Affichage des articles dont le libellé est école. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est école. Afficher tous les articles

lundi 20 février 2017

La boite me nuit

–Et tu bosses dans quoi exactement toi?

A cette question qui vous a sans doute déjà été posée, il y a une chance non négligeable que vous fassiez, comme moi, partie de la proportion non négligeable de la population qui fera une réponse du genre :

–Oh, bin, je suis dans une boite qui...
"–To be or not to be a Shrodinger's cat..."


La suite de la phrase est sans réel intérêt : vous bossez dans une boite. Cette seule partie de la réponse en dit déjà long sur votre façon de considérer votre travail. D'autant qu'il y a de fortes chances que pour vous rendre dans cette "boite", vous utilisiez quotidiennement votre caisse, ou éventuellement le tube pour peu que vous viviez dans une ville qui en est équipée, et que le midi vous vous fassiez réchauffer une boite ou une barquette à la cantoche.

Ajoutons que selon toute vraisemblance, vous avez intégré cette boite quelques années après avoir quitté le bahut... et que si vous êtes encore jeune, vous sortez sans doute encore en boite pour vous détendre la samedi soir. Autant vous dire que vous êtes mal barré : vous êtes atteint d'un terrible syndrome, le syndrome de la p'tite boite.
La boite de la honte...

Consolez-vous : d'une certaine façon, vous n'y êtes pas pour grand chose, car le syndrome de la p'tite boite touche la quasi totalité de notre société.

Oui : aussi con que ça puisse paraître, nous passons notre temps à essayer de rentrer dans des boites ou des p'tites cases, et ce, nonobstant le fait que la forme général d'un être humain (que nous qualifieront de patatoïde pour être sympa) ne s'y prête guère...
Ah bin ça, c'est toujours plus facile en théorie hein...
Car oui, si on réfléchit deux minutes, tout est fait pour tenter de nous réduire à un nombre limité de choix binaires...
  • fille ou garçon
  • homo ou hétéro
  • vaginale ou clitoridienne
  • bleu ou rose
  • fromage ou dessert
  • droite ou gauche
  • scientifique ou littéraire
  • madame ou mademoiselle
  • un sucre ou deux
  • etc...
    "...ceux qui ont un flingue chargé, et ceux qui creusent. Toi tu creuses."
... ou de compartiments bien délimités...
  • tranche d'âge
  • très satisfait/satisfait/moyennement satisfait/peu satisfait/pas du tout satisfait
  • style musical
  • catégorie socio-professionnel
  • signe astrologique
  • type de personnalité
  • couleur préférée
  • etc...

Regardez bien autour de vous : ces formulaires qui sont censés vous décrire de la façon la plus précise possible sont innombrables. Et ça commence dès la naissance, lorsque le pédiatre qui vous examine inscrit vos mensurations (taille/poids) dans les p'tits graphiques qui vont bien avec leurs jolies courbes pré-tracées de moyennes standard. Gare à vous si vous vous en écartez : si la nature aime bien la diversité, notre société de consommation en revanche elle, pas trop.

Hélas les enfants n'aiment pas se conformer aux règles, aux normes... heureusement, l'école est là pour les faire rentrer dans le moule. Avec de jolies notes qui montrent si vous êtes bien standardisé ou pas assez.

Pardon? Vous dites? L'école sert à éduquer, instruire et à apprendre à réfléchir? Vous êtes sûrs que nous avons fréquentés la même école?
C'est plutôt ça...
L'école prétend sans doute apprendre à réfléchir, mais dans la pratique son rôle se borne à transmettre une éducation standardisée (les fameux programmes, socles communs et autres connaissances exigibles) tout en essayant de rendre les élèves le plus conformistes possibles (on lève la main avant de parler, on fait sa démonstration mathématique de telle façon et pas telle autre, on fait sa rédaction selon telle structure, etc...).

Ça n'est même pas par incompétence de la part des professeurs : juste par conformisme de leur part. Ils restituent ce qu'on leur a appris, de la façon dont on leur a appris. Et ceux qui voudraient changer ces méthodes traditionnelles sont souvent assez mal vus. De toutes façons, chez nous l'enseignent est sélectionné par concours : on filtre les individus les plus conformes au standard, qui connaissent leur matière sur le bout des doigts, sans se préoccuper de leur capacité à transmettre leur savoir. La pédagogie n'est d'ailleurs vaguement abordée qu'en seconde année de CAPES, donc APRES l'obtention du concours. Et encore, souvent sur le tas dans le meilleur des cas. Et le privé, c'est pareil : le concours (CAFEPS) est d'ailleurs exactement le même. Seul le nom change.

Même les grandes écoles prestigieuses (polytechnique, l'ENA, etc...) n'encouragent rien moins qu'une forme délétère de conformisme : les places étant limitées, seuls les "meilleurs"  sont sélectionnés, c'est à dire ceux qui se conforment le plus à la norme désirée en terme de savoirs mémorisés (et pas nécessairement compris), de respect d'un cadre rigide, et de capacité à marcher sur la gueule de ses collègues (puisque les places sont limitées).
Il ne peut en rester qu'un. Désolé. Hin hin.
Dit autrement : on sélectionne des tueurs méthodiques et robotisés comme le dit Albert Jacquard :


Et malheur à celui ou celle qui prendrait trop de liberté avec les règles de l'école : celui ou celle-là se verrait alors frappé du sceau infamant de "l'élève perturbateur" ou "gêneur"... qualificatif qui risque bien de le/la poursuivre une bonne partie de sa scolarité. Tiens, encore une petite case d'ailleurs...

Ne croyez pas que je plaisante : mes gnomes en maternelle/primaire évoquent régulièrement les élèves "gêneurs" qui se sont fait épinglés en classe. Pas de doute, ces derniers sont catalogués, et cette image leur collera durablement à la peau.

–Oui, bon, m'enfin les maîtres et les maîtresses ne peuvent pas faire cours si c'est le bordel aussi...

Peut être... mais si ces élèves sont dissipés cela tend à démontrer que le cours est inintéressant, ou du moins pas adapté pour focaliser leur attention. Or l'intuition nous le dit, et les recherches en neuroscience le confirment : il est bien plus difficile d'apprendre si l'on n'est pas intéressé. Moralité : pour être efficace, l'apprentissage doit être ludique.

–Et puis quoi encore? Jouer pendant les cours?

Et pourquoi pas? Le jeu mobilise l'attention et les fonctions cérébrales : il a le mérite de mobiliser cette attention que les enseignants réclament dans les apprentissages. Dans la nature, tous les petits apprennent en jouant. Quand des renardeaux jouent à se poursuivre et à se battre, sous l’œil vigilant des parents, c'est une façon de s'exercer pour la chasse dont leur vie dépendra plus tard.
Bon, cet article commence à être chiant, je le sens...

C'est une question d'ergonomie cérébrale...

–De quoi? D'ergonomie cérébrale? Je connais l'ergonomie, mais l'ergonomie cérébrale... késako?

Bon. Pour soulever votre sac de courses qui pèse une tonne-flutain-de-sa-race par exemple, vous utilisez la poignée prévue à cet effet, idéalement à pleine main. Pas le côté du sac en l'attrapant par le petit doigt. La poignée est prévue pour ça et à la dimension idéale pour s'adapter à la taille de la main : c'est de l'ergonomie.
Exemple de mauvaise ergonomie

De même, pour vous saisir d'un concept intellectuel, en particulier s'il est nouveau ou ardu, il est préférable d'utiliser des poignées cognitives : c'est à dire une façon motivante et intéressante de manipuler le concept. J'imagine par exemple, que beaucoup d'entre toi, cher lecteur (ou lecteuse) se souvient moins de ses cours de SVT au collège/lycée, que de ceci :
♪ ♫ La vie, la vie, la vie la vie ♫♪

Ce dessin animé, éducatif, est un bon exemple d'ergonomie cérébrale : la présentation est ludique, et du coup, ça se retient mieux.

