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lundi 31 octobre 2016

Quand vient le soir d'Halloween, et que le temps t'accule...

Salut les aminches, ça biche? Aujourd'hui, je vais vous causer de choses plutôt destinées à un public averti, il faut bien l'admettre, puisqu'on va parler de latex, de tentacules, de gens, et de mettre les uns dans les autres.
Avertissement?
Non la question du hentaï ne sera pas abordée (je sens poindre votre déception) vu qu'avec les mots clés suscités, je pressens déjà une vague de visiteurs venus grâce à Gogole™ qui vont être fort déçus de ne pas tomber sur une sordide histoire d'écolière japonaise violée par des créatures tentaculaires.
Cosplay d'écolière japonaise violée par une créature tentaculaire.

On va expliquer comment se fabriquer un costume d'Halloween qui décalque sa mémé pour pas trop cher. Mais du coup : "public averti" car :

  1. il faut un minimum de compétences et d'habileté
  2. il faut avoir envie de se lancer
  3. vous ai-je parlé de notre seigneur le Grand Cthulhu?


Qui dit Halloween, dit costume censé foutre les chocottes. Et même si mon pote Matthieu propose des costumes sympa, faut bien reconnaître que le costume de Père Noël exhibitionniste fout surtout la honte éternelle à celui qui le porte plus que les chocottes à celui qui le regarde.

Non, Cthulhu (Ftagh'n!) m'en est témoin, un costume qui fout la trouille et fait perdre 1D100 points de santé mentale implique obligatoirement un nombre non négligeable de tentacules.
Le tentacule : une valeur sure!

Bon, trouver un masque de Cthulhu, c'est faisable, mais en général, les prix font perdre eux aussi un peu de santé mentale...
J'ose même pas vous montrer celui à 150€ tellement il est moche en plus...


Du coup, je propose aujourd'hui un petit tuto qui devrait vous permettre de fabriquer votre masque vous même pour un budget d'une trentaine d'euros maximum. Bon, par contre, si le temps t'accule, c'est mort : ça m'a pris environ trois semaines pour le fabriquer (à cause du temps de séchage principalement).
Wouhou!

Masque Cthulhu en latex : Ze Tuto


Tout d'abord, outre un peu de temps devant vous, un peu d'huile de coude, et un minimum de dextérité, il va vous falloir réunir le matériel suivant :

  • 1L de latex liquide prévulcanisé
  • un tube de peinture acrylique verte marécage
  • une bombe de peinture d'un vert vert marécage plus clair (optionnel)
  • un paquet de coton hydrophile
  • une boule plastique transparente à décorer soi-même (mais si : ces boules qu'on trouve en magasin de loisir créatif pour en faire des boules de noël maison...)
  • un peu d'argile
  • deux masques plastiques blancs neutres
  • des gants en latex ou en nitrile
  • un ballon de plage pour enfant (ces ballons Dora,Nemo ou Reine des Neige que vous avez forcément si vous avez des gnomes) : il sera restitué intact à la fin, ne craignez rien.
  • une grosse boite de conserve (diamètre légèrement supérieur à celui de votre cou)
  • un truc lourd, de quoi lester la boite (sable, boulons de 12, humour de tonton Jean-Marie, etc...)
  • du ruban adhésif
  • une bassine qui ne craint pas trop


Etape 1 : Une fois le matériel réuni, on va commencer par fabriquer une "tête support" pour mouler le masque, à l'aide des masques neutres, du ballon, et de la boite de conserve (n'hésitez pas à mesurer votre tour de tête et de cou avant pour vous assurer que ça passe : mieux vaut prévoir large. De mon côté, j'ai fait au pif, et c'est un chouïa juste quand même). J'ai ajouté deux demis globes plus gros à l'arrière de la tête pour lui donner une forme particulière. Ça n'a rien d'obligatoire...
Jusqu'ici, fastoche.


Etape 2 : on va déposer des bandes de coton sur le masque, et on va le "sculpter" en l'humidifiant. Il suffit de déposer du coton en petits "boudins" ou en "pustules" pour créer des reliefs particuliers. Bien humidifier.
Attention, ça se complique...

Dans un premier temps, j'ai ajouté des fils de laine pris dans le coton pour former le support des tentacules. L'idée n'était pas complètement stupide, mais au final le coton enroulé sur la laine garde mal la forme. Ils m'ont tout de même servis de "base" pour y accrocher les tentacules finaux. Pour l'instant, ne faire que la face avant du masque.

Etape 3 : Teinter le latex dans la masse. Pour cela, j'ai mis une bonne noix de peinture acrylique verte dans un peu d'eau, et j'ai mélangé. Puis j'ai versé le mélange dans le bidon de latex et bien agité. Ne vous y trompez pas : le latex semble ne pas avoir pris la couleur (il reste très clair), mais au séchage, la couleur se révèle!

Etape 4 : si possible goutte à goutte (histoire d'économiser le latex), verser votre latex sur le coton humide. Le latex va prendre la place de l'eau, d'où la nécessité de la bassine qui va recueillir un mélange d'eau, de latex et de peinture. Faire ça en extérieur ou dans un lieu bien aéré : le solvant du latex est l'ammoniac!
Bon, à ce stade c'est relativement vilain, mais ça s'arrange après. Si si.


Etape 5 : une fois le latex sec, recommencer l'opération pour la face arrière du masque (coton, eau, latex).
Toi, t'as pas une gueule de porte-bonheur...
A cette étape, ça vous semble encore moche et pas uni? Pas grave, on va peaufiner après.

Etape 6 : fabriquer des tentacules en argile, de la dimension approximative de ce que vous voulez obtenir sur le masque (éviter de les faire trop long car il va vous falloir un récipient de la bonne dimension pour y mettre du latex, et y faire tremper vos tentacules d'argile). Prévoir de les faire tremper à 5 ou 6 reprises (en laissant sécher entre chaque trempage).
"–Je reviens chérie, je vais faire tremper mon tentacule.
–Pardon?"


Etape 7 : les tentacules se retirent de leur "moule" d'argile comme des chaussettes. Puis, il faut les bourrer de coton, en laissant un peu de place pour les enfiler sur les embryons de tentacules du masque. Laisser dépasser un peu de coton, il sera imbibé de latex afin d'assurer la suture des tentacules. Pour ma part, j'ai rajouté un tentacule sur le menton pour le côté esthétique.
Faut pas croire, c'est coton à faire...

Etape 8 : peaufiner le masque avec du coton et du latex afin d'en améliorer l'aspect. Pour ma part, afin d'affiner les effets de couleur, j'ai également utilisé de la peinture en bombe (acrylique). Puis, pratiquer une incision à l'arrière du masque pour le retirer de son support. Récupérer les demi-globes pour les yeux, et les colorer à l'intérieur avec un feutre permanent (noir ou autre... de mon côté, le noir donnait un résultat trop sombre, j'avais du mal à voir au travers, j'ai fini sur du rouge qui rend pas mal). Coller les demi-globes à l'emplacement des yeux avec de la colle néoprène.
Ftagh'n!

