Claquant discrètement ma portière, je m'avançais vers le lieu du rendez-vous. Un crissement de pneu un peu plus loin me fit sursauter. Un conducteur un peu pressé avait dû légèrement déraper dans l'un des virages serrés du parking. Il faut bien dire que le revêtement grisâtre, avec sa curieuse texture un peu caoutchouteuse, se prêtait idéalement à ce genre de nuisances sonores.
Alors que je reportais mon attention vers mon objectif, un mystérieux individu, engoncé dans un imperméable sombre et le visage dissimulé dans l'ombre de son chapeau de feutre, émergea soudain de derrière un pilier situé juste à côté de la silhouette élégante d'une
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| Quelle silhouette mystérieuse! C'est vraiment mystérieux tout ce mystère... |
–Euh... ça va? demandai-je un peu inquiet.
–Reuuuh, reuh... hum oui, désolé. C'est juste que... je ne suis pas fumeur.
–Ah. Euh... ok, répondis-je un peu interloqué.
L'individu jeta la cigarette à peine entamée et rajusta son chapeau. Se raclant encore la gorge une ou deux fois, il poursuivit d'une voie faussement rauque :
–Vous êtes ponctuel M. Papa Hérisson.
–Moui... bon je suppose donc que c'est vous qui m'avez contacté anonymement pour me fixer ce rendez-vous pour de soi-disant informations...
–En effet.
–Et vous êtes?
–Plutôt content que vous soyez là.
–Non, je veux dire, comment dois-je vous appeler?
–Ah pardon. Que diriez-vous de... "Gorge Profonde"? répondit-il en mimant des guillemets de ses mains gantées de cuir noir.
–Sérieusement? Non là ça va pas être possible.
–Euh...
–Non franchement. Déjà pour l'informateur du Watergate, la référence à un vieux porno antédiluvien c'était moisi : j'ai toujours trouvé que ça faisait pute de parking souterrain plus qu'autre chose. Notez ceci explique peut être cela... Mais là maintenant, c'est carrément du réchauffé, on se croirait dans le remake d'un film d'Oliver Stone tourné par Luc Besson un lendemain de biture vodka-coke. Non. Je vais plutôt vous appeler Paul Bismuth ok? Mais c'est comme ce parking là... pourquoi se donner rendez-vous ici?
Manifestement gêné, l'inconnu répondit en oubliant de contrefaire la voix rauque :
–Bin euh... c'est plus discret quand même...
–Plus discret? Vous voulez dire un parking en pleine ville, avec seulement deux voies d'accès, des vigiles, et totalement sous vidéo-surveillance? On ne doit pas avoir la même conception du mot discrétion. En même temps, vu votre dégaine, ça saute aux yeux...
–Quoi? Mais euh... vous reprochez quoi à ma tenue?
–C'est à dire qu'un mec en imperméable sombre avec un grand chapeau, des gants et des lunettes de soleil, en pleine nuit dans un parking souterrain c'est pas banal. C'est même franchement suspect. D'ailleurs on ferait bien de se grouiller, car les vigiles du parking nous regardent bizarrement et je pense qu'ils vont appeler les flics si ça n'est pas déjà fait.
–Hum, oui bon. Tenez! fit-il en me lançant un dossier, dont la couverture s'ouvrit en vol, laissant tomber plusieurs feuillets.
–Ah bah bravo, fis-je en ramassant les papiers. C'est bien la peine de faire son kéké.
J'examinai rapidement le document.
–Sans déconner? C'était pour ÇA que vous vouliez me rencontrer en prenant toutes ces "précautions"?
–Oui. C'est de la bombe hein? Un vrai scandale!
–Non, c'est juste un article de presse en ligne qu'on peut trouver avec une bête recherche Gogole™.
–Euh oui. C'est à dire que... j'ai beaucoup aimé vos articles sur l'industrie pharmaceutique et sur les additifs chimiques. C'était courageux. Vous êtes un lanceur d'alerte M. Papa Hérisson...
–Vous êtes bien conscient que je me suis contenté de chroniquer des bouquins que j'ai lu? Certes intéressants et remplis de révélations, mais je n'en suis pas l'auteur...
–Oui, ok, mais bon, vous avez su les présenter avec talent pour sensibiliser vos lecteurs à ces problématiques...
–Mes lecteurs dont le nombre, en augmentation je vous l'accorde, représente au mieux un pouyem des ventes de ces deux livres. Mais soit, admettons. Donc je suppose que vous vouliez attirer mon attention sur les polémiques concernant les vaccins...
