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lundi 21 août 2017

Crédit à la con, sot!

Aujourd'hui, j'ai envie d'aborder un sujet que certains d'entre toi, cher lecteur, a peut-être vu passer brièvement dans la presse. Oui, alors bon déjà, tu sais que quand je commence à te tutoyer, c'est qu'en général je suis un chouïa chafouin. Et là, en effet, chafouin je le suis, il faut bien l'admettre. Car lorsque j'ai lu ceci, mon sang n'a fait qu'un tour :
J'te raconte pas quand les huissiers vont débarquer... on va prendre cher.
Alors bien sur, on ne parle pas d'un crédit à la banque hein, c'est un "crédit" sur les ressources naturelles disponibles (matières premières, ressources végétales, eau, nourriture, etc...). Si vous êtes un minimum anglophone, cette vidéo vous expliquera plus précisément de quoi il retourne :


Et sinon je vous résume l'idée : en 8 mois, l'espèce humaine a consommé les ressources que la planète met un an à constituer. Donc, depuis le 2 août, tout ce que nous consommons dépasse les capacités de renouvellement de la Terre et on vit à crédit sur les ressources que la planète va constituer l'année suivante. Mais  comme on parle d'un calcul annuel, que ça fait des années que ça dure, et que la date butoir avance sans arrêt, on peut considérer que ce sont déjà des années voire des décennies de crédit que nous nous trainons. Voilà voilà...

Bon alors évidemment, c'est assez abstrait : ce genre de crédit ça ne se visualise pas sur le relevé de banque à la fin du mois (encore que... mais je vais y revenir), et aucun huissier ne va venir toquer à la porte pour saisir votre écran plasma trouzmille pouces et votre Touingo® dans les jours qui viennent...
*knock knock*
"–Bonjour, maître Xl@rghµh$$%, huissier de justice inscrit au greffe de Zeta de la Reticule, je viens pour le recouvrement du crédit..."
Et pourtant, d'une façon ou d'une autre, vous avez déjà commencé de payer. Vous ne l'aviez pas remarqué? Pourtant... vous payez bien vos factures d'eau? C'est-à-dire que vous payez pour le traitement et le retraitement des eaux, afin de pouvoir disposer d'eau potable pour boire, et accessoirement faire votre vaisselle, laver votre voiture, ainsi que votre petit pipi et votre gros caca (puisqu'il n'y a qu'un seul réseau d'eau courante, tout ça c'est avec de l'eau potable, et oui...). Enfin, quand je dis pour boire, ça dépend puisque nombreux sont ceux qui préfèrent payer l'eau à boire sous forme de bouteilles plastiques, bien plus chère, et joyeusement infusée de matière plastique puisque les bouteilles sont thermoformées et remplies dans la foulée avant même leur refroidissement...


Mais ce n'est pas tout : logiquement vous payez aussi une taxe sur les ordures (directement si vous êtes propriétaires, ou indirectement dans vos charges si vous êtes locataire). En attendant peut-être de payer une taxe sur l'air que vous respirez (parce que bon, voilà quoi, à ce rythme, il va bientôt falloir le filtrer pour le respirer hein...). Lorsque vous achetez votre voiture, vous payez une taxe pollution sur la carte grise, plus tout un tas de taxes sur l'essence consommée par la suite. Vous visualisez ces villes de science-fiction (Blade Runner ou autre) qui ressemblent a des mégalopoles tentaculaires sans verdure, pleines d'immeubles immenses et dans lesquelles les habitants se baladent avec des masques à gaz? Ne rêvez plus, ça n'est plus de la science-fiction, ça existe déjà à Mexico, Tokyo, Hong Kong,Shanghaï et tant d'autres. Seules les voitures volantes sont encore du domaine de la fiction. Le prix nous le payons aussi déjà sur le plan géopolitique : de nombreux observateurs s'accordent à dire que la crise en Syrie (pour ne citer qu'elle) trouve une large part de ses fondements dans le changement climatique lié à l'activité humaine.

Pour les ressources à proprement parler : le pétrole augmente de plus en plus, tout comme les métaux, ou la nourriture saine... Donc, techniquement, même si c'est presque invisible parce que vous y êtes accoutumé : c'est comme la fable de la grenouille... Oui, vous avez déjà commencé de payer ce crédit. De le payer certes, mais la dette elle-même ne pourra jamais être soldée : elle n'est pas sous forme monétaire...

Et ça ne semble pas parti pour s'arranger, vos descendants risquent de douiller encore plus sévère, et pas que financièrement : plus d'eau potable, plus de métaux, plus de nourriture saine et abondante, plus de bois, d'air pur à respirer, plus de plages de sable fin...

–De sable? Sans rire...