C'est un constat général : on apprend mieux en jouant. Tous les jeunes mammifères apprennent de cette façon... enfin, tous sauf les humains, que l'on préfère enfermer en nombre dans des salles closes afin d'y recevoir un savoir peu ludique, et en étant sanctionnés par des notes. Ça marche sans doute, à la marge, mais c'est peu ergonomique pour le cerveau. Donc peu efficace en terme de rendement.
"–Mon garçon, il va falloir bûcher si tu veux un bon job!"

Si vous en avez l'occasion, je vous recommande la lecture de "Libérez votre cerveau" du neuroscientique Idriss Aberkane, il est extrêmement instructif sur la manière aberrante dont notre système éducatif fonctionne, et sur celle beaucoup plus pertinente dont il pourrait fonctionner.

Prenons un exemple simple : jouer à Candy Crush® parait être à la portée de tout le monde, et nombre de joueurs y passeraient des heures et des heures, à réessayer jusqu'à réussir à passer un tableau. Le nombre de joueurs de par le monde est d'ailleurs considérable. En revanche, demandez aux mêmes personnes de suivre un cours de math de haut niveau et de passer des heures à résoudre des matrices mathématiques, et je ne suis pas certain que vous obteniez la même motivation. Et pourtant... un tableau de Candy Crush® n'est guère différent d'une matrice. Seule la présentation et le côté ludique diffèrent.
Bon, on reste dans les p'tites cases hein...

Société schizophrène que la notre : nous ne cessons d'espérer et d'aspirer à des idées novatrices et des "réformes", alors même que tout dans le système éducatif et le monde du travail concourt à brider les façons de penser originales. Notons d'ailleurs que, comme Aberkane le fait remarquer dans son livre, ce sont rarement les bons élèves sortis premiers de leur promo à l'école qui bouleversent le monde, mais plus souvent des individus autodidactes, parfois élèves médiocres à l'école, mais surtout anticonformistes et qui réfléchissent d'une façon différente des autres. Albert Einstein était par exemple considéré comme un élève médiocre.

Hélas, l'école n'est généralement que la première étape d'une société absurde ou tout est fait pour brider l'initiative et l'originalité : le monde du travail déteste les électrons libre. Surtout les boites qui fabriquent ou vendent on ne sait trop quoi sans originalité : leur dogme est la Norme sacro-sainte, et leur credo est la Standardisation, y compris celle de leurs employés. Pas étonnant alors que tant de gens finissent en burnout après avoir sacrifié le temps et gâché leurs capacités dans un quelconque bullshit job...

Si certaines entreprises comme Gogole™ semblent avoir compris que le meilleur moyen d'obtenir des résultats exceptionnels et une motivation sans faille de ses employés est de leur donner un environnement de travail agréable et ludique et de les encourager à développer des projets personnels, nombres de boites en sont encore à mettre en oeuvre des stratégies managériales dignes de Game of Thrones.
"–Bon, je vous laisse, je dois me rendre à mon entretien annuel..."
Tiens d'ailleurs, je me demande si les employés de chez Gogole™ disent travailler dans une boite eux...

–Oui, enfin bon... la plupart des boites encouragent quand même les éléments prometteurs à l'aide de primes et de promotions!

Oui et non : la plupart du temps, ces P&P (primes & promotions) sont surtout liées à l'atteinte ou au dépassement des objectifs.

–Bin justement, le dépassement des objectifs, c'est une preuve d'initiative, non?

Pas vraiment : sauf cas exceptionnel, ça dénote surtout la capacité à appliquer à la lettre les consignes dans un but de productivité (quand bien même cette productivité serait peut être supérieure par d'autres méthodes : l'arrivée ponctuelle d'entreprises ou de technologies dites disruptives le démontre). En gros, l'employé qui dépasse ses objectifs ne bouleverse pas le standard : il établit seulement un nouveau standard quantitatif qui pousse les dirigeants à augmenter leurs attentes vis à vis des autres employés et à pousser encore plus la standardisation... jusqu'à la rupture : burnout des employés et/ou perte de compétitivité face à une autre entreprise qui aura su faire évoluer le concept, avant de se scléroser à son tour en campant sur ce nouveau standard. Et ainsi de suite.
C'est un cercle vicieux.
Le problème de la standardisation des employés, c'est que dès lors, l'humain devient remplaçable : l'arrivée progressive des intelligences artificielles, fussent-elle Faibles (car je ne crois à l'émergence d'IA Fortes dans un proche avenir... coucou Skynet!), rend cela inéluctable. Il y aura certainement de l'opposition : au XIXème siècle, les luddites ont bien tenté de s'opposer à l'arriver des métier à tisser mécaniques qui détruisaient des emplois dans l'industrie textile... et l'on voit où on en est aujourd'hui. Mais est-ce vraiment une mauvaise chose? Doit-on vraiment s'inquiéter de voir des machines faire des métiers... de machines?

Toute la question, c'est de savoir si on pourra donner aux humains... des métiers d'humains. Quelque chose me dit que ça n'en prend pas le chemin...
♫ Antisocial tu perds ton sang froid ♪



Bonus :

jeudi 28 août 2014

La rentrée se tolère

♪♫ Qui a eu cette idée folle, un jour d'inventer l'école?
C'est
ce
sacré Charlema-gne!
sa-cré Cha-rle-magne! ♫♪

Bon, chaque année c'est pareil : quand le mois d'août –et avec lui les vacances d'été, que cet été ait été pourri ou non– se termine, la rentrée des classes se profile à l'horizon.

Alors certes : si vous n'avez pas de gnomes, et que vous n'êtes pas enseignant ni pédophile exhibitionniste en imperméable, il y a des chances que ça vous en touche une sans faire bouger l'autre. Si en revanche vous possédez un ou plusieurs gnomes en âge d'être scolarisé (voire même avant d'ailleurs), il est au contraire assez probable que cet évènement constitue un tournant dans l'organisation de votre quotidien, à plus forte raison si c'est leur première rentrée scolaire. Et oui, à vous bientôt les petits bonheurs tels que :
  • les listes de fournitures scolaires
    Liste de fournitures d'une école américaine moyenne.
  • les maladies infantiles ramenées de l'école (varicelle, oreillons, MST, clips de Justin Bieber, selfies, ...)
  • les poux
  • les goûters d'anniversaire
    "J'espère que tu ne tenais pas trop à tes genoux, car je ne vise pas le truc rose..."
  • les collections Panini (ou Pokemoche, je ne sais plus)
    "Jeux de garçon"... surement un catalogue de jouets!
  • les copains/copines un peu encombrants ("Non fiston, c'est pas parce que Théo a dit que son père adore les minous rasés que tu dois essayer avec notre raton-laveur Chat n°3. Pose ces ciseaux!")
    "Et non, pour la dernière fois, c'est pas parce que Lucas a un fusil que tu en auras un!"
  • les kermesses des écoles
    Et je vous raconte pas le nombre de brioches qu'il a fallu vendre pour organiser cette kermesse...
  • les effets de modes ("Non ma puce, je me fiche que Emma porte des string et des minijupes : tu n'as que 4 ans, tu attendras ta majorité à 18 ans 30 ans pour faire de même, et il faudra me passer sur le corps d'abord.")
    Pour illustrer, c'était ça où une photo de mini vieille conne.

