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dimanche 14 octobre 2018

Les calottes sont cuites, ou le syndrome de la balayette à chiottes

Le problème avec l'écologie (et je ne parle pas de l'écologie politique, ça c'est encore un autre problème) et le réchauffement climatique ça n'est pas que tout le monde s'en fout.
Bah non justement, je viens de dire le contraire...
D'ailleurs, tout le monde ne s'en fout pas :
Marche pour le climat du 13 octobre, à Angers
Non, le vrai problème, c'est le syndrome de la balayette à chiottes.

–Que... quoi?

Le syndrome de la balayette à chiottes. Vous voyez quand même ce que c'est une balayette à chiottes?
Mesdames messieurs : la cause de la prochaine fin du monde.

–Mais... quel rapport avec l'écologie et le réchauffement climatique?

C'est simple : chez vous, quand vous allez aux toilettes et que vous faites un truc un peu trop... explosif par exemple, pour prenez la balayette et vous nettoyez, parce que sinon c'est un peu dégueu. Bon. Par contre, vous aurez certainement remarqué qu'en collectivité, c'est loin d'être toujours le cas. A croire que le mec qui vient de déposer un bousin d'éléphanteau diarrhéique dans la cuvette se dit que ça va disparaître tout seul ou que des gens sont payés pour nettoyer sa m... En gros, plutôt que d'attraper la balayette et de récurer un chouïa la porcelaine, ils préfèrent laisser le prochain qui va rentrer s'en charger à leur place, ce que ce dernier se garde généralement bien de faire au final, préférant faire la grimace en lançant un "Beurk!" dégoûté avant de passer dans le chiotte d'à côté et d'y lâcher leur propre bouse méphitique. Bref : chacun se refile la balayette, et personne (ou presque) ne l'utilise vu que c'est son chiotte à lui, mince naméo!

Bin l'écologie c'est pareil, tout le monde ne s'en fiche pas, mais c'est surtout que ceux qui s'en foutent justement, sont :

  1. les plus nombreux
  2.  ceux qui ont le pouvoir/le pognon/l'influence (rayer la mention inutile ou ajoutez-y celle de votre choix) de décider pour les autres que les p'tites bébêtes, les arbres, l'eau claire et la santé publique on s'en tartine la courge avec une balayette à chiottes. 24 carats la balayette à chiottes soit dit en passant.


Samedi 13 octobre, au cas ou vous ne l'auriez pas su, avait lieu une énième marche pour le climat. En gros une manif ou plein de gens concernés –non ça veut pas dire plein de gens un peu trop bon et cernés par un cordon de CRS un peu bas du front, je ne me permettrais pas...– défilaient pour dire que ça pourrait être sympa d'arrêter les conneries sur le plan environnemental. Ou si vous préférez, que ça serait éventuellement cool que la seule planète habitable que l'on connaisse puisse le rester un minimum, vu que c'est là où on habite. Où l'on habite TOUS. Y compris les propriétaires de la fameuse balayette à chiottes, du toilette qui va avec, et du rouleau PQ qui l'accompagne. En gros, si chacun pouvait au minimum laisser les lieux dans l'état dans lequel il les a trouvé...
Même essuyée avec une feuille d'or, la m... reste de la m...
Je le sais, j'y étais, dans l'une des 80 manifs organisée dans 80 villes de France. Y avait un peu de monde hein. Disons 1000 à 2000 personnes à vu de truffe dans mon patelin, 14 à 15.000  à Paris, ce qui démontre bien que tout le monde ne s'en fout pas. Mais ça reste peu. Très peu. Trop peu. Au journal du soir ou à la radio : juste un entrefilet à ce sujet...

"... manifestation ce jour qui a réuni plusieurs milliers de personnes pour attirer l'attention sur les changements climatiques. Sans transition, l'info du jour c'est l'élection de Anabelle Varane au titre de miss Nord-Pas-De-Calais, pendant que Eric Zemmour..."

Entre la brosse à WC et le rouleau de papier toilette je vous dis.

Et pourtant, c'est pas faute de le dire que la situation est critique :
Je passe sur toutes les alertes précédentes qui nous ont été données : ça doit faire au bas mot 30 ou 40 ans que des scientifiques nous préviennent qu'on est dans la mouise si on ne change pas de façon de faire.

–Oui, bon, ok, mais il y a eu l'accord de Paris quand même...

Aaaaah oui, le fameux accord de Paris. On parle bien de cet accord qui vise à contenir la hausse des température en deçà de 2° à l'horizon 2100 hein? Donc un bon demi degré au dessus de la limite au delà de laquelle on va prendre cher? Cet accord dont les USA (l'un des premier pollueurs de la planète) viennent de se retirer sous l'impulsion de Donald, célèbre propriétaire de chiotte en or? Cet accord passé en décembre 2015 visant à réduire chaque année les émissions de gaz à effet de serre, passé à Paris, capitale de la France, l'un des principaux signataires et promoteur de cet accord ("Make our planet great again!"), France dont les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 3,2% en 2017?

–Euh... oui... hum...

Ah oui donc. Ça à l'air chouette dites moi. Je pense que ça a des chances de fonctionner. D'ici un ou deux millions d'années.
Plus d'humains, plus de CO2.
–Oui bon d'accord, les politiques se foutent de nous, mais la finance mène le monde : or l'économie peut parfaitement devenir verte! La preuve, le dernier Nobel d'économie promeut une croissance verte!

Ah bah oui, à fond la croissance verte. D'ailleurs William Nordhaus, l'un des économistes "verts" récompensé cette année du prix Nobel d'économie et d'avis qu'une augmentation des températures de 3,5°c (soit deux de plus que ce que le GIEC et la majorité des scientifiques pensent être la limite extrême de ce que notre biosphère pourra supporter sans catastrophe irrémédiable) c'est cool! Il y voit une opportunité sur le plan économique et financier. Notez bien, c'est sur que lorsque tout sera parti e couille, il va y avoir des sacrées opportunités sur le marché du travail : 
  • plus d'abeilles? qu'à cela ne tienne, des emplois de pollinisateurs s'ouvrent à vous!
  • explosion des pandémies tropicales (ébola, Marburg, etc...) dans les pays développés? pas grave, les labos pharmaceutiques vont se faire des testiboules en or massif (décidément...)
  • submersion de larges zones par la montée des eaux? peuh! Ça va favoriser le bâtiment et la fabrication de digues ou la construction d'îles artificielles. Enfin, pour ceux qui peuvent se les offrir bien sûr, parce que ça doit bien coûter un WC en or ces trucs là...
–Non, mais la montée des océans, il parait que c'est du pipeau : même si les pôles fondent ça fait pas monter le volume car les glace prend plus de place que l'eau au final! Pensez aux bouteilles qui éclatent au congélateur!