Etape 9 : pour agrémenter le costume, fabriquer de nouveau tentacules (10 au total) afin de les fixer sur des gants en latex ou en nitrile (prévoir une bombe de peinture et de la colle néoprène pour cette étape.
"–Je reviens chérie, je vais faire tremper...
–Ton tentacule, oui je sais.
–Non : MES tentacules!"

Etape 10 : trouver des victimes sacrificielles convertir des adeptes. La robe de cultiste innommable est optionnelle.
"–Bonjour, vous avez lu notre livre sacré, le Nécronomicon? Non? Alors si vous avez deux minutes, j'aimerais vous parler de notre seigneur le grand Cthulhu..."

Bonus : le livre qui va bien, avec un peu de bricolage...
C'est un peu "50 nuances de noir" (en comptant les couleurs qui sortent du spectre...)

vendredi 10 octobre 2014

Ça pique un peu quand même...

Une sirène de police résonnait au loin, répercutée par les murs des immeubles environnants. Bien que ce fut la nuit, le parking souterrain n'était pas particulièrement sombre. Au plus baignait-il dans la lumière crue et froide des néons. Certains d'entre eux, trop anciens sans doute, clignotaient nerveusement. Ce signe évident de leur agonie en cours, plongeait certains recoins de ce lieu déshumanisé dans une demi-pénombre, transformant certains angles morts en angoissants portails de ténèbres d'où pouvait surgir à tout moment quelque croque-mitaine ou je ne sais quel psychopathe de film d'horreur.

Claquant discrètement ma portière, je m'avançais vers le lieu du rendez-vous. Un crissement de pneu un peu plus loin me fit sursauter. Un conducteur un peu pressé avait dû légèrement déraper dans l'un des virages serrés du parking. Il faut bien dire que le revêtement grisâtre, avec sa curieuse texture un peu caoutchouteuse, se prêtait idéalement à ce genre de nuisances sonores.


Alors que je reportais mon attention vers mon objectif, un mystérieux individu, engoncé dans un imperméable sombre et le visage dissimulé dans l'ombre de son chapeau de feutre, émergea soudain de derrière un pilier situé juste à côté de la silhouette élégante d'une corvette de 1985 d'une twingo vert pomme édition limitée "Mon petit poney".
Quelle silhouette mystérieuse! C'est vraiment mystérieux tout ce mystère...
Le spot rouge blafard d'une cigarette se refléta brièvement sur ses lunettes de soleil tandis que l'inconnu tirait sur le mégot. Avant de se mettre à tousser violemment.
–Euh... ça va? demandai-je un peu inquiet.
–Reuuuh, reuh... hum oui, désolé. C'est juste que... je ne suis pas fumeur.
–Ah. Euh... ok, répondis-je un peu interloqué.
L'individu jeta la cigarette à peine entamée et rajusta son chapeau. Se raclant encore la gorge une ou deux fois, il poursuivit d'une voie faussement rauque :
–Vous êtes ponctuel M. Papa Hérisson.
–Moui... bon je suppose donc que c'est vous qui m'avez contacté anonymement pour me fixer ce rendez-vous pour de soi-disant informations...
–En effet.
–Et vous êtes?
–Plutôt content que vous soyez là.
–Non, je veux dire, comment dois-je vous appeler?
–Ah pardon. Que diriez-vous de... "Gorge Profonde"? répondit-il en mimant des guillemets de ses mains gantées de cuir noir.
–Sérieusement? Non là ça va pas être possible.
–Euh...
–Non franchement. Déjà pour l'informateur du Watergate, la référence à un vieux porno antédiluvien c'était moisi : j'ai toujours trouvé que ça faisait pute de parking souterrain plus qu'autre chose. Notez ceci explique peut être cela... Mais là maintenant, c'est carrément du réchauffé, on se croirait dans le remake d'un film d'Oliver Stone tourné par Luc Besson un lendemain de biture vodka-coke. Non. Je vais plutôt vous appeler Paul Bismuth ok? Mais c'est comme ce parking là... pourquoi se donner rendez-vous ici?
Manifestement gêné, l'inconnu répondit en oubliant de contrefaire la voix rauque :
–Bin euh... c'est plus discret quand même...
–Plus discret? Vous voulez dire un parking en pleine ville, avec seulement deux voies d'accès, des vigiles, et totalement sous vidéo-surveillance? On ne doit pas avoir la même conception du mot discrétion. En même temps, vu votre dégaine, ça saute aux yeux...
–Quoi? Mais euh... vous reprochez quoi à ma tenue?
–C'est à dire qu'un mec en imperméable sombre avec un grand chapeau, des gants et des lunettes de soleil, en pleine nuit dans un parking souterrain c'est pas banal. C'est même franchement suspect. D'ailleurs on ferait bien de se grouiller, car les vigiles du parking nous regardent bizarrement et je pense qu'ils vont appeler les flics si ça n'est pas déjà fait.
–Hum, oui bon. Tenez! fit-il en me lançant un dossier, dont la couverture s'ouvrit en vol, laissant tomber plusieurs feuillets.
–Ah bah bravo, fis-je en ramassant les papiers. C'est bien la peine de faire son kéké.
J'examinai rapidement le document.
–Sans déconner? C'était pour ÇA que vous vouliez me rencontrer en prenant toutes ces "précautions"?
–Oui. C'est de la bombe hein? Un vrai scandale!
–Non, c'est juste un article de presse en ligne qu'on peut trouver avec une bête recherche Gogole™.
–Euh oui. C'est à dire que... j'ai beaucoup aimé vos articles sur l'industrie pharmaceutique et sur les additifs chimiques. C'était courageux. Vous êtes un lanceur d'alerte M. Papa Hérisson...
–Vous êtes bien conscient que je me suis contenté de chroniquer des bouquins que j'ai lu? Certes intéressants et remplis de révélations, mais je n'en suis pas l'auteur...
–Oui, ok, mais bon, vous avez su les présenter avec talent pour sensibiliser vos lecteurs à ces problématiques...
–Mes lecteurs dont le nombre, en augmentation je vous l'accorde, représente au mieux un pouyem des ventes de ces deux livres. Mais soit, admettons. Donc je suppose que vous vouliez attirer mon attention sur les polémiques concernant les vaccins...
–Oui c'est cela.
–L'article que vous venez de me passer est donc une mise en contexte... ok. Donc si vous avez pris toutes ces précautions, c'est que vous avez des révélations en sus de ce document... vous travaillez pour les labos? Vous savez des choses que vous voulez me révéler? Des secrets inavouables? Un scandale en devenir?
–Euh... non... je... en fait je suis comptable dans un sexshop. Je ne sais rien de plus sur les vaccins, mais euh... ça m'interpelle quoi. Je me disais juste que vous pourriez faire un article sur... enfin au sujet de... des... les vaccins quoi.
–Ok. Donc vous me refilez l'article succinct d'un obscur site internet sans doute payé par un labo, et démerdes-toi tout seul pépère, fais des recherches par toi-même et ponds-nous un bel article rigolo qui dénonce bien les vilains labos, c'est ça? Sympa merci...
–Voilà. Bon. Je ne peux pas vous en dire plus, je crois qu'on nous surveille.
–Oui, je vous l'ai dit tout à l'heure, ce sont les vigiles du parking...
"Bob, y a un mec louche en imper au fond... je pense que c'est un pervers qui fait la sortie des écoles parkings!"
L'inconnu venait de reculer, disparaissant derrière le pilier proche de la twingo verte. Le néon clignotait toujours.
–Euh... Paul? Paul Bismuth?
–...
–Oui... non... écoutez, franchement, autant votre arrivée avait un peu de style, autant ça le fait moins pour le départ : je vous aperçois en train de marcher à 4 pattes derrière la twingo. La vôtre je suppose? En plus vos semelles raclent le sol, et ça couine sur le revètement en résine. Le coup de la disparition mystérieuse, ça demande une bonne préparation vous savez.
–...
–Ok, bon, c'est pas grave. Allez bonne soirée Paulo, hein.


