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vendredi 10 avril 2015

Brève rencontre dans la brume des quais

C'est un beau roman, c'est un belle histoire...
Une contrepèterie? Dans le titre? Non... je ne vois pas... vous voyez le mal partout...

Ces moments passés ensemble étaient tellement magiques, qu'ils en avaient oublié à quel point ils pouvaient être fugaces. Lorsqu'ils étaient tous les deux, plus rien d'autre au monde ne semblait compter, pas même les avertissements de leurs proches. Ils se contentaient de hausser les épaules et de rire, avant de partir ensemble en courant comme des fous.
♪♫Chabadabada...♫♪
Chacun de ces moments volés au destin était comme le plus précieux des joyaux, comme le plus beau des trésors qu'on puisse trouver dans un de ces galions échoués au fond d'une mer bleu azur, au cœur des Caraïbes. Ils étaient si jeunes, si insouciants... comment auraient-ils pu se douter?
T'as de beaux yeux tu sais...
On aurait pourtant dû le leur dire : les histoires d'amour finissent mal... en général. Leur séparation était inévitable : il y avait trop d'obstacles sur leur route. Oh, il tentèrent bien de lutter contre la fatalité. Ils essayèrent bien de se rebeller contre l'inévitable. Ils firent tout leur possible pour contrecarrer l'ordre des choses... Mais ni l'obstination, ni la colère, ni les larmes ne purent y changer quoi que ce soit. Et c'est le cœur lourd qu'ils durent finalement se résoudre à ces adieux déchirants qu'ils refusaient de toute leur âme.
Ça a quand même plus de gueule qu'un gif de chaton non?
Le départ fut difficile, pénible, triste...
Mieux vaut partir en train, Car  partir, c'est c'est crever un pneu.
... tragique et douloureux...
Zut! L'aspirateur... j'ai oublié de l'éteindre!
Commença alors le temps des lamentations...
Nous ne sommes que poussière dans le vent...
Ce sont là ces moments que nous connaissons tous un jour, ces heures, ces jours où la tristesse semble insurmontable, et où les larmes emplissent nos yeux quoi que nous fassions.

–Malo... il est parti...
–Bon, Xéna, je sais que c'est triste, mais ton copain Malo tu le reverra demain à l'école ma chérie.
–Oui, mais il est parti...
–Je comprends bien ma fille, mais il ne pouvait pas rester au parc indéfiniment, ses parents devaient rentrer chez eux préparer à manger, c'est pour ça qu'ils l'ont appelé... Et d'ailleurs, on ne va pas tarder à y aller nous aussi...
–Oui mais Malo il est parti...
Bonjour tristesse...
–Mouaih. Enfin, il reste encore ton copain Victor hein...
–*snif* Vic... *snif* Victor?
–Oui. Juste là.
Oh! Mais alors...
Mais après la pluie, vient toujours le beau temps, et la tristesse finit par s'envoler, et la douleur avec elle.
Xéna est contente.
Enfin bon... temporairement.

–Xéna? Ma puce? Il va falloir qu'on y aille maintenant...
Mode madeleine : ON

Epilogue
Le lendemain, à l'entrée de l'école.

–Bon alors, tu es contente? Tu vas pouvoir retrouver ton copain Malo...
–Non, mon copain, c'est Maël! Je l'aime! On va se marier quand on sera grands...
–Que... hein?
–Tient, bonjour Maël!  :)
–Bonjour Xéna!  :)
–Hum... bonjour Maël...  :|
–Bonjour papa de Xéna!  :)
–... et bienvenue dans la famille donc...
... et n'oublie pas que j'ai une arme, un pelle, et un solide alibi.

vendredi 22 août 2014

Tient, comme il fait beau allons zozo!

Chaque année, au printemps ou en été, arrive inévitablement un moment ou maman Koala et moi-même nous faisons la réflexion suivante :
"Oh! Mais c'est le Week end!? Il fait beau, nous n'avons rien de prévu. Il va falloir occuper les gnomes... allons zozo!"


Bon. La France est un pays agricole, gastronomique et touristique dans lequel chaque région, voire chaque département, à sa spécialité. Quelques exemples en vrac :
  • Bordelais : le pinard et les fusées spatiales
  • Bretagne : les crêpes et le chouchen
  • Auvergne : le fromage et la charcuterie (et le pinard)
  • Périgord : le pinard, les truffes et le foie gras
  • Corse : la testostérone et le lance-roquettes (et les vins et fromages corses, autre forme de terrorisme)
  • Région parisienne : les bobos et les hipsters
  • Marseille : la kalachnikov et le trou de balle (à la fois sous-produit et consommateur de la kalachnikov)
  • Alsace/Champagne : le pinard
  • Normandie : le pinard et le calendos
  • Anjou/Pays de Loire : le pinard
Comme on le voit, la France est donc bien majoritairement un pays de fromage et de pinard. Alors oui, je vous l'accorde, c'est schématique, et on peut détailler. Prenons ma région d'adoption :  les Pays de Loire par exemple (d'adoption car je suis en fait originaire du pays des kalachnikovs et des trous de balle... d'aucun diront que tout s'explique). Il conviendrait de décomposer par département : le Maine et Loire, la Vendée, la Sarthe et la Mayenne. Je ne compte pas la Loire Atlantique : ce sont des sales traitres qui ne veulent rien qu'un rattachement au pays des crêpes et du chouchen. Ainsi, il existe de subtiles différences entre ces quatre départements :
  • Le Maine et Loire (cœur de l'Anjou) est plutôt spécialisé dans le pinard donc.
  • La Mayenne, dont le chef-lieu est un palindrome, est plutôt orienté bovin, en ce sens qu'il doit y avoir plus de vaches que d'habitants. Ils fournissent le fromage.
  • La Sarthe, c'est un peu comme la Mayenne concernant les bovins, sauf qu'en plus,ils ont pour capitale le Mans, célèbre pour ses rillettes et sa course automobile.
  • La Vendée fournit tout ce petit monde en brioche (ce qui permet aisément de faire croitre la sienne faute d'une consommation modérée) , mais possède aussi de fort belles plages permettant d'aller cuver son vin (d'Anjou) sur le sable.
    Willy a trop bu en allant au Macumba, et a fini déchiré sur la plage avec Raymondo, le travelo brésilien local.
Vu comme ça, on pourrait penser qu'en Anjou les sorties se limitent donc à :
► apéro pinard-fromage-brioche-rillette en matant "Allo Nabilla" sur son smartphone (à supposer qu'il capte) sur une plage de St Jean-de-Monts
► la course des 24h
► combats de catch dans les rillettes
Un spectacle de qualité.

