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samedi 4 octobre 2014

Tu veux ma photo?

Aujourd'hui, on va causer de photos, de vie privée, et de partage en ligne.

Certains d'entre vous me diront surement : "Ouah l'autre eh! Comment il surfe sur la vague du Celebgate pour attirer des lecteurs!"

Ce à quoi, d'autres leur répondrons : "Le quoi?"

Le Celebgate. Contraction de "Celebrity" (pour les non-anglophones : Célébrité, Vedette) et de "Gate" (littéralement une porte ou une ouverture, mais dans le cas présent ce mot vient de "Watergate" en référence au scandale éponyme) désigne la publication sur internet début septembre de centaines de photos dénudées  (volées)  de plusieurs vedettes (ou considérées ainsi) américaines telles que Jennifer Lawrence ou Kaley Cuoco.
Car oui, dans un élan d'imagination débridée, la presse américaine aime à baptiser les différents scandales qui fleurissent dans ses colonnes en utilisant un mot-valise et en y ajoutant le suffixe "gate" en référence au scandale dit du "Watergate". A l'origine, ça désignait surtout les affaires dans lesquelles le gouvernement américain était mouillé (exemples : Irangate, Monicagate, Cablegate...), mais l'usage s'est depuis passablement élargit (exemples : Nipplegate, Antennagate, Climategate, DSKgate, Golden Gate). Notons d'ailleurs que depuis quelques années, cette détestable habitude commence à atteindre même nos contrées civilisées (exemple : Sarkogate, Gayetgate, Bragette, Colgate...).
Qu'on se rassure, dans un prodigieux effort de bon goût et d'originalité, des internautes ont également surnommé ce fait divers "Fappening", élégante contraction de "to fap" (pour les non anglophones : se "polir le chinois") et de "happening" (traduction : évènement, fête), c'est à dire pour synthétiser : la fête à la branlette. Oui je sais, c'est d'une folle délicatesse et d'un goût exquis, qui ne sont pas sans rappeler la prose poétique douce-amer et subtile d'un sketch de Jean-Marie Bigard période "Lâché de salopes". En même temps, vu la nature de l'évènement lui-même, fallait pas compter sur du Baudelaire non plus.
Et ne rêvez pas :  en matière de polémique concernant la publication d'éléments de la vie privé, la France n'a pas été épargnée puisque nos concitoyens, qui n'en demandaient pas tant, se sont vus infliger un ouvrage discutable sur leur président de la république, rédigé par son ancien plan cul ancienne maîtresse ancienne compagne.

Pour les rares chanceux et chanceuses d'entre vous qui n'auraient pas suivi cette actualité sordide, voici un petit résumé en images, comme ça vous ne pourrez pas dire que vous saviez pas. Et pour ceux qui, par rigueur intellectuelle bien sur, voudraient se faire leur propre idée au sujet des terribles photos volées de Jennifer Lawrence et consoeurs, il suffit de cliquer ►ici◄. Pour le résumé, c'est ci-dessous :
Pour afficher le résumé, cliquez sur l'image.

Ce long chapitre liminaire pour vous dire que non, je ne parlerai pas du Celebg... euh... du Fappen... Enfin de ce truc avec les photos à poil des stars hollywoodiennes. Enfin si, un peu quand même du coup, mais c'était juste une remise en contexte. Car parfois l'actualité tombe fort à propos pour évoquer certaines problématiques telles que la vie privée.

Si vous avez un compte Facebouc®, vous avez forcément accepté les CGU qui disent ceci : "Pour le contenu protégé par les droits de propriété intellectuelle, comme les photos ou vidéos (propriété intellectuelle), vous nous donnez spécifiquement la permission suivante, conformément à vos paramètres de confidentialité et des applications : vous nous accordez une licence non-exclusive, transférable, sous-licenciable, sans redevance et mondiale pour l’utilisation des contenus de propriété intellectuelle que vous publiez sur Facebook ou en relation avec Facebook (licence de propriété intellectuelle). Cette licence de propriété intellectuelle se termine lorsque vous supprimez vos contenus de propriété intellectuelle ou votre compte, sauf si votre compte est partagé avec d’autres personnes qui ne l’ont pas supprimé."

De même sur Touïteur® : "En soumettant, publiant ou affichant des Contenus sur ou par le biais des Services, vous nous accordez une licence mondiale, non exclusive, gratuite, incluant le droit d'accorder une sous-licence, d'utiliser, de copier, de reproduire, de traiter, d'adapter, de modifier, de publier, de transmettre, d'afficher et de distribuer ces Contenus sur tout support par toute méthode de distribution connue ou amenée à exister."

Traduction en français : "On peut faire ce qu'on veut avec les textes et les photos que tu publies! Mouahahaha!"
P.S. : pourriez-vous signer ces CGU avec votre sang svp?

Du coup, le sachant, certain(e)s d'entre vous ont peut être décidé de partager le statut suivant : "En raison du fait que Facebouc® a choisi d’impliquer un logiciel qui permet l’usage de mes renseignements personnels, je déclare ce qui suit : en réponse aux nouvelles lignes directrices de Facebouc®  et en vertu des articles L.111, 112 et 113 du code de la propriété intellectuelle, je déclare que mes droits sont attachés à toutes mes données personnelles, dessins, peintures, photos, textes écrits, vidéos, musiques, etc. publiées sur mon profil. Pour une utilisation commerciale ou autre de ce qui précède, mon consentement écrit est nécessaire en tout temps. Et en plus je voudrais 100 balles. Et un mars. Et un hélicoptère avec un pilote et le plein effectué. Et vite, sinon j'exécute les otages. Euh... attendez, non...". Sachez-le d'emblée, cette bravade était au mieux futile, et au pire ridicule, car elle n'a aucune valeur juridique.
Ça, c'est Facebouc® en train de réagir à ce statut dans lequel vous affirmez votre droit à l'image.
En même temps, vous auriez pu vous en douter : l'utilisation de Facebouc® et Touïteur® est gratuite. Et comme le dit le dicton : si c'est gratuit, c'est toi le produit. Du coup, comme j'ai pas super envie de découvrir un jour ma tronche sur une pub en Moldavie pour une crême contre les hémorroïdes, ou celle de mes gnomes dans une campagne promotionnelle pour de la Ritaline® en Floride, j'évite de mettre des photos personnelles sur les réseaux sociaux.