Et c'est donc ainsi (ou à peu de choses près) que je me suis retrouvé à mener l'enquête sur les vaccins. Et autant vous le dire, ça n'a rien de simple car le terrain est miné. Il faut dire qu'au sein de la grande famille des traitements médicaux, les vaccins constituent une catégorie un peu à part :
►d'une part, assez peu de laboratoires dans le monde en produisent (une douzaine tout au plus, dont les plus connus sont Sanofi Pasteur, GSK, Baxter et Novartis)
►d'autre part, ils font partie des rares traitements pour lesquels presque TOUS les pays du monde prévoient des campagnes de traitement massives, souvent gratuites, et parfois obligatoires (ce qui ne va pas sans poser parfois quelques problèmes d'ailleurs, et déclencher quelques polémiques...)
►et enfin, c'est l'un des rares traitements à prendre presque exclusivement de façon préventive et non curative.

Bon, sauf si vous revenez d'un trek de 30 ans en Antarctique, il y a peu de chances que vous ayez loupé les polémiques de ces dernières années sur plusieurs de ces vaccins (vaccin contre la grippe A, contre le papillomavirus...). Par contre, vous ignoriez peut-être que des polémiques sur les vaccins, il y en déjà eu avant, depuis des décennies même, et parfois d'assez sérieuses. Mais j'y reviendrai.

Alors bon, trouver des informations sur les vaccins c'est facile. Des informations pro-vaccin, comme des informations anti-vaccin hein! Par contre, trouver des informations fiables, claires, pertinentes, sourcées et qui font consensus, ça c'est beaucoup plus compliqué en revanche. Tout simplement parce que, étrangement, en matière de vaccins les gens sont rapidement dogmatiques (ce qui ne lasse pas de me surprendre concernant un domaine qui relève théoriquement de la science, rigoureuse, formelle et démontrée, et non de la foi, irrationnelle par nature) : on affirme, et on martèle, sans étayer.

Sur ce sujet –comme sur beaucoup de sujet d'ailleurs– on ne trouve visiblement que deux camps. Deux uniques positionnements possibles : totalement pour, ou totalement contre. Pro, ou anti. C'est un parfait exemple de ce que j'appelle le "syndrome de la petite case" (sur lequel je vous ferai un petit laïus à l'occasion) : pas de demi-mesure possible, c'est pour les couilles molles! Je suppose que dans la réalité, certaines personnes sont "pour mais", ou "plutôt contre néanmoins", voire même carrément "bof ça dépend", mais ceux-là n'ont pas la parole et picétou. Et comme il convient à ce genre de postures extrêmes (pour ou contre), les arguments sont souvent d'une pauvreté intellectuelle frisant l'indigence. Quand il y en a des arguments je veux dire. Car pour être honnête, pour peu que vous vous donniez la peine de consulter l'un ou l'autre article traitant de ce sujet, vous constaterez rapidement que l'article lui-même se contente généralement d'affirmations gratuites du style :
"Ohlala, la France est en retard sur la couverture vaccinale pour telle maladie, c'est fâcheux!"
Mais sans préciser si cela affecte ou non le taux de personnes atteintes par la maladie, ni si l'efficacité du vaccin est clairement démontrée, ni même si celui présente d'éventuels risques. Car ce sont des informations sans intérêt. Par contre le concours de quéquette piquouses avec la Suède ou le Danemark, ÇA c'est l'info coco!

Quand aux commentaires des internautes sur ces mêmes articles, c'est pire : ils se résument souvent à une bataille rangée de pseudo experts -de mes couilles- diplômés en art du troll de l'université de Wikipédia. Le tout à base d'arguments aussi péremptoires que peu étayés du genre :
"Les vaccins c'est caca, d'ailleurs la dernière fois que je me suis fait vacciner, j'ai été malade!"
"C'est de la propagande de cinglé d'anti-vaccins! Votre attitude est criminelle!"
Et j'en passe et des meilleures sur l’évocation d'études irréfutables (mais jamais sourcées bizarrement) qui montre clairement que (rayez la mention inutile) :
►les vaccins sont une invention des satanistes nazis affiliés à Cthulhu, destinée à détruire l'humanité après avoir réduit celle-ci à l'état d'un troupeau de zombies décérébrés au service des Illuminati
►les vaccins sont paix et amour et ils sauveront le monde, nourriront les affamés, stopperont les guerres, passeront un petit coup de balai et feront le café avant de faire revenir l'être aimé en moins de 48h

Bref : autant dire qu'on n'est pas sorti de l'auberge. Face à ce champ de ruine de la raison et du bon sens, j'ai donc décidé de reprendre les choses à la base en commençant par faire un point sur le fonctionnement du système immunitaire, les origines de la vaccination et son principe. Si vous regardiez "Il était une fois la vie" étant mômes, ça vous rappellera peut être des souvenirs.
Tient? Y a Paul Bismuth au pied du bureau...

1. Le système immunitaire

A l'évidence, l'organisme humain n'a pas attendu l'arrivée de la médecine et des vaccins pour apprendre à lutter contre les maladies (sans quoi je doute qu'hypocrite Hippocrate eusse put inventer son célèbre vin aux épices... attendez, non, ça c'est l’hypocras, Hippocrate c'est le serment des toubibs qui dit "ça vous fera 25€, je ne prends pas la carte"). Votre corps –mon corps– dispose donc de défenses naturelles contre les agressions externes : le système immunitaire. Si vous vous rappelez vaguement de vos cours de biologie, il y a une histoire de globules blancs, et schématiquement ça donne ça :