Et bien ça serait une grossière erreur de s'en tenir à ces stéréotypes : il y a plein de choses à faire en Anjou, y compris en famille. Oui, même au Mans. Oui, même des activités n'impliquant pas de rillettes ou d'alcool.

Par exemple, chaque été s'y tient la Nuit des Chimères de début juillet à fin août : les murs de la vieille ville (fort jolie au demeurant) se parent d'habits de lumières et d'images projetées, le tout accompagné d'animations assez ludiques. Le gros souci pour nous, c'est que ça se fait de nuit : bin oui, ce sont des illuminations. Or, la nuit, en général nos enfants dorment. En tout cas c'est souhaitable, parce que s'ils ne dorment pas, ils sont nazes, et vous connaissez déjà la règle : BCBG. En fait, plus le coucher est tardif pour nos gnomes, et plus le côté BCBG tend vers le caprice de star : en l’occurrence Chouinette Unpeutrop, et Braille Pitre... inutile de préciser que le nombre de décibels augmente avec le nombre de minutes de sommeil en moins. Bref, quitte à les fatiguer, autant le faire en journée pour qu'après ils dorment (ne serait ce qu'en voiture sur le chemin du retour).
Ma photo date de 2009. Non, nous n'y sommes pas retourné depuis que nous avons des gnomes...

Alors du coup, le weekend dernier, on s'est dit : "Tient, allons zozo!" Et force est d'admettre que la région est bien pourvue en la matière : zoo bioparc (et oui, on ne dit plus zoo il parait...) de Doué-la-Fontaine, zoo de La Flèche, zoo de la Boissière-du-Doré, refuge de l'Arche à Château-Gontier, etc... Bref, l'embarras du choix.

Et là ça tombait bien, nous avions choppé il y a quelques temps déjà, des réductions pour un zoo près du Mans : le Spaycific'zoo. C'est pas au Mans même, c'est à 10km, à Spay. Oui, je sais, du coup ça fait jeu de mot moisi style salon de coiffure, mais bon...

Bon, le Mans pour nous c'est pas tout près (faut compter une heure et demi de route), mais ça se fait. Un petit panier pique-nique dans le coffre, et zou : nous voilà partis pour le Spaycific'zoo!

L'occasion de découvrir la campagne sarthoise, ses autochtones et ses petits villages, puisque nous sommes passés par les petites routes. On trouve sur le trajet des choses pas banales :
  • des salons de coiffure dont le nom n'est pas un jeu de mot sur "poil", "tif" ou "hair" (si si, ça existe)
  • un village médiéval (je n'ai pas réussi à déterminer si c'est une animation touristique ou un vrai village qui serait resté en autarcie avec mariage consanguin à la clé depuis le moyen âge...)
    Peut être un début de réponse...
  • des lapins à chaque rond-point. Plein. Partout. Surtout en soirée.
Bon, soyons clair, autant à Spay le zoo est bien fléché, autant pour trouver Spay, il vaut mieux avoir un GPS (si vous faites confiance à ces engins du diab') ou avoir préparé son itinéraire (si vous avez un minimum le sens de l'orientation) : Spay c'est petit, et donc pas indiqué très longtemps à l'avance.

Le parking est plutôt petit, mais d'un autre côté, le zoo lui-même n'est pas immense : on est loin d'un parc énorme comme celui de Doué par exemple. En revanche, ce parking est plutôt ombragé : pas mal d'arbres en bordure, et de grandes toiles tendues au centre permettent d'assurer un minimum de protection contre le soleil. Deux zones de pique-nique se trouvent juste après l'entrée (dont l'une jouxte un snack proposant des menus de base).

Ce qui est pratique, c'est que vous pouvez entrer dans le zoo (après avoir payé vos entrées) et ressortir/rentrer à volonté sur la journée sur présentation du ticket de caisse : idéal pour ne pas se trimballer sacs de bouffe et glacières. Les tarifs sont très raisonnables, puisque vos gnomes de moins de moins d'un mètre (ou moins de 3 ans : heureusement car Xéna la guerrière est grande pour son âge) ne payent pas. Puis c'est 7€ pour les moins de 12 ans, 8,50€ pour les 12-16 ans, et enfin 11€ pour les autres (tarif handicapé à 8€, et nombreuses réductions, dont une réduction conséquente pour ceux qui viennent à vélo!).

Mon conseil : l’accueil propose des sachets de nourriture pour les animaux à l'entrée. Ça n'est pas du pop corn, mais des granulés (des espèces de croquettes) adaptées à la plupart des animaux du parc, que du coup vous avez le droit de nourrir avec. Je vous recommande d'en prévoir un sachet par gnome : ça ne vous ruinera pas (1,20€ pièce), et ça fera leur bonheur.