Reste du coup le problème du partage des photos de famille avec les proches, qui le sont parfois géographiquement (ce qui permet de s'en tirer avec une bonne clé USB) mais pas toujours (ce qui complique alors les choses). Bon, il reste le mail, mais le nombre de photos qu'on aimerait envoyer rend souvent cela peu pratique. Et en plus ça n'est guère convivial il faut bien le dire, car c'est quand même grave cool de pouvoir "plusser" ou "liker" la photo du petit Théo en train de vomir son gâteau au chocolat sur tata Cunégonde, ou de la petite Emma en train de faire pipi sur le T-Shirt de tonton Raoul. Si si, ne me dites pas le contraire. Idéalement, il faudrait une interface conviviale permettant de partager ses photos de famille de façon sécurisée et sans la licence "on-t-a-bien-eu" de chez Facebouc®. Et du coup, j'étais plutôt content quand on m'a présenté Private Bébé.

Sans déconner! Le mec nous fait tout un laïus sur la société de consommation et les hippopotames rouges, et là, pif pouf, il retourne sa veste et nous balance un vieux billet promotionnel moisi pour un service en ligne? Payant bien sur! Ah bah bravo la profession de foi! On dirait du françois Hollande dans le texte tiens...

Certains n'ont pas bien dû lire la FAQ de ce blog : je suis chez moi, je fais ce que je veux, et je m'essuie les pieds ou je veux y compris sur mes propres principes si jamais ça me chantait. Ceci étant dit, même si c'est un peu à titre exceptionnel (car vous n'êtes pas prêts de voir un autre billet de promo sur ce blog) j'ai décidé de vous présenter Private Bébé surtout parce que je trouve leur service vraiment chouette, simple d'utilisation, qu'il va dans le bon sens pour la protection des données personnelles et de la vie privée, et que son créateur, Christophe, est un mec super sympa. J'ajoute que Christophe ne m'a pas demandé de faire un article : c'est un choix de ma part. D'ailleurs, à l'origine je m'étais inscrit sur Private Bébé anonymement.
Coucou, qui est là?

Private Bébé donc, est un service proposé par la société Ketch'Up, une entreprise de droit Suisse fondée dans ce but par Christophe et Audrey, jeune couple sympa affligé d'un gnome en bas-âge (ceci expliquant sans doute celà). Private Bébé, c'est : un blog rempli d'info, et un site sur lequel on peut créer son espace personnel privé, afin d'y déposer des photos et des vidéos de famille, rangées dans des albums. Cet espace personnel peut être partagé avec un certain nombre de contacts auquels on va attribuer des mots de passe, et qui, pourront commenter et "aimer" les contenus mis en ligne. Ajoutons à celà que votre espace est entièrement paramétrable au niveau de son apparence, avec des thèmes génériques assez variés, que vous pouvez de toute manière personnaliser à volonté. Vous hésitez ou vous n'êtes pas convaincu? Qu'à cela ne tienne : vous pouvez vous inscrire et profiter gratuitement du site pendant un mois, sans aucun engagement (vos coordonnées bancaires ne sont pas demandées). Et après si vous êtes intéressé, vous avez le choix entre deux formules : photo uniquement à 9,95€ par mois, et photos + vidéos à 19,90€ par mois (il y a aussi des offres à l'années, plus avantageuses), le tout en illimité. Et bien sur, puisque c'est le principe du site, vous restez totalement propriétaires de vos contenus. Cerise sur le gâteau, l'interface est d'une simplicité enfantine : c'est pas compliqué, ma maman de 80 berges passées navigue dessus avec une aisance qui ferait passer Julian Assange pour une sorte de Christine Albanel (ah, le parefeu Open Office!).

"Nan mais là je suis en train de préparer un leak des tweets de Nadine Morano. Comment ça ils sont déjà publics? Mais euh... elle le sait?"

Private Bébé présente aussi un autre avantage, non négligeable : il vous permet de disposer d'une sauvegarde délocalisée de vos photos de famille. Vous savez, celles auxquelles vous tenez précieusement (il suffit de demander aux gens ce qu'ils choisiraient de sauver en premier, hormis les être vivants, en cas d'incendie de leur maison : les photos de familles arrivent souvent en tête). Et bien justement, avec ce service, vos photos sont à l'abris sur des serveurs en Suisse, et peuvent être réimportées sur votre machine si besoin (crash du disque dur, pc qui brûle, virus informatique, cambriolage, effacement accidentel car vous êtes un boulet...). Alors oui, évidemment ce service se paye, mais au moins, vos données ne sont pas utilisées à des fins marketing et le service est garanti.

Vous savez presque tout. Me reste à vous présenter Audrey et Christophe, car comme je prends mon devoir d'information très à cœur, j'ai interviewé les créateurs de Private Bébé pour vous :

CHRISTOPHE

► Comment vous êtes vous rencontré toi et Audrey? Pas de carabistouilles, y aura contre-interrogatoire!
De façon peu originale. Audrey était trapéziste stagiaire dans un cirque bien connu (dont je tairais le nom afin de t'éviter des soucis avec le CSA) et son co-équipier s'est foulé la cheville en marchant dans un crottin d'éléphant quelques minutes avant d'entrer en scène. On a donc du trouver quelqu'un pour la remplacer. Son patron de l'époque a proposé au jeune homme (moi) qui s'occupait de repasser sa jupette à paillettes et son justaucorps moulant de venir faire un essai en conditions réelles. Et voilà, on s'est rencontré en plein vol et on ne s'est plus jamais quitté ! C'était il y a exactement….20 ans !

►C'est toi qui l'a séduite ?
Non c'est elle ! Comme elle me faisait voltiger à chaque représentation, je n'ai pas eu d'autre choix que de succomber à ses propositions indécentes.