Prenons un globule blanc, que nous appellerons Mario Manuel Ramón (rapport au fait que Ramón patrouille dans vos conduits votre réseau sanguin (entre autres) qu'il va donc "ramoner" pour y nettoyer les saletés. Car pour sa sécurité, il faut se faire ramoner...).
Ramón aurait pu être plombier, mais il a choisi une carrière de globule blanc.
Et puis il y a Koopa Mouloud Kevin le staphylocoque. Kevin, c'est un peu la racaille du 9-3 version microbe. Quand il zone avec ses potes dans le hall de l'immeuble vos organes, il fout le dawa, importune les petites cellules qui portent des ribozymes un peu courts en les traitant de salopes, organise des tournantes dans votre intestin grêle, deale des toxines et dessine des zguegues dans la cage d'escalier.
Il a bien une tête de racaille notez...
Le rôle de Ramón (à la tête de son escouade de la BAC), c'est donc de lui coller sa branlée pour ramener le calme dans la cité l'organisme.
Et oui, un anticorps dans la margoulette ça pique un peu.
Bon. Ça c'est la version simple, celle qu'on vous balance en général parce qu'on considère que vous êtes trop cons pour comprendre des explications plus détaillées (je reviendrai d'ailleurs sur ce sujet dans une prochaine bafouille). Et dans cette version simple, le vaccin ça représente grosso modo la caisse de gadgets (flashball, taser, lacrymo), ici représentée par un champignon pour simplifier, qu'on vient de livrer à la caserne de Ramón pour qu'il remplisse plus efficacement ses objectifs chiffrés de reconduite à la frontière au gros colon.
Moi aussi si je bouffe certains champignons, j'ai l'impression de devenir un super héros.

En fait la réalité est un peu plus complexe (et d'ailleurs pas encore complètement comprise par les biologistes concernant certains de ces mécanismes). Déjà le corps à aussi d'autres moyens d'actions :
►la fièvre : loin d'être néfaste, elle est surtout un symptôme d'une infection. La plupart des germes fonctionnent mal au delà de 39° (surement des racailles venues du nord), et meurent ou ont du mal à se multiplier, ce qui facilite le boulot de Ramón. A ce titre, essayer de faire baisser la fièvre est en général très con :  ça revient à dévisser l'ampoule avertissant de l'incendie en espérant que ça va l'éteindre, et du coup ça déconnecte aussi le réseau de springlers destiné à contenir ce même incendie. Relativisons tout de même : sur une longue durée, la fièvre a tendance à éprouver l'organisme lui-même.
►l'acidification du sang (baisse du pH sanguin) : beaucoup de virus sont sensibles au pH (c'est à dire au degré d'acidité du milieu) car un milieu acide inhibe leur fonctionnement. Inconvénient: cela affecte aussi les cellules de l'organisme. D'ailleurs, si cette acidose persiste, elle peut devenir pathologique et nécessiter un traitement.
►les substances antivirales organiques (immunoglobulines, interférons...) : elles perturbent la reproduction des virus en leur diffusant du Derrick ou du Joséphine Ange Gardien et en leur filant une camomille.

Ensuite, les globules blancs, y'en a plein de sortes (je vous mets juste les principaux, y en a encore d'autres) :
►les polynucléaires (leucocytes) : c'est la première ligne de défense. Ils bouffent les intrus qu'ils arrivent à identifier (délit de faciès) car ils n'ont pas leurs papiers. Ils sont costauds, mais un peu con-cons, et de nombreux germes savent tromper leur vigilance grâce à de faux -papiers.
Le polynucléaire passe son temps à bouffer tout ce qui traîne. Surtout si c'est crade. Un peu comme mon chien en fait...
►les macrophages : à l'instar des polynucléaires, ils bouffent les intrus et les débris organiques. En général, ce sont des troupes de réserve, qu'on appelle de la caserne en cas d'urgence, quand les polynucléaires sont débordés. Eux-aussi sont un peu con-cons, mais ils ont une meilleure endurance et un plus gros appétit.
"Je ne suis pas GROS. Juste un peu enrobé!"
►les lymphocytes : ils en existent plusieurs types, mais en gros ce sont les balaises et les gradés, les mecs qui ont fait des entrainements et/ou des études. Ils identifient l'adversaire et adaptent la tactique à ce dernier (leçon de natation dans la Seine pour les germes d'Afrique du nord, foutre le feu à la paillote si ce sont des microbes corses, gaz lacrymo si ce sont des virus cathos dans une manif' pour tous, etc...). Ce sont eux qui ont les clés de l'armurerie, et peuvent donc balancer les flashball, tasers et lacrymos anticorps si besoin.
Tout de suite, ça rigole moins.
Accessoirement, ce sont certains de ces lymphocytes (les B et les T pour être exact) qui écrivent les rapports d'intervention et enregistrent les empreintes des contrevenants dans le fichier pour les identifier plus facilement afin de leur balancer direct les anticorps la prochaine fois qu'ils pointeront leur museau.

Enfin, il y a donc ces fameux anticorps : spécifiques aux germes visés, ils sont là pour leur mettre la misère et faciliter le boulot des leucocytes, macrophages et lymphocytes dans leur travail d'élimination.

Comment tout cela fonctionne-t-il? Mettons-nous en situation. Disons qu'une brave cellule constate qu'une bande de microbes est en train de foutre la zone dans son jardin, et de lui piquer ses poules protéines (des bactéries roms surement). Elle va immédiatement prévenir les autorités compétentes en envoyant des appels à l'aide désespérés interférons tout autour d'elle. Les premiers sur place sont en général les polynucléaires. Comme ils sont débordés, ils appellent les macrophages en renfort. Alertés par tout ce raffut, le préfet et le capitaine de la gendarmerie les lymphocytes se pointent, et collent les contrevenants dans le panier à salade à grand coups de lacrymo d'anticorps, avec prise d'empreintes et fichage en vue de futures interventions. Si notre bactérie repointe le bout de son museau antigène dans le secteur, il peut être sûr de voir débarquer immédiatement un car de CRS lymphocytes NK dans les minutes qui suivent. NK c'est pour Natural Killer. A ne pas confondre avec SK (pour Serial Killer), ni DSK (pour Dans Son Ku).
Non Serge, des lymphocytes Natural Killer on a dit.


2. Origines de la vaccination

Pour beaucoup de gens, l'invention du "vaccin" c'est Louis Pasteur. C'est du reste l'histoire qui a été et est toujours popularisée, histoire de faire mousser notre patriotisme latent.

La légende voudrait donc que dans les années 1880, ce brave homme, en collant le nez à son microscope sur l'échantillon de sang d'un malade, se soit rendu compte de la présence de vilaines petites bébêtes microscopiques ("microbes"). Il se serait écrié un truc du style : "Oh bin ça c'est pas banal!" et aurait alors cherché un moyen de tuer les dites bébêtes (l'utilisation intempestive du lance-flamme ayant du coup fortuitement conduit à l'invention de la pasteurisation, ainsi qu'à celle du méchoui lors d'une tentative malheureuse de "vaccination" d'un troupeau de moutons contre le bacille du Charbon).
"Oh bin ça c'est pas banal!"
Grand fan de "Karaté Kid", notre pote Loulou aurait ensuite imaginé de procéder à l'entrainement au combat de Ramón le globule blanc, en le confrontant à une version affaiblie des microbes lui permettant de découvrir leurs combos et cheat codes sans courir de risque. Théorie validée 1885 en "vaccinant" contre la rage un gamin mordu par un chien enragé (notons que ce sale gosse avait probablement été enquiquiner le molosse, et que du coup c'était bien fait pour sa gueule. Mais que voulez-vous, il fallait bien trouver un cobaye...).
Oui, alors je sais : Pasteur vous ne l'imaginiez sans doute pas comme ça. C'est pour la version que j'ai proposé récemment à Hollywood sous forme d'un scénario dans lequel Pasteur est une femme, Louise, avec de gros seins neurones, qui combat une invasion de zombies et de loup-garous avec son lance-flammes et son katana (en lançant sa phrase culte : "Je vais te pasteuriser la tronche, motherfucker!"). Ne riez pas, ils ont bien fait Abraham Lincoln contre les vampires...
 