Dès l'arrivée, l'accueil nous remet un plan du zoo comportant les horaires des animations du jour (ça peut varier). Ainsi, juste a près le repas, nous avons donc pu faire connaissance avec une collègue à moi : madame Porc-épic.
Non seulement elle pique un peu, mais en plus elle a toujours un jeu de mikado avec elle... c'est génial!
Puis nous avons pu pénétrer dans la volière des perruches pour nourrir ces dernières pour la plus grande joie des gnomes.
Le P'tit Prince est content, il a un bouquet de piafs.
 Notons que les perruches ne sont vraiment pas farouches, puisque non contente de nous manger dans la main, elles se servent de nous comme perchoir sans la moindre hésitation.
"Tu me cague dessus, et tu sers de dîner à mes chats. Capiche?"
Puis les gnomes se sont fait un plaisir de gaver les loutres des fameux granulés...
C'est meugnon une 'tite loutre!
 ... avant de gaver les poules et leurs poussins.
♪♫ Et le poussin pi-ou, et le poussin pi-ou...♫♪
Nous entrâmes ensuite dans l'enclos de la mini-ferme, abritant moutons et biquettes. A ce stade, il est préférable de confisquer les sachets de granulés et de les planquer dans un sac à dos, car les chèvres et les moutons en raffolent manifestement, et n'hésitent pas à vous monter dessus pour les chaparder.
Non, ils n'ont pas de trolls dans la mini-ferme, c'est juste un inconnu près de Xéna que j'ai anonymisé.
Puis nous avons rencontré les mangoustes, dont l'enclos est assez amusant pour les enfants : un grand tuyau de pvc taille enfant y pénètre, permettant aux gnomes d'accéder à un observatoire situé au centre de l'enclos, et protégé d'une sorte de grosse cloche à fromage. Idéal pour observer ces p'tites bêtes. Notons d'ailleurs qu'on ne sait pas bien qui épiait qui...
"Kesta? Tu veux ma photo?"
En tout cas, les animaux se montrent assez facilement. Ils ne jouent guère les timides... Du coup il est assez aisé de leur tirer le portrait.
"Permettez-moi de rebondir sur votre dernière remarque : et le respect de la vie privée alors?"
Quelle ne fut pas notre surprise, au détour d'un chemin, de croiser les sosies de Chat n°3 :
A gauche : Chat n°3, à droite : Raton-Laveur... y a comme un air de famille. Surtout la taille du popotin.
Notons d'ailleurs qu'ils partagent la même passion dévorante pour la nourriture, et la même tronche quand il s'agit de quémander.
"Hep! Tu me file des granulés? Allez vazy steuplait, fais pas ta pute!"
Après avoir nourri ce goinfre de chat à grosses fesses cet adorable raton-laveur au popotin avantageux, nous nous dirigeâmes vers l'enclos des lémuriens, pour assister au repas des makis. En chemin nous croisâmes aussi les coatis.
Oui, encore un truc kikinou. Je crois que Xéna les aurait bien tous ramenés à la maison. Moi aussi.
Notons que les lémuriens disposent d'un enclos plutôt vaste, et qu'on sent bien que la vie est belle pour eux... de vraies racailles!
"Wesh t'as vu? Je chille avec mon poto, relax!"
Bon, je vous fais un résumé hein, parce qu'on a aussi visité pas mal de volières, contenant quantités de piafs (pélicans, ibis, perroquets...). Ils ont aussi quelques félins : jaguarondis, servals...
Non pas celui-là... je parlais des gros chats...
 ... ainsi que des castors canadiens de belle taille.
"Tabarnak d'ostie d'calice! T'vas-t-y m'laisser tranquille espèce de grand singe glabre?"
On trouve aussi une volière de chauves-souris et un grand terrarium dans lequel on peut croiser (enfin, pas directement hein) en vrac : serpents, araignées, lièvres sauteurs, tatous, tortues, phasmes, iguanes et lézards, grenouilles, crocodiles...
Crocodile-Dundee peut aller se rhabiller, voici Crocodile-Xéna! Même pas peur!
Notons d'ailleurs qu'il y a une animation avec les serpents, au cours de laquelle il est possible de caresser l'un d'entre eux si on le souhaite, là encore pour la plus grande joie des gnomes, vraiment pas intimidés.

Et puis, il faut le dire, le zoo est très ludique. Il y a de nombreux jeux et activités pour les enfants (à partir de 4 ans disons, mais la choupette de presque 3 ans y a trouvé son bonheur.
"Je suis grande hein?"
Et pas que pour les enfants.
"Toute photo de moi en train de me vautrer se paiera très cher..."
Xéna et le P'tit Prince sont parfois un peu gonflés...
La visite du parc, pourtant pas immense, nous a pris tout l'après-midi, nous sommes sortit juste avant la fermeture à 20h. Faut dire qu'il a fallu convaincre Xéna de venir : elle se faisait un devoir de donner des granulés à tous les animaux qu'elle croisait, et tenait absolument a finir son sachet chez les dingos... qui, bizarrement, ne semblaient pas très concernés...

Bilan

Au final : le zoo est très interactif. De nombreuses animations avec les animaux sont proposées tout au long de la journée, dont certaines en contact direct au sein des enclos. Autant vous le dire, ne vous attendez pas à croiser un éléphant, une girafe ou un tigre ici. On est plutôt sur des animaux kikinous de petit gabarit qu'on a envie d'attraper et de câliner (mais faut pas le faire). Les plus gros étant sans doute les dingos d'Australie. On voit que les animaux sont bien traités, et leurs enclos sont spacieux et bien entretenus.
Le parc est très accessible, même avec des poussettes ou en fauteuil roulant : peu de montées et de descentes, et des sas d'accès aux enclos assez grands pour y loger une poussette, ce qui n'est pas toujours le cas dans les zoos.
Le personnel est sympathique et répond gentiment aux questions. On voit qu'ils connaissent et aiment leurs animaux et qu'ils s'en occupent bien.
Ils vont donc pouvoir apposer ce magnifique pictogramme sans aucune valeur.
Du coup, sur une échelle de 5,3 à 9,8 je leur met un 12,2 bien mérité.

Seul bémol : le taboulé était délicieux, mais les chips n'étaient pas top. Et puis franchement, quitte à venir près du Mans, pourquoi faire des sandwichs jambon-beurre-cornichon et non des sandwichs aux rillettes?

–Le taboulé c'est moi qui l'ait fait, les chips c'est nous qui les avions amené, et les sandwichs c'est toi qui les a fait papa Hérisson!
–Ah oui, mince...

jeudi 20 février 2014

Xéna contre David Douillet

Xéna, icône gay... ça va pas plaire à Civitas ce truc...