Sans rire. Ça ressemble au vieux sketch de Coluche sur les technocrates à qui tu files le désert et qui finissent par acheter du sable ailleurs, et pourtant... Le sable coquillier est un composant essentiel du béton. Béton qui sert à construire plein de trucs moches, et en particulier à bétonner les littoraux pour enrichir les promoteurs immobiliers. Sauf qu'on ne peut pas utiliser n'importe quel sable : celui du Sahara ne conviendrait pas par exemple, il est trop rond et n'a pas la bonne composition : il faut du sable "coquillier", c'est à dire en partie issue de la dégradation des coquillages. Donc du sable de mer ou de plage. D'où l'exploitation sans vergogne de ce sable : il faut environ 200t pour construire une maison, 30 000t pour un km d'autoroute, et pour le mur de Trump je vous laisse imaginer...

Rien qu'au cours de quatres dernières années, la Chine a consommé autant de sable que les Etats-Unis en 1 siècle, et la tendance ne semble pas à s'inverser. Résultat? Des littoraux sont petit à petit rongés par cette surexploitation. Inutile de vous dire que l'écosystème qui vit sur ces littoraux n'est pas à la fête.


–Ah ouaih, à ce point.

Et oui. Donc profitez bien de la plage avec vos enfants, il est possible que cela ne dure pas. Ah, et puis il y a aussi les forêts primaires comme celles de la Malaisie ou de l'Indonésie que l'on détruit, souvent par le feu tant qu'à faire n'importe quoi, pour planter à la place des palmiers à huile afin de fabriquer (entre autres) du Nutebwaaah®, et tant pis pour les orang-outans qui y vivent. Ou encore les écosystèmes détruits pour l'exploitation du gaz de schiste par la fracturation hydraulique... Y en a un peu plus, je vous le mets avec?

Donc quand on parle de "crédit", c'est plus une dette que vous collez sur le dos de vos enfants/petits enfants, et qu'ils ne pourront jamais solder. Pour prendre une analogie, c'est un peu comme si vous fracassiez la tirelire-cochon de Jean-Kevin, 5 ans, pour lui chaparder ses quelques euros afin de vous offrir le dernier iphoune8X-mega-HD-de-la-mort® (qui tombera en panne dans 6 mois ou aura son écran pété dans 15 jours) : certes vous avez le dernier iphoune8X-mega-HD-de-la-mort®, mais vous venez de faire les poches d'un mioche de 5 ans, ce qui fait de vous un gros rabouin sans scrupules. Sauf qu'en plus après avoir fracassé la tirelire cochon, vous avez aussi uriné sur les murs, et vidé les poubelles du quartier dans sa chambre. Car au-delà la consommation des ressources, il y a aussi un problème de déchets.

–Ah oui, j'ai vu ça... il parait que chaque français produit en moyenne dans les 350 kg de déchets par an...

350kg? Presque. Mais en fait non. Nous sommes plus proches de 14 tonnes par français (et j'imagine que le score d'un américain n'a rien à lui envier). 354kg, c'est juste le poids de nos ordures ménagères. C'est en quelque sorte la partie visible de l'iceberg. Mais bien avant que la boite de raviolis que vous venez de vous enfiler n'arrive dans votre poubelle, sa fabrication a déjà produit une bonne quantité de déchets, aussi bien pour fabriquer le contenu que le contenant. La partie cachée de l'iceberg, ce sont donc tous les déchets produits EN AMONT, générés par l'industrie. Afin de fabriquer, par exemple, ce merveilleux iphoune8X-mega-HD-de-la-mort® qui fait moins de 500g, l'industrie a produit 75kg de déchet en amont.
L'emmerdant dans tout cela, c'est que le Titanic c'est notre planète...

Bien sûr, sur ces 14t, certains déchets ont un impact limité (vos épluchures de carottes ne vont guère porter tort à la planète), mais d'autres ont un impact plus... durable : les déchets radioactifs produits par les centrales nucléaires qui vont servir à recharger votre iphoune8X-mega-HD-de-la-mort® ont pour certains une activité nocive pendant des centaines de milliers d'années... c'est sympa hein?

Pour que vous visualisiez bien le truc, 14t, c'est la masse d'une pelleteuse de belle taille. Par an. Par français. Sachant que nous sommes environ 67 millions. Donc, 67 millions de pelleteuses. Si vous avez une quarantaine d'années (âge médian en France) : il suffit de multiplier pour imaginer la masse de déchets accumulés (ok, je dois exagérer un peu car le volume de déchet n'est pas forcément stable depuis 40 ans hein...). Mais je ne parle que de la France. Alors certes, l'Ethiopien moyen doit être plus proche de la brouette que de la pelleteuse, mais l'américain moyen (ils sont environ 300 millions je le rappelle) est sans doute plus proche du semi-remorque...

Oui. Une pelleteuse par an.
Ce qui est extraordinaire, c'est que même en le sachant (je rappelle que plusieurs articles de presse ont évoqué cette histoire de "crédit" sur les ressources de la planète hein!) on continue comme ça. Même dans les films on en parle, comme par exemple Hugh Laurie dans le film "A la poursuite de demain"... dommage, il y a incarne le méchant...


