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jeudi 5 février 2015

T'as qu'à croire...

L'autre jour, alors que les gnomes et moi revenions de promenade avec les chiens...

Oui, "les", j'avais oublié de vous dire...

Je sais, l'album de famille n'est pas à jour, il faut que je l'actualise. Nous avons adopté début décembre une jeune chienne âgée de 3 mois, en plus de notre Colley... C'est un croisement entre un Berger Belge et un Berger Blanc Suisse (notez qu'on vise des pays ou les chocolats sont plus réputés que les chiens).
Un croisement bien sympathique
Enfin c'est ce qu'on croyait, parce que visiblement on est plus près de l'improbable croisement entre :
  • un diable de Tasmanie : pour l'aptitude à bouffer tout et n'importe quoi. En grosses quantités. Je ne rigole pas : elle bouffe même les pots de fleur. Oui, les pots pas les fleurs. Enfin, les fleurs aussi en fait. Et : oui, les pots en terre cuite, pas en plastoc. Oui, je sais ça croustille sous les crocs. Le son produit est absolument atroce. Elle bouffe aussi le charbon de bois (froid je vous rassure) qui tombe parfois de la cheminée. Et elle dévore les livres. Littéralement je veux dire, car elle n'a aucune passion pour la lecture.
  • Une chauve-souris : rapport aux grandes oreilles, et au fait qu'on a l'impression qu'elle vole autour de nous en s'énervant lorsqu'on apporte la gamelle.
  • Une hyène : surtout à cause du museau charbonné et du pelage noir-beige-beige clair passablement bringé (sinon elle est un peu ratée car ses oreilles sont pointues et non arrondies). Enfin ça et l'haleine de chacal lié au fait qu'elle bouffe les carcasses de piaf et de souris que les chats nous ramènent, ainsi que les coprolithes laissé ça et là par ses congénères. Yerk!
  • un kangourou : rapport au fait qu'elle ne cesse de bondir dans tous les sens pour manifester sa joie, bousculant par la même occasion tout ce qui est susceptible de l'être : gnomes, vaisselle, vieilles en déambulateur, vase Ming inestimable de tata Cunégonde...
  • un pokémon : elle ne cesse d'évoluer. Elle grossit (pu###n, mais qu'est-ce qu'elle grossit! 15 kg à 4 mois, 20 à 5 mois... vous imaginez le bestiau adulte?), elle change de texture et de couleur de poil (passant du blanc-beige texture doudou au beige-marron-noir texture chameau), et développe de nouvelles capacités (enfin, disons qu'elle arrive à bouffer des trucs qu'elle ne bouffait pas avant quoi... en classe de pokémon, je penche pour une sorte d'enzyme glouton).
  • Une moufette (ou sconse) : rapport aux flatulences délicatement parfumées, et sans doute assez proches de ce que mes grands-pères ont respiré dans les tranchées en 14-18, que l'animal lâche sans vergogne à tout bout de champ.
  • l'escargot : elle bave beaucoup en voiture (quand elle ne vomit pas).
Bon, mais sinon elle est mignonne et affectueuse, et on sent qu'elle nous adore. Heureusement d'ailleurs, parce que vu les dégâts qu'elle fait déjà...
Encore en train de bouffer un truc... pfff...

Bref, toujours est-il qu'il convient de sortir et de défouler l'animal régulièrement. On en profite pour sortir le Colley aussi, mais par nature, et à plus forte raison de par son âge, il est beaucoup plus calme. D'ailleurs c'est rigolo : j'ai eu l'occasion de fréquenter plusieurs colleys, et systématiquement, ils sont assez "précieux"... genre à pas marcher dans les flaques d'eau, à manger lentement et en triant si besoin (j'ai déjà vu des médocs laissés de coté avec méthode), toussa. Le zébulon par contre, elle est super rustique et se contrefiche des flaques d'eau comme de la boue ou du contenu de sa gamelle (tant que ça se mange. Enfin, disons tant que sa mâchoire arrive à le réduire en morceaux plus petits). Bref...

L'autre jour, donc, alors que les gnomes et moi revenions de promenade avec les chiens, nous passâmes devant l'église du village, où une chorale était en train de répéter. Et là, le P'tit Prince me demande :
–Dit p'pa, c'est quoi une église?
Ceci est un moment de solitude.
–Euh... une église, c'est euh...
–Oui?
–Et bien, c'est un lieu, comme une maison, où se réunissent les gens qui croient en Dieu... et merde, pourquoi j'ai parlé de dieu moi.
Et bien sûr, comme il fallait s'y attendre :
–Ah d'accord... C'est quoi "dieu"?
"Purée! Je pouvais pas fermer ma grande mouille moi?"

A ce stade, je pense qu'il est temps de faire un point aussi exhaustif que possible sur les différentes réactions humaines à propos de l'épineuse question de la religion, qui concerne directement les plus jeunes puisqu'on entend fréquemment dire que le curé enchante les enfants qui défilent en voyant ses messes folles.
...
C'est cadeau ne me remerciez pas.
Vous noterez qu'en outre, cette question sur la religion, la laïcité, c'est passablement d'actualité.

Bon, alors déjà, la religion ça sert à quoi? Principalement à deux choses :
  1. Expliquer l'origine du monde, le pourquoi de notre existence, de celle de Justin Bieber, et la raison des événements joyeux ou tragiques qui surviennent. En gros trouver une cause à quelque chose qui n'en a peut être pas. Il est tentant de pouvoir coller tout ça sur le dos d'une ou plusieurs entités omnipotentes et accessoirement d'introduire la possibilité via diverses prières ou autres rituels d'intercéder auprès de ces entités pour obtenir quelque chose : guérison, richesse, faire sauter les PV, retour de l'être aimé, etc...
    # Dieu est absent actuellement, mais vous pouvez laisser votre prière après la trompe céleste...#
  2. Conjurer la peur de la mort : la plupart des religions décrivent en effet un au-delà dans lequel notre être profond (l'âme) se poursuit après que le corps ait cassé sa pipe. En effet, pour beaucoup de gens, l'idée même que leur être, leur mémoire, leur personnalité, l'accumulation de leur savoir, leur liste d'amis facebouc® et de followers touïteur® puisse retourner au néant comme ça pif- pouf du jour au lendemain est insupportable. Au passage, certains cultes en profitent pour vous vendre un au-delà à la carte sur brochure : un truc cool à base d'angelots à poils qui jouent de la harpe, de vierges lassives, ou autre si vous respectez bien le Dogme, et inversement un truc super menaçant du genre flammes éternelles, tortures permanentes, intégrale de Justin Bieber si vous êtes un mécréant ou un hérétique.
    Oh bon sang... un tunnel avec de la lumière... c'est... c'est... la nouvelle saison de Doctor Who!
Tiens, le dogme justement, qu'est-ce donc?  Pour schématiser, disons c'est un peu le manuel d'utilisation de la religion considérée. Le tutoriel qui t'explique comment poser ton culte quoi! En gros le truc tiré de la notice du constructeur que presque personne ne lit (vous lisez vos manuels d'utilisation vous?) d'autant que ça fait en général moult pages, écrit petit, et dans une langue parfois approximative, genre mauvaise traduction Gogole™ Translate d'un truc en moldave déjà traduit imparfaitement en suédois par un espagnol buveur de vodka polonaise (avec tournures de phrases alambiquées, susceptibles d'être interprétées de toutes les façons possibles). Ce qui fait que finalement, tout le monde se contente généralement de l'explication du vendeur prêtre pour savoir quoi faire et comment ça marche. Tous ceux qui ont déjà eu à faire avec un pro du marketing pour avoir des explications techniques comprendrons pourquoi les termes "guerre" et "religion" sont (trop) souvent accolés...
Oui, je sais, ça n'a qu'un lointain rapport avec la choucroute (encore que) mais ce truc me fait marrer...