Étrangement, un certain nombre de parents semblent attendre cette première rentrée avec un mélange d'impatience ("Han, Mathéo fé ça rentré en septenbre! Tro âte di aitre! Lol!") et d'anxiété ("Han! ma fille Billonsée n'est toujours pas propre en journée! A l'aide les keupines! Vous avez pas un truc? #ausecours #doctissimo"), et ce, le plus tôt possible, idéalement dès 3 ans, voire avant quand l'école l'accepte. Leurs motivations peuvent être variées :
  • leur gnome est une vraie plaie, et ça va leur faire des vacances de s'en débarrasser quelques heures par jour auprès de gens qui sont mal payés pour ça
  • l'école est vue comme une sorte de nounou ou de crèche, qui présente l'énorme avantage d'être à peu près gratuite (je vous l'accorde, on n'a pas toujours le choix non plus)
  • disposer d'un "homme" dans la place pour y dealer de la drogue
  • ils vont pouvoir se faire plein d'amis (voir plus haut), apprendre à vivre en société et découvrir l'existence de Youporn auprès des copains
  • ils vont pouvoir bénéficier des nouveaux rythmes scolaires adaptés à leur rythme chrono-biologique mais définitivement incompatibles avec les horaires de travail des parents et de passionnantes activités périscolaires (ou pas si votre commune n'a rien branlé à ce niveau comme c'est la cas chez nous) telles que le macramé, la pâte à sel, la broderie, la couture de ballons, la fabrication de composants électroniques de petite taille...
  • ils vont apprendre plein de choses : lire, écrire, compter, fumer, rouler un joint...
Bon, à titre personnel, j'avoue ne pas forcément comprendre cet enthousiasme quant à l'idée de confier ses gnomes à autrui à longueur de journée... je veux dire : dans la mesure où il n'est pas légal dans notre pays de rentabiliser ses enfants en leur faisant coudre des ballons, ce qui est bien fâcheux, quel peut alors être l'intérêt de faire des enfants (en dehors des 30 secondes 3 minutes 30 minutes 3 heures de plaisir que cela procure sur le moment je veux dire...), si c'est pour que d'autres gens se chargent de leur bourrer le crâne inculquer les savoirs importants? Hein, je vous le demande? Enfin bon, heureusement, je vous rappelle que l'école n'a pas vocation à remplacer les parents dans leur rôle éducatif (ce que certains semblent parfois oublier d'ailleurs) : vous pouvez donc continuer à leur inculquer vos valeurs en dehors du temps scolaire.
C'est important la transmission des valeurs.

Certes, chez nous c'est un peu particulier puisque maman Koala avait pris un congé parental de 3 ans pour protéger ses gnomes du terrible monde extérieur profiter de la joie quotidienne de la parentalité. Du coup, au lieu de mettre le P'tit Prince à l'école dès ses 3 ans (ce que lui même ne réclamait pas particulièrement, contrairement à Xéna, plus demandeuse en la matière), nous avons décalé sa rentrée scolaire d'un an, la loi n'imposant de toutes façons la scolarisation qu'à partir de 6 ans. Et croyez-moi, si ça n'avait tenu qu'à maman Koala, ça ne serait pas encore pour cette année... car oui, voyez-vous, elle semble vivre assez mal cette nouvelle coupure du cordon ombilical. Elle est déjà passée par plusieurs phases :
  1. Le déni : "–Quoi? On va devoir les mettre à l'école en septembre? Non c'est pas possib', ce sont encore des bébés! Ils sont tout petits!"
  2. La colère : "–Non mais c'est du grand n'importe quoi là! Entre cette réforme moisie des rythmes scolaires, et toutes les choses horribles qu'ils vont apprendre avec leurs copains ça donne vraiment pas envie de les mettre à l'école! D'façon, je peux voir l'école depuis le jardin! Je vais surveiller les maitresses avec des jumelles moi! Non mais!"
  3. Le marchandage : "–Bon voyons... on pourrait peut être attendre 10 ans 1 ou 2 ans de plus? Y a pas urgence, l'école n'est obligatoire qu'à 6 ans hein. Et puis bon, je vais me renseigner : on pourrait peut être leur faire l'école à la maison, tu crois pas?"
  4. Dépression : "–Bouhouhou! Mes bébés qui grandissent! *snif* Ils vont aller à l'école! *snif* Je suis malheureuse! *snif*"
Bon, en toute logique, la prochaine phase devrait être l'acceptation. Sauf retour en arrière. Notons quand même qu'elle tente de faire bonne figure, puisqu'elle a été jusqu'à fabriquer les cartables elle-même, en DIY, à l'aide de vieux gilets pare-balles du GIGN de toiles cirées imprimées de motifs choisis par les gnomes eux-mêmes.
Notons ce sens inné de la mode chez maman Koala : le casque est assorti.

Enfin, l'important c'est que les gnomes eux-mêmes ne semblent pas traumatisés à l'idée de cette première rentrée scolaire : le P'tit Prince semble ne pas s'en préoccuper (d'façon il va retrouver des copains qu'il a déjà eu l'occasion de se faire), et Xéna semble carrément enthousiaste puisqu'elle ne lâche pas son cartable...

Et moi, me demanderez-vous? Bah... le travail de séparation a déjà été fait dès le moment où j'ai repris le boulot : comme tout bon esclave moderne individu dans la vie active, je n'ai déjà qu'une sorte de droit de visite à mes gnomes le soir en rentrant du boulot et pendant les vacances. Donc, ça ne changera pas grand chose.
...
...
Mes bébééééééééés!!!!! Bouhouhou!!!!


N.B. : Toutes les images illustrant ce billet proviennent du site Flickr, sous licence libre Creative Common.

mardi 3 décembre 2013

T'es cap' ou t'es pas cap' ?

Il y a quelques jours, j'ai reçu un mail de Anne-Estelle du blog Etre-parent qui me disait ceci :
Chers parents blogueurs,

Aujourd'hui, j'ai écrit un article sur mon blog www.etre-parent.com au sujet des plus grands défis que les parents ont à relever.
Et j'ai à cœur de vous proposer de participer à la petite étude que je suis en train de réaliser.
Comment ?

1) en lisant l'article
2) et en écrivant un article qui réponde à cette question : "Quel est votre plus grand défi en tant que parent ?"

Le but ? Simplement réunir les plus grands défis de tous les parents. Parce que chaque parent est différent, chaque parent fait face à un quotidien différent, et chaque parent relève des défis personnels selon l'âge et la personnalité de leurs enfants. Et toute seule, je ne pourrai pas réunir autant d'informations. C'est pourquoi je fais appel à vous :-)

[...]

Si vous pouviez également demander à vos lecteurs de laisser en commentaire sous vos articles leur défi à eux ? Je prendrai le temps de lire tous les commentaires (et oui, même ceux qui seront sur vos blogs) afin d'intégrer ces réponses à mon analyse finale. La synthèse sera publiée vendredi prochain (le 06 décembre)

[...]

Anne-Estelle
Bon. En voilà une question qu'elle est loin d'être simple. Parce que des défis, lorsqu'on devient parent, ça n'est pas ce qui manque. Pire : le nombre de gnome n'est pas un simple multiplicateur du nombre de défis, il en est un degré de puissance selon la formule bien connue pour 2 gnomes :

E = m.c²
Avec :
  • E = le nombre de défis auxquels vous allez être confronté (E pour épreuves. Ou pour "Et galère!")
  • m = vos principes (m pour "Moi, si j'étais vous...")
  • c = la réalité Concrête contre laquelle il vous faudra lutter, incluant la pression sociale et les impondérables de toute nature (c pour "Concrètement, là, ça va pas...")
  • ² = le nombre de gnomes (deux dans l'exemple présent)
"T'as voulu des gnomes, maintenant, tu te démerdes!"
Alors bien sur, il y a défis et défis. Et puis nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne : la formule se décline différemment selon chacun, le facteur c étant parfois impitoyable.
Par exemple, aider votre enfant à faire ses premiers pas, à apprendre le langage, est une simple étape pour la plupart d'entre nous. Mais si le facteur c vous joue des tours et que votre gnome soufre d'un handicap, ça peut rapidement devenir un défi, parfois difficile à surmonter.
Autre exemple : obtenir la propreté. La encore, pour beaucoup d'entre vous, c'est une simple étape rapidement résolue. Mais certains gnomes sont parfois réfractaires (facteur c), à moins que vous même ne soyez trop obsessionnels à ce sujet (facteur m), et là, ça se complique...

Reconnaissons-le, certains se créent aussi des problèmes de toute pièce en ayant beaucoup de beaux principes (facteur m). Or, il existe une étrange corrélation entre m et c, faisant que lorsque vos principes se multiplient (action), la réalité tend à s'y opposer (réaction) avec une force proportionnelle. En gros, quand m augmente, c augmente aussi, et du coup E crève le plafond.
Ainsi, imaginons que vos principes vous conduisent à vouloir que votre gnome devienne, je ne sais pas, disons star de cinéma oscarisée. Si vous visez ça :
Wouah! Glamour, tout ça!
Vous avez plus de chance d'arriver à ça :
Wouah! Gla... euh... elle joue comme une patate là, non?
 Autre exemple, vous verriez bien votre enfant devenir un grand écrivain, vendeur de best seller, adulé par le monde entier. Vous visez ça :
La vache, vous visez fort quand même!
Mais vous risquez plutôt d'arriver à ça :
Oui, tout de suite ça rigole moins...

