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dimanche 19 novembre 2017

Qui a peur du Grand Méchant Mou?

Prologue
Montagnes de l'Himalaya, royaume du Khupal, à la frontière avec le Boukistan
Ça n'était pas un hasard si ces montagnes avaient été surnommées "le toit du monde". De chaque côté de l'hélicoptère gros porteur défilaient de hauts pics qui semblaient tutoyer les cieux tels d'immenses piliers célestes abandonnés là par quelque dieu négligent.

Le "colonel" se faisait cette réflexion silencieusement, lorsque la voix de sa voisine de cabine grésilla dans l'écouteur.
"–Ça fait plus de deux mois qu'il n'a pas donné de nouvelles... comment avez-vous réussi à la localiser? Qu'est-ce qu'il ficherait ici dans le trou du....
–Le Khupal. Oui. C'est bien ce que m'a indiqué mon informateur."
L'homme en uniforme tourna la tête vers la femme, une rousse en tailleur stricte qui le regardait d'un air sceptique.
"–Croyez-moi, l'homme qui m'a renseigné est fiable.
–Un ami à lui?
–Son garagiste. Youri. Ou Sergueï, ou peut-être Vladimir,  je n'ai jamais su en fait... bref, il m'a dit texto : "Lui fatigué. Lui tout mou. Lui besoin pause. Khupal. Vous partir maintenant, sinon je tirer kalachnikov."
–Admettons, répond la rouquine en levant les yeux au ciel. Mais le Khupal, même si c'est un petit pays, c'est vaste. Pourquoi ici spécifiquement? Pourquoi dans ce monastère Bouddhiste?
–Pas Bouddhiste, Mouddhiste...
–Pardon?
–J'ai dit pas Bouddhiste, mais Mouddhiste. C'est un monastère Mouddhiste. S'il est "mou" pour reprendre les termes de Alexeï, je pense que ça veut dire qu'il est atteint du syndrome du Grand Méchant Mou. Dans ce cas c'est forcément l'endroit où il est venu se mettre en retraite du monde. Les mouddhistes ont fait de ce syndrome un mode de vie."
"–C'était pas ma guerre..."
La rousse s'apprêtait à ajouter quelque chose, mais le pilote sembla avoir repéré son objectif. Désignant du doigt un bâtiment à l'architecture curieuse accroché à flanc de montagne, sa voix grésilla dans les écouteurs de ses passagers.
"–C'est là, à 14h!"
Le monastère Mouddhiste s'étalait sur la paroi montagneuse tel un flamby ramolli dans une assiette. Avisant un haut plateau dégagé, non loin du bâtiment, l'appareil massif se posa avec l'habileté liée à de longues heures de vol du pilote. Tandis que les passagers descendaient de l'hélicoptère, plusieurs moines mouddhistes en robes chamarrées venaient à leur rencontre d'une démarche trainante. Le "colonel" s'avança en boitillant. L'un des moines s'avanca vers les visiteurs et prit la parole dans un français approximatif :
"–Soyez bienvenus nobles étrangers. Vous venir pour rencontrer Sa Sainteté Dalaï Le Mou?"
L'homme en uniforme s’apprêta à répondre, mais la femme en tailleur lui grilla la politesse :
"–Non. Nous recherchons un homme. Un homme venu dans votre monastère pour s'y exiler.
–Si lui venir exil ici, pourquoi vous venir déranger lui? interrogea le moine.
–Nous avons besoin de cet homme pour... une mission de première importance.
–Et... vous être? demanda le moine.
–Je suis... vous pouvez m'appeler colonel Trotte-mal, répondit l'homme en uniforme. Rapport à ma jambe en galère. Et voici Miss Terry Heuze.
–Et qui vous chercher?
–Ça me parait évident, nous cherchons... Papa Hérisson!"
Où est Papa Hérrisson

Le syndrome du Grand Méchant Mou

Oui. Je sais. Ça fait des plombes que je n'ai publié aucun article. J'ai honte. Enfin un peu... et pourtant, je suis bien d'accord, c'est pas les sujets qui manquent en ce moment : autodafé réforme du code du travail, Paradise Papers, affaire Weinstein, indépendance de la Catalogne, affaire du Glyphosate, Nicolat Hulot en train d'avaler des couleuvres anacondas au mètre linéaire...

–scandale de la prostitution dans la téléréalité révélé par Jeremstar...

JeremQui ça? Bof, peu importe... Bref, mais #cépamafote, c'est la faute du Grand Méchant Mou. Le Grand Méchant Mou, c'est ce truc qui te choppe parfois : tu as des trucs à faire (genre plein!), tu as toutes les raisons de les faire (de bonnes raisons), le temps pour ça (plus ou moins), mais... rien. Nada. Walou. C'est pas tout à fait comme le syndrome de la page blanche hein... des idées de sujets d'articles, c'est pas ce qui me manque (cf  sujets ci-dessus), mais juste impossible de trouver la motivation.


Bon, notez bien que je suis loin d'être le seul hein : ça semble même plutôt fréquent en automne. Il fait gris, il fait froid, il fait humide, on est tous un peu malades, un peu frigorifiés, bref :
L'hiver arrive.

En gros, t'as juste envie de t'emballer dans un plaid polaire devant ta cheminée en sirotant un chocolat chaud tout en caressant ton chat qui va laisser tous ses poils sur ton plaid et te déclencher un choc anaphylactique.
Sluuuurp!
Et puis soyons honnête : il y a tant de motifs d'indignation dans l'actualité que ça en devient épuisant. Trop nombreux. Tu montes en pression, et là un autre truc déboule, tu monte aussi sur ce nouveau cheval de bataille, mais avant que tu ne te lance, un autre arrive et... tu laisses tomber. Trop nombreux.
"–Je vais tous vouuuuus... euh... oups!"