►Tu es le créateur de la société Ketch'UP, l'entreprise qui se trouve derrière le site Private Bebe. pourquoi le nom "Ketch'up" ? C'est une private joke? Ça a un sens particulier pour vous ?
On avait envie d'un nom rigolo mais dynamique pour notre start-up. Donc un nom en UP, court et qui soit compréhensible facilement par un américain ou un chinois. Stratégique dans notre plan de conquête du monde. Comme Pull-ups avait déjà été choisi par une marque de couches bien connue, on a choisi Ketch'up. Une bonne idée pour attaquer le marché américain, non ?

►Moi je connais déjà plus ou moins la réponse, mais pour mes lecteurs qui ne vous connaissent pas, c'est quoi Private Bebe qu'est-ce qui vous a amené à en avoir l'idée?
Comme souvent, les idées que peuvent avoir des inventeurs viennent d'un besoin dans la vie de tous les jours. Quand notre fils est né, j'ai passé plus de 2 heures à la maternité à envoyer des SMS à nos familles, nos amis d'enfance et contacts pour leur annoncer que le divin enfant était arrivé et que tout s'était bien passé. Dès le lendemain de sa naissance, rebelotte, tous ou presque nous redemandaient encore des photos et aussi des vidéos…Comme beaucoup de nouveaux parents, dans ces moments là, on a autre chose à faire de notre temps que de passer des heures à envoyer des photos….Il fallait que je trouve une meilleure solution pour leur donner des nouvelles facilement et en toute sécurité car pour nous, il était hors de question de mettre nos photos de famille sur les réseaux sociaux.

J'ai passé quelques jours à chercher un service en ligne sécurisé, privé et très facile d'accès pour nos papy et mamies, je n'ai malheureusement rien trouvé de satisfaisant et pratique pour eux comme pour nous. J'ai donc eu l'idée de créer un petit site privé avec accès par mot de passe pour tous nos proches. Etant développeur sur internet depuis plus de 15 ans maintenant, j'ai fabriqué un espace familial privé, personnalisé et facilement accessible où tous nos proches pouvaient se connecter et avoir des nouvelles de notre famille. Avec leur accès privé, ils pouvaient voir nos albums photos, nos vidéos, laisser des commentaires, etc.

Evidemment, nous avons reçu beaucoup de commentaires et félicitations mais ce à quoi on ne s'attendait pas, c'est que plus d'une dizaine de contacts m'ont demandé de leur créer le même espace privé pour leur propre famille ! Voilà comment l'idée a germé.

►C'est toi qui code tout seul où vous avez des stagiaires enchaînés dans votre cave pour ça?
J'ai commencé tout seul et me suis fait aider par un ami développeur pour les quelques tâches dont j'avais besoin. Entre le cahier des charges, et le début du beta-test avec près de 200 familles francophones, il s'est passé près de 18 mois ! Ca peut paraître très long mais le budget de développement assez serré nous a obligé à procéder ainsi, avec les moyens du bord. Ca a bien évolué en 2 ans : la zone parent, l'espace privé, de nombreux thèmes graphiques, la personnalisation, la version mobile qui arrive…Quand on se lance dans un projet comme celui-là, il faut deux ingrédients qui sont primordiaux : être passionné et ne pas compter ses heures. :-)

►Vous avez choisit la Suisse pour vous installer et lancer votre startup car :
a/ Audrey est suissesse
a'/ tu es suisse
b/ y a des banques, des montres et surtout du chocolat
c/ c'était plus avantageux fiscalement et juridiquement et les paysages sont plus jolis
d/ la réponse d
e/ Obiwan Kenobi
f/ Ah zut! On est en Suisse?
g/ autre raison
G, la réponse G ! Et aussi pour le chocolat !
Plus sérieusement, entreprendre en France un projet sur le web tel que celui-là aurait été vraiment compliqué. J'avais déjà fait plusieurs expériences en France et surtout ayant habité pas mal de temps en Suisse cela m'a semblé naturel de démarrer cette activité ici.

►Le chocolat suisse est-il si bon qu'on le dit?
C'est le meilleur du monde ! Mais comme toutes les bonnes choses, à consommer avec parcimonie, bien sûr.

►La Suisse est-elle si propre qu'on le dit? C'est vrai qu'on risque plus de choper des médicaments que des maladies là-bas?
La Suisse et les Suisses sont surtout très respectueux sur beaucoup de plans ou de sujets societaux. C'est un pays accueillant que je recommande de visiter à tous ceux qui aiment la nature, les lacs, les montagnes.
Le canton de Vaud, du Jura ou de Neuchâtel pour ne citer qu'eux, sont très verts et le climat est vraiment agréable.

►Bon, ok, j'arrête avec la Suisse... Sans indiscrétion, Private Bebe ça commence à être rentable?
On commence à avoir une petite notoriété malgré notre jeunesse. Notre concept séduit de nombreuses familles qui utilisent notre service pour partager en privé leurs photos familiales et vidéos en famille avec leurs proches. De plus en plus de parents et futurs parents se rendent compte que ce n'est pas anodin d'utiliser les réseaux sociaux et encore moins quand ça concerne sa vie de famille.
Par ailleurs, nous venons de signer un partenariat avec deux enseignes de puériculture ainsi que plusieurs collaborations avec des boutiques e-commerce. Ca nous aide fortement à accroitre notre visibilité et faire l'acquisition d'une nouvelle clientèle qui ne nous connaissait pas auparavant.

►Vous avez des projets de développement? Des trucs dont vous pouvez nous parlez? Je sais pas moi... le rachat de Google ou Apple... Allez quoi, un p'tit scoop, soyez sympa... sinon je vais être obligé de causer du bouquin de Valérie Rottweiler pour attirer le chaland...
J'adorerais tellement voir de quelle manière tu pourrais traiter le sujet Rottweiler, que, la mort dans l'âme, je préfère ne rien dire pour t'y obliger. Bon, alors vraiment parce que c'est toi…On va lancer dans les jours qui arrivent la version Familiale de Private Bébé, pour les familles avec des enfants plus grands. Ce nouveau service va permettre à beaucoup de familles de pouvoir conserver leurs souvenirs (anniversaires, mariages, fêtes en famille, vacances, etc…) et de la même manière que Private Bébé, de pouvoir créer leur blog privé à partager avec leurs proches.

