jeudi 20 février 2014

Xéna contre David Douillet

Xéna, icône gay... ça va pas plaire à Civitas ce truc...

Xéna, c'est ma fille (suivez un peu bon sang!). Un p'tit bout de bonne femme de 2 ans et demi et 95cm, tout en douceur, en decibels et en prises de karaté. "Xéna", c'est parce que princesse, mais aussi guerrière.
Le côté princesse, c'est lorsque par exemple elle refuse de tenir avec ses mimines délicates le vilain biscuit au chocolat qui va fondre et coller aux doigts, et que du coup il faut nourrir son altesse sérénissime.
Le côté guerrière, c'est par exemple lorsqu'on veut l'aider à manger sa soupe, un peu liquide, pour éviter qu'elle s'en mette partout et qu'elle pousse alors des hurlements hystériques en distribuant une tornades de mandales rotatives parce que "NOOOON! TOUTE SEULE!!!!".
Ma fille, dans le fond, c'est une sorte de subtil mélange entre la Schtroumpfette (pour le gabarit et les manières de midinette), Lara Fabian (pour la puissance vocale et la fâcheuse habitude de se mettre à beugler sans une bonne raison), et Chewbacca (pour le caractère un peu soupe-au-lait et la tendance à distribuer des ramponeaux).
"–J'aurais dit qu'il y avait de la pomme... –Y en a aussi!"
Son frère, c'est différent. Bon, il essaie bien de lutter (avec plus ou moins de succès) sur le créneau des décibels, mais on sent que c'est moins naturel : essayer juste d'imaginer les cris de Justin Bieber dont on viendrait d'écraser les testiboules entre deux briques (et arrêtez d'avoir d'avoir ce sourire idiot de satisfaction à cette idée). Du coup ça passe moins bien, car on voit qu'il est dans l'imitation de sa soeur. Lui d'ordinaire, il est beaucoup plus dans la nuance : c'est un hâbleur, un comédien, un chanteur, un négociateur, un séducteur. La baston, c'est pas trop son truc. Lui il discute, il négocie... il rigole et il esquive, il se tortille comme une anguille. C'est un mélange d'Eddy Murphy et de Jacky Chan. surtout Jacky Chan d'ailleurs (ça c'est son côté cascadeur qui lui a valu un temps le surnom de Plouf-le-cascadeur). En général, il essaie d'éviter la confrontation.

Pour en revenir à Xéna donc, vous l'imaginez bien, entretenir ce corps de warrior de poche demande un entrainement intensif. Et c'est là que David Douillet intervient.
"J'te prend quand tu veux! Même pas peur!"
Oui, alors non. Pas celui-là. Je parle du David Douillet qui se trouve chez nous. Celui-là :
Grand, encombrant, avec des réglages simplistes... je sais la confusion est aisée mais ça c'est un vélo d'appartement.
Maman Koala l'avait acheté d'occaz sur "Le p'tit coin" pour entretenir sa silhouette de rêve (comme si elle avait besoin de ça, franchement...). Sauf que par manque de temps et de motivation et de réelle nécessité, maman Koala a fini par laisser David prendre la poussière dans un coin du bureau/salle de jeu, tel une vulgaire statuette souvenir moche en coquillage ramenée de la Baule par tata Raymonde.
Enfin... jusqu'au jour où les gnomes commencèrent à marcher, et plus précisément à grimper partout. David devint alors un amusant compagnon de jeu : à la fois mur d'escalade et tremplin de saut. Mais David rongeait son frein : sa vocation, c'est d'être un entraîneur, pas juste une sorte de rocher un peu design.
Sa vraie nature devait fatalement reprendre le dessus un jour. Le déclic vint de Jacky Chan, qui finit par comprendre que le pédalier devait bien servir à quelque chose. Il en fit la démonstration à Xéna, qui, subjuguée, lui emboîta le pas derechef. Depuis lors, chaque jour, elle passe un peu de temps à s’entraîner avec ce brave David (pour l'occasion amputé de ses grands bras, un peu trop encombrants pour une guerrière amazone haute comme trois pommes) :


Elle va avoir un beau fessier ma fille, moi je vous le dit... par contre, à mon avis, faudra pas la faire chier, parce qu'elle pourra vous faire bouffer vos dents d'un seul coup de pied rotatif.

samedi 15 février 2014

Fahrenheit 51 : c'est quoi ce pastis?