Au contraire, tout le monde nous rebat les oreilles du PIB, de la production industrielle et de cette fameuse "croissance" (supposément infinie visiblement, la planète Terre doit être connectée à d'autres dimensions je suppose) qui doit mettre sa misère au chômage, sauver le pays et faire revenir l'être aimé en moins de 48h : la presse, les dirigeants représentants politiques (oui : on n'élit pas des gens qui nous dirigent, mais des gens qui nous représentent. En théorie... si si, c'est écrit dans la constitution. Ça peut sembler être de l'enculage de mouche la sodomie de diptères, mais les mots ont leur importance, et à nous balancer sans arrêt du "dirigeant" à toutes les sauces, les médias accréditent l'idée que nous leur devons obéissance, alors qu'en fait... non pas trop), et tout un tas de gens très intelligents. Et vous êtes priés de les croire puisqu'ils sont plus intelligents que vous. Eux-mêmes vous le disent, c'est bien la preuve.
Ou si vous préférez : vous êtes trop cons pour comprendre, alors laissez faire les gens intelligents sans vous poser de questions. Merci. Bisous. Ah, au fait, on va ouvrir les magasins le dimanche pour augmenter la croissance.

Et tous en mode "TINA" ("There Is No Alternative" = Il n'y a Pas d'Alternative, célèbre formule thatchérienne qui nous explique gentiment que t'es bien gentil avec tes gros sabots d'écolo-bobo-gaucho-socialo-humaniste, mais que, en gros, tu vas pouvoir t'asseoir sur tes jolies convictions et tourner) s'il vous plait, pour bien nous faire comprendre que l'économie de marché libérale qui pollue et consomme des ressources en mode RAF ("Rien A Foutre")  est la seule fucking solution. Ou comment foncer droit dans le mur en klaxonnant. Quelque chose me dit que certains ont dû louper quelques barreaux en gravissant l'échelle de l'évolution...
"–Bon, demi-tour les mecs, on s'est planté..."

Evolution au sommet de laquelle nous sommes censés être parvenus justement... Je vous mets une photo d'Hanouna ou d'Eric Zemmour ou ça ira?

Juste pour rappel, l'espèce humaine existe depuis environ 15 millions d'années si on considère l'apparition des tous premiers hominidés. Et si l'on s'en tient à l'Homo Sapiens, c'est tout juste 315 000 ans environ. Et durant cette période, nous avons réussi à... euh... fabriquer des iphoune8X-mega-HD-de-la-mort®? A titre de comparaison, les fourmis (vous visualisez bien hein : les petits machins avec des antennes qui vivent dans des fourmilières et que vous essayez de zigouiller à grands coups d'insecticides quand vous en avez trop près de votre garde-manger...) existent depuis 100 millions d'années environ, et ont survécu à 4 ou 5 extinctions massives dont la Grande Extinction de la fin du Crétacé (mais siiii, vous savez, la disparition des dinosaures!). Et vous savez quoi? Je suis presque certain qu'elles survivront également à la prochaine Grande Extinction... celle que nous sommes en train de déclencher. Par contre, quelque chose me dit qu'il n'est pas certain que l'espèce qui se trouve "au sommet de la pyramide de l'évolution" y survive à celle-ci...

A ce stade, je pense que les crânes d’œufs experts du Global Footprint Network (l'institut de recherches international établi à Oakland,Californie, et qui réalise le calcul du fameux indicateur de la date du crédit sur les ressources naturelles du début de cet article) s'arrachent tellement les cheveux que la plupart d'entre eux pourraient postuler à un job de mascotte chez Matines.
Image de la dernière réunion des experts du Global Footprint Network

–Bon, ok, mais au pire si on salope trop la planète, on ira s'installer ailleurs, non?

Hum. Il n'y a aucune autre planète habitable en l'état dans le système solaire. Et ailleurs bin... on n'en sait trop rien, mais d'façon on s'en cogne : dans le meilleur des cas il nous faudrait minimum 20 000 ans pour atteindre la plus proche en supposant qu'elle soit en orbite de l'étoile voisine. Sinon ça serait encore plus long. 20 000 ans de voyage. VINGT. MILLE. FUCKING. ANNEES!!!! Pas de planète "B", pas de plan B. TINA. There Is No Alternative. Nada. Macache bono. Que dalle. Niente. Nothing. Rien.

–Et Mars alors? J'ai entendu dire que le milliardaire sud africain là... Elon Musk, il voulait coloniser Mars.

Je reprends pour les deux du fond : aucune. Autre. Planète. Habitable. Dans. Le. Système. Solaire. Mars ne fait pas exception. En l'état, Mars, c'est ça :
Ça envoie du rêve...