Xéna, c'est ma fille (suivez un peu bon sang!). Un p'tit bout de bonne femme de 2 ans et demi et 95cm, tout en douceur, en decibels et en prises de karaté. "Xéna", c'est parce que princesse, mais aussi guerrière.
Le côté princesse, c'est lorsque par exemple elle refuse de tenir avec ses mimines délicates le vilain biscuit au chocolat qui va fondre et coller aux doigts, et que du coup il faut nourrir son altesse sérénissime.
Le côté guerrière, c'est par exemple lorsqu'on veut l'aider à manger sa soupe, un peu liquide, pour éviter qu'elle s'en mette partout et qu'elle pousse alors des hurlements hystériques en distribuant une tornades de mandales rotatives parce que "NOOOON! TOUTE SEULE!!!!".
Ma fille, dans le fond, c'est une sorte de subtil mélange entre la Schtroumpfette (pour le gabarit et les manières de midinette), Lara Fabian (pour la puissance vocale et la fâcheuse habitude de se mettre à beugler sans une bonne raison), et Chewbacca (pour le caractère un peu soupe-au-lait et la tendance à distribuer des ramponeaux).
"–J'aurais dit qu'il y avait de la pomme... –Y en a aussi!"
Son frère, c'est différent. Bon, il essaie bien de lutter (avec plus ou moins de succès) sur le créneau des décibels, mais on sent que c'est moins naturel : essayer juste d'imaginer les cris de Justin Bieber dont on viendrait d'écraser les testiboules entre deux briques (et arrêtez d'avoir d'avoir ce sourire idiot de satisfaction à cette idée). Du coup ça passe moins bien, car on voit qu'il est dans l'imitation de sa soeur. Lui d'ordinaire, il est beaucoup plus dans la nuance : c'est un hâbleur, un comédien, un chanteur, un négociateur, un séducteur. La baston, c'est pas trop son truc. Lui il discute, il négocie... il rigole et il esquive, il se tortille comme une anguille. C'est un mélange d'Eddy Murphy et de Jacky Chan. surtout Jacky Chan d'ailleurs (ça c'est son côté cascadeur qui lui a valu un temps le surnom de Plouf-le-cascadeur). En général, il essaie d'éviter la confrontation.

Pour en revenir à Xéna donc, vous l'imaginez bien, entretenir ce corps de warrior de poche demande un entrainement intensif. Et c'est là que David Douillet intervient.
"J'te prend quand tu veux! Même pas peur!"
Oui, alors non. Pas celui-là. Je parle du David Douillet qui se trouve chez nous. Celui-là :
Grand, encombrant, avec des réglages simplistes... je sais la confusion est aisée mais ça c'est un vélo d'appartement.
Maman Koala l'avait acheté d'occaz sur "Le p'tit coin" pour entretenir sa silhouette de rêve (comme si elle avait besoin de ça, franchement...). Sauf que par manque de temps et de motivation et de réelle nécessité, maman Koala a fini par laisser David prendre la poussière dans un coin du bureau/salle de jeu, tel une vulgaire statuette souvenir moche en coquillage ramenée de la Baule par tata Raymonde.
Enfin... jusqu'au jour où les gnomes commencèrent à marcher, et plus précisément à grimper partout. David devint alors un amusant compagnon de jeu : à la fois mur d'escalade et tremplin de saut. Mais David rongeait son frein : sa vocation, c'est d'être un entraîneur, pas juste une sorte de rocher un peu design.
Sa vraie nature devait fatalement reprendre le dessus un jour. Le déclic vint de Jacky Chan, qui finit par comprendre que le pédalier devait bien servir à quelque chose. Il en fit la démonstration à Xéna, qui, subjuguée, lui emboîta le pas derechef. Depuis lors, chaque jour, elle passe un peu de temps à s’entraîner avec ce brave David (pour l'occasion amputé de ses grands bras, un peu trop encombrants pour une guerrière amazone haute comme trois pommes) :


Elle va avoir un beau fessier ma fille, moi je vous le dit... par contre, à mon avis, faudra pas la faire chier, parce qu'elle pourra vous faire bouffer vos dents d'un seul coup de pied rotatif.

samedi 19 octobre 2013

R.I.P. (Restore In Peace)

Avertissement liminaire : cette bafouille peut contenir des traces de Dave et de Stéphane Eicher. En cas d'allergie, je ne peux rien pour vous. Pas de bol. En revanche elle ne contient pas de Justin Bieber, ni de Miley Cyrus : vous êtes tranquilles.

Avec deux gnomes (dont l'aîné a tout juste trois ans et demi), quatre chats et un chien, les repas dans la famille Hérisson peuvent s'avérer parfois assez sportifs. Évidemment, cela dépend d'un grand nombre de facteurs (et non je ne parle pas de ceux qui distribuent, parfois approximativement, le courrier) :
  1. L'état de fatigue des gnomes, puisque la règle est : BCBG (c.f. ici pour la traduction)
  2. Le nombre de chats présent à l'intérieur à l'instant T ("T" comme "Tu vas en chier")
  3. La nature plus ou moins élaborée des aliments proposés
  4. L'état de fatigue de papa Hérisson et maman Koala
  5. L'horaire
  6. Et Vanina. Nous y reviendrons...
♫ ♪ Vanina-a-a... a-a-a-a... ♪ ♫
Compte-tenu de ces facteurs, on devine assez vite que certains repas sont plus critiques que d'autres. Le problème du petit déjeuner a déjà été évoqué dans de précédents articles, celui de papa Hérisson est en général assez catastrophique puisque :
    ►Papa Hérisson se lève tôt et a donc l'acuité visuelle de Steevie Wonder (à cause des yeux collés) et un temps de réaction proche de celui d'un unau neurasthénique.
    ►Presque tous les chats sont à la maison. Et ils ont faim (en même temps, ils ont tout le temps faim).
    ►Le grille-pain est manuel (il ne t'éjecte pas les tartines dans le museau, mais préfère les carboniser à cœur pendant que tu n'y pense plus).
    ►Sans compter Vanina...
Ah... papa Hérisson vient d'ouvrir les yeux, il est temps de préparer le p'tit déj'
On notera au passage que le facteur n°3 (degré d'élaboration des aliments) ne change ici rien du tout : des tartines grillées, c'est simple, et en l'occurrence, ça part quand même en cacahuète.