D'ailleurs, objectivement, je ne dois pas être le seul : prenez les ordonnances sur la réforme du code du travail. A en croire les sondages, une majorité de français y étaient opposés. De nombreux experts pronostiquaient une rentrée sociale chaude-bouillante, des grèves et des mouvements sociaux à n'en plus finir et... finalement rien. Zob. Que dalle. Nada. C'est pas que tout le monde s'en fout hein... et d'ailleurs ça peut encore péter, plus tard, c'est juste que là, tout le monde est las. Plus de courage. Tous mous. Le Grand Méchant Mou. D'ailleurs je soupçonne vaguement que Jupiter Junior l'a parfaitement compris...
"–Mouahaha! Punaise, comment je les ai tous niqués!"
Franchement, c'est vrai! Même Hulot est atteint : entre la prolongation des centrales nucléaires, le glyphosate, les pesticides tueurs d'abeilles et j'en passe, même Jean-Vincent Placé aurait posé sa dém'. Mais Nico? Non. Alors de deux choses l'une : soit ce mec a vendu ses testiboules dans une brocante et s'est laissé pousser les dents pour rayer tous les planchers de l'Elysée, soit il est atteint du syndrome du Grand Méchant Mou.

Pire! Environ 15.000 scientifiques (15.000!!!) ont co-signés une tribune, un appel, pour alerter sur la situation catastrophique de notre planète, gravement menacée par l'activité humaine. Attention hein? Ça rigole plus, les grosses têtes nous préviennent : si on continue de chier dans la colle comme ça, c'est l'avenir de notre civilisation voire de notre espèce qui est menacé. Logiquement, un truc pareil devrait faire les gros titres de tous les journaux, de toutes les télés. Une réunion d'urgence devrait être convoquée à l'ONU en mode film-catastrophe-on-va-tous-crever, et des décisions drastiques devraient être prises. Et... et...
Et bin on n'est pas dans la merde...

Rhaaaa punaise, rien que d'en parler ça m'énerve!

Que... mais oh. Je... je suis énervé? Mais alors... ça veut dire que... JE SUIS GUERIIIII!!! Purée, maintenant ça va chier!!!!
"–Tu vas l'avoir ta putain de gueeeeeerre!"
Epilogue
Le colonel Trotte-mal et son acolyte suivent à présent l'homme en habit coloré. Celui-ci écarte un rideau pour les laisser passer. Miss Terry Heuze et le colonel balayent la pièce du regard. Parmi les personnes présentes, son regard se pose soudain sur celui qu'il cherche. Assis en train de déguster son repas, se trouve Papa Hérisson. Ce dernier lève soudain les yeux vers les nouveaux venus. Les identifiant soudain, ses épaules s'affaissent comme sous l'effet d'une profonde lassitude.
"–Bon sang! Paul Bismuth! [cf cet article, mais aussi celui-ci ou encore celui-là] Mais qu'est-ce que vous fichez ici? Et pourquoi en uniforme? Et c'est qui la rouquine qui vous accompagne? Votre avocate? Vous avez encore fait une connerie?
–Je vous ai déjà dit de ne pas m'appeler comme ça, répond l'homme en uniforme. Je suis le colonel Trotte-mal à présent. Et je suis officier des SAS. Et voici Miss Terry Heuze du FBI.
–Sans rire? Le Special Air Service et le Federal Bureau of Investigation?
–Euh... non, répond la femme rousse. Les Sections Anti-Sexisme et le Feminisme en Bataillon International.
–Je me disais aussi...
–Nous nous sommes donnés du mal pour remettre la main sur vous M.Papa Hérisson, reprend-elle. Ça fait des mois que vous aviez disparu de la circulation! Nous avons suivi votre piste jusqu'au bout du monde, jusqu'à ce monastère Mouddhiste à la frontière entre le Boukistan et le Khupal..."
Papa Hérisson s'esclaffe.
"–Sérieusement? Mais qu'est-ce que j'aurais été f... là-bas?"
Miss Terry Heuze jette un regard noir à son compagnon.
"–Bon, ok, j'ai mal interprété une information. Mais comment j'aurais pu deviner que "Khupal" désignait un restaurant indien à deux pâtés de maison, hein? Hem. Bon, ceci dit, rétorque Trotte-mal, ça nous a permis de rencontrer le Dalaï Le Mou.
–Ah. Et alors? Il est comment?
–Mou. Très mou.
–Oh. Cool. Je devrais peut-être y aller dans ce monastère finalement...
–Ah non c'est bon maintenant, s'énerve Terry. On a déjà eu du mal à vous retrouver dans ce pu**** de restaurant indien au fin fond du trou du cul de la France! On a besoin de vous!
–Besoin de moi? Et pourquoi donc?
–Pourquoi? POURQUOI? Non mais vous suivez les infos ou pas? s'énerve la femme rousse, son visage prenant un teinte assez proche de celle de ses cheveux.
–Bof. En ce moment,pas plus que ça je l'avoue...
–Et bien sachez que depuis quelques semaines, c'est la GUERRE M. Papa Hérisson! La guerre des sexes!
–Pffffffff...
–Ah bin super, ça a l'air de vachement vous motiver... le sexisme, les violences faites aux femmes, toussa, vous ne vous sentez pas concerné même un tout petit peu? Bravo, bel esprit!
–Non mais si hein... au contraire! Toute cette histoire là, Weinstein, #balancetonporc, #metoo, tout ça... je vous soutiens à mort les filles hein! Et pis en plus, je m'en fais pour l'avenir de Xéna avec toutes ces conneries. Je ne demanderais qu'à vous aider, faire un article, m'indigner, toussa... c'est juste que là... je suis atteint du syndrome du Grand Méchant Mou.
–Oui, bin vous allez me faire le plaisir de vous secouer le croupion, parce que ça urge!
–Rhaaa, punaise on peut même plus avoir la paix pendant qu'on bouffe des samoussas maintenant. Je peux finir mon houmous quand même?"
Le houmous, c'est bon. Et c'est mou.



vendredi 5 février 2016

Atomique-mique-mique ♫♪


Prologue
(pour rappel, le début est ici)

Paul Bismuth me regardait avec l'air consterné.
–Des tonnes d'un produit artificiel et dangereux?
C'est comme les radiations, ça fait saigner des yeux.
 –C'est ce que je viens de dire oui. Je parle du plutonium évidemment. Avant le XXème siècle, il n'existait probablement qu'à l'état de traces infimes sur Terre. Aujourd'hui, ce sont environs 500 tonnes qui se trouvent dans les réserves des différents états nucléarisés. Or cette matière est très dangereuse...
–Bon sang, je savais bien que le nucléaire était une dangereuse invention humaine! Il faut...
–Alors ça par contre non. Stricto sensu, les réactions nucléaires sont naturelles.
–Que... hein? Mais je croyais que... vous venez de dire que c'était dangereux? Je pige plus rien...

