble avancer, puis reculer, puis avancer de nouveau. Comme ceci :
Oui, Mars a la démarche d'un mec bourré. C'est la théorie alcoolocentrique.
Des fois, ça ressemble même à des boucles. Voilà qui est ballot. Qu'à cela ne tienne : Aristote ne se démonte pas, il imagine le phénomène dit des "épicycles". Comme cela :
"♫ Tournent les vio... tournent les vio... tournent et s'en vont... tournent les vio... tournent les violoooooons ♪"
Les "épicycles" : des cercles dans les cercles. Pourquoi? Parce que. Epicétou. D'abord c'est plus joli, et puis sinon la théorie ne marche pas, et puis zut : Ta Gueule C'est Magique!  #TGCM

Comme nous aurons l'occasion de le voir par la suite : quand une théorie scientifique doit faire appel à des explications compliquées et tortueuses, elle a de bonnes chances d'être complètement foireuse. Ou si vous préférez : l'explication la plus simple est toujours la plus simple. Corollaire du Principe de la biscotte de Papa Hérisson.

Mais en attendant, les hashtags #teamgeocentrisme et #TGCM ayant été les plus retouïtés, ça sera donc l'ami Aristote qui remportera la bataille. Provisoirement.

Les tordus-ninjas de la Renaissance

La théorie d'Aristote est considérée comme la seule valide jusqu'au XVIème siècle, surtout que ça arrange bien l'Eglise, car ça colle pas trop mal aux Saintes Écritures (souvenez-vous, ce bouquin magique qui dit que la Terre a été créée il y a 6000 ans, et que Eve a été créée par dieu à partir d'une côte du père Adam).

C'est à cette époque que la bande des quatre : Copernic, Galilée, Kepler, et un peu plus tard Newton (Cowabunga!) commencèrent à redire que bon, finalement, tout compte fait, ça serait p'têt bien la terre qui tournerait autour du soleil quand même.

"Ou pas!" se dépêchera bien de répondre le Vatican. Galilée tentera alors d'effacer son post sur Facebouc® pour éviter des emmerdes, mais trop tard : rien ne s'efface jamais totalement sur la toile, le bad buzz ne fait que commencer...
Les historiens ont un peu enjolivé les choses...
Et c'est un hipster anglais, Isaac Newton qui va se pencher à nouveau sur la question quelques années plus tard. Je dis hipster, car il était plutôt du genre iconoclaste, touche-à-tout, et anticonformiste-tout-en-étant-conformiste-quand-même. Comme un hipster quoi. S'il avait vécu à notre époque, je ne doute pas qu'il aurait porté la barbe et mis des chemises de bûcheron en allant voir des films des frères Dardenne. Déjà qu'il kiffait la marque Apple®... bref, le genre de type à utiliser Gogole+ comme réseau social.
Honnêtement, vous saviez à quoi ça ressemblait Gogole+ vous avant?

Après s'être mangé une sorte de pomme dans la poire (sûrement son Ipad qui lui est tombé dessus) donc, ce brave Isaac commença à délirer sur une histoire d'attraction gravitationnelle. Surement la commotion cérébrale. Et du coup, non seulement ses équations et ses calculs confirmaient l'hypothèse copernicienne héolicentrique, mais en plus, ils donnaient raison à Kepler qui penchait pour des mouvements ellipsoïdaux et non circulaires. Bam!

D'après Newton, les corps s'attirent donc avec une force proportionnelle à leur masse mais qui diminue quand leur distance augmente. Du coup, si Galilée pensait que c'était une histoire des plus petits qui tournaient autour des plus gros (dit "principe de Carlos"), Il s'avère donc que ça serait en fait le plus léger autour du plus lourd (principe de "Justin Bieber" également appelé "principe du trou du cul noir"), ce qui est souvent la même chose, mais pas toujours (nous le verrons quand nous aborderons la question des trous noirs).

Tous en orbite (d'amarrage)

Plus récemment, ce grand déconneur d'Albert Einstein viendra un peu bousculer la physique newtonienne en expliquant que tout ça c'est du bullshit et que tout est question de courbure de l'espace-temps. Mais on va dire qu'on se contentera des idées de Newton, dont les équations restent valides à notre échelle...