Bref, tout cela ne nous avance guère sur la demande de Anne-Estelle. Bon, il y a bien le défi de la propreté par rapport à Plouf, mais c'est en train de se résoudre. Et Xéna est bien partie de son côté. L'alimentation? Pas trop de problème de ce côté. Encourager leur curiosité? Pour l'instant, ça gère. Les garder en bonne santé? Bon bin on fait de notre mieux... c'est pas trop mal pour le moment. Pfff... pas évident. J'ai donc mis maman Koala à contribution.
– Dis, Anne-Estelle de "etre-parent.com" me demande quel est notre défi en tant que parents... t'as une suggestion?
– Ne pas coller les gnomes au congélateur?
– Ils sont trop grands maintenant, ils ne tiendraient plus dedans.
– En faire des gnomes équilibrés?
– Mouaih. C'est un peu le but de tous les parents... je vois ça plus comme un objectif que comme un défi.
– En faire des gnomes heureux ?
– Oui, certes... mais Anne-Estelle l'évoque déjà dans son article.
– Pfff, t'en as de bonnes toi... t'as pas une question plus simple?
– Si : y avait quoi avant le Big Bang?
– ...
– Et qu'est-ce que tu dirais de "apprendre à accepter qu'ils puissent se détacher de nous" ?
– Grrrrrr! Le premier qui tente de me séparer de mes bébés koalas, je l'enterre au jardin!
– Ok, défi validé donc. C'est bon Anne-Estelle, j'ai trouvé...

On notera au passage qu'une autre explication au surnom de maman Koala vient d'être donnée ici même.
Elle n'a pas l'air comme ça, mais ne vous avisez pas de toucher à un cheveu des ses bébés!
Blague à part, je ne pense pas que nous soyons les seuls parents à ressentir cela. Ces petites choses sont issues de nous, elles en font partie d'une certaine façon. Ils grandissent vite, trop vite, et gagnent chaque jour en autonomie. Bien sur, nous sommes ravis de les voir grandir et s'épanouir, mais je pense que nous avons toutes et tous un pincement au cœur en constatant qu'ils peuvent se passer de nous pour de nouvelles choses chaque jour. Qu'ils apprennent à écouter d'autres voix que la notre. Pour maman Koala et moi, la prochaine (difficile) étape sera l'entrée à l'école pour Plouf et Xéna. C'est une étape que nous appréhendons car nous savons qu'elle les amènera à vivre des expériences que nous ne partagerons pas entièrement avec eux. Ils se feront des amis, apprendrons des choses chouettes, et d'autres moins chouettes. Apprendre des choses indispensables, et d'autre que nous préférerions qu'ils n'apprennent jamais. Et inexorablement, cela marquera une rupture définitive. Comme si le cordon ombilical était coupé une deuxième fois. Savoir gérer  cette "séparation", je pense qu'à l'heure actuelle c'est notre plus grand défi.

Et toi? Oui toi ami lecteur silencieux, celui/celle qui vient et ne commente jamais d'habitude (ne le nie pas, j'ai accès aux statistiques de visites, sacripant!)... si tu as des enfants, c'est quoi ton "grand défi" ?

mercredi 9 octobre 2013

Cumuk! (cats inside)

cumuk /ky.myk/ n. masculin
  Définition :
  1. action de cumuler petites et grandes contrariétés jusqu'à un point de saturation.
  2. interjection utilisée comme une sorte de cri de guerre dans la famille Hérisson lorsque le-dit point de saturation est atteint.
  Ethymologie :
  1. expression inventée par erreur par Maminou (maman de maman Koala) en se mélangeant les doigts sur le clavier lors d'un échange de mails (sans doute au lendemain d'une soirée alcoolisée). Elle tentait de taper le mot cumul, et a tapé cumuk.
  2. L'expression est restée pour désigner une accumulation d'emmerdes de contrariétés.
  Exemple :
     – Tient, j'ai été au concert de Justin Bieber, je t'ai ramené un t-shirt :)
     – Ah... super...  :(
     – Non mais allô! C'était génial quoi! D'ailleurs j'ai filmé une partie du concert avec mon smartphone! J'ai mis la vidéo sur mon skyblog, lol! Je t'ai partagé le lien sur ta page facebouc© pour que tes amis puissent le voir aussi!   Ah mais tient!? Ils sont pas à l'école tes enfants?
     – Cumuuuuuuuk!
Cumuuuuuk!


Il y a des moments dans la vie comme ça, où tu as l'impression que tout ton environnement conspire pour te pourrir l'existence jusqu'au trognon. On appelle ça la loi des séries. Dans ces moments, tu as une furieuse envie de hurler ta frustration à la face du monde : c'est l'effet cumuk.

Niveau 1. L'argent ne fait pas le bonheur. Son absence non plus.
Grâce à une astucieuse niche fiscale, papa Hérisson et maman Koala ne payent pas d'impôts sur le revenu. Oui, je sais vous êtes jaloux.
Comme je suis sympa, je vais vous livrer le secret de cette extraordinaire astuce comptable vous permettant une si avantageuse défiscalisation (sélectionner la ligne pour découvrir ce secret) :

                         Spoiler :
♫♪ Nous ne gagnons juste pas assez de fric pour être imposables ♪♫

Et y a même de la marge. Bon. En soit, c'est secondaire, nous ne sommes pas super dépensiers dans la famille. Par contre, si nous ne sommes pas éligibles à l'impôt sur le revenu, il n'en va pas de même pour la taxe foncière et les différents impôts indirects (TVA, etc...). Si vous ajoutez à cela que les prix dans les magasins n'ont pas tendance à baisser, et la moindre plaquette de beurre va bientôt coûter un bras (et je ne vous parle pas des pommes de terres qui coûtent un testiboule au kilo... et pourtant, croyez moi, faire pousser des patates, ça n'a rien de bien compliqué...
Cerise sur le gâteau : on nous vend régulièrement de la merde en branche des produits d'une qualité douteuse. Par exemple, nous venons de racheter des chaussures en cuir fermées et étanches pour les gnomes, parce que l'hiver arrive et que l'herbe est parfois humide. Pour l'étanchéité, tu repasseras. Je ne sais pas comment ils ont fait, mais l'eau rentre plus facilement que dans des espadrilles... ils ont dû mettre une semelle dans une matière qui attire les molécules d'eau, ou un humidificateur à l'intérieur, je ne sais pas... Bref, nous voilà quittes pour vendre un deuxième rein et racheter des pompes soi-disant étanches. Ainsi qu'un flacon de latex. Pour qu'elles le soient vraiment.
Du coup, en cette période, l'argent a tendance à sortir plus vite qu'il ne rentre, et les fins de mois sont souvent difficiles. A partir du 15. Les bons mois.

Niveau 2. Les gnomes sont en mode BCBG
BCBG, ça veut dire : Bébé Crevé = Bébé Gonflant
Comprendre : quand le gnome est fatigué-naze, il devient, par rétroaction fatiguant-gonflant à son tour. Il rigole bêtement (dans le meilleur des cas), fait des caprices, chouine, conteste, objecte, répond, se roule par terre et fait même parfois mine de taper. Voire tape. Pas bien.
– Bin faut les faire dormir aussi!
Eh oh! Je me pointe pas dans leur chambre à l'heure de la sieste avec des cloches et des cornes de brume! D'ailleurs ils font leurs nuits.
Le problème c'est que Xéna fait ses dents. Les dernières prémolaires pour être exact. Oui, les quatre en même temps, c'est plus sportif. Du coup, chez notre princesse-guerrière, c'est surtout le côté "guerrière" qui ressort en ce moment. Tendance barbare-cri-de-guerre.
Plouf quant à lui nous fait une petite crise de croissance, d'où fatigue et douleur aux articulations. Accessoirement, et sachant que du haut de ses 3 ans et demi, il fait déjà la taille d'un enfant de 4 à 5 ans, ça nous ramène au point n°1 du cumukOmètre, puisqu'il va donc falloir rhabiller le gnome avec des fringues à sa taille, ce qui coûte environ un testiboule et demi.