Je soupirai en contemplant les hipster qui se saoulaient au smoothie autour de nous.

–Mon pauvre Paul... vous tombez dans ce vieux piège sémantique copieusement utilisé par les grosses entreprises polluantes qui veulent faire du Greenwashing à bon compte. Naturel ne veut pas dire que c'est écologique, ni que c'est sans danger. En l'occurrence, c'est potentiellement TRES dangereux.
Mais si, c'est écolo : ça ne produit pas de CO2 voyons...

–Je... euh... mais... comment ça peut être naturel?



Ah, pour ça, il va falloir détailler un peu le fonctionnement d'un atome tout d'abord.

Avertissement liminaire :  vous vous souvenez d' "Il était une fois la vie..." ? C'était un dessin animé super bien fichu pour expliquer un peu comment fonctionne votre organisme... Pour autant, je suis sûr que personne parmi vous ne s'imagine que ses globules blancs ressemblent à des gentils p'tits bonshommes en combinaison spatiale qui viande des virus à tête de Sarkozy sur fond de musique symphonique...
Regardez bien, Sarko est en bas à gauche...
Et bien les représentations de l'atome que je vais vous présenter, c'est pareil : c'est juste une représentation. Pas la réalité. N'allez donc pas vous imaginer que dans la réalité, un atome ça ressemble à l'un de ces modèles classiques :
Le dernier a ma préférence. De loin.
D'après la physique quantique, la réalité est très différente, et pratiquement impossible à représenter. Mais on s'en fiche, l'important c'est qu'on comprenne comment ça fonctionne, alors les modèles suffiront.


Les atomes, c'est comme le guacamole
Ici un schéma des différentes couches électroniques. Avec un peu de sel, c'est délicieux. Et mélangeant, on obtient un guacamole plasma d'électrons qui... hem. Bon.

Comme on l'a vu la dernière fois, un atome, c'est comme un avocat, il est constitué :
  • d'un noyau
  • d'une délicieuse chair verte un nuage d'électrons autour
Le noyau est positif, et les électrons sont négatifs, ce qui fait que l'ensemble du bouzin est neutre électriquement parlant. Accessoirement, cela permet le phénomène de l'électricité : les électrons situés à la périphérie peuvent sauter d'un atome à un autre.
Bon, des fois ça merde : le gap énergétique est trop important. On dit que le matériau n'est pas conducteur.
Comme ils emportent leur charge électrique négative, la charge se déplace : c'est le courant électrique. Mais revenons au fameux noyau, car c'est lui qui nous intéresse dans les réactions nucléaires...

–Ah bon? Mais je croyais qu'on voulais produire de l'électricité justement? C'est pas au niveau des électrons que ça se passe?

Oui, mais on ne peut pas chaparder les électrons aux atomes car :
  1. c'est compliqué
  2. c'est mal, on ne vole pas
  3. c'est pas les électrons en eux mêmes qui font le courant, c'est leur mouvement
  4. c'est mal, on ne vole pas
  5. les nature n'aime pas les déséquilibres : l'atome tend à rester neutre
  6. c'est mal, on ne vole pas
Donc, comme dit dans le dernier article, on va juste utiliser une réaction utilisant les forces fondamentales de l'univers et la toute puissance du chaos nucléaire pour... faire bouillir de l'eau. En produisant de la chaleur. Et faire tourner une grosse dynamo avec la vapeur. Voilà voilà. Bon, excusez-moi, je dois aller chercher mon lance-roquettes, j'ai une mouche qui me gonfle.

Hum. Bon, donc : comme on l'a déjà dit, le noyau est lui même composé d'un certain nombre de nucléides. Les nucléides, ce sont les protons et les neutrons qui, en physique des particules, appartiennent à la famille dite des baryons...

–Pourquoi, ils ont une voix grave? Ils chantent bien l'opéra?

Que.... hein? Non, j'ai dit Baryon, par baryton! Cherchez pas, les physiciens inventent toujours des noms à la con. Je vous présente donc Proton et Neutron BARYON.
Oui, le proton est plus souriant. C'est normal, il est toujours positif.


Les protons sont très optimistes : ils sont super positifs tout le temps. Ce qui neutralise la charge négative d'un électron plutôt pessimiste lui...
L'électron... c'est vrai qu'on le sent négatif quand même...
Comme les contraires s'attirent, ils ont tendance à se mettre en couple. Dans un atome, qui est neutre électriquement, il y a donc autant de protons que d'électrons. C'est la parité. Le nombre de protons détermine la nature de l'atome et sa position dans le tableau de Mendeleïev (souvenez-vous).

Les at home et leurs positions. Attendez, euh...

Ce nombre de proton est aussi appelé le Numéro Atomique de l'atome. Pour l'Hydrogène, le plus petit des atomes, c'est le chiffre 1 (1 seul proton). L'Hélium, c'est 2, etc...
Oui, l'hydrogène, c'est un proton célibataire avec son électron à charge.
Les neutrons quand à eux sont neutres. Comme les protons sont de même charge, ils ne s'aiment pas. Ils tendent à se repousser, comme des aimants de même pôle. Où comme les joueurs d'une équipe de foot qui se font des blagounettes du genre sextape, toussa... Les neutrons permettent de diluer les protons, et de maintenir la cohésion du noyau en faisant de gros câlins à tout le monde.
"–Bonjour, je suis un Neutron, et j'adoooooore les câlins!"
Mais des fois, trop de câlins tuent le câlin...

She's a Barbie girl, in a Barbie world : she is a top isotope

Les atomes d'un même élément (une même matière) sont tous identiques. Mais certains le sont plus que d'autre... En effet, le nombre de neutrons n'influe pas sur la nature d'un atome : ainsi, un même élément peut présenter des atomes qui auront tous le même nombre de protons (sinon, ça n'est plus le même élément) mais un nombre différent de neutrons : un peu plus pour certains, un peu moins pour d'autres.
Ces deux atomes d'Uranium sont identiques, mais l'un des deux a un peu plus de neutrons.
On parle alors de lutte de classes d'isotopes : même matière, même propriétés chimiques, mais masse légèrement différente (bin oui, qui dit plus de neutrons, dit atome plus lourd rondeurs pleines de charme).
Le deutérium : un isotope compatible avec les Manif' pour tous...