Et encore, là on se limite à un repas incluant seulement un protagoniste, puisque les autres roupillent encore à ce stade.

Maintenant, voyons ce que donne un repas du midi incluant plusieurs protagonistes : papa Hérisson, Xéna et Plouf (ce jour-là, maman Koala était partie chasser l'eucalyptus en forêt périgourdine).

Mission : déjeuner en paix.
♫ ♪ les nouvelles sont mauvaises d'où qu'elles viennent... ♪ ♫
Forces en présence :
  • Papa Hérisson : vétéran
  • Plouf : tête brûlée
  • Xéna : sniper
  • Chat n°1 : terroriste félin
  • Chat n°4 : terroriste félin & ennemi public n°1
  • Chien : agent double
  • Vanina : ah-ah, ah-ah-ah-ah-ah, ah-ah-ah-ah-ah, aaaaaaaaaaah ♫ ♪
Situation :
Le problème de l'automne, c'est que parfois il fait moche. Du coup, quand il pleut à torrent, sortir défouler deux gnomes débordant d'énergie s'avère difficile, surtout quand les chaussures de merde qu'on nous vend à prix d'or ne sont pas étanches. En outre, faisant ses dernières prémolaires, Xéna est fatiguée. En plus elle en plein terribeul-two (comme le dit Marie des Mamantestent) et est donc d'humeur changeante. Elle pleure à la moindre contrariété (et il y en aura inévitablement), ou rigole comme une baleine dès que son frère fait/sort une ânerie (et il y en aura inévitablement).
En général, vers 11h elle réclame à manger, et continuera jusqu'à 12h - 12h30 si ça n'est pas prêt. Notez cependant qu'elle déclare qu'elle n'a pas faim sitôt que c'est prêt. Ces deux affirmations peuvent se suivre à intervalle de quelques secondes. BCBG on vous a dit!

Faute d'une promenade défouloir, Plouf, quand à lui, évacue son stress en courant autour de la cheminée (qui est au centre de notre maison) . Parfois il se gamelle (c'est Plouf-le-cascadeur je vous rappelle) et entame alors les cœurs avec sa sœur qui proteste énergiquement contre quelque chose (si elle ne sait pas pourquoi elle pleure, quelqu'un d'autre le saura certainement) ou pleure pas solidarité parce zut quoi à la fin! Ou sinon, ils se battent un jouet, et Plouf perd le combat puisque Xéna tape plus dur (on est guerrière ou on ne l'est pas).

Mission :
Vers 11h45, papa Hérisson attaque donc la préparation du repas. Faisons simple (rapport au facteur n°3) : purée de légumes, steak hâché. A ce stade, commence un intéressant numéro d'équilibriste : il va falloir préparer le repas et mettre la table, en occupant/consolant/surveillant les deux gnomes, le tout en empêchant les chats et le chien de s'attaquer à la nourriture. Un intermède changeage de couche-apocalyptique-qui-tue-la-vie n'étant pas exclu.
Jim semble penser que ça ne va pas être de la tarte...
Arrive le moment où le repas est servi. En général les gnomes s'installent d'eux-même à table (le plus dur étant de les faire y rester). Et c'est là que le facteur n°3 (nature des aliments) entre en jeu. Soyons clairs : les deux gnomes mangent de tout. Même si, comme pour tous les enfants, certains trucs passent mieux que d'autres. Non, le problème c'est que s'ils mangent en général tout seuls, la texture de certains aliment (soupe, purée, etc...) leur rend la tâche (c'est le cas de le dire) parfois ardue. Voire impossible. Et dans ce cas, le gnome est binaire : soit il refuse le plat, soit il demande à papa/maman de l'aider. Comprendre :  le nourrir comme s'il n'avait pas de mains.

Rappel des forces en présence : un papa Hérisson, deux gnomes. Vous pensiez que les gnomes étaient dans le camp de papa Hérisson? Erreur.  Ah oui, et deux chats (les deux autres étant dehors) ainsi qu'un chien. Sans oublier Vanina.

Plan de bataille :
Bon, ça se présente mal. Papa Hérisson est cerné. Il ne lui reste plus qu'à faire Camerone, comme on dit dans la légion.
Résumé de la bataille :

