Affichage des articles dont le libellé est impots. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est impots. Afficher tous les articles

mardi 6 septembre 2016

2017 : gare aux élections pestilentielles

Je pense que ça vous aura difficilement échappé : les élections présidentielles de 2017 se préparent. Bon, à lire la presse à droite à gauche (c'est le cas de le dire) elle se prépare même depuis déjà environ 4 ans tant on a l'impression que certains et certaines ne vivent que dans l'attente d'une prochaine campagne électorale plus que pour faire quelque chose du mandat dans lequel ils glandent exercent sont censés déjà exercer. Un peu comme mes chats qui passent leur temps à dormir pour se reposer de leur sieste et en prévision d'un bon roupillon avant un gros dodo. Les chats, c'est un peu comme le politicien moyen : un gros flemmard prétentieux qui se donne des airs et n'en fiche pas une sauf pour s'empiffrer de petits fours lors des pince-fesse mondains ou chaparder ton escalope dans ton assiette.
Tout un programme...
Alors oui, bon, je sais que vous allez me dire qu'il ne faut sans doute pas les mettre tous dans le même sac comme les chatons et les pavés avant leur cours de natation, ceci étant, il faut quand même reconnaître que ces derniers temps, ils se surpassent tous en matière de démagogie et de proposition à deux balles communication et de finesse d'analyse. A leur décharge le mode de communication privilégié en ce moment, à savoir Touïteur®, limite forcément la profondeur de leur propos. Bin oui : en 140 caractères, pas évident de pondre un programme politique, surtout quand il faut en plus inclure les hashtag #toutpourmagueule, #monadversairecegrosconnard et #votezpourmapomme... En même temps, je soupçonne que compte tenu de la hauteur de vue de certains, 140 caractères, c'est déjà beaucoup trop. Comme le disait Coluche : "Mieux vaut fermer sa gueule et passer pour un con que l'ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet."

En même temps, illustrer les "limites" de nos politiciens avec un message de Morano, c'est un peu comme illustrer un article sur les causes du diabète avec une bouteille de cola... c'est un peu facile.

En même temps ce côté "rapide" (au sens parfois de "précoce" vu les tweets de certains et certaines...) et "spontané" (au sens parfois de "ah oui, quand même...") de Touïteur correspond assez bien à notre époque : faut que ça aille vite et que ça buzz, quitte à ce que ça soit con comme une bite. Il suffit de regarder ce qui passe à la télé pour vous en convaincre.

L'autre caractéristique de cette élection, c'est qu'il y a pléthore de candidats...

–Ah oui, mais non, mais y en aura moins à l'élection elle-même hein : y a des primaires à droite et à gauche.