Si le nombre de neutrons n'affecte pas les propriétés chimiques de l'atome (capacité à se lier à Ken d'autres atomes, couleur, conductivité électrique, etc...), le nombre de neutrons a en revanche un effet sur sa masse, et peut aussi avoir un effet sur la stabilité du noyau, c'est à dire sur sa capacité à nous les se briser... C'est normal : plus on est de fous, plus on rit. Certains isotopes sont moins stables que d'autres. Ceux qui sont instables ont tendance à se désintégrer...
Non, pas comme ça.
 ... c'est à dire à émettre des rayonnements (neutrons, électrons, etc...) pour se transformer en atomes plus stables. Ces isotopes radioactifs sont appelés Radio-isotopes. Cette désintégration peut se faire de deux façons :
  1. par transmutation ou désintégration β
    "–Transmutation!"
  2. par fission (en langage de physicien, ça veut dire "brisure") nucléaire
    "–Cassé l'atome, cassé!"
La désintégration pour les Bêta
Mais non, j'ai dit Bêta!
Si vous avez bien lu le dernier article, les rayons Bêta ça doit vous dire vaguement quelque chose. En pratique, on parle de désintégration β (β+ ou β-) quand un atome instable se transmute en un autre en balançant un lepton à la cantonade.

–Hein? Il balance du thé?
 
J'ai lepton, pas Lipton. Les leptons, c'est comme ça que les physiciens appellent les particules de la famille des électrons. Je vous l'ai déjà dit, ce sont de gros déconneurs les physiciens. Dans le cas présent, les leptons considérés ce sont l'électron (β-) et le positron (c'est la version antimatière de l'électron, de charge positive d'où le terme de β+.

–Bon mais la transmutation... c'est pas un truc d'alchimiste ça? Le plomb en or, toussa...

Si. Carrément. Et à l'arrivé de la théorie atomiste, à la fin du XIXème siècle, beaucoup de physiciens pensaient que la transmutation était de fait impossible. Mais en fait si... sous certaines conditions. C'est à dire pas sous forme d'opérations chimiques comme le pensaient les alchimistes : il s'agit d'une réaction nucléaire, naturelle ou provoquée.

–Donc on peut vraiment changer le plomb en or?

Techniquement c'est faisable, mais l'opération nécessite de gros moyens et pas mal d'énergie. Donc aucun intérêt sur le plan financier, d'autant que l'or obtenu pourrait fort bien s'avérer radioactif... Mais revenons à nos leptons.

Quand un isotope est instable, mal dans sa peau, il faut qu'il change pour se sentir mieux. Et du coup, parfois, l'un de ses neutrons décide de faire son coming out : il dit qu'en fait il s'est toujours senti proton dans l'âme, et décide qu'il va entamer sa transition.
"–Oh bon sang! Une charge positive!!!"
Comme un neutron c'est neutre, merci M. de La Palisse, pour devenir proton positif, il faut qu'il se débarrasse d'une charge négative, c'est à dire un électron. Donc une radiation β-. Au passage il largue aussi une particule qu'on appelle neutrino (ça c'est pour équilibrer l'équation), mais pour notre explication, on s'en cogne du neutrino.
L'électron (β-) se barre à gauche, le neutrino à droite.

Si vous avez bien suivi ce que je vous ai dit jusqu'ici : notre isotope se retrouve donc avec un neutron en moins, mais un proton en plus (ou plusieurs si plusieurs neutrons font leur transition). Il s'est donc transmuté en un atome différent. Par exemple, l'Hélium 6 (2 protons et 4 neutrons) a tendance à se transformer en Lithium 6 (3 protons et 3 neutrons), plus stable. De la même façon, l'Uranium 239 a tendance à se transformer en Plutonium 239.

La désintégration β+ c'est la même chose, sauf que cette fois, c'est le proton qui ne se sent pas bien avec sa charge positive. Il veut explorer son côté neutre, et pour se faire, il se débarrasse d'une charge positive sous forme d'un anti-électron (ou positron, β+) et la encore d'un  fucking neutrino dont on se contrebalance. Ce faisant, notre brave proton devient un neutron, et notre isotope devient donc un autre atome avec un proton en moins. Par exemple, le Fluor 18 (9 protons, 9 neutrons) a tendance a se transmuter en Oxygène 18 (8 protons et 10 neutrons).

Ça, c'était pour les désintégrations β. Passons à la fission...

Fission impossible
"–Bonjour Jim, votre fission si vous décidez de l'accepter..."
A l'exception de l'Hydrogène, qui est déjà l'élément le plus simple, tout atome peut fissionner, c'est à dire se briser. Certains le font naturellement pour des raisons d'instabilité émotionnelle. Pour d'autres, plus stables, le seul moyen d'y parvenir est d'y aller à la bourrin, et de leur balancer une particule dans la mouille pour les éparpiller façon puzzle, ce qui peut se faire avec un accélérateur de particules par exemple.
"–Prends ça sale isotope de mes deux!"
Le principe est simple comme des légo : vous prenez un gros machin constitué d'un certain nombre de brique, et vous le démontez pour récupérer les briques pour former des bidules constitués chacun de moins de briques.

–Euh...

Ok. Prenons un exemple : l'Hélium 6 dont j'ai déjà dit qu'il avait tendance à se transformer en Lithium 6. Des fois, cette transformation elle ne lui plaît pas.

Ne me demandez pas pourquoi, c'est comme ça : l'Hélium 6 est un gros capricieux. Au lieu de ça, il préfère se casser en deux pour former de l'Hélium 4 et du Deutérium (grâce à un neutron qui fait sa transition β- au passage).
L'épisode n'évoque que les noyaux. La garde des électrons sera réglée par le juge

Outre les  noyaux issus de la désintégration, et d'éventuelles radiations produites durant l'opération, ce phénomène produit de la chaleur. C'est peut être un détail pour vous, mais pour Areva ça veut dire beaucoup ♫♪ car c'est cette chaleur qui nous intéresse dans un réacteur nucléaire.

