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jeudi 17 avril 2014

–J'aime pas ça! –T'as même pas essayé!

Ceux qui ont des gnomes (ou qui en en fréquentent, ne serait-ce que ponctuellement... autant dire la plupart d'entre vous je pense) ont surement déjà entendu cette petite rengaine :

–J'aime pas ça!

Brandie comme une excuse incontournable vis à vis de tout aliment –et plus généralement toute activité– que le gnome ne trouve pas "agréable", cette petite phrase peut se traduire en français (cf. dictionnaire Gnome/Français-Français/Gnome parut chez Harreu'h™) par : "On veut changer mes habitudes. J'aime pas trop beaucoup ça. J'ai même pas envie de faire l'effort d'essayer pour voir si ça me plait. Si on insiste, je vais faire un gros caca nerveux!"
Bien sur, toute tentative de raisonner/faire appel au bon sens/faire appel à la bonne volonté/culpabiliser/intimider à l'aide de phrases du style :
–Mais... comment tu peux dire ça? Tu n'as même pas essayé!
–Mais si tu vas voir, c'est bon!
–Allez... pour faire plaisir à maman/papa
–Les petits enfants africains qui meurent de faim, ils le mangeraient eux!
–Si tu ne mange pas, Leguman va venir t'en coller une! Et son pote c'est le père Noël!
est vouée à un échec plus ou moins cuisant.

Bien, sur, certains aliments sont plus répulsifs que d'autres. Pour l'exemple, citons en vrac :
  • Le choux-fleur
  • Les haricots-verts (plus généralement, tout aliment vert est considéré comme suspect par le gnome moyen)
  • La plupart des légumes (sauf les frites bizarrement)
Mange tes légumes! Sinon Leguman viendra te donner la fessée chenapan!
  • Les champignons (oh hé hein... y'en a qui sont dangereux, non mais ho!)
  • Le coquillages, et les fruits de mer, voire à l'extrême tout produit de la mer (ceci étant, vu la tronche d'un concombre de mer, ça peut se comprendre) 
Et si ça concerne des activités :
  • Faire une longue ballade. A pied. Oui, juste une ballade, sans jeux pour enfants, sans jouets, sans vélo, sans télé avec dessins animés...
  • Allez chez le médecin (oui, on parle bien du type qui va te coller sa seringue à l'aiguille disproportionnée pleine de vaccin dans le jambon, en ayant le culot de prétendre que "ça ne fait pas mal, alors rhooo bon arrête de pleurer comme une mauviette")

"–Penchez-vous en avant... toussez... attention, ça va piquer légèrement"
  • Avaler un médicament
  • Apprendre ses tables de multiplication/ses verbes irréguliers/ses déclinaisons latines
  • Aller chez tatie Carabosse qui fait des bisous qui piquent (les gènes de hérisson surement) et qui fait du choux à manger (berk!)

Bon, après, certains gnomes la brandissent plus que d'autre hein... Si je peux vous en parler en connaissance de cause, c'est non pas à cause de mes gnomes (même si ça leur arrive ponctuellement), mais parce que j'ai moi-même été un gnome très difficile sur le plan alimentaire, et qu'on a vite fait d'être considéré comme un extraterrestre lorsqu'on ne mange pas comme les autres (les entomophages et les vegans pourront vous en parler). Oui : j'ai été. Je ne suis plus. Car oui, on peut s'en sortir...

Réunion des AA (Autistes Alimentaires) du 34 noctembre 20XX :

–[parrain] Merci à tous d'être là, aujourd'hui nous accueillons un nouveau membre. Présente-toi au groupe je te prie...
–Alors déjà on va arrêter de se tutoyer, on a pas lapidé des skybloggeur ensemble...
–[parrain]Hem... oui bon...
–Alors : bonjour, je m'appelle Papa Hérisson...
–[groupe] Bonjour Papa Hérisson
–C'est un peu flippant votre truc quand même... bon, donc, je m'appelle Papa Hérisson et je suis Autiste Alimentaire...
–[parrain] C'est bien, déjà vous avez fait un pas en avant en acceptant de reconnaitre votr...
–Non euh... Arrêtez de m'interrompre, je vous promets : ça devient vachement malsain. Je pourrais vous péter les dents de dépit je crois.
–...
–Donc, je m'appelle Papa Hérisson et je suis Autiste Alimentaire. Mais ça va mieux, la semaine dernière j'ai mangé des petits pois-carottes, et hier des haricots verts.
–...
–Là c'est bon, vous pouvez y aller.
–[groupe] Bravo! *clap clap*
–[parrain] C'est bien Papa Hérisson, tu... euh... vous êtes sur la bonne voie. Maintenant, la prochaine étape, ça va être d'en prendre plus d'une bouchée. Et sans les trois tartines de pain beurré pour masquer le goût!
–Je... ne... NOOOOOOOOOON!
"–Je fais ce que je veux, t'es pas mon père!
–Puisqu'on en parle, justement..."

Oui, euh... non, pas de cette façon. En exclusivité, je vais vous livrer ma méthode infaillible contre le "J'aime pas ça".
"–Euh... ça dépend, les nouilles, ça compte comme un légume?
–Ok, ça va coûter cher."
Remarque : si vous avez coché "Vous êtes : Euh" et "Aimez-vous les légumes : non", vous n'êtes pas forcément difficile. Il y a en fait une chance non négligeable que vous soyez un hybride humain/réticulien (donc asexué) et que vous vous nourrissiez uniquement d'un liquide nutritif saturé d'enzymes et de protéines, absorbé à travers les pores de la peau. Cette envie irrépressible de mutiler des bovins et d'exterminer l'humanité que vous éprouvez en est également un symptôme. Où alors c'est juste que vous êtes complètement cintré.
Ça va bien se passer. Vous allez passer cette chemise... oui, je sais, les manches ne sont pas pratiques...

Mais avant, il faut bien comprendre ce que ressent un gnome difficile sur le plan alimentaire, et pour une fois je vais essayer d'être un peu sérieux. D'abord, mettons nous bien d'accord : je parle bien d'enfants difficiles, pas allergiques (ce qui est un autre problème). C'est à dire que ça se joue bien au niveau psychologique et non physiologique (même si à la marge ça peut déclencher des nausées et des vomissement par auto-conditionnement). Je suppose que dans une certaine mesure, c'est une forme de trouble alimentaire de nature psychologique qui se rapproche de l'anorexie ou de la boulimie (simple hypothèse, seul un psy pourrait le confirmer).

Il faut bien comprendre qu'être difficile n'est pas un choix délibéré. Tous petits, lors de la diversification alimentaire, les enfants refusent rarement de goûter un plat. En général, ça vient un peu plus tard, vers les 2-3 ans (la période du non) : je pense que c'est à ce moment qu'une partie du problème peut se jouer. Du coup, il faut le voir plutôt comme une (mauvaise) habitude qui s'installe dans la durée, et ce d'autant plus qu'elle est prise jeune, que comme un problème physique.

