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vendredi 6 mars 2015

Quantum of salade

Prologue

Nous avions réussi à semer les clowns du C.L.O.W.N., mais la Saxensix avait pris cher: les bricolages de Piotr étaient efficaces, mais ils avaient leurs limites. Nous parvînmes néanmoins péniblement à atteindre son garage. Sergueï examina rapidement le moteur, et son verdict sans appel tomba tel un couperet :
–Moteur cramé. Voiture caput.
–Ah. Flûte. C'est contrariant ça... Y a moyen de réparer Dimitri? Vous n'avez pas une turbine de fusée Korolev sous la main?
–Niet. Je déjà réparer culasse avec joint centrale nucléaire ukrainienne. Maintenant, culasse déformée. Dangereux. Je déjà commandé toupie béton pour couler Saxensix dans sarcophage. Je réussir récupérer autoradio. Vous vouloir lui?
–Euh oui, tant qu'à faire mais bon... je fais comment pour rentrer chez moi en attendant?
–Je prêter vous Twingo.

La Twingo de Vladimir.
–C'est ça que vous appelez une "twingo"? Je sais que c'est moche une twingo, mais quand même...
–Da. Ça Twingo. Je récuperer elle après empoisonnement polonium gros accident. Je remplacer moteur par réacteur MIG-21...
–Ah voui... vous avez même gardé les ailerons.
–Da. Pare-choc être avant venir Tupolev. Rétroviseur être périscope Koursk. Et carrosserie venir char T-34.
–Euh... et vous avez réussi à le faire repasser aux "Mines" avec tout ça? intervint Paul Bismuth.
–Da. Lui très bien passer mines.

–Non, je voulais parler du services des M...
–Bon ok c'est bon, interrompis-je Paul, on la prend pour le moment, il est déjà tard. J'en chercherai une plus adaptée à mes besoins après. Aller, en voiture Simone!
Nous déposâmes Paul à un arrêt de bus. Au moment de se quitter, il me demanda :
–Bon... et maintenant, vous allez faire quoi? Analyser le Big Clown que j'ai réussi à tirer? Il parait que ces trucs sont immortels! Imputrescibles! Ça doit être bourré de produits chimiques!
–Question : pourquoi vous vous êtes emmerdé à le chourer? On aurait pu juste en acheter un non?
–Euh... je... n'y avais pas pensé...
–Je vous aime bien Paul, mais franchement... bon, donc, vous, vous faites ce que vous voulez. Moi, je rentre me pieuter.

Deux semaines plus tard, alors que je profitais d'une journée de repos et que les gnomes étaient à l'école, on frappa à la porte. A peine eussé-je le temps d'ouvrir que Paul se faufilait à l'intérieur.
–Alors? Vous avez analysé le Big Clown?
–Non mais dites donc! Je ne vous ai pas invité à entrer!
Boulette (chien n°2) dut s'en rendre compte, car elle se jeta immédiatement sur lui et le... lécha consciencieusement. Ouaih. Bon. Elle ne s'était rendu compte de rien en fait, elle était juste contente d'avoir de la visite. Je la séparai avec difficulté de son nouveau jouet, un peu baveux à présent, et aidai ce dernier à se relever.
–Bon, franchement, votre burger, je l'ai foutu au fond d'un placard et je l'ai complètement zappé. Mais si ça peut vous faire plaisir on va y jeter un...
–Faire les courses, m'interrompit maman Koala. Vos âneries c'est bien gentil, mais il y a des choses sérieuses à faire dans la vraie vie des gens, comme par exemple refaire les réserves de chocolat. Et puisque vous êtes là tous les deux, vous allez m'aider à porter les sacs. Non mais.
–Mais...
–Schnell!!!
–A vos ordres fraülein!
Nous remontâmes donc dans la twingo d'Igor, et prîmes le chemin du supermarché. Les courses se déroulèrent sans encombres. Ça n'est que lorsque nous sortîmes de la grande surface, les sacs de courses remplis, que brusquement un individu entièrement vêtu d'une sorte de pyjama noir et masqué avec une espèce de cagoule bondit de derrière une poubelle de tri. Un ninja ou quelque chose du genre. Immédiatement, d'autres ninjas surgirent d'un peu partout. Ils dégainèrent des katanas d'une taille démesurée. Nous étions cernés...

Le ninja aime bien faire son kéké.