Les particules aussi ont leur période
Fabrication d'un Tompox®

La plus ou moins grande capacité de chaque isotope à se désintégrer, quelle que soit sa méthode préférée, est caractérisé par sa Demi-Vie...
"–Meurs, pourriture d'isotope zombie!"
... ou Période Radioactive, c'est à dire le temps nécessaire pour que la moitié des atomes de l'isotope concerné se désintègrent et arrêtent donc de faire les cons. Accessoirement, c'est le temps nécessaire pour que la radioactivité émise diminue de moitié. Attention : ça ne veut pas dire que la matière n'est plus dangereuse au terme de sa demi-vie, juste qu'elle l'est moitié moins.

–Mais donc au bout de deux demi-vies, c'est ok?

Bin, non, même pas. On divise encore par deux : ça sera un quart de la dangerosité initiale. Et ainsi de suite. Pour dire qu'il n'y a plus de danger, on se basera donc sur le temps nécessaire pour la radioactivité ne dépasse plus les doses admissibles. Et ça peut être long : la demi-vie de certains éléments se compte en milliers d'années! D'autant que souvent, la désintégration d'un élément n'aboutit pas à un élément stable, mais à un élément lui même instable et radioactif, qui va se désintégrer à son tour, et ainsi de suite... On appelle cela des chaînes de désintégration, ou encore des désintégrations en cascade. Du coup, les Périodes radioactives cumulées peuvent finir par être longues. Très longues...

Ainsi, certains radio-isotopes produits dans les réacteurs nucléaires peuvent être dangereux pendant plus de 100.000 ans.

–100... 1000?

Oui. Cent mille ans. Cent fucking millénaires! Je rappelle que notre espèce, l'Homo Sapiens Sapiens existe depuis grosso modo depuis 75 000 ans. A titre d'exemple, si les égyptiens antiques avaient eu des centrales nucléaires et utilisé les pyramides pour stocker leurs déchets, 7000 ans plus tard les égyptologues auraient été frappés par une malédiction des Pharaons qui leur aurait brûlé les chairs, fait perdre dents et cheveux, et liquéfié leurs organes en quelques heures ou quelques jours. Autant dire un truc qui a de la gueule en termes de malédiction.

Mais je ne doute pas qu'Areva sera encore là dans 100 000 ans pour éviter ce genre de boulette... hein? Hein? Chut. Oui. Ça va bien se passer.


C'est la nature. Ou les haricots, je ne sais pas...
Je sais, ça envoie du rêve.

Ces réactions nucléaires de désintégrations se produisent d'elles-mêmes dans la nature, de façon ponctuelle. Et il existe même des réacteurs nucléaires naturels!

Alors oui, bon, c'est quelque chose de naturel. Mieux : le soleil lui-même n'est qu'un gros réacteur à fusion nucléaire (oui, je n'ai pas encore détaillé la fusion, mais j'y reviendrai un fois prochaine, à chaque jour suffit sa peine). Mais c'est pas une raison pour coller des centrales nucléaires partout.

–Bah pourquoi? Si c'est naturel, où est le danger?

Pour rappel, le pétrole est une substance naturelle aussi à la base...
Je vous épargne les images d'animaux mazoutés, hein...
Le mercure et l'arsenic aussi si on va par là... Évidemment, c'est une question de dose.

Le nucléaire, c'est un peu pareil. La plupart des radio-isotopes existent dans la nature. MAIS, beaucoup d'entre eux sont rares, voir rarissimes, car ils sont arrivés sur terre lorsque celle-ci s'est formée il y a 4,5 milliards d'années. Du coup, de par leur Période radioactive, beaucoup de ces éléments se sont complètement désintégré au fil du temps, ne subsistant qu'à l'état de traces. Ainsi la radioactivité naturelle sur Terre est suffisamment faible pour permettre la vie. Cette radioactivité naturelle est peut être même bénéfique puisqu'elle pourrait être en partie responsable de l’Évolution et de la biodiversité, en favorisant quelques mutations ponctuelles.
Ouhla! Oui mais là non quand même...

Le soucis, c'est que les réacteurs nucléaires produisent des radio-isotopes, comme le plutonium par exemple, qui sont extrêmement toxiques, pendant des durées relativement longues. Et pas qu'un peu : des centaines de tonnes. Et ces isotopes génèrent une radioactivité très supérieure à la radioactivité naturelle : des doses mortelles...
Et ces cochonneries, il va bien falloir les stocker quelque part, pendant des milliers d'années, car on ne sait pas les éliminer.

–Mais pourquoi s'entêter alors? C'est débile... Il n'y a pas moyen de faire du nucléaire sans déchets? Sans plutonium?

Sans déchets... non. Avec des déchets de plus courte durée de vie et sans plutonium, si.

–Et bin alors? Pourquoi on ne le fait pas?

Et bien le soucis, c'est que ce plutonium présente un intérêt. Un intérêt... militaire. Il existe bien des filières non productrices de plutonium, mais elles n'ont pas été privilégiées, principalement pour des raisons stratégiques. Et c'est dommage, car en plus, nos centrales classiques, productrices de plutonium, sont plus susceptibles de connaître des accidents graves...

A suivre...

vendredi 6 mars 2015

Quantum of salade

Prologue

Nous avions réussi à semer les clowns du C.L.O.W.N., mais la Saxensix avait pris cher: les bricolages de Piotr étaient efficaces, mais ils avaient leurs limites. Nous parvînmes néanmoins péniblement à atteindre son garage. Sergueï examina rapidement le moteur, et son verdict sans appel tomba tel un couperet :
–Moteur cramé. Voiture caput.
–Ah. Flûte. C'est contrariant ça... Y a moyen de réparer Dimitri? Vous n'avez pas une turbine de fusée Korolev sous la main?
–Niet. Je déjà réparer culasse avec joint centrale nucléaire ukrainienne. Maintenant, culasse déformée. Dangereux. Je déjà commandé toupie béton pour couler Saxensix dans sarcophage. Je réussir récupérer autoradio. Vous vouloir lui?
–Euh oui, tant qu'à faire mais bon... je fais comment pour rentrer chez moi en attendant?
–Je prêter vous Twingo.

La Twingo de Vladimir.
–C'est ça que vous appelez une "twingo"? Je sais que c'est moche une twingo, mais quand même...
–Da. Ça Twingo. Je récuperer elle après empoisonnement polonium gros accident. Je remplacer moteur par réacteur MIG-21...
–Ah voui... vous avez même gardé les ailerons.
–Da. Pare-choc être avant venir Tupolev. Rétroviseur être périscope Koursk. Et carrosserie venir char T-34.
–Euh... et vous avez réussi à le faire repasser aux "Mines" avec tout ça? intervint Paul Bismuth.
–Da. Lui très bien passer mines.

