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jeudi 20 mars 2014

Le principe de la Biscotte de Papa Hérisson

Vous avez sans doute déjà entendu parler du principe du "Rasoir d'Ockham" (énoncé par un moine franciscain du XIVème siècle nommé Guillaume d'Ockham, ce qui ne nous rajeunit pas, convenons-en)... Si vous ne connaissez pas le nom du principe lui-même, vous l'avez pour autant surement entendu énoncé de la sorte : "L'explication la plus simple est souvent la meilleure."
Ce postulat (ça n'est qu'un postulat puisque la "simplicité" d'une explication est quelque chose d'assez subjectif) est régulièrement invoqué dans les domaines scientifiques, assez souvent pour réfuter l'appel au surnaturel ou au divin d'ailleurs. C'est aussi l'un des leitmotivs de Sherlock Holmes.

Partant de ce principe, j'ai moi-même énoncé le postulat dit de "la biscotte de papa Hérisson" (je rappelle que je me rase avec une biscotte) :
►"L'explication la plus simple à une action ou une décision qui parait absurde et/ou contreproductive est la bêtise."
Il s'accompagne souvent du corollaire dit "de Justin Bieber" :
▲"Si cette action ou cette action parait incommensurablement stupide, c'est probablement parce qu'elle l'est, tout comme son instigateur."
On pourra accessoirement y adjoindre cet autre corollaire, dit de "la poussée d'archi-merde" :
▲"Une action/décision individuelle stupide se mue invariablement en action/décision collective exponentiellement stupide si elle est menée en groupe."

Des exemples? Pas de soucis : je vous propose ce petit bouquet garni de démonstrations de bêtise humaine manifeste.


1. Les déchets jonchés au sol alors qu'il y a une poubelle à moins de 10m
Comme le dit très bien Hildegarde, il est extrêmement énervant de se balader (en forêt par exemple, ou sur une plage) et de poser sans arrêt le regard sur tout un tas de détritus divers et variés :
  • bouteilles et canettes de bière
  • emballages de chips/gâteaux/bonbons
  • paquets de cigarette
  • slips (!?)
  • chaussures solitaires (!?)
  • emballages de capotes (ah... peut être un début d'explication?)
  • mégots de cigarettes en quantité industrielle
  • couches sales (la capote ci-dessus devait être percée, voila ce que c'est de copuler au milieu des aiguilles de sapin)
  • emballages de médocs
  • CD de Justin Bieber
  • bidons de déchets nucléaires
  • cadavres de joggueuses
  • etc...
Tient? On a retrouvé une joggeuse disparue...
Très souvent, ces déchets se trouvent au moins à... pffffff, au moins 10 mètres d'une poubelle. Ouhla! Pffff! 10m!!! Non, franchement, ça devait être vraiment être trop loin pour remuer son gros cul se déplacer jusqu'à ce bel objet de mobilier urbain inventé par le préfet qui lui a donné son nom. On se rend pas bien compte hein... 10 mètres, allez retour ça doit bien faire 30 bonnes secondes. Insurmontable!
Je gage que derrière cette façade de cynisme grinçant, vous aurez deviné les sentiments d'allégresse qui m'emplissent... à l'idée de meuler la face des inconvenants qui prennent la nature pour leur poubelle à l'aide de quelque objet lourd et/ou contondant (pelle, manivelle de cric, pied de biche, Franck Dubosc...), avant de les trainer dans mon grenier pour un séchage en règle. On va dire que ça sera ma contribution au nettoyage de la nature façon colibri d'Hildegarde (vous pouvez faire de même, mais que cela ne vous empêche pas de prendre un sac plastique,de ramasser quelques détritus lors de votre prochaine balade en cambrousse, et de déposer le sac dans l'une de ces fameuses poubelles. Et pas que pour la journée de la Terre par exemple...).

2. Les voitures garées n'importe comment, alors qu'il y a un parking à moins de 50m
Selon la voiture, ça peut revenir au point précédent... ceci étant, curieusement, les véhicules en question sont souvent de belles berlines/de gros 4x4 urbains (je... oui, moi aussi je m'interroge souvent sur la pertinence du concept de 4x4 urbain qui me semble relever de la même logique absurde que le soda de régime, les convictions en politique ou un livre de Nabilla) de marque Merwagen, OpeMW ou Volkcedes.
Quand je dis "garées n'importe comment", j'entends par exemple:

►garé comme une merde sur le trottoir au point d'empêcher le passage d'un papa (Hérisson par exemple) avec une poussette, ou un handicapé en fauteuil roulant, les obligeant à passer sur la route à leurs risques et périls
Un cumulard : garé sur le trottoir et sur un passage piéton.
►devant une borne incendie, ce qui obligera les pompiers à défoncer la bagnole à grands coup de hache-incendie en cas de problème
Bien joué les pompiers. Respect.
 ►devant un passage, bloquant ainsi l'accès à d'autres véhicules
Oui, nous sommes d'accord : cette voiture de police est bien mal garée.
Le tout bien sur alors que de vraies places de parking se trouvent à moins de 50 mètres, et que certaines (voir la plupart) sont disponibles.

►Variante : "je me suis garé sur un parking (gratuit tant qu'à faire), mais je parviens on ne sait comment à occuper trois places au lieu d'une car le concept même de manœuvre m'est totalement étranger".
(Là, je crois qu'on tient un champion du monde.) –Dites, vous seriez libre pour un diner mercredi?
Excuse classique : "Nan mais allô quoi! J'en ai pour 5 minutes!", et ce quelle que soit la durée, comprise le plus souvent entre 30 minutes et une demi-journée. Einstein serait ravi : la relativité du temps est donc prouvée, et l'univers doit bien être infini puisque la connerie humaine quand à elle semble sans limite (bon, pour l'univers, y a encore un doute)...
Du coup, à ma dernière vidange, j'ai demandé à mon copain Piotr quelques aménagements sur Titine à l'aide de pièces de récup sur des chars de l'armée rouge...
"Tient!? Je crois que j'ai roulé sur un truc... j'espère que Titine n'est pas rayée"