On a également l'affiliation famille toujours en version beta actuellement, qui va ouvrir ses portes d'ici quelques semaines. Notre plate-forme offre un programme de distribution online et offline avec un reversement très intéressant puisque la commission est de 9,95 HT ou 19,90 HT reversée à chaque abonnement de nouveau client.

Egalement, notre "blog bébé et maman" sur lequel nous dispensons chaque jour de nouveaux conseils pour les (futurs) parents (bientôt) en galère. ;-)

►Jennifer Lawrence vous a contacté pour héberger ses photos ?
Tout est piratable sur internet, rien n'est à 100% sécurisé, elle aurait dû s'en douter la pauvre. Néanmoins, quand on propose un service comme Private Bébé, qui protège la vie privée de ses utilisateurs, il y a peu de risque de se faire pirater. Pour tout te dire, on a même reçu les félicitations d'un groupe de hackers [NdPH : des "White Hat" à priori] pour notre initiative de protection de la vie privée et des données personnelles et ils nous ont même apporté leurs conseils sur quelques points techniques. Il faut également savoir que, sur nos serveurs, il n'y a aucun stockage de données personnelles, données sensibles ou numéros de cartes bancaires. Il n'y a donc aucun intérêt pour des pirates de faire des tentatives de piraterie sur nos serveurs.

►Lancer sa startup et son projet comme ça, c'est pas trop chronophage vis à vis de la vie de famille? Vous arrivez à profiter de votre gnome?
Un petit peu, si, d'autant que PrivateBebe.com est né quelques semaines après notre premier enfant. On s'occupe beaucoup de notre petit, notre bureau étant assez proche de la maison, j'essaye au maximum d'être là aux moments clés de la journée…le midi et pour donner le bain du soir avant de raconter les histoires indispensables au rituel du coucher.

►Portrait chinois express :
§ Si tu étais un animal de film, lequel, et que chanterais-tu comme chanson?
Pas un animal mais des animaux ! Sans hésitation et parce que Audrey me l'a suffisamment mise dans la tête…
Tout le monde, tout le monde, tout le monde veut devenir un cat ! Dans les aristochats

§ Si Audrey était une préparation culinaire, laquelle, de quelle couleur, et mangé par quelle vedette de cinéma?
Un classique culinaire en hommage à …. magneto Serge !
C'est ma petite moukreine à moi ! :-)


AUDREY

► Comment vous êtes vous rencontré toi et Christophe? Attention, je compare les réponses!
Je pourrais te dire que je descendais d'un arc en ciel à dos de chameau violet, mais non, rien de bien original, on s'est rencontré chez des amis communs quand on était étudiants (et jeunes et beaux et drôles et intelligents)

►Franchement, tu peux me le dire, c'est toi qui l'a séduit, non?
Non, je ne PEUX pas te le dire (il m'a harcelée jusqu'à ce que, de guerre lasse, je finisse par céder) !


►Si tu devais me "vendre" votre produit, Private Bebe, comment me présenterais-tu la chose?
Au-delà de la sécurité totale permettant de partager ses photos et vidéos de famille avec les proches de son choix, sans risque de les retrouver on ne sait où, pour moi, Private Bébé c'est aussi une superbe fabrique de souvenirs. Pouvoir organiser, sauvegarder, tout ce qui a trait à la vie de son bébé puis de son enfant avec autant de facilité et de clarté, en sachant qu'il pourra voir tout ça plus grand, c'est précieux.

►Il y a beaucoup d'esclaves de salariés qui travaillent chez Ketch'up ?
Point d'esclaves, uniquement des petites souris de laboratoire que nous avons sauvées d'une mort certaine et dressées à cet effet. Tu serais surpris de voir la vitesse avec laquelle elles tapent sur leur clavier avec leurs minuscules pattes, notamment pour répondre à ce questionnaire à ma place.


► Vous avez un gnome garçon je crois. Qui a choisit le prénom ?
a/ Toi
b/ Christophe
c/ je ne sais pas, ou étaient bourrés, on a retrouvé un post it collé sur un tigre, dans la salle de bain, avec le prénom griffonné dessus.
d/ la réponse d
e/ le docteur Rotule
f/ Flûte! Le prénom!!!! Je savais bien qu'on avait oublié un truc en sortant de la maternité!
g/ C'était consensuel (non ça n'est pas sale).
Réponse g. On voulait un prénom un peu original qui lui donne un maximum de chances de réussite. Thomas c'était banal, alors on opté pour Thomato. Thomato Ketch'Up. Preuve de sa réussite, son nom est déjà affiché partout dans le monde...

►Vous avez beaucoup hésité avant de lancer votre entreprise? Vous n'avez pas eu peur de prendre un risque, alors même que vous veniez d'avoir un enfant?
En fait non, c'était comme une évidence : nous étions certains de ce dans quoi nous nous lancions, on croyait fort en ce projet puisque, nous-mêmes, avions cherché en vain un tel support pour protéger l'identité numérique de notre bébé et que tous nos proches, en voyant ce que nous avions, nous réclamaient la même chose pour eux-mêmes et leurs enfants.

►Ça va? Christophe n'est pas trop tire-au-flanc ? Tu le fouettes un peu de temps en temps pour qu'il se remue?
Notez mon cher Hérisson que je préfère user de la carotte (et de son fameux et savoureux cake) plutôt que de la cravache, c'est plus efficace et ça laisse moins de traces, mais ce serait plutôt dans un but inverse.

►Imaginons que demain, en lisant mon siouperbe artikeule, un investisseur milliardaire décide d'injecter des fonds colossaux dans votre entreprise, vous faites quoi?
Tu veux dire, on FÊTE quoi, non ?

►Portrait chinois express :
§ Si tu étais un livre adapté en film, lequel, sous-titré en quelle langue, et qui doublerait ta voix?
Forcément "Belle du seigneur" sous-titré en paléo-sibérien avec la voix de Mireille (en mode Colargol)

§ Si Christophe était un jeu de société, lequel, avec ou sans piles, et pour quelle tranche d'âge?
"La liste des courses" pour les 3-7 ans

mercredi 18 juin 2014

Les antipsychotiques, c'est pas automatique!