–Non, je voulais parler du services des M...
–Bon ok c'est bon, interrompis-je Paul, on la prend pour le moment, il est déjà tard. J'en chercherai une plus adaptée à mes besoins après. Aller, en voiture Simone!
Nous déposâmes Paul à un arrêt de bus. Au moment de se quitter, il me demanda :
–Bon... et maintenant, vous allez faire quoi? Analyser le Big Clown que j'ai réussi à tirer? Il parait que ces trucs sont immortels! Imputrescibles! Ça doit être bourré de produits chimiques!
–Question : pourquoi vous vous êtes emmerdé à le chourer? On aurait pu juste en acheter un non?
–Euh... je... n'y avais pas pensé...
–Je vous aime bien Paul, mais franchement... bon, donc, vous, vous faites ce que vous voulez. Moi, je rentre me pieuter.

Deux semaines plus tard, alors que je profitais d'une journée de repos et que les gnomes étaient à l'école, on frappa à la porte. A peine eussé-je le temps d'ouvrir que Paul se faufilait à l'intérieur.
–Alors? Vous avez analysé le Big Clown?
–Non mais dites donc! Je ne vous ai pas invité à entrer!
Boulette (chien n°2) dut s'en rendre compte, car elle se jeta immédiatement sur lui et le... lécha consciencieusement. Ouaih. Bon. Elle ne s'était rendu compte de rien en fait, elle était juste contente d'avoir de la visite. Je la séparai avec difficulté de son nouveau jouet, un peu baveux à présent, et aidai ce dernier à se relever.
–Bon, franchement, votre burger, je l'ai foutu au fond d'un placard et je l'ai complètement zappé. Mais si ça peut vous faire plaisir on va y jeter un...
–Faire les courses, m'interrompit maman Koala. Vos âneries c'est bien gentil, mais il y a des choses sérieuses à faire dans la vraie vie des gens, comme par exemple refaire les réserves de chocolat. Et puisque vous êtes là tous les deux, vous allez m'aider à porter les sacs. Non mais.
–Mais...
–Schnell!!!
–A vos ordres fraülein!
Nous remontâmes donc dans la twingo d'Igor, et prîmes le chemin du supermarché. Les courses se déroulèrent sans encombres. Ça n'est que lorsque nous sortîmes de la grande surface, les sacs de courses remplis, que brusquement un individu entièrement vêtu d'une sorte de pyjama noir et masqué avec une espèce de cagoule bondit de derrière une poubelle de tri. Un ninja ou quelque chose du genre. Immédiatement, d'autres ninjas surgirent d'un peu partout. Ils dégainèrent des katanas d'une taille démesurée. Nous étions cernés...

Le ninja aime bien faire son kéké.

Maman Koala se serra contre moi. Je hélai les nouveaux venus :
–C'est  n'importe quoi la mode de nos jours. Oui? Vous voulez quoi ?
L'un d'entre eux me répondit :
–Mmh mhm mh mhmm hm mhmhmh! Mhmmhm-mhhm hm hmh mhmmh! Mhhhm!
–...
–Mhmhmmh mhm!
–Non, franchement... écoutez mon vieux, vous êtes bien gentil, mais avec votre chaussette sur la tête, on entrave que dalle! Faites un effort que diable!
Le ninja jeta un œil en direction d'un gros 4x4 aux vitres teintées, interrogeant probablement son chef, puis, hochant la tête, retira le bas de son masque révélant le visage d'un homme blanc, pourvu d'une superbe moustache... un truc de sapeur à vous couper le squeele!
–Bon sang! Mais vous êtes...

–Oui. Un occidental.
–Non. J'allais dire un sbire à moustache. Franchement, vous auriez pu nous épargner ce cliché moisi... mais vu qu'on a déjà eu droit au "ninja", je suppose qu'on n'est plus à ça près... Bon, vous disiez?
–Euh... On est là pour le burger! Remettez-nous le Big Clown sans résistance, et tout ira bien! sinon...
Le ninja passa lentement le pouce sur sa gorge, pour nous signifier ce qui nous attendait en cas de refus. Cette fois, c'était mal engagé. Et c'est le moment que choisit Paul pour leur lancer :
–Jamais! Vous ne savez pas qui est cet homme, dit-il en me désignant : il s'appelle Hérisson! Papa Hérisson! Vous allez dérouiller sévère les mecs!
–Punaise Paul! l'apostrophai-je. Ils sont un peu nombreux et un peu armés avec des armes en mousse là quand même... J'ai pas mon Patator® avec moi, et votre Big Clown là, on s'en tamponne vaguement le crustacé avec une patte d'alligator femelle! Vous ne pouviez pas fermer votre mouille?

–Je... euh...
Trop tard : les ninjas se précipitaient sur nous! Un sac de courses vola, éjectant les tablettes de chocolat qu'il contenait...




La dernière fois, on a causé frites. En toute logique, nous allons aborder aujourd'hui la question du Gros Mac.
Non, pas celui-là.

Car s'il est un plat emblématique des fast-foods, c'est bien le hamburger, dont le Gros Mac est le symbole par excellence. Enfin excellence... façon de parler. Bon, si on s'en tient aux ingrédients affichés (du pain, salade, tomate, cornichon, fromage pour les cheeseburgers, viande de poulet ou de bœuf, ou poisson), on pourrait penser que ce plat est relativement équilibré et complet. Bien sur, ça ne sera pas l'avis des anti-gluten (à cause du pain principalement) et des veg-(étariens, -ans) pour qui la viande voire le fromage sont à proscrire. Notons du reste qu'il existe des burgers végétariens plutôt savoureux, comme ceux proposés dans les Very Fresh de Pascal Favre d'Anne, mais là n'est pas le sujet...

