mercredi 9 octobre 2013

Cumuk! (cats inside)

cumuk /ky.myk/ n. masculin
  Définition :
  1. action de cumuler petites et grandes contrariétés jusqu'à un point de saturation.
  2. interjection utilisée comme une sorte de cri de guerre dans la famille Hérisson lorsque le-dit point de saturation est atteint.
  Ethymologie :
  1. expression inventée par erreur par Maminou (maman de maman Koala) en se mélangeant les doigts sur le clavier lors d'un échange de mails (sans doute au lendemain d'une soirée alcoolisée). Elle tentait de taper le mot cumul, et a tapé cumuk.
  2. L'expression est restée pour désigner une accumulation d'emmerdes de contrariétés.
  Exemple :
     – Tient, j'ai été au concert de Justin Bieber, je t'ai ramené un t-shirt :)
     – Ah... super...  :(
     – Non mais allô! C'était génial quoi! D'ailleurs j'ai filmé une partie du concert avec mon smartphone! J'ai mis la vidéo sur mon skyblog, lol! Je t'ai partagé le lien sur ta page facebouc© pour que tes amis puissent le voir aussi!   Ah mais tient!? Ils sont pas à l'école tes enfants?
     – Cumuuuuuuuk!
Cumuuuuuk!


Il y a des moments dans la vie comme ça, où tu as l'impression que tout ton environnement conspire pour te pourrir l'existence jusqu'au trognon. On appelle ça la loi des séries. Dans ces moments, tu as une furieuse envie de hurler ta frustration à la face du monde : c'est l'effet cumuk.

Niveau 1. L'argent ne fait pas le bonheur. Son absence non plus.
Grâce à une astucieuse niche fiscale, papa Hérisson et maman Koala ne payent pas d'impôts sur le revenu. Oui, je sais vous êtes jaloux.
Comme je suis sympa, je vais vous livrer le secret de cette extraordinaire astuce comptable vous permettant une si avantageuse défiscalisation (sélectionner la ligne pour découvrir ce secret) :

                         Spoiler :
♫♪ Nous ne gagnons juste pas assez de fric pour être imposables ♪♫

Et y a même de la marge. Bon. En soit, c'est secondaire, nous ne sommes pas super dépensiers dans la famille. Par contre, si nous ne sommes pas éligibles à l'impôt sur le revenu, il n'en va pas de même pour la taxe foncière et les différents impôts indirects (TVA, etc...). Si vous ajoutez à cela que les prix dans les magasins n'ont pas tendance à baisser, et la moindre plaquette de beurre va bientôt coûter un bras (et je ne vous parle pas des pommes de terres qui coûtent un testiboule au kilo... et pourtant, croyez moi, faire pousser des patates, ça n'a rien de bien compliqué...
Cerise sur le gâteau : on nous vend régulièrement de la merde en branche des produits d'une qualité douteuse. Par exemple, nous venons de racheter des chaussures en cuir fermées et étanches pour les gnomes, parce que l'hiver arrive et que l'herbe est parfois humide. Pour l'étanchéité, tu repasseras. Je ne sais pas comment ils ont fait, mais l'eau rentre plus facilement que dans des espadrilles... ils ont dû mettre une semelle dans une matière qui attire les molécules d'eau, ou un humidificateur à l'intérieur, je ne sais pas... Bref, nous voilà quittes pour vendre un deuxième rein et racheter des pompes soi-disant étanches. Ainsi qu'un flacon de latex. Pour qu'elles le soient vraiment.
Du coup, en cette période, l'argent a tendance à sortir plus vite qu'il ne rentre, et les fins de mois sont souvent difficiles. A partir du 15. Les bons mois.