Vous auriez pu avoir raison. Sauf seule la calotte polaire nord est une calotte flottante. Le continent antarctique est un sol rocheux recouvert de glace : si elle fond, cela augmentera inévitablement le volume d'eau présent. Et ne parlons pas des glaciers présents un peu partout dans le monde. Au delà de ça, il y a un autre problème : la dilatation thermique des océans. Comme toute matière, l'eau à tendance à se dilater lorsqu'elle se réchauffe. A l'échelle d'une bouteille d'eau c'est faible, mais à l'échelle de l'ensemble des océans, ça peut représenter plusieurs mètres de hausse.

Et là, on n'aborde cette problématique que sous l'angle de la submersion des terres. Et déjà, il faut penser aux déplacements de populations, et donc aux troubles géopolitiques que cela va engendrer. Vous avez kiffé la crise des migrants en méditerranée? Alors vous allez adorez la crise des réfugiés climatiques j'en suis sûr...

Mais ça n'est pas tout : si les pôles fondent, ça aura un impact sur les courants marins. Le Gulf Stream par exemple qui apporte la chaleur équatoriale sur l'Europe. Sans lui, l'hiver continental en Europe serait sans doute beaucoup plus rude. Que diriez vous d'hiver à -20 ou -30°? Vous avez noté comme c'est le bazar sur les routes et les rails de France dès qu'il y a 1 cm de neige? Vous imaginez à 40 cm? Et puis, ça serait sympa les étés à 50°c et les hivers à -30 non? Aucune chance que des tels écarts de températures aient la moindre conséquence sur la structure des bâtiments et des ouvrages d'art hein...
Va falloir vous y habituer...
Et puis, il y a les maladies. Qui dit hausse des températures, dit territoire plus vaste pour certains insectes vecteurs de maladies tels que les moustiques. Vous verrez : ébola c'est sympa. Ça vous fera même regretter la bonne vieille grippe. Ah non, elle sera toujours là. Ainsi que le choléra, la peste, zika, le SRAS, etc...

–Ok ok, n'en jetez plus. Mais bon, les scientifiques trouveront bien un truc pour nous sortir de là! Et la géo-ingénierie alors?

Et oui bien sûr : le mythe scientiste.

–Hein?

Oui, cette vieille croyance comme quoi "Oh bin, les savants, ils vont bien nous trouver un truc hein!". Ah bin remarquez, ils fourmillent d'idées. Et en grand format en plus! En vrac : 
–Quoi? T'as mal au crâne? Bin t'as qu'à te tirer une balle dans la tête!
  • envoyer un grand écran dans l'espace entre la terre et le soleil pour filtrer et réduire le rayonnement solaire et ainsi refroidir la terre
  • ensemencer les océan avec des millions de tonnes de fer ou de calcium pour augmenter la rétention de CO2
  • repeindre de vaste surfaces (genre des pays entiers hein) en blanc pour augmenter la réflexion lumineuse et faire baisser la température
  • ensemencer les nuages avec du souffre pour obscurcir le ciel (et donc faire baisser la température
  • installer des gros machines pour filtrer l'air et extraire le CO2 (alimentées probablement avec des hamsters dans des roues pour ne pas produire du CO2 en même temps on imagine?)
Et j'en passe et des meilleures. Et tout ça à l'échelle planétaire évidemment. Le truc qui ne coûterait bien sûr pas une blinde un pognon de dingue et qui est totalement crédible.
Totalement.

Le pire, c'est que certains commencent à spéculer financièrement sur des telles technologies, partant du principe que parvenir à limiter nos conneries c'est peu crédible et que donc on en viendra forcément à ce genre de solutions à la con.

Ah au fait : toutes ces technologies sont purement hypothétiques, personne n'ayant la plus petite foutue idée de la manière dont l'intervention sur l'un de ces paramètres (ensoleillement, rétention des océans, etc...) pourraient avoir un impact non prévu et potentiellement destructeur. Voilà voilà.

On passera bien évidemment que ces technologies pourraient déboucher sur des armes climatiques, avec les effets dévastateurs que l'on imagine... Franchement, qui prendra le risque de se lancer là dedans au risque de tout péter encore plus sévère que maintenant?
Ok, mettons que je n'ai rien dit.

Bref. En attendant a prochaine manif n'y fera probablement rien de plus. Et d'ailleurs, il n'y aura sans doute guère plus de monde à s'y rendre. 

Nous sommes tous tellement occupés, entre la sortie shopping, le match de foot des enfants, le dernier Marvel à voir au ciné en 4D avec odorama et le lavage de la voiture... pas évident de se dégager du temps pour toutes ces conneries d'écolo. Et puis franchement hein : y en a encore plein des pitis insectes et des pitis oiseaux. Et pis dans le fond, on vit bien hein... c'est pas si nul le réchauffement climatique : on peut même se faire un barbec' avec de bonnes saucisses OGM un 13 octobre avec 29° sur la terrasse en sirotant un pastaga tout en aspergeant son gazon de bon Roundup® de chez Monsantox®. Franchement, je vois pas ce qui pourrait tourner vinaigre hein...

Bon. Vous je ne sais pas, mais au cas où, moi, je vais me préparer au pire hein...
Je vous laisse la balayette à chiottes hein...

samedi 12 mai 2018

L'abeille coule, l'abeille coule, l'abeille coule...

Punaise! Ce qu'il est poussiéreux ce blog! Faudrait que j'y passe plus souvent quand même...

–Je ne vous le fais pas dire!

Dites donc! Je suis le proprio ici, je fais bien comme je veux quand même! Naméo! Bref, avant que je ne trouve quelques minutes pour vous narrer la suite de l'affligeante série Shannara, nous allons causer un peu de trucs plus triviaux, tels que :

  • biodiversité
  • bestioles à 6 pattes
  • métiers du bâtiment
  • survie du genre humain


Vous l'aurez deviné nous allons parler d'abeilles, et pour être totalement précis, d'abeilles maçonnes.

Avertissement liminaire : cet article ne contiendra aucune blague ni stéréotype pétris de beaufitude sur les portugais et les espagnols bien que nous parlions d'abeilles "maçonnes". N'insistez pas, c'est inutile. Merci.

Coucou!!!
L'abeille maçonne ? Est-ce pour faire construire votre terrasse au black sans hypothéquer un testiboule en frais de maçon? Pas du tout : c'est parce qu'on peut en adopter depuis la réussite du financement participatif sur Ulule de la BeeHome. L'objectif est double, voire triple :

  1. permettre de sauvegarder l'espèce
  2. favoriser la pollinisation de votre potager et de vos arbres fruitiers en particulier
  3. c'est très didactique : on peut les observer travailler

Le financement est clôt, mais vous pouvez commander une BeeHome sur le site abeillessauvages.fr. Et ça tombe bien, c'est ce qu'a fait maman Koala pour mon anniv'.