La légende est belle, mais en réalité l'humanité n'a pas attendu Pasteur (qui n'est du reste pas le premier à avoir vu des microbes dans son microscope, ni à avoir fait le lien avec les symptômes) pour tenter de s'immuniser contre les sales maladies. Le principe d’inoculation ou d'exposition à une forme atténuée de la maladie était déjà connu en Afrique depuis des siècles, et il se dit (bien que ça soit contesté) qu'en orient, Chinois et Indiens connaissaient déjà la variolisation depuis le XIème siècle. Au moyen âge en Europe, il était également connu que lors des épidémies de peste, ceux qui survivaient à la maladie après l'avoir contractée s'en trouvaient immunisés (et du coup, les autorités demandaient amicalement à ces derniers d'être bien urbains, et de bien vouloir ramasser les cadavres avant de filer un coup de balais vu que c'était un peu le bordel ici, merci!).

En réalité les premiers "vaccins" sont référencés dans les annales de la sciences (ça n'est pas sale) à partir des années 1770. Plusieurs personnes tenteront en effet d'immuniser des individus contre la variole en leur inoculant la variole de vache aussi appelée "vaccine" (vacca signifiant vache en latin,c'est là l'origine du nom de "vaccin"... heureusement que vache ne se dit pas tapa...), avec un certain succès semble-t-il. Pasteur est donc l'héritier de théories et d'expérimentation antérieures. Bien sûr, cela n'enlève rien à la valeur de ces travaux qui ont eu le mérite de mettre ce procédé en lumière, de le formaliser et de commencer à en comprendre les mécanismes.


Petite anecdote cocasse au sujet du "fait" le plus connu du grand public dans la carrière de ce biologiste : il n'a jamais été clairement démontré que le petit Joseph Meister, que Pasteur avec vacciné contre la rage, était porteur de la maladie, ni même que le chien qui l'avait mordu était lui-même enragé. Des médecins contemporains de Pasteur avaient d'ailleurs jugé que ce dernier s'avançait beaucoup en prétendant avoir sauvé l'enfant. Tel un vulgaire ministre qui s'invente des diplômes sur son CV, Pasteur aurait donc peut être un peu exagéré ses succès. Un commentaire monsieur Pasteur?
"J'ai découvert l'existence de ce "Joseph Meister" dans la presse, comme vous. C'est de l'acharnement judiciaire!"

3. Principe d'un vaccin

Quand on veut vous vulgariser la chose (que ce terme porte bien son nom parfois...), on vous explique comme à des neuneus, qu'un vaccin est fabriqué à partir du microbe lui-même. Ce micorbe, on l'a passé à tabac avec un annuaire pour qu'il soit tout mou et tout coopératif, et on ajoute parfois des adjuvants pour renforcer la réponse immunitaire (les champignons tasers, lacrymo et flashball donc). On colle ensuite tout ça (microbe, annuaire, taser, etc...) dans une seringue qu'on vous plante dans le croupion : direction la circulation sanguine ou les tissus. Là, inévitablement Ramón va finir par lui tomber dessus et comprendre que c'est une racaille (la présence de l'annuaire certainement). Il va alors le finir à coup de lacrymo avant de prendre ses empreintes et de le ficher en vue de futures interpellations.

Oui, Ramón se lâche un peu sur les anticorps là quand même... on voit bien que les pauvres microbes sont déjà hors d'état de nuire.

Bon, ça c'était globalement vrai jusque dans le milieu du XXème siècle, parce qu'on ne savait stimuler la réponse immunitaire du corps autrement qu'avec l'agent pathogène de la maladie lui-même. Mais ça n'allait pas sans poser certains problèmes parfois. Ainsi, avec certains vaccins à germes vivants, il y a parfois eu des incidents : les germes retrouvaient leur virulence et provoquaient alors la maladie contre laquelle ils étaient censés immuniser (ex : vaccin anti poliomyélitique dans les années 50). Dans d'autres cas, des cultures cellulaires ont été infectées par un autre virus, introduisant une maladie (différente) en plus du vaccin lui-même.

Du coup, les laboratoires ont commencé à produire des vaccins ne contenant que des bouts de virus et de bactéries, ce qu'on appelle les antigènes spécifiques. Grosso modo, au lieu de filer à Ramón directement le suspect pieds et poings liés pour qu'il prenne ses empreintes et le tabasse un peu pour s'échauffer, on diffuse un fichier avec les empreintes et la photo du suspect pour que Ramón le choppe si jamais il le croise dans la rue, et qu'il lui meule la face dans la cellule de dégrisement (avant de se rendre compte qu'il s'est gourré de suspect et que l'IGPN intervienne).
Le risque, c'est d'attirer les chasseurs de prime antibiotiques, qui eux, ne font pas dans le détail.


Mais comme ça semble un peu moins efficace (Ramón est un peu flemmard apparemment, il n'aime pas trop travailler d'après photo, il préfère un vieux flag'), on motive le système immunitaire avec des adjuvants. En gros on file à Ramón un pack de bière, un rail de coke, un fix de LSD, un best of des discours de Marine, et une photo de Kevin en train de se faire sa femme, de sorte qu'il ressente une furieuse envie de lui faire avaler son extrait de mitose en lui collant sa bombe lacrymo dans le trou de balle. Le gros soucis, c'est qu'il arrive parfois que sous l'effet du LSD et de la bière, Ramón pète un câble et se mette à faire un carton autour de lui avec son arme de service : on parle de maladie auto-immune. Tout l'enjeu est donc de savoir si le jeu (abaisser le taux de criminalité en collant Kevin au trou directement) vaut la chandelle (le risque de voir Ramón tourner maboul et flinguer tout le commissariat). Les uns disent que oui : les pro-vaccins qui estiment que le risque de pétage de plomb de Ramón est très faible compte tenu de son efficacité accrue sous l'effet du LSD. Les autres jugent que non, partant du principe qu'on peut, dans la plupart des cas, se débarrasser de Kevin en lui collant des TIG ou un bracelet électronique, alors que Ramón, super entrainé, est pratiquement impossible à stopper s'il vire parano.

Sur ce , je me rend compte que cet article est déjà bien assez long, et je vous dis : à la prochaine!