Maman Koala se serra contre moi. Je hélai les nouveaux venus :
–C'est  n'importe quoi la mode de nos jours. Oui? Vous voulez quoi ?
L'un d'entre eux me répondit :
–Mmh mhm mh mhmm hm mhmhmh! Mhmmhm-mhhm hm hmh mhmmh! Mhhhm!
–...
–Mhmhmmh mhm!
–Non, franchement... écoutez mon vieux, vous êtes bien gentil, mais avec votre chaussette sur la tête, on entrave que dalle! Faites un effort que diable!
Le ninja jeta un œil en direction d'un gros 4x4 aux vitres teintées, interrogeant probablement son chef, puis, hochant la tête, retira le bas de son masque révélant le visage d'un homme blanc, pourvu d'une superbe moustache... un truc de sapeur à vous couper le squeele!
–Bon sang! Mais vous êtes...

–Oui. Un occidental.
–Non. J'allais dire un sbire à moustache. Franchement, vous auriez pu nous épargner ce cliché moisi... mais vu qu'on a déjà eu droit au "ninja", je suppose qu'on n'est plus à ça près... Bon, vous disiez?
–Euh... On est là pour le burger! Remettez-nous le Big Clown sans résistance, et tout ira bien! sinon...
Le ninja passa lentement le pouce sur sa gorge, pour nous signifier ce qui nous attendait en cas de refus. Cette fois, c'était mal engagé. Et c'est le moment que choisit Paul pour leur lancer :
–Jamais! Vous ne savez pas qui est cet homme, dit-il en me désignant : il s'appelle Hérisson! Papa Hérisson! Vous allez dérouiller sévère les mecs!
–Punaise Paul! l'apostrophai-je. Ils sont un peu nombreux et un peu armés avec des armes en mousse là quand même... J'ai pas mon Patator® avec moi, et votre Big Clown là, on s'en tamponne vaguement le crustacé avec une patte d'alligator femelle! Vous ne pouviez pas fermer votre mouille?

–Je... euh...
Trop tard : les ninjas se précipitaient sur nous! Un sac de courses vola, éjectant les tablettes de chocolat qu'il contenait...




La dernière fois, on a causé frites. En toute logique, nous allons aborder aujourd'hui la question du Gros Mac.
Non, pas celui-là.

Car s'il est un plat emblématique des fast-foods, c'est bien le hamburger, dont le Gros Mac est le symbole par excellence. Enfin excellence... façon de parler. Bon, si on s'en tient aux ingrédients affichés (du pain, salade, tomate, cornichon, fromage pour les cheeseburgers, viande de poulet ou de bœuf, ou poisson), on pourrait penser que ce plat est relativement équilibré et complet. Bien sur, ça ne sera pas l'avis des anti-gluten (à cause du pain principalement) et des veg-(étariens, -ans) pour qui la viande voire le fromage sont à proscrire. Notons du reste qu'il existe des burgers végétariens plutôt savoureux, comme ceux proposés dans les Very Fresh de Pascal Favre d'Anne, mais là n'est pas le sujet...

L'un des principaux problèmes du burger, du moins de celui qu'on trouve dans la plupart des chaînes de restauration rapide, c'est sa charge calorique : environ une attaque cardiaque à chaque bouchée. Car certes, il y a du pain, mais généralement du pain dit "bun", bourré de sucre. Ok il y a de la salade, de la tomate et des cornichons, mais pas beaucoup. Juste un pouyem. D'accord il y a de la viande, mais de la viande hachée, issue de l'agriculture intensive (ne rêvez pas) et donc copieusement garnie de gras, mais aussi et surtout de pesticides, d'antibiotiques, etc... Et le tout accompagné de force ketchup (tomate concentrée et sucre), mayo (moutarde, oeuf, matière grasse, additifs divers... et sucre. Si si, je vous promets.), sauce secrète-de-la-mort-qui-tue-que-la-CIA-elle-est-verte-de-jalousie (ingrédients secrets donc... mais je vous fiche mon billet que l'un d'entre eux est du sucre... ou du moins du glucose. Ou pire, du sirop de glucose-fructose également appelé sucre  inverti, qui est une vraie saloperie. Je vous en reparlerai à l'occasion.).