Bon, ok, mais pourquoi des abeilles "maçonnes"? C'est quoi la différence?

Bon. Quand on vous parle d'abeilles, je pense que la première chose qui vous vient à l'esprit, c'est ça :
Chouette! Du miel!
Logique puisque les humains s'intéressent en général à ce qui peut leur rapporter quelque chose, en l'occurrence du miel. Les abeilles mellifères (qui produisent du miel) sont des insectes dit sociaux. Elles vivent donc en colonies (les ruches) d'ouvrières asexuées sous la direction d'une reine, seule reproductrice du groupe si l'on excepte les quelques mâles destinés à la féconder. C'est donc un matriarcat.
Oui, le matriarcat, c'est cool.

Pour information, on a trouvé une abeille primitive fossilisée dans l'ambre datant de 100 millions d'années (période de l'apparition des premières plantes à fleur), et il existe des traces d'abeilles très similaires à celles que nous connaissons vieilles de 70 millions d'années. Ce qui veut dire que ces p'tites bébêtes volantes ont allègrement survécu à la grande extinction de la fin du Crétacé.

–La quoi?

La disparition des dinosaures si vous préférez.

Bref, si je résume, les abeilles mellifères fonctionnent en mode startup : la pédégère dirige les ouvrières qui ne comptent pas leurs heures pour :

  • fabriquer les alvéoles
  • collecter du pollen et du nectar
  • produire du miel et de la propolis
  • s'occuper des larves
Lorsque la ruche startup devient trop peuplée staffée, Jean-Michel de la compta prévient Jean-Paul des ressources humaines afin d'en aviser la pédégère lors d'une conf call avec quelques slides. Suite à un Benchmark, cette dernière décide alors de produire une nouvelle reine nommer un de ses cadres pour aller fonder une nouvelle franchise de la startup dans un autre open space histoire de disrupter un peu plus loin.

L'abeille maçonne, elle, est une abeille solitaire...
Lucky Bee, l'abeille qui bzzzzz plus vite que son ombre.
Solitaire, ça ne veut pas dire qu'elle pratique l'onanisme bande de petits fripons! Ça signifie que cette abeille là ne vit pas en ruche travaille pas en startup, mais fait dans l'autoentrepreneuriat. Pas d'ouvrière, de soldates, de reine, etc... chaque abeille maçonne est une femelle ou un mâle complètement sexué•e (comment j'te place le point médian pour l'écriture inclusive tavu!), produisant ses œufs et sa propre lignée génétique. L'abeille solitaire, c'est un peu le punk à chien zadiste des abeilles.

Comme ses cousines les abeilles mellifères, l'abeille maçonne passe une bonne partie de son temps à récolter du pollen et du nectar, pollinisant ainsi les plantes environnantes (ce qui permet par exemple aux arbres fruitiers de produire des fruits à partir de leurs fleurs : sans insecte pollinisateur, pas de fruits). En revanche, elle ne produit pas de miel.

A l'état naturel, l'abeille maçonne s'installe dans un petit studio insalubre tunnel (bois creux ou autre), à proximité d'une source de nectar et de pollen, ainsi que d'une réserve de boue ou d'argile. Une fois le lieu choisi, elle stocke du pollen et du nectar dans ce tunnel, y pond un œuf, puis bouche l'entrée en fabriquant un mur de boue pour protéger sa future progéniture. Au bout de 2 à 5 semaines (dans de bonne conditions de température), l’œuf éclot et la larve s'empiffre alors la réserve de nectar à sa disposition avant de tisser son cocon en vue de sa transformation en abeille adulte (en une quinzaine de semaine théoriquement, mais elle restera en cocon durant l'hiver : les insectes ont en effet le sang, enfin l'hémolymphe, froid et sont donc inactifs en hiver, on dit qu'ils tombent en diapause).

Les suisses à l'origine de la Bee Home proposent donc tout bêtement de vous envoyer un petit abri à abeilles dont la partie centrale, amovible, est constituée de tubes de bambous parfaitement adaptés aux abeilles maçonnes.
HLM pour abeilles

Ils vous fournissent également un tube contenant une vingtaine de cocons, prêts à éclore lorsque la température est adaptée. Dès lors, les p'tites bébêtes vont passer leur temps à bzzzbzzzter dans le secteur pour collecter du nectar et construire des murs dans leur demeure.
Sur cette photo, on voit distinctement Mireille, abeille maçonne, visiter un appartement disponible tandis que deux autres sont déjà murés.
Cerise sur le gâteau : l'abeille maçonne ne pique pas (bon, théoriquement la femelle a un petit dard, mais faudrait vraiment la faire ch... pour qu'elle s'en serve, et la piqûre serait sans gravité) et ne s'intéresse ni à la nourriture humaine, ni aux boissons sucrées.

Très intéressant à observer, on peut les voir monter leurs murs au fur et à mesure : chaque tube va accueillir plusieurs chambres successives, dont on peut observer le colmatage petit à petit.
On peut observer ici Jean-Luc de retour du Leroyrama le plus proche avec son chargement de parpaings

Alors certes : la BeeHome n'est pas donnée. Du coup, ses créateurs (suisses) proposent actuellement en financement participatif la BeeBox pour une somme plus raisonnable.  En gros, c'est comme la BeeHome, mais sans l'armature de protection qu'il vous faudra éventuellement bricoler vous-même (ce qui ne devrait pas être trop compliqué si vous êtes un minimum bricoleur) : vous avez juste la boite de logement centrale. Il reste encore 8 jours pour participer à ce crowdfunding, donc n'hésitez pas, c'est l'occasion.


Des questions ?

Oui, moi : est-ce que je dois déclarer mes abeilles maçonnes à l'urssaf?
►Ça dépend : si votre "abeille" est en train de couler une chape maigre et se nourrit de sandwichs jambon-beurre, je vous le recommande oui...

Elles ne font même pas de miel? Ça ne serait pas un peu des grosses feignasses vos abeilles suisses là?
►Franchement? Elles n'ont pas la sécu, ni les congés payés et font tout le boulot toutes seules (autoentrepreneurs je vous dis!)... alors bon, elles n'ont pas vraiment le temps de buller m'voyez...
"–Oui, bon, bah, j'm'accorde une tite pause quand même..."

C'est quoi l'intérêt?
►Ça fait "bzzzzz". Ça pollinise vos plantes.

Des abeilles "sauvages"... elles seraient pas un peu anarchistes vos abeilles?
►Si. Carrément. C'est les punks à chien des abeilles. NDDL powaaaa!

Vous savez répéter "L'abeille coule" à 20 reprises très vite sans vous tromper?
►Oui. Fastoche. L'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule.

Pourquoi soutenir un projet consistant à sauver des abeilles sauvages plutôt que des abeilles mellifères?
►Parce que c'est un beau PROJEEEEEEET!