Niveau 2. Les gnomes sont en mode BCBG
BCBG, ça veut dire : Bébé Crevé = Bébé Gonflant
Comprendre : quand le gnome est fatigué-naze, il devient, par rétroaction fatiguant-gonflant à son tour. Il rigole bêtement (dans le meilleur des cas), fait des caprices, chouine, conteste, objecte, répond, se roule par terre et fait même parfois mine de taper. Voire tape. Pas bien.
– Bin faut les faire dormir aussi!
Eh oh! Je me pointe pas dans leur chambre à l'heure de la sieste avec des cloches et des cornes de brume! D'ailleurs ils font leurs nuits.
Le problème c'est que Xéna fait ses dents. Les dernières prémolaires pour être exact. Oui, les quatre en même temps, c'est plus sportif. Du coup, chez notre princesse-guerrière, c'est surtout le côté "guerrière" qui ressort en ce moment. Tendance barbare-cri-de-guerre.
Plouf quant à lui nous fait une petite crise de croissance, d'où fatigue et douleur aux articulations. Accessoirement, et sachant que du haut de ses 3 ans et demi, il fait déjà la taille d'un enfant de 4 à 5 ans, ça nous ramène au point n°1 du cumukOmètre, puisqu'il va donc falloir rhabiller le gnome avec des fringues à sa taille, ce qui coûte environ un testiboule et demi.

– Vous n'aviez qu'à les mettre à l'école, au moins vous ne les supporteriez que le soir...
Et sinon, ça va mieux ces migraines?


Niveau 3. Au boulot, c'est le coup de feu
Sans rentrer dans les détails, mon travail peut alterner des périodes calmes, voir très calmes, et des périodes où tu as tout juste le temps d'aller faire pipi (et encore, tu seras prié de faire fissa, et de secouer la gougoutte en courant sur le trajet du retour à ton poste).
Le souci, c'est que je me trouve en position dite de middle management...

Tient, petit apparté : vous avez remarqué que dans les entreprises, en général quand on veut vous infliger des conditions de travail à la noix ou planter un poignard vaudou supplémentaire dans le code du travail, cette dernière porte toujours un nom en anglais?

Exemples sous forme d'un petit lexique :

Target : littéralement "cible" ou "objectif". C'est le but à atteindre en terme de profits ou de bénéfices (du point de vue des actionnaires s'entend). En général difficile ou impossible à atteindre sans jouer sur les variables d'ajustement.
►Staffing : le personnel (on parle parfois de ressources humaines). Variable d'ajustement permettant d'attendre la target par son augmentation (rarement) ou sa diminution (souvent).
Manager :  francisé en "Manageur", peut être traduit par "chef de service" (en gros). Le manager a pour mission gérer son staffing, c'est à dire s'arranger pour que celui-ci lui coûte le moins possible tout en travaillant le plus possible pour faire rentrer le maximum d'argent (dont seuls les actionnaires verront la couleur), tout cela pour atteindre la target.
Turn Over : littéralement "rotation", désigne le fait pour une entreprise de renouveler régulièrement son staffing. Notons que dans l'antiquité, il était bien vu dans une entreprise d'avoir un faible turn over, signe que les employés étaient satisfaits de travailler dans l'entreprise, et qu'ils y faisaient carrière. De nos jours, une entreprise bien considérée par les investisseurs a au contraire un turn over important. Certains manager ont d'ailleurs parfois une target en terme de turn over. Authentique.
Open Space : "espace ouvert", zone de travail sans cloisons (ou avec des cloisons anecdotiques). Présenté comme un progrès permettant les interactions sociales, cela permet surtout au manager de surveiller le staffing en permanence, afin de s'assurer que la target est atteinte..
Corporate : littéralement "d'entreprise" (sous-entendu "culture" ou "réglementation"). Désigne une pratique conforme à la "règle de l'entreprise". Règle qui n'est pas toujours formellement écrite, ce qui permet de lui faire dire un peu tout ce qu'on veut tant que ça permet de faire progresser le turn over et de torturer le code du travail.
Worldwide : "partout dans le monde". Comprendre : "ça se fait partout dans le monde, tu vas pas nous faire chier avec ton code du travail de mes deux". Dans les multinationales, worldwide est souvent accolé à corporate ce qui permet de bien appuyer que c'est comme ça et que si tu n'es pas content, un poste de chercheur t'attend dans la plus grande entreprise de France : Pôle Emploi.
Review : (mon préféré à titre personnel) littéralement "examen", désigne communément l'entretien annuel avec le manager. Théoriquement basé sur un échange de points de vue mutuels avec ce dernier, ce modèle d'hypocrisie pseudo-social à la sauce libéralisme sert surtout à t'exposer, via une brève rencontre, la décision irrévocable des vrais patrons (les actionnaires) concernant le fait que malgré tes performances correctes atteignant la target, tu peux te brosser pour avoir une prime/une augmentation/une promotion/des horaires convenables/un peu de considération.