–Oui c'est cela.
–L'article que vous venez de me passer est donc une mise en contexte... ok. Donc si vous avez pris toutes ces précautions, c'est que vous avez des révélations en sus de ce document... vous travaillez pour les labos? Vous savez des choses que vous voulez me révéler? Des secrets inavouables? Un scandale en devenir?
–Euh... non... je... en fait je suis comptable dans un sexshop. Je ne sais rien de plus sur les vaccins, mais euh... ça m'interpelle quoi. Je me disais juste que vous pourriez faire un article sur... enfin au sujet de... des... les vaccins quoi.
–Ok. Donc vous me refilez l'article succinct d'un obscur site internet sans doute payé par un labo, et démerdes-toi tout seul pépère, fais des recherches par toi-même et ponds-nous un bel article rigolo qui dénonce bien les vilains labos, c'est ça? Sympa merci...
–Voilà. Bon. Je ne peux pas vous en dire plus, je crois qu'on nous surveille.
–Oui, je vous l'ai dit tout à l'heure, ce sont les vigiles du parking...
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| "Bob, y a un mec louche en imper au fond... je pense que c'est un pervers qui fait la sortie des |
–Euh... Paul? Paul Bismuth?
–...
–Oui... non... écoutez, franchement, autant votre arrivée avait un peu de style, autant ça le fait moins pour le départ : je vous aperçois en train de marcher à 4 pattes derrière la twingo. La vôtre je suppose? En plus vos semelles raclent le sol, et ça couine sur le revètement en résine. Le coup de la disparition mystérieuse, ça demande une bonne préparation vous savez.
–...
–Ok, bon, c'est pas grave. Allez bonne soirée Paulo, hein.
Et c'est donc ainsi (ou à peu de choses près) que je me suis retrouvé à mener l'enquête sur les vaccins. Et autant vous le dire, ça n'a rien de simple car le terrain est miné. Il faut dire qu'au sein de la grande famille des traitements médicaux, les vaccins constituent une catégorie un peu à part :
►d'une part, assez peu de laboratoires dans le monde en produisent (une douzaine tout au plus, dont les plus connus sont Sanofi Pasteur, GSK, Baxter et Novartis)
►d'autre part, ils font partie des rares traitements pour lesquels presque TOUS les pays du monde prévoient des campagnes de traitement massives, souvent gratuites, et parfois obligatoires (ce qui ne va pas sans poser parfois quelques problèmes d'ailleurs, et déclencher quelques polémiques...)
►et enfin, c'est l'un des rares traitements à prendre presque exclusivement de façon préventive et non curative.
Bon, sauf si vous revenez d'un trek de 30 ans en Antarctique, il y a peu de chances que vous ayez loupé les polémiques de ces dernières années sur plusieurs de ces vaccins (vaccin contre la grippe A, contre le papillomavirus...). Par contre, vous ignoriez peut-être que des polémiques sur les vaccins, il y en déjà eu avant, depuis des décennies même, et parfois d'assez sérieuses. Mais j'y reviendrai.
Alors bon, trouver des informations sur les vaccins c'est facile. Des informations pro-vaccin, comme des informations anti-vaccin hein! Par contre, trouver des informations fiables, claires, pertinentes, sourcées et qui font consensus, ça c'est beaucoup plus compliqué en revanche. Tout simplement parce que, étrangement, en matière de vaccins les gens sont rapidement dogmatiques (ce qui ne lasse pas de me surprendre concernant un domaine qui relève théoriquement de la science, rigoureuse, formelle et démontrée, et non de la foi, irrationnelle par nature) : on affirme, et on martèle, sans étayer.
Sur ce sujet –comme sur beaucoup de sujet d'ailleurs– on ne trouve visiblement que deux camps. Deux uniques positionnements possibles : totalement pour, ou totalement contre. Pro, ou anti. C'est un parfait exemple de ce que j'appelle le "syndrome de la petite case" (sur lequel je vous ferai un petit laïus à l'occasion) : pas de demi-mesure possible, c'est pour les couilles molles! Je suppose que dans la réalité, certaines personnes sont "pour mais", ou "plutôt contre néanmoins", voire même carrément "bof ça dépend", mais ceux-là n'ont pas la parole et picétou. Et comme il convient à ce genre de postures extrêmes (pour ou contre), les arguments sont souvent d'une pauvreté intellectuelle frisant l'indigence. Quand il y en a des arguments je veux dire. Car pour être honnête, pour peu que vous vous donniez la peine de consulter l'un ou l'autre article traitant de ce sujet, vous constaterez rapidement que l'article lui-même se contente généralement d'affirmations gratuites du style :
"Ohlala, la France est en retard sur la couverture vaccinale pour telle maladie, c'est fâcheux!"