3. Les gens qui viennent te polluer ton espace vital alors que tu n'avais rien demandé
J'ai parfois l'impression que chez certaines personnes, voir un gars tout seul, tranquille (en train de béqueter sa gamelle dans la patio non fumeur de son entreprise lors de sa pause déjeuner par exemple, ou en train de bouquiner sur un banc pendant la pause café) déclenche une sorte de réflexe de pitié : il faut impérativement aller lui tenir compagnie, et lui raconter toutes ses petites misères, voire se pointer en groupe et se mettre à caqueter comme des dindes (inutile de lâcher un commando femen à mes trousses, aucun sexisme dans ma remarque : le groupe peut aussi bien être féminin, masculin ou mixte).
Il faut croire que le fait de manger tout seul, peinard et avec l'air rêveur du gars perdu dans ses pensés te rend :
  • soit extrêmement sexy au point d'attirer tout ce que ton entreprise compte d'individus en rut (là encore : hommes, femmes, fans de Justin Bieber, pas de discrimination)
  • soit infiniment digne de pitié : tu dois certainement être très malheureux/dépressif/au bord du suicide pour te couper ainsi de tous ces boulets de tes sympathiques collègues
  • soit totalement invisible, ce qui justifie de venir s'asseoir limite sur tes genoux pour raconter aux autres membres de ton poulailler ses passionnantes histoires d'herpès génital.
Le summum étant de venir poser ses fesses à 30 cm des tiennes (alors qu'on ne te connait ni d'Eve ni d'Adam) et, sans même t'adresser la parole, d'allumer une clope bas de gamme (surement de contrebande) qui pue pendant que tu tentes de te délecter du délicieux crumble à la fraise au goût si subtil que maman Koala t'a préparé avec amour. Dans le patio non fumeur. Juste sous l'étiquette d'interdiction de fumer. Cumuk.
–Ça va? L'odeur de ma bouffe ne te gène pas trop?
–Non non, ça v...
"J'ai trébuché M. le juge..."

4. Ces objets mal pensés/mal fichus qui vous pourrissent la vie
Nous sommes en l'an 2014 après Jean-Claude. Depuis 1969, l'humanité a envoyé avec succès plusieurs missions habitées sur la lune. Depuis des décennies maintenant, nous savons envoyer et ramener des humains dans l'espace. Nous savons concevoir des ordinateurs capables d'apprendre par eux-même, nous savons manipuler des séquences ADN pour modifier les gènes des plantes et des animaux. Nous savons détecter d'infimes signaux électromagnétiques vieux de plus de 14 milliards d'années, prouvant que l'univers est né d'une extraordinaire "explosion" primordiale.
Et nous sommes infoutus d'inventer des &%$#@ d'étiquettes qui peuvent se décoller sans se déchirer des objets que nous venons d'acheter.
Si ce mauvais gag ne vous est jamais arrivé, sachez que je vous méprise.
Notons qu'à l'inverse, les objets pour lesquels des informations indispensables mériteraient d'être étiquetées de façon inamovibles, sont souvent équipés d'étiquettes qui ne collent pas ou plus simplement d'une notice volante qui finira invariablement par disparaitre. Dans le même esprit : les bons de garantie sous forme d'un ticket de caisse sur papier thermique... qui finit par s'effacer en l'espace de quelques semaines/mois. Bon courage pour faire jouer la garantie.

Un autre exemple : les papiers prédécoupées avec des pointillés... dont la découpe part systématiquement en couille cacahuète et occasionne une belle déchirure, surtout si c'est un papier important. De façon générale, on pourra conspuer tous les systèmes d'ouverture facile qui fonctionnent quand ils veulent.Comme par exemple ces foutues boites de pâtée pour chat, dont la tirette de l’opercule a la bonne idée de se casser, au moment ou vous avez 4 chats affamés autour de vous en train de brailler comme des ânes pour avoir leur repas, et deux bébés dans la pièce d'à côté qui viennent de s'endormir.
Et encore, là ils sont cool... ils ne profèrent aucune menace contre votre vie.


Dernier exemple : ces objets du quotidien, souvent à vocation culinaire qui semblent avoir été conçus par un connard d'ingénieur de mes deux qui n'a jamais dû mettre les pieds dans une cuisine, et encore moins tenté des les nettoyer après usage.
Hmmmm! ♫ Tous ces petits recoins !♪ Trop de bonheur à nettoyer! ♫
Et je ne parlerai pas de tous ces récipients dont le bec verseur a manifestement été conçu pour en foutre le maximum à côté.
Pour ma part, afin de résoudre ce problème, j'ai fondé une association à but non lucratif : le Comité pour une Torture Relativement Légale Associée à la Lapidation  Terminale pour les Scientifiques créateurs d'Ustensiles Peu Pratiques ou Ratés (le CTRL ALT SUPPR). L'inventeur du crépi est en tête de la liste noire de l'association.

5. Les boulets qui se conduisent dans les lieux publics comme s'ils étaient seuls au monde
Ceux là, y en a plusieurs sous-espèces (oui, le terme convient assez bien en y réfléchissant) :
  • L'ahuri(e) qui est planté(e) en plein milieu du passage (porte d'accès du bâtiment dans lequel tu veux rentrer, au milieu d'un escalier étroit, en train d'avancer en ligne à 0,5 km/h avec ses potes sur toute la largeur de la rue...), qui ne te regarde pas, et semble ne pas entendre quand tu toussotes en disant "Excusez-moi". Existe aussi en troupeau. A parfois tendance à soupirer comme si tu demandais la lune lorsqu'il/elle daigne enfin s'écarter de 15 cm. A mon sens, c'est la meilleure explication à toutes ces histoires de tireurs fous qui se mettent à canarder apparemment au hasard.
  • Le/la pénible qui dégaine son téléphone portable dans un lieu clos (exemple : salle d'attente du médecin, autobus, ...) et se met à raconter sa vie dans les moindres détails sordides ("Non parce que tu vois, cet herpès génital, c'est quand même embarrassant... ça me fait des sortes de..."). L'immolation par le feu reste le meilleur remède.
  • Les gros porcs qui transforment les toilettes publiques en tranchées de bataille de Verdun. Après avoir fait sortir la taupe du terrier ou lâché un renard, certains doivent trouver hilarant de balancer une grenade ou un pétard mammouth dans la cuvette. Je ne vois aucune autre explication à l'état dans lequel on retrouve parfois certaines toilettes publiques. Mention spéciale pour les aires d'autoroute : il faut impérativement que les restaurants routiers cessent de proposer du chili con carne à la nitroglycérine dans leurs menus ! Accessoirement, je suppose que ce sont les mêmes individus qui préfèrent se soulager sur le mur de ta maison que dans les toilettes publiques situées à moins de 20 mètres. Le stock de vieilles bonbonnes d'ypérite que je viens d'acquérir sur un site de surplus militaire allemand devrait me permettre de résoudre rapidement ce problème... Ach, großß malheur que la guerre!