Ensuite il faut savoir que lorsque l'on prend conscience d'être difficile (généralement parce que les repas à l'extérieur sont un calvaire car peu de plats sont à votre goût), on le vit mal : honte, culpabilité, ressentiment, envie de violence, redroom, redroom... Cela peut rendre les interactions sociales compliquées car beaucoup de ces interactions se font autour d'une table (sortie restau, banquet de mariage, repas de réveillon, etc...). Cela peut d'ailleurs conduire à inventer toutes sortes d'excuses plus ou moins foireuses (pseudo allergie, sois-disant malade, risque de se transformer en gremlins, etc...) pour échapper aux repas, ou simplement aux très nombreux plats que l'on aime pas. Bref, c'est pas la joie. Alors, être difficile : est-ce une traversée du désert? Et pour s'en guérir : est-ce le chemin de croix?
"–Non mais c'est ok, avec beaucoup de pain, ça passe..."
Je le redis, pour moi c'est un trouble alimentaire, c'est donc surtout un comportement à corriger, ce qui est plus ou moins facile selon les individus. Disons qu'arrivé à l'âge adulte, c'est plus compliqué et ça nécessite un travail sur soi. Pour moi, la rencontre avec maman Koala (qui est un cordon bleu) a été décisive : c'est elle qui m'a petit à petit donné le goût des bonnes choses. A ce stade, pas vraiment de secret, c'est une question de volonté personnelle. Mais l'idéal est bien sur de ne pas en arriver là...

Alors, votre gnome est difficile et vous voulez connaître ma méthode infaillible pour y remédier au plus tôt? Alors faites chauffer la carte bancaire (Non, je rigole. Enfin, si vous avez des sous en trop, vous pouvez me faire un don quand même), et cliquez vite sur "Lire la suite".

jeudi 20 mars 2014

Le principe de la Biscotte de Papa Hérisson

Vous avez sans doute déjà entendu parler du principe du "Rasoir d'Ockham" (énoncé par un moine franciscain du XIVème siècle nommé Guillaume d'Ockham, ce qui ne nous rajeunit pas, convenons-en)... Si vous ne connaissez pas le nom du principe lui-même, vous l'avez pour autant surement entendu énoncé de la sorte : "L'explication la plus simple est souvent la meilleure."
Ce postulat (ça n'est qu'un postulat puisque la "simplicité" d'une explication est quelque chose d'assez subjectif) est régulièrement invoqué dans les domaines scientifiques, assez souvent pour réfuter l'appel au surnaturel ou au divin d'ailleurs. C'est aussi l'un des leitmotivs de Sherlock Holmes.

Partant de ce principe, j'ai moi-même énoncé le postulat dit de "la biscotte de papa Hérisson" (je rappelle que je me rase avec une biscotte) :
►"L'explication la plus simple à une action ou une décision qui parait absurde et/ou contreproductive est la bêtise."
Il s'accompagne souvent du corollaire dit "de Justin Bieber" :
▲"Si cette action ou cette action parait incommensurablement stupide, c'est probablement parce qu'elle l'est, tout comme son instigateur."
On pourra accessoirement y adjoindre cet autre corollaire, dit de "la poussée d'archi-merde" :
▲"Une action/décision individuelle stupide se mue invariablement en action/décision collective exponentiellement stupide si elle est menée en groupe."

Des exemples? Pas de soucis : je vous propose ce petit bouquet garni de démonstrations de bêtise humaine manifeste.


1. Les déchets jonchés au sol alors qu'il y a une poubelle à moins de 10m
Comme le dit très bien Hildegarde, il est extrêmement énervant de se balader (en forêt par exemple, ou sur une plage) et de poser sans arrêt le regard sur tout un tas de détritus divers et variés :
  • bouteilles et canettes de bière
  • emballages de chips/gâteaux/bonbons
  • paquets de cigarette
  • slips (!?)
  • chaussures solitaires (!?)
  • emballages de capotes (ah... peut être un début d'explication?)
  • mégots de cigarettes en quantité industrielle
  • couches sales (la capote ci-dessus devait être percée, voila ce que c'est de copuler au milieu des aiguilles de sapin)
  • emballages de médocs
  • CD de Justin Bieber
  • bidons de déchets nucléaires
  • cadavres de joggueuses
  • etc...
Tient? On a retrouvé une joggeuse disparue...
Très souvent, ces déchets se trouvent au moins à... pffffff, au moins 10 mètres d'une poubelle. Ouhla! Pffff! 10m!!! Non, franchement, ça devait être vraiment être trop loin pour remuer son gros cul se déplacer jusqu'à ce bel objet de mobilier urbain inventé par le préfet qui lui a donné son nom. On se rend pas bien compte hein... 10 mètres, allez retour ça doit bien faire 30 bonnes secondes. Insurmontable!
Je gage que derrière cette façade de cynisme grinçant, vous aurez deviné les sentiments d'allégresse qui m'emplissent... à l'idée de meuler la face des inconvenants qui prennent la nature pour leur poubelle à l'aide de quelque objet lourd et/ou contondant (pelle, manivelle de cric, pied de biche, Franck Dubosc...), avant de les trainer dans mon grenier pour un séchage en règle. On va dire que ça sera ma contribution au nettoyage de la nature façon colibri d'Hildegarde (vous pouvez faire de même, mais que cela ne vous empêche pas de prendre un sac plastique,de ramasser quelques détritus lors de votre prochaine balade en cambrousse, et de déposer le sac dans l'une de ces fameuses poubelles. Et pas que pour la journée de la Terre par exemple...).

2. Les voitures garées n'importe comment, alors qu'il y a un parking à moins de 50m
Selon la voiture, ça peut revenir au point précédent... ceci étant, curieusement, les véhicules en question sont souvent de belles berlines/de gros 4x4 urbains (je... oui, moi aussi je m'interroge souvent sur la pertinence du concept de 4x4 urbain qui me semble relever de la même logique absurde que le soda de régime, les convictions en politique ou un livre de Nabilla) de marque Merwagen, OpeMW ou Volkcedes.
Quand je dis "garées n'importe comment", j'entends par exemple:

►garé comme une merde sur le trottoir au point d'empêcher le passage d'un papa (Hérisson par exemple) avec une poussette, ou un handicapé en fauteuil roulant, les obligeant à passer sur la route à leurs risques et périls
Un cumulard : garé sur le trottoir et sur un passage piéton.
►devant une borne incendie, ce qui obligera les pompiers à défoncer la bagnole à grands coup de hache-incendie en cas de problème
Bien joué les pompiers. Respect.
 ►devant un passage, bloquant ainsi l'accès à d'autres véhicules
Oui, nous sommes d'accord : cette voiture de police est bien mal garée.
Le tout bien sur alors que de vraies places de parking se trouvent à moins de 50 mètres, et que certaines (voir la plupart) sont disponibles.