Cet article atteint le point Godwin à plusieurs reprises. Mais c'est eux qui ont commencé.
Depuis quelques jours/semaines/mois, les réac' de tout poil de ce pays semblent s'être donné le mot pour propager leurs idées rétrogrades/liberticides à la con. Franchement, ça valait bien la peine de se moquer des Tea Party américains pour récupérer les mêmes chez nous...
Résumons :

► Manif' pour tous les homophobes contre le mariage gay : il est assez rare de voir des manifestation d'ampleur contre une loi qui ouvre de nouveaux droits au lieu de les restreindre, mais c'est pourtant bien ce qui s'est produit en France. Deux remarques : primo l'ouverture du mariage aux couples homo ne remettait absolument pas en cause les droits des couples hétéros, ça ne faisait qu'aligner les droit, c'est dire mettre tout le monde sur un pied d'égalité (si si, vous savez : l'égalité... ce truc qui figure dans la devise de notre pays, et qui est aussi accessoirement prôné par l'enseignement du Christ!), donc bon... secundo il existe plusieurs pays dans le monde (dont certains pays d'amérique du sud plutôt assez cathos) dans lesquels ce genre de loi est déjà passé sans qu'on en fasse tout ce ramdam, et sans que ça déclenche l'apocalypse, donc bon...

► Manifestation contre le droit à l'avortement à l'appel du "Printemps Français" (groupuscule catho-facho-réac') : selon leur credo donc, un gloubiboulga de cellules immatures en pleine mitose de la taille d'un grain de semoule a plus de droit qu'un être humain adulte de sexe féminin qui viendrait de se faire violer par exemple. Voilà voilà...
Oui, moi le logo du Printemps Français  me fait un peu penser à ça...

► Demande (toujours à l'appel du "Printemps Français", décidément, ils sont partout) de retrait de certains livres de bibliothèque pour enfant destinés à l'éducation sexuelle et la lutte contre les stéréotypes : restons-en aux fondamentaux, la femme au foyer en jupe, l'homme au travail en pantalon, et la position du missionnaire.
C'est vrai quoi! Et pourquoi pas des hommes en robe?
► Tentative de récupération du mouvement ci-dessus en jouant les vierges effarouchées face à un livre humoristique pour enfants dans lequel les gens se déshabillent pour aller se baigner (notons d'ailleurs l'efficacité toute relative des cris d’orfraie de ce monsieur).
Ah... effectivement, il n'est pas à poil, il a un short de bain.
Mais bon, peut-on vraiment croire que ce type a de réelles convictions? Ceci étant, il était aussi l'auteur de la sortie polémique sur les pains au chocolat (souvenez-vous!), ce qui montre qu'à défaut de convictions bien établies (je pense personnellement que le sens moral de ce monsieur est une sorte de barbapapa, informe et maléable), il a une certaine affinité pour les idées nauséabondes.

► Demande d'enseignement de la théorie de la Terre plate...

euh... au temps pour moi, le dernier est un fake du Gorafi. En même temps l'erreur est compréhensible ça resterait cohérent dans la démarche.

Bref, si je résume bien, la France selon Jean-François Copé et le Printemps Français c'est un pays dans lequel des enfants non désirés (issus d'un viol par exemple) devront se conformer au stéréotypes sexuels surannés style régime vichyste (travail, famille, patrie, femmes au foyer habillées en jupe, hommes chefs de famille, bibliothèques ne contenant que les livres autorisés pas le ministère de la propagande de l'information, etc...).