Et puis il y a bien évidemment tous les additifs (autorisés bien sûr) classiques de l'industrie alimentaire : exhausteurs de goût, arômes artificiels ou naturels, glutamate (encore une belle cochonnerie dont les industriels abusent, car cela améliore l’appétence des aliments et diminue la sensation de satiété : donc tu consommes plus) , sel, conservateurs...
Sympa non?
Tiens, d'ailleurs, en parlant des conservateurs d'ailleurs, ça fait un peu polémique ça. Sans doute avez-vous vu passer cette rumeur d'un burger retrouvé intact après plusieurs années? Mais on entend aussi régulièrement parler d'expériences sur plusieurs semaines afin d'observer la dégradation d'un burger. En cherchant un peu, on trouve d'ailleurs cette video :


Du coup, esprit scientifique oblige, je me suis senti obligé de vérifier (au moins partiellement) cette info : les burgers de Mac Diabète® sont-ils vraiment immortels? Je me suis donc procuré un Gros Mac (un Big Clown si vous préférez) afin de faire l'expérience (certes pas dans des conditions rigoureuses, mais on va dire que ça ira pour une observation basique).

Jour 0
Franchement, presque...

Première constatation : ça ressemble à la photo de la pub... en un peu moins bien quand même. Sur la pub, le steak est gros et débord bien du pain bun, dans la réalité, deux micro-steaks sont perdus au milieu des pains et ont semé des grains de sésame pour retrouver leur chemin. Sur les photos promo, la salade est discrète et semble croquante. Dans la réalité un quantum de salade (un peu plus verte toutefois) sous forme de lanières cherche à fuir une flaque de sauce graisseuse et sucrée.
Deuxième constatation : la pub est trompeuse. On voit toujours ces burgers en gros plan, magnifiés, énormes et rebondis, comme ceci :
Astuce de photographe : utiliser une perspective trompeuse. Ici le burger est au premier plan pour paraître plus gros.

On a l'impression d'un truc énorme, renforcé par le nom donné : "Big Clown". On s'imagine un truc comme ça :
Miam, on va se faire péter le bide!

Sauf qu'en réalité on a un truc comme ça :
♫♪ Prendre un burger par la main...♪♫

Plutôt riquiqui hein? Notez : vu déjà la charge calorique du bouzin, plus proche de celle d'une bombe au napalm lâchée sur Hô-Chi-Minh-Ville que de celle d'un sandwich, c'est sans doute préférable.
Le Gros Mac : une attaque cardiaque à chaque bouchée.
Pour rappel, les besoins caloriques moyen d'un être humain moyen sont :
  • pour un homme : environ 2500kcal par jour
  • pour une femme : environ 2000kcal par jour
Comme on le voit, le Gros Mac apporte à lui seul entre un cinquième et un quart de l'apport calorique quotidien. A lui seul. Sauf que seul... il l'est rarement. Car tel le porte-avion Charles de Gaulle parti faire une réunion tupperware au proche orient pour vendre des Rafales la guerre au terrorisme, ou DSK en conférence à Lille le Gros Mac ne se promène jamais sans sa flotte d'escorte :
  • frites
  • boisson au cola
  • sauce
  • dessert (optionnel)
Et tout cela mit bout à bout commence à compter.

D'accord, me direz-vous, mais rien n'oblige à prendre un menu aussi conséquent. C'est un choix du client.

Oui, sauf que... non, pas tout à fait. Le problème de ce type de nourriture, c'est qu'elle ne tient pas bien au ventre. C'est partiellement dû au fait que, comme son nom l'indique, le "fast-food" est mangé rapidement. Du reste sa charge en glucides, et particulièrement en sucres dit rapides, fait que la sensation de satiété (le signal de l'estomac qui dit "a pu faim, c'est bon!") qui devrait se déclencher après un repas aussi "riche" ne fonctionne pas bien. Conséquence : vous avez tendance à commander des portions plus importantes (sur la base de "La dernière fois, j'avais encore faim après mon menu Triple Pontage!"). Du coup, petit calcul rapide de l'apport calorique, en se basant sur les chiffres disponibles sur le site de Mac Diabète® :
  • Gros Mac : 509kcal (42g de glucides, dont presque 9g de sucre tout de même)
  • Grande Frite : 448kcal (55g de glucides tout de même... bin oui, la patate...)
  • Sauce ketchup : 13kcal (2,9g de glucides, dont 2,4g de sucre pour environ 6g... pas mal)
  • Caca Colé® 50cl : 210kcal (dont 27g de sucre...)
  • Crème glacée nappée de chocolat : 330kcal (41g de sucre. Que vous dire...)
Soit un total de 1510kcal, c'est à dire 60% de l'apport quotidien pour un homme, 75% pour une femme. Notez que cela représente aussi environ 170g de glucides, et pas les meilleurs qui soient... ainsi que près de 4g de sel (à supposer que vous n'en rajoutiez pas sur les frites), soit la moitié de l'apport quotidien recommandé (déjà élevé selon moi) : autant dire que les hypertendus n'ont pas intérêt à abuser du Mac Diabète®.