►Variante : "je me suis garé sur un parking (gratuit tant qu'à faire), mais je parviens on ne sait comment à occuper trois places au lieu d'une car le concept même de manœuvre m'est totalement étranger".
(Là, je crois qu'on tient un champion du monde.) –Dites, vous seriez libre pour un diner mercredi?
Excuse classique : "Nan mais allô quoi! J'en ai pour 5 minutes!", et ce quelle que soit la durée, comprise le plus souvent entre 30 minutes et une demi-journée. Einstein serait ravi : la relativité du temps est donc prouvée, et l'univers doit bien être infini puisque la connerie humaine quand à elle semble sans limite (bon, pour l'univers, y a encore un doute)...
Du coup, à ma dernière vidange, j'ai demandé à mon copain Piotr quelques aménagements sur Titine à l'aide de pièces de récup sur des chars de l'armée rouge...
"Tient!? Je crois que j'ai roulé sur un truc... j'espère que Titine n'est pas rayée"

3. Les gens qui viennent te polluer ton espace vital alors que tu n'avais rien demandé
J'ai parfois l'impression que chez certaines personnes, voir un gars tout seul, tranquille (en train de béqueter sa gamelle dans la patio non fumeur de son entreprise lors de sa pause déjeuner par exemple, ou en train de bouquiner sur un banc pendant la pause café) déclenche une sorte de réflexe de pitié : il faut impérativement aller lui tenir compagnie, et lui raconter toutes ses petites misères, voire se pointer en groupe et se mettre à caqueter comme des dindes (inutile de lâcher un commando femen à mes trousses, aucun sexisme dans ma remarque : le groupe peut aussi bien être féminin, masculin ou mixte).
Il faut croire que le fait de manger tout seul, peinard et avec l'air rêveur du gars perdu dans ses pensés te rend :
  • soit extrêmement sexy au point d'attirer tout ce que ton entreprise compte d'individus en rut (là encore : hommes, femmes, fans de Justin Bieber, pas de discrimination)
  • soit infiniment digne de pitié : tu dois certainement être très malheureux/dépressif/au bord du suicide pour te couper ainsi de tous ces boulets de tes sympathiques collègues
  • soit totalement invisible, ce qui justifie de venir s'asseoir limite sur tes genoux pour raconter aux autres membres de ton poulailler ses passionnantes histoires d'herpès génital.
Le summum étant de venir poser ses fesses à 30 cm des tiennes (alors qu'on ne te connait ni d'Eve ni d'Adam) et, sans même t'adresser la parole, d'allumer une clope bas de gamme (surement de contrebande) qui pue pendant que tu tentes de te délecter du délicieux crumble à la fraise au goût si subtil que maman Koala t'a préparé avec amour. Dans le patio non fumeur. Juste sous l'étiquette d'interdiction de fumer. Cumuk.
–Ça va? L'odeur de ma bouffe ne te gène pas trop?
–Non non, ça v...
"J'ai trébuché M. le juge..."

4. Ces objets mal pensés/mal fichus qui vous pourrissent la vie
Nous sommes en l'an 2014 après Jean-Claude. Depuis 1969, l'humanité a envoyé avec succès plusieurs missions habitées sur la lune. Depuis des décennies maintenant, nous savons envoyer et ramener des humains dans l'espace. Nous savons concevoir des ordinateurs capables d'apprendre par eux-même, nous savons manipuler des séquences ADN pour modifier les gènes des plantes et des animaux. Nous savons détecter d'infimes signaux électromagnétiques vieux de plus de 14 milliards d'années, prouvant que l'univers est né d'une extraordinaire "explosion" primordiale.
Et nous sommes infoutus d'inventer des &%$#@ d'étiquettes qui peuvent se décoller sans se déchirer des objets que nous venons d'acheter.
Si ce mauvais gag ne vous est jamais arrivé, sachez que je vous méprise.
Notons qu'à l'inverse, les objets pour lesquels des informations indispensables mériteraient d'être étiquetées de façon inamovibles, sont souvent équipés d'étiquettes qui ne collent pas ou plus simplement d'une notice volante qui finira invariablement par disparaitre. Dans le même esprit : les bons de garantie sous forme d'un ticket de caisse sur papier thermique... qui finit par s'effacer en l'espace de quelques semaines/mois. Bon courage pour faire jouer la garantie.

Un autre exemple : les papiers prédécoupées avec des pointillés... dont la découpe part systématiquement en couille cacahuète et occasionne une belle déchirure, surtout si c'est un papier important. De façon générale, on pourra conspuer tous les systèmes d'ouverture facile qui fonctionnent quand ils veulent.Comme par exemple ces foutues boites de pâtée pour chat, dont la tirette de l’opercule a la bonne idée de se casser, au moment ou vous avez 4 chats affamés autour de vous en train de brailler comme des ânes pour avoir leur repas, et deux bébés dans la pièce d'à côté qui viennent de s'endormir.
Et encore, là ils sont cool... ils ne profèrent aucune menace contre votre vie.


Dernier exemple : ces objets du quotidien, souvent à vocation culinaire qui semblent avoir été conçus par un connard d'ingénieur de mes deux qui n'a jamais dû mettre les pieds dans une cuisine, et encore moins tenté des les nettoyer après usage.
Hmmmm! ♫ Tous ces petits recoins !♪ Trop de bonheur à nettoyer! ♫
Et je ne parlerai pas de tous ces récipients dont le bec verseur a manifestement été conçu pour en foutre le maximum à côté.
Pour ma part, afin de résoudre ce problème, j'ai fondé une association à but non lucratif : le Comité pour une Torture Relativement Légale Associée à la Lapidation  Terminale pour les Scientifiques créateurs d'Ustensiles Peu Pratiques ou Ratés (le CTRL ALT SUPPR). L'inventeur du crépi est en tête de la liste noire de l'association.

5. Les boulets qui se conduisent dans les lieux publics comme s'ils étaient seuls au monde
Ceux là, y en a plusieurs sous-espèces (oui, le terme convient assez bien en y réfléchissant) :
  • L'ahuri(e) qui est planté(e) en plein milieu du passage (porte d'accès du bâtiment dans lequel tu veux rentrer, au milieu d'un escalier étroit, en train d'avancer en ligne à 0,5 km/h avec ses potes sur toute la largeur de la rue...), qui ne te regarde pas, et semble ne pas entendre quand tu toussotes en disant "Excusez-moi". Existe aussi en troupeau. A parfois tendance à soupirer comme si tu demandais la lune lorsqu'il/elle daigne enfin s'écarter de 15 cm. A mon sens, c'est la meilleure explication à toutes ces histoires de tireurs fous qui se mettent à canarder apparemment au hasard.
  • Le/la pénible qui dégaine son téléphone portable dans un lieu clos (exemple : salle d'attente du médecin, autobus, ...) et se met à raconter sa vie dans les moindres détails sordides ("Non parce que tu vois, cet herpès génital, c'est quand même embarrassant... ça me fait des sortes de..."). L'immolation par le feu reste le meilleur remède.
  • Les gros porcs qui transforment les toilettes publiques en tranchées de bataille de Verdun. Après avoir fait sortir la taupe du terrier ou lâché un renard, certains doivent trouver hilarant de balancer une grenade ou un pétard mammouth dans la cuvette. Je ne vois aucune autre explication à l'état dans lequel on retrouve parfois certaines toilettes publiques. Mention spéciale pour les aires d'autoroute : il faut impérativement que les restaurants routiers cessent de proposer du chili con carne à la nitroglycérine dans leurs menus ! Accessoirement, je suppose que ce sont les mêmes individus qui préfèrent se soulager sur le mur de ta maison que dans les toilettes publiques situées à moins de 20 mètres. Le stock de vieilles bonbonnes d'ypérite que je viens d'acquérir sur un site de surplus militaire allemand devrait me permettre de résoudre rapidement ce problème... Ach, großß malheur que la guerre!