Faudrait-il mettre ces livres sataniques (ta mère!) à l'Index? Faut-il carrément brûler ces ouvrages impies (de vache)? Faire un autodafé de ces ouvrages obscènes (de ménage)?
Autodafé. Et hop, un point Godwin, un!
Bon, vous le savez déjà, les interdits et la censure, j'aime pas trop ça. Surement mon côté bobo-anar-gauchiste.
Ou alors c'est juste que je me suis rendu compte que la censure est totalement inefficace, en plus d'être douteuse sur le moral et sur le plan éthique. Et puis, soyons honnêtes : vous croyez vraiment qu'à notre époque, avec la multiplicité des accès à internet, nos chères têtes blondes peuvent vraiment être préservés de toutes ces thèses hérétiques comme l'égalité des sexes et la diversité des orientations sexuelles? Hum?
En même temps, vu qu'elle surfait déjà sur You-Porn...
Bon, alors ok, c'est vrai, il y a des livres violents. Par exemple :

« Quand tu t’approcheras d’une ville pour l’attaquer, tu lui offriras la paix. Si elle accepte la paix et t’ouvre ses portes, tout le peuple qui s’y trouvera te sera tributaire et asservi. Si elle n’accepte pas la paix avec toi et qu’elle veuille te faire la guerre, alors tu l’assiégeras. Et après que l’Éternel, ton Dieu, l’aura livrée entre tes mains, tu en feras passer tous les mâles au fil de l’épée. Mais tu prendras pour toi les femmes, les enfants, le bétail, tout ce qui sera dans la ville, tout son butin, et tu mangeras les dépouilles de tes ennemis que l’Éternel, ton Dieu, t’aura livrés. C’est ainsi que tu agiras à l’égard de toutes les villes qui sont très éloignées de toi, et qui ne font point partie des villes de ces nations-ci. Mais dans les villes de ces peuples dont l’Éternel, ton Dieu, te donne le pays pour héritage, tu ne laisseras la vie à rien de ce qui respire » (La Bible : Deutéronome 20:10–17).

« Maintenant, tuez tout mâle parmi les petits enfants, et tuez toute femme qui a connu un homme en couchant avec lui; mais laissez en vie pour vous toutes les filles qui n’ont point connu la couche d’un homme » (La Bible : Nombres 31:17–18).

« Si un homme frappe du bâton son esclave, homme ou femme, et que l'esclave meure sous sa main, le maître sera puni. Mais s'il survit un jour ou deux, le maître ne sera point puni; car c'est son argent. » (La Bible : Exode 21:20-21)

Notons que d'après ce livre, à lui seul Dieu est responsable de 2,3 millions de morts (10 pour Satan). Et je ne compte pas les gens morts, torturés, convertis de force (etc...) au nom du dogme véhiculé par ce bouquin. Je sais pas vous, mais moi je me dit que Game of Thrones à côté, c'est du Barbara Cartland. Pourtant, bizarrement, les gens du "Printemps Français" ne demandent pas qu'il soit retiré des bibliothèques celui-là...

On m'objectera, à raison d'ailleurs, que ce n'est pas ce livre qui a tué et torturé, mais bien des êtres humains l'ayant lu et interprété d'une certaine façon. Banco : arrêtons de prendre les livres pour ce qu'ils ne sont pas et les enfants pour des idiots! Pour les adultes, j'ai peur qu'il ne soit déjà trop tard...

mercredi 5 février 2014

Le syndrome du distributeur automatique

L'autre jour, je suis tombé sur cet article.
Vous commencez à connaître mon esprit mal tourné, moi c'est immédiatement cette image qui s'impose à mon esprit.
Y a une certaine ressemblance entre Homer et Michel Sapin non?
Force est de constater qu'à ce jour dans notre pays, le chômage est l'une des préoccupations majeures de la population et de ses dirigeants, en même temps que le principal fléau d'une société déboussolée (enfin, ça et Secret Story, soyons honnêtes). Et comme pour tout fléau, il faut bien trouver un bouc émissaire, lequel peut bien évidemment varier selon la sensibilité politique, l'âge, le sexe, et le nombre de verres d'alcool ingurgités au préalable. Quelques exemples de boucs émissaires en vrac :