Généralement, ce Dogme aurait été initialement transmis par une sorte de Directeur du Service Marketing : le Prophète.  Dans certaines religions il y a aussi eu des directeurs adjoints : les Saints. Le prophète était souvent un type normal à la base qui se met a entendre des voix divines lui parler. Oui, je sais, chuuut : c'était avant l'invention de la psychiatrie et du diagnostic de schizophrénie. Sous l'effet d'une "révélation" donc, le Prophète fait level up, et se voit alors remettre une procuration de Dieu himself, avec la mutuelle, la voiture de fonction, la carte Gold American Express et quelques pouvoirs bien sympas. Un peu comme une transformation en Super Saiyan.
"Vous allez vous aimer les uns les autres bordel de merde?"
Nantis de ses pouvoirs, le Prophète délivre alors la parole divine, en s'appuyant de temps en temps sur quelques miracles qui claquent un peu : résurrection de la côte de popularité d'Alain Juppé, mutliplication des comptes en Suisse, séparation en deux de l'électorat, absolution judiciaire... euh non, attendez, la je confonds Prophète et Homme Providentiel en politique. Remarquez hein, bon... les deux vous promettent le paradis mais vous laissent dans la mouise en ce bas monde.

Bon, tout ça c'est la théorie. Reste que tout le monde n'a pas le même rapport au religieux (non, ça n'est pas sale). Au sein de l'immense diversité de la population humaine, je dirais qu'on retrouve grosso modo 5 grandes catégories (plus ou moins garnies hein, c'est pas une répartition équitable) :
  1. Les agnostiques : ceux-là sont sûrs d'une chose, c'est qu'ils ne sont sûr de rien. Dieu existe-t-il? Ou pas? Ou seulement les jours fériés? L'agnostique doute. Faute de preuve déterminante, il réserve son jugement. Il ne se mouille pas quoi. C'est un peu le normand de la question religieuse : p'têt bin qu'oui, p'têt bin qu'non, faut voir. Tout comme le pokemon, l'agnostique peut évoluer vers un second stade : l'apathéiste. Comme l'agnostique de base, l'apathéiste n'a pas de certitude quand à l'existence ou non de divinité(s), mais en plus lui il s'en contrefout à un point difficilement imaginable.
    Apathéiste en pleine réflexion sur le sens profond de la vie.
  2. Les athées : contrairement à l'opinion commune, l'athée est bel est bien un croyant. Car il croit en l'inexistence de quelque divinité que ce soit (et oui : faute de preuve dans un sens ou dans l'autre, ça reste une croyance). La distinction entre l'agnostique et l'athée est parfois ténue, surtout pour les plus modérés, mais elle existe néanmoins. Tout comme chez les religieux, il existe des athées radicaux, obnubilés par l'arrêt du culte (je vous laisse la méditer celle-là). Mais ils sont moins bien organisés, logique : il y a bien des services religieux, mais pas de services athées (je l'aime bien celle-là). Mais du coup s'ils tirent peut être sur les gens à la kalach', ça n'a généralement rien à voir avec leur croyance. Notons qu'il existe des Cultes athées (parodiques) destinés surtout à mettre en porte à faux les dogmes religieux véritables, et les lois idiotes qui y sont parfois liées. Par exemple le pastafarisme ou le culte de la licorne rose invisible.
    "Fuuuuuuck le système!"
  3. Le croyant dit "non pratiquant" : c'est un enculté, mais il a ceci de commun avec l'apathéiste que lui aussi s'en fout un peu en fait. Mais bon, pari de Pascal (et surtout tradition familiale) oblige, il n'est pas opposé à une petite prière de temps en temps, ou un petit tour dans les lieux consacrés. Pour le reste, tous les interdits, les dogmes et patin-couffin, ça va bien deux minutes mais bon voilà quoi... En gros, le "non pratiquant" est là où on le pose, il fait chier personne, et évite de trop se torturer les méninges. En fait, c'est surtout une sorte de gros flemmard... Clairement, ça arrange bien les autorités religieuses, car ça permet de la ramener un peu au niveau de l'audimat : le non-pratiquant, il vaut mieux l'avoir dans ton culte que dans celui des autres.
    Non pratiquant qu'on a posé sur un Eucalyptus.
  4. Le croyant (qu'on qualifiera de modéré, mais c'est surtout par contraste vis à vis de l'intégriste) : lui il est du genre à s'occuper de son culte, car il croit. Carrément franchement. Il s'efforce de respecter préceptes et interdits, les temps de prières, mais reste globalement respectueux des mécréants non-croyants et hérétiques croyants d'autres cultes tant qu'on ne vient pas lui baver sur les rouleaux. Il considère cependant comme immorales les pratiques rentrant en conflit avec ses croyances, même si elles sont pratiquées par d'autres sans empiéter sur sa propre liberté. Le croyant se décline cependant sur une palette de nuance assez large : du brave gars qui ne dit rien mais n'en pense pas moins, au gros lourd en voie de radicalisation qui gueule comme un âne contre tous ces infidèles dépravés se vautrant dans le stupre et la luxure.
    "J'y crois, j'y crois, j'y crois, j'y cr... *plouf* et merde!"
  5. L'intégriste ou le fanatique : lui, c'est vraiment un gros enculté. Et s'il met la main au culte, c'est jusqu'à l'épaule. L'épaule de l'autre bras j'entends. Le fanatique est complètement barré, et il est prêt à tout pour respecter, et surtout faire respecter les principes en lesquels il croit (qui peuvent être subtilement différents de ceux du modéré notons-le). Ceci inclus évidemment le recours à la violence, voire au meurtre, le tout évidemment au nom de l'amour de dieu (quel qu'il soit), car qui aime bien châtie bien et que de toutes façons, les "gentils" seront récompensés dans l'au-delà (ce qui fait néanmoins une bien belle jambe à leurs femmes/maris et leurs enfants qui restent ici-bas). Le fanatique est un croyant en roue libre, faisant passer sa "loi divine" au dessus des lois humaines  et des principes élémentaires de la vie en société comme par exemple ne pas mitrailler la gueule des gens ou ne pas trucider les gynécos et les caricaturistes.
    Mais ouaih! Mais carrément!
Bon, mais... et les professionnels du culte alors? Les prêtres/prédicateurs/gourous/guides spirituels : curés (très "si"...), imams (mit la main au culte), rabbins (moussant), bonzes (qui coulent mais ne flottent pas puisqu'on parle souvent de couler un bonze...), popes (culture), etc... Seraient-ils une catégorie à part? Non, pas vraiment : la plupart du temps, ils rentre dans la catégorie "croyant" ou  "fanatique", mais techniquement, on en trouve aussi qui peuvent rentrer dans les catégories "agnostique" ou "athée". Si si authentique. Gardez à l'esprit que dans beaucoup de pays, avoir la tête dans le culte être un représentant du culte est une fonction honorifique. Voir politique parfois. Il parait plus difficile pour eux d'être "non-pratiquants", ne serait-ce que pour l'image que ça renverrait : quand on fait du prosélytisme, il est recommandé de montrer son culte à tout le monde... Mais bon, rien ne dit qu'en privé finalement...