Une fois n'est pas coutume, aujourd'hui, je vais vous évoquer un coup de cœur. Mais comme je sens déjà poindre votre déception, fidèle à ma réputation de hérisson ronchon, il sera donc accompagné d'un bon coup de gueule. Il faut ce qu'il faut.

Aujourd'hui, je vais donc vous parler d'un livre que je viens de lire. Pour mes lecteurs/trices les plus jeunes et les moins au fait des cette technologie antédiluvienne, je rappelle qu'un livre est une sorte de "blog" dont le texte et les illustrations sont "imprimés" sur du "papier". Le tout vendu à prix modique dans une librairie (version analogique du site J'metsmazone™ ), ou disponible de façon plus ou moins gratuite dans une "bibliothèque" (sorte de vaste serveur peer to peer analogique). Pour schématiser, le livre est à la diffusion massive de la connaissance entre le XVIème et le XXème siècle ce qu'internet est à la diffusion massive spam de l'information au XXIème siècle.
Il existe évidemment des livres de toute sorte. Pour l'exemple :
  • les autobiographies : équivalent antique du skyblog, les fautes d'orthographe en moins
  • les romans de science-fiction : ancêtres des pages internet des partis politiques
  • les fictions historico-ésotériques (style Da Vinci Code) : versions primitives du site du Point
Et puis, il y a les livres documents. Et c'est à cette catégorie qu'appartient mon coup de cœur d'aujourd'hui : "Médicaments effets secondaires : la mort" de John Virapen (traduit en français par le Pr. Even) aux éditions Cherche Midi (je précise que je n'ai aucun lien avec l'auteur, le traducteur, ou l'éditeur : ce billet n'est pas sponsorisé).
Déjà, la couverture n'est pas angoissante du tout, non...
A l'image d'Edouard Snowden, John Virapen est un "lanceur d'alerte". Il a été pendant plusieurs années le dirigeant de la branche suédoise des laboratoires pharmaceutiques Eli Lilly (distributeur du célèbre Prozac®), et ainsi à la fois acteur et témoin privilégié des pratiques scandaleuses des laboratoires pharmaceutiques (et pas que Lilly). Arrivé en fin de vie, et inquiet pour l'avenir de ses enfants (dixit lui-même), Virapen a décidé de devenir un repenti, et de dénoncer ce système pourri. Et ça n'est pas un hasard si c'est le professeur Even qui a décidé de le traduire dans la langue de Molière : ce médecin français est célèbre pour ses prises de position contre le lobby pharmaceutique.

Virapen évoque longuement les cas de plusieurs médicaments produits par Lilly, dont le fameux Prozac®, en évoquant le rouleau compresseur mis en place par le labo pour obtenir les AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) auprès des autorités de santé de plusieurs pays, quitte à mentir (études biaisées, leaders d'opinion manipulés), cacher des informations (effets secondaires graves, efficacité très discutable), corrompre pour y parvenir. Et selon Virapen, ces pratiques condamnables sont généralisées. Tout cela dans le but de gagner un maximum d'argent. Et l'argent, l'industrie pharmaceutique (retour moyen sur investissement : 20%! Mieux que les banques, les assurances, et les compagnies d'armement.) n'en manque pas pour étouffer des affaires qui pourraient alors remettre leur business en cause. Juste pour l'exemple, les 5 premières compagnies pharmaceutiques cumulent une valorisation boursière totale avoisinant les 1000 milliards de dollars en 2013. Juste les 5 premières.

Ce livre fait littéralement froid dans le dos. C'est bien simple, j'en ai fait des cauchemars. Pas pour moi : pour mes enfants. Pour nos enfants. Car, et c'est probablement la révélation de ce livre qui est la plus effrayante, l'industrie pharmaceutique à découvert un nouveau marché potentiel énorme : les enfants. Vaccins divers et variés (utiles ou non), traitement de l'hyperactivité, du déficit de l'attention ou autres pseudo-pathologies plus ou moins inventées pour l'occasion : tout est bon pour fourguer aux parents inquiets/débordés/épuisés des pilules magiques (et coûteuses!) censées résoudre tous leurs problèmes.
Et ça ne date pas d'hier...
Ritaline®, Strattera®, et autres psychotropes aux effets secondaires terrifiants (et dissimulés par les labos) ont permis à cette industrie d'engranger des dizaines de milliards d'euros. Souvent au frais des systèmes de Sécurité Sociale des différents pays. Et à quel prix en effets secondaires à court, moyen, ou long terme ? Combien de gosses, qui n'étaient guère plus "hyperactifs" que ceux des générations antérieures, ont fini par se suicider, l'esprit embrumé par des médocs? Combien, devenus accro à ces drogues légales, ont basculé dans la toxicomanie? Combien ont développé des pathologies iatrogènes qui devront à leur tour être traitées, souvent à vie, par d'autres médocs (diabète, maladies cardiaques, et j'en passe) ?

Vous voulez savoir le pire dans tout cela ? C'est que depuis le livre de Virapen (paru il y a déjà quelques années à l'étranger), quasiment rien n'a changé.
La preuve? Mediator®, pillules contraceptives de 3ème et 4ème génération, Diane35®, Gardasil®... vous en voulez d'autres?