J'ai préféré vous mettre cette image d'un paysage bucolique : les derniers WC publics que j'ai visité hanteront mon âme encore longtemps...




Je m'arrête là, on pourrait multiplier les exemples à l'infini. Tient, et vous d'ailleurs... il y a des exemples de bêtise humaine désespérante qui vous frappent ?

mercredi 8 janvier 2014

L'e. coli de Noël révolutionnaire incuba : Fidèle Gastro

Increvable. Invulnérable. Chaque année, on pense que c'est sa dernière, mais non... C'est pourtant pas faute d'avoir tenté de lui faire la peau : même les "spécialistes" n'ont pu y parvenir à ce jour. Et quand on croit y avoir enfin échappé : paf, nous voilà à genoux en train de crier "Raoul". Rien à faire, ces révolutionnaires semblent résister à tout, et se répandent autour de nous comme les spécialités lyonnaises à base de brochet dans les journaux anxiogènes de J. P. Pernaut.
Comme lui, mais le Spasfon® et le Motilium® ne marchent pas dans son cas à lui...
C'est un peu comme la grippe (d'ailleurs on l'appelle parfois "grippe intestinale"), et la médecine... pardon, la Médecine dans sa toute puissance vaccinale (rhooo? de l'ironie? moi? voyons, ça serait mal me connaître), semble tout aussi incapable d'en venir à bout.
Mais pourquoi diable parle-je de révolutionnaires me direz-vous? Et bien techniquement, nous sommes en permanence porteurs de e. coli, qui est une bactérie intestinale plutôt sympa normalement, participant à la digestion. Mais il semble que par moment, celle-ci se rebelle et devienne pathogène. La plupart des médecins pensent que ça serait lié à des souches spécifiques. D'autres postulent que le retour chaque année à la même saison de la fidèle gastro est plutôt liée à notre changement d'alimentation au moment des fêtes de fin d'année (nourriture plus riche, plus grasse, avec souvent plus d'alcool, et en plus grosse quantité) qui :

  1. fatiguerait notre organisme et affaiblirait notre système immunitaire déjà un peu usé par les laryngites, grippes, angines (et j'en passe) également de saison
  2. empêcherait ce même système immunitaire de jouer alors correctement son rôle en régulant la population d'e. coli présente naturellement dans notre système digestif
  3. favoriserait le développement des ces mêmes e. coli sous leur version pathogène par des substances riches qu'elles affectionnent
  4. et hop! c'est la révolution dans votre intestin grêle!
Vous me direz surement "Oui, mais il m'est déjà arrivé d'être malade sans avoir fait d'excès, voir avant les fêtes!". C'est pas faux, mais e. coli est très contagieuse :  si une personne de votre environnement l'a choppé, les chances de vous la refiler sont élevées (une seule poignée de mains pas parfaitement propres peut suffire, ou un bisou baveux, une léchouille, un verre ma lavé).

Bref, en tous cas, Fidèle Gastro arriva chez nous par une belle journée de décembre dans l'organisme de maman Koala, et incuba.
"Compañeros! Viva la revolución intestinale!" 
Et comme maman Koala est partageuse, elle le refila à notre princesse-guerrière favorite, Xéna qui décida donc un beau matin de reparfumer ses draps. Mais maman Koala et sa warrior de fille sont des battantes : elles se remirent en 24h à peine. Bien moins de temps que Plouf-le-cascadeur et moi-même qui fument les dernières victimes innocentes de nos révolutionnaires en goguette et avons bien mis 48h à nous en remettre.

Et laissez-moi vous dire une chose : quand vous sentez que vous avez une bouffée de chaleur, accompagnée d'une nausée et des quelques spasmes, vous trouvez subitement que :
  1. sauter du lit
  2. ouvrir la porte de la chambre
  3. descendre (ou dévaler, ou dégringoler) l'escalier
  4. ouvrir la porte de la cuisine
  5. ouvrir la porte du petit couloir glacial (sorte de warp zone sub-arctique connectée à notre maison par une sorte de trou de ver, je ne vois pas d'autre explication)
  6. ouvrir la porte de la salle de bain
  7. soulever la lunette du grand téléphone en porcelaine
  8. enfin pouvoir crier "Raoul" dans ce même téléphone
et bin ça fait long. Très long. Trop long.
Caramba! Encore raté!
Et sinon, je vous souhaite bonne année. Et surtout, la santé!

mercredi 9 octobre 2013

Cumuk! (cats inside)

cumuk /ky.myk/ n. masculin
  Définition :
  1. action de cumuler petites et grandes contrariétés jusqu'à un point de saturation.
  2. interjection utilisée comme une sorte de cri de guerre dans la famille Hérisson lorsque le-dit point de saturation est atteint.
  Ethymologie :
  1. expression inventée par erreur par Maminou (maman de maman Koala) en se mélangeant les doigts sur le clavier lors d'un échange de mails (sans doute au lendemain d'une soirée alcoolisée). Elle tentait de taper le mot cumul, et a tapé cumuk.
  2. L'expression est restée pour désigner une accumulation d'emmerdes de contrariétés.
  Exemple :
     – Tient, j'ai été au concert de Justin Bieber, je t'ai ramené un t-shirt :)
     – Ah... super...  :(
     – Non mais allô! C'était génial quoi! D'ailleurs j'ai filmé une partie du concert avec mon smartphone! J'ai mis la vidéo sur mon skyblog, lol! Je t'ai partagé le lien sur ta page facebouc© pour que tes amis puissent le voir aussi!   Ah mais tient!? Ils sont pas à l'école tes enfants?
     – Cumuuuuuuuk!
Cumuuuuuk!


Il y a des moments dans la vie comme ça, où tu as l'impression que tout ton environnement conspire pour te pourrir l'existence jusqu'au trognon. On appelle ça la loi des séries. Dans ces moments, tu as une furieuse envie de hurler ta frustration à la face du monde : c'est l'effet cumuk.