Nan mé lé zinsektes onsenfou! sa serre arien! sa a plin de pate é cé dégueu!
►J'ai envie de dire...
Parce que selon une récente étude, en Europe près de 80% des insectes auraient disparu au cours des 30 dernières années. or, outre leur fonction de pollinisateurs sans lesquels l'approvisionnement en fruits et légumes risque de devenir problématique, les insectes forment aussi l'un des premiers maillons de la chaîne alimentaire : si les insectes disparaissent, leurs prédateurs disparaissent aussi... et ainsi de suite. Jusqu'à nous. Si si. Du coup, si on peut déjà en sauver quelques uns...

C'est quoi le rapport entre les abeilles et Papa Hérisson?
►J'aime les trucs qui piquent.

vendredi 13 janvier 2017

L'an jeux de 2017

Avertissement liminaire : cet article pourrait probablement être considéré comme "sponsorisé" dans la mesure où le jeu "Sauve moutons" m'a été fourni gracieusement par l'éditeur Bioviva à titre de test. Bioviva ne m'a toutefois donné rigoureusement aucune consigne concernant la rédaction de mon article, et l'avis que je donne sur leur jeu s'efforce d'être impartial et objectif. Sachez donc que si vous êtes éditeur de jeux, fabricant d'articles pour enfants ou pour la famille ou encore concessionnaire Porsche (liste non exhaustive) et que vous souhaitez me voir écrire un article dithyrambique sur votre produit :
  1. je n'accepte que rarement les partenariats, beaucoup s'y sont cassés les dents
  2. je tiens à conserver mon indépendance éditoriale (d'façon, mon blog ne me rapporte rien alors je n'ai rien à perdre)
  3. je suis corruptible si on y met le prix, à vos chéquiers!
    Don totalement désintéressé à la Fondation Papa Hérisson pour le bien-être des papas qui piquent un peu.

Oyez, oyez, c'est l'heure du traditionnel (bin quoi? Deux fois c'est une tradition non?) article du nouvel an sur les jeux de société sympas en famille ou entre amis. Nous avons eu l'occasion de tester plusieurs jeux au cours des dernières semaines, et ce dans les conditions les plus rigoureuses et les plus sévères, avec des critères tels que :
  • résistance physique à la manipulation par des gnomes et/où le diable de Tasmanie qui me sert de chienne (venue à bout de bien des objets dans la maison)
    Ma Boulette en phase joueuse.
  • résilience face à la tricherie par des joueurs chevronnés ("Je ne triche pas, je prends juste mes aises par rapport à une application trop stricte et bornée des règles. Je suis créatif.")
    Ceci est une gravure montrant l'utilisation de goudron et de plumes.
  • engouement qu'ils suscitent ("Ça tente quelqu'un un p'tit "Pix"?" "..." "Ok, j'ai compris... Uno?")
    "–Formule Dé! Formule Dé! Formule Dé!"
  • l'originalité de leur concept ("Non mais ok, c'est comme le morpion... Mais les pions sont à l'effigie des héros de Star Wars tu te rends compte!!!? Et ça ne coûte qu'un rein!!!")
  • la minimisation des emballages, en mode #zérodéchet, parce que chez moi le passage des éboueurs se paie, que souvent les industriels abusent un peu, et que je n'ai pas encore détourné de caisse noire venue de Russie dans le cadre de l'élection présidentielle gagné au loto
  • le prix, parce que cf. ci dessus
Voici donc la petite sélection du moment, avec, à tout seigneur tout honneur, celui qui est plébiscité par les gnomes depuis qu'on l'a reçu...

Sauve Moutons, de chez Bioviva : un jeu à perdre la laine!

Un jeu qu'il est en 3D!
Bioviva, ça n'est pas la première fois que je vous en parle. J'aime bien cet éditeur de jeux, car il est engagé écologiquement :
  • leurs jeux sont à thématique nature/écologie (comme celui-ci, ou celui-là)
  • leurs jeux sont éco-conçus pour minimiser l'impact environnemental de leur fabrication
  • leurs jeux contiennent uniquement des matériaux recyclable (carton, bois, etc...)
  • ils minimisent les emballages autant que possible (et lors d'envois postaux, ils calent leurs colis avec des flocons de maïs au lieu des classiques flocons de polystyrène, ce qui permet en outre de s'amuser avec (les flocons de maïs se vendent d'ailleurs comme jeu de construction écolo)
    Exemple de la production gnomesque avec les flocons de maïs en question
Principe du jeu
Le "plateau" de jeu (en 3 dimensions, et facile à monter même pour des petits de 5-6 ans) représente la montagne, divisé en 3 étages comportant chacun 4 cases (un quart de chaque étage). Vous disposez d'un troupeau de 10 moutons se trouvant au début à l'étage du bas, et dont l'objectif est d'atteindre le pâturage situé à l'étage du haut de l'autre côté sans se faire bouffer par le loup. Il faut aussi éviter les cartes spéciales "foudre" et "aigle". Le jeu se joue en mode coopératif : les joueurs jouent tous ensemble pour sauver le maximum de mouton. Le loup joue en mode "automatique", mais un mode de jeu alternatif permet à un joueur de choisir d'incarner le loup et de jouer contre les autres joueurs.
♫ Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline... de l'attendre avec un petit bouquet d'églantines...♪

Concrètement : pour gagner il faut qu'il ne reste plus de moutons sur la montagne, et qu'il y en ai plus au pâturage que dans le garde-manger du loup. Les déplacements des moutons se font à l'aide de cartes (face visible), défaussées après usage, ce qui permet d'établir une forme de stratégie. Les déplacement du loup se font en piochant des cartes dans le tas des cartes "loup" (faces cachées) : les actions du loup s'appliquent automatiquement : s'il croise des moutons en l'absence du berger, les moutons se font bouffer.

Bonméducoucésympa?
Bon mais du coup oui c'est très sympa! Le jeu est suffisamment simple pour être rapidement pris en mains par des gnomes de 5 ans (seules quelques cartes doivent être explicitées auparavant par quelqu'un sachant lire), et suffisamment stratégique pour intéresser même des adultes, et ça, c'est pas forcément courant! En plus, les parties sont courtes :  comptez un gros quart d'heure. Et le plateau en 3D rend le concept très original.