Et bien sur, c'est un peu comme les bandes dans les cours de récré, chaque culte méprise généralement les autres sur la base assez classique du "c'est moi qui ait la plus grosse" (la plus grosse entité omnipuissante s'entend). Une sorte de concours de cuculte quoi. Des fois, ça se bastonne même au sein d'une même religion, car il y a des courants et des sensibilités (comme au PS) : sunnites contre chiites, ashkénazes contre séfarades, protestants contre catholiques, modernistes contre traditionalistes, adeptes de la Licorne Rose Invisible contre réformateurs du Très Furtif Pégase Marron, curés pédophiles contre évêques exhibitionnistes, séides de Cthulhu contre adorateurs de Nyarlathotep, etc...
Encore un truc pour nous extorquer du fric ça...



Ceci étant posé, disons-le franchement, pour ma part je suis apathéiste : je ne pense pas qu'on puisse avoir quelque certitude que ça soit, et pour tout dire, je m'en tamponne. Ceci étant dit, s'il existe effectivement une entité omnipuissante, et qu'elle nous laisse foutre le dawa comme ça, c'est que soit :
  1. elle ne se sent pas des masses concernée (y compris par nos salamalecs telles que prières, dogmes, histoires d'aliments impurs et tutti quanti), limite elle ne s'est même pas aperçue de notre présence en gros
  2. elle est complètement dépassée par le bordel qu'elle a créé (et donc en terme d'omnipuissance et de "j'impose le respect", ça se pose un peu là...) et nous laisse nous démerder
  3. ça la fait marrer, et du coup ça donne pas des masses envie de la vénérer
  4. on ne va pas tarder à se prendre un putain d'apocalypse sur le coin de la tronche
  5. elle a un sens de l'humour douteux (n'oubliez pas qu'elle a commis l’ornithorynque et Jean-Claude Van Damme quand même)
  6. c'est un chat  : elle veut juste votre malheur et s'en délecte (ou s'en fout)
    Franchement, presque...
Mais bien sur je n'oblige personne à penser comme moi tant qu'on ne vient pas me chier dans les bottes sur ces questions.

–Bon alors papa? C'est quoi "dieu"?
–Euh...
Derrière lui, les chanteurs de la chorale poursuivaient leurs vocalises.
–Bon, déjà c'est pas "quoi" mais plutôt "qui"...
–C'est un gens?
–Moui... d'une certaine façon, enfin disons que c'est une hypothèse surtout et...
–Un hippopotame t'as dit?
–Non, une hypoth... booooooooooon : les gens qui vont à l'église, tu vois, ils croient qu'il existe un être... une entité... quelqu'un qui a tout créé, qui dirige tout et à qui on peut demander des trucs.
–Ah d'accord!!!!
–Bon, si tu as compris alors c'est bien... (ouf!)
–C'est le chef des chanteurs!
–...
– :)
–Ouaih, un truc du genre...

samedi 15 février 2014

Fahrenheit 51 : c'est quoi ce pastis?

Cet article atteint le point Godwin à plusieurs reprises. Mais c'est eux qui ont commencé.
Depuis quelques jours/semaines/mois, les réac' de tout poil de ce pays semblent s'être donné le mot pour propager leurs idées rétrogrades/liberticides à la con. Franchement, ça valait bien la peine de se moquer des Tea Party américains pour récupérer les mêmes chez nous...
Résumons :

► Manif' pour tous les homophobes contre le mariage gay : il est assez rare de voir des manifestation d'ampleur contre une loi qui ouvre de nouveaux droits au lieu de les restreindre, mais c'est pourtant bien ce qui s'est produit en France. Deux remarques : primo l'ouverture du mariage aux couples homo ne remettait absolument pas en cause les droits des couples hétéros, ça ne faisait qu'aligner les droit, c'est dire mettre tout le monde sur un pied d'égalité (si si, vous savez : l'égalité... ce truc qui figure dans la devise de notre pays, et qui est aussi accessoirement prôné par l'enseignement du Christ!), donc bon... secundo il existe plusieurs pays dans le monde (dont certains pays d'amérique du sud plutôt assez cathos) dans lesquels ce genre de loi est déjà passé sans qu'on en fasse tout ce ramdam, et sans que ça déclenche l'apocalypse, donc bon...

► Manifestation contre le droit à l'avortement à l'appel du "Printemps Français" (groupuscule catho-facho-réac') : selon leur credo donc, un gloubiboulga de cellules immatures en pleine mitose de la taille d'un grain de semoule a plus de droit qu'un être humain adulte de sexe féminin qui viendrait de se faire violer par exemple. Voilà voilà...
Oui, moi le logo du Printemps Français  me fait un peu penser à ça...

► Demande (toujours à l'appel du "Printemps Français", décidément, ils sont partout) de retrait de certains livres de bibliothèque pour enfant destinés à l'éducation sexuelle et la lutte contre les stéréotypes : restons-en aux fondamentaux, la femme au foyer en jupe, l'homme au travail en pantalon, et la position du missionnaire.
C'est vrai quoi! Et pourquoi pas des hommes en robe?
► Tentative de récupération du mouvement ci-dessus en jouant les vierges effarouchées face à un livre humoristique pour enfants dans lequel les gens se déshabillent pour aller se baigner (notons d'ailleurs l'efficacité toute relative des cris d’orfraie de ce monsieur).
Ah... effectivement, il n'est pas à poil, il a un short de bain.
Mais bon, peut-on vraiment croire que ce type a de réelles convictions? Ceci étant, il était aussi l'auteur de la sortie polémique sur les pains au chocolat (souvenez-vous!), ce qui montre qu'à défaut de convictions bien établies (je pense personnellement que le sens moral de ce monsieur est une sorte de barbapapa, informe et maléable), il a une certaine affinité pour les idées nauséabondes.

► Demande d'enseignement de la théorie de la Terre plate...

euh... au temps pour moi, le dernier est un fake du Gorafi. En même temps l'erreur est compréhensible ça resterait cohérent dans la démarche.

Bref, si je résume bien, la France selon Jean-François Copé et le Printemps Français c'est un pays dans lequel des enfants non désirés (issus d'un viol par exemple) devront se conformer au stéréotypes sexuels surannés style régime vichyste (travail, famille, patrie, femmes au foyer habillées en jupe, hommes chefs de famille, bibliothèques ne contenant que les livres autorisés pas le ministère de la propagande de l'information, etc...).

Faudrait-il mettre ces livres sataniques (ta mère!) à l'Index? Faut-il carrément brûler ces ouvrages impies (de vache)? Faire un autodafé de ces ouvrages obscènes (de ménage)?
Autodafé. Et hop, un point Godwin, un!
Bon, vous le savez déjà, les interdits et la censure, j'aime pas trop ça. Surement mon côté bobo-anar-gauchiste.
Ou alors c'est juste que je me suis rendu compte que la censure est totalement inefficace, en plus d'être douteuse sur le moral et sur le plan éthique. Et puis, soyons honnêtes : vous croyez vraiment qu'à notre époque, avec la multiplicité des accès à internet, nos chères têtes blondes peuvent vraiment être préservés de toutes ces thèses hérétiques comme l'égalité des sexes et la diversité des orientations sexuelles? Hum?
En même temps, vu qu'elle surfait déjà sur You-Porn...
Bon, alors ok, c'est vrai, il y a des livres violents. Par exemple :

« Quand tu t’approcheras d’une ville pour l’attaquer, tu lui offriras la paix. Si elle accepte la paix et t’ouvre ses portes, tout le peuple qui s’y trouvera te sera tributaire et asservi. Si elle n’accepte pas la paix avec toi et qu’elle veuille te faire la guerre, alors tu l’assiégeras. Et après que l’Éternel, ton Dieu, l’aura livrée entre tes mains, tu en feras passer tous les mâles au fil de l’épée. Mais tu prendras pour toi les femmes, les enfants, le bétail, tout ce qui sera dans la ville, tout son butin, et tu mangeras les dépouilles de tes ennemis que l’Éternel, ton Dieu, t’aura livrés. C’est ainsi que tu agiras à l’égard de toutes les villes qui sont très éloignées de toi, et qui ne font point partie des villes de ces nations-ci. Mais dans les villes de ces peuples dont l’Éternel, ton Dieu, te donne le pays pour héritage, tu ne laisseras la vie à rien de ce qui respire » (La Bible : Deutéronome 20:10–17).