Niveau 1. L'argent ne fait pas le bonheur. Son absence non plus.
Grâce à une astucieuse niche fiscale, papa Hérisson et maman Koala ne payent pas d'impôts sur le revenu. Oui, je sais vous êtes jaloux.
Comme je suis sympa, je vais vous livrer le secret de cette extraordinaire astuce comptable vous permettant une si avantageuse défiscalisation (sélectionner la ligne pour découvrir ce secret) :

                         Spoiler :
♫♪ Nous ne gagnons juste pas assez de fric pour être imposables ♪♫

Et y a même de la marge. Bon. En soit, c'est secondaire, nous ne sommes pas super dépensiers dans la famille. Par contre, si nous ne sommes pas éligibles à l'impôt sur le revenu, il n'en va pas de même pour la taxe foncière et les différents impôts indirects (TVA, etc...). Si vous ajoutez à cela que les prix dans les magasins n'ont pas tendance à baisser, et la moindre plaquette de beurre va bientôt coûter un bras (et je ne vous parle pas des pommes de terres qui coûtent un testiboule au kilo... et pourtant, croyez moi, faire pousser des patates, ça n'a rien de bien compliqué...
Cerise sur le gâteau : on nous vend régulièrement de la merde en branche des produits d'une qualité douteuse. Par exemple, nous venons de racheter des chaussures en cuir fermées et étanches pour les gnomes, parce que l'hiver arrive et que l'herbe est parfois humide. Pour l'étanchéité, tu repasseras. Je ne sais pas comment ils ont fait, mais l'eau rentre plus facilement que dans des espadrilles... ils ont dû mettre une semelle dans une matière qui attire les molécules d'eau, ou un humidificateur à l'intérieur, je ne sais pas... Bref, nous voilà quittes pour vendre un deuxième rein et racheter des pompes soi-disant étanches. Ainsi qu'un flacon de latex. Pour qu'elles le soient vraiment.
Du coup, en cette période, l'argent a tendance à sortir plus vite qu'il ne rentre, et les fins de mois sont souvent difficiles. A partir du 15. Les bons mois.

Niveau 2. Les gnomes sont en mode BCBG
BCBG, ça veut dire : Bébé Crevé = Bébé Gonflant
Comprendre : quand le gnome est fatigué-naze, il devient, par rétroaction fatiguant-gonflant à son tour. Il rigole bêtement (dans le meilleur des cas), fait des caprices, chouine, conteste, objecte, répond, se roule par terre et fait même parfois mine de taper. Voire tape. Pas bien.
– Bin faut les faire dormir aussi!
Eh oh! Je me pointe pas dans leur chambre à l'heure de la sieste avec des cloches et des cornes de brume! D'ailleurs ils font leurs nuits.
Le problème c'est que Xéna fait ses dents. Les dernières prémolaires pour être exact. Oui, les quatre en même temps, c'est plus sportif. Du coup, chez notre princesse-guerrière, c'est surtout le côté "guerrière" qui ressort en ce moment. Tendance barbare-cri-de-guerre.
Plouf quant à lui nous fait une petite crise de croissance, d'où fatigue et douleur aux articulations. Accessoirement, et sachant que du haut de ses 3 ans et demi, il fait déjà la taille d'un enfant de 4 à 5 ans, ça nous ramène au point n°1 du cumukOmètre, puisqu'il va donc falloir rhabiller le gnome avec des fringues à sa taille, ce qui coûte environ un testiboule et demi.

– Vous n'aviez qu'à les mettre à l'école, au moins vous ne les supporteriez que le soir...
Et sinon, ça va mieux ces migraines?


Niveau 3. Au boulot, c'est le coup de feu
Sans rentrer dans les détails, mon travail peut alterner des périodes calmes, voir très calmes, et des périodes où tu as tout juste le temps d'aller faire pipi (et encore, tu seras prié de faire fissa, et de secouer la gougoutte en courant sur le trajet du retour à ton poste).
Le souci, c'est que je me trouve en position dite de middle management...

Tient, petit apparté : vous avez remarqué que dans les entreprises, en général quand on veut vous infliger des conditions de travail à la noix ou planter un poignard vaudou supplémentaire dans le code du travail, cette dernière porte toujours un nom en anglais?

Exemples sous forme d'un petit lexique :

Target : littéralement "cible" ou "objectif". C'est le but à atteindre en terme de profits ou de bénéfices (du point de vue des actionnaires s'entend). En général difficile ou impossible à atteindre sans jouer sur les variables d'ajustement.
►Staffing : le personnel (on parle parfois de ressources humaines). Variable d'ajustement permettant d'attendre la target par son augmentation (rarement) ou sa diminution (souvent).
Manager :  francisé en "Manageur", peut être traduit par "chef de service" (en gros). Le manager a pour mission gérer son staffing, c'est à dire s'arranger pour que celui-ci lui coûte le moins possible tout en travaillant le plus possible pour faire rentrer le maximum d'argent (dont seuls les actionnaires verront la couleur), tout cela pour atteindre la target.
Turn Over : littéralement "rotation", désigne le fait pour une entreprise de renouveler régulièrement son staffing. Notons que dans l'antiquité, il était bien vu dans une entreprise d'avoir un faible turn over, signe que les employés étaient satisfaits de travailler dans l'entreprise, et qu'ils y faisaient carrière. De nos jours, une entreprise bien considérée par les investisseurs a au contraire un turn over important. Certains manager ont d'ailleurs parfois une target en terme de turn over. Authentique.
Open Space : "espace ouvert", zone de travail sans cloisons (ou avec des cloisons anecdotiques). Présenté comme un progrès permettant les interactions sociales, cela permet surtout au manager de surveiller le staffing en permanence, afin de s'assurer que la target est atteinte..
Corporate : littéralement "d'entreprise" (sous-entendu "culture" ou "réglementation"). Désigne une pratique conforme à la "règle de l'entreprise". Règle qui n'est pas toujours formellement écrite, ce qui permet de lui faire dire un peu tout ce qu'on veut tant que ça permet de faire progresser le turn over et de torturer le code du travail.
Worldwide : "partout dans le monde". Comprendre : "ça se fait partout dans le monde, tu vas pas nous faire chier avec ton code du travail de mes deux". Dans les multinationales, worldwide est souvent accolé à corporate ce qui permet de bien appuyer que c'est comme ça et que si tu n'es pas content, un poste de chercheur t'attend dans la plus grande entreprise de France : Pôle Emploi.
Review : (mon préféré à titre personnel) littéralement "examen", désigne communément l'entretien annuel avec le manager. Théoriquement basé sur un échange de points de vue mutuels avec ce dernier, ce modèle d'hypocrisie pseudo-social à la sauce libéralisme sert surtout à t'exposer, via une brève rencontre, la décision irrévocable des vrais patrons (les actionnaires) concernant le fait que malgré tes performances correctes atteignant la target, tu peux te brosser pour avoir une prime/une augmentation/une promotion/des horaires convenables/un peu de considération.


Et enfin donc Middle management qui pourra se définir par : 
  • tu as les responsabilités du niveau hiérarchique supérieur (manager)
  • tu as le salaire du niveau hiérarchique inférieur (le staffing de base, d'où la notion de middle, accessoirement cela nous renvoi encore au point n°1)
  • tu effectues le boulot de ces deux niveaux en plus du tient (ça c'est corporate et worldwide)
  • à ton entretien annuel (review) on t'explique que tu n'auras pas ta prime car, certes tu atteints tes objectifs, mais que tu pourrais en faire plus quand même crotte c'est vrai quoi... et si tu n'es pas content, ça tombe bien l'entreprise veut augmenter son turn over.
Le travail c'est la santé


Niveau 4. Et chat continue, encore et encore...
... c'est que le début, d'accord, d'accord.



 Oui, alors je sais : je vous ai déjà parlé des chats qui sont pénibles. Mais croyez-moi, à ce stade, on se demande si c'est naturel ou s'ils prennent des cours du soir pour réussir à être aussi chiants.