Et enfin donc Middle management qui pourra se définir par : 
  • tu as les responsabilités du niveau hiérarchique supérieur (manager)
  • tu as le salaire du niveau hiérarchique inférieur (le staffing de base, d'où la notion de middle, accessoirement cela nous renvoi encore au point n°1)
  • tu effectues le boulot de ces deux niveaux en plus du tient (ça c'est corporate et worldwide)
  • à ton entretien annuel (review) on t'explique que tu n'auras pas ta prime car, certes tu atteints tes objectifs, mais que tu pourrais en faire plus quand même crotte c'est vrai quoi... et si tu n'es pas content, ça tombe bien l'entreprise veut augmenter son turn over.
Le travail c'est la santé


Niveau 4. Et chat continue, encore et encore...
... c'est que le début, d'accord, d'accord.



 Oui, alors je sais : je vous ai déjà parlé des chats qui sont pénibles. Mais croyez-moi, à ce stade, on se demande si c'est naturel ou s'ils prennent des cours du soir pour réussir à être aussi chiants.

Comme vous le savez déjà, nous avons 4 chats. Chat n°4, la petite dernière, est un vrai zébulon. Brièvement surnommée "Ouverture facile" suite à son opération de stérilisation (le petit surgeon ressemblait furieusement à une languette pour démouler les flans (où en l’occurrence les flancs), elle vient de recevoir son surnom "officiel" : Gremlins. En effet, outre ses touffes de poils blancs qui font furieusement penser au chef de ces vilaines bestioles, elle est virtuellement partout à la fois, en train de faire toutes les conneries possibles et imaginables. Au besoin, elle en invente de nouvelles. Et si elle n'a rien de mieux à faire, elle enquiquine les autres chats. Ou le chien. Ou vole de la nourriture.
Surtout, ne pas laisser trainer de nourriture. Si elle bouffe après minuit, elle devient chiante... Enfin encore plus.
En plus, c'est une furieuse celle-là : le soir, lors de la distribution de boulettes à chat, dès qu'on attrape la boite, elle se met à grogner et à distribuer des beignes aux autres, pour être la première (et idéalement la seule) à en manger. Et je ne vous parle pas de la difficulté à manger des avocats chez nous : elle adore ça et tente de chaparder la part des gnomes. Oui, de l'avocat. Notez : chat n°3 est fan d'asperge alors...

Mais bon, le pire moment, c'est souvent le matin.


Etape n°1
Epuisé par sa semaine de boulot (cf point n°3), et les deux tornades en forme de gnomes (cf point n°2), papa Hérisson tombe du lit en s'apercevant qu'il reste moins d'une minute avant que son réveil ne sonne et ne perturbe le sommeil de maman Koala. Trébuchant sur le conteneur de croquettes des chats (dissimulé dans la chambre pour que les susmentionnés félins ne tentent pas de l'ouvrir en le faisant lourdement chuter dans les escaliers au beau milieu de la nuit. Ne riez pas, ils l'ont déjà fait.), papa Hérisson se vautre mais parvient à éteindre le réveil (qui se trouve du côté de maman Koala pour des raisons techniques). La chute ayant été malgré tout un tantinet bruyante, maman Koala se retourne en marmonnant :
– Guemeugneu? Vrufff schhh pt fmouf shhhhaaaa steuupp... 'je gnégné!
Traduction probable : Chéri? J'espère que tu ne t'es pas fait mal... bon courage pour ta journée!
A moins que ça ne soit : Qu'est-ce que c'est? Vu que t'es debout, tu peux empailler les chats s'il-te-plait... j'aimerais roupiller!

Etape n°2
A pas de loup-sous-LSD, papa Hérisson descend l'escalier avec toute la grâce de cet oiseau qu'on appelle éléphant. Chat n°4, embusquée derrière la rampe, en profite pour griffer ses petits pieds tous nus. Papa Hérisson tente de contenir un juron. Echec critique : chat n°4 vient d'être maudite sur 4 générations. Vu qu'elle est stérilisée, ça se présente mal pour elle.