Epilogue

Je venais d'éteindre l'écran de l'ordinateur. Le ronronnement discret du ventilateur de l'alimentation était à peine audible dans la pénombre du bureau assoupi, couvert par les grattements du chat dans la litière. Je m’apprêtais à éteindre les dernières lumières pour monter me coucher, lorsque la sonnerie du téléphone me dit sursauter. Qui pouvait bien commettre la folie de m'appeler à cette heure tardive?
–Allo! décrochai-je, un peu énervé.
–Monsieur Papa Hérisson? me répondit une voix rauque.
–Paul Bismuth? Qu'est-ce qui vous prend de m'appeler à cette heure indue?
–Mais... comment avez-vous su que c'était moi? dit-il en reprenant son timbre normal.
–J'ai reconnu votre imitation foireuse de Barry White sous hélium. Qu'est-ce que vous me voulez?
–Je... Votre article. Vous n'allez quand même pas vous arrêter là? Vous avez à peine effleuré la polémique sur les vaccins!!!
–Du calme...
–Que je me CALME!??? Alors que tu te contentes de pondre une BLUETTE sur un sujet aussi sérieux!???
–Déjà vous allez me parler meilleur, on n'a pas distribué des claques qui se perdent ensemble. Le vouvoiement est de rigueur sinon, c'est direction mon grenier.
Capito? Ensuite, sachez que cette article n'est que le premier d'une trilogie, qui devrait logiquement couvrir le sujet de façon à peu près exhaustive. Alors mollo!
–Ah. Euh... je... je suis déso...
–Et puis franchement, vous ne devriez pas m'appeler du boulot. Surtout en vous énervant comme ça, vous aller faire peur aux clients du Sexshop.
–Hein? Mais comment savez-vous que je suis au boulot?
–J'entends vibrer un p'tit canard derrière vous.
–#tuuuût#
Vrrrrrrr
 


La suite : ici

jeudi 3 juillet 2014

Summer is coming!

Ça ne vous aura sans doute pas échappé, mais les vacances d'été arrivent à grands pas.
Oui, oh je sais... on l'a vu partout celle-là, mais que voulez-vous, c'est pas facile d'être toujours au top...
Aaaaah les vacances.

Le farniente, le soleil, la plage, le sable, la mer, la chaleur, les méduses, les jolies filles en bikini, les amours de vacances, les maladies vénériennes, les coups de soleil, les embouteillages, les voitures surchauffées sur des parkings en plein soleil, les touristes partout, les prix prohibitifs dans les boutiques à touristes...

Si vous faites partie des 51% de français qui partent pendant leurs vacances, cet article, qui va vous délivrer quelques petites astuces bien utiles, est fait pour vous. Surtout si vous avez des gnomes. Si vous faites partie des 49% de prolos malchanceux qui restent chez eux, vous pouvez le lire quand même, ça vous enverra un peu de rêve dans votre grisaille quotidienne (vous pouvez aussi lire "Closet", "Voirie" ou "Ici Pourris" pour rêver sur les Pipoles qui s'éclatent dans les soirées VIP à Ibiza avant d'être surpris au petit matin le nez dans leur vomi à l'arrière de leur Ferrari par un paparazzi indélicat). Et même si vous ne partez pas, il existe souvent des bases de loisir gratuites, ou la baignade est parfois possible, non loin de chez vous. Ça peut être sympa pour un 'tit pic-nique en famille un ouïkinde.

Pour être un vacancier tranquille, ce guide du papa Hérisson en vacances est fait pour vous. Enjoy!

Guide du routard Hérisson vacancier
Un futur best seller!

Partir hors saison, ou en même temps que tout le monde?

Je suis un peu misanthrope : le moins je croise d'êtres humains pendant mes vacances, le mieux c'est. Après, chacun ses préférences, mais si vous avez des gnomes pas encore scolarisés et que vous même pouvez prendre vos congés quand vous voulez, je vous conseille le mois de juin, il y a des avantages :

  • c'est moins cher pour les locations (car hors saison)
  • y a beaucoup moins de monde (plage tranquille, pas de files d'attentes dans les parcs et autres lieux de loisir)
  • les journées sont longues (je rappelle que le solstice est aux alentours du 21 juin, ce qui veut qu'après les jours raccourcissent)
  • moins d'embouteillages sur les routes
  • c'est moins la canicule qu'en juillet-août, mais il fait souvent très beau
  • les restaurateurs sont encore souriants et sympa : c'est le début de la saison, ils ne sont pas encore épuisés/déprimés et ils ont le temps de bien vous traiter
Bizarre... on m'avait pourtant dit que les plages étaient plus calmes en juin... Encore ces maudits touristes allemands!

Bon soyons honnêtes, il y a aussi des inconvénients :

  • dans les zones touristiques, tout n'est pas encore ouvert (peu d'activités, nombreuses boutiques fermées, etc...)
  • à la mer, l'eau est encore un peu fraîche
  • pour mater des filles en maillot de bain minimaliste, c'est rapé : à part quelques allemandes du troisième âge y a pas foule...

Mon conseil : si vous partez hors saison, choisissez bien l'endroit. Partir skier à Avoriaz en Août, où aller bronzer au Cap d'Agde en Janvier peuvent être des choix discutables...

On vous aura prévenu : vous êtes du genre à participer à tous les concours de pétanque, vous ne loupez aucune élection de Miss Camping, pour ne pas vous enquiquiner avec les gnomes boulets que vous vous trainez déjà à longueur d'année vous les avez inscrit au club Mickey de Trifouilli-les-bains? Alors les vacances hors saison ne sont pas faites pour vous : vous allez vous faire chier comme un rat mort. Si par contre, comme moi, vous n'aimez pas les gens, c'est idéal. Et sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés, vous pourrez tranquillement préparer un plan machiavélique pour anéantir le reste de l'humanité.


Le trajet : voiture, train, avions?

Si vous voyagez en train ou en avion, vérifiez bien les horaires, et prévoyez d'inévitables retards (trains/avions retardés, grèves, volcan islandais, attaque terroriste, quais pas encore rabotés/pistes trop courtes, etc...). Sur les compagnies aérienne dites low cost, prévoyez aussi la tablette de Doliprane : la promiscuité et les sièges inconfortables peuvent vous gâcher les vacances alors que vous n'êtes même pas encore arrivé à destination. Oh, et prévoyez un peu de cash sur vous dans la devise locale : vos bagages seront probablement perdus, il vous faudra bien vous ré-équiper à minima.

Pour un trajet en voiture, zieutez un peu votre itinéraire avant de partir (Google Maps, Via Michelin, Mappy, etc...) et munissez-vous d'une bonne carte routière. Oui : même si vous avez un GPS. Déjà, à titre perso, je ne fais aucune confiance à une machine qui vous dit où aller en sachant que son système de localisation se trouve à 36000 km au dessus de vous. La différence entre une route et une rivière n'étant parfois que de quelques mètre, un minimum de méfiance s'impose. Et puis si vous avez regardé la carte et noté quelques repères, vous vous sentirez plus confiant et moins perdu. Enfin sauf si vous n'avez aucun sens de l'orientation.
Hin hin... il est con ce Gotlib!
Mon conseil : que ça soit hors saison ou en saison, il y a toujours des travaux prévus sur les itinéraires de vacances. TOUJOURS. Je pense que c'est fait exprès pour rompre la monotonie du trajet en rajoutant des déviations improbables et mal fléchées. Prévoyez un itinéraire de secours, au cas ou...