J'ai préféré vous mettre cette image d'un paysage bucolique : les derniers WC publics que j'ai visité hanteront mon âme encore longtemps...




Je m'arrête là, on pourrait multiplier les exemples à l'infini. Tient, et vous d'ailleurs... il y a des exemples de bêtise humaine désespérante qui vous frappent ?

mercredi 5 février 2014

Le syndrome du distributeur automatique

L'autre jour, je suis tombé sur cet article.
Vous commencez à connaître mon esprit mal tourné, moi c'est immédiatement cette image qui s'impose à mon esprit.
Y a une certaine ressemblance entre Homer et Michel Sapin non?
Force est de constater qu'à ce jour dans notre pays, le chômage est l'une des préoccupations majeures de la population et de ses dirigeants, en même temps que le principal fléau d'une société déboussolée (enfin, ça et Secret Story, soyons honnêtes). Et comme pour tout fléau, il faut bien trouver un bouc émissaire, lequel peut bien évidemment varier selon la sensibilité politique, l'âge, le sexe, et le nombre de verres d'alcool ingurgités au préalable. Quelques exemples de boucs émissaires en vrac :

► pour les "Luddites" : c'est la faute du progrès, les machines remplacent les ouvriers dans les usines!
"Je veux ta femme, tes fringues, ton job et ton salaire! Pronto!"
► pour les transhumanistes : c'est la faute des freins au progrès, qui empêchent d’innover tranquille
► pour l'extrême droite : le lobby gaucho-judéo-islamo-maçonnique
► pour la droite : le laxisme de la gauche au pouvoir à la solde des syndicalistes fainéants
► pour le centre : la fiscalité trop lourde due à une mauvaise gestion des finances publiques
► pour la "gauche" : l'intransigeance de la droite au pouvoir à la botte du MEDEF
► pour l'extrême gauche : le complot des patrons voyous néo-libéraux-capitalistes du Bilderberg de Davos
► pour le péquin moyen : ces faux-culs de politiciens-droite-gauche-tous-les-mêmes à la solde des chinois
► pour les médias US : le manque de libéralisme économique
► pour les médias cubain : l'excès de libéralisme économique
► pour les scientologues : les thétans qui euh... après avoir brûlé dans les volcans parasitent nos esprits
► pour les machos : les femmes qui travaillent au lieu de s'occuper des mioches
► pour les femen : l'oppression patriarcale catho-islamo-fasciste
► pour beaucoup de monde : la crise

"C'est pas moi, c'est lui!"
Le problème des boucs émissaires,  c'est que ça sert surtout à focaliser l'attention sur d'autres problèmes. D'ailleurs, ce sont souvent des partis politiques qui font ça, pour masquer leur incapacité à trouver une réelle solution au problème.

Comme vous avez déjà pu le constater, il m'arrive parfois de m'improviser sociologue de comptoir et de vous pondre une bafouille un peu acide sur certaines déviances de notre société moderne . Je vais donc chausser mes bésicles, bourrer ma pipe, enfiler ma veste en tweed et tenter une analyse pertinente au doigt mouillé.
Tout de suite, ça rigole moins.
Concernant les causes du chômage, honnêtement, je ne sais pas (mais ho bon hein! je ne suis que sociologue de comptoir, pas expert hein...), mais je doute fortement de la validité de celles que je viens de lister. A titre personnel, j'accuserais plutôt le syndrome du distributeur automatique.

Explication : dans ces magnifiques engins (également surnommés "bouff'sous" dans la famille Hérisson-Koala) tout va bien jusqu'au moment où, VANINA et l'obsolescence programmée aidant, le bidule tombe en panne, et refuse alors de laisser tomber ton sandwich Sepabo® poulet-aux-hormones/tomate OGM/pain suédois. Evidemment, la machine refuse aussi de te rendre tes sous, et tu as beau taper et secouer le bouzin, rien n'y fait, tu peux juste contempler ce fichu sandwich à travers la vitre, en train de te narguer en équilibre parfait au bord de son étagère.
Déjà, en soi, c'est vexant. Mais le pire, c'est que la seule rangée qui semble fonctionner normalement, c'est celle des sandwichs dégueux au concombre-de-mer/artichaud-curry/pain-de-seigle que personne ne prend jamais parce que c'est inmangeable... Bien sur, non seulement l'employé qui va venir (minimum 3 jours ouvrés plus tard) ne va pas débloquer le rail défectueux (il se contentera d'enlever le sandwich coincé), mais de plus, il aura rechargé les emplacements vides non pas avec le bon sandwich au poulet-aux-hormones, mais avec le vilain sandwich au concombre-de-mer (dont il faut bien écouler les stocks puisque personne n'en prend).
Concombre de mer.
Accessoirement, l'entreprise qui fournit les machines finira par augmenter les prix, sur la base du faible débit des sandwichs au concombre de mer qui finit par leur coûter cher en invendus périmés. Dans le pire (ou le meilleur?) des cas, le distributeur est purement est simplement retiré puisque jugé non rentable. Ça se tient : si les gens voulaient vraiment des sandwichs, ils prendraient ceux au concombre-de-mer...
L'idée de mettre un distributeur plus moderne et non défectueux et de le garnir avec des sandwichs nouveaux et originaux est rejetée par le CE : trop cher. Et trop risqué : mieux vaut rester sur les valeurs sure comme le concombre de mer-artichaud-curry (c'est surement bon pour la santé, les gens n'ont qu'à se forcer, non mais ho!).
Rhaaaaaa! Cumuuuuuuuk!
Le chômage, c'est pareil : tout allait bien jusqu'à ce que le marché de l'emploi se retrouve bouché dans certaines catégories. Résultat : les vieux qu'on a viré ne retrouvent plus de boulot dans ces branches là, les jeunes qu'on a formé à ces métiers non plus, et ceux qui sont entre les deux serrent les fesses au gré des plans sociaux qui se succèdent. Il reste bien un peu d'emploi dans certaines branches, mais ce sont souvent des métiers peu attractifs et/ou à faible valeur ajoutée et/ou à faible salaire et il faudrait idéalement former ces gens pour les reconvertir dans ces métiers qui ne leur plaisent pas/qu'ils sont incapables d'exercer/pas attractif/mal payés (voire tout ça à la fois). Quand à l'idée d'encourager la création d'entreprises innovantes et d'activités nouvelles : c'est niet! Déjà ça coûterait cher et les caisses de l'Etat sont vides, et ensuite mieux vaut ne surtout pas prendre de risques, ouhla, ça risquerait d'être payant. Non, on va plutôt mettre le paquet sur les sandwichs au concombre de mer les boulots à la con à faible valeur ajoutée, et mettre la pression sur les conseillers de Paul Emploi pour qu'ils fournissent de beaux graphiques power point avec moins de chômeurs dessus. C'est important les graphiques power point. Ils se débrouillent comme ils veulent (exemple : ranger les chômeurs dans un autre slide en fin de diaporama, les colorier en blanc pour qu'on ne les voit pas, etc...), mais il faut que les graphiques soient beaux et montrent une inversion de la courbe.