Comme vous le savez déjà, nous avons 4 chats. Chat n°4, la petite dernière, est un vrai zébulon. Brièvement surnommée "Ouverture facile" suite à son opération de stérilisation (le petit surgeon ressemblait furieusement à une languette pour démouler les flans (où en l’occurrence les flancs), elle vient de recevoir son surnom "officiel" : Gremlins. En effet, outre ses touffes de poils blancs qui font furieusement penser au chef de ces vilaines bestioles, elle est virtuellement partout à la fois, en train de faire toutes les conneries possibles et imaginables. Au besoin, elle en invente de nouvelles. Et si elle n'a rien de mieux à faire, elle enquiquine les autres chats. Ou le chien. Ou vole de la nourriture.
Surtout, ne pas laisser trainer de nourriture. Si elle bouffe après minuit, elle devient chiante... Enfin encore plus.
En plus, c'est une furieuse celle-là : le soir, lors de la distribution de boulettes à chat, dès qu'on attrape la boite, elle se met à grogner et à distribuer des beignes aux autres, pour être la première (et idéalement la seule) à en manger. Et je ne vous parle pas de la difficulté à manger des avocats chez nous : elle adore ça et tente de chaparder la part des gnomes. Oui, de l'avocat. Notez : chat n°3 est fan d'asperge alors...

Mais bon, le pire moment, c'est souvent le matin.


Etape n°1
Epuisé par sa semaine de boulot (cf point n°3), et les deux tornades en forme de gnomes (cf point n°2), papa Hérisson tombe du lit en s'apercevant qu'il reste moins d'une minute avant que son réveil ne sonne et ne perturbe le sommeil de maman Koala. Trébuchant sur le conteneur de croquettes des chats (dissimulé dans la chambre pour que les susmentionnés félins ne tentent pas de l'ouvrir en le faisant lourdement chuter dans les escaliers au beau milieu de la nuit. Ne riez pas, ils l'ont déjà fait.), papa Hérisson se vautre mais parvient à éteindre le réveil (qui se trouve du côté de maman Koala pour des raisons techniques). La chute ayant été malgré tout un tantinet bruyante, maman Koala se retourne en marmonnant :
– Guemeugneu? Vrufff schhh pt fmouf shhhhaaaa steuupp... 'je gnégné!
Traduction probable : Chéri? J'espère que tu ne t'es pas fait mal... bon courage pour ta journée!
A moins que ça ne soit : Qu'est-ce que c'est? Vu que t'es debout, tu peux empailler les chats s'il-te-plait... j'aimerais roupiller!

Etape n°2
A pas de loup-sous-LSD, papa Hérisson descend l'escalier avec toute la grâce de cet oiseau qu'on appelle éléphant. Chat n°4, embusquée derrière la rampe, en profite pour griffer ses petits pieds tous nus. Papa Hérisson tente de contenir un juron. Echec critique : chat n°4 vient d'être maudite sur 4 générations. Vu qu'elle est stérilisée, ça se présente mal pour elle.

Etape n°3
Allumer une vague lumière, et jouer au jeu du matin : toi aussi, trouve le vomi de chat! En joueur expérimenté, papa Hérisson y parvient en moins de 15 secondes en grommelant une phrase obscure à propos d'un taxidermiste. Il se dirige vers la cuisine pour y attraper un rouleau de sopalin, et se vautre à 1m50 de la porte en butant sur chat n°4 qui slalomait entre ses jambes pour réclamer son p'tit déj'. Il peste de nouveau, ajoutant 5 ou 6 générations à la malédiction précédente, ainsi que quelques mots en allemand.
Oui, bon : soyons clairs, je ne parle pas un mot d'allemand. Sauf quand je suis en colère. Je trouve que cette langue se prête bien aux jurons proférés sous le coup d'une colère froide. C'est menaçant. J'avais essayé l'italien, mais ça rendait moins bien je trouve...
Autant l'italien se parle avec les mains, autant l'allemand ça serait plutôt avec le mégaphone.

Papa Hérisson ouvre enfin la porte de la cuisine, verse quelques croquettes dans la gamelle de chat n°4 (juste pour avoir la paix), attrape le sopalin, en arrache moult feuilles pour ne pas s'en mettre plein les doigts et va nettoyer le vomi. Il revient ensuite dans la cuisine, balance le sopalin à la poubelle et va se laver les mains : chat 1, sopalin 0.

Etape n°4
Papa Hérisson se dirige ensuite vers la salle de bain où se trouve enfermée chat n°2. Après avoir marché dans le pipi de cette dernière, astucieusement répandu derrière la porte, il procède à ses ablutions en tuant quelques dizaines de moustiques à la machette pendant que chat n°2 gueule pour sortir (notez que la sortir avant ne sert à rien, car alors elle gueule pour rentrer). Suite à quoi il tente de se raser. Le visage en sang, il se dit qu'il va être temps de changer de biscotte, celle-ci semble légèrement émoussée.

Etape n°5
De retour dans la cuisine pour la préparation du p'tit déj', il dégage chat n°4 avant qu'elle ne s'attaque aux tartines et au cake. Puis, il ramasse les peaux d'avocat que cette pénible a choppé dans la bassine destinée au composteur. Il va ensuite pester contre chat n°4 qui fiche le bronx à côté en enquiquinant chat n°1 et n°3 qui voulaient juste dormir, et revient en pestant dans la cuisine parce que les tartines sont en train de cramer dans le grille-pain.
Attrapant son p'tit dej', papa Hérisson va ensuite s'installer à l'ordinateur pour glandouiller un peu en ricanant devant le dernier strip de Maliki en grignotant ses tartines (oui, je sais, c'est pas bien, ça met des miettes dans le clavier). Il râle un peu lorsque chat n°1, surnommé pot-de-glue, vient se poser sur ses genoux en ronronnant, et mettre des poils dans la confiture et le café.

Etape n°6
Un étrange bruit organique, rapidement suivi d'une odeur méphitique, parvient à papa Hérisson. C'est proche. Très proche. Bizarre : puisqu'il est sur les genoux, ça ne vient pas de chat °1, pourtant spécialiste de la visite de la litière pendant les repas (et pas juste pour un pipi... quand il y va pendant qu'on mange, ce sont en général les grandes orgues. Bon appétit.). Chat n°4, occupée à détruire un coussin appartenant aux gnomes est également innocente hors de cause dans le cas présent. Et puis c'est trop proche...
Papa Hérisson jette un oeil sous le bureau de l'ordinateur, le bruit semblant provenir de la là. Bingo. Chat n°3, sans doute un peu malade, est en train de déposer un étron liquide à même le sol, aux pieds de papa Hérisson.
...
...
...
chat 2, sopalin 0.
...
...
...
Cumuuuuuuuuuuk!
Et merde! mince! J'ai craqué ma chemise en plus... Là, je suis colère!

lundi 19 août 2013

Chat m'énerve chat!