Du sable et des cailloux. De l'eau : c'est pas sûr. Pas beaucoup dans le meilleur des cas. Mars fait un tiers du diamètre de la Terre et n'a aucune végétation ni  cours d'eau. La température en surface oscille joyeusement entre -133°c et -3°c (avec une moyenne à -63°c), et la pression de l'air est d'environ un centième de celle de la terre. Moins qu'au sommet de l'Everest. Et bien sûr il n'y a pas d'oxygène dans l'atmosphère. Autant dire que la tenue de plage des touristes sera plus proche de ça :
"–Pinaise! Et dire qu'on nous chié une pendule pour quelques burkinis..."

que de ça :
"–Pinaise... et dire qu'on nous a chié une pendule pour quelques claquettes-chaussettes..."

Et la maison sur Mars plus proche de ceci :
"–Pinaise! Quel est le porc qui a encore oublié de fermer la porte des cabinets?"
que de cela :
"–Pinaise! Qui a laissé le robinet de la baignoire ouvert?"

Si vous avez déjà du mal à supporter Franck Dubosc dans "Camping", imaginez la même chose en vase clos pendant 20 ans...

–Oui bon bah, on la rendra habitable Mars hein!

La terraformation? Bah pourquoi pas hein... Sauf que le processus a de bonne chance de s'échelonner sur des siècles voire des millénaires et qu'en attendant, les colonies martiennes seront tributaires des ressources de la Terre. Et j'ajouterais que tenter de rendre une planète inhabitable habitable alors même que nous sommes en train de faire l'inverse, c'est à dire rendre une planète habitable inhabitable, ça s'apparente quand même vaguement à du foutage de gueule. Avant de tenter de transformer un Kart à pédales en Traban, ça serait sans doute pas mal d'apprendre à faire au moins la vidange de la Rolls Royce...

–Misère... et on fait quoi alors puisque tout le monde s'en fout?

On fait blit. Et on essaye, à son échelle, de diminuer son impact autant que possible :
  • réduire ses déchets : en sélectionnant les produits avec le moins d'emballage possible par exemple. Idéalement, pas d'emballage du tout. L'emballage, c'est une triple arnaque : tu payes le déchet qu'il constitue dans ta taxe ordure ménagère, tu pollues, et la fabrication de l'emballage lui-même génère des déchets et de la pollution en amont (raffinage des produits pétroliers pour les plastiques, abattage des arbres, etc...). Privilégier les emballages réutilisables (verre par exemple) et/ou recyclable facilement (carton). De plus en plus d'épiceries (bio ou non) et même des grandes surfaces proposent des produits "en vrac" (faut juste prévoir des récipients ou des sacs).
  • éviter de succomber aux sirènes du marketing : le dernier iphoune8X-mega-HD-de-la-mort® est sûrement très joli, mais celui que vous avez fonctionne encore très bien, et vous n'en aviez déjà pas super besoin... et si vraiment vous ne pouvez pas résister, voir le point qui suit.
  • le marché de l'occaz existe, se porte bien et est facile d'accès à l'ère d'internet. Il présente un double avantage : c'est moins cher, et cela évite de générer de la surconsommation nuisible à l'environnement et à l'éthique (songez aux chtites nenfants qui travaillent dans les mines de coltan au mépris de leur santé pour y extraire le précieux minerai permettant la fabrication de ce fameux iphoune8X-mega-HD-de-la-mort®...
  • ne gaspillez pas l'eau : ne la laissez pas couler inutilement, utilisez des bassines pour la récupérer et arroser vos plantes avec par exemple. Il existe aussi des embouts de robinet permettant de réduire votre consommation d'eau. La douche quotidienne n'est peut-être pas nécessaire : de nombreux dermatologues estiment que l'excès d'hygiène est mauvais pour notre santé. En plus, vous diminuerez votre facture d'eau.
  • réduisez votre consommation d'électricité : combien d'appareils n'auraient pas besoin de fonctionner en permanence chez vous? N'oubliez pas qu'un appareil en veille consomme aussi de l'électricité! De la même façon, tout bloc d'alimentation (transfo) branché sur une prise consomme aussi de l'électricité même si aucun appareil n'y est raccordé!!! Oui, car un transfo contient un système avec des bobines qui permet de "transformer", d'où le nom, la tension électrique en l'abaissant pour les appareils qui ont besoin d'une faible tension. Le problème, c'est que ce transfo fonctionne dès lors qu'il est branché, et cela qu'un appareil soit connecté de l'autre côté ou pas. On débranchera donc les transfo non raccordé, ou on utilisera des prises avec interrupteur pour stopper totalement l'alimentation. Encore une fois, outre l'avantage écologique de réduire sa consommation, vous y trouverez un avantage financier...
  • sachez aussi qu'il existe des fournisseurs d'électricité qui garantissent que leur production vient de sources renouvelables (solaire, éolien, etc...) : Enercoop, Lampiris, et d'autres. Attention cependant, certains sont des filiales de groupes plus... discutables, tels que Total.
  • dans vos achats, essayez de privilégier les produits locaux autant que possible : rien à voir avec un quelconque patriotisme économique à l'heure où l'usine voisine peut très bien appartenir à un groupe du Qatar ou de la Chine, c'est juste pour minimiser les transport et donc l'impact écologique de ce produit. Au delà de ça, un achat local tend à favoriser l'économie locale hein...
  • arrêtez de faire des gosses, on est déjà trop nombreux. Faites des crêpes plutôt, c'est bon les crêpes.
  • Recyclez, réparez, rafistolez, récupérez. Ainsi l'a dit Mac Gyver dans le psaume... euh... De façon générale, évitez de gaspiller : aussi bien en matière alimentaire que pour les biens dits de consommation.
Et surtout : arrêtez d'être des moutons. Utilisez votre fucking cerveau : réfléchissez à ce que vous faites! Documentez-vous! Des solutions existent... Le futur ne sera sans doute pas radieux, mais on peut encore faire qu'il y en ait un... peut-être.