A titre de comparaison, 100g de Gros Mac représentent 232kcal, ce qui est plus que 100g de cassoulet (136kcal) ou de pot-au-feu (72kcal), ces plats réputés légers et pas bourratifs.

Bref, tout cela ne laisse guère de place pour un solide petit déjeuner ou un diner ne serait-ce que normal. Mais comme ce menu sera très vite "digéré", vous aurez quand même faim, et du coup il est probable que vous dépassiez allègrement l'apport recommandé au final.

Quoi qu'il en soit, observons l'évolution du bidule :

Jour 1
Bon. L'odeur n'a pas changé. Le truc semble intacte (ok, un peu de traviole à force d'être manipulé).
Wesh!

Jour 2
Idem.
Tac-tac t'as vu?

Jour 3
Idem.
Bien ou bien?

Jour 5
Idem. Bon, la salade commence à faire un peu la gueule. Notons tout de même que si je prends une salade bio chez mon primeur et que je la laisse comme ça à l'air libre, c'est pas 5 jours que ça prendra avant qu'elle tire la tronche.
En forme, chaud, mais pas fatigué!

Jour 7
Idem. Hein? Idem? Dans ma cuisine humide? Bin oui. Le Big Clown, lui, est en pleine forme.
Et ouaih. La classe man!

Jour 10
Ah... ah... on aperçois un vague début d'embryon de moisissure. Si si, regardez bien : là! Notons toutefois qu'à l'odeur, c'est toujours nickel. Pas la moindre trace de putréfaction.
Zyva c'est bon, lâche moi! C'est un peu d’acné quoi!
Jour 12
La moisissure s'étend, tout doucement. Toujours aucun odeur de charogne. Si si, ce produit contient de la viande, je vous assure.
C'est bon oui? D'où que tu me traite de "charogne"? Tu vas mourir toi!

Jour 14
C'est de pire en pire. Ça a mit du temps à commencer, mais maintenant, la déchéance semble inéxorable. Notons toutefois que si une légère odeur de champignon commence à flotter, il n'y a en revanche toujours aucune odeur de putréfaction. Et ouaih.
C'est bon, j'me tire, c'est moisi ici! Ta mère!

Conclusion
La vidéo du dessus, qui se joue sur 30 jours, est sans doute véridique dans la mesure ou ils enferment leurs burgers dans des bocaux : l'évolution des produits dépend manifestement pas mal des conditions ambiantes.

Le placard de cuisine où j'ai entreposé le mien est réputé pour sa capacité à faire moisir des biscuits secs en quelques jours, et le Gros Mac ne fait pas exception. Au temps pour le mythe du burger imputrescible donc. Mais ceci étant, le Gros Mac résiste quand même étonnamment bien : 10 jours tout de même pour un début de moisissure, et aucune odeur de charogne à 14 jours révolus. Ce qui est plutôt flippant si on y réfléchit : si ce truc ne se dégrade pas à l'air libre, je ne suis pas persuadé que votre microbiote intestinal le trouve particulièrement assimilable...

Bien sûr, il conviendrait de refaire les test à plusieurs reprises, et sur différentes marques, mais financièrement cela m'était difficile, et je manque de place pour entreposer tout ça. En outre, il aurait fallu faire ça dans des conditions de labo, avec mesure de l'hygrométrie, de la température, etc... Mais cette observation basique permet tout de même de conclure que le Gros Mac ne se dégrade pas rapidement. Pour autant, ça n'est tout de même pas un burger immortel comme certains le prétendent. Je dirais plutôt mort-vivant...