12:00 : C'est cuit. Papa Hérisson dégage chat n°4 du plan de travail de la cuisine et attrape la poêle contenant les steaks hachés. Du cheval. Ou du bœuf. Donc du cheval.
12:01 : Xéna pleure parce que ça ne va pas assez vite.
12:02 : Papa Hérisson dégage chat n°4 (oui encore elle) couchée sur sa chaise.
12:03 : Il sert les steaks hachés dans les assiettes des gnomes en consolant Xéna.
12:04 : Il dégage chat n°4 de la table et débite les steaks hachés en petits morceaux.
12:06 : Il court à la cuisine pour récupérer la purée en train de cramer et en profite pour dégager chat n°1 qui se trouve sur le plan de travail de la cuisine.
12:06 : Il court à la table et dégage chat n°4 de la chaise de Xéna qui commence à pleurer.
12:07 : Il console Xéna en servant la purée.
12:09 : Plouf veut bien la viande mais ne veut pas de purée. Papa Hérisson insiste.
12:10 : Plouf insiste de son côté. Papa Hérisson ne négocie pas avec les terroristes : pas de purée = pas de viande.
12:11 : Plouf s'assied par terre et pleure. Xéna réclame "T'aider papa!"
12:12 : Papa Hérisson sent son auréole pousser.
Plouf! Fais-moi le plaisir de t'asseoir à table! Presto!
12:13 : Entendant un bruit, le chien aboie, la caravane passe, papa Hérisson court dans la cuisine. Dégageant chat n°1, il récupère la poêle contenant son steak, oublié à son précédent passage.
12:14 : Il revient à table et dégage chat n°4.
12:15 : Plouf cesse de pleurer et annonce qu'il a faim. Il s'assied de nouveau à table.
12:16 : Papa Hérisson commencer à aider nourrir Xéna.
12:17 : Plouf veut de l'aide aussi.
12:20 : Le repas de papa Hérisson refroidit.
12:22 : Encore du bruit dans la cuisine. Papa Hérisson se précipite et dégage chat n°4 qui a trouvé la plaquette de beurre oubliée sur le plan de travail. S'assurant que la pièce ne contient plus de chat, papa Hérisson y remet la poêle contenant un reste de steak, la protège avec un couvercle assez lourd, puis ferme la porte de la cuisine.
12:24 : De retour à table, il dégage chat n°1 qui tentait sa chance du côté de Plouf.
12:25 : Alternant de Xéna à Plouf, papa Hérisson verse une larme sur son repas qui refroidit.
12:29 : Xéna pleure : ça ne va pas assez vite. Elle finit par se braquer et refuser de terminer son assiette. Repas fini pour elle. De toutes façons elle est cuite. Schlafen baby.
12:34 : Plouf termine son assiette, mais, fatigué lui aussi, ne veut ni fromage ni dessert.
12:38 : Les gnomes sont grognons, ils aspirent à aller siester. Papa Hérisson englouti son repas. Froid.
Repas fini, papa Hérisson, crevé, veut se réchauffer un café (il en reste dans la cafetière) avant de monter les gnomes au lit.
12:45 : Et c'est là que Vanina intervient. VANINA = Variable Aléatoire de Nuisances Intempestives Neutralisant vos Actions. On l'appelle parfois effet Pauli chez les physiciens, loi de Murphy plus généralement, ou encore principe d'emmerdement maximum. Bref, c'est le petit gravier qui vient se glisser dans le sandwich SNCF et fait dérailler les trains. Dans le cas présent : le micro-onde ne se lance pas. Le café de papa Hérisson restera donc froid. Pestant en émettant quelques jurons en allemand (la langue de Goethe se prête assez à ça comme je l'ai déjà dit) du style "Spaß beiseite!", il sort de la cuisine d'assez mauvaise humeur et attrape les gnomes qui pleurent pour les mettre à la sieste. Il checkera le micro-onde plus tard.
12:54 : Trainage des gnomes dans leur chambre, descendage de la poubelle de couches (remplie), remontage avec de l'eau pour que les gnomes puissent boire...
13:09 : 15 minutes, une histoire, deux pipis dans le pot, quelques pleurs et une menace de mise au coin (exécutée) plus tard, les gnomes sont au lit.
13:10 : Redescendant, l'escalier, papa Hérisson entend du bruit dans la cuisine. Il avait oublié de refermer la porte. Entendant ses pas, chat n°1 se sauve comme un voleur pendant que chat n°4 grogne. C'est pas bon signe quand elle grogne, c'est qu'elle a choppé un aliment carné. Bingo. Elle a réussi à soulever le couvercle de la poêle et s'attaque au restant de steak. Cette créature est l'incarnation du diable. Invoquant un taxidermiste-exorciste, papa Hérisson la dégage en vociférant.
13:15 : Vérification du micro-onde : la prise est disjonctée. Bon. On rejoncte, on lance le 'cro-onde. Rien. Nada. D'autres appareils sur la même prise fonctionnent, mais le 'cro-onde est bien mort. Paix à son klystron. Réchauffant son café à la casserole, papa Hérisson se lamente pour le bras que le rachat d'un four va lui coûter. Et là, il constate subitement que la série noire se poursuit...
13:22 : En vieillissant, le chien est devenu un peu sournois, et a développé des goûts... disons discutables. Sans rentrer dans les détails, il adore les couches des enfants. Pleines. Deux d'entre elles (qui se trouvaient dans la poubelle descendue plus tôt) gisent éventrées sur le tapis du salon. Yerk!
13:23
15:30 : Vous savez quoi? Les gnomes ont passé les deux heures de sieste à rigoler comme des baleines. Zéro dodo. Je vous raconte même pas leur état de fatigue et d'énervement le restant de l'après-midi...
Ach! Großß malheur que la guerre!

mercredi 28 août 2013

Mélange des genres

Avertissement : contrairement à ce que le titre de cette bafouille pourrait laisser penser, il n'y aura aucune référence ici au mariage pour tous.

L'autre jour, j'ai reçu un courrier publicitaire de ma banque, le Crédit Matué, qui me proposait une offre mirifique de téléphonie avec smartphone inclus, le tout ne coûtant qu'un bras.
Toi aussi, tu pourras sourire avec l'air niais avec nos mobiles.
Ma première réaction fut : "Flute... une pub en papier glacé cartonné, impossible d'allumer la cheminée avec... zou, au recyclage!". Ma seconde : "Euh minute... des téléphones? Attend... c'est pas une banque le Crédit Matué à la base?".

Bon, déjà moi, les téléphones portables, surtout les smartphones, c'est pas ma tasse de banania.  D'ailleurs mon téléphone portable est une antiquité datant de RamsesII (ce qui explique sans doute les hiéroglyphes inscrits sur la coque, que j'ai librement traduit par "Made in Egyptia", mais qui signifiaient peut être "zut à celui qui l'a lu").
C'est plus un téléphone portatif que véritablement portable en fait...
Il faut dire que j'habite un minuscule village, charmant au demeurant, en pleine cambrousse (donc : + de vache au m² que d'antenne au km²), et juste derrière une superbe église du XVIème siècle, plutôt massive, qui bloque à peu près tout ce peut exister en matière d'ondes nocives :
  • radiations en provenance de Fukushima
  • radio ou télé diffusant du Justin Bieber
  • onde sonores venant du parc de la mairie (pratique lors de la fête du lancer de motte de paille ou du festival du catapultage de cochon... dommage que le rassemblement de l'amical des motards  à grosse cylindrée se fasse dans le champ voisin)
  • réseau de téléphonie portable
Du coup, mon portable est en général éteint, ou déchargé, donc éteint (si j'ai oublié de l'éteindre et qu'il a cherché son réseau comme un gland pendant trois plombes). Fondamentalement, je ne suis pas technophobe : j'ai rien contre les smartphones (même si je soupçonne que pour la plupart des gens, cet appareil est aussi indispensable, en terme de rang social et d'utilité réelle, qu'un rectum doré à l'or fin). Pour en revenir à mon cas personnel : disposer d'un de ces gadgets coûteux et fragile ne présenterait donc qu'un intérêt restreint puisque je ne pourrais m'en servir chez moi (pas de réseau) et que cela m'est interdit sur mon lieu de travail.
Allô! Non mais allô quoi! T'es un geek et t'as pas de smartphone?