Yadédéfauts?
Franchement? Pas de défaut rédhibitoire. Je ne note que deux bémols :
  1. la boite elle-même était emballée dans du plastique (mais à l'intérieur, aucun sachet ou barquette plastique) ce qui est dommage tant on voit que le reste de la boite tend à minimiser les déchets. Bon, j'imagine que les distributeurs préfèrent, pour éviter que des pièces se fassent chaparder en rayon... Edité : Bioviva me signale que c'est une réglementation obligatoire pour les grosses boites. Dont acte : on peut au moins dire que du coup, c'est le seul plastique utilisé  ^^
  2. il y a 10 moutons, ce qui signifie qu'il peut y avoir des parties nulles (5 partout). Ce défaut est facile à corriger, s'il cela vous ennuie, en ajoutant un pion mouton (ou en en retirant un)
  3. le fait que le loup puisse parfois gagner, et donc bouffer des moutons, traumatise ma princesse guerrière. Je sens qu'un jour, le loup va voler...
Bilan
Un excellent jeu que je vous recommande vivement. Son prix conseillé (29,99€) est aussi assez raisonnable pour un jeu éco-conçu et fabriqué en France, d'autant que ce jeu plaira vraiment à tous...

–Ouaih, alors ça, je demande à voir... le coup du loup et des moutons c'est un peu gnangnan non?

Qu'à cela ne tienne : le jeu est adaptable à vos goûts et préférences.

–Ah oui? Vraiment?

Démonstration par l'exemple : voici quelques clients dubitatifs.
Patrick B. de Levallois-Perret est d'accord.
Facile : remplacez les moutons par des pions de Monopoly, rebaptisez le jeu "Sauve Biftons" et considérez que le but est de permettre à votre troupeau d'évadés fiscaux d'arriver au sommet de la montagne Suisse pour y déposer un sac de pognon dans une banque helvétique sans se faire gauler par le fisc, et en évitant les cartes "wikileaks" et "juge d'instruction". Et hop, le jeu devient beaucoup plus adulte. Et immoral aussi. Suivant.


"–Oh non! Ils ont encore tué Kenny Ikki!
–Les enfoirés!"
Hyper simple : allez chaparder les lego knight de vos gnomes ou vos petits cousins pour les utiliser en guise de pions, rebaptisez le jeu "Sauve Baston" et considérez que le but est de permettre à votre troupeau de chevalier de bronze d'arriver au sommet du sanctuaire pour défoncer la margoulette du Grand Pope sans se faire gauler par les chevaliers d'or, et en évitant les cartes "Bernard Minet" et "Animation à 4 images/seconde". Et hop, le tour est joué. Par contre, à raison de 12h par partie, ça risque de s'éterniser un peu. Suivant.


♫Et j'irai voir les p'tites femmes de Pigalle♪
Petit canaillou : ouvrez un boite de capotes pour les utiliser en guise de pions, rebaptiser le jeu "Sauve Micheton" et considérez que le but est de permettre à votre troupeau de pervers d'arriver au sommet du Carlton de Lille pour y retrouver Ramona Vulvaskaïa sans se faire gauler par la mondaine, et évitant les cartes "Nafissatou" et "Dédé la Saumure". Et hop l'affaire Carlton est dans le tribunal sac. Suivant.


Je vous trouve bien primaire monsieur...
Ohla, pas de prise de tête Manu, ça va bien se passer : prenez une boite d'attaches parisiennes en guise de pions, rebaptisez le jeu "Sauve Elections" et considérez que le but est de permettre à votre troupeau d'électeurs d'atteindre le bureau de vote sans se faire gauler par les candidats contestataires, et en évitant les cartes "hackers russes" et "effet Balladur". Et hop c'est plié.


Et on appellerait ça "Sauve Thyrion"
Il fait froid d'un coup, on sent que l'hiver arrive : prenez des glaçons au congélateur en guise de pions, rebaptisez le jeu "Sauv-ageons" et considérez que le but est de permettre à votre troupeau de sauvageons d'arriver au sommet du Mur pour se sauver les miches, sans se faire gauler par la Garde de Nuit, et en évitant les cartes "Marcheur blanc" et "maladie vénérienne". Et hop c'est fantastique.


Préhisto-nonos, de chez Haba : le jeu de l'âge de Pierre.

Un jeu où tout le monde s'appelle Pierre.
Haba, société allemande, ne fabrique pas que des jeux et jouets, mais aussi des articles de puériculture, le tout avec un crédo éducatif et respectueux de l'environnement. Bref, Haba, c'est du made in Germany, et ça rigole pas.
"–Chut, sage Rommel..."
Principe du jeu
On dispose en cercle une série de cases cartonnées représentant le "territoire de chasse" des hommes de l'âge de pierre. Chaque case représente une proie potentielle, rapportant plus ou moins de nourriture. Au centre du "plateau" ainsi formé, l'on dispose les cartes figurant les grosses proies. L'on dispose de deux figurines représentant Pierre et Pierre Dinodenis et Ospierrot (ces figurines ne sont pas attribuées, chaque joueur peut les bouger à son tour de jeu). Les deux chasseurs partent du même point, chacun dans un sens sur la "piste de chasse".
Des cartes chatoyantes!

Pour jouer, on lance cinq dés spéciaux dont les faces représentent :
  • soit Dinodenis
  • soit Ospierrot
  • soit l'une des proies majeures du centre du plateau
C'est alors un système de "pari", un peu comme au Yams : on lance les dés, et on conserve ceux qui nous intéressent avant de relancer les autres (il faut conserver au minimum un dé à chaque nouveau lancé). Chaque face "Dinodenis" ou "Ospierrot" permet de faire avancer le personnage concerné d'une case. Stratégiquement, le but est de positionner la figurine sur la proie rapportant le plus de "miams" (chaque proie ayant une valeur différente). Les faces "proie majeure" permettent de collecter la carte correspondante (qui rapporte plein de miams d'un coup) au centre du plateau si l'on arrive à obtenir trois fois la même face (sachant que l'on peut chaparder une proie déjà collectée par un autre joueur).

La partie se termine lorsque les chasseurs se croisent. Le gagnant est celui qui a le plus de "miams".

Bonméducoucésympa?
Oui, clairement ça se laisse jouer, mais passé la phase de découverte, mon gnome garçon pourtant fan de trucs préhistoriques s'est assez vite lassé. Après... il se lasse vite de beaucoup de choses hein... Il a besoin de bouger, et du coup, assis pour un jeu de société, c'est rude.
"–Et un 'ptit 'Jurassic formule dé'? non?"

Yadédéfauts?
Pas vraiment, mais les plus jeunes auront du mal à établir une stratégie efficace dans le lancer de dé (quoi garder, quoi relancer). On ne peut jouer à ce jeu que jusqu'à la tombée de la nuit.
Après, on n'y voit plus rien.

Bilan
Un bon jeu malgré tout, et peu coûteux, puisque le prix conseillé et de 9,95€ seulement sur le site de Haba. Un jeu qui est donc recommandé pour toutes les bourses...

vendredi 14 octobre 2016

Nuclear winter is coming...

Prologue
J'aime cette sensation d'apesanteur... de légèreté absolue... cette sensation illusoire de solitude...
"–De là haut je vois ma maisooooooooon..."
Bon, évidemment, au premier coup de pied dans les côtes, cette sensation de solitude s'estompe bien vite. C'est l'inconvénient des piscines municipales. Mais après une dure journée de boulot, rien ne vaut quelques longueurs pour se détendre.