Épilogue
Trop tard : les ninjas se précipitaient sur nous! Un sac de courses vola, éjectant les tablettes de chocolat qu'il contenait, lorsque l'un des ninjas se prit les pieds dedans... Le visage de maman Koala se décomposa :
NOOOOOOOOOOOOOOoooooooooooooon!
Le choco! Bande de saligauds!
Je chopai immédiatement Paul par le col, pour nous abriter dans un petit hangar à caddies.
–Mais... euh... vous laissez maman Koala seule contre ces assassins? s'étonna Paul.
–Croyez-moi, c'est vraiment pas le moment de se mettre en travers de sa route. Dans cet état, elle ne distingue plus amis et ennemis... répondis-je. Ils n'auraient pas dû shooter dans les chocos..
"Chocolaaaaaaaaaaat!"
Le combat fut aussi bref qu'intense. Les ninjas et leurs katanas géants en latex n'avaient aucune chance. Et tandis que maman Koala se calmait en ramassant les tablettes de chocolat, je m'approchai du 4x4 aux vitres teintées en piétinant leurs corps désarticulés les mannequins en mousse qui jonchaient le sol. Décidément, cette suite était bien fauchée... La voiture tenta de démarrer brusquement. Trop brusquement. Le conducteur cala, puis noya le moteur en tentant de remettre le contact. Je frappai à la vitre : la portière s'ouvrit, livrant le passage à...
Christophe Lambert!
–Christophe Lambert? Bon sang... mais... ça vous prend souvent d'envoyer des ninjas moustachus incompétents aux gens pour leur truander leurs burgers?
–Hin hin... pardon! Oui ils ne sont pas très doués je sais. Mais bon, ils ont appris leur art sur un tuto en ligne.
–Non, c'était pas ma question... pourquoi vouloir nous carotter le Big Clown?
–Bin, parce que c'est un burger immortel tient! Et qu'il ne peut en rester qu'un...
♪♫ Here we are, Born to be kings,
We're the princes of the universe ♪ ♫
–Je... Sérieusement?
–Oui.
–C'est moi ou c'est juste complètement con? Vous ne confondriez pas Mac Diabète® et Mac Leod par hasard?
–Dites donc...
–Bon alors déjà, petit un : votre burger là, il est pas immortel. Il a carrément moisi dans mon placard.
–Ah... merde...
–Et petit deux : si en vouliez tellement un, pourquoi venir me baver sur les rouleaux? Vous pouviez aller en acheter un dans un Mac Diabète®!
–Je... n'y ai pas pensé.
–Pffff. Si vous tenez tant que ça à manger un bon hamburger, venez donc à la maison. Je vais vous en préparer un dont vous me direz des nouvelles.
–Ah... euh? Sérieux?
–Oui, pas le choix : c'est une trilogie. Il faut bien un pitch pour la suite. Par contre je m'inquiète un peu...
–À quel sujet?
–Sans vouloir vous vexer : une première suite avec Christophe Lambert, des ninjas et des mannequins en mousse... c'est un coup à se retrouver avec Frédéric Diefenthal, Lorie et des effets spéciaux en CGI moisies dans le troisième opus...


A suivre...


P.S. : si jamais tu me lis, en vrai je t'adore Christophe. Même quand tu joues comme une patate dans des gros nanards qui tâchent. Surtout, change rien, je te kiffe!

vendredi 6 juin 2014

3 sera le nombre que tu compteras!

Il y a quelques temps de cela, la blogueuse Lise Desportes (qui tient l'excellent blog illustré Liliaimelenougat) a lancé (ou relancé) une polémique dans laquelle la violence des débats à relégué la question du Mariage pour tous au rang de banaledispute de cour de récré.
D'un autre coté ça n'était guère difficile puisque cette question était effectivement du niveau d'une dispute de cour de récré, avec des arguments du style :
–T'as pas le droit de te marier avec un autre garçon/une autre fille!
–Et pourquoi?
–Parce que!