► pour les "Luddites" : c'est la faute du progrès, les machines remplacent les ouvriers dans les usines!
"Je veux ta femme, tes fringues, ton job et ton salaire! Pronto!"
► pour les transhumanistes : c'est la faute des freins au progrès, qui empêchent d’innover tranquille
► pour l'extrême droite : le lobby gaucho-judéo-islamo-maçonnique
► pour la droite : le laxisme de la gauche au pouvoir à la solde des syndicalistes fainéants
► pour le centre : la fiscalité trop lourde due à une mauvaise gestion des finances publiques
► pour la "gauche" : l'intransigeance de la droite au pouvoir à la botte du MEDEF
► pour l'extrême gauche : le complot des patrons voyous néo-libéraux-capitalistes du Bilderberg de Davos
► pour le péquin moyen : ces faux-culs de politiciens-droite-gauche-tous-les-mêmes à la solde des chinois
► pour les médias US : le manque de libéralisme économique
► pour les médias cubain : l'excès de libéralisme économique
► pour les scientologues : les thétans qui euh... après avoir brûlé dans les volcans parasitent nos esprits
► pour les machos : les femmes qui travaillent au lieu de s'occuper des mioches
► pour les femen : l'oppression patriarcale catho-islamo-fasciste
► pour beaucoup de monde : la crise

"C'est pas moi, c'est lui!"
Le problème des boucs émissaires,  c'est que ça sert surtout à focaliser l'attention sur d'autres problèmes. D'ailleurs, ce sont souvent des partis politiques qui font ça, pour masquer leur incapacité à trouver une réelle solution au problème.

Comme vous avez déjà pu le constater, il m'arrive parfois de m'improviser sociologue de comptoir et de vous pondre une bafouille un peu acide sur certaines déviances de notre société moderne . Je vais donc chausser mes bésicles, bourrer ma pipe, enfiler ma veste en tweed et tenter une analyse pertinente au doigt mouillé.
Tout de suite, ça rigole moins.
Concernant les causes du chômage, honnêtement, je ne sais pas (mais ho bon hein! je ne suis que sociologue de comptoir, pas expert hein...), mais je doute fortement de la validité de celles que je viens de lister. A titre personnel, j'accuserais plutôt le syndrome du distributeur automatique.

Explication : dans ces magnifiques engins (également surnommés "bouff'sous" dans la famille Hérisson-Koala) tout va bien jusqu'au moment où, VANINA et l'obsolescence programmée aidant, le bidule tombe en panne, et refuse alors de laisser tomber ton sandwich Sepabo® poulet-aux-hormones/tomate OGM/pain suédois. Evidemment, la machine refuse aussi de te rendre tes sous, et tu as beau taper et secouer le bouzin, rien n'y fait, tu peux juste contempler ce fichu sandwich à travers la vitre, en train de te narguer en équilibre parfait au bord de son étagère.
Déjà, en soi, c'est vexant. Mais le pire, c'est que la seule rangée qui semble fonctionner normalement, c'est celle des sandwichs dégueux au concombre-de-mer/artichaud-curry/pain-de-seigle que personne ne prend jamais parce que c'est inmangeable... Bien sur, non seulement l'employé qui va venir (minimum 3 jours ouvrés plus tard) ne va pas débloquer le rail défectueux (il se contentera d'enlever le sandwich coincé), mais de plus, il aura rechargé les emplacements vides non pas avec le bon sandwich au poulet-aux-hormones, mais avec le vilain sandwich au concombre-de-mer (dont il faut bien écouler les stocks puisque personne n'en prend).
Concombre de mer.
Accessoirement, l'entreprise qui fournit les machines finira par augmenter les prix, sur la base du faible débit des sandwichs au concombre de mer qui finit par leur coûter cher en invendus périmés. Dans le pire (ou le meilleur?) des cas, le distributeur est purement est simplement retiré puisque jugé non rentable. Ça se tient : si les gens voulaient vraiment des sandwichs, ils prendraient ceux au concombre-de-mer...
L'idée de mettre un distributeur plus moderne et non défectueux et de le garnir avec des sandwichs nouveaux et originaux est rejetée par le CE : trop cher. Et trop risqué : mieux vaut rester sur les valeurs sure comme le concombre de mer-artichaud-curry (c'est surement bon pour la santé, les gens n'ont qu'à se forcer, non mais ho!).
Rhaaaaaa! Cumuuuuuuuk!
Le chômage, c'est pareil : tout allait bien jusqu'à ce que le marché de l'emploi se retrouve bouché dans certaines catégories. Résultat : les vieux qu'on a viré ne retrouvent plus de boulot dans ces branches là, les jeunes qu'on a formé à ces métiers non plus, et ceux qui sont entre les deux serrent les fesses au gré des plans sociaux qui se succèdent. Il reste bien un peu d'emploi dans certaines branches, mais ce sont souvent des métiers peu attractifs et/ou à faible valeur ajoutée et/ou à faible salaire et il faudrait idéalement former ces gens pour les reconvertir dans ces métiers qui ne leur plaisent pas/qu'ils sont incapables d'exercer/pas attractif/mal payés (voire tout ça à la fois). Quand à l'idée d'encourager la création d'entreprises innovantes et d'activités nouvelles : c'est niet! Déjà ça coûterait cher et les caisses de l'Etat sont vides, et ensuite mieux vaut ne surtout pas prendre de risques, ouhla, ça risquerait d'être payant. Non, on va plutôt mettre le paquet sur les sandwichs au concombre de mer les boulots à la con à faible valeur ajoutée, et mettre la pression sur les conseillers de Paul Emploi pour qu'ils fournissent de beaux graphiques power point avec moins de chômeurs dessus. C'est important les graphiques power point. Ils se débrouillent comme ils veulent (exemple : ranger les chômeurs dans un autre slide en fin de diaporama, les colorier en blanc pour qu'on ne les voit pas, etc...), mais il faut que les graphiques soient beaux et montrent une inversion de la courbe.