Mais sans préciser si cela affecte ou non le taux de personnes atteintes par la maladie, ni si l'efficacité du vaccin est clairement démontrée, ni même si celui présente d'éventuels risques. Car ce sont des informations sans intérêt. Par contre le concours de
Quand aux commentaires des internautes sur ces mêmes articles, c'est pire : ils se résument souvent à une bataille rangée de pseudo experts -de mes couilles- diplômés en art du troll de l'université de Wikipédia. Le tout à base d'arguments aussi péremptoires que peu étayés du genre :
"Les vaccins c'est caca, d'ailleurs la dernière fois que je me suis fait vacciner, j'ai été malade!"
"C'est de la propagande de cinglé d'anti-vaccins! Votre attitude est criminelle!"
Et j'en passe et des meilleures sur l’évocation d'études irréfutables (mais jamais sourcées bizarrement) qui montre clairement que (rayez la mention inutile) :
►les vaccins sont une invention des satanistes nazis affiliés à Cthulhu, destinée à détruire l'humanité après avoir réduit celle-ci à l'état d'un troupeau de zombies décérébrés au service des Illuminati
►les vaccins sont paix et amour et ils sauveront le monde, nourriront les affamés, stopperont les guerres, passeront un petit coup de balai et feront le café avant de faire revenir l'être aimé en moins de 48h
Bref : autant dire qu'on n'est pas sorti de l'auberge. Face à ce champ de ruine de la raison et du bon sens, j'ai donc décidé de reprendre les choses à la base en commençant par faire un point sur le fonctionnement du système immunitaire, les origines de la vaccination et son principe. Si vous regardiez "Il était une fois la vie" étant mômes, ça vous rappellera peut être des souvenirs.
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| Tient? Y a Paul Bismuth au pied du bureau... |
1. Le système immunitaire
A l'évidence, l'organisme humain n'a pas attendu l'arrivée de la médecine et des vaccins pour apprendre à lutter contre les maladies (sans quoi je doute qu'
Prenons un globule blanc, que nous appellerons
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| Ramón aurait pu être plombier, mais il a choisi une carrière de globule blanc. |
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| Il a bien une tête de racaille notez... |
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| Et oui, un anticorps dans la margoulette ça pique un peu. |
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| Moi aussi si je bouffe certains champignons, j'ai l'impression de devenir un super héros. |
En fait la réalité est un peu plus complexe (et d'ailleurs pas encore complètement comprise par les biologistes concernant certains de ces mécanismes). Déjà le corps à aussi d'autres moyens d'actions :
►la fièvre : loin d'être néfaste, elle est surtout un symptôme d'une infection. La plupart des germes fonctionnent mal au delà de 39° (surement des racailles venues du nord), et meurent ou ont du mal à se multiplier, ce qui facilite le boulot de Ramón. A ce titre, essayer de faire baisser la fièvre est en général très con : ça revient à dévisser l'ampoule avertissant de l'incendie en espérant que ça va l'éteindre, et du coup ça déconnecte aussi le réseau de springlers destiné à contenir ce même incendie. Relativisons tout de même : sur une longue durée, la fièvre a tendance à éprouver l'organisme lui-même.
►l'acidification du sang (baisse du pH sanguin) : beaucoup de virus sont sensibles au pH (c'est à dire au degré d'acidité du milieu) car un milieu acide inhibe leur fonctionnement. Inconvénient: cela affecte aussi les cellules de l'organisme. D'ailleurs, si cette acidose persiste, elle peut devenir pathologique et nécessiter un traitement.
►les substances antivirales organiques (immunoglobulines, interférons...) : elles perturbent la reproduction des virus en leur diffusant du Derrick ou du Joséphine Ange Gardien et en leur filant une camomille.
Ensuite, les globules blancs, y'en a plein de sortes (je vous mets juste les principaux, y en a encore d'autres) :
►les polynucléaires (leucocytes) : c'est la première ligne de défense. Ils bouffent les intrus qu'ils arrivent à identifier (délit de faciès) car ils n'ont pas leurs papiers. Ils sont costauds, mais un peu con-cons, et de nombreux germes savent tromper leur vigilance grâce à de faux -papiers.