Tout ceux qui ont été chômeurs et eut affaire avec ce cher Paul Emploi (et ses Paulettes) sauront de quoi je parle : fort de ce soutien inconditionnel jusqu'au plus haut de l'Etat, cet organisme s'est dédié avec un dévouement qui force l'admiration, à briser toute velléité de tentative d'embryon d'espoir de s'en sortir pour ceux qui s'y rendent.
"Vous qui entrez ici, abandonnez tout espoir"
Ainsi, ce brave Paul a réussi l'improbable synthèse de la lourdeur administrative soviétique et du cynisme comptable néolibéral dans le traitement des dossiers de demandeurs d'emploi : l'inscription nécessite le remplissage de moult formulaires & dossiers afin de préparer le rendez-vous avec un conseiller (sic) qui ne daignera même pas jeter un œil sur ceux-ci –par manque de temps, ou d'envie, ou juste pour vous embêter– avant de vous inscrire d'office pour une formation à la rédaction de CV,  la gestion d'entretien d'embauche, ou le nouage de cravate. Et si vous avez le malheur d'avoir plus de 50 ans, il ajoutera d'un air maussade que de toutes façons vous avez peu de chances de retrouver un emploi (sous-entendu : "pas encore mort à votre âge?"). Qu'à cela ne tienne, vous vous dites que vous ne compterez que sur vous-même, que vous allez monter votre boite et que vous avez juste besoin d'une formation rapide à la création/gestion d'une petite entreprise? Fuyez pauvres fous!
A plus de 50 ans, Gandalf est bon pour un bilan de compétence suivi d'un stage de rédaction de lettres de motivations. En boucle.
Finalement, Paul Emploi, c'est un peu une halte-garderie : vous y déposez votre chômeur, et on l'occupe avec des travaux manuels (remplissage de CV, de dossiers de demande de formation, etc...) et des jeux (formation rédaction de CV, bilan de compétences, etc...) dans une ambiance chaleureuse, jusqu'à ce que vous le récupériez le soir.

Bon, je ne sais pas si on peut réformer le marché de l'emploi pour résorber le chômage, mais à mon avis, on peut déjà réformer ce cher Paul : quitte à subir le paradoxe du distributeur automatique, pourquoi ne pas remplacer Paul Emploi par une sorte de gros distributeur automatique de chômeur? Les patrons arriveraient, mettraient une pièce dans le bitoniaux (voir leur carte bancaire, soyons fous), sélectionneraient leur chômeur, et repartirait avec celui-ci sous le bras, avant d'enlever le blister de retour dans leur entreprise. Bon, évidemment, au bout d'un moment, y a des chances que le distributeur tombe en rade et refuse de délivrer le chômeur surdiplomé visé, au profit des chômeurs syndiqués en situation de handicap dont personne ne veut, mais bon, ho hein! C'est ça ou rien!

samedi 19 octobre 2013

R.I.P. (Restore In Peace)

Avertissement liminaire : cette bafouille peut contenir des traces de Dave et de Stéphane Eicher. En cas d'allergie, je ne peux rien pour vous. Pas de bol. En revanche elle ne contient pas de Justin Bieber, ni de Miley Cyrus : vous êtes tranquilles.

Avec deux gnomes (dont l'aîné a tout juste trois ans et demi), quatre chats et un chien, les repas dans la famille Hérisson peuvent s'avérer parfois assez sportifs. Évidemment, cela dépend d'un grand nombre de facteurs (et non je ne parle pas de ceux qui distribuent, parfois approximativement, le courrier) :
  1. L'état de fatigue des gnomes, puisque la règle est : BCBG (c.f. ici pour la traduction)
  2. Le nombre de chats présent à l'intérieur à l'instant T ("T" comme "Tu vas en chier")
  3. La nature plus ou moins élaborée des aliments proposés
  4. L'état de fatigue de papa Hérisson et maman Koala
  5. L'horaire
  6. Et Vanina. Nous y reviendrons...
♫ ♪ Vanina-a-a... a-a-a-a... ♪ ♫
Compte-tenu de ces facteurs, on devine assez vite que certains repas sont plus critiques que d'autres. Le problème du petit déjeuner a déjà été évoqué dans de précédents articles, celui de papa Hérisson est en général assez catastrophique puisque :
    ►Papa Hérisson se lève tôt et a donc l'acuité visuelle de Steevie Wonder (à cause des yeux collés) et un temps de réaction proche de celui d'un unau neurasthénique.
    ►Presque tous les chats sont à la maison. Et ils ont faim (en même temps, ils ont tout le temps faim).
    ►Le grille-pain est manuel (il ne t'éjecte pas les tartines dans le museau, mais préfère les carboniser à cœur pendant que tu n'y pense plus).
    ►Sans compter Vanina...
Ah... papa Hérisson vient d'ouvrir les yeux, il est temps de préparer le p'tit déj'
On notera au passage que le facteur n°3 (degré d'élaboration des aliments) ne change ici rien du tout : des tartines grillées, c'est simple, et en l'occurrence, ça part quand même en cacahuète.

Et encore, là on se limite à un repas incluant seulement un protagoniste, puisque les autres roupillent encore à ce stade.

Maintenant, voyons ce que donne un repas du midi incluant plusieurs protagonistes : papa Hérisson, Xéna et Plouf (ce jour-là, maman Koala était partie chasser l'eucalyptus en forêt périgourdine).