– Vous n'aviez qu'à les mettre à l'école, au moins vous ne les supporteriez que le soir...
Et sinon, ça va mieux ces migraines?


Niveau 3. Au boulot, c'est le coup de feu
Sans rentrer dans les détails, mon travail peut alterner des périodes calmes, voir très calmes, et des périodes où tu as tout juste le temps d'aller faire pipi (et encore, tu seras prié de faire fissa, et de secouer la gougoutte en courant sur le trajet du retour à ton poste).
Le souci, c'est que je me trouve en position dite de middle management...

Tient, petit apparté : vous avez remarqué que dans les entreprises, en général quand on veut vous infliger des conditions de travail à la noix ou planter un poignard vaudou supplémentaire dans le code du travail, cette dernière porte toujours un nom en anglais?

Exemples sous forme d'un petit lexique :

Target : littéralement "cible" ou "objectif". C'est le but à atteindre en terme de profits ou de bénéfices (du point de vue des actionnaires s'entend). En général difficile ou impossible à atteindre sans jouer sur les variables d'ajustement.
►Staffing : le personnel (on parle parfois de ressources humaines). Variable d'ajustement permettant d'attendre la target par son augmentation (rarement) ou sa diminution (souvent).
Manager :  francisé en "Manageur", peut être traduit par "chef de service" (en gros). Le manager a pour mission gérer son staffing, c'est à dire s'arranger pour que celui-ci lui coûte le moins possible tout en travaillant le plus possible pour faire rentrer le maximum d'argent (dont seuls les actionnaires verront la couleur), tout cela pour atteindre la target.
Turn Over : littéralement "rotation", désigne le fait pour une entreprise de renouveler régulièrement son staffing. Notons que dans l'antiquité, il était bien vu dans une entreprise d'avoir un faible turn over, signe que les employés étaient satisfaits de travailler dans l'entreprise, et qu'ils y faisaient carrière. De nos jours, une entreprise bien considérée par les investisseurs a au contraire un turn over important. Certains manager ont d'ailleurs parfois une target en terme de turn over. Authentique.
Open Space : "espace ouvert", zone de travail sans cloisons (ou avec des cloisons anecdotiques). Présenté comme un progrès permettant les interactions sociales, cela permet surtout au manager de surveiller le staffing en permanence, afin de s'assurer que la target est atteinte..
Corporate : littéralement "d'entreprise" (sous-entendu "culture" ou "réglementation"). Désigne une pratique conforme à la "règle de l'entreprise". Règle qui n'est pas toujours formellement écrite, ce qui permet de lui faire dire un peu tout ce qu'on veut tant que ça permet de faire progresser le turn over et de torturer le code du travail.
Worldwide : "partout dans le monde". Comprendre : "ça se fait partout dans le monde, tu vas pas nous faire chier avec ton code du travail de mes deux". Dans les multinationales, worldwide est souvent accolé à corporate ce qui permet de bien appuyer que c'est comme ça et que si tu n'es pas content, un poste de chercheur t'attend dans la plus grande entreprise de France : Pôle Emploi.
Review : (mon préféré à titre personnel) littéralement "examen", désigne communément l'entretien annuel avec le manager. Théoriquement basé sur un échange de points de vue mutuels avec ce dernier, ce modèle d'hypocrisie pseudo-social à la sauce libéralisme sert surtout à t'exposer, via une brève rencontre, la décision irrévocable des vrais patrons (les actionnaires) concernant le fait que malgré tes performances correctes atteignant la target, tu peux te brosser pour avoir une prime/une augmentation/une promotion/des horaires convenables/un peu de considération.


Et enfin donc Middle management qui pourra se définir par : 
  • tu as les responsabilités du niveau hiérarchique supérieur (manager)
  • tu as le salaire du niveau hiérarchique inférieur (le staffing de base, d'où la notion de middle, accessoirement cela nous renvoi encore au point n°1)
  • tu effectues le boulot de ces deux niveaux en plus du tient (ça c'est corporate et worldwide)
  • à ton entretien annuel (review) on t'explique que tu n'auras pas ta prime car, certes tu atteints tes objectifs, mais que tu pourrais en faire plus quand même crotte c'est vrai quoi... et si tu n'es pas content, ça tombe bien l'entreprise veut augmenter son turn over.
Le travail c'est la santé


Niveau 4. Et chat continue, encore et encore...
... c'est que le début, d'accord, d'accord.



 Oui, alors je sais : je vous ai déjà parlé des chats qui sont pénibles. Mais croyez-moi, à ce stade, on se demande si c'est naturel ou s'ils prennent des cours du soir pour réussir à être aussi chiants.

Comme vous le savez déjà, nous avons 4 chats. Chat n°4, la petite dernière, est un vrai zébulon. Brièvement surnommée "Ouverture facile" suite à son opération de stérilisation (le petit surgeon ressemblait furieusement à une languette pour démouler les flans (où en l’occurrence les flancs), elle vient de recevoir son surnom "officiel" : Gremlins. En effet, outre ses touffes de poils blancs qui font furieusement penser au chef de ces vilaines bestioles, elle est virtuellement partout à la fois, en train de faire toutes les conneries possibles et imaginables. Au besoin, elle en invente de nouvelles. Et si elle n'a rien de mieux à faire, elle enquiquine les autres chats. Ou le chien. Ou vole de la nourriture.
Surtout, ne pas laisser trainer de nourriture. Si elle bouffe après minuit, elle devient chiante... Enfin encore plus.
En plus, c'est une furieuse celle-là : le soir, lors de la distribution de boulettes à chat, dès qu'on attrape la boite, elle se met à grogner et à distribuer des beignes aux autres, pour être la première (et idéalement la seule) à en manger. Et je ne vous parle pas de la difficulté à manger des avocats chez nous : elle adore ça et tente de chaparder la part des gnomes. Oui, de l'avocat. Notez : chat n°3 est fan d'asperge alors...

Mais bon, le pire moment, c'est souvent le matin.


Etape n°1
Epuisé par sa semaine de boulot (cf point n°3), et les deux tornades en forme de gnomes (cf point n°2), papa Hérisson tombe du lit en s'apercevant qu'il reste moins d'une minute avant que son réveil ne sonne et ne perturbe le sommeil de maman Koala. Trébuchant sur le conteneur de croquettes des chats (dissimulé dans la chambre pour que les susmentionnés félins ne tentent pas de l'ouvrir en le faisant lourdement chuter dans les escaliers au beau milieu de la nuit. Ne riez pas, ils l'ont déjà fait.), papa Hérisson se vautre mais parvient à éteindre le réveil (qui se trouve du côté de maman Koala pour des raisons techniques). La chute ayant été malgré tout un tantinet bruyante, maman Koala se retourne en marmonnant :
– Guemeugneu? Vrufff schhh pt fmouf shhhhaaaa steuupp... 'je gnégné!
Traduction probable : Chéri? J'espère que tu ne t'es pas fait mal... bon courage pour ta journée!
A moins que ça ne soit : Qu'est-ce que c'est? Vu que t'es debout, tu peux empailler les chats s'il-te-plait... j'aimerais roupiller!

Etape n°2
A pas de loup-sous-LSD, papa Hérisson descend l'escalier avec toute la grâce de cet oiseau qu'on appelle éléphant. Chat n°4, embusquée derrière la rampe, en profite pour griffer ses petits pieds tous nus. Papa Hérisson tente de contenir un juron. Echec critique : chat n°4 vient d'être maudite sur 4 générations. Vu qu'elle est stérilisée, ça se présente mal pour elle.