« Maintenant, tuez tout mâle parmi les petits enfants, et tuez toute femme qui a connu un homme en couchant avec lui; mais laissez en vie pour vous toutes les filles qui n’ont point connu la couche d’un homme » (La Bible : Nombres 31:17–18).

« Si un homme frappe du bâton son esclave, homme ou femme, et que l'esclave meure sous sa main, le maître sera puni. Mais s'il survit un jour ou deux, le maître ne sera point puni; car c'est son argent. » (La Bible : Exode 21:20-21)

Notons que d'après ce livre, à lui seul Dieu est responsable de 2,3 millions de morts (10 pour Satan). Et je ne compte pas les gens morts, torturés, convertis de force (etc...) au nom du dogme véhiculé par ce bouquin. Je sais pas vous, mais moi je me dit que Game of Thrones à côté, c'est du Barbara Cartland. Pourtant, bizarrement, les gens du "Printemps Français" ne demandent pas qu'il soit retiré des bibliothèques celui-là...

On m'objectera, à raison d'ailleurs, que ce n'est pas ce livre qui a tué et torturé, mais bien des êtres humains l'ayant lu et interprété d'une certaine façon. Banco : arrêtons de prendre les livres pour ce qu'ils ne sont pas et les enfants pour des idiots! Pour les adultes, j'ai peur qu'il ne soit déjà trop tard...

mercredi 5 février 2014

Le syndrome du distributeur automatique

L'autre jour, je suis tombé sur cet article.
Vous commencez à connaître mon esprit mal tourné, moi c'est immédiatement cette image qui s'impose à mon esprit.
Y a une certaine ressemblance entre Homer et Michel Sapin non?
Force est de constater qu'à ce jour dans notre pays, le chômage est l'une des préoccupations majeures de la population et de ses dirigeants, en même temps que le principal fléau d'une société déboussolée (enfin, ça et Secret Story, soyons honnêtes). Et comme pour tout fléau, il faut bien trouver un bouc émissaire, lequel peut bien évidemment varier selon la sensibilité politique, l'âge, le sexe, et le nombre de verres d'alcool ingurgités au préalable. Quelques exemples de boucs émissaires en vrac :

► pour les "Luddites" : c'est la faute du progrès, les machines remplacent les ouvriers dans les usines!
"Je veux ta femme, tes fringues, ton job et ton salaire! Pronto!"
► pour les transhumanistes : c'est la faute des freins au progrès, qui empêchent d’innover tranquille
► pour l'extrême droite : le lobby gaucho-judéo-islamo-maçonnique
► pour la droite : le laxisme de la gauche au pouvoir à la solde des syndicalistes fainéants
► pour le centre : la fiscalité trop lourde due à une mauvaise gestion des finances publiques
► pour la "gauche" : l'intransigeance de la droite au pouvoir à la botte du MEDEF
► pour l'extrême gauche : le complot des patrons voyous néo-libéraux-capitalistes du Bilderberg de Davos
► pour le péquin moyen : ces faux-culs de politiciens-droite-gauche-tous-les-mêmes à la solde des chinois
► pour les médias US : le manque de libéralisme économique
► pour les médias cubain : l'excès de libéralisme économique
► pour les scientologues : les thétans qui euh... après avoir brûlé dans les volcans parasitent nos esprits
► pour les machos : les femmes qui travaillent au lieu de s'occuper des mioches
► pour les femen : l'oppression patriarcale catho-islamo-fasciste
► pour beaucoup de monde : la crise

"C'est pas moi, c'est lui!"
Le problème des boucs émissaires,  c'est que ça sert surtout à focaliser l'attention sur d'autres problèmes. D'ailleurs, ce sont souvent des partis politiques qui font ça, pour masquer leur incapacité à trouver une réelle solution au problème.

Comme vous avez déjà pu le constater, il m'arrive parfois de m'improviser sociologue de comptoir et de vous pondre une bafouille un peu acide sur certaines déviances de notre société moderne . Je vais donc chausser mes bésicles, bourrer ma pipe, enfiler ma veste en tweed et tenter une analyse pertinente au doigt mouillé.
Tout de suite, ça rigole moins.
Concernant les causes du chômage, honnêtement, je ne sais pas (mais ho bon hein! je ne suis que sociologue de comptoir, pas expert hein...), mais je doute fortement de la validité de celles que je viens de lister. A titre personnel, j'accuserais plutôt le syndrome du distributeur automatique.

Explication : dans ces magnifiques engins (également surnommés "bouff'sous" dans la famille Hérisson-Koala) tout va bien jusqu'au moment où, VANINA et l'obsolescence programmée aidant, le bidule tombe en panne, et refuse alors de laisser tomber ton sandwich Sepabo® poulet-aux-hormones/tomate OGM/pain suédois. Evidemment, la machine refuse aussi de te rendre tes sous, et tu as beau taper et secouer le bouzin, rien n'y fait, tu peux juste contempler ce fichu sandwich à travers la vitre, en train de te narguer en équilibre parfait au bord de son étagère.
Déjà, en soi, c'est vexant. Mais le pire, c'est que la seule rangée qui semble fonctionner normalement, c'est celle des sandwichs dégueux au concombre-de-mer/artichaud-curry/pain-de-seigle que personne ne prend jamais parce que c'est inmangeable... Bien sur, non seulement l'employé qui va venir (minimum 3 jours ouvrés plus tard) ne va pas débloquer le rail défectueux (il se contentera d'enlever le sandwich coincé), mais de plus, il aura rechargé les emplacements vides non pas avec le bon sandwich au poulet-aux-hormones, mais avec le vilain sandwich au concombre-de-mer (dont il faut bien écouler les stocks puisque personne n'en prend).
Concombre de mer.
Accessoirement, l'entreprise qui fournit les machines finira par augmenter les prix, sur la base du faible débit des sandwichs au concombre de mer qui finit par leur coûter cher en invendus périmés. Dans le pire (ou le meilleur?) des cas, le distributeur est purement est simplement retiré puisque jugé non rentable. Ça se tient : si les gens voulaient vraiment des sandwichs, ils prendraient ceux au concombre-de-mer...
L'idée de mettre un distributeur plus moderne et non défectueux et de le garnir avec des sandwichs nouveaux et originaux est rejetée par le CE : trop cher. Et trop risqué : mieux vaut rester sur les valeurs sure comme le concombre de mer-artichaud-curry (c'est surement bon pour la santé, les gens n'ont qu'à se forcer, non mais ho!).
Rhaaaaaa! Cumuuuuuuuk!
Le chômage, c'est pareil : tout allait bien jusqu'à ce que le marché de l'emploi se retrouve bouché dans certaines catégories. Résultat : les vieux qu'on a viré ne retrouvent plus de boulot dans ces branches là, les jeunes qu'on a formé à ces métiers non plus, et ceux qui sont entre les deux serrent les fesses au gré des plans sociaux qui se succèdent. Il reste bien un peu d'emploi dans certaines branches, mais ce sont souvent des métiers peu attractifs et/ou à faible valeur ajoutée et/ou à faible salaire et il faudrait idéalement former ces gens pour les reconvertir dans ces métiers qui ne leur plaisent pas/qu'ils sont incapables d'exercer/pas attractif/mal payés (voire tout ça à la fois). Quand à l'idée d'encourager la création d'entreprises innovantes et d'activités nouvelles : c'est niet! Déjà ça coûterait cher et les caisses de l'Etat sont vides, et ensuite mieux vaut ne surtout pas prendre de risques, ouhla, ça risquerait d'être payant. Non, on va plutôt mettre le paquet sur les sandwichs au concombre de mer les boulots à la con à faible valeur ajoutée, et mettre la pression sur les conseillers de Paul Emploi pour qu'ils fournissent de beaux graphiques power point avec moins de chômeurs dessus. C'est important les graphiques power point. Ils se débrouillent comme ils veulent (exemple : ranger les chômeurs dans un autre slide en fin de diaporama, les colorier en blanc pour qu'on ne les voit pas, etc...), mais il faut que les graphiques soient beaux et montrent une inversion de la courbe.