Mission : déjeuner en paix.
♫ ♪ les nouvelles sont mauvaises d'où qu'elles viennent... ♪ ♫
Forces en présence :
  • Papa Hérisson : vétéran
  • Plouf : tête brûlée
  • Xéna : sniper
  • Chat n°1 : terroriste félin
  • Chat n°4 : terroriste félin & ennemi public n°1
  • Chien : agent double
  • Vanina : ah-ah, ah-ah-ah-ah-ah, ah-ah-ah-ah-ah, aaaaaaaaaaah ♫ ♪
Situation :
Le problème de l'automne, c'est que parfois il fait moche. Du coup, quand il pleut à torrent, sortir défouler deux gnomes débordant d'énergie s'avère difficile, surtout quand les chaussures de merde qu'on nous vend à prix d'or ne sont pas étanches. En outre, faisant ses dernières prémolaires, Xéna est fatiguée. En plus elle en plein terribeul-two (comme le dit Marie des Mamantestent) et est donc d'humeur changeante. Elle pleure à la moindre contrariété (et il y en aura inévitablement), ou rigole comme une baleine dès que son frère fait/sort une ânerie (et il y en aura inévitablement).
En général, vers 11h elle réclame à manger, et continuera jusqu'à 12h - 12h30 si ça n'est pas prêt. Notez cependant qu'elle déclare qu'elle n'a pas faim sitôt que c'est prêt. Ces deux affirmations peuvent se suivre à intervalle de quelques secondes. BCBG on vous a dit!

Faute d'une promenade défouloir, Plouf, quand à lui, évacue son stress en courant autour de la cheminée (qui est au centre de notre maison) . Parfois il se gamelle (c'est Plouf-le-cascadeur je vous rappelle) et entame alors les cœurs avec sa sœur qui proteste énergiquement contre quelque chose (si elle ne sait pas pourquoi elle pleure, quelqu'un d'autre le saura certainement) ou pleure pas solidarité parce zut quoi à la fin! Ou sinon, ils se battent un jouet, et Plouf perd le combat puisque Xéna tape plus dur (on est guerrière ou on ne l'est pas).

Mission :
Vers 11h45, papa Hérisson attaque donc la préparation du repas. Faisons simple (rapport au facteur n°3) : purée de légumes, steak hâché. A ce stade, commence un intéressant numéro d'équilibriste : il va falloir préparer le repas et mettre la table, en occupant/consolant/surveillant les deux gnomes, le tout en empêchant les chats et le chien de s'attaquer à la nourriture. Un intermède changeage de couche-apocalyptique-qui-tue-la-vie n'étant pas exclu.
Jim semble penser que ça ne va pas être de la tarte...
Arrive le moment où le repas est servi. En général les gnomes s'installent d'eux-même à table (le plus dur étant de les faire y rester). Et c'est là que le facteur n°3 (nature des aliments) entre en jeu. Soyons clairs : les deux gnomes mangent de tout. Même si, comme pour tous les enfants, certains trucs passent mieux que d'autres. Non, le problème c'est que s'ils mangent en général tout seuls, la texture de certains aliment (soupe, purée, etc...) leur rend la tâche (c'est le cas de le dire) parfois ardue. Voire impossible. Et dans ce cas, le gnome est binaire : soit il refuse le plat, soit il demande à papa/maman de l'aider. Comprendre :  le nourrir comme s'il n'avait pas de mains.

Rappel des forces en présence : un papa Hérisson, deux gnomes. Vous pensiez que les gnomes étaient dans le camp de papa Hérisson? Erreur.  Ah oui, et deux chats (les deux autres étant dehors) ainsi qu'un chien. Sans oublier Vanina.

Plan de bataille :
Bon, ça se présente mal. Papa Hérisson est cerné. Il ne lui reste plus qu'à faire Camerone, comme on dit dans la légion.
Résumé de la bataille :