Tiens!? C'est marrant, le type de la ligne de nage à côté, qui s'enquille les longueurs comme Sarkozy enquille les meetings payés par Bygmalion Trump enquille les insultes sur Touïteur, ressemble à Vladimir Poutine je trouve...
"–Nage papillon?
–Niet. Nage Kraken Soviétique."

Je continue mes longueurs, tandis que la fatigue gagne lentement mes muscles. Je finis par stopper. Le type qui ressemble à Poutine s'arrête près de moi.
"–Dobryï den cдmдrдde Pдpд HéЯisson...
– Débridé? Heu... oui, enfin si vous voulez hein... mais j'ai nagé tranquillou quand même. Dites, c'est marrant, quand vous parlez comme ça, vous ressemblez à Vladimir Poutine, le président r...
–Je être Vladimir Poutine, président URSS Fédération Russie.
–...
–Da.
–Ah ah ah! Sans déconner... Poutine ici? Dans la piscine municipale de Trifouilli-les-oies? Tout seul sans gardes du corps?"

À cet instant, quelques bulles crevèrent la surface de l'eau, tandis que huit grands types costauds en tenue de nageur de combat émergeaient du fond de la piscine, leur fusil d'assaut APS à fléchettes bien en évidence.

"–Je pas tout seul. Je être accompagné camarades Spetsnaz...
–Ah bin ça c'est pas banal!
–Je devoir parler vous. Tranquille."

Les spetsnaz étaient en train de reconduire les autres nageurs vers les douches.

"–Me parler? A moi? Vous êtes sûr qu'il n'y a pas erreur?
–Non. Je catégorique. Nous capturer espion : lui désigner vous comme meilleur spécialiste connaissance lui.
–Un espion? Qui me désigne comme un spécialiste? Attendez, vous ne parlez quand même pas de Youri, mon garagiste?
–Niet. Je parler homme appelé Paul Bismuth."

Mordel de berde. Paul Bismuth... Mon "mystérieux informateur" complètement crétin qui voyait des complots partout. Dans quoi s'était-il encore fourré?

"–Euh... Paul est certainement beaucoup de choses, mais un espion, je ne suis pas bien sûr...
–Nous capturer lui près centre spatial Baïkonour. Lui tenter voler information sur message extraterrestre capté par radiotéléscope.
–Message cap... vous voulez parler de ce signal que vous avez capté en 2015? Je croyais qu'il venait d'un satellite militaire finalement?
–Niet. Vraiment être message venu espace. Nous dire satellite pour garder secret.
–Euh... ok, et qu'est-ce que ça a à voir avec moi?
–Message être crypté. Nos meilleurs cryptologues échouer déchiffrer. Manquer mot clé. Paul Bismuth dire vous surement pouvoir.
–Rhaaaa! Mais quelle andouille. Paul est très... euh... disons gentil, mais il sera sympa de me lâcher les palmes. Primo : je m'y connais certainement moins en cryptologie qu'en cryptozoologie, et secundo, je ne vois pas en quoi je serais qualifié pour trouver un mot de passe dans une langue extraterrestre... parce je doute que le signal soit en français...
–Signale être en français. Ça être signal. Titre original."

Vladimir me tendit une tablette pc.
En même temps, ça a le mérite d'être clair.

"–...
–Da?
–Le message extraterrestre s'intitule "lisez moi" ?
–Da. Mais savants de nous penser message pas... extraterrestre. Eux penser message venir Terre. Venir futur.
–Un... message du futur?
–Da.
–Crypté?
–Da. Besoin mot clé.
–Je vois... et vous avez tout essayé?
–Da. Mot clé doit être complexe.
–Je vois... Bon, j'ai peut être une idée, mais... je ne garantis rien...
–Vous essayer.
–Maintenant?
–Da. Je pressé.

Saisissant la tablette, je double cliquais sur l'icône du message, puis je tapais le mot clé auquel je pensais lorsque le prompt m'y invita : "grosse poutre gay", l'un des mots clés de recherches qui avait amené récemment à mon blog.  Un sablier apparu brièvement, puis le message se déclencha. A mes côtés, Poutine jubilait (oui, c'est subtil)...
Non, mais là on le sentait vraiment extatique (image en haut à droite)
Il s'agissait d'un message vidéo. Un... cafard s'adressait à nous d'un ton à la fois martial et révérencieux.

"Ô Titans de l'Antiquité! Je m'adresse à vous grâce à notre technologie supérieure nous permettant la maîtrise des tachyons. Merci à vous pour tous ces dépôts de matière sacrée qui ont permis à notre civilisation d'évoluer. Que votre nom soit loué. Hélas notre peuple élu est en guerre contre la nation Scorpion et l'empire Fourmique. Leur alliance récente représente une menace mortelle pour nous : votre peuple élu. Aussi nous vous implorons de l'aide : merci de laisser plus de matière sacrée dans les tréfonds du Grand Temple de Bure. De préférence la plus radioactive possible, vous seriez bien urbains. Cette matière sacrée nous permettra d'asseoir notre domination et de propager la bonne parole de votre mémoire Sacrée et Phosphorescente."
Loués soient les Titans et le Big Badaboum Nucléaire
"P.S. : ne vous emmerdez pas à trop enterrer tout ça. Ça nous complique les choses pour les récupérer, et de toutes façons, votre civilisation n'en a plus pour longtemps."

Poutine me jeta un regard inquiet (image du bas au milieu).

"–Quoi ça vouloir dire?
–Hum. Je crois qu'une civilisation de cafards mutants du futur issue d'une apocalypse nucléaire nous demande de leur filer un peu plus de déchets radioactifs pour les aider à viander leurs ennemis fourmis et scorpions. En gros. Et il ajoutait que c'était bientôt fini pour nous.
–Ah. Ça emmerdant.
–Je trouve aussi...
–Nous être mal?
–Très mal..."

Nuclear Winter is Coming...

Bon. Vous vous en doutez, on va parler de nucléaire. Oui, je sais : encore. Et encore. Et encore. Que voulez-vous... c'est un sujet qui m’interpelle.

Dans les derniers articles de la série, on a parlé de comment ça marche en gros. Si les accidents nucléaires de type Tchernobyl ou Fukushima restent (fort heureusement) rares à ce jour, la réelle problématique du nucléaire, c'est surtout la production de déchets, et en particuliers de déchets dont la durée de de vie pourrait bien excéder l'espérance de vie de l'humanité puisqu'elle se compte en centaines de milliers d'années pour les plus tenaces.