Mais revenons à nos moutons.
Le débat initié par Lise était en train de tourner court, et une nette majorité se dégageait en faveur du 2 au détriment du 1. Mais vous commencez à me connaître, je suis plutôt du genre iconoclaste. Je ne pus donc m'empêcher d'intervenir dans le débat en jetant un pavé dans la mare :  3, ni plus ni moins. Je sais, c'est un parti pris audacieux quand on sait que cette question n'est peut être pas étrangère à pas moins de trois guerres entre la France et l'Allemagne, dont deux virèrent au conflit mondial. D'un autre côté, comment ne pas en vouloir à une nation capable de produire ceci :

Je crois sincèrement qu'il est vital de défendre farouchement ses valeurs dans un tel débat, et de faire triompher le bon sens et le bon goût contre l'obscurantisme. Alors oui, je maintiens mon affirmation : pour faire un bon hachis Parmentier, il faut faire 3 couches. Même les livres sacrés le disent :


La présente note est donc destinée à appuyer mon propos en vous présentant des arguments sérieux. En l'occurrence amis lecteurs, je vais vous révéler un secret qui ne se transmet dans la famille Hérisson que de père en fils, par une nuit de pleine lune au pied d'un chêne millénaire.
Bon, pour le problème de filiation, je ne peux pas faire grand chose hein...
Mais comme je ne peux pas décemment trahir ainsi un secret de famille, la recette que je vais vous présenter est en fait une variante :
Le Hachis Parmentier de Patate Douce

Testée avec succès chez nous, cette recette aussi saura régaler vos papilles. Voyons donc ce qu'il nous faut pour la réaliser.

Ingrédients (pour 6 personnes)
  • pleine lune (facultatif)
  • chêne millénaire (facultatif)
  • fils (facultatif)
  • 1kg de patates douces
  • 600g de viande de veau (ou d'autre chose, mais le veau se marie bien avec la patate douce)
  • 100g de mimolette + rappe à fromage
  • sel, poivre, épices, ail, échalotes, fines herbes et persil frais
  • huile d'olive
Outre son goût légèrement sucré, qui rappelle un peu la carotte, la patate douce est un légume très intéressant sur le plan alimentaire et diététique. Elle possède en outre un meilleur rendement que les céréales en culture, et ses feuilles peuvent être également consommées comme des épinards, contrairement à celles des pommes de terre qui sont toxiques. Il parait en plus que c'est assez facile à repiquer pour en produire dans son jardin... faudra que je teste.
Préparation (environ 1h)
  • déshabiller et laver les patates douces : c'est comme les gnomes, comme elles ont joué dehors, elles sont un peu crades
    La photo ne rend pas justice à la belle robe orange de la patate douce.
  • les débiter en petites dés et leur proposer un sauna gratuit pendant environ 20 minutes
    Au cuit-vapeur, ou à la cocotte hein... pas de préférence.
  • pendant ce temps, se débarrasser du cadavre planqué chez vous hacher votre viande si elle ne l'est pas
    Bon là c'est du porc et non du veau. C'était moins cher. Mais ça fonctionne tout aussi bien.
  • hacher une échalote (deux si elle sont petites) et deux gousses d'ail. Les échalotes vont tenter de vous tirer des larmes pour vous apitoyer : restez fermes! Sinon c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres.
    Passé au hachoir à viande.
  • couper fines herbes et persil. Non, aucune blague, ça serait un peu facile...
  • dans un wok ou un fait-tout, faire revenir la viande avec l'ail et l'échalote dans un filet d'huile d'olive : attention à ne pas la faire trop cuire : elle doit être encore rosée car elle terminera sa cuisson dans le plat. Y adjoindre les fines herbes et le persil. Saler et poivrer. Ajouter quelques épices à votre goût. Pour résumer : une ambiance chaleureuse, de la viande fraiche, des trucs qui piquent les yeux, de l'herbe et des poudres diverses... ça doit ressembler à ce qui passe dans l'autocar de tournée de Justin Bieber.
    A ce stade de la préparation le degré de cuisson doit être : "juste pas assez cuit".
  • passer les patates douces au presse purée. Vous pouvez y ajouter un petit peu de lait, ou de lait végétal, mais ça n'est pas obligatoire.
    Opération : Presse-Purée!
  • dans votre plat, disposer une première couche de purée
  • disposer une couche de viande
  • disposer une seconde couche de purée
  • rapper la mimolette et la disposer en surface
    Non toujours pas de chatons dans mes gifs animés. Mais vous pouvez imaginer que la viande hachée est du chaton si ça peut vous faire plaisir...
  • enfourner à 180° (thermostat 6) pendant environ 25 minutes
Nous avons donc bien trois couches! Cette disposition permet à la viande de rester tendre, et de ne pas se dessécher, tout en permettant aux arômes des herbes et épices de se diffuser de façon optimale. Et ça, c'est le secret d'un bon hachis parmentier.


jeudi 17 avril 2014

–J'aime pas ça! –T'as même pas essayé!