On vous aura prévenu : lors des trajets en voiture, pour calculer le nombre de pauses à effectuer, se référer au calcul suivant : (nombre de gnomes x ((nombre d'heures de trajet estimé + 4) / 2)) + Z
Sachant que Z est le nombre de centilitres de liquide absorbé par les gnomes avant et pendant le trajet. Précision, n'espérez pas pouvoir faire un arrêt pipi global pour l'ensemble des gnomes : si vous leur posez la question lors d'un arrêt, ils n'ont pas envie. Mais 10 minutes plus tard, lorsque vous serez sur l'Autoroute, à 30 borne de l'aire de repos la plus proche, soyez sur que l'un d'entre eux vous dira qu'il a envie.  A multiplier par le nombre de gnomes.


Quid des bagages?

L'impro, le départ les mains dans les poches, c'est sympa, mais mieux vaut oublier sauf si vous êtes jeunes, aventureux, et sans attaches (comprendre sans gnomes). Mieux vaut donc prendre le temps de se renseigner pour éviter les mauvaises surprises. Si vous partez dans une location type mobil-home, vérifiez la liste de ce qui est censé s'y trouver, et prévoyez ce qui va manquer, voir ce qui risque de vraiment vous manquer si la liste n'est pas fidèle. Et la liste est rarement fidèle.

Et sinon, tu as des gnomes? Tu as pensé à la façon de les occuper au cas où, je ne sais pas : il pleuvrait, la piscine serait en maintenance, un pétrolier s'échouerait sur la plage... ? Toujours prévoir quelques plans B (zoo, aquarium, aqualand, base de loisir, GHB, etc...) afin d'occuper/fatiguer les gnomes en cas de pépin... Munissez-vous aussi de quelques livres/BD/jeux de société pour les soirées ou les journées pluvieuses. Au mieux ça ne servira pas, au pire vous serez content de les avoir.

Logiquement, si vous préparez bien les bagages et que vous avez n+1 gnomes (n étant un entier naturel supérieur ou égal à zéro) votre voiture devrait ressembler à ça :
Et encore, là ils ont oublié la remorque, ils sont parti à la one again! Les fous!

La quantité de bagage n'est pas directement proportionnelle à la durée du séjour, mais plutôt au nombre de gnomes et à votre degré d'exigence en terme de confort.


Mon conseil : prévoyez toujours un briquet ou une boite d'allumettes, ça peut vous sauver la vie. Rien n'est plus frustrant que d'avoir pensé à prendre un paquet de nouilles pour nourrir la petite famille, et de ne pouvoir allumer le gaz pour les faire cuire.

On vous aura prévenu : le cerveau humain est ainsi fait : vous oublierez forcément quelque chose. Pour éviter d'oublier quelque chose d'important, préparez une check list et biffez au fur et à mesure. Mais vous oublierez quand même quelque chose. Même avec une check list.

 
La mer? La montagne? La campagne? Le tourisme à l'étranger?

Oh bah hein dites... ça c'est surtout vous qui voyez selon vos goûts. Bon la mer, en général, ça plait toujours aux gnomes. Y a la plage, on peut jouer dans le sable, on peut se baigner, nager parmi les dauphins méduses... La campagne et la montagne, ça implique en général plutôt moult ballade dans la nature. Et ça les gnomes aiment un peu moins en général. Un bon truc que mes parents utilisaient avec moi pour me motiver pour les ballades en montagne : un album de Tintin (j'étais fan) m'attendais à l'arrivée. Oui, c'est de la corruption. Mais tant pis, la fin justifie les moyens.
"Je suis choqué! C'est de l'acharnement, je n'ai promis aucun album de Tintin à qui que ça soit! "
Je manque un peu d'expérience concernant le tourisme à l'étranger : maman Koala avons seulement fait une virée à Londres, et c'était avant d'avoir des gnomes. Ça peut être sympa ceci étant... Au passage : n'oubliez pas carte identité/passeport. J'ai testé pour vous (carte d'identité oubliée dans le chéquier que j'avais décidé de ne pas prendre) : les douaniers n'acceptent ni le permis de conduire, ni la carte de bibliothèque, et se faire refouler par les douanes à Paris est assez vexant quand vous venez déjà de vous taper 300 bornes en train, en plus d'être coûteux (faut reprendre des billets de train, perte de temps, etc...).


Mon conseil : internet le facilite pas mal alors renseignez-vous à l'avance sur votre lieu de villégiature. Ça peut permettre de prévoir des visites/activités ou d'optimiser votre séjour.

On vous aura prévenu : si vous partez à l'étranger, méfiez-vous!  Souvent l'on y parle l’Étranger, langue mystérieuse, incompréhensible et souvent imprononçable avec des organes vocaux ordinaires. Des notions d'anglais peuvent parfois aider. Dans un pays anglophone. Mais si vous choisissez de visiter le Boukistan oriental (pénisule péninsule coincée entre le Koüyistan et la Slipkangourie, capitale : Toush-El-Zizi), il y a peu de chances que les locaux parlent l'anglais plus que vous. Même si vous parlez fort et lentement. Avoir un petit guide avec quelques éléments de la langue locale, ou quelques notions de cette langue, peut alors s'avérer précieux en cas de pépin. Et pépin il y aura toujours. Attention aussi à la nourriture, les règles d'hygiènes de certains pays, plus liées aux traditions locales qu'à la prudence sanitaire, font que e-coli sert parfois d'épice additionnelle dans certains plats.
Le Boukistan, une belle nation si vigoureuse!


Bon, ok, j'y suis, et maintenant ?

Bin maintenant, on profite! Vous pouvez commencer à farnienter en lisant un Marc Levy ou un Dan Brown (ok c'est pas de la grande littérature, mais ça repose le cerveau). Mais on fait gaffe quand même : on se protège du soleil, on essaie de pas se faire tirer sa caisse, piquer son portefeuille, kidnapper ses gnomes, etc... Voici quelques recommandations pour que ça se passe au mieux.