Certains matins sont plus durs que d'autres. Et bizarrement, quand une journée commence mal, il y a de fortes chances que ça aille en empirant. Là, je suis sur que certains me répondront : "Mais non, faut pas dire ça! Aide-toi et le ciel t'aidera!". Ce à quoi je répondrai : "Le ciel je ne sais pas, les chats : aucune chance!". Dans le film Usual Suspects, Verbal Kint (joué par l'excellent Kevin Spacey) dit : "Le coup le plus rusé que le diable ait jamais réussi, ça a été de faire croire à tout le monde qu'il n'existait pas.". Moi je dirais plutôt que le coup le plus rusé que les chats aient jamais réussi, ça a été de faire croire à l'existence du diable pour pouvoir tout lui coller sur le dos...
Et vous pensiez que Keyser Sözé était dangereux?
Mes horaires de travail sont un peu fluctuant, du coup, mon heure de réveil aussi. Il faut savoir que le papa Hérisson n'est pas particulièrement matinal. Ni spécialement vespéral non plus d'ailleurs. Et pas super nocturne (contrairement à mon pote Colegramme le hérisson du jardin d'ailleurs), non en fait, le papa Hérisson aime bien dormir, souvent et le plus longtemps possible. Là, déjà, logiquement, avec deux gnomes en bas âge à la maison, vous vous dites que c'est mal brêlé. Et vous avez raison, mais ceci étant, les deux petits monstres sont plutôt de bon dormeurs (les gènes de papa Hérisson surement) qui ont fait leurs nuits assez vite et ne sont (en général) pas réveillés de trop bonne heure. Du coup, la principale menace contre le sommeil reste le travail.

La plupart du temps, j'ouvre un œil avant que le réveil-matin ne se manifeste (horloge interne performante), ce qui me permet de me lever et de le couper pour ne pas déranger maman Koala (provisoirement mère au foyer, qui a bien besoin de toute son énergie pour gérer les deux zébulons accrochés à sa fourrure toute la journée). Mais parfois, quand c'est trop tôt ou que je me traine quelques nuits trop courtes, ça rate.

Certaines personnes ont un réveil-matin proposant des sonneries assez délicates avec une lumière tamisée pour un réveil en douceur. Vu que ça coûte un bras et que je tiens aux miens, t'oublies!. Pour d'autre, c'est le radio-réveil, programmé sur une station de leur choix pour un réveil dynamique au son de Freddy Mercury (pour les plus chanceux) ou de Justin Bieber (pour ceux qui ont pissé sur un totem). De base, maman Koala et moi étant partisans de cette option (enfin, Freddy Mercury, pas Justin Bieber hein!), nous avons fait l'acquisition d'un magnifique radio-réveil avec affichage mural fonctionnant sur secteur, équipé de surcroit d'un emplacement piles qui permettent de conserver l'enregistrement des stations, de l'heure, et des différentes programmations en cas de panne de courant (l'installation électrique de la maison n'est pas particulièrement vétuste puisque je l'ai refaite il y a quelques années lors de l'acquisition des lieux, mais les prises disjonctent parfois... j'y reviendrai).

Il y a juste deux petits problèmes :
  1. notre maison se trouve juste derrière une magnifique église du XVIème siècle, classée monument historique et qui possède l'intéressante propriété de faire obstacle à la plupart des ondes électromagnétiques de notre environnement, à savoir : micro-ondes pulsées par la NSA pour le contrôle de nos cerveaux, ondes télépathiques des illuminatis qui veulent dominer le monde, ondes des téléphones portables (je me sens peu concerné, mon portable est antédiluvien et je ne m'en sert pratiquement pas) et ondes radios. Ah. Grosso modo, par temps clair et moyennant une prière à Saint Marconi on capte deux stations : radio-curés qui te diffuse le top cinquante des messes et des cantiques et radio-djeuns-cambrousse qui passe moulte Justin Bieber et autre Superbus. Génial! Va pour radio-curés : de temps en temps, ils diffusent Oldelaf & Monsieur D. (pensant sans doute que "Nathalie, mon amour des JMJ" est une chanson religieuse).
  2. je ne sais pas à quoi servent les piles placées dans le radio-réveil, mais manifestement pas à conserver le moindre réglage : même flambant neuves elles n'ont jamais permis de garder quoi que ce soit suite à une panne de courant, même brève. A titre personnel, je pense qu'elles fournissent l'énergie nécessaire à l'ouverture d'un passage interdimensionnel par lequel des moustiques du jurassique (des bestiaux d'environ 3kg à vide) se faufilent pour nous bouffer la nuit, et par lequel les chaussettes adultères abandonnent leur tendre moitié pour aller pécher l’ichtyosaure. Mais ça n'est qu'une hypothèse. Quoiqu'il en soit, les pannes de courant étant fréquentes, le radio-réveil ne reste pas calibré sur radio-curés et s'allume donc sur radio-parasite (à moins que ça ne soit du Justin Bieber?). Avec le son à fond, parce que sinon c'est pas rigolo.
Ce matin là donc : levé à 6h du mat'. Et évidemment, mon horloge interne dormait aussi, donc à 6h pétantes (enfin, 5h33 et 47 secondes en fait car le radio-réveil prend de l'avance. Oui, je sais, faudrait en changer, mais déjà qu'il m'a coûté un testiboule alors ça attendra que ça repousse...) maman Koala et moi-même fûmes réveillés par une purée de parasites à 140dB (surement un extrait du dernier tube de Benjamin Biolay... quoique ça me paraissait bien rythmé). D'un geste délicat, maman Koala (cherchant à protéger son sommeil et celui de ses enfants créchant dans la chambre voisine) éteignit donc l'appareil importun d'un bon ramponeau bien placé et m'éjecta promptement du lit d'un coup de popotin péremptoire en se fendant d'un :" Mgnnnhigngn rrr pchh chtem!" que je traduisis par :"Debout les campeurs et haut les coeurs!". Mais c'était peut-être : "Bouge tes fesses, c'est l'heure! P.S. : je t'aime!".
Mgnnnhigngn rrr pchh chtem!
La tête dans le pâté, les yeux collés, je me hasardai donc dans la pénombre vers la porte de la chambre, l'ouvris silencieusement, et descendis (avec la démarche souple d'un pachyderme sous tranxene) notre escalier de bois qui grince. Direction les toilettes pour le petit pipi du matin.

Petit point géolocalisation : chez nous pour accéder aux toilettes, il faut traverser le salon, la cuisine et un petit couloir semi-extérieur mal isolé (en décembre par -15° je vous raconte pas le bonheur). Ensuite il faut savoir que sur nos quatre chats, l'une d'entre eux (n°2) est la souffre-douleur des trois autres, ce qui fait que la nuit, nous l'isolons dans la salle de bain, fermée, après la cuisine elle aussi fermée afin que : primo elle soit protégée des assauts vindicatifs des trois autres pénibles, et secundo si elle passe sa nuit à gueuler comme un âne (si si, elle est stérilisée) cela ne nuise pas à notre sommeil.
Plan de mon rez-de-chaussé (édition décembre 2012)

Je rentre donc dans les toilettes... tient? Quelle est cette sensation humide qui s'insinue dans ma chaussette droite? Super, chat n°2 a fait pipi par terre. Comprendre : juste dans l'entrée de la pièce, à 13,4cm de la litière propre qui se trouve là juste pour elle. Restons zens, j'aime les chats.
Pipi du matin : check! Je repasse dans la cuisine, ouvre la porte du salon. A cet instant, chat n°4 (la petite dernière récupérée au 15 juillet dernier, après son abandon par quelque irresponsable/lâche/ individu lucide partant peut être en vacance) se jette sur mes jambes pour y grimper à la force des griffes : elle à faim. Retenant mes larmes, je me dirige vers le placard avec le chat suspendu à ma cuisse, attrape sa gamelle et y verse quelques croquettes. Elle me lâche pour aller manger, je me fais 4 points de suture. J'aime les chats.