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| Le polynucléaire passe son temps à bouffer tout ce qui traîne. Surtout si c'est crade. Un peu comme mon chien en fait... |
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| "Je ne suis pas GROS. Juste un peu enrobé!" |
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| Tout de suite, ça rigole moins. |
Enfin, il y a donc ces fameux anticorps : spécifiques aux germes visés, ils sont là pour leur mettre la misère et faciliter le boulot des leucocytes, macrophages et lymphocytes dans leur travail d'élimination.
Comment tout cela fonctionne-t-il? Mettons-nous en situation. Disons qu'une brave cellule constate qu'une bande de microbes est en train de foutre la zone dans son jardin, et de lui piquer ses
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| Non Serge, des lymphocytes Natural Killer on a dit. |
2. Origines de la vaccination
Pour beaucoup de gens, l'invention du "vaccin" c'est Louis Pasteur. C'est du reste l'histoire qui a été et est toujours popularisée, histoire de faire mousser notre patriotisme latent.
La légende voudrait donc que dans les années 1880, ce brave homme, en collant le nez à son microscope sur l'échantillon de sang d'un malade, se soit rendu compte de la présence de vilaines petites bébêtes microscopiques ("microbes"). Il se serait écrié un truc du style : "Oh bin ça c'est pas banal!" et aurait alors cherché un moyen de tuer les dites bébêtes (l'utilisation intempestive du lance-flamme ayant du coup fortuitement conduit à l'invention de la pasteurisation, ainsi qu'à celle du méchoui lors d'une tentative malheureuse de "vaccination" d'un troupeau de moutons contre le bacille du Charbon).
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| "Oh bin ça c'est pas banal!" |
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| Oui, alors je sais : Pasteur vous ne l'imaginiez sans doute pas comme ça. C'est pour la version que j'ai proposé récemment à Hollywood sous forme d'un scénario dans lequel Pasteur est une femme, Louise, avec de gros |
La légende est belle, mais en réalité l'humanité n'a pas attendu Pasteur (qui n'est du reste pas le premier à avoir vu des microbes dans son microscope, ni à avoir fait le lien avec les symptômes) pour tenter de s'immuniser contre les sales maladies. Le principe d’inoculation ou d'exposition à une forme atténuée de la maladie était déjà connu en Afrique depuis des siècles, et il se dit (bien que ça soit contesté) qu'en orient, Chinois et Indiens connaissaient déjà la variolisation depuis le XIème siècle. Au moyen âge en Europe, il était également connu que lors des épidémies de peste, ceux qui survivaient à la maladie après l'avoir contractée s'en trouvaient immunisés (et du coup, les autorités demandaient amicalement à ces derniers d'être bien urbains, et de bien vouloir ramasser les cadavres avant de filer un coup de balais vu que c'était un peu le bordel ici, merci!).
En réalité les premiers "vaccins" sont référencés dans les annales de la sciences (ça n'est pas sale) à partir des années 1770. Plusieurs personnes tenteront en effet d'immuniser des individus contre la variole en leur inoculant la variole de vache aussi appelée "vaccine" (vacca signifiant vache en latin,c'est là l'origine du nom de "vaccin"... heureusement que vache ne se dit pas tapa...), avec un certain succès semble-t-il. Pasteur est donc l'héritier de théories et d'expérimentation antérieures. Bien sûr, cela n'enlève rien à la valeur de ces travaux qui ont eu le mérite de mettre ce procédé en lumière, de le formaliser et de commencer à en comprendre les mécanismes.
Petite anecdote cocasse au sujet du "fait" le plus connu du grand public dans la carrière de ce biologiste : il n'a jamais été clairement démontré que le petit Joseph Meister, que Pasteur avec vacciné contre la rage, était porteur de la maladie, ni même que le chien qui l'avait mordu était lui-même enragé. Des médecins contemporains de Pasteur avaient d'ailleurs jugé que ce dernier s'avançait beaucoup en prétendant avoir sauvé l'enfant. Tel un vulgaire ministre qui s'invente des diplômes sur son CV, Pasteur aurait donc peut être un peu exagéré ses succès. Un commentaire monsieur Pasteur?