Mais revenons à notre publicité, et allons au delà de l'aspect essentiellement technique, pour nous concentrer sur le contexte. Or donc, une banque se met à vendre du téléphone portable et des forfaits. Je suis le seul que ça choque? Ok, le Crédit Matué n'en est pas à son coup d'essai : ils faisaient déjà assurance en plus. Mais à la limite, ça peut encore se justifier compte-tenu des parallèles entre les deux activités :
  • Principe d'un banque : vous convaincre de la nécessité de leur confier votre pognon, dont l'accès vous sera alors facturé, et qui sera utilisé inconsidérément par la banque en investissements douteux et autres transactions boursières hasardeuses, dans le but (théorique) de disposer au final à la fois de votre pognon et de celui des autres.
  • Principe d'une assurance : vous convaincre de la nécessité de leur payer une somme prohibitive en échange de la vague assurance (d'où le nom), sur laquelle vous pouvez généralement vous asseoir au final, de vous la restituer en cas de pépin. Cet argent sera utilisé par l'assurance en investissements douteux et autres transactions boursières hasardeuses, dans le but (théorique) de disposer au final à la fois de votre pognon et de celui des autres.
Plus qu'un slogan, un mode de pensée.
Notons que ces principes ont été développés par la jurisprudence récente, qui nous montre que si la banque (ou l'assurance) fait une gosse boulette qui risque de la mettre sur la paille, les pertes sont alors mutualisées par la collectivité. Comprendre : tu vas payer pour leurs conneries (cf. : affaire Crédit Lyonnais, affaire Kerviel, faillite de Dexia, etc...). L'idée directrice étant la suivante : on fait les cons avec ton fric, donc si on se plante, c'est toi qui paye.
Tandis que si la banque (ou l'assurance) engrange des bénéfices colossaux, ces derniers sont bien évidemment privatisés. Comprendre : tu peux te brosser pour récupérer le moindre kopeck, même sous forme d'une baisse de tes frais. On a réussi à faire fructifier ton flouze, donc on engrange les bénéfices. On peut résumer ça à la formule : pile je gagne, face tu perds.

Bizarrement, par contre, si toi tu es financièrement dans la mouise en difficulté (par exemple à découvert), la banque va commencer par t'enfoncer t'aider en te collant des "frais de commission d'intervention" (un terme technique désignant une taxe sur les emmerdes). Si ça ne suffit pas et que tes ennuis perdurent, la banque transmettra amicalement ton dossier à la Banque de France (pour ton bien), qui te placera de façon fort paternaliste en interdit bancaire, voir sous tutelle : sorte de fatwa bancaire consistant à dire que la banque sait mieux que toi comment gérer ton argent (cf. : affaire Crédit Lyonnais, affaire Kerviel, faillite de Dexia, etc...) et que du coup elle va te dire ce que tu as le droit d'en faire ou pas.
Jérôme Kerviel va t'apprendre à dépenser intelligemment, malandrin!


Bon. Banque ET assurance, pourquoi pas... mais opérateur mobile, je m'interroge...

– Non, mais en fait, ça se tient : souvent le forfait d'un smartphone est accolé à un crédit déguisé pour l'achat de l'appareil à tarif raisonnable!

D'accord. Alors, déjà "raisonnable", ça veut pas dire que ça coûte moins cher : juste que au lieu de payer un bras d'un coup, tu paye deux bras, mais étalé sur deux ans. C'est le principe du crédit, ne croyez pas que les banques soient des organisations philanthropiques! Ensuite, si les banques commencent à commercialiser tout ce qui est (ou peut être) adossé à un crédit, on peut aller très loin.

Petit exercice d'anticipation :

Nous sommes en France en 2025, sous la présidence de Jean Sarkozy (élu en 2022 contre le sortant Manuel Valls). Le gouvernement, dirigé par Mickaël Vendetta, lutte vaillamment contre la crise et le chômage (on ne change pas les valeurs sures). Le ministre de l'intérieur, Steevy Boulay, tente quant à lui de circonscrire courageusement la criminalité galopante.Comme on le voit, rien de bien neuf sous le soleil.
Oh le beau gouvernement!

De son côté, papa Hérisson a maintenant quatre enfants. Oui, quatre. Bon, honnêtement, la quatrième c'est accidentel. Le préservatif Créditmatuex™, trop fin à cause d'une économie de matière première, n'a pas tenu ses promesses : le cours du latex avait beaucoup monté en raison d'une bulle spéculative (qui a éclaté depuis, elle aussi). Et malheureusement, la pilule du lendemain des laboratoires Créditmatis™, produite en Mandchourie avec des matières premières moldaves contenant du cheval OGM (suite à l'opération fructueuse d'un trader bien intentionné), n'a pas tenu toutes ses promesses non plus. Enfin bref, ça pourrait être pire... papa Hérisson a des amis qui avaient des problèmes de fertilité et sont allé à la clinique privée spécialisée Saint Bénéfice du Créditmatué™ pour une PMA. Maintenant ils ont sept enfants. Une portée de labradors nains. Une amusante confusion avec un lot destiné au laboratoire vétérinaire Créditmator™.
En attendant, quatre enfants, dont deux ados en pleine croissance, il faut les nourrir, et croyez-moi : ça bouffe. Alors papa Hérisson va faire les courses au Créditmarché™ le plus proche, accompagné de Xéna (la cadette), l'aîné étant en phase "C'est bon, lâche moi!", et le puiné et la benjamine un peu trop jeunes pour le transport sécurisé des victuailles fragiles (genre les œufs Créditmatine™). Vous noterez au passage que papa Hérisson et maman Koala sont de vrais pros, puisqu'ils ont deux garçons et deux filles, assurant ainsi la parité parfaite de la famille. On est doué ou on ne l'est pas.
Papa Hérisson parcourt donc les rayons en remplissant le chariot, vaguement aidé par une Xéna peu concentrée, casque de Crédimapod™ vissé sur les oreilles. Bon, papa Hérisson ne dit trop rien, elle n'écoute pas toutes ces merdes modernes du label Créditmusik™ à base "d'intelligences artificielles" sorties de IA Académie (télécrochet diffusé sur FranceCréditTV™) et qui ne doivent leur succès qu'à leur participation à la BO de blockbusters du jeu vidéo comme GTA trentedouze, Call of Duty quarantequinze, ou Angry Birds contre les lapins crétins vingtseize. Elle préfère les vieux classiques (des trucs qui passent sur CréditNostalgie™ comme Justin Bieber, Superbus ou Benjamin Biolay).
Passage en caisse automatique (bin oui, vous voudriez pas qu'on paye quelqu'un pour faire un boulot que vous pouvez faire vous-même gratuitement)(enfin non, pas gratuitement d'ailleurs : vous payez pour ça). Et là, ça se gâte. Y a des trucs qui bipent bizarre. Papa Hérisson, méfiant, se dépêche de payer et d'entasser la marchandise en sac. Direction la voiture (une Peugeoyokia-CréditCar™ en leasing). Brusquement, surgissent trois vigiles de la Créditsecu™.