vendredi 5 février 2016

Atomique-mique-mique ♫♪


Prologue
(pour rappel, le début est ici)

Paul Bismuth me regardait avec l'air consterné.
–Des tonnes d'un produit artificiel et dangereux?
C'est comme les radiations, ça fait saigner des yeux.
 –C'est ce que je viens de dire oui. Je parle du plutonium évidemment. Avant le XXème siècle, il n'existait probablement qu'à l'état de traces infimes sur Terre. Aujourd'hui, ce sont environs 500 tonnes qui se trouvent dans les réserves des différents états nucléarisés. Or cette matière est très dangereuse...
–Bon sang, je savais bien que le nucléaire était une dangereuse invention humaine! Il faut...
–Alors ça par contre non. Stricto sensu, les réactions nucléaires sont naturelles.
–Que... hein? Mais je croyais que... vous venez de dire que c'était dangereux? Je pige plus rien...

Je soupirai en contemplant les hipster qui se saoulaient au smoothie autour de nous.

–Mon pauvre Paul... vous tombez dans ce vieux piège sémantique copieusement utilisé par les grosses entreprises polluantes qui veulent faire du Greenwashing à bon compte. Naturel ne veut pas dire que c'est écologique, ni que c'est sans danger. En l'occurrence, c'est potentiellement TRES dangereux.
Mais si, c'est écolo : ça ne produit pas de CO2 voyons...

–Je... euh... mais... comment ça peut être naturel?



Ah, pour ça, il va falloir détailler un peu le fonctionnement d'un atome tout d'abord.

Avertissement liminaire :  vous vous souvenez d' "Il était une fois la vie..." ? C'était un dessin animé super bien fichu pour expliquer un peu comment fonctionne votre organisme... Pour autant, je suis sûr que personne parmi vous ne s'imagine que ses globules blancs ressemblent à des gentils p'tits bonshommes en combinaison spatiale qui viande des virus à tête de Sarkozy sur fond de musique symphonique...
Regardez bien, Sarko est en bas à gauche...
Et bien les représentations de l'atome que je vais vous présenter, c'est pareil : c'est juste une représentation. Pas la réalité. N'allez donc pas vous imaginer que dans la réalité, un atome ça ressemble à l'un de ces modèles classiques :
Le dernier a ma préférence. De loin.
D'après la physique quantique, la réalité est très différente, et pratiquement impossible à représenter. Mais on s'en fiche, l'important c'est qu'on comprenne comment ça fonctionne, alors les modèles suffiront.


Les atomes, c'est comme le guacamole
Ici un schéma des différentes couches électroniques. Avec un peu de sel, c'est délicieux. Et mélangeant, on obtient un guacamole plasma d'électrons qui... hem. Bon.

Comme on l'a vu la dernière fois, un atome, c'est comme un avocat, il est constitué :
  • d'un noyau
  • d'une délicieuse chair verte un nuage d'électrons autour
Le noyau est positif, et les électrons sont négatifs, ce qui fait que l'ensemble du bouzin est neutre électriquement parlant. Accessoirement, cela permet le phénomène de l'électricité : les électrons situés à la périphérie peuvent sauter d'un atome à un autre.
Bon, des fois ça merde : le gap énergétique est trop important. On dit que le matériau n'est pas conducteur.
Comme ils emportent leur charge électrique négative, la charge se déplace : c'est le courant électrique. Mais revenons au fameux noyau, car c'est lui qui nous intéresse dans les réactions nucléaires...

–Ah bon? Mais je croyais qu'on voulais produire de l'électricité justement? C'est pas au niveau des électrons que ça se passe?