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| "J'ai découvert l'existence de ce "Joseph Meister" dans la presse, comme vous. C'est de l'acharnement judiciaire!" |
3. Principe d'un vaccin
Quand on veut vous vulgariser la chose (que ce terme porte bien son nom parfois...), on vous explique comme à des neuneus, qu'un vaccin est fabriqué à partir du microbe lui-même. Ce micorbe, on l'a passé à tabac avec un annuaire pour qu'il soit tout mou et tout coopératif, et on ajoute parfois des adjuvants pour renforcer la réponse immunitaire (les
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| Oui, Ramón se lâche un peu sur les anticorps là quand même... on voit bien que les pauvres microbes sont déjà hors d'état de nuire. |
Bon, ça c'était globalement vrai jusque dans le milieu du XXème siècle, parce qu'on ne savait stimuler la réponse immunitaire du corps autrement qu'avec l'agent pathogène de la maladie lui-même. Mais ça n'allait pas sans poser certains problèmes parfois. Ainsi, avec certains vaccins à germes vivants, il y a parfois eu des incidents : les germes retrouvaient leur virulence et provoquaient alors la maladie contre laquelle ils étaient censés immuniser (ex : vaccin anti poliomyélitique dans les années 50). Dans d'autres cas, des cultures cellulaires ont été infectées par un autre virus, introduisant une maladie (différente) en plus du vaccin lui-même.
Du coup, les laboratoires ont commencé à produire des vaccins ne contenant que des bouts de virus et de bactéries, ce qu'on appelle les antigènes spécifiques. Grosso modo, au lieu de filer à Ramón directement le suspect pieds et poings liés pour qu'il prenne ses empreintes
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| Le risque, c'est d'attirer les |
Mais comme ça semble un peu moins efficace (Ramón est un peu flemmard apparemment, il n'aime pas trop travailler d'après photo, il préfère un vieux flag'), on motive le système immunitaire avec des adjuvants. En gros on file à Ramón un pack de bière, un rail de coke, un fix de LSD, un best of des discours de Marine, et une photo de Kevin en train de se faire sa femme, de sorte qu'il ressente une furieuse envie de lui faire avaler son extrait de mitose en lui collant sa bombe lacrymo dans le trou de balle. Le gros soucis, c'est qu'il arrive parfois que sous l'effet du LSD et de la bière, Ramón pète un câble et se mette à faire un carton autour de lui avec son arme de service : on parle de maladie auto-immune. Tout l'enjeu est donc de savoir si le jeu (abaisser le taux de criminalité en collant Kevin au trou directement) vaut la chandelle (le risque de voir Ramón tourner maboul et flinguer tout le commissariat). Les uns disent que oui : les pro-vaccins qui estiment que le risque de pétage de plomb de Ramón est très faible compte tenu de son efficacité accrue sous l'effet du LSD. Les autres jugent que non, partant du principe qu'on peut, dans la plupart des cas, se débarrasser de Kevin en lui collant des TIG ou un bracelet électronique, alors que Ramón, super entrainé, est pratiquement impossible à stopper s'il vire parano.
Sur ce , je me rend compte que cet article est déjà bien assez long, et je vous dis : à la prochaine!
Epilogue
Je venais d'éteindre l'écran de l'ordinateur. Le ronronnement discret du ventilateur de l'alimentation était à peine audible dans la pénombre du bureau assoupi, couvert par les grattements du chat dans la litière. Je m’apprêtais à éteindre les dernières lumières pour monter me coucher, lorsque la sonnerie du téléphone me dit sursauter. Qui pouvait bien
–Allo! décrochai-je, un peu énervé.
–Monsieur Papa Hérisson? me répondit une voix rauque.
–Paul Bismuth? Qu'est-ce qui vous prend de m'appeler à cette heure indue?
–Mais... comment avez-vous su que c'était moi? dit-il en reprenant son timbre normal.
–J'ai reconnu votre imitation foireuse de Barry White sous hélium. Qu'est-ce que vous me voulez?
–Je... Votre article. Vous n'allez quand même pas vous arrêter là? Vous avez à peine effleuré la polémique sur les vaccins!!!
–Du calme...
–Que je me CALME!??? Alors que tu te contentes de pondre une BLUETTE sur un sujet aussi sérieux!???
–Déjà vous allez me parler meilleur, on n'a pas distribué des claques qui se perdent ensemble. Le vouvoiement est de rigueur sinon, c'est direction mon grenier. Capito? Ensuite, sachez que cette article n'est que le premier d'une trilogie, qui devrait logiquement couvrir le sujet de façon à peu près exhaustive. Alors mollo!
–Ah. Euh... je... je suis déso...
–Et puis franchement, vous ne devriez pas m'appeler du boulot. Surtout en vous énervant comme ça, vous aller faire peur aux clients du Sexshop.
–Hein? Mais comment savez-vous que je suis au boulot?
–J'entends vibrer un p'tit canard derrière vous.
–#tuuuût#
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| Vrrrrrrr |
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