Etape n°3
Allumer une vague lumière, et jouer au jeu du matin : toi aussi, trouve le vomi de chat! En joueur expérimenté, papa Hérisson y parvient en moins de 15 secondes en grommelant une phrase obscure à propos d'un taxidermiste. Il se dirige vers la cuisine pour y attraper un rouleau de sopalin, et se vautre à 1m50 de la porte en butant sur chat n°4 qui slalomait entre ses jambes pour réclamer son p'tit déj'. Il peste de nouveau, ajoutant 5 ou 6 générations à la malédiction précédente, ainsi que quelques mots en allemand.
Oui, bon : soyons clairs, je ne parle pas un mot d'allemand. Sauf quand je suis en colère. Je trouve que cette langue se prête bien aux jurons proférés sous le coup d'une colère froide. C'est menaçant. J'avais essayé l'italien, mais ça rendait moins bien je trouve...
Autant l'italien se parle avec les mains, autant l'allemand ça serait plutôt avec le mégaphone.

Papa Hérisson ouvre enfin la porte de la cuisine, verse quelques croquettes dans la gamelle de chat n°4 (juste pour avoir la paix), attrape le sopalin, en arrache moult feuilles pour ne pas s'en mettre plein les doigts et va nettoyer le vomi. Il revient ensuite dans la cuisine, balance le sopalin à la poubelle et va se laver les mains : chat 1, sopalin 0.

Etape n°4
Papa Hérisson se dirige ensuite vers la salle de bain où se trouve enfermée chat n°2. Après avoir marché dans le pipi de cette dernière, astucieusement répandu derrière la porte, il procède à ses ablutions en tuant quelques dizaines de moustiques à la machette pendant que chat n°2 gueule pour sortir (notez que la sortir avant ne sert à rien, car alors elle gueule pour rentrer). Suite à quoi il tente de se raser. Le visage en sang, il se dit qu'il va être temps de changer de biscotte, celle-ci semble légèrement émoussée.

Etape n°5
De retour dans la cuisine pour la préparation du p'tit déj', il dégage chat n°4 avant qu'elle ne s'attaque aux tartines et au cake. Puis, il ramasse les peaux d'avocat que cette pénible a choppé dans la bassine destinée au composteur. Il va ensuite pester contre chat n°4 qui fiche le bronx à côté en enquiquinant chat n°1 et n°3 qui voulaient juste dormir, et revient en pestant dans la cuisine parce que les tartines sont en train de cramer dans le grille-pain.
Attrapant son p'tit dej', papa Hérisson va ensuite s'installer à l'ordinateur pour glandouiller un peu en ricanant devant le dernier strip de Maliki en grignotant ses tartines (oui, je sais, c'est pas bien, ça met des miettes dans le clavier). Il râle un peu lorsque chat n°1, surnommé pot-de-glue, vient se poser sur ses genoux en ronronnant, et mettre des poils dans la confiture et le café.

Etape n°6
Un étrange bruit organique, rapidement suivi d'une odeur méphitique, parvient à papa Hérisson. C'est proche. Très proche. Bizarre : puisqu'il est sur les genoux, ça ne vient pas de chat °1, pourtant spécialiste de la visite de la litière pendant les repas (et pas juste pour un pipi... quand il y va pendant qu'on mange, ce sont en général les grandes orgues. Bon appétit.). Chat n°4, occupée à détruire un coussin appartenant aux gnomes est également innocente hors de cause dans le cas présent. Et puis c'est trop proche...
Papa Hérisson jette un oeil sous le bureau de l'ordinateur, le bruit semblant provenir de la là. Bingo. Chat n°3, sans doute un peu malade, est en train de déposer un étron liquide à même le sol, aux pieds de papa Hérisson.
...
...
...
chat 2, sopalin 0.
...
...
...
Cumuuuuuuuuuuk!
Et merde! mince! J'ai craqué ma chemise en plus... Là, je suis colère!

jeudi 3 octobre 2013

Tiré par les cheveux!

– Dis-donc, qu'est-ce que tu as laissé comme cheveux sur ton oreiller cette nuit!

Voilà ce que m'a dit maman Koala en s'habillant ce matin.