Etape n°3
Allumer une vague lumière, et jouer au jeu du matin : toi aussi, trouve le vomi de chat! En joueur expérimenté, papa Hérisson y parvient en moins de 15 secondes en grommelant une phrase obscure à propos d'un taxidermiste. Il se dirige vers la cuisine pour y attraper un rouleau de sopalin, et se vautre à 1m50 de la porte en butant sur chat n°4 qui slalomait entre ses jambes pour réclamer son p'tit déj'. Il peste de nouveau, ajoutant 5 ou 6 générations à la malédiction précédente, ainsi que quelques mots en allemand.
Oui, bon : soyons clairs, je ne parle pas un mot d'allemand. Sauf quand je suis en colère. Je trouve que cette langue se prête bien aux jurons proférés sous le coup d'une colère froide. C'est menaçant. J'avais essayé l'italien, mais ça rendait moins bien je trouve...
Autant l'italien se parle avec les mains, autant l'allemand ça serait plutôt avec le mégaphone.

Papa Hérisson ouvre enfin la porte de la cuisine, verse quelques croquettes dans la gamelle de chat n°4 (juste pour avoir la paix), attrape le sopalin, en arrache moult feuilles pour ne pas s'en mettre plein les doigts et va nettoyer le vomi. Il revient ensuite dans la cuisine, balance le sopalin à la poubelle et va se laver les mains : chat 1, sopalin 0.

Etape n°4
Papa Hérisson se dirige ensuite vers la salle de bain où se trouve enfermée chat n°2. Après avoir marché dans le pipi de cette dernière, astucieusement répandu derrière la porte, il procède à ses ablutions en tuant quelques dizaines de moustiques à la machette pendant que chat n°2 gueule pour sortir (notez que la sortir avant ne sert à rien, car alors elle gueule pour rentrer). Suite à quoi il tente de se raser. Le visage en sang, il se dit qu'il va être temps de changer de biscotte, celle-ci semble légèrement émoussée.

Etape n°5
De retour dans la cuisine pour la préparation du p'tit déj', il dégage chat n°4 avant qu'elle ne s'attaque aux tartines et au cake. Puis, il ramasse les peaux d'avocat que cette pénible a choppé dans la bassine destinée au composteur. Il va ensuite pester contre chat n°4 qui fiche le bronx à côté en enquiquinant chat n°1 et n°3 qui voulaient juste dormir, et revient en pestant dans la cuisine parce que les tartines sont en train de cramer dans le grille-pain.
Attrapant son p'tit dej', papa Hérisson va ensuite s'installer à l'ordinateur pour glandouiller un peu en ricanant devant le dernier strip de Maliki en grignotant ses tartines (oui, je sais, c'est pas bien, ça met des miettes dans le clavier). Il râle un peu lorsque chat n°1, surnommé pot-de-glue, vient se poser sur ses genoux en ronronnant, et mettre des poils dans la confiture et le café.

Etape n°6
Un étrange bruit organique, rapidement suivi d'une odeur méphitique, parvient à papa Hérisson. C'est proche. Très proche. Bizarre : puisqu'il est sur les genoux, ça ne vient pas de chat °1, pourtant spécialiste de la visite de la litière pendant les repas (et pas juste pour un pipi... quand il y va pendant qu'on mange, ce sont en général les grandes orgues. Bon appétit.). Chat n°4, occupée à détruire un coussin appartenant aux gnomes est également innocente hors de cause dans le cas présent. Et puis c'est trop proche...
Papa Hérisson jette un oeil sous le bureau de l'ordinateur, le bruit semblant provenir de la là. Bingo. Chat n°3, sans doute un peu malade, est en train de déposer un étron liquide à même le sol, aux pieds de papa Hérisson.
...
...
...
chat 2, sopalin 0.
...
...
...
Cumuuuuuuuuuuk!
Et merde! mince! J'ai craqué ma chemise en plus... Là, je suis colère!

mardi 10 septembre 2013

Moi, si j'étais vous...

Il parait qu'avant ou après un match de foot important, on a coutume de dire qu'il y a 60 millions de sélectionneurs/entraineurs en France. Bon, comptons 59.999.999 puisque je me sens à peu près aussi concerné par le football que par le macramé ou l'élevage des loutres. Maman Koala me faisait cependant remarquer ce matin que cette formule pouvait tout aussi bien s'appliquer à l'éducation des enfants, en ce sens que TOUT LE MONDE à tendance à te filer des conseils, même, et surtout, quand tu n'en veux pas/n'en as pas besoin/n'est pas convaincu de leur pertinence concernant l'éducation de TES gnomes. Et quand je dis tout le monde, j'inclus :
  • Les couples avec enfant(s) (disons que c'est l'expérience qui parle)
  • Les couples avec enfant(s) monstre(s) (leurs gamins sont juste invivables, t'as vachement envie de suivre leurs conseils du coup...)
  • Les pédiatres (admettons, c'est leur boulot... ceci étant, j'y reviendrai)
  • Les couples sans enfant (ça marche super bien avec Pupuce, leur caniche... comme le serine Marie de Mamanstestent, Nulli à des principes, Multi a des nains)
  • Les célibataires sans enfant (ils ont surement dû lire un truc dans Grazia ou Valeurs Actuelles)
  • Les peoples sous amphétamines (style "Non mais allô quoi! T'a un congélateur et t'as pas d'enfant? Non mais allô!")
  • Les curés (c'est un peu comme un diabétique donnant des conseils sur le chocolat, ou Justin Bieber sur la musique, mais ça se tient, ils adorent les petits enfants...)
"Non, parce que tu vois, moi personnellement, mes enfants..."
  •  Les spécialistes du marketing (qui grâce à une étude sérieuse et impartiale sont en mesure de t'affirmer avec sérieux que le Nuthuiledepalmella© est bon pour la santé, et que les poupées Barbantes© aident les petites filles à devenir des petites pouffes habillées comme des péripatétiputes adultes équilibrés)
  • La voisine, 95 piges, vieille fille, qui trouvait que c'était quand même pas si mal que ça en 40, et qu'il faudrait les mater un peu tous ces jeunes zazous!
  • Vanessa (qui préfère qu'on l'appelle Sandy), la petite voisine de l'autre côté, 15 ans, très prochainement engrossée mise enceinte par Kévin 21 ans, et qui aimerait bien faire du baby sitting pour toi, mais qui trouve que "ouaih non mais voilà quoi! T'as même pas la télé, comment je fais pour regarder Secret Story?".
  • Le vieux tonton qui trouve qu'on va pas en faire un fromage pour un ou deux jurons bordel de bite à couilles!
  • La copine un peu BCBG qui ne dispute jamais ses gamins, même lorsqu'ils sont en train d'empailler le chat, faudrait pas brider leur créativité (en même temps, la taxidermie féline est un passe-temps des plus louables...)
  • La collègue un peu coincée qui n'a fait un gosse à son mec que pour s'assurer (ah ah ah! Rêve!) qu'il n'aille pas voir ailleurs, mais que ça gonfle de s'occuper du môme, et qui du coup le colle dès que possible chez la nounou/à la crêche/à l'école/aux parents/à belle-maman
Liste non exhaustive. Tout le monde à un avis sur la façon d'éduquer les... non, TES enfants, et surtout, tout le monde te le donne cet avis, en particulier quand tu ne le sollicite pas. Généralement, ça prend la forme d'un "Bon, moi, si j'étais vous..." ou de "Je ferais pas ça comme ça si j'étais à ta place...".