De retour dans la salon, j'attrape mes vêtements du jour, consciencieusement pliés sur le canapé. Mais... quelle est cette sensation visqueuse sur mes mains? Oh, du vomis de chat sur ma chemise propre. J'AIME LES CHATS BORDEL! Ok, donc :
  1. remonter subrepticement dans la chambre
  2. aller ouvrir à tâtons le placard contenant les fringues
  3. choisir une paire de chaussettes, une chemise et un pantalon au hasard dans l'obscurité (en croisant les doigts pour ne pas tomber sur la chemise à paillette de la dernière soirée années 80 et le pantalon-treilli-zombie-ensanglantée de la soirée apocalypse)
  4. repartir (toujours dans l'obscurité)
  5. se cogner violemment le petit orteil sur le lit,
  6. entendre maman Koala émettre un "Mgnneu? kjpfdrrr pchh..." (traduction = "ça va mon chéri? tu ne t'es pas fait mal?", à moins que ça ne soit "Tu pourrais faire moins de bruit s'te plait, y en a qui dorment!", ou encore "Les chats! Taisez-vous! Pchiiit!").
  7. laisser perler une larme le long de ma joue en gardant un visage stoïque
  8. me dépêcher de descendre discrêtement-pachyderme-tranxene-machin-tout-ça
  9. sortir de la maison
  10. aller hurler sur la colline
  11. revenir
  12. J'AIME CES P*#&@ DE CHATS!
Vestige de l'évolution, le petit orteil n'existe que pour s'exploser sur un coin de meuble, sachez-le!

Et là, tu te rapproche du canapé pour t'habiller. Et de nouveau, tu as une drôle de sensation au niveau de ton pied droit (nu cette fois puisque tu as déjà incinéré les chaussettes que tu portais en marchant dans la flaque de pipi de la salle de bain. C'est humide et visqueux, et ça s'insinue entre tes petits orteils délicats (et propres, tu viens de te laver le pied dans la salle de bain suite à l'incident-pipi... suivez un peu bon sang!). Du vomis de chat. Manifestement, l'un des félins ici présent (n°1, n°3 ou n°4) a décidé de rejouer une scène de l'Exorciste pendant la nuit : outre ta chemise, ton canapé et ton tapis ont pris cher aussi. Bon. Aller se re-nettoyer le pied en notant mentalement de trouver l'adresse d'un bon taxidermiste, et en se disant que cette journée commence mal.
Bon sang, mais quelle peut-être la contenance d'un chat?

A ce stade, je me disais fort justement que les chats étaient de sérieux emmerdeurs de petits coquins et qu'ils avaient fait fort ce coup là. Naïf que j'étais : une symphonie n'est rien sans son requiem.

Toujours un peu léthargique bien que sous le coup de la colère, je vais pour préparer mon petit déjeuner. Chat n°4 jailli de la cuisine ou je l'avais enfermée pour qu'elle mange ses croquettes. Et m... mince! Le pain. Cette affamée a bouffé toutes ses croquettes, puis attaqué le pain. Rhaaa! Mais c'est pas vrai? Ils ont un trou noir ,à la place de l'estomac? Ah non, c'est vrai, ils vomissent après. Surement des crypto-anorexiques. Ronchonnant, je découpe mes tartines, les colle dans le grille-pain et prépare mon café en ruminant des pensées incluant des chats, de la corde, un sac de toile de jute, des parpaings et un taxidermiste. Puis muni de mes tartines beurrées et confiturées, je me pose devant mon ordinateur avec mon café pour y mater le dernier article d'un Odieux Connard.

Soudain : bruit de métal chutant sur le sol. Dans la cuisine. Je me précipite. Faisant tomber le couteau, chat n°4 est en train de lécher le beurre que j'ai omis de remettre au frigo.
...
...
Xlptk! Pchiiiiit! Fiche le camp sale bête! Je range le beurre au frigo, dégage chat n°4 et ferme la porte de la cuisine. Je retourne à l'ordinateur, et dégage chat n°4 en train de manger mes tartines. Purée!!! Mais elle est partout celle-là! On en a combien d'exemplaire? Qui l'a mouillée?
Je me demande bien quel animal a pu inspirer le créateur des gremlins...
Je continue mon p'tit déj' en ricanant bêtement devant le spoiler de Pacific Rim. Soudain, Ecran noir. Plus de courant. Ah. Je check le tableau électrique : en effet, c'est disjoncté. Je rejoncte. Et ça re-disjoncte. Grrr. Je teste pièce par pièce : c'est la cuisine. Ok, allons checker la cuisine. Prise du four : pleine d'un liquide jaunâtre dont l'odeur ôte le moindre doute qu'il pourrait y avoir quant à la provenance. Et même pas de cadavre de chat électrocuté... quelle déception. Je nettoie, je rebranche, et je vais rejoncter avant d'aller finir mon p'tit déj'. Puis je retourne dans la cuisine pour préparer ma boite déjeuner et faire ma vaisselle.
Le condensateur du futur. Et en plus il est kawaï.

Il faut savoir que je ne dispose que d'une heure pour ma pause déjeuner (comme beaucoup de gens me direz-vous...), et que mon entreprise ne dispose pas d'une cantine. Comme je travaille à plus de trente bornes de mon domicile, rentrer manger chez moi est inenvisageable. Il y a bien une série de resto/cafet'/fast-food/pizzeria dans la galerie commerciale voisine, mais celle-ci se trouve à environ 1/4 d'heure de marche (14 minutes en courant, enfin quand moi je cours, 25 à cloche-pied). Ou 5 minutes en voiture, mais comme le parking de l'entreprise doit comporter environ 200 places pour 800 employés, tu réfléchi sérieusement avant de libérer celle pour laquelle tu as dû plier trois cadavres dans ton coffre (en attente d'un séchage en règle au grenier, ou d'une inhumation dans le jardin). Reste la solution de disposer d'une boite-repas, de préférence thermos pour manger chaud. Solution qui a donc été retenue par votre serviteur.

Du coup, le matin, je fais griller aussi mes tartines pour le midi, car j'aime bien manger un peu de pain avec le fromage que j'emmène (je suis assez épicurien). J'ouvre donc la porte de la cuisine. Chat n°1 se sauve comme s'il avait fait une bêtise. Qu'est-ce qu'il fichait là celui là? Zut j'ai dû l'enfermer en virant chat n°4...
Manifestement, il devait avoir faim, puisqu'il a mangé la moitié de mes tartines grillées (constituées de pain déjà partiellement boulotté par un chat je le rappelle). Pourquoi est-ce que j'entends soudain les grandes orgues dans ma tête?



– Allo? Le taxidermiste? Vous faites des prix de gros?