– Oui, bon... tout le monde en laisse sur l'oreiller des cheveux, dis-je en restant stoïque.
Je perds mes cheveux? Aucun problème, ah ah...
Vous l'aurez compris, cette bafouille s'adresse surtout aux garçons aujourd'hui (c'est plus rare chez les femmes, mais peut être d'autant plus traumatisant du coup...). Je vais donc vous parler d'alopécie. Chute des cheveux si vous préférez. Ou encore calvitie galopante (connue également sous le nom d'alopécie chevaline en xyloglossie), capillarité contrariée, boule à zéro, piste d'atterrissage pour mouches, boule de billard, perruque en peau de fesse, crâne en peau de zob... bref, choisissez le terme qui vous sied.
Lentement, insidieusement, mais surement, la peau de mon crane serait-elle en train de gagner du terrain?

– Oui, bon bah ça va, c'est pas un drame non plus, y en a plein qui sont déjà passés par là hein...

Pas un drame? Non, c'est une catastrophe! Et je n'ai pas eu le temps de m'y préparer en plus : je n'ai même pas de cheveux gris! Imaginez que dans tous vos souvenirs, même les plus anciens, vous soyez pourvu d'une tignasse à rendre jaloux Mac Gyver.
Desireless aime ça!
Imaginez que vous n'ayez toujours connu qu'une chevelure dont la densité n'avait rien à envier à la forêt vierge amazonienne, une choucroute à faire pâlir Fonzie, composée de poils aussi robustes que des séquoias centenaires. Un monstre capillaire tel que votre coiffeur a troqué les ciseaux contre la machette de brousse dès la première séance.
Petit joueur!
Et voilà que d'un coup, le couperet tombe : tu te dégarnis! Forcément, c'est pas facile à vivre. Alors bon, on peut toujours se rassurer avec de jolies formules toutes faites telles que :

- la calvitie, c'est un signe d'intelligence (corrélation bien sûr aussi évidente entre nombre de cheveux et QI qu'entre taille des testiboules et qualités paternelles)
Albert n'a pas inventé l'eau tiède, Alain est un peu con sur les bords, Kévin et ses copains sont en route pour le Nobel

 -la calvitie, c'est un signe de virilité : c'est dû à un excès de testostérone (par corrélation, on pourra donc considérer que les chauves ne doivent pas être de très bon pères...)
Je ne savais pas trop où placer M. Propre...

- la calvitie, c'est la marque des grands leaders (ce qui explique pourquoi les femmes, ces êtres inférieurs, sont rarement de grands leaders)
A gauche, des cheveux, ça n'est pas un leader charismatique. A droite, peu de cheveux : cet homme est une légende!
Mais toutes ces affirmations me semblent un peu tirées par les cheveux... destinées à caresser les chauves dans le sens du poil. Ne coupons pas les cheveux en 4 : les poils qui tombent, c'est quand même bien ennuyeux. C'est même "trop inzuste" comme le dirait Caliméro avec son cheveu sur la langue.
En même temps, j'aurais dû me douter de quelque chose : papy Hérisson (mon papa donc) est plutôt du genre dégarni d'aussi loin que je me souvienne. Or la calvitie est héréditaire. J'essayais de me rassurer, de me dire que je tenais plus du côté de ma maman, mais hélas...
NOOOOOOOOOOOOOOOOON!!!!!
Bref... je dois me rendre à l'évidence : la superbe toison flottant au vent qui faisait ma fierté et la jalousie de mes pairs est atteinte de pelade.

– Dis donc, t'as pas l'impression d'exagérer un tantinet? Vu ta tignasse, même à ce rythme de perte, on n'est pas prêt de voir la peau du crâne.
– Tu crois maman Koala ?
– En plus, ça peut être juste temporaire : fatigue, stress... bon, alors maintenant tu arrêtes de te plaindre, et tu vas commencer par surveiller ton alimentation!
"Groumpf!" (Papa Hérisson est toujours un peu gronchon le matin)

samedi 28 septembre 2013

50 nuances d'aube naissante (Fifty shades of twilight)