Ceux qui ont des gnomes (ou qui en en fréquentent, ne serait-ce que ponctuellement... autant dire la plupart d'entre vous je pense) ont surement déjà entendu cette petite rengaine :

–J'aime pas ça!

Brandie comme une excuse incontournable vis à vis de tout aliment –et plus généralement toute activité– que le gnome ne trouve pas "agréable", cette petite phrase peut se traduire en français (cf. dictionnaire Gnome/Français-Français/Gnome parut chez Harreu'h™) par : "On veut changer mes habitudes. J'aime pas trop beaucoup ça. J'ai même pas envie de faire l'effort d'essayer pour voir si ça me plait. Si on insiste, je vais faire un gros caca nerveux!"
Bien sur, toute tentative de raisonner/faire appel au bon sens/faire appel à la bonne volonté/culpabiliser/intimider à l'aide de phrases du style :
–Mais... comment tu peux dire ça? Tu n'as même pas essayé!
–Mais si tu vas voir, c'est bon!
–Allez... pour faire plaisir à maman/papa
–Les petits enfants africains qui meurent de faim, ils le mangeraient eux!
–Si tu ne mange pas, Leguman va venir t'en coller une! Et son pote c'est le père Noël!
est vouée à un échec plus ou moins cuisant.

Bien, sur, certains aliments sont plus répulsifs que d'autres. Pour l'exemple, citons en vrac :
  • Le choux-fleur
  • Les haricots-verts (plus généralement, tout aliment vert est considéré comme suspect par le gnome moyen)
  • La plupart des légumes (sauf les frites bizarrement)
Mange tes légumes! Sinon Leguman viendra te donner la fessée chenapan!
  • Les champignons (oh hé hein... y'en a qui sont dangereux, non mais ho!)
  • Le coquillages, et les fruits de mer, voire à l'extrême tout produit de la mer (ceci étant, vu la tronche d'un concombre de mer, ça peut se comprendre) 
Et si ça concerne des activités :
  • Faire une longue ballade. A pied. Oui, juste une ballade, sans jeux pour enfants, sans jouets, sans vélo, sans télé avec dessins animés...
  • Allez chez le médecin (oui, on parle bien du type qui va te coller sa seringue à l'aiguille disproportionnée pleine de vaccin dans le jambon, en ayant le culot de prétendre que "ça ne fait pas mal, alors rhooo bon arrête de pleurer comme une mauviette")

"–Penchez-vous en avant... toussez... attention, ça va piquer légèrement"
  • Avaler un médicament
  • Apprendre ses tables de multiplication/ses verbes irréguliers/ses déclinaisons latines
  • Aller chez tatie Carabosse qui fait des bisous qui piquent (les gènes de hérisson surement) et qui fait du choux à manger (berk!)

Bon, après, certains gnomes la brandissent plus que d'autre hein... Si je peux vous en parler en connaissance de cause, c'est non pas à cause de mes gnomes (même si ça leur arrive ponctuellement), mais parce que j'ai moi-même été un gnome très difficile sur le plan alimentaire, et qu'on a vite fait d'être considéré comme un extraterrestre lorsqu'on ne mange pas comme les autres (les entomophages et les vegans pourront vous en parler). Oui : j'ai été. Je ne suis plus. Car oui, on peut s'en sortir...

Réunion des AA (Autistes Alimentaires) du 34 noctembre 20XX :

–[parrain] Merci à tous d'être là, aujourd'hui nous accueillons un nouveau membre. Présente-toi au groupe je te prie...
–Alors déjà on va arrêter de se tutoyer, on a pas lapidé des skybloggeur ensemble...
–[parrain]Hem... oui bon...
–Alors : bonjour, je m'appelle Papa Hérisson...
–[groupe] Bonjour Papa Hérisson
–C'est un peu flippant votre truc quand même... bon, donc, je m'appelle Papa Hérisson et je suis Autiste Alimentaire...
–[parrain] C'est bien, déjà vous avez fait un pas en avant en acceptant de reconnaitre votr...
–Non euh... Arrêtez de m'interrompre, je vous promets : ça devient vachement malsain. Je pourrais vous péter les dents de dépit je crois.
–...
–Donc, je m'appelle Papa Hérisson et je suis Autiste Alimentaire. Mais ça va mieux, la semaine dernière j'ai mangé des petits pois-carottes, et hier des haricots verts.
–...
–Là c'est bon, vous pouvez y aller.
–[groupe] Bravo! *clap clap*
–[parrain] C'est bien Papa Hérisson, tu... euh... vous êtes sur la bonne voie. Maintenant, la prochaine étape, ça va être d'en prendre plus d'une bouchée. Et sans les trois tartines de pain beurré pour masquer le goût!
–Je... ne... NOOOOOOOOOON!
"–Je fais ce que je veux, t'es pas mon père!
–Puisqu'on en parle, justement..."