– Assuré CréditSanté™ n° 41815162342, veuillez nous suivre.
– Enchanté assuré machin-chouette,moi c'est papa Hérisson. Veuillez tailler la route.
– Non, vous êtes l'assuré n° 41815162342, veuillez nous suivre.
Vous êtes un peu sourd ou un peu con, ou les deux, veuillez foutre le camp. Primo, je ne suis pas un numéro, je suis un Hérisson libre! Et secundo : je ne signe aucune pétition sur un parking, n'achète rien aux vendeurs à la sauvette, ne répond jamais aux sondages, ne crois ni à Jéhovah ni à Krishna ni à Rael ni au Monstre en Spaghetti volant, et vous n'arriverez jamais à me faire croire que vous êtes des écolières en train de vendre des brioches pour financer un voyage scolaire.
– La caisse automatique nous a signalé que vous aviez pris des tablettes de chocolat.
– J'ai également pris une boite de flageolets et des rouleaux de PQ... la caisse ne vous a pas envoyé de faire-part? Étrange...
– Votre dossier médical stipule que vous avez un léger excès de cholestérol et une prédisposition génétique au diabète. Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais la ministre Nabila Benatia a fait passer une loi suite aux émeutes déclenchées par les paysans bio du plateau du Larzac en 2022. La loi du 30 février 2023 stipule, je cite : "Non mais allô quoi! En cas de menace, telle que définie par les autorités sanitaires, envers la santé d'un assuré, la rétention du ou des produits alimentaires concernés avant ou après leur acquisition est autorisée. Bisous. Lol." Pâte de cacao, beurre de cacao et sucre font partie des substances qui vous sont interdites, assuré n° 4815162342. Remettez-nous ces tablettes.
– Donc, pour résumer, vous voulez me chiper mon choco que j'ai déjà payé, sous le fallacieux prétexte que ça serait mauvais pour mon cholestérol?
– C'est une rétention de marchandise, telle que définie et autorisée par la loi. Afin de protéger votre santé malgré vous monsieur.
– Par pure bonté d'âme, évidemment, et pas parce que l'assurance espère ainsi s'épargner des frais de remboursement de soins...
Forcément, quand on parle de chocolat, Xéna se réveille.
– Papa? Il raconte quoi le pingouin là?
– Que pour avoir notre chocolat, il va falloir lui passer sur le corps ma chérie.
– Ah... bah il suffisait de demander.
On ne plaisante pas avec le chocolat dans la famille Hérisson!
– Et maintenant, on fait quoi papa?
– Aide-moi à les plier dans le coffre s'il-te-plait, j'ai le dos en compote.
– On va les faire sécher au grenier?
– Franchement, ça m'étonnerait... quand ta mère saura qu'ils voulaient nous truander le choco, je pense qu'elle va en faire de l'engrais pour le jardin. Maman Koala ne plaisante pas avec ça.

Bon, évidemment, c'est très exagéré : en réalité le chocolat n'est pas nocif vis à vis du cholestérol, au contraire. Mais bon, c'est une fiction hein... Quelque part, ce mélange d'activités me fait penser à tous ces produits "2 en 1", "3 en 1" qu'on essaie de nous fourguer. Prenez votre smartphone qui vous a coûté un bras et vous sert de téléphone-appareil-photo-lecteur-mp3-mp4-agenda-sextoy-console-de-jeu-accessoire-de-mode. Vous n'êtes pas un peu enquiquiné si on vous le chaparde ou qu'il décide de piquer une tête dans la cuvette des WC ? (je ne veux pas savoir ce que vous faisiez avec)
Le smartphone de Mac Gyver.
Ou encore :  les combo "télé-lecteur-DVD-Blue-ray", ou les combo lave-linge/sèche-linge. Le jour ou l'un des composants tombe en panne, il ne vous reste qu'à vendre un rein pour remplacer tout le bouzin. De façon générale, gardez à l'esprit que tout produit étiqueté : "chiffre-en-autre chiffre" est une sorte d'arnaque institutionnalisée par les services marketing.
Une arnaque de sinistre mémoire...
Et que dire des équipement "tout compris" comme par exemple les cuisines toutes équipées? Votre four tombe en panne, pas de problème il suffit de le changer monsieur... vous avez combien sur vous? Juste vos bras? Ah bin ça tombe bien dites donc. Aller voir la concurrence ? Ah ah ah! Nos fours s'encastrent au millipoildu, vous ne trouverez aucune autre référence compatible. Alors ces bras... vous préférez payer en plusieurs fois?

Bref, j'arrête là ce chapitre : vous aurez évidemment compris que le but final est que vous l'ayez dans le c...
Finalement, y a une certaine cohérence dans la démarche...