12:00 : C'est cuit. Papa Hérisson dégage chat n°4 du plan de travail de la cuisine et attrape la poêle contenant les steaks hachés. Du cheval. Ou du bœuf. Donc du cheval.
12:01 : Xéna pleure parce que ça ne va pas assez vite.
12:02 : Papa Hérisson dégage chat n°4 (oui encore elle) couchée sur sa chaise.
12:03 : Il sert les steaks hachés dans les assiettes des gnomes en consolant Xéna.
12:04 : Il dégage chat n°4 de la table et débite les steaks hachés en petits morceaux.
12:06 : Il court à la cuisine pour récupérer la purée en train de cramer et en profite pour dégager chat n°1 qui se trouve sur le plan de travail de la cuisine.
12:06 : Il court à la table et dégage chat n°4 de la chaise de Xéna qui commence à pleurer.
12:07 : Il console Xéna en servant la purée.
12:09 : Plouf veut bien la viande mais ne veut pas de purée. Papa Hérisson insiste.
12:10 : Plouf insiste de son côté. Papa Hérisson ne négocie pas avec les terroristes : pas de purée = pas de viande.
12:11 : Plouf s'assied par terre et pleure. Xéna réclame "T'aider papa!"
12:12 : Papa Hérisson sent son auréole pousser.
Plouf! Fais-moi le plaisir de t'asseoir à table! Presto!
12:13 : Entendant un bruit, le chien aboie, la caravane passe, papa Hérisson court dans la cuisine. Dégageant chat n°1, il récupère la poêle contenant son steak, oublié à son précédent passage.
12:14 : Il revient à table et dégage chat n°4.
12:15 : Plouf cesse de pleurer et annonce qu'il a faim. Il s'assied de nouveau à table.
12:16 : Papa Hérisson commencer à aider nourrir Xéna.
12:17 : Plouf veut de l'aide aussi.
12:20 : Le repas de papa Hérisson refroidit.
12:22 : Encore du bruit dans la cuisine. Papa Hérisson se précipite et dégage chat n°4 qui a trouvé la plaquette de beurre oubliée sur le plan de travail. S'assurant que la pièce ne contient plus de chat, papa Hérisson y remet la poêle contenant un reste de steak, la protège avec un couvercle assez lourd, puis ferme la porte de la cuisine.
12:24 : De retour à table, il dégage chat n°1 qui tentait sa chance du côté de Plouf.
12:25 : Alternant de Xéna à Plouf, papa Hérisson verse une larme sur son repas qui refroidit.
12:29 : Xéna pleure : ça ne va pas assez vite. Elle finit par se braquer et refuser de terminer son assiette. Repas fini pour elle. De toutes façons elle est cuite. Schlafen baby.
12:34 : Plouf termine son assiette, mais, fatigué lui aussi, ne veut ni fromage ni dessert.
12:38 : Les gnomes sont grognons, ils aspirent à aller siester. Papa Hérisson englouti son repas. Froid.
Repas fini, papa Hérisson, crevé, veut se réchauffer un café (il en reste dans la cafetière) avant de monter les gnomes au lit.
12:45 : Et c'est là que Vanina intervient. VANINA = Variable Aléatoire de Nuisances Intempestives Neutralisant vos Actions. On l'appelle parfois effet Pauli chez les physiciens, loi de Murphy plus généralement, ou encore principe d'emmerdement maximum. Bref, c'est le petit gravier qui vient se glisser dans le sandwich SNCF et fait dérailler les trains. Dans le cas présent : le micro-onde ne se lance pas. Le café de papa Hérisson restera donc froid. Pestant en émettant quelques jurons en allemand (la langue de Goethe se prête assez à ça comme je l'ai déjà dit) du style "Spaß beiseite!", il sort de la cuisine d'assez mauvaise humeur et attrape les gnomes qui pleurent pour les mettre à la sieste. Il checkera le micro-onde plus tard.
12:54 : Trainage des gnomes dans leur chambre, descendage de la poubelle de couches (remplie), remontage avec de l'eau pour que les gnomes puissent boire...
13:09 : 15 minutes, une histoire, deux pipis dans le pot, quelques pleurs et une menace de mise au coin (exécutée) plus tard, les gnomes sont au lit.
13:10 : Redescendant, l'escalier, papa Hérisson entend du bruit dans la cuisine. Il avait oublié de refermer la porte. Entendant ses pas, chat n°1 se sauve comme un voleur pendant que chat n°4 grogne. C'est pas bon signe quand elle grogne, c'est qu'elle a choppé un aliment carné. Bingo. Elle a réussi à soulever le couvercle de la poêle et s'attaque au restant de steak. Cette créature est l'incarnation du diable. Invoquant un taxidermiste-exorciste, papa Hérisson la dégage en vociférant.
13:15 : Vérification du micro-onde : la prise est disjonctée. Bon. On rejoncte, on lance le 'cro-onde. Rien. Nada. D'autres appareils sur la même prise fonctionnent, mais le 'cro-onde est bien mort. Paix à son klystron. Réchauffant son café à la casserole, papa Hérisson se lamente pour le bras que le rachat d'un four va lui coûter. Et là, il constate subitement que la série noire se poursuit...
13:22 : En vieillissant, le chien est devenu un peu sournois, et a développé des goûts... disons discutables. Sans rentrer dans les détails, il adore les couches des enfants. Pleines. Deux d'entre elles (qui se trouvaient dans la poubelle descendue plus tôt) gisent éventrées sur le tapis du salon. Yerk!
13:23
15:30 : Vous savez quoi? Les gnomes ont passé les deux heures de sieste à rigoler comme des baleines. Zéro dodo. Je vous raconte même pas leur état de fatigue et d'énervement le restant de l'après-midi...
Ach! Großß malheur que la guerre!

mercredi 9 octobre 2013

Cumuk! (cats inside)

cumuk /ky.myk/ n. masculin
  Définition :
  1. action de cumuler petites et grandes contrariétés jusqu'à un point de saturation.
  2. interjection utilisée comme une sorte de cri de guerre dans la famille Hérisson lorsque le-dit point de saturation est atteint.
  Ethymologie :
  1. expression inventée par erreur par Maminou (maman de maman Koala) en se mélangeant les doigts sur le clavier lors d'un échange de mails (sans doute au lendemain d'une soirée alcoolisée). Elle tentait de taper le mot cumul, et a tapé cumuk.
  2. L'expression est restée pour désigner une accumulation d'emmerdes de contrariétés.
  Exemple :
     – Tient, j'ai été au concert de Justin Bieber, je t'ai ramené un t-shirt :)
     – Ah... super...  :(
     – Non mais allô! C'était génial quoi! D'ailleurs j'ai filmé une partie du concert avec mon smartphone! J'ai mis la vidéo sur mon skyblog, lol! Je t'ai partagé le lien sur ta page facebouc© pour que tes amis puissent le voir aussi!   Ah mais tient!? Ils sont pas à l'école tes enfants?
     – Cumuuuuuuuk!
Cumuuuuuk!


Il y a des moments dans la vie comme ça, où tu as l'impression que tout ton environnement conspire pour te pourrir l'existence jusqu'au trognon. On appelle ça la loi des séries. Dans ces moments, tu as une furieuse envie de hurler ta frustration à la face du monde : c'est l'effet cumuk.

Niveau 1. L'argent ne fait pas le bonheur. Son absence non plus.
Grâce à une astucieuse niche fiscale, papa Hérisson et maman Koala ne payent pas d'impôts sur le revenu. Oui, je sais vous êtes jaloux.
Comme je suis sympa, je vais vous livrer le secret de cette extraordinaire astuce comptable vous permettant une si avantageuse défiscalisation (sélectionner la ligne pour découvrir ce secret) :

                         Spoiler :
♫♪ Nous ne gagnons juste pas assez de fric pour être imposables ♪♫

Et y a même de la marge. Bon. En soit, c'est secondaire, nous ne sommes pas super dépensiers dans la famille. Par contre, si nous ne sommes pas éligibles à l'impôt sur le revenu, il n'en va pas de même pour la taxe foncière et les différents impôts indirects (TVA, etc...). Si vous ajoutez à cela que les prix dans les magasins n'ont pas tendance à baisser, et la moindre plaquette de beurre va bientôt coûter un bras (et je ne vous parle pas des pommes de terres qui coûtent un testiboule au kilo... et pourtant, croyez moi, faire pousser des patates, ça n'a rien de bien compliqué...
Cerise sur le gâteau : on nous vend régulièrement de la merde en branche des produits d'une qualité douteuse. Par exemple, nous venons de racheter des chaussures en cuir fermées et étanches pour les gnomes, parce que l'hiver arrive et que l'herbe est parfois humide. Pour l'étanchéité, tu repasseras. Je ne sais pas comment ils ont fait, mais l'eau rentre plus facilement que dans des espadrilles... ils ont dû mettre une semelle dans une matière qui attire les molécules d'eau, ou un humidificateur à l'intérieur, je ne sais pas... Bref, nous voilà quittes pour vendre un deuxième rein et racheter des pompes soi-disant étanches. Ainsi qu'un flacon de latex. Pour qu'elles le soient vraiment.
Du coup, en cette période, l'argent a tendance à sortir plus vite qu'il ne rentre, et les fins de mois sont souvent difficiles. A partir du 15. Les bons mois.