Oui, euh... non, pas de cette façon. En exclusivité, je vais vous livrer ma méthode infaillible contre le "J'aime pas ça".
"–Euh... ça dépend, les nouilles, ça compte comme un légume?
–Ok, ça va coûter cher."
Remarque : si vous avez coché "Vous êtes : Euh" et "Aimez-vous les légumes : non", vous n'êtes pas forcément difficile. Il y a en fait une chance non négligeable que vous soyez un hybride humain/réticulien (donc asexué) et que vous vous nourrissiez uniquement d'un liquide nutritif saturé d'enzymes et de protéines, absorbé à travers les pores de la peau. Cette envie irrépressible de mutiler des bovins et d'exterminer l'humanité que vous éprouvez en est également un symptôme. Où alors c'est juste que vous êtes complètement cintré.
Ça va bien se passer. Vous allez passer cette chemise... oui, je sais, les manches ne sont pas pratiques...

Mais avant, il faut bien comprendre ce que ressent un gnome difficile sur le plan alimentaire, et pour une fois je vais essayer d'être un peu sérieux. D'abord, mettons nous bien d'accord : je parle bien d'enfants difficiles, pas allergiques (ce qui est un autre problème). C'est à dire que ça se joue bien au niveau psychologique et non physiologique (même si à la marge ça peut déclencher des nausées et des vomissement par auto-conditionnement). Je suppose que dans une certaine mesure, c'est une forme de trouble alimentaire de nature psychologique qui se rapproche de l'anorexie ou de la boulimie (simple hypothèse, seul un psy pourrait le confirmer).

Il faut bien comprendre qu'être difficile n'est pas un choix délibéré. Tous petits, lors de la diversification alimentaire, les enfants refusent rarement de goûter un plat. En général, ça vient un peu plus tard, vers les 2-3 ans (la période du non) : je pense que c'est à ce moment qu'une partie du problème peut se jouer. Du coup, il faut le voir plutôt comme une (mauvaise) habitude qui s'installe dans la durée, et ce d'autant plus qu'elle est prise jeune, que comme un problème physique.

Ensuite il faut savoir que lorsque l'on prend conscience d'être difficile (généralement parce que les repas à l'extérieur sont un calvaire car peu de plats sont à votre goût), on le vit mal : honte, culpabilité, ressentiment, envie de violence, redroom, redroom... Cela peut rendre les interactions sociales compliquées car beaucoup de ces interactions se font autour d'une table (sortie restau, banquet de mariage, repas de réveillon, etc...). Cela peut d'ailleurs conduire à inventer toutes sortes d'excuses plus ou moins foireuses (pseudo allergie, sois-disant malade, risque de se transformer en gremlins, etc...) pour échapper aux repas, ou simplement aux très nombreux plats que l'on aime pas. Bref, c'est pas la joie. Alors, être difficile : est-ce une traversée du désert? Et pour s'en guérir : est-ce le chemin de croix?
"–Non mais c'est ok, avec beaucoup de pain, ça passe..."
Je le redis, pour moi c'est un trouble alimentaire, c'est donc surtout un comportement à corriger, ce qui est plus ou moins facile selon les individus. Disons qu'arrivé à l'âge adulte, c'est plus compliqué et ça nécessite un travail sur soi. Pour moi, la rencontre avec maman Koala (qui est un cordon bleu) a été décisive : c'est elle qui m'a petit à petit donné le goût des bonnes choses. A ce stade, pas vraiment de secret, c'est une question de volonté personnelle. Mais l'idéal est bien sur de ne pas en arriver là...

Alors, votre gnome est difficile et vous voulez connaître ma méthode infaillible pour y remédier au plus tôt? Alors faites chauffer la carte bancaire (Non, je rigole. Enfin, si vous avez des sous en trop, vous pouvez me faire un don quand même), et cliquez vite sur "Lire la suite".