Bon, ne soyons pas bégueules hein : si l'être humain est plutôt sensible aux radiations, certaines créatures (cafards, scorpion, etc...) y présentent plutôt une bonne résistance. L'avenir de la vie (au sens large) sur terre, n'est donc probablement pas menacée. Celle de l'humanité en revanche, c'est moins sûr...
"–Ah les salauds... ils l'ont fait!..."

Le nucléaire, comme on a déjà eu l'occasion de le dire, c'est une façon relativement simple (toutes proportions gardées) de produire beaucoup d'énergie pour un coût considéré comme raisonnable. Simple puisque, je vous le rappelle, le principe n'est ni plus ni moins que celui d'une bouilloire : on fait chauffer de l'eau, et la vapeur entraine une turbine. Grosso modo, ça marche pareil dans une centrale au charbon, au pétrole, ou une chaudière à énergie solaire.

Le seul élément de haute technologie (là encore, tout est relatif, le principe n'a pas changé depuis les années 50 en gros), c'est l'utilisation de la fission nucléaire pour produire la chaleur. Mais ça, je vous l'avais déjà expliqué.

Le coût est considéré comme raisonnable, car la technologie est relativement basique, bien maîtrisée, et peu soumise aux fluctuations du marché comme peut l'être le pétrole. L'autre raison, c'est que l'intérêt des centrales nucléaires est de produire beaucoup d'énergie d'un coup... plus que ne le pouvaient les centrales électriques classiques, au moment du boum de construction des centrales nucléaires (c'est moins vrai maintenant). Ça veut dire qu'on construisait une centrale nucléaire, là où il fallait deux ou trois centrales au charbon pour produire la même puissance à l'époque.

Le souci, c'est que ce coût estimé ne tient pas compte de quatre éléments :
  1. le coût d'entretien des centrales : le bombardement neutronique (les radiations) ayant la fâcheuse tendance d'endommager la cuve et les structures exposées. Surtout maintenant, alors qu'on envisage de les prolonger de 10, 20 ou 30 ans...
  2. l'uranium qui sert de combustible nucléaire est rare, très rare... les réserves estimées ne permettent d'envisager l'avenir de la filière à un coût raisonnable que jusque vers 2030-2040 au mieux... et encore en supposant que les chinois ne se mettent pas à vendre des centrales low cost aux pays émergents, les ressources se raréfiant alors d'autant plus vite... Oh. Oups.
  3. le coût de démantèlement des centrales une fois qu'elles ont fait leur temps, pour une bonne et simple raison : à l'époque de leur construction, aucun démantèlement n'avait jamais été fait, et personne ne savait le faire. Donc le prix hein...
  4. le coût du traitement et du stockage des déchets : vous allez me dire "bah, on les enterre et puis c'est marre!"... sauf que ces déchets durent très longtemps pour certains. Et du coup, il faut faire des études coûteuses pour savoir où les enterrer sans que ça risque de suinter/ressortir/polluer les nappes phréatiques/irradier tout l'environnement/créer des mutants-zombies-mangeurs de cerveau et ce, sur des centaines ou des milliers d'années durant lesquelles il conviendrait de surveiller étroitement ce merdier. Vous avez vu ce que ça vous coûte pour que votre banquier surveille l'argent qui se trouve sur votre compte chaque année? Je vous laisse imaginer le coût de la surveillance de milliers de tonnes de déchets hautement radioactifs sur plusieurs siècles...
Du coup, pour continuer de nous vendre leurs atomes, les lobbies du nucléaire nous font miroiter une nouvelle technologie qui va dépoter sa mémé : la fusion!
Avec ça, Boo n'a qu'à bien se tenir!
 Je parle bien sûr de la fusion nucléaire. L'inverse de la fission : au lieu de casser les noyaux d'atomes, on les sudoku soude ensemble. Deux noyaux d'atomes légers, vont ainsi en former un plus lourd.
Exemple : fusion d'un noyau de deutérium et d'un noyau d'hélium3 pour former de l'hélium4.

Cette fusion, c'est ce qui se passe dans le soleil par exemple, c'est d'ailleurs pour ça que les promoteurs de cette technique parlent parfois de "soleil en laboratoire". Cette réaction nucléaire dégage de la chaleur (énergie) et de la lumière (radiation), comme la fission, mais encore plus. Sur le papier, cette réaction est avantageuse :
  • une fois la réaction en chaîne initiée, elle pourrait produire 10 fois plus d'énergie qu'elle n'en consomme
  • selon la température atteinte, elle produit peu ou pas de déchets radioactifs (attention quand même aux radiations émises durant la réaction, et donc à la radioactivité induite sur les matériaux du réacteur)
  • elle consomme des éléments potentiellement abondant sur terre et dans l'univers (hydrogène, hélium) plutôt que des éléments rares comme l'uranium

Il y a juste un problème : la fusion, pour le moment, on sait le faire de façon incontrôlée dans une bombe H... mais pas de façon contrôlée en labo. Et c'est pourtant pas faute d'essayer! Pour vous donner une idée, le premier tokamak a été inventé et construit en Russie dans les années 50...

–Le premier quoi?

Tokamak. Ça vient du russe toroïdalnaïa kamera s magnitnymi katushkami : en français, chambre toroïdale avec bobines magnétiques. C'est une sorte de gros donut (pour la forme), dans lequel on fait chauffer très fort un gaz à l'aide de lasers pour que s'y produise de la fusion, le gaz étant confiné dans le donut grâce à un puissant champ magnétique.
–Hmmm, un donut!
Sur le papier, ça semble génial. En pratique... et bien... disons que les meilleures réussites à ce jour ont obtenu de l'ordre de... hum... quelques secondes de fusion avant que ça parte en cacahuète. Il faut dire que le procédé se heurte à un problème que les ingénieurs n'ont pas réussi à surmonter à ce jour : les disruptions, ou instabilités. Dans la nature, le soleil aussi en a : ce sont ses éruptions solaires, et les protubérances.
–Oh! C'est beau!
–Beau, mais dangereux : quelques millions de degrés, et plus gros que la Terre.
Autant dans l'espace, c'est moyennement gênant (et encore, les fortes éruptions solaires peuvent endommager nos satellites de télécommunications), autant en laboratoire, c'est potentiellement catastrophique parce que ça endommage les parois du réacteur, obligeant à l'arrêter pour entretien. Et l'ennui, c'est que c'est assez imprévisible, et pour l'heure inévitable.

Alors bon, les promoteurs du projet ITER (pour rappel : c'est THE projet de tokamak franco-international, mais surtout franco rapport aux pépettes que ça va coûter, et que ça va d'ailleurs coûter plus cher que prévu, et que ça va sans doute encore augmenter) peuvent bien nous faire miroiter une machine extraordinaire qui va révolutionner la production d'énergie, mais le fait est que pour l'heure :
  1. personne ne sait avec certitude si ITER va fonctionner
  2. aucune solution n'a été proposée pour ces fameuses disruptions
  3. le chantier a pris du retard (coucou l'EPR)
  4. d'façon, ITER ne sera qu'un prototype de phase 1, destiné à mettre en œuvre (plus tard) un prototype de phase 2 (DEMO). Autant dire qu'on n'y est pas encore...
Non, mais... p'têt dans 30 ou 40 ans hein. Enfin, au mieux.