L'un des principaux problèmes du burger, du moins de celui qu'on trouve dans la plupart des chaînes de restauration rapide, c'est sa charge calorique : environ une attaque cardiaque à chaque bouchée. Car certes, il y a du pain, mais généralement du pain dit "bun", bourré de sucre. Ok il y a de la salade, de la tomate et des cornichons, mais pas beaucoup. Juste un pouyem. D'accord il y a de la viande, mais de la viande hachée, issue de l'agriculture intensive (ne rêvez pas) et donc copieusement garnie de gras, mais aussi et surtout de pesticides, d'antibiotiques, etc... Et le tout accompagné de force ketchup (tomate concentrée et sucre), mayo (moutarde, oeuf, matière grasse, additifs divers... et sucre. Si si, je vous promets.), sauce secrète-de-la-mort-qui-tue-que-la-CIA-elle-est-verte-de-jalousie (ingrédients secrets donc... mais je vous fiche mon billet que l'un d'entre eux est du sucre... ou du moins du glucose. Ou pire, du sirop de glucose-fructose également appelé sucre  inverti, qui est une vraie saloperie. Je vous en reparlerai à l'occasion.).

Et puis il y a bien évidemment tous les additifs (autorisés bien sûr) classiques de l'industrie alimentaire : exhausteurs de goût, arômes artificiels ou naturels, glutamate (encore une belle cochonnerie dont les industriels abusent, car cela améliore l’appétence des aliments et diminue la sensation de satiété : donc tu consommes plus) , sel, conservateurs...
Sympa non?
Tiens, d'ailleurs, en parlant des conservateurs d'ailleurs, ça fait un peu polémique ça. Sans doute avez-vous vu passer cette rumeur d'un burger retrouvé intact après plusieurs années? Mais on entend aussi régulièrement parler d'expériences sur plusieurs semaines afin d'observer la dégradation d'un burger. En cherchant un peu, on trouve d'ailleurs cette video :


Du coup, esprit scientifique oblige, je me suis senti obligé de vérifier (au moins partiellement) cette info : les burgers de Mac Diabète® sont-ils vraiment immortels? Je me suis donc procuré un Gros Mac (un Big Clown si vous préférez) afin de faire l'expérience (certes pas dans des conditions rigoureuses, mais on va dire que ça ira pour une observation basique).

Jour 0
Franchement, presque...

Première constatation : ça ressemble à la photo de la pub... en un peu moins bien quand même. Sur la pub, le steak est gros et débord bien du pain bun, dans la réalité, deux micro-steaks sont perdus au milieu des pains et ont semé des grains de sésame pour retrouver leur chemin. Sur les photos promo, la salade est discrète et semble croquante. Dans la réalité un quantum de salade (un peu plus verte toutefois) sous forme de lanières cherche à fuir une flaque de sauce graisseuse et sucrée.
Deuxième constatation : la pub est trompeuse. On voit toujours ces burgers en gros plan, magnifiés, énormes et rebondis, comme ceci :
Astuce de photographe : utiliser une perspective trompeuse. Ici le burger est au premier plan pour paraître plus gros.

On a l'impression d'un truc énorme, renforcé par le nom donné : "Big Clown". On s'imagine un truc comme ça :
Miam, on va se faire péter le bide!

Sauf qu'en réalité on a un truc comme ça :
♫♪ Prendre un burger par la main...♪♫

Plutôt riquiqui hein? Notez : vu déjà la charge calorique du bouzin, plus proche de celle d'une bombe au napalm lâchée sur Hô-Chi-Minh-Ville que de celle d'un sandwich, c'est sans doute préférable.
Le Gros Mac : une attaque cardiaque à chaque bouchée.
Pour rappel, les besoins caloriques moyen d'un être humain moyen sont :
  • pour un homme : environ 2500kcal par jour
  • pour une femme : environ 2000kcal par jour
Comme on le voit, le Gros Mac apporte à lui seul entre un cinquième et un quart de l'apport calorique quotidien. A lui seul. Sauf que seul... il l'est rarement. Car tel le porte-avion Charles de Gaulle parti faire une réunion tupperware au proche orient pour vendre des Rafales la guerre au terrorisme, ou DSK en conférence à Lille le Gros Mac ne se promène jamais sans sa flotte d'escorte :
  • frites
  • boisson au cola
  • sauce
  • dessert (optionnel)
Et tout cela mit bout à bout commence à compter.

D'accord, me direz-vous, mais rien n'oblige à prendre un menu aussi conséquent. C'est un choix du client.

Oui, sauf que... non, pas tout à fait. Le problème de ce type de nourriture, c'est qu'elle ne tient pas bien au ventre. C'est partiellement dû au fait que, comme son nom l'indique, le "fast-food" est mangé rapidement. Du reste sa charge en glucides, et particulièrement en sucres dit rapides, fait que la sensation de satiété (le signal de l'estomac qui dit "a pu faim, c'est bon!") qui devrait se déclencher après un repas aussi "riche" ne fonctionne pas bien. Conséquence : vous avez tendance à commander des portions plus importantes (sur la base de "La dernière fois, j'avais encore faim après mon menu Triple Pontage!"). Du coup, petit calcul rapide de l'apport calorique, en se basant sur les chiffres disponibles sur le site de Mac Diabète® :
  • Gros Mac : 509kcal (42g de glucides, dont presque 9g de sucre tout de même)
  • Grande Frite : 448kcal (55g de glucides tout de même... bin oui, la patate...)
  • Sauce ketchup : 13kcal (2,9g de glucides, dont 2,4g de sucre pour environ 6g... pas mal)
  • Caca Colé® 50cl : 210kcal (dont 27g de sucre...)
  • Crème glacée nappée de chocolat : 330kcal (41g de sucre. Que vous dire...)
Soit un total de 1510kcal, c'est à dire 60% de l'apport quotidien pour un homme, 75% pour une femme. Notez que cela représente aussi environ 170g de glucides, et pas les meilleurs qui soient... ainsi que près de 4g de sel (à supposer que vous n'en rajoutiez pas sur les frites), soit la moitié de l'apport quotidien recommandé (déjà élevé selon moi) : autant dire que les hypertendus n'ont pas intérêt à abuser du Mac Diabète®.

A titre de comparaison, 100g de Gros Mac représentent 232kcal, ce qui est plus que 100g de cassoulet (136kcal) ou de pot-au-feu (72kcal), ces plats réputés légers et pas bourratifs.

Bref, tout cela ne laisse guère de place pour un solide petit déjeuner ou un diner ne serait-ce que normal. Mais comme ce menu sera très vite "digéré", vous aurez quand même faim, et du coup il est probable que vous dépassiez allègrement l'apport recommandé au final.