Un exemple? A votre service. Mon aîné, Plouf-le-cascadeur, digne héritier de son Gaston Lagaffe de géniteur, a maintenant 3 ans révolus. Ceci étant, Plouf est plutôt élancé (on l'habille avec des fringues 5 ans par exemple), plutôt volubile, et assez dégourdi au niveau du langage (à 1 an et demi, il employait déjà des mots comme multicolore, et depuis sa découverte récente du mot myriapode, on sent qu'il se délecte à le prononcer avec une certaine gourmandise). Du coup, et alors qu'il avait à peine 2 ans, lorsque maman Koala le trimbalait avec elle en semaine, elle avait déjà droit à ceci :
– Tient!? Il n'est pas à l'école?
– Bin euh non, il n'a que deux ans quoi...
– Ah bon? Je l'aurai cru plus âgé. C'est pour l'an prochain alors?
– Bin euh non, enfin pas forcément...
– QUOI!? Vous n'allez pas le mettre à l'école à 3 ans!????
– Et sinon, votre herpès génital? Vous ne savez vraiment pas d'où ça vient?
Des fois, ça démange!
Du coup maintenant qu'il a ses trois ans, ça va être :
– Tient!? Il n'est pas à l'école?
– Bin euh non, il n'a que trois ans quoi....
– QUOI!? Vous ne le mettez pas à l'école à 3 ans!????
– Et sinon, votre mari a toujours une aventure avec sa secrétaire qui a de l'herpès?

Et oui, quand tu as le malheur de dire que tu ne vas pas forcément mettre ton gnome à l'école à 3 ans, on presque l'impression que le MIVILUDES devrait t'envoyer les services sociaux comme à n'importe quel messie-cosmoplanétaire-crypto-pédophile qui déscolarise les enfants pour leur laver le cerveau afin d'en faire des adeptes lobotomisés de sa secte maléfique.

Aux services spéciaux sociaux, on ne rigole pas avec la déscolarisation!
Petit rappel : la loi Ferry (Jules hein, pas l'autre) du 28 mars 1882 instaure l'école obligatoire à partir de 6 ans. Toutes les dispositions prises par les communes et les écoles pour permettre l'accueil à partir de 3 ans ne sont nullement contraignantes. J'ai entendu dire que certaines communes voulaient avancer l'âge du premier accueil à 2 ans... moi je propose d'aller encore plus loin : accueil dès la sortie de la maternité, ça serait top! Bon le problème, c'est qu'il faudrait sans doute des couveuses.
Et pourquoi pas encore au delà? Bon après, je ne suis pas certain que les techniques pédagogiques soient parfaitement au point pour enseigner l'anglais aux ovules (malgré l'expression "les anglais débarquent") ou l'histoire de la deuxième guerre mondiale aux spermatozoïdes (même si ces derniers possèdent un certain talent pour le parcours du combattant).
Quoiqu'il en soit, bizarrement, dans l'esprit des gens, si tu n'essaie pas de mettre ton gnome à l'école dès que possible, tu es bizarre. Tu sors du lot, de la moyenne. Et ça, c'est mal.

– Attendez, l'école à partir de 3 ans, c'est bon pour le développement des enfants, tous les spécialistes de l'éducation et les pédagogues le disent.

Il se trouve que papa Hérisson a travaillé pour cette maison de fous qu'est l’Éducation Nationale. Les "spécialistes de l'éducation et les pédagogues" en question, ce sont généralement des hauts fonctionnaires surpayés, dont certains ne savent ce qu'est un enfant que grâce à Wikipédia, et ayant pour mission de se tirlipoter l'encéphale sur des rapports et autres circulaires alambiqués contenant des instructions absconses sur la façon dont "l'apprenant" doit exercer "une prise digitale" à l'aide  de "son système effecteur" sur "l'outil scripteur" afin de porter une annotation sur son outil pédagogique à base cellulosique, ou la nécessité de maîtriser "l'espace numérique de travail" (Nota Bene : les termes en gras sont rigoureusement authentiques. Et oui.). De bien beaux exemples de xyloglossie, qui ne font guère avancer le schmilblick, mais ont le mérite de faire croire que ces gens là savent de quoi ils parlent. On notera d'ailleurs, que plus leurs circulaires donnent des résultats déplorables en pratique, plus ils insistent et tentent d'aller encore plus loin : Errare humanum est, perseverare diabolicum. En plus, l'utilisation de cette langue mystérieuse leur permet de fonctionner en vase clôt, un peu comme les juristes et les médecins. Remarquez, les conséquences dévastatrices d'une certaine consanguinité professionnelle peuvent sans doute expliquer certaines dérives de ce vénérable pachyderme qu'est l'école française...
Réunion des équipes pédagogiques au ministère de l’Éducation Nationale
– Attendez, l'école à partir de 3 ans, c'est recommandé par les pédiatres!

Tient, parlons-en des pédiatres : pour rappel, ce sont eux qui conseillaient il y a quelques années (pour ceux et celle de ma génération tient!) de coucher les enfants sur le ventre, avant de se rétracter quelques années après, un peu péteux, parce que ça avait fait augmenter la mortalité infantile. Et ce sont les mêmes qui encouragent les campagnes massives de vaccination à partir de cocktails de vaccins chargés d'adjuvants douteux. Je sais : concernant les vaccins, la question n'est pas tranchée... c'est sympa d'ailleurs non? Dans le doute, on va vacciner, et si des études après coup montrent un risque, ou qu'avec le recul on constate un nombre anormal de maladie auto-immunes, on retirera le vaccin discrètement, après, quand il sera trop tard. Le terme employé de "balance bénéfice/risque" est d'ailleurs bien chouette aussi...  Dites, mes gnomes, ils ont une tronche de cobaye ou de dommage collatéral?
Le pédiatre trouve que le petit Théo a pris peu trop de poids dernièrement.
 Ce sont également eux qui viennent te dire, courbe de croissance moyenne à l'appui qu'il faudrait que ton gnome mange un peu plus/moins (rayez la mention inutile) parce que la il est trop maigre/gros. Bin oui mon pote, c'est clair, je vais doubler sa ration de pain sec et rajouter un deuxième pichet d'eau croupie. Ou à l'inverse, je vais voir à ne mettre qu'un Cheese Burger dans son biberon et diviser par deux la ration de Caca Colé©. Par exemple, l'idée que ton enfant puisse manger juste à sa faim et simplement être un peu en dehors des "standards" est un truc trop impossible : c'est bien connu, à l'âge adulte, nous mesurons tous 1m75 pour 75kg, avec un QI de 75 et une espérance de vie de 75 ans. Et nous cotisons tous 42 45 ans et 3 trimestres, pour un départ en retraite à 62 65 ans.

Et si encore ça commençait avec cette histoire d'école... mais non. Déjà juste après la naissance, tu te retrouves au milieu d'un bataille de tranchées entre les pro et anti-allaitement (bien résumée par Papacube). Ensuite, et ce presque dès la sortie de la maternité, on commence à te sortir :
– Alors c'est pour quand le deuxième?
– C'est à dire que vu la tronche des vôtres, on hésite à vous mettre une telle pression du point de vue de la sélection naturelle...

Mais paradoxalement, si tu ne respectes pas le Calendrier Sacré consistant à faire le deuxième pour les trois ans du premier, histoire de pouvoir mettre celui-ci à l'école pendant que tu pouponnes, là tu passes pour un excentrique :
– Ils ont l'air rapprochés dites-moi... ils ont combien d'écart?
– Environ 75 cm en ce moment, mais comme ils sont en train de courir, ça peut changer assez vite...
– Non, je parle de l'âge!
– 15 mois...
– Ah oui? C'est un accident alors le deuxième?
– Non, c'est un fille. Et sinon, vos hémorroïdes se soignent bien?

Le plus amusant, ce sont sans doute les doctes discours sur la télé, puisque papa Hérisson n'en a pas :
– Non tu vois, nous, la télé, ils n'y ont pas droit plus de 2h par jour. On trouve qu'il faut limiter, il y a d'autres choses à faire quoi!
– Ah bin nous, on en a pas, alors comme ça...
– Ah bon? Vous n'avez pas la télé? Mais... vous arrivez à les occuper?
– Et bien, ça va vous paraître sans doute bizarre comme concept, mais du coup : ils jouent, ils apprennent des trucs (comme à l'école, mais sans l'école) et on fait des activités ensemble...
– Ah... et vous, vous faites comment pour avoir les informations ?
– Vu la qualité des journaux télévisés, je vous retourne la question. Pour ma part, j'utilise la presse écrite...
– Non mais ça vous manque pas quand même? Moi je pourrai pas...
– C'est une question d'équipement : vous vous avez une télé, nous on a de l'imagination.