En fait, pour les labos, tout ça ressemble à une partie de Monopoly® géante :
Dans ce jeu, il n'y a que des gagnants. Enfin, du côté des labos.
Déroulement d'une partie :
► Le joueur n° prend le pion Pfinofi-Advenmerck™.
► Après avoir acheté les 3 terrains d'une zone de diffusion(Autorité de santé, médias et décideurs politiques), Pfinofi-Advenmerck™ commence à construire une maison fabriquer une molécule de médoc. Disons un truc contre les hémorroïdes buboniques de Zanzibar (une maladie assez rare).
► L'achat de Tests cliniques trafiqués en Chine lui permet de publier des études valorisantes pour la molécule, alors même que celle-ci montre des effets secondaires.
Caisse de Sécurité sociale : "Vous parvenez à corrompre un expert mondialement reconnu, vous obtenez automatiquement une AMM"
La maison est construite La molécule est mise en vente, mais rapporte peu : la maladie est peu fréquente.
Chance : "Parmi les effets secondaires, le médicament provoque une perte de poids sévère. Vous pouvez truster les médecins grâce à vos visiteurs médicaux pour les encourager à prescrire hors AMM (donc hors remboursement) ce médicament comme coupe-faim aux personnes voulant maigrir." Votre maison devient un hôtel molécule pour soigner le trou de balle devient un best-seller contre l'obésité.
► Vous passez par la case Départ (fin de l'exercice pour l'année fiscale et boursière en cours), vous touchez 3 milliards de dollars de bénéfices.
Chance : "Le médicament a tendance à provoquer le diabète. C'est cool, vous pouvez donc aussi vendre des médocs contre le diabète. Construisez un deuxième hôtel un second médicament best-seller. Doublez vos gains."
Procès : Pas de bol, un journaliste trop curieux aidé d'un lanceur d'alerte prévient la population des risques de votre médicament. Scandale, procès. Vous êtes condamné à une amende record de 500 millions de dollars. Vous rigolez :  ça représente moins de 5% de ce que le médoc vous a permis de gagner.
► Vous modifiez légèrement la molécule, falsifiez un nouveau test et sortez un nouveau médicament réputé encore mieux que le précédent. C'est sur qu'il est mieux :  en plus du diabète, il a tendance à rendre dépressif. Vos ventes d'antidépresseur s'envolent.
► La boite de jeu ne contient plus assez de billets pour chiffrer vos revenus, la partie s'arrête.

Bien sur, ceci est une fiction : les hémorroïdes buboniques de Zanzibar n'existent pas. Enfin bon... méfiez-vous quand même si vous voyez passez une campagne d'information (financée par les labos sans aucune arrière pensée) sur le dépistage encouragé pour le Trouduculus Bubonicus Bacillus...
Attention, la mort peut vous tuer d'un arrêt de la vie. Vous êtes peut être porteur, faites vous dépister.

Le véritable pouvoir de cette industrie, c'est qu'elle joue sur la peur! La peur de tomber malade, la peur de mourir, la peur de souffrir. Et tels des messies, les labos vous proposent de merveilleux cachets censés tout résoudre. Et en plus, ils sont soutenus par les politiques (manipulés ou issu du sérail des labos), et des autorités de santé qu'ils désinforment à l'aide d'études biaisées qu'ils ont eux-même financés.
"Si vous ne vous faites pas vacciner, vous allez mourir!!!"
Vous vous dites que je vire conspirationniste?  Qu'il ne me reste qu'à écrire une note sur le 11 septembre pour me ranger au rang des cinglés qui voient des complots partout? Je vous invite à relire cette note sur le principe de biscotte de papa Hérisson : je ne crois pas à une main occulte qui tire les ficelles dans l'ombre dans un but mystérieux, ourdissant des plans savamment calculés pour diriger le monde. Par contre, un ensemble d'actions illégales et dangereuses sous couvert d'une bêtise crasse doublée d'un appât du gain inextinguible, ça je n'ai aucun mal à y croire. Et en la matière, la quantité d'argents brassée permet d'envisager toutes les malversations possibles. Le pire est qu'il n'y a aucun dessein d'ensemble : tout cela n'est que le résultat de la somme des cupidités individuelles de l'ensemble des acteurs de la chaîne de soin.

En synthèse :
  1. Les dirigeants des labos sont rarement des médecins ou même des scientifiques. Ce sont des commerciaux, des administrateurs financiers. Leur but n°1 n'est pas la santé de la population, mais l'augmentation des revenus de l'entreprise, et de leurs propres revenus et dividendes.
  2. A cet effet, ils ont totalement désengagés les laboratoires de la recherche (trop coûteux et aléatoire) : ils se contentent de racheter/breveter des molécules issues de la recherche publique, ou de quasi-copier des molécules anciennes (ce qui permet d'obtenir un nouveau brevet, sans modifier sensiblement les effets du produit et sans augmenter les coûts de production). Au passage, saviez-vous que certains médicaments étant vendus plus de 600 fois leur coût de production? No comment.
  3. Malheureusement, ces molécules présentent généralement des effets secondaires, parfois sérieux, sans forcément traiter la maladie visée de façon efficace. Mais abandonner cette molécule, en développer une nouvelle et la tester à nouveau prendrait trop de temps :  le temps c'est de l'argent. Beaucoup d'argent.
  4. De ce fait, les essais cliniques sont systématiquement biaisés, falsifiées et/ou présentés de façon trompeuse dans le but d'obtenir rapidement les fameuses AMM. Si nécessaire, les experts et les membres des commissions des autorités de santés sont "incités" (via des cadeaux, des voyages, des "subventions" de recherche, des contrats, etc...) à valoriser le médicament.
    Vous me ferez trois pater, deux ave, et vous me prendrez un comprimé avant chaque repas.
  5. Afin de générer un marché suffisant, les laboratoires peuvent inventer de nouvelles pathologies (des maladies qui n'existent pas vraiment) ou jouer sur la crainte de certaines existantes (on va parler de pré-diabète, de pré-hypertension...) à coup de campagnes anxiogènes afin de fourguer un médoc sans utilité/pas véritablement efficace/très cher (voir tout ça à la fois).
  6. Pour garantir des ventes en nombre, on va multiplier les campagnes "d'information santé" auprès du public (encourager les dépistages, alerter sur une maladie méconnue, informer en jouant sur la peur), les émissions de télé anxiogènes sur des pathologies finalement peu courantes, et les médecins vont recevoir moult visites de représentants des labos, les bras chargés de cadeaux.
  7. Si des effets secondaires fâcheux génèrent de nouvelles maladies chez les patients traités : c'est tout bénéf, ils devront se soigner avec de nouveaux médocs.
  8. En cas de révélations d'un effet secondaire néfaste : le labo niera en bloc avoir eu connaissance de ces agissements et de ces effets (pipeau puisque parfaitement référencés dans les documents internes) et évitera un procès qui pourrait révéler ces pratiques courantes, en passant des accords financiers avec les parties civiles. Au besoin, on mettra tout sur le dos d'un lampiste qu'on accusera d'avoir falsifié les résultats et trompé le labo.
  9. Afin de conserver la mainmise sur le tarif d'un médicament, qui peux devenir un générique au bout de 10 ans lorsque le brevet tombe dans le domaine publique, on  produira régulièrement un nouveau médicament, quasi-copie (quelques atomes qui changent) du précédent, que le service marketing parera de toutes les vertus, et qu'on prétendra bien plus efficace que le précédent alors qu'il n'en est rien.
  10. On dénigrera systématiquement les médecines alternatives et les remèdes naturels ou anciens, même/surtout s'ils ont fait leurs preuves : ces remèdes sont rarement brevetables, ça ne générerait aucun revenu conséquent. 
Pourtant, comme le répète le professeur Even tout au long du livre, les laboratoires pharmaceutiques auraient leur utilité : eux-seuls savent aujourd'hui transformer une molécule intéressante isolée par la recherche en médicament utilisable. Si seulement cela était fait de façon sérieuse au lieu d'une recherche mortifère de profit maximum... Le problème n'est pas dans l'existence même de ces laboratoires, il est dans les dérives dans lesquelles ils ont sombré.