Tout ceux qui ont été chômeurs et eut affaire avec ce cher Paul Emploi (et ses Paulettes) sauront de quoi je parle : fort de ce soutien inconditionnel jusqu'au plus haut de l'Etat, cet organisme s'est dédié avec un dévouement qui force l'admiration, à briser toute velléité de tentative d'embryon d'espoir de s'en sortir pour ceux qui s'y rendent.
"Vous qui entrez ici, abandonnez tout espoir"
Ainsi, ce brave Paul a réussi l'improbable synthèse de la lourdeur administrative soviétique et du cynisme comptable néolibéral dans le traitement des dossiers de demandeurs d'emploi : l'inscription nécessite le remplissage de moult formulaires & dossiers afin de préparer le rendez-vous avec un conseiller (sic) qui ne daignera même pas jeter un œil sur ceux-ci –par manque de temps, ou d'envie, ou juste pour vous embêter– avant de vous inscrire d'office pour une formation à la rédaction de CV,  la gestion d'entretien d'embauche, ou le nouage de cravate. Et si vous avez le malheur d'avoir plus de 50 ans, il ajoutera d'un air maussade que de toutes façons vous avez peu de chances de retrouver un emploi (sous-entendu : "pas encore mort à votre âge?"). Qu'à cela ne tienne, vous vous dites que vous ne compterez que sur vous-même, que vous allez monter votre boite et que vous avez juste besoin d'une formation rapide à la création/gestion d'une petite entreprise? Fuyez pauvres fous!
A plus de 50 ans, Gandalf est bon pour un bilan de compétence suivi d'un stage de rédaction de lettres de motivations. En boucle.
Finalement, Paul Emploi, c'est un peu une halte-garderie : vous y déposez votre chômeur, et on l'occupe avec des travaux manuels (remplissage de CV, de dossiers de demande de formation, etc...) et des jeux (formation rédaction de CV, bilan de compétences, etc...) dans une ambiance chaleureuse, jusqu'à ce que vous le récupériez le soir.

Bon, je ne sais pas si on peut réformer le marché de l'emploi pour résorber le chômage, mais à mon avis, on peut déjà réformer ce cher Paul : quitte à subir le paradoxe du distributeur automatique, pourquoi ne pas remplacer Paul Emploi par une sorte de gros distributeur automatique de chômeur? Les patrons arriveraient, mettraient une pièce dans le bitoniaux (voir leur carte bancaire, soyons fous), sélectionneraient leur chômeur, et repartirait avec celui-ci sous le bras, avant d'enlever le blister de retour dans leur entreprise. Bon, évidemment, au bout d'un moment, y a des chances que le distributeur tombe en rade et refuse de délivrer le chômeur surdiplomé visé, au profit des chômeurs syndiqués en situation de handicap dont personne ne veut, mais bon, ho hein! C'est ça ou rien!

samedi 28 décembre 2013

L'esprit de Noël vous embête? Qui c'est qu'on appelle?

Toujours faire appel à des professionnels!
Aaaaaah Noël! Cette période magique qui fait la joie des petits, des grands, des pédophiles en liberté conditionnelle qui vont pouvoir ressortir leur vieux costume de Père Noël de la naphtaline, et surtout des commerçants avisés (cf : ici, , et ). Cette fête universelle est célébrée partout dans le monde. Enfin, surtout dans les pays de tradition chrétienne hein, vu que c'est quand même une fête religieuse à la base... ce qui fait qu'une bonne moitié de la planète ne fête tout bonnement pas Noël, même si le caractère religieux de la chose est souvent oublié de sorte que même les athées ou les agnostiques (comme moi) fêtent Noël. Ça relativise quand même un peu le caractère universel de la chose.

Noël, en théorie, c'est surtout la célébration de la naissance d'un enfant, qui selon les chrétiens était le fils de dieu. Notons au passage que :

  1. Nulle part dans les évangiles il n'est indiqué que c'était le 25 décembre à minuit (ça, c'est un choix politique des autorités chrétiennes du début du moyen âge pour "absorber" les peuples convertis en intégrant des fêtes payennes comme Mithragan, les Saturnales, fête du solstice, Sol invictus, etc...)
  2. Si les cathos intégristes réprouvent le sexe hors mariage,l'adultère, la GPA (Gestation Pour Autrui) et la PMA (Procération Médicalement Assistée), ce petit canaillou de Dieu ne s'est pas privé d'engrosser une fille qu'il n'a pas épousé, au nez et à la barbe de son mari, dans le but avoué d'avoir un héritier et par des moyens non naturels. Bref, faites ce que je dis...

Noël, en pratique, c'est souvent l'occasion de se faire un bon gueuleton bien arrosé en famille, et de s'échanger des présents (pas toujours du meilleur goût) dans une vraie/fausse ambiance guimauve de paix, d'amour, de champagne, et de guirlandes à paillettes. Un peu comme dans un cabaret de drag-queen finalement, sauf que là, c'est le sapin qui a les boules.

Quand on vous dit "Noël", outre "cadeaux" (ne le niez pas chenapans, je sais que vous y avez songé) vous pensez immédiatement à "esprit de Noël". Mais l'esprit de Noël c'est quoi en fait? A priori, c'est une sorte de concept hypocrite baba-cool un peu gnangnan (que ne renieraient pas les bisounours), dans lequel, à cette période, il faut respecter, aimer et aider son prochain, laisser les querelles de côté, faire preuve de générosité et accorder son pardon à Justin Bieber à ceux qui vous ont fait souffrir. Logique en fait : on est censé fêter la naissance D'Jesuss (oui, je prononce à l'américaine si je veux) qui était venu nous enseigner la paix, l'amour et tout ça.
Paix & amour les aminches!
On notera donc fructueusement qu'en dehors de cette période, vous êtes parfaitement en droit de cracher à la gueule d'autrui et de transpirer la haine par tous les pores de la peau. En même temps, ça reste assez cohérent avec la morale chrétienne telle que nous l'enseigne l'Histoire, puisque si Dieu est censé avoir dit "Tu ne tueras point", vous pouvez ouvrir une page au hasard dans n'importe quel atlas historique pour trouver la trace de massacres perpétrés en son nom. Afin d'apprendre aux gens à s'aimer les uns les autres je suppose : on néglige souvent le poids pédagogique d'une épée bâtarde dans la margoulette. Heureusement, depuis on a fait des progrès en matière de pédagogie.
"Bordel! Vous allez vous aimer les uns les autres oui ou merde?"
On peut remarquer au passage que l'une des nations les plus puissantes de la planète se revendique de foi chrétienne (leur président prête d'ailleurs serment sur la Bible), mais que ça ne l'empêche pas de zigouiller et torturer des gens au nom du combat contre "l'axe du mal" (des gens qui ne fêtent pas Noël en général, ou qui ont blasphémé le nom de Chuck Norris). Bref, en tout cas, en période de Noël, il faut être pacifique et généreux, d'où l'échange de cadeaux.
Plaisir d'offrir, joie de recevoir... l'esprit de Noël est universel on vous dit!