Tout ceux qui ont été chômeurs et eut affaire avec ce cher Paul Emploi (et ses Paulettes) sauront de quoi je parle : fort de ce soutien inconditionnel jusqu'au plus haut de l'Etat, cet organisme s'est dédié avec un dévouement qui force l'admiration, à briser toute velléité de tentative d'embryon d'espoir de s'en sortir pour ceux qui s'y rendent.
"Vous qui entrez ici, abandonnez tout espoir"
Ainsi, ce brave Paul a réussi l'improbable synthèse de la lourdeur administrative soviétique et du cynisme comptable néolibéral dans le traitement des dossiers de demandeurs d'emploi : l'inscription nécessite le remplissage de moult formulaires & dossiers afin de préparer le rendez-vous avec un conseiller (sic) qui ne daignera même pas jeter un œil sur ceux-ci –par manque de temps, ou d'envie, ou juste pour vous embêter– avant de vous inscrire d'office pour une formation à la rédaction de CV,  la gestion d'entretien d'embauche, ou le nouage de cravate. Et si vous avez le malheur d'avoir plus de 50 ans, il ajoutera d'un air maussade que de toutes façons vous avez peu de chances de retrouver un emploi (sous-entendu : "pas encore mort à votre âge?"). Qu'à cela ne tienne, vous vous dites que vous ne compterez que sur vous-même, que vous allez monter votre boite et que vous avez juste besoin d'une formation rapide à la création/gestion d'une petite entreprise? Fuyez pauvres fous!
A plus de 50 ans, Gandalf est bon pour un bilan de compétence suivi d'un stage de rédaction de lettres de motivations. En boucle.
Finalement, Paul Emploi, c'est un peu une halte-garderie : vous y déposez votre chômeur, et on l'occupe avec des travaux manuels (remplissage de CV, de dossiers de demande de formation, etc...) et des jeux (formation rédaction de CV, bilan de compétences, etc...) dans une ambiance chaleureuse, jusqu'à ce que vous le récupériez le soir.

Bon, je ne sais pas si on peut réformer le marché de l'emploi pour résorber le chômage, mais à mon avis, on peut déjà réformer ce cher Paul : quitte à subir le paradoxe du distributeur automatique, pourquoi ne pas remplacer Paul Emploi par une sorte de gros distributeur automatique de chômeur? Les patrons arriveraient, mettraient une pièce dans le bitoniaux (voir leur carte bancaire, soyons fous), sélectionneraient leur chômeur, et repartirait avec celui-ci sous le bras, avant d'enlever le blister de retour dans leur entreprise. Bon, évidemment, au bout d'un moment, y a des chances que le distributeur tombe en rade et refuse de délivrer le chômeur surdiplomé visé, au profit des chômeurs syndiqués en situation de handicap dont personne ne veut, mais bon, ho hein! C'est ça ou rien!