Tout est-il vrai dans le livre de Virapen? Peut être pas. Mais même si seulement la moitié de ce qu'il dit est vrai, c'est déjà suffisamment grave pour s'en inquiéter. Et malheureusement, les scandales récents ne laissent guère planer de doutes sur la véracité des propos tenus dans ce livre. Alors voulons-nous que nos enfants deviennent des zombies shootés aux psychotropes légaux? Voulons-nous être rester des cobayes pour l'industrie pharmaceutique? Continuerons nous d'accepter que les labos se gavent du fric des organismes de sécurités sociale? Notre fric! A vous de voir, mais réfléchissez-y la prochaine fois que vous prendrez un cachet...

mercredi 18 septembre 2013

Menace téléphonique!

Une fois n'est pas coutume, je vais vous parler de sujets graves : vie privée, bases de données,  surveillance généralisée, menaces, coups de téléphone angoissant...



– Wow! Papa Hérisson va nous parler de l'affaire Snowden? Des révélations du Guardian? De la NSA? Big Brother is watching you?

Snowden pour rappel, c'est le gars qui a fuit un pays totalitaire (les États-Unis) pour un autre prônant la défense des libertés individuelles et des droits de l'homme, comme par exemple la Russie de Vladimir Poutine.
Ne riez pas : j'ai lu des commentaires sur des articles en ligne où certains allaient jusqu'à dire que Poutine était le dernier chef d'état courageux à défendre les droits de l'homme contre l'impérialisme américain et le Nouvel Ordre Mondial. Sérieusement? Vous avez jeté un œil à la biographie de votre héros de la démocratie? On parle bien de l'ancien du KGB, qui a mené la guerre en Tchétchénie, et qui, faute de pouvoir être réélu directement président car la constitution ne le permettait pas, est devenu le premier ministre de son ancien ancien premier ministre devenu président, avant de changer à nouveau de place avec lui? Vous avez suivi? Moi non. C'était juste pour être sûr.
Formulaire de demande d'asile politique en Russie.
Notez bien, ça vaut la réaction du comité norvégien qui avait attribué le prix Nobel de la Paix à Obama en 2009 pour... euh... Textuellement ? "Pour ses efforts extraordinaires afin de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples". Voilà. Rappelons qu'à ce moment il venait à peine d'être élu, donc les efforts extraordinaires, il avait dû les faire dans sa salle de bain pour s'entrainer, je ne sais pas... Et que dire quatre ans plus tard, au moment ou les États Unis hésitent à balancer quelques Tomawaks sur Damas. J'en connais en Norvège qui doivent se sentir un peu péteux. Remarquez, c'est même pas sûr : en 2012 ils l'ont attribué à l'Union Européenne le prix Nobel de la Paix. Oui, je sais. Que voulez-vous, ils sont comme ça au comité Nobel : ils vivent dans un monde merveilleux où les gentils gagnent à la fin, où les méchants sont toujours punis, où les licornes paissent tranquillement dans des champs en mangeant des arc-en-ciel avant de faire caca des papillons multicolors, et où Justin Bieber n'a jamais chanté ouvert la bouche.
Le comité Nobel se réunit.
Or donc, l'on s'est offusqué dans la presse et les milieux autorisés, de la "chasse à l'homme" menée par les États Unis à l'encontre des gars qui diffusent leurs documents secrets qui révèlent des trucs pas très réglo. Résumons l'affaire (remarque : ce résumé est aussi applicable à Bradley Manning, Julian Assange, ou tout autre à venir dans les semaines/mois/années qui viennent) :