Mon Mes conseils : quelques petites astuces qui peuvent vous faciliter la vie.
  • vous êtes à la plage et ne savez quoi faire de vos clés de voiture et de votre portefeuille (voir votre portable si vous êtes à ce point accro) : prévoyez un sachet plastique bien étanche, du style de ceux qui servent à emballer la bouffe pour le congélateur et mettez-y les effets personnels à dissimuler, puis enterrez le sachet dans le sable (discrètement) en plaçant des pierres pour marquer l'emplacement, puis placez votre serviette par dessus. N'oubliez pas de déterrer et récupérer le bordel en partant.
  • contre les coups de soleil, la biafine est votre amie, prévoyez-en un grand tube. Si vous êtes très DIY-écolo-bio, vous pouvez fabriquer votre propre après-soleil à l'aide de70mL de gel d'Aloe Vera, 30 mL d'huile de Jojoba, et 2 ou 3 goutte d'Huile Essentielle de Lavande Vraie (bien agiter avant usage pour émulsionner, et conserver au frais) : très agréable et rafraichissant, et en plus ça sent bon.
  • il parait qu'on peut aussi fabriquer soi-même son écran solaire. Il faut de l'oxyde de zinc qui sert d'écran (trouvable en pharmacie et dans certains magasins bio), du gel d'Aloe Vera, de l'huile de sésame, de l'huile d'argan, du beurre de karité et de l'huile de coco. Je n'ai pas (encore) testé, et ne peux donc vous en parler en connaissance de cause. J'ignore aussi si c'est adapté (suffisamment protecteur) pour les gnomes, donc je recommande le bon vieil indice 50+ du commerce pour eux.
  • à la campagne, vous avez mis les pieds (nus bien sur) sur des orties. Aïe, ça c'est pas agréable. Pas de panique! Cherchez autour de vous si vous voyez du plantain. Ça pousse un peu partout, souvent à proximité des orties d'ailleurs (la bonne vieille loi empirique qui veut que l'antidote soit souvent à proximité du poison). Choppez-en quelques feuilles et malaxez les avec les mains jusqu'à en extraire du jus, puis appliquez celui-ci sur les zones touchées. Ça calme la douleur rapidement et efficacement. Testé et approuvé par votre serviteur. Il existe plusieurs variété de plantain, à priori toutes sont efficaces.
  • la plage c'est chouette, mais le sable c'est chiant. Et on a pas toujours de l'eau à la bonne température et en quantité suffisante pour l'enlever. Je vous recommande d'avoir avec vous un petit flacon de talc. Talquer la zone à dessabler, vous verrez, ça part tout seul. [04/09/2014 Edit : finalement, méfiance avec le talc, il paraitrait qu'une bonne partie de la production mondiale est plus ou moins contaminée avec des traces d'amiante]
  • contre les piqûres diverses et variées (guêpes, abeilles, moustiques, méduses, etc...) il existe un produit super efficace contre la douleur (je l'ai déjà testé sur piqûre de guêpe et piqûre de méduse) : le Tegarome du Dr Volnet (aromathérapie, vendu en pharmacie, parapharmacie, magasin bio, etc...). Je fais rarement de la pub pour un produit du commerce (et je n'ai aucun bille dans l'entreprise qui le fabrique), mais celui-ci est très efficace : à avoir dans sa trousse de premiers soins de vacances (ou de pas vacances d'ailleurs). Plus généralement adapté pour toutes les agressions de la peau (brûlures, petites plaies, etc...). Composés d'un mélange savamment dosé de certaines huiles essentielles, diluées dans une huile végétale, c'est adapté aux enfants à partir de 3 ans, multi usage, ça sent bon et ça prend peu de place (petit flacon). Remarque : si vous êtes allergique à la piqûre subie, ça ne vous empêchera pas de ressembler à ceci :
    Les amateurs de voyages peuvent d'ailleurs revoir ce film ("Banzaï", 1983 avec Coluche) pour être dégoutés des voyages.
    En cas d'allergie, ne vous posez pas de questions, filez directement aux urgences. Attention : si vous êtes au Boukistan vous risquez de ressortir de l’hôpital avec l'une ou l'autre maladie vénérienne nosocomiale que vous n'aviez pas en y entrant. 
  • ne laissez aucun objet de valeur dans votre voiture. Un simple pic à glace/tournevis suffit à forcer votre serrure de portière (authentique, vu sur la notre en vacances à Marseille).
  • dans les mers chaudes : évitez de vous baigner si vous venez de vous blesser, même légèrement. Les requins peuvent sentir le sang à plusieurs kilomètres, et ça les rend complètement frénétiques.
  • en cas d'attaque par une pieuvre géante : ne paniquez pas et décoller les ventouses une par une pour chaque tentacule qui vous agrippe. La pieuvre est un animal curieux, elle veut probablement juste jouer. Elle n'est pas venimeuse et ses ventouses sont sans danger, mais son bec, semblable à celui d'un perroquet (en plus gros) est très puissant, et la morsure peut s'infecter. Une fois libéré de la plupart des ventouses, gigotez le plus possible,elle n'aimera pas cela et vous lâchera probablement pour s'en aller. La pieuvre géante du pacifique peut atteindre 7m d'envergure pour une cinquantaine de kilo.
  • si vous êtes poursuivis par un ours :  ne grimpez surtout pas à un arbre, les ours sont d'excellents grimpeurs. Laissez tomber un objet : l'ours est curieux et va sans doute s'y intéresser. Profitez-en pour mettre les voiles. Sans crier.
  • si on vous menace avec une arme à feu (au Boukistan, il y a beaucoup d'armes en circulation, et les habitants ont le sang chaud : ils ont vite fait de tirer un coup) : ne jouez pas au héros. Levez les mains en évidence, et obéissez à la personne qui vous menace sans discuter. En cas de tir, essayez de protéger votre visage de vos avant-bras et d'exposer le moins possible votre corps (mettez-vous de profil, ou si possible, assis, tête entre les jambes avec les bras au dessus afin de limiter les risques de blessures mortelles). Si vous êtes touché, rendez-vous le plus vite possible à l'hôpital le plus proche.
  • vous avez été kidnappé par une bande de sectateurs fous qui veulent vous sacrifier à Cthulhu. Feignez de vous convertir à leur culte indicible en vous fendant d'un petit "Cthulhu ftaghn!" à leur intention, et faussez leur compagnie dès que possible. Si malgré tout vous assistez avant cela à quelque rituel innommable : fuyez et ne vous retournez surtout pas, vous avez déjà perdu presque toute votre santé mentale, et l'hôpital psychiatrique vous guette. Attention, contrairement à la pieuvre géante, Cthulhu peut vous broyer avec ses tentacules.
  • dans toutes les cas : NE PANIQUEZ PAS! (c'est même écrit en rouge sur la couverture du guide pour vous rassurer!). Et gardez une serviette à portée de main. Et souvenez-vous que la bonne réponse est 42.


On vous aura prévenu : même en anticipant un maximum de problèmes, il y aura forcément des impondérables que vous ne pouviez pas prévoir (invasion extraterrestre, chute d'astéroïde, gnome qui tombe malade, panne de voiture, collègue de boulot que vous ne pouvez pas blairer comme voisin de camping, nouvelle danse de l'été toute moisie, selfie à la plage raté, grève de la SNCF...). Mieux vaut rester chez vous et jouer au Mille Borne, au Uno ou au Times Up. Evitez le Jungle Speed, beaucoup y ont laissé des membres en tentant de chopper ce fichu totem! C'était pas beau à voir!