–Oh. Oh! OH! Stop! J'pige plus là. Si les corps s'attirent, pourquoi ça tourne? Pourquoi on ne se mange pas la lune sur le coin de la margoulette? Hein? Alors?

Je vous aurais bien répondu que #TGCM, mais en fait, c'est plus Scientifique que Magique, donc, plutôt #TGCS. Mais comme je suis sympa, je vais vous expliquer. Selon Newton, en l'absence de frottement...
"–Dommage..."
Hum. En l'absence de frottement, comme c'est le cas dans la tête de Nabilla le vide spatial donc, tout mouvement entamé par un objet se poursuit indéfiniment en ligne droite et à vitesse constante tant que l'objet n'est pas soumis à l'action d'une force.

–Hein?

Dans les profondeurs de l'espaaaaaace, si toi lancer un caillou, ou un nain, caillou, ou nain, continuer tout droit à la même vitesse pour l'éternité.

–Ah ok.

Mais si on applique une Force à l'objet, cela va générer sur ce dernier une accélération allant dans le sens et la direction de cette Force.
"–La Force! Une poussée je sens qui... hum. Bon. Ma couche changer je vais."
–Euh...

Faites un effort bon sang! Bon :
  • si un objet se déplace dans une direction donnée, et qu'une Force située pile derrière lui l'attire, il va progressivement ralentir (en physique, ça revient à accélérer dans le sens inverse) et finira par repartir en accélérant régulièrement dans le sens de la force qui l'attire. 
  • si à l'inverse, la force s'applique pile devant lui, au lieu de rester à vitesse constante, il va accélérer.
Dans ces deux cas, il reste en ligne droite. Maintenant :
  • si la Force s'applique à l'objet, mais de coté, l'objet va accélérer en direction de la force, tout en conservant son mouvement initial : il va donc progressivement dévier en tournant, jusqu'à ce que son mouvement soit dans la direction de la Force appliquée.
Exemple de force d'attraction.
Bon, pour résumer :
C'est plus clair comme ça?
Bon, revenons à la lune donc...
"–Hmmm... oui, j'aime bien qu'on s'occupe de la lune!"

Comme on vient de le voir, le mouvement d'un objet dépend donc :
  1. de sa vitesse et de sa direction initiale (par défaut, une ligne droite)
  2. de la ou des Forces qui s'appliquent à lui
Imaginons que vous lanciez très fort un caillou à l'horizontale. La Force de gravité (on parle aussi d'Accélération Gravitationnelle, en physique c'est pareil) est, quant à elle, dirigée verticalement vers le bas. La trajectoire du caillou va donc être courbe (parabolique en fait) et finir par toucher le sol. Plus vous lancez fort, plus le mouvement horizontal initial est rapide, plus la distance parcourue avant de toucher le sol est grande. Si vous êtes Chuck Norris, vous êtes super balaise et la vitesse de votre lancer sera telle que la distance parcourue par le caillou avant que la trajectoire ne soit complètement verticale, est supérieure au rayon de courbure de la Terre! Votre caillou va... continuer de tomber. Encore. Et encore. Il est en orbite.
Bon, ok, le deuxième triche, son tir n'est pas horizontal. Mais c'est l'idée.
Bin la lune c'est exactement ça : elle en permanence en train de tomber. Si vous voulez une autre analogie, imaginez que vous essayez de courir en ligne droite, en étant attaché par un gros élastique qui vous relie à un arbre : vous allez tourner comme un con autour de l'arbre.

–Ah ouaih... ok... je crois que... je vois...

D'accord. C'est bon, je vous ai perdu. On va stopper là pour aujourd'hui, la prochaine fois je vous causerai de ces grands objets profilés...
"–Je sens déjà que ça va me plaire!"
... je veux bien sûr parler des fusées. Sur ce, je vous laisse, vous pouvez débrancher votre cerveau.

Epilogue
On causera évolution une autre fois hein...