Au nom de cet "esprit de Noël", il faut donc aussi se montrer gentil et accommodant, même si on est la pire des peaux de vache tout le restant de l'année. C'est un peu comme la journée de la femme ce truc : une fois dans l'année on va dire à bobonne qu'elle peut se reposer. Enfin, une fois qu'elle aura fini de faire le ménage, la vaisselle, de torcher les gnomes et de repasser les chemises quand même... Et si ça ne suffit pas, la presse va aussi vous abreuver de faits divers bien cucul qu'on va intituler "miracles de Noël", souvent à base de rêves réalisés pour des enfants malades/mourant/handicapés par des célébrités narcissiques/en mal de reconnaissance/en perte de vitesse. C'est rose et sucré, et ça déborde tellement de bons sentiments qu'on dirait un épisode de "La petite maison dans la prairie". Pour les amoureux des animaux, les histoires qui commencent de façon sordide et finissent bien à base de chatons kikinous ont aussi la côte. Mais la encore, rappelez-vous : c'est juste pour Noël. Le restant de l'années, les chatons et les gosses malades/mourant/handicapés peuvent toujours se brosser. Bon, allez, si : on va les sortir pour le téléthon tient.

Franchement, le vrai miracle de Noël, ça serait qu'on arrête tous de se comporter comme des sales cons égoistes des humains ordinaires 360 jours par ans et qu'on applique plutôt "l'esprit de Noël" 360 jours par an. Mais bon, ça a autant de chances de se produire qu'un départ en retraite anticipé de Justin Bieber.
Ho! Ho!Ho! Joyeux Noël!
P.S. : Et merde!

mardi 10 septembre 2013

Moi, si j'étais vous...

Il parait qu'avant ou après un match de foot important, on a coutume de dire qu'il y a 60 millions de sélectionneurs/entraineurs en France. Bon, comptons 59.999.999 puisque je me sens à peu près aussi concerné par le football que par le macramé ou l'élevage des loutres. Maman Koala me faisait cependant remarquer ce matin que cette formule pouvait tout aussi bien s'appliquer à l'éducation des enfants, en ce sens que TOUT LE MONDE à tendance à te filer des conseils, même, et surtout, quand tu n'en veux pas/n'en as pas besoin/n'est pas convaincu de leur pertinence concernant l'éducation de TES gnomes. Et quand je dis tout le monde, j'inclus :
  • Les couples avec enfant(s) (disons que c'est l'expérience qui parle)
  • Les couples avec enfant(s) monstre(s) (leurs gamins sont juste invivables, t'as vachement envie de suivre leurs conseils du coup...)
  • Les pédiatres (admettons, c'est leur boulot... ceci étant, j'y reviendrai)
  • Les couples sans enfant (ça marche super bien avec Pupuce, leur caniche... comme le serine Marie de Mamanstestent, Nulli à des principes, Multi a des nains)
  • Les célibataires sans enfant (ils ont surement dû lire un truc dans Grazia ou Valeurs Actuelles)
  • Les peoples sous amphétamines (style "Non mais allô quoi! T'a un congélateur et t'as pas d'enfant? Non mais allô!")
  • Les curés (c'est un peu comme un diabétique donnant des conseils sur le chocolat, ou Justin Bieber sur la musique, mais ça se tient, ils adorent les petits enfants...)
"Non, parce que tu vois, moi personnellement, mes enfants..."
  •  Les spécialistes du marketing (qui grâce à une étude sérieuse et impartiale sont en mesure de t'affirmer avec sérieux que le Nuthuiledepalmella© est bon pour la santé, et que les poupées Barbantes© aident les petites filles à devenir des petites pouffes habillées comme des péripatétiputes adultes équilibrés)
  • La voisine, 95 piges, vieille fille, qui trouvait que c'était quand même pas si mal que ça en 40, et qu'il faudrait les mater un peu tous ces jeunes zazous!
  • Vanessa (qui préfère qu'on l'appelle Sandy), la petite voisine de l'autre côté, 15 ans, très prochainement engrossée mise enceinte par Kévin 21 ans, et qui aimerait bien faire du baby sitting pour toi, mais qui trouve que "ouaih non mais voilà quoi! T'as même pas la télé, comment je fais pour regarder Secret Story?".
  • Le vieux tonton qui trouve qu'on va pas en faire un fromage pour un ou deux jurons bordel de bite à couilles!
  • La copine un peu BCBG qui ne dispute jamais ses gamins, même lorsqu'ils sont en train d'empailler le chat, faudrait pas brider leur créativité (en même temps, la taxidermie féline est un passe-temps des plus louables...)
  • La collègue un peu coincée qui n'a fait un gosse à son mec que pour s'assurer (ah ah ah! Rêve!) qu'il n'aille pas voir ailleurs, mais que ça gonfle de s'occuper du môme, et qui du coup le colle dès que possible chez la nounou/à la crêche/à l'école/aux parents/à belle-maman
Liste non exhaustive. Tout le monde à un avis sur la façon d'éduquer les... non, TES enfants, et surtout, tout le monde te le donne cet avis, en particulier quand tu ne le sollicite pas. Généralement, ça prend la forme d'un "Bon, moi, si j'étais vous..." ou de "Je ferais pas ça comme ça si j'étais à ta place...".

Un exemple? A votre service. Mon aîné, Plouf-le-cascadeur, digne héritier de son Gaston Lagaffe de géniteur, a maintenant 3 ans révolus. Ceci étant, Plouf est plutôt élancé (on l'habille avec des fringues 5 ans par exemple), plutôt volubile, et assez dégourdi au niveau du langage (à 1 an et demi, il employait déjà des mots comme multicolore, et depuis sa découverte récente du mot myriapode, on sent qu'il se délecte à le prononcer avec une certaine gourmandise). Du coup, et alors qu'il avait à peine 2 ans, lorsque maman Koala le trimbalait avec elle en semaine, elle avait déjà droit à ceci :
– Tient!? Il n'est pas à l'école?
– Bin euh non, il n'a que deux ans quoi...
– Ah bon? Je l'aurai cru plus âgé. C'est pour l'an prochain alors?
– Bin euh non, enfin pas forcément...
– QUOI!? Vous n'allez pas le mettre à l'école à 3 ans!????
– Et sinon, votre herpès génital? Vous ne savez vraiment pas d'où ça vient?
Des fois, ça démange!
Du coup maintenant qu'il a ses trois ans, ça va être :
– Tient!? Il n'est pas à l'école?
– Bin euh non, il n'a que trois ans quoi....
– QUOI!? Vous ne le mettez pas à l'école à 3 ans!????
– Et sinon, votre mari a toujours une aventure avec sa secrétaire qui a de l'herpès?

Et oui, quand tu as le malheur de dire que tu ne vas pas forcément mettre ton gnome à l'école à 3 ans, on presque l'impression que le MIVILUDES devrait t'envoyer les services sociaux comme à n'importe quel messie-cosmoplanétaire-crypto-pédophile qui déscolarise les enfants pour leur laver le cerveau afin d'en faire des adeptes lobotomisés de sa secte maléfique.