Niveau 2. Les gnomes sont en mode BCBG
BCBG, ça veut dire : Bébé Crevé = Bébé Gonflant
Comprendre : quand le gnome est fatigué-naze, il devient, par rétroaction fatiguant-gonflant à son tour. Il rigole bêtement (dans le meilleur des cas), fait des caprices, chouine, conteste, objecte, répond, se roule par terre et fait même parfois mine de taper. Voire tape. Pas bien.
– Bin faut les faire dormir aussi!
Eh oh! Je me pointe pas dans leur chambre à l'heure de la sieste avec des cloches et des cornes de brume! D'ailleurs ils font leurs nuits.
Le problème c'est que Xéna fait ses dents. Les dernières prémolaires pour être exact. Oui, les quatre en même temps, c'est plus sportif. Du coup, chez notre princesse-guerrière, c'est surtout le côté "guerrière" qui ressort en ce moment. Tendance barbare-cri-de-guerre.
Plouf quant à lui nous fait une petite crise de croissance, d'où fatigue et douleur aux articulations. Accessoirement, et sachant que du haut de ses 3 ans et demi, il fait déjà la taille d'un enfant de 4 à 5 ans, ça nous ramène au point n°1 du cumukOmètre, puisqu'il va donc falloir rhabiller le gnome avec des fringues à sa taille, ce qui coûte environ un testiboule et demi.

– Vous n'aviez qu'à les mettre à l'école, au moins vous ne les supporteriez que le soir...
Et sinon, ça va mieux ces migraines?


Niveau 3. Au boulot, c'est le coup de feu
Sans rentrer dans les détails, mon travail peut alterner des périodes calmes, voir très calmes, et des périodes où tu as tout juste le temps d'aller faire pipi (et encore, tu seras prié de faire fissa, et de secouer la gougoutte en courant sur le trajet du retour à ton poste).
Le souci, c'est que je me trouve en position dite de middle management...

Tient, petit apparté : vous avez remarqué que dans les entreprises, en général quand on veut vous infliger des conditions de travail à la noix ou planter un poignard vaudou supplémentaire dans le code du travail, cette dernière porte toujours un nom en anglais?

Exemples sous forme d'un petit lexique :

Target : littéralement "cible" ou "objectif". C'est le but à atteindre en terme de profits ou de bénéfices (du point de vue des actionnaires s'entend). En général difficile ou impossible à atteindre sans jouer sur les variables d'ajustement.
►Staffing : le personnel (on parle parfois de ressources humaines). Variable d'ajustement permettant d'attendre la target par son augmentation (rarement) ou sa diminution (souvent).
Manager :  francisé en "Manageur", peut être traduit par "chef de service" (en gros). Le manager a pour mission gérer son staffing, c'est à dire s'arranger pour que celui-ci lui coûte le moins possible tout en travaillant le plus possible pour faire rentrer le maximum d'argent (dont seuls les actionnaires verront la couleur), tout cela pour atteindre la target.
Turn Over : littéralement "rotation", désigne le fait pour une entreprise de renouveler régulièrement son staffing. Notons que dans l'antiquité, il était bien vu dans une entreprise d'avoir un faible turn over, signe que les employés étaient satisfaits de travailler dans l'entreprise, et qu'ils y faisaient carrière. De nos jours, une entreprise bien considérée par les investisseurs a au contraire un turn over important. Certains manager ont d'ailleurs parfois une target en terme de turn over. Authentique.
Open Space : "espace ouvert", zone de travail sans cloisons (ou avec des cloisons anecdotiques). Présenté comme un progrès permettant les interactions sociales, cela permet surtout au manager de surveiller le staffing en permanence, afin de s'assurer que la target est atteinte..
Corporate : littéralement "d'entreprise" (sous-entendu "culture" ou "réglementation"). Désigne une pratique conforme à la "règle de l'entreprise". Règle qui n'est pas toujours formellement écrite, ce qui permet de lui faire dire un peu tout ce qu'on veut tant que ça permet de faire progresser le turn over et de torturer le code du travail.
Worldwide : "partout dans le monde". Comprendre : "ça se fait partout dans le monde, tu vas pas nous faire chier avec ton code du travail de mes deux". Dans les multinationales, worldwide est souvent accolé à corporate ce qui permet de bien appuyer que c'est comme ça et que si tu n'es pas content, un poste de chercheur t'attend dans la plus grande entreprise de France : Pôle Emploi.
Review : (mon préféré à titre personnel) littéralement "examen", désigne communément l'entretien annuel avec le manager. Théoriquement basé sur un échange de points de vue mutuels avec ce dernier, ce modèle d'hypocrisie pseudo-social à la sauce libéralisme sert surtout à t'exposer, via une brève rencontre, la décision irrévocable des vrais patrons (les actionnaires) concernant le fait que malgré tes performances correctes atteignant la target, tu peux te brosser pour avoir une prime/une augmentation/une promotion/des horaires convenables/un peu de considération.


Et enfin donc Middle management qui pourra se définir par : 
  • tu as les responsabilités du niveau hiérarchique supérieur (manager)
  • tu as le salaire du niveau hiérarchique inférieur (le staffing de base, d'où la notion de middle, accessoirement cela nous renvoi encore au point n°1)
  • tu effectues le boulot de ces deux niveaux en plus du tient (ça c'est corporate et worldwide)
  • à ton entretien annuel (review) on t'explique que tu n'auras pas ta prime car, certes tu atteints tes objectifs, mais que tu pourrais en faire plus quand même crotte c'est vrai quoi... et si tu n'es pas content, ça tombe bien l'entreprise veut augmenter son turn over.
Le travail c'est la santé


Niveau 4. Et chat continue, encore et encore...
... c'est que le début, d'accord, d'accord.



 Oui, alors je sais : je vous ai déjà parlé des chats qui sont pénibles. Mais croyez-moi, à ce stade, on se demande si c'est naturel ou s'ils prennent des cours du soir pour réussir à être aussi chiants.