  1. La NSA (une agence d'espionnage donc) fait ce pour quoi elle a été créée : espionner les gens.
  2. Un opérateur lié à cette agence et , au choix : un peu naïf/payé par une puissance étrangère/idéaliste/malhonnête/payé par un organisme privé/qui voulait se la péter sur 4chan/qui voulait avoir sa tronche dans les journaux/suicidaire (rayer les mentions inutiles) chaparde des documents secrets et révèle au monde que la NSA espionne les gens (ce qui est sa fonction, rappelons-le).
  3. Un journaliste qui flaire le scoop à bon compte et vise le Pulitzer, publie les documents.
  4. Les théoriciens de la conspiration disent : "Je vous l'avais bien dit!"
  5. Le péquin moyen dit : "Oh bin sapristi c'est pas très sympa!"
  6. Le débat dans "l'opinion" (comprendre : entre les experts autoproclamé ou les peoples qui parcourent les plateaux télé) oscille entre : "C'est normal hein! Faut bien les surveiller tous ces métèques qui font du terrorisme en banlieue avec leur burka!", "C'est une honte! Où est le respect de la vie privée?" et "Allô! Non mais allô quoi! j'ai un I-foune™ et je suis pas espionnée par la NASA? Allô!"
  7. Les dirigeants des autres pays (toutes tendances politiques confondues) pensent : "Et merde... tout le monde le fait! Ils sont trop cons de s'être fait chopper à la NSA!", mais disent : "C'est inadmissible! Il faut que cela cesse!", le tout en refusant d'accorder l'asile politique au gars par qui le scandale est arrivé, parce que bon hein, voilà quoi...
  8. L'auteur des fuites demande l'asile politique dans un pays réputé pour son respect des droits de l'homme (Russie/Chine/Corée du nord/Gattaca/Antarctique)
  9. Le FBI arrête, ou pas, l'auteur des fuites et ce dernier termine, ou pas, au gnouf. Il écrit un bouquin (au gnouf ou pas donc) qui finira soit best-seller soit soldé en bouquinerie (voir les deux au final)
  10. La NSA stoppe un important projet terroriste (non détaillé) prévu pour une date proche (mais non précisée) et qui aurait tué plein de monde (mais on peut pas dire où car ça mettrait en péril les opérations à venir), ce qui est quand même bien urbain de sa part après toutes les méchancetés qu'on a dit sur elle.
  11. Les médias se focalisent sur un autre sujet capital (le dopage dans le cyclisme/la dernière sextape le dernier album de Miley Cyrus/les déboires judiciaires de Bernard Tapie Jérôme Cahuzac/le braquage d'un bijoutier à Nice/etc)
  12. La NSA (une agence d'espionnage donc) fait ce pour quoi elle a été créée : espionner les gens.
N.B. : vous pouvez à loisir remplacer "NSA" par le nom de n'importe quelle agence d'espionnage américaine ou autre, ça ne change pas grand chose au  schéma global de ce genre d'affaire.

Bon. Je me met à la place de la NSA, c'est vrai que c'est quand même contrariant de se faire chiper des documents secrets. Du coup, considérer les cuistres qui ont fait cela comme des fils de p... des traitres est finalement assez logique. Attention, ne croyez pas que je cautionne les pratiques de barbouzes de la NSA (ou d'autres), mais voyez-vous : que j'approuve ou pas, ils s'en tamponnent le coquillard avec une pelle à gâteaux. Dit autrement : qu'ils en aient ou pas le droit sur le plan légal, éthique ou morale, à partir du moment où ils le peuvent sur le plan technique, ils ne se priveront surement pas de le faire avec ou sans votre accord, sur le vieux principe du "pas vu pas pris".

Ceci étant, ça n'était pas de ça que je voulais vous parler... ce que je voulais évoquer, c'étaient ces coup de téléphone angoissant, qui retentissent en général pendant que tu manges/prépare la cuisine/est aux toilettes/mets les gnomes à la sieste/envisage un peu de romantisme avec madame (au choix, liste non exhaustive). Ces appels donc, dans lesquels une voix déformée par les parasites et teintée d'un fort accent te demande :
  • de répondre à un sondage sur le passage de l'âge de la retraite à 79 83 ans
  • de souscrire à une assurance vie tu permettant d'assurer tes revenus pendant ta retraite à 83 85 ans
  • de changer d'opérateur mobile (des fois c'est ton propre opérateur qui te le propose, cherchez l'erreur)
  • d'acheter des panneaux solaires avec des conditions mirifiques grâce auxquelles tu es censé gagner de l'argent
Cette marmotte fabrique des panneaux solaires qui te rendront millionnaire mon ami. Signe ici avec ton sang.
  •  de recevoir un superbe cadeau (non précisé) si tu viens au magasin Tout-a-un-bras© pour recevoir ton lot (et accessoirement te faire embobiner par un vendeur qui te fourguera un splendide canapé en agglo recouvert de skaï imitation plastique pour la modique somme de un rein)
  • de changer d'opérateur internet et de profiter de l'offre sur la nouvelle Arnak'box™ qui fait décodeur TV/box internet/répondeur téléphonique/grille-pain/lava-lampe et fait revenir l'être aimé en moins de 24h
  • de prendre rendez-vous avec ton nouveau conseiller bancaire (le 4ième en 3 mois) pour faire le point sur tes projets (facile : éviter qu'il ne remarque ton découvert chronique de fin de mois aux alentours du 15) et tes besoins (facile aussi : qu'on me lâche les piquants avec ces conneries) et te proposer des offres adaptées (encore facile : rejoindre les autres pénibles en train de sécher dans mon grenier)
Ces gens semblent toujours savoir beaucoup de choses sur toi. Tu as beau déménager, changer de numéro de téléphone, passer sur liste rouge, envoyer un ancien du KGB sur leurs traces pour les menacer eux et leur famille, rien n'y fait. Ils finissent toujours par te retrouver. Leurs dossiers sur toi sont presque sans faille. Presque.
– Allo bonjouw! Malgwé mon accent afwicain à couper au couteau, je m'appelle Fwançoise. Je twavaille pour la société Nom-Bidon S.A.™
– Moui? C't'à quel sujet?
– Alows, monsieu' Koala...*
– Bon, déjà : non.
– Euh... vous n'êtes pas monsieu' Koala?
– Bin non raté. Renseignez-vous auprès de la NSA et rappelez après, ciao!


Ça marche à tous les coups.

* fonctionne aussi sur maman Koala lorsqu'on lui donne du "Madame Hérisson".


Edit : c'est marrant comme les statistiques de cet article m'indiquent un nombre élevé de visiteurs en provenance des USA, étrangement... A croire que certains mots-clé font mouche. Imaginez si j'avais écrit : Al Qaïda, terrorisme, bombe, nucléaire, Ben Laden (ah non, lui c'est cuit), Syrie, Bachar El Hassad, et j'en passe... Barack, si tu me lis, sache que ça me fait bien plaisir  :D
Et si tu ne me lis pas, sache que je ne t'en veux pas. Tient!? C'est quoi ce bruit? Ah tient, bonjour messieurs du FBI... le grenier est par ici, si vous voulez vous donner la peine.