Oui, mais on ne peut pas chaparder les électrons aux atomes car :
  1. c'est compliqué
  2. c'est mal, on ne vole pas
  3. c'est pas les électrons en eux mêmes qui font le courant, c'est leur mouvement
  4. c'est mal, on ne vole pas
  5. les nature n'aime pas les déséquilibres : l'atome tend à rester neutre
  6. c'est mal, on ne vole pas
Donc, comme dit dans le dernier article, on va juste utiliser une réaction utilisant les forces fondamentales de l'univers et la toute puissance du chaos nucléaire pour... faire bouillir de l'eau. En produisant de la chaleur. Et faire tourner une grosse dynamo avec la vapeur. Voilà voilà. Bon, excusez-moi, je dois aller chercher mon lance-roquettes, j'ai une mouche qui me gonfle.

Hum. Bon, donc : comme on l'a déjà dit, le noyau est lui même composé d'un certain nombre de nucléides. Les nucléides, ce sont les protons et les neutrons qui, en physique des particules, appartiennent à la famille dite des baryons...

–Pourquoi, ils ont une voix grave? Ils chantent bien l'opéra?

Que.... hein? Non, j'ai dit Baryon, par baryton! Cherchez pas, les physiciens inventent toujours des noms à la con. Je vous présente donc Proton et Neutron BARYON.
Oui, le proton est plus souriant. C'est normal, il est toujours positif.


Les protons sont très optimistes : ils sont super positifs tout le temps. Ce qui neutralise la charge négative d'un électron plutôt pessimiste lui...
L'électron... c'est vrai qu'on le sent négatif quand même...
Comme les contraires s'attirent, ils ont tendance à se mettre en couple. Dans un atome, qui est neutre électriquement, il y a donc autant de protons que d'électrons. C'est la parité. Le nombre de protons détermine la nature de l'atome et sa position dans le tableau de Mendeleïev (souvenez-vous).

Les at home et leurs positions. Attendez, euh...

Ce nombre de proton est aussi appelé le Numéro Atomique de l'atome. Pour l'Hydrogène, le plus petit des atomes, c'est le chiffre 1 (1 seul proton). L'Hélium, c'est 2, etc...
Oui, l'hydrogène, c'est un proton célibataire avec son électron à charge.
Les neutrons quand à eux sont neutres. Comme les protons sont de même charge, ils ne s'aiment pas. Ils tendent à se repousser, comme des aimants de même pôle. Où comme les joueurs d'une équipe de foot qui se font des blagounettes du genre sextape, toussa... Les neutrons permettent de diluer les protons, et de maintenir la cohésion du noyau en faisant de gros câlins à tout le monde.
"–Bonjour, je suis un Neutron, et j'adoooooore les câlins!"
Mais des fois, trop de câlins tuent le câlin...

She's a Barbie girl, in a Barbie world : she is a top isotope

Les atomes d'un même élément (une même matière) sont tous identiques. Mais certains le sont plus que d'autre... En effet, le nombre de neutrons n'influe pas sur la nature d'un atome : ainsi, un même élément peut présenter des atomes qui auront tous le même nombre de protons (sinon, ça n'est plus le même élément) mais un nombre différent de neutrons : un peu plus pour certains, un peu moins pour d'autres.
Ces deux atomes d'Uranium sont identiques, mais l'un des deux a un peu plus de neutrons.
On parle alors de lutte de classes d'isotopes : même matière, même propriétés chimiques, mais masse légèrement différente (bin oui, qui dit plus de neutrons, dit atome plus lourd rondeurs pleines de charme).
Le deutérium : un isotope compatible avec les Manif' pour tous...

Si le nombre de neutrons n'affecte pas les propriétés chimiques de l'atome (capacité à se lier à Ken d'autres atomes, couleur, conductivité électrique, etc...), le nombre de neutrons a en revanche un effet sur sa masse, et peut aussi avoir un effet sur la stabilité du noyau, c'est à dire sur sa capacité à nous les se briser... C'est normal : plus on est de fous, plus on rit. Certains isotopes sont moins stables que d'autres. Ceux qui sont instables ont tendance à se désintégrer...
Non, pas comme ça.
 ... c'est à dire à émettre des rayonnements (neutrons, électrons, etc...) pour se transformer en atomes plus stables. Ces isotopes radioactifs sont appelés Radio-isotopes. Cette désintégration peut se faire de deux façons :
  1. par transmutation ou désintégration β
    "–Transmutation!"
  2. par fission (en langage de physicien, ça veut dire "brisure") nucléaire
    "–Cassé l'atome, cassé!"
La désintégration pour les Bêta
Mais non, j'ai dit Bêta!
Si vous avez bien lu le dernier article, les rayons Bêta ça doit vous dire vaguement quelque chose. En pratique, on parle de désintégration β (β+ ou β-) quand un atome instable se transmute en un autre en balançant un lepton à la cantonade.

–Hein? Il balance du thé?
 