Cheveux ébouriffés après une nuit agitée, elle se dirigeait vers sa salle de bain d'une démarche néanmoins féline. Étouffant un bâillement elle s'avançait dans la pénombre de l'aube naissante, lumière éteintes dans la maison pour ne pas éblouir ses yeux encore chargés de sommeil. A demi léthargique elle entra dans la salle de bain, sans même remarquer que ses moindres gestes étaient épiés.
Jojo, le mérou du commandant Cousteau, aime ça!
Lui l'avait à peine entraperçue un peu plus tôt, mais depuis, elle l’obsédait. L'odeur de sa peau, sa chaleur... et surtout le battement de son sang dans ses veines et ses artères. Que n'aurait-il goûté à ce suc enivrant... Il l'observait, silencieux, dissimulé dans la pénombre, tandis qu'elle se livrait à ses ablutions matinales. Torturé par la faim - une faim dévorante - il luttait pour ne pas se jeter sur elle sans attendre. Lorsqu'elle s'approcha du miroir pour se coiffer, à moitié nue, il se glissa subrepticement derrière elle.
Songoku aime ça!

Les lampes étaient allumées à présent, mais elle ne vit pas son reflet dans le miroir - comment l'aurait-elle pu d'ailleurs? - et continua de démêler ses longs cheveux soyeux.
Fit-il un peu de bruit? Soudain, son regard se durcit, elle fronça les sourcils et sa main se crispa sur le peigne. Alors que le terrible suceur de sang s’apprêtait à s'attaquer à son cou délicat, à sa peau mordorée, elle se retourna brusquement en lui assénant un gifle monumentale, sous le regard amusé du prédateur à la fourrure sombre qui observait la scène.
Rantanplan aime ça!

– Purée! Mais c'est pas vrai? s'exclama maman Koala, y'en a combien de ses saloperies de moustiques ici? Je me suis déjà faite bouffer cette nuit!
– M'en parle pas, répondit papa Hérisson qui venait d'entrer dans la salle de bain, j'ai dû en zigouiller au moins sept après avoir pris ma douche. Faut dire, Chat n°2 ne fait aucun effort pour les bouffer... a croire qu'elle n'a d'intérêt que pour les araignées.
Pelotonnée sur la table à langer, Chat n°2 fit celle qui n'entendait rien ou ne se sentait pas concernée.
– Remarque, elle doit être naze : vu l'état de la salle de bain, elle a fait la bringue toute la nuit avec Colegramme.

Oui, pour rappel, ma salle de bain est une vraie ménagerie. Vous vous souvenez que Chat n°2 y passe ses nuits, mais d'autres squatteurs s'y invitent fréquemment. Il faut se rappeler que cette pièce est légèrement à l'écart du reste de la maison, dont elle est séparée par un sorte de couloir-véranda-en-plastoc qui sert de sas avec le monde extérieur selon le schéma suivant :
  • été : effet de serre = température proche de celle que l'on trouve dans la vallée de la mort
  • automne : effet champignonnière = humidité + effet de serre, on se croirait en Inde pendant la mousson
  • hiver : effet d'isolation en plastoc = la Sibérie fait figure de station balnéaire à côté de ça
  • printemps : effet gadoue = cette véranda donnant sur le jardin, tout la bouillasse qu'on a sur les pompes en revenant de ce dernier se retrouve accumulée dedans
Pour peu, donc, que nous décidions d'aérer la salle de bain un chouïa, cette dernière se retrouve alors connectée à notre jardin et donc à sa faune et sa flore. Parmi les squatteurs récurrents du lieu, on retrouve donc :
  • les mouches
  • les moustiques
  • les araignées
  • les champignons
  • les fourmis volantes
  • les crapauds
  • Colegramme : le hérisson du jardin
Tout ce petit monde trouvant que les nuits deviennent fraîches, une retraite stratégique en cet endroit chauffé et humide leur parait manifestement approprié.
Et oui, j'ai bien parlé du hérisson du jardin. Ma mascotte finalement. Ce petit coquin profite parfois de l'ouverture des portes de la véranda au crépuscule pour se glisser dedans. 
Il n'est pas méchant, mais si on a le malheur de ne pas le voir avant de fermer et d'aller nous coucher, il se retrouve alors piégé, et met le souk. Car le hérisson est nocturne, crapahute pas mal, grimpe plutôt bien, et défèque souvent. Et non, ça ne sont pas des anneaux qu'il drope...
Elle est chouette ma salle de bain hein?
Avec tout ça, autant vous dire que la douche matinal tient parfois plus du parcours du combattant que du réveil douceur.