Aux services spéciaux sociaux, on ne rigole pas avec la déscolarisation!
Petit rappel : la loi Ferry (Jules hein, pas l'autre) du 28 mars 1882 instaure l'école obligatoire à partir de 6 ans. Toutes les dispositions prises par les communes et les écoles pour permettre l'accueil à partir de 3 ans ne sont nullement contraignantes. J'ai entendu dire que certaines communes voulaient avancer l'âge du premier accueil à 2 ans... moi je propose d'aller encore plus loin : accueil dès la sortie de la maternité, ça serait top! Bon le problème, c'est qu'il faudrait sans doute des couveuses.
Et pourquoi pas encore au delà? Bon après, je ne suis pas certain que les techniques pédagogiques soient parfaitement au point pour enseigner l'anglais aux ovules (malgré l'expression "les anglais débarquent") ou l'histoire de la deuxième guerre mondiale aux spermatozoïdes (même si ces derniers possèdent un certain talent pour le parcours du combattant).
Quoiqu'il en soit, bizarrement, dans l'esprit des gens, si tu n'essaie pas de mettre ton gnome à l'école dès que possible, tu es bizarre. Tu sors du lot, de la moyenne. Et ça, c'est mal.

– Attendez, l'école à partir de 3 ans, c'est bon pour le développement des enfants, tous les spécialistes de l'éducation et les pédagogues le disent.

Il se trouve que papa Hérisson a travaillé pour cette maison de fous qu'est l’Éducation Nationale. Les "spécialistes de l'éducation et les pédagogues" en question, ce sont généralement des hauts fonctionnaires surpayés, dont certains ne savent ce qu'est un enfant que grâce à Wikipédia, et ayant pour mission de se tirlipoter l'encéphale sur des rapports et autres circulaires alambiqués contenant des instructions absconses sur la façon dont "l'apprenant" doit exercer "une prise digitale" à l'aide  de "son système effecteur" sur "l'outil scripteur" afin de porter une annotation sur son outil pédagogique à base cellulosique, ou la nécessité de maîtriser "l'espace numérique de travail" (Nota Bene : les termes en gras sont rigoureusement authentiques. Et oui.). De bien beaux exemples de xyloglossie, qui ne font guère avancer le schmilblick, mais ont le mérite de faire croire que ces gens là savent de quoi ils parlent. On notera d'ailleurs, que plus leurs circulaires donnent des résultats déplorables en pratique, plus ils insistent et tentent d'aller encore plus loin : Errare humanum est, perseverare diabolicum. En plus, l'utilisation de cette langue mystérieuse leur permet de fonctionner en vase clôt, un peu comme les juristes et les médecins. Remarquez, les conséquences dévastatrices d'une certaine consanguinité professionnelle peuvent sans doute expliquer certaines dérives de ce vénérable pachyderme qu'est l'école française...
Réunion des équipes pédagogiques au ministère de l’Éducation Nationale
– Attendez, l'école à partir de 3 ans, c'est recommandé par les pédiatres!

Tient, parlons-en des pédiatres : pour rappel, ce sont eux qui conseillaient il y a quelques années (pour ceux et celle de ma génération tient!) de coucher les enfants sur le ventre, avant de se rétracter quelques années après, un peu péteux, parce que ça avait fait augmenter la mortalité infantile. Et ce sont les mêmes qui encouragent les campagnes massives de vaccination à partir de cocktails de vaccins chargés d'adjuvants douteux. Je sais : concernant les vaccins, la question n'est pas tranchée... c'est sympa d'ailleurs non? Dans le doute, on va vacciner, et si des études après coup montrent un risque, ou qu'avec le recul on constate un nombre anormal de maladie auto-immunes, on retirera le vaccin discrètement, après, quand il sera trop tard. Le terme employé de "balance bénéfice/risque" est d'ailleurs bien chouette aussi...  Dites, mes gnomes, ils ont une tronche de cobaye ou de dommage collatéral?
Le pédiatre trouve que le petit Théo a pris peu trop de poids dernièrement.
 Ce sont également eux qui viennent te dire, courbe de croissance moyenne à l'appui qu'il faudrait que ton gnome mange un peu plus/moins (rayez la mention inutile) parce que la il est trop maigre/gros. Bin oui mon pote, c'est clair, je vais doubler sa ration de pain sec et rajouter un deuxième pichet d'eau croupie. Ou à l'inverse, je vais voir à ne mettre qu'un Cheese Burger dans son biberon et diviser par deux la ration de Caca Colé©. Par exemple, l'idée que ton enfant puisse manger juste à sa faim et simplement être un peu en dehors des "standards" est un truc trop impossible : c'est bien connu, à l'âge adulte, nous mesurons tous 1m75 pour 75kg, avec un QI de 75 et une espérance de vie de 75 ans. Et nous cotisons tous 42 45 ans et 3 trimestres, pour un départ en retraite à 62 65 ans.

Et si encore ça commençait avec cette histoire d'école... mais non. Déjà juste après la naissance, tu te retrouves au milieu d'un bataille de tranchées entre les pro et anti-allaitement (bien résumée par Papacube). Ensuite, et ce presque dès la sortie de la maternité, on commence à te sortir :
– Alors c'est pour quand le deuxième?
– C'est à dire que vu la tronche des vôtres, on hésite à vous mettre une telle pression du point de vue de la sélection naturelle...

Mais paradoxalement, si tu ne respectes pas le Calendrier Sacré consistant à faire le deuxième pour les trois ans du premier, histoire de pouvoir mettre celui-ci à l'école pendant que tu pouponnes, là tu passes pour un excentrique :
– Ils ont l'air rapprochés dites-moi... ils ont combien d'écart?
– Environ 75 cm en ce moment, mais comme ils sont en train de courir, ça peut changer assez vite...
– Non, je parle de l'âge!
– 15 mois...
– Ah oui? C'est un accident alors le deuxième?
– Non, c'est un fille. Et sinon, vos hémorroïdes se soignent bien?

Le plus amusant, ce sont sans doute les doctes discours sur la télé, puisque papa Hérisson n'en a pas :
– Non tu vois, nous, la télé, ils n'y ont pas droit plus de 2h par jour. On trouve qu'il faut limiter, il y a d'autres choses à faire quoi!
– Ah bin nous, on en a pas, alors comme ça...
– Ah bon? Vous n'avez pas la télé? Mais... vous arrivez à les occuper?
– Et bien, ça va vous paraître sans doute bizarre comme concept, mais du coup : ils jouent, ils apprennent des trucs (comme à l'école, mais sans l'école) et on fait des activités ensemble...
– Ah... et vous, vous faites comment pour avoir les informations ?
– Vu la qualité des journaux télévisés, je vous retourne la question. Pour ma part, j'utilise la presse écrite...
– Non mais ça vous manque pas quand même? Moi je pourrai pas...
– C'est une question d'équipement : vous vous avez une télé, nous on a de l'imagination.

Allez, zou, vous voulez savoir si vous êtes dans la norme? Papa Hérisson est sympa, il vous propose ce petit test pour savoir où vous situer :


Test : êtes-vous normal?