J'ai lepton, pas Lipton. Les leptons, c'est comme ça que les physiciens appellent les particules de la famille des électrons. Je vous l'ai déjà dit, ce sont de gros déconneurs les physiciens. Dans le cas présent, les leptons considérés ce sont l'électron (β-) et le positron (c'est la version antimatière de l'électron, de charge positive d'où le terme de β+.

–Bon mais la transmutation... c'est pas un truc d'alchimiste ça? Le plomb en or, toussa...

Si. Carrément. Et à l'arrivé de la théorie atomiste, à la fin du XIXème siècle, beaucoup de physiciens pensaient que la transmutation était de fait impossible. Mais en fait si... sous certaines conditions. C'est à dire pas sous forme d'opérations chimiques comme le pensaient les alchimistes : il s'agit d'une réaction nucléaire, naturelle ou provoquée.

–Donc on peut vraiment changer le plomb en or?

Techniquement c'est faisable, mais l'opération nécessite de gros moyens et pas mal d'énergie. Donc aucun intérêt sur le plan financier, d'autant que l'or obtenu pourrait fort bien s'avérer radioactif... Mais revenons à nos leptons.

Quand un isotope est instable, mal dans sa peau, il faut qu'il change pour se sentir mieux. Et du coup, parfois, l'un de ses neutrons décide de faire son coming out : il dit qu'en fait il s'est toujours senti proton dans l'âme, et décide qu'il va entamer sa transition.
"–Oh bon sang! Une charge positive!!!"
Comme un neutron c'est neutre, merci M. de La Palisse, pour devenir proton positif, il faut qu'il se débarrasse d'une charge négative, c'est à dire un électron. Donc une radiation β-. Au passage il largue aussi une particule qu'on appelle neutrino (ça c'est pour équilibrer l'équation), mais pour notre explication, on s'en cogne du neutrino.
L'électron (β-) se barre à gauche, le neutrino à droite.

Si vous avez bien suivi ce que je vous ai dit jusqu'ici : notre isotope se retrouve donc avec un neutron en moins, mais un proton en plus (ou plusieurs si plusieurs neutrons font leur transition). Il s'est donc transmuté en un atome différent. Par exemple, l'Hélium 6 (2 protons et 4 neutrons) a tendance à se transformer en Lithium 6 (3 protons et 3 neutrons), plus stable. De la même façon, l'Uranium 239 a tendance à se transformer en Plutonium 239.

La désintégration β+ c'est la même chose, sauf que cette fois, c'est le proton qui ne se sent pas bien avec sa charge positive. Il veut explorer son côté neutre, et pour se faire, il se débarrasse d'une charge positive sous forme d'un anti-électron (ou positron, β+) et la encore d'un  fucking neutrino dont on se contrebalance. Ce faisant, notre brave proton devient un neutron, et notre isotope devient donc un autre atome avec un proton en moins. Par exemple, le Fluor 18 (9 protons, 9 neutrons) a tendance a se transmuter en Oxygène 18 (8 protons et 10 neutrons).

Ça, c'était pour les désintégrations β. Passons à la fission...

Fission impossible
"–Bonjour Jim, votre fission si vous décidez de l'accepter..."
A l'exception de l'Hydrogène, qui est déjà l'élément le plus simple, tout atome peut fissionner, c'est à dire se briser. Certains le font naturellement pour des raisons d'instabilité émotionnelle. Pour d'autres, plus stables, le seul moyen d'y parvenir est d'y aller à la bourrin, et de leur balancer une particule dans la mouille pour les éparpiller façon puzzle, ce qui peut se faire avec un accélérateur de particules par exemple.
"–Prends ça sale isotope de mes deux!"
Le principe est simple comme des légo : vous prenez un gros machin constitué d'un certain nombre de brique, et vous le démontez pour récupérer les briques pour former des bidules constitués chacun de moins de briques.

–Euh...

Ok. Prenons un exemple : l'Hélium 6 dont j'ai déjà dit qu'il avait tendance à se transformer en Lithium 6. Des fois, cette transformation elle ne lui plaît pas.

Ne me demandez pas pourquoi, c'est comme ça : l'Hélium 6 est un gros capricieux. Au lieu de ça, il préfère se casser en deux pour former de l'Hélium 4 et du Deutérium (grâce à un neutron qui fait sa transition β- au passage).
L'épisode n'évoque que les noyaux. La garde des électrons sera réglée par le juge

Outre les  noyaux issus de la désintégration, et d'éventuelles radiations produites durant l'opération, ce phénomène produit de la chaleur. C'est peut être un détail pour vous, mais pour Areva ça veut dire beaucoup ♫♪ car c'est cette chaleur qui nous intéresse dans un réacteur nucléaire.