Allez, zou, vous voulez savoir si vous êtes dans la norme? Papa Hérisson est sympa, il vous propose ce petit test pour savoir où vous situer :


Test : êtes-vous normal?


   1. Enfant, quel était votre environnement familial ?
    J'ai dû quitter ma terre natale suite à une catastrophe naturelle.
    Ma mère m'a eu très jeune et m'a élevé seule.
    J'ai été élevé dans une fratrie de 2,1 enfants.
    Je suis le septième enfant de mes parents.
   2. A l'école, vous étiez plutôt ?
     Je me sentais différent des autres, je me voyais déjà sauver le monde!
    Talentueux, d'ailleurs j'ai été repéré très jeune par mon mentor.
     J'avais une moyenne de 12,3 en classe ce qui est bien mais pas top.
     Bon en travaux manuels et en cours de chant.
   3. Votre première relation sexuelle ?
     Je... cette question me met mal à l'aise.
     Assez jeune, avec une vraie princesse.
     J'avais 17,2 ans.
     Une quoi?
   4. Avez-vous une relation amoureuse stable ?
    Et bien... il y a bien cette belle journaliste. On formait un chouette couple sur le papier!
    Mon comportement à tout gâché avec la princesse... j'ai une sorte de côté obscur.
    Je me suis marié à 28,2 ans
    C'est compliqué... il y a bien eu la fille du roi, mais...
       5. Vous avez vie familiale ?
      C'est compliqué, je mène une double-vie.
      Pas le temps avec mon travail. Je suis souvent en déplacement.
      J'ai 2,1 enfants. Le deuxième est né pile pour les 3 ans du premier qui rentrait à l'école : économie de nounou!
      Oh oui! Dans une grande maison dans un lieu enchanté rempli de petites personnes!
       6. Sur le plan professionnel, vous êtes ?
      Très lié avec les médias, mais j'ai d'autres activités, plus secrètes...
      Chef de troupe.
      Fonctionnaire.
      Je fais des mouvements rigolos avec mes pieds et mes mains.
       7. Des ruptures ?
      Ma vie amoureuse a toujours été compliquée...
      Avec la princesse.
      Divorce à 40,4 ans, remariage à 42 ans. La crise de la quarantaine surement.
      La fille du roi, partie avec un bellâtre aux cheveux en plastique.
       8. Des projets concernant la retraite ?
      Les gens comme moi ne prennent jamais leur retraite voyons!
      Quelque chose me dit que je ne tiendrai pas jusque là...
      Oui, retraite à 65 67 ans (purée, mais ça augmente sans arrêt non?)
      Vivre dans une grande maison dans un lieu enchanté, rempli de petites personnes!
       9. Comment voyez vous votre mort ?
      Sans doute dans un lieu sordide après un corps à corps éreintant.
      Sans doute victime de ma part d'ombre.
      A 78,1 ans, d'un cancer.
      Je pense vivre éternellement dans le cœur de ceux qui m'aiment.
       10. Vous pensez être normal ?
      Pas vraiment, on m'avais prédit un grand destin.
      Vous voulez rire? Je suis un messie!
      Je suis la normalité incarnée! Mouahaha!
      Je ne pense pas, je n'ai jamais grandi...
       
       Résultats
       Vous avez un maximum de : 
     
    Vous êtes Dominique Strauss-Kahn. Inutile de le nier, je vous ai reconnu dès la première question quand vous avez évoqué votre départ du Maroc suite au tremblement de terre d'Agadir en 1960. Votre double-vie ne regarde que vous, mais pour le reste, sachez que n'étiez certainement pas attendu comme le messie. Ou alors juste par les socialistes, mais ce sont des gens bizarres (je me demande ce que fiche le Miviludes à leur sujet d'ailleurs... ah non, c'est vrai, ils sont en train de s'occuper du gourou Sarkozy).

    Tient? Justin Bieber? Alors comme ça on vient s'encanailler sur le blog de papa Hérisson. Bon, tu sais, même si Selena Gomez travaillait pour Disney, je ne suis pas sur qu'on puisse dire que c'est une princesse, surtout depuis Spring Breakers. Sinon, concernant le talent... comment te dire? Une carrière dans l'armée ne te tente pas?
     
    Vous n'existez pas, vous êtes une statistique INSEE. Ou alors, votre vie doit être d'un chiant... mais d'un chiant... De toute façon, personne ne peut faire 2,1 enfants. Par contre, vous avez raison, l'âge de la retraite augmente. D'ailleurs ça vient juste de passer à 69 ans. 
      Vous êtes Mickaël Jackson. Cette obsession pour les petites personnes ne me semble pas très saine, quand à votre relation avec la fille du king Elvis, tout cela me paraissait tenir sur des bases assez fragiles. De toutes façons, vous êtes mort.
       


    En regardant bien, pour être dans la norme il faudrait :
    1. être né dans une fratrie de 2,1 enfants (t'a plus qu'à espérer que c'est pas toi qui fait le 0,1) au sein d'une famille de la classe moyenne qui regardait le Bébête Show à la télé
    2. avoir une moyenne de 12,3 en classe, ce qui est bien mais pas top
    3. avoir son premier rapport sexuel à 17,2 ans (si tu es un garçon, ou 17,6 ans si tu es une fille. Les hermaphrodites intergenres ne sont pas comptés, ils sont hors norme. A tous les coups c'est eux le 0,1...).
    4. avoir son bac avec mention "assez bien"
    5. avoir un premier enfant à 28,1 ans pour les femmes
    6. l'allaiter (ou pas, je ne sais plus trop ou on en est)
    7. qu'il marche à ses 11 mois et 3 semaines
    8. qu'il soit propre à ses 1 an 4 mois 12 jours 7 heures 32 minutes et 15 secondes
    9. Se marier à 31 ans (pour un homme, 29 pour une femme)
    10. que l'enfant parle le français pour ses 2 ans
    11. l'anglais pour 2 ans et demi
    12. qu'il aille à l'école à ses 3 ans au MOMENT MÊME de la naissance du deuxième enfant
    13. divorcer à 40,4 ans
    14. se remarier à 42 ans, avec famille recomposée, garde partagée et tout le toutim
    15. partir en retraite à 65 67 ans (oui, ça a encore monté depuis tout à l'heure, mais c'est comme ça ma bonne dame, tout augmente!)
    16. mourir d'un cancer à 78,1 ans.
    Et là encore, je résume.

    Figurez-vous que dans cette liste, je n'ai rien pu cocher. En même temps, je me suis arrêté au 12, mais comme je ne suis pas marié avec maman Koala (je rappelle que nous vivons dans le pêché), je doute que le 13 et le 14 puissent l'être (cochés). Quand au 15, honnêtement, il y a de fortes chances que le 16 survienne avant...

    Du coup moi, la norme, je lui crache au visage, je la piétine et je la fais sécher dans mon grenier. Si j'avais une tronche de statistique INSEE j'aurai posé pour les pub Kinder ou Caisse d'Epargne.
    Avec un taux de chômage de 25,7% pour les moins de 25 ans, tu vas pas sourire longtemps...
    Cette espèce de bien-pensance généralisée dans laquelle tout le monde semble savoir mieux que toi ce qui serait le mieux pour toi, ou on te dit ce que tu dois faire, quand le faire, comment le faire, voire ce que tu dois penser, pour rentrer dans le moule  m'exaspère au plus haut point. Je n'ai aucune envie de rentrer dans le moule. Je fais ce que je veux quand je veux, et j'apprécierais qu'on me lâche les piquants.

    Concernant Plouf, je ne m'inquiète pas trop de son développement, même en dehors de l'école. Il y passera déjà bien assez de temps une fois qu'il y sera, et nul doute qu'il y apprendra en effet plein de choses qu'il n'apprenait pas à la maison comme :
    • Les gros mots
    • Les jeux idiots et dangereux
    • Les réflexions profondes et pleines de sagesse des vedettes de la téléréalité
    • La nécessité d'avoir son téléphone portable
    • Et surtout, la meilleure façon de rentrer dans la norme... et aussi, peut être, la sensation d'y être un peu à l'étroit.