Quoi qu'il en soit, observons l'évolution du bidule :

Jour 1
Bon. L'odeur n'a pas changé. Le truc semble intacte (ok, un peu de traviole à force d'être manipulé).
Wesh!

Jour 2
Idem.
Tac-tac t'as vu?

Jour 3
Idem.
Bien ou bien?

Jour 5
Idem. Bon, la salade commence à faire un peu la gueule. Notons tout de même que si je prends une salade bio chez mon primeur et que je la laisse comme ça à l'air libre, c'est pas 5 jours que ça prendra avant qu'elle tire la tronche.
En forme, chaud, mais pas fatigué!

Jour 7
Idem. Hein? Idem? Dans ma cuisine humide? Bin oui. Le Big Clown, lui, est en pleine forme.
Et ouaih. La classe man!

Jour 10
Ah... ah... on aperçois un vague début d'embryon de moisissure. Si si, regardez bien : là! Notons toutefois qu'à l'odeur, c'est toujours nickel. Pas la moindre trace de putréfaction.
Zyva c'est bon, lâche moi! C'est un peu d’acné quoi!
Jour 12
La moisissure s'étend, tout doucement. Toujours aucun odeur de charogne. Si si, ce produit contient de la viande, je vous assure.
C'est bon oui? D'où que tu me traite de "charogne"? Tu vas mourir toi!

Jour 14
C'est de pire en pire. Ça a mit du temps à commencer, mais maintenant, la déchéance semble inéxorable. Notons toutefois que si une légère odeur de champignon commence à flotter, il n'y a en revanche toujours aucune odeur de putréfaction. Et ouaih.
C'est bon, j'me tire, c'est moisi ici! Ta mère!

Conclusion
La vidéo du dessus, qui se joue sur 30 jours, est sans doute véridique dans la mesure ou ils enferment leurs burgers dans des bocaux : l'évolution des produits dépend manifestement pas mal des conditions ambiantes.

Le placard de cuisine où j'ai entreposé le mien est réputé pour sa capacité à faire moisir des biscuits secs en quelques jours, et le Gros Mac ne fait pas exception. Au temps pour le mythe du burger imputrescible donc. Mais ceci étant, le Gros Mac résiste quand même étonnamment bien : 10 jours tout de même pour un début de moisissure, et aucune odeur de charogne à 14 jours révolus. Ce qui est plutôt flippant si on y réfléchit : si ce truc ne se dégrade pas à l'air libre, je ne suis pas persuadé que votre microbiote intestinal le trouve particulièrement assimilable...

Bien sûr, il conviendrait de refaire les test à plusieurs reprises, et sur différentes marques, mais financièrement cela m'était difficile, et je manque de place pour entreposer tout ça. En outre, il aurait fallu faire ça dans des conditions de labo, avec mesure de l'hygrométrie, de la température, etc... Mais cette observation basique permet tout de même de conclure que le Gros Mac ne se dégrade pas rapidement. Pour autant, ça n'est tout de même pas un burger immortel comme certains le prétendent. Je dirais plutôt mort-vivant...


Épilogue
Trop tard : les ninjas se précipitaient sur nous! Un sac de courses vola, éjectant les tablettes de chocolat qu'il contenait, lorsque l'un des ninjas se prit les pieds dedans... Le visage de maman Koala se décomposa :
NOOOOOOOOOOOOOOoooooooooooooon!
Le choco! Bande de saligauds!
Je chopai immédiatement Paul par le col, pour nous abriter dans un petit hangar à caddies.
–Mais... euh... vous laissez maman Koala seule contre ces assassins? s'étonna Paul.
–Croyez-moi, c'est vraiment pas le moment de se mettre en travers de sa route. Dans cet état, elle ne distingue plus amis et ennemis... répondis-je. Ils n'auraient pas dû shooter dans les chocos..
"Chocolaaaaaaaaaaat!"
Le combat fut aussi bref qu'intense. Les ninjas et leurs katanas géants en latex n'avaient aucune chance. Et tandis que maman Koala se calmait en ramassant les tablettes de chocolat, je m'approchai du 4x4 aux vitres teintées en piétinant leurs corps désarticulés les mannequins en mousse qui jonchaient le sol. Décidément, cette suite était bien fauchée... La voiture tenta de démarrer brusquement. Trop brusquement. Le conducteur cala, puis noya le moteur en tentant de remettre le contact. Je frappai à la vitre : la portière s'ouvrit, livrant le passage à...
Christophe Lambert!
–Christophe Lambert? Bon sang... mais... ça vous prend souvent d'envoyer des ninjas moustachus incompétents aux gens pour leur truander leurs burgers?
–Hin hin... pardon! Oui ils ne sont pas très doués je sais. Mais bon, ils ont appris leur art sur un tuto en ligne.
–Non, c'était pas ma question... pourquoi vouloir nous carotter le Big Clown?
–Bin, parce que c'est un burger immortel tient! Et qu'il ne peut en rester qu'un...
♪♫ Here we are, Born to be kings,
We're the princes of the universe ♪ ♫
–Je... Sérieusement?
–Oui.
–C'est moi ou c'est juste complètement con? Vous ne confondriez pas Mac Diabète® et Mac Leod par hasard?
–Dites donc...
–Bon alors déjà, petit un : votre burger là, il est pas immortel. Il a carrément moisi dans mon placard.
–Ah... merde...
–Et petit deux : si en vouliez tellement un, pourquoi venir me baver sur les rouleaux? Vous pouviez aller en acheter un dans un Mac Diabète®!
–Je... n'y ai pas pensé.
–Pffff. Si vous tenez tant que ça à manger un bon hamburger, venez donc à la maison. Je vais vous en préparer un dont vous me direz des nouvelles.
–Ah... euh? Sérieux?
–Oui, pas le choix : c'est une trilogie. Il faut bien un pitch pour la suite. Par contre je m'inquiète un peu...
–À quel sujet?
–Sans vouloir vous vexer : une première suite avec Christophe Lambert, des ninjas et des mannequins en mousse... c'est un coup à se retrouver avec Frédéric Diefenthal, Lorie et des effets spéciaux en CGI moisies dans le troisième opus...


A suivre...


P.S. : si jamais tu me lis, en vrai je t'adore Christophe. Même quand tu joues comme une patate dans des gros nanards qui tâchent. Surtout, change rien, je te kiffe!