Comme vous le savez déjà, nous avons 4 chats. Chat n°4, la petite dernière, est un vrai zébulon. Brièvement surnommée "Ouverture facile" suite à son opération de stérilisation (le petit surgeon ressemblait furieusement à une languette pour démouler les flans (où en l’occurrence les flancs), elle vient de recevoir son surnom "officiel" : Gremlins. En effet, outre ses touffes de poils blancs qui font furieusement penser au chef de ces vilaines bestioles, elle est virtuellement partout à la fois, en train de faire toutes les conneries possibles et imaginables. Au besoin, elle en invente de nouvelles. Et si elle n'a rien de mieux à faire, elle enquiquine les autres chats. Ou le chien. Ou vole de la nourriture.
Surtout, ne pas laisser trainer de nourriture. Si elle bouffe après minuit, elle devient chiante... Enfin encore plus.
En plus, c'est une furieuse celle-là : le soir, lors de la distribution de boulettes à chat, dès qu'on attrape la boite, elle se met à grogner et à distribuer des beignes aux autres, pour être la première (et idéalement la seule) à en manger. Et je ne vous parle pas de la difficulté à manger des avocats chez nous : elle adore ça et tente de chaparder la part des gnomes. Oui, de l'avocat. Notez : chat n°3 est fan d'asperge alors...

Mais bon, le pire moment, c'est souvent le matin.


Etape n°1
Epuisé par sa semaine de boulot (cf point n°3), et les deux tornades en forme de gnomes (cf point n°2), papa Hérisson tombe du lit en s'apercevant qu'il reste moins d'une minute avant que son réveil ne sonne et ne perturbe le sommeil de maman Koala. Trébuchant sur le conteneur de croquettes des chats (dissimulé dans la chambre pour que les susmentionnés félins ne tentent pas de l'ouvrir en le faisant lourdement chuter dans les escaliers au beau milieu de la nuit. Ne riez pas, ils l'ont déjà fait.), papa Hérisson se vautre mais parvient à éteindre le réveil (qui se trouve du côté de maman Koala pour des raisons techniques). La chute ayant été malgré tout un tantinet bruyante, maman Koala se retourne en marmonnant :
– Guemeugneu? Vrufff schhh pt fmouf shhhhaaaa steuupp... 'je gnégné!
Traduction probable : Chéri? J'espère que tu ne t'es pas fait mal... bon courage pour ta journée!
A moins que ça ne soit : Qu'est-ce que c'est? Vu que t'es debout, tu peux empailler les chats s'il-te-plait... j'aimerais roupiller!

Etape n°2
A pas de loup-sous-LSD, papa Hérisson descend l'escalier avec toute la grâce de cet oiseau qu'on appelle éléphant. Chat n°4, embusquée derrière la rampe, en profite pour griffer ses petits pieds tous nus. Papa Hérisson tente de contenir un juron. Echec critique : chat n°4 vient d'être maudite sur 4 générations. Vu qu'elle est stérilisée, ça se présente mal pour elle.

Etape n°3
Allumer une vague lumière, et jouer au jeu du matin : toi aussi, trouve le vomi de chat! En joueur expérimenté, papa Hérisson y parvient en moins de 15 secondes en grommelant une phrase obscure à propos d'un taxidermiste. Il se dirige vers la cuisine pour y attraper un rouleau de sopalin, et se vautre à 1m50 de la porte en butant sur chat n°4 qui slalomait entre ses jambes pour réclamer son p'tit déj'. Il peste de nouveau, ajoutant 5 ou 6 générations à la malédiction précédente, ainsi que quelques mots en allemand.
Oui, bon : soyons clairs, je ne parle pas un mot d'allemand. Sauf quand je suis en colère. Je trouve que cette langue se prête bien aux jurons proférés sous le coup d'une colère froide. C'est menaçant. J'avais essayé l'italien, mais ça rendait moins bien je trouve...
Autant l'italien se parle avec les mains, autant l'allemand ça serait plutôt avec le mégaphone.

Papa Hérisson ouvre enfin la porte de la cuisine, verse quelques croquettes dans la gamelle de chat n°4 (juste pour avoir la paix), attrape le sopalin, en arrache moult feuilles pour ne pas s'en mettre plein les doigts et va nettoyer le vomi. Il revient ensuite dans la cuisine, balance le sopalin à la poubelle et va se laver les mains : chat 1, sopalin 0.

Etape n°4
Papa Hérisson se dirige ensuite vers la salle de bain où se trouve enfermée chat n°2. Après avoir marché dans le pipi de cette dernière, astucieusement répandu derrière la porte, il procède à ses ablutions en tuant quelques dizaines de moustiques à la machette pendant que chat n°2 gueule pour sortir (notez que la sortir avant ne sert à rien, car alors elle gueule pour rentrer). Suite à quoi il tente de se raser. Le visage en sang, il se dit qu'il va être temps de changer de biscotte, celle-ci semble légèrement émoussée.

Etape n°5
De retour dans la cuisine pour la préparation du p'tit déj', il dégage chat n°4 avant qu'elle ne s'attaque aux tartines et au cake. Puis, il ramasse les peaux d'avocat que cette pénible a choppé dans la bassine destinée au composteur. Il va ensuite pester contre chat n°4 qui fiche le bronx à côté en enquiquinant chat n°1 et n°3 qui voulaient juste dormir, et revient en pestant dans la cuisine parce que les tartines sont en train de cramer dans le grille-pain.
Attrapant son p'tit dej', papa Hérisson va ensuite s'installer à l'ordinateur pour glandouiller un peu en ricanant devant le dernier strip de Maliki en grignotant ses tartines (oui, je sais, c'est pas bien, ça met des miettes dans le clavier). Il râle un peu lorsque chat n°1, surnommé pot-de-glue, vient se poser sur ses genoux en ronronnant, et mettre des poils dans la confiture et le café.

Etape n°6
Un étrange bruit organique, rapidement suivi d'une odeur méphitique, parvient à papa Hérisson. C'est proche. Très proche. Bizarre : puisqu'il est sur les genoux, ça ne vient pas de chat °1, pourtant spécialiste de la visite de la litière pendant les repas (et pas juste pour un pipi... quand il y va pendant qu'on mange, ce sont en général les grandes orgues. Bon appétit.). Chat n°4, occupée à détruire un coussin appartenant aux gnomes est également innocente hors de cause dans le cas présent. Et puis c'est trop proche...
Papa Hérisson jette un oeil sous le bureau de l'ordinateur, le bruit semblant provenir de la là. Bingo. Chat n°3, sans doute un peu malade, est en train de déposer un étron liquide à même le sol, aux pieds de papa Hérisson.
...
...
...
chat 2, sopalin 0.
...
...
...
Cumuuuuuuuuuuk!
Et merde! mince! J'ai craqué ma chemise en plus... Là, je suis colère!