–Et il n'y a pas d'autre moyen de faire de la fusion?

Le nœud du problème, c'est la température : pour qu'une réaction de fusion se déclenche, il faut chauffer fortement les atomes qu'on veut faire fusionner pour amorcer la réaction (des millions de degré). Dans une bombe H, on ne se casse pas la paillasse : on amorce le bouzin en faisant péter une petite bombe à fission et en concentrant son action vers le cœur de la bombe, qui contient un mélange de gaz destiné à la fusion. La chaleur produite, même brièvement, est suffisante pour lancer le truc, et ça re-pète derrière, mais en fusion cette fois. C'est une sorte de bombe à deux temps (mais super rapide) : boum-BOUM.

En labo, il n'existe pas 36 façons d'obtenir ces températures, et toutes sont coûteuses en énergie : or le but est qu'au final on obtienne plus d'énergie qu'on en a dépensé, sinon, le rendement est négatif et le système ne présente aucun intérêt. Dans la plupart des tokamaks on fait chauffer les gaz avec des lasers. Le rendement est à chier, mais ça marche. Enfin ça marche... on obtient la température voulue quoi.

Un espoir existe peut être, suite à une série d'expériences menées au laboratoire de Sandia au USA : à l'aide d'une Z-Machine, les expérimentateurs ont obtenu des températures très élevées (plusieurs milliards de degrés), compatibles avec la fusion. Cerise sur le gâteau, cette technologie serait miniaturisable. Reste encore à imaginer un processus permettant d'utiliser cette chaleur produite pour faire de la fusion... Des laboratoires s'y attèlent un peu partout dans le monde suite à ces expériences, mais peu d'informations ont fuité à ce jour. Il faut dire que si ce procédé est viable, avant même de produire de l'électricité avec, on en fera des armes soyez-en sûrs (pensez! Un machin à fusion miniaturisable... pouvant tenir dans un camion citerne... voire une valise... sûr que Poutine en a une demi-molle rien qu'à l'idée). Donc : secret défense. Circulez, y a rien à voir!

Bref, dans tous les cas, la perspective de réacteurs à fusion viables se situe au minimum à 30 ans dans l'avenir, autant dire une éternité alors même que le parc de réacteurs actuel commence à montrer des signes de faiblesse.

Résumons :
  1. des perspectives lointaines pour une évolution technologique
  2. un coût en augmentation
  3. un démantèlement probablement prohibitif
  4. un stockage des déchets à prévoir sur des millénaires (coût inconnu, mais astronomique à l'évidence)
  5. un combustible (l'uranium) qui se raréfie
  6. des risques non négligeables d'accident majeur
Et les alternatives au nucléaire?

Ah, là, les possibilités ne manquent pas. Bon, nous passerons sur les vieilles méthodes du charbon et du pétrole : les problèmes de réchauffement climatique et de pollution les disqualifient d’emblée. Heureusement, les énergies renouvelables ne manquent pas :
  • énergie hydroélectrique (barrages)
  • énergie éolienne
  • énergie solaire photovoltaïque (panneaux solaires)
  • énergie solaire thermodynamique (par concentration)
  • énergie marémotrice
  • OTEC (énergie liée au gradient thermique des océans)
  • énergie géothermique
  • utilisation de la biomasse
  • etc...
Bref, les solutions ne manquent pas, en particulier si on envisage un mix, et il y en a pour tous les climats et toutes les ressources naturelles. D'ailleurs, le Chili l'a démontré récemment. En France, les experts s'écharpent un peu sur la question, certains estimant que le passage au tout renouvelable est viable à l'horizon 2050 et permettrait de créer des millions d'emplois, d'autres (qui bizarrement entretiennent des liens plus ou moins flagrants avec EDF ou Areva) estiment que seul le nucléaire permet de produire une énergie abondante sans participer au réchauffement climatique puisque l'uranium est extrait au Niger sans l'aide de carburant fossile grâce à des fées et des lutins et importé en France sur des voiliers, des tapis volant et des licornes les centrales nucléaires ne produisent pas de carbone.
Licorne d'Areva amenant l'uranium en France.


En toute logique la France, qui pour l'heure a un peu tous ses œufs dans le même panier avec une électricité estimée entre 75 et 80% nucléaire, a donc décidé de montrer l'exemple et de... continuer comme ça.

Non, vous ne rêvez pas : l'écologie, la transition énergétique, toussa... on s'en cogne. On va prolonger les centrales (un bon coup de peinture et hop, c'est reparti comme en 14), en construire de nouvelles (si si, un jour l'EPR sera terminé. Ou pas.), et investir un peu mais du bout des lèvres dans les énergies renouvelables (on est loin du compte).

Ah oui, j'allais oublier : on va aussi envoyer nos soldats pour sécuriser l'extraction de l'uranium dans un pays de sauvages dont on se contrefiche au Niger, parce qu'il y a plein de vilains terroristes qui veulent nous empêcher de recharger nos téléphones portables pour jouer à Candy Cruche et d'allumer nos ordinateurs pour aller sur Youp0rn d'être indépendants sur le plan énergétique. Mais siiii : l'indépendance! Le truc qui fait qu'on ne dépend de personne! Donc pas du Niger pour l'approvisionnement en Uranium... Hum. Bon.

Mais bon, il parait que ça détruirait de l'emploi... C'est sûr que les gens occupés à gérer les centrales nucléaires ne pourraient certainement pas s'occuper de leur démantèlement, ou de l'entretien d'autres types de centrales, sans doutes plus nombreuses et plus dispatchées sur le territoire. Non...

La France, toujours à la pointe du progrès.
L'avenir de l'internet mondial selon les ingénieurs d'EDF.
Epilogue
Vladimir semblait perplexe.
"–Si je comprendre : civilisation de nous remplacée par civilisation cafards dans futur?
–Moui, si ce message vient bien du futur, c'est ce qu'il semblerait...
–A cause nucléaire?
–Visiblement oui...
–Ça gros problème.
–Ah bin ça, c'est sûr... c'est quand même emmerdant que des cafards remplacent l'huma...
–Non. Pas ça problème. Problème être cafards du futur parler français.
–...
–Je devoir partir. Ours garé double file."

Oui, c'est un peu galère pour se garer près de la piscine...
"–Attendez! Vous allez faire quoi?
–Je fabriquer beaucoup centrales et beaucoup déchets. Si cafards devoir remplacer humanité : eux parler russe!"