Les particules aussi ont leur période
Fabrication d'un Tompox®

La plus ou moins grande capacité de chaque isotope à se désintégrer, quelle que soit sa méthode préférée, est caractérisé par sa Demi-Vie...
"–Meurs, pourriture d'isotope zombie!"
... ou Période Radioactive, c'est à dire le temps nécessaire pour que la moitié des atomes de l'isotope concerné se désintègrent et arrêtent donc de faire les cons. Accessoirement, c'est le temps nécessaire pour que la radioactivité émise diminue de moitié. Attention : ça ne veut pas dire que la matière n'est plus dangereuse au terme de sa demi-vie, juste qu'elle l'est moitié moins.

–Mais donc au bout de deux demi-vies, c'est ok?

Bin, non, même pas. On divise encore par deux : ça sera un quart de la dangerosité initiale. Et ainsi de suite. Pour dire qu'il n'y a plus de danger, on se basera donc sur le temps nécessaire pour la radioactivité ne dépasse plus les doses admissibles. Et ça peut être long : la demi-vie de certains éléments se compte en milliers d'années! D'autant que souvent, la désintégration d'un élément n'aboutit pas à un élément stable, mais à un élément lui même instable et radioactif, qui va se désintégrer à son tour, et ainsi de suite... On appelle cela des chaînes de désintégration, ou encore des désintégrations en cascade. Du coup, les Périodes radioactives cumulées peuvent finir par être longues. Très longues...

Ainsi, certains radio-isotopes produits dans les réacteurs nucléaires peuvent être dangereux pendant plus de 100.000 ans.

–100... 1000?

Oui. Cent mille ans. Cent fucking millénaires! Je rappelle que notre espèce, l'Homo Sapiens Sapiens existe depuis grosso modo depuis 75 000 ans. A titre d'exemple, si les égyptiens antiques avaient eu des centrales nucléaires et utilisé les pyramides pour stocker leurs déchets, 7000 ans plus tard les égyptologues auraient été frappés par une malédiction des Pharaons qui leur aurait brûlé les chairs, fait perdre dents et cheveux, et liquéfié leurs organes en quelques heures ou quelques jours. Autant dire un truc qui a de la gueule en termes de malédiction.

Mais je ne doute pas qu'Areva sera encore là dans 100 000 ans pour éviter ce genre de boulette... hein? Hein? Chut. Oui. Ça va bien se passer.


C'est la nature. Ou les haricots, je ne sais pas...
Je sais, ça envoie du rêve.

Ces réactions nucléaires de désintégrations se produisent d'elles-mêmes dans la nature, de façon ponctuelle. Et il existe même des réacteurs nucléaires naturels!

Alors oui, bon, c'est quelque chose de naturel. Mieux : le soleil lui-même n'est qu'un gros réacteur à fusion nucléaire (oui, je n'ai pas encore détaillé la fusion, mais j'y reviendrai un fois prochaine, à chaque jour suffit sa peine). Mais c'est pas une raison pour coller des centrales nucléaires partout.

–Bah pourquoi? Si c'est naturel, où est le danger?

Pour rappel, le pétrole est une substance naturelle aussi à la base...
Je vous épargne les images d'animaux mazoutés, hein...
Le mercure et l'arsenic aussi si on va par là... Évidemment, c'est une question de dose.

Le nucléaire, c'est un peu pareil. La plupart des radio-isotopes existent dans la nature. MAIS, beaucoup d'entre eux sont rares, voir rarissimes, car ils sont arrivés sur terre lorsque celle-ci s'est formée il y a 4,5 milliards d'années. Du coup, de par leur Période radioactive, beaucoup de ces éléments se sont complètement désintégré au fil du temps, ne subsistant qu'à l'état de traces. Ainsi la radioactivité naturelle sur Terre est suffisamment faible pour permettre la vie. Cette radioactivité naturelle est peut être même bénéfique puisqu'elle pourrait être en partie responsable de l’Évolution et de la biodiversité, en favorisant quelques mutations ponctuelles.
Ouhla! Oui mais là non quand même...

Le soucis, c'est que les réacteurs nucléaires produisent des radio-isotopes, comme le plutonium par exemple, qui sont extrêmement toxiques, pendant des durées relativement longues. Et pas qu'un peu : des centaines de tonnes. Et ces isotopes génèrent une radioactivité très supérieure à la radioactivité naturelle : des doses mortelles...
Et ces cochonneries, il va bien falloir les stocker quelque part, pendant des milliers d'années, car on ne sait pas les éliminer.

–Mais pourquoi s'entêter alors? C'est débile... Il n'y a pas moyen de faire du nucléaire sans déchets? Sans plutonium?

Sans déchets... non. Avec des déchets de plus courte durée de vie et sans plutonium, si.

–Et bin alors? Pourquoi on ne le fait pas?

Et bien le soucis, c'est que ce plutonium présente un intérêt. Un intérêt... militaire. Il existe bien des filières non productrices de plutonium, mais elles n'ont pas été privilégiées, principalement pour des raisons stratégiques. Et c'est dommage, car en plus, nos centrales classiques, productrices de plutonium, sont plus susceptibles de connaître des accidents graves...

A suivre...