Des primaires...
Sans déconner? Moins de candidats grâce aux primaires?
Tout à fait entre nous, entre ceux qui :
  • ne rentrent pas dans l'appareil d'un parti classique
  • ont leur propres ambitions
  • ne pourront pas saquer le "candidat officiel du parti"
  • n'en ont rien à secouer des primaires
  • considèrent (à juste titre ou non) que ces primaires sont des pièges à con manipulées
  • se montent le bourrichon (avant de se dégonfler comme des baudruches problement)
  • liste non exhaustive
... je vous fiche mon billet qu'il y aura sensiblement autant de candidats en 2017 qu'il a pu y en avoir en 2012, si ça n'est même plus. Et pas que du candidat de première fraîcheur hein : du président sur le retour (attention c'est du réchauffé), de l'ancien président sur le retour (qui a un peu attaché à la casserole)...
C'est plus des casseroles à ce stade, c'est toute la batterie de cuisine...
... de l'ancien premier ministre (un peu faisandé, genre vieille carne façon semelle de godasse botte), du candidat extrémiste passé à la lessiveuse pour paraître plus blanc que blanc (mais dont les tâches brunes sont sans doute encore bien incrustées), du centriste mou en veux-tu en voilà (des anciens, des nouveaux, des jeunes, des jeunes, des vieux), du banquier de chez Rothschild (mais si il va y aller, ne soyez pas naïfs), du gauchiste révolutionnaire qu'on ressort occasionnellement de la naphtaline parce que ses vannes font rigoler deux minutes et que ça met de l'ambiance, de l'écolo recyclé qui veut juste se positionner pour un futur maroquin au gouvernement, et j'en passe. D'un autre côté, vous préféreriez un bipartisme à l'américaine?
Ça fait rêver...
Ça aussi...
Et le plus formidable, outre cette sélection de champions du monde, ce sont les thématiques de campagne que l'on va très probablement nous infliger. Je veux dire, soyons clairs : nous vivons dans un pays riche qui ne manque ni d'eau ni de nourriture, dans lequel la population est plutôt bien éduquée (oubliez Morano et Nabilla un instant je vous prie, et suivez un peu), et qui dispose d'une importante population active plutôt en bonne santé, ainsi que de ressources naturelles non négligeables. Les principaux problèmes auxquels nous faisons face sont :
►la répartition des richesses (dont on dispose hein, il s'agit juste de savoir où on met les sous)
►le taux de chômage (c'est lié)
►les choix de la politique éducative (c'est un peu lié aussi)
►les choix liés à la transition énergétique et à l'environnement (idem)
►la politique de santé (pareil)
►la politique étrangère
►le terrorisme (oui, difficile de passer à côté quand même, même si c'est pas mal lié à la répartition des richesses et à la politique étrangère fondamentalement)

Or, jusqu'à présent, de quoi a-t'on parlé (et de quoi va-t'on très vraisemblablement parler durant la campagne qui s'amorce)?
►de religion
►de religion musulmane
►de la burka (et de ses dérivés : burkini, burki-string, burki-plug anal, ...)
–Ça va? C'est bon? Tout le monde est content?
►de la place des femmes dans la société (et accessoirement de la bonne façon pour elles de se vêtir, mais on va éviter de leur demander leur avis, ou même surtout d'avoir trop de candidates à l'élection, c'est pas l'élection de miss France non plus naméo!)
Nous sommes pour la liberté de la femme! Mais pas trop quand même hein oh!
►de sécurité :
  • combien de flic doit-il y avoir au cul de chaque français pour assurer pleinement sa sécurité? 
  • doit-on sacrifier notre liberté à notre sécurité?
  • si t'as rien à cacher, de quoi tu as peur?
  • putain tu fais chier avec tes questions à la con de bobo-gauchise-droit de l'hommiste, continue à m'emmerder et je raccourcis ta laisse!
►de tous ces profiteurs qui vivent de l'argent public grâce aux allocs
►d'immigration (c'est vrai quoi, ils font chier tous ces réfugiés qui fuient les bombardements de leur pays au napalm patriote de l'axe du bien à venir s'échouer sur nos plages avec leurs gamins pour tenter de vivre en paix... ils pourraient pas rester chez eux à crever comme tout le monde non? Est-ce qu'on va leur piquer leurs allocs nous hein?)
C'est cadeau. Je sais, c'est complètement gratuit, mais c'est juste pour rappeler qu'avant d'être des statistiques, ce sont aussi et surtout des êtres humains.
►de l'évolution du droit du travail (–Moins de droits. –Oui mais plus de travail hein? –Oh, ça, on verra...)
►de radicalisation (disons quoi? un millier d'individus sur 66 millions de français? on sent bien la menace qui va détruire nos valeurs tu vois... enfin surtout si on décide de rogner nos libertés pour cette poignée de cinglés)
►des impôts (qui sont trop élevés c'est bien connu, mais par contre ça serait quand même bien d'augmenter les moyens de la police, des renseignements, de l'éducation nationale, de l'armée, le salaire des députés et des ministres, et...)
►tout autre sujet futile et non essentiel à venir mais qui monopolisera l'attention des médias (et donc de la population) plutôt que de parler de ce qui importe vraiment.