   1. Enfant, quel était votre environnement familial ?
    J'ai dû quitter ma terre natale suite à une catastrophe naturelle.
    Ma mère m'a eu très jeune et m'a élevé seule.
    J'ai été élevé dans une fratrie de 2,1 enfants.
    Je suis le septième enfant de mes parents.
   2. A l'école, vous étiez plutôt ?
     Je me sentais différent des autres, je me voyais déjà sauver le monde!
    Talentueux, d'ailleurs j'ai été repéré très jeune par mon mentor.
     J'avais une moyenne de 12,3 en classe ce qui est bien mais pas top.
     Bon en travaux manuels et en cours de chant.
   3. Votre première relation sexuelle ?
     Je... cette question me met mal à l'aise.
     Assez jeune, avec une vraie princesse.
     J'avais 17,2 ans.
     Une quoi?
   4. Avez-vous une relation amoureuse stable ?
    Et bien... il y a bien cette belle journaliste. On formait un chouette couple sur le papier!
    Mon comportement à tout gâché avec la princesse... j'ai une sorte de côté obscur.
    Je me suis marié à 28,2 ans
    C'est compliqué... il y a bien eu la fille du roi, mais...
       5. Vous avez vie familiale ?
      C'est compliqué, je mène une double-vie.
      Pas le temps avec mon travail. Je suis souvent en déplacement.
      J'ai 2,1 enfants. Le deuxième est né pile pour les 3 ans du premier qui rentrait à l'école : économie de nounou!
      Oh oui! Dans une grande maison dans un lieu enchanté rempli de petites personnes!
       6. Sur le plan professionnel, vous êtes ?
      Très lié avec les médias, mais j'ai d'autres activités, plus secrètes...
      Chef de troupe.
      Fonctionnaire.
      Je fais des mouvements rigolos avec mes pieds et mes mains.
       7. Des ruptures ?
      Ma vie amoureuse a toujours été compliquée...
      Avec la princesse.
      Divorce à 40,4 ans, remariage à 42 ans. La crise de la quarantaine surement.
      La fille du roi, partie avec un bellâtre aux cheveux en plastique.
       8. Des projets concernant la retraite ?
      Les gens comme moi ne prennent jamais leur retraite voyons!
      Quelque chose me dit que je ne tiendrai pas jusque là...
      Oui, retraite à 65 67 ans (purée, mais ça augmente sans arrêt non?)
      Vivre dans une grande maison dans un lieu enchanté, rempli de petites personnes!
       9. Comment voyez vous votre mort ?
      Sans doute dans un lieu sordide après un corps à corps éreintant.
      Sans doute victime de ma part d'ombre.
      A 78,1 ans, d'un cancer.
      Je pense vivre éternellement dans le cœur de ceux qui m'aiment.
       10. Vous pensez être normal ?
      Pas vraiment, on m'avais prédit un grand destin.
      Vous voulez rire? Je suis un messie!
      Je suis la normalité incarnée! Mouahaha!
      Je ne pense pas, je n'ai jamais grandi...
       
       Résultats
       Vous avez un maximum de : 
     
    Vous êtes Dominique Strauss-Kahn. Inutile de le nier, je vous ai reconnu dès la première question quand vous avez évoqué votre départ du Maroc suite au tremblement de terre d'Agadir en 1960. Votre double-vie ne regarde que vous, mais pour le reste, sachez que n'étiez certainement pas attendu comme le messie. Ou alors juste par les socialistes, mais ce sont des gens bizarres (je me demande ce que fiche le Miviludes à leur sujet d'ailleurs... ah non, c'est vrai, ils sont en train de s'occuper du gourou Sarkozy).

    Tient? Justin Bieber? Alors comme ça on vient s'encanailler sur le blog de papa Hérisson. Bon, tu sais, même si Selena Gomez travaillait pour Disney, je ne suis pas sur qu'on puisse dire que c'est une princesse, surtout depuis Spring Breakers. Sinon, concernant le talent... comment te dire? Une carrière dans l'armée ne te tente pas?
     
    Vous n'existez pas, vous êtes une statistique INSEE. Ou alors, votre vie doit être d'un chiant... mais d'un chiant... De toute façon, personne ne peut faire 2,1 enfants. Par contre, vous avez raison, l'âge de la retraite augmente. D'ailleurs ça vient juste de passer à 69 ans. 
      Vous êtes Mickaël Jackson. Cette obsession pour les petites personnes ne me semble pas très saine, quand à votre relation avec la fille du king Elvis, tout cela me paraissait tenir sur des bases assez fragiles. De toutes façons, vous êtes mort.
       


    En regardant bien, pour être dans la norme il faudrait :
    1. être né dans une fratrie de 2,1 enfants (t'a plus qu'à espérer que c'est pas toi qui fait le 0,1) au sein d'une famille de la classe moyenne qui regardait le Bébête Show à la télé
    2. avoir une moyenne de 12,3 en classe, ce qui est bien mais pas top
    3. avoir son premier rapport sexuel à 17,2 ans (si tu es un garçon, ou 17,6 ans si tu es une fille. Les hermaphrodites intergenres ne sont pas comptés, ils sont hors norme. A tous les coups c'est eux le 0,1...).
    4. avoir son bac avec mention "assez bien"
    5. avoir un premier enfant à 28,1 ans pour les femmes
    6. l'allaiter (ou pas, je ne sais plus trop ou on en est)
    7. qu'il marche à ses 11 mois et 3 semaines
    8. qu'il soit propre à ses 1 an 4 mois 12 jours 7 heures 32 minutes et 15 secondes
    9. Se marier à 31 ans (pour un homme, 29 pour une femme)
    10. que l'enfant parle le français pour ses 2 ans
    11. l'anglais pour 2 ans et demi
    12. qu'il aille à l'école à ses 3 ans au MOMENT MÊME de la naissance du deuxième enfant
    13. divorcer à 40,4 ans
    14. se remarier à 42 ans, avec famille recomposée, garde partagée et tout le toutim
    15. partir en retraite à 65 67 ans (oui, ça a encore monté depuis tout à l'heure, mais c'est comme ça ma bonne dame, tout augmente!)
    16. mourir d'un cancer à 78,1 ans.
    Et là encore, je résume.

    Figurez-vous que dans cette liste, je n'ai rien pu cocher. En même temps, je me suis arrêté au 12, mais comme je ne suis pas marié avec maman Koala (je rappelle que nous vivons dans le pêché), je doute que le 13 et le 14 puissent l'être (cochés). Quand au 15, honnêtement, il y a de fortes chances que le 16 survienne avant...

    Du coup moi, la norme, je lui crache au visage, je la piétine et je la fais sécher dans mon grenier. Si j'avais une tronche de statistique INSEE j'aurai posé pour les pub Kinder ou Caisse d'Epargne.
    Avec un taux de chômage de 25,7% pour les moins de 25 ans, tu vas pas sourire longtemps...
    Cette espèce de bien-pensance généralisée dans laquelle tout le monde semble savoir mieux que toi ce qui serait le mieux pour toi, ou on te dit ce que tu dois faire, quand le faire, comment le faire, voire ce que tu dois penser, pour rentrer dans le moule  m'exaspère au plus haut point. Je n'ai aucune envie de rentrer dans le moule. Je fais ce que je veux quand je veux, et j'apprécierais qu'on me lâche les piquants.

    Concernant Plouf, je ne m'inquiète pas trop de son développement, même en dehors de l'école. Il y passera déjà bien assez de temps une fois qu'il y sera, et nul doute qu'il y apprendra en effet plein de choses qu'il n'apprenait pas à la maison comme :
    • Les gros mots
    • Les jeux idiots et dangereux
    • Les réflexions profondes et pleines de sagesse des vedettes de la téléréalité
    • La nécessité d'avoir son téléphone portable
    • Et surtout, la meilleure façon de rentrer dans la norme... et aussi, peut être, la sensation d'y être un peu à l'étroit.