Le gros problème (et ça ne date pas d'hier), c'est que la plupart des politiciens n'ont pas une vision qui va au delà des prochaines échéances électorales. Du coup ils proposent des solutions "miracles" (qui ne marchent pas) sur du court terme là où il faudrait des solutions à long terme... que la population n'accepterait sans doute pas puisqu'elle n'en verrait pas l'aboutissement... à court terme.

Ces derniers temps, on voit fleurir un peu partout cet extrait d'émission avec Etienne Chouard (un professeur d'économie) :

L'analyse est intéressante, et je serais tenté d'y adhérer, si elle ne véhiculait pas l'idée sous-jacente que derrière tout cela, il y a un dessein intelligent (manipulation, complot, appelez ça comme vous voudrez...). Or cette idée même se heurte à un principe plus fondamental : le principe de la biscotte de Papa Hérisson. Vous ne connaissez pas? C'est comme le principe du rasoir d’Occam en science qui dit que de deux explications, la plus simple est généralement la bonne. Et bien le principe de la biscotte dit que dans le domaine social/économique/politique, l'explication la plus conne est généralement la meilleure. Et en politique, l'explication la plus conne est en effet généralement liée à la BISCOTTE :

  • Bêtise
  • Incompétence
  • Sexe
  • Clientélisme
  • Opportunisme
  • Tune
  • Tune (oui, deux fois, parce que ça revient beaucoup quand même...)
  • Ego
En gros, ils ne sont pas mauvais parce qu'il y a un quelconque complot pour nous mettre dans le jus : ils sont mauvais juste parce qu'ils sont mauvais.

–Ils ne sont quand même pas tous à mettre dans le même panier?

Sans doute pas non... mais ceux qui vaudraient la peine sont rarement élus, où s'ils le sont, ils n'ont pas les moyens d'agir avec sagacité parce qu'ils sont entourés d'imbéciles opportunistes. Qui plus est, les plus motivés pour obtenir le pouvoir sont en général ceux à qui il faudrait le moins possible le confier. Et inversement. C'est là tout le paradoxe de la démocratie, qui souffre en outre d'un autre biais irrémédiable...

Pour schématiser : vous qui me lisez et trouvez que j'ai raison, vous vous demandez comment il se fait que malgré tout on élise toujours des médiocres incompétents. C'est normal : vous représentez le dessus du panier. Vous avez un esprit critique aiguisé, et un minimum de culture. C'est bon, vous pouvez voter pour moi, je vous ai bien brossé dans le sens du poil. Le problème, c'est que la démocratie, édictée par des gens cultivés et intelligents comme vous justement, part du principe que le plus grand nombre fera des choix cohérents et intelligents, la moyenne statistique gommant les choix discutables des plus crétins d'entre nous, y compris le fait de voter pour des imbéciles opportunistes. Wikipédia fonctionne sur le même principe. Et se heurte à la même limite : la bêtise collective.

Oui, collectivement nous sommes infiniment plus cons que pris individuellement. Cela est lié à deux phénomènes :

  1. notre mode de société a tendance à encourager la médiocrité et la bêtise (ça c'est le postulat du film de science fiction satyrique Idiocracy, que je vous recommande chaudement, qui, à mon sens, ressemble de plus en plus à un documentaire)
  2. le mimétisme social a tendance à pousser les individus à suivre des comportements grégaires, même (et surtout) si ces comportements sont idiots. Pour vous en convaincre, il suffit de jeter un œil aux expériences du type expérience de Milgram. Faites une recherche rapide sur Gogole®, vous verrez, ce ne sont pas les occurrences qui manquent, comme par exemple celle-ci...
Ramené à Wikipedia, cela signifie que des articles avec un contenu erroné ou idiot peuvent passer, pour peu que le plus grand nombre le valide. En soi ça n'a rien de catastrophique pour une encyclopédie : après, les connaissances qu'elle contient peuvent être appelées à évoluer. C'est déjà plus embêtant lorsqu'il s'agit de diriger un pays : si n'importe quel imbécile peut décider du sort de ses concitoyens (voire même des individus au delà de ses frontières) sur un concours de circonstances, on est mal brêlés...
Ouh punaise!

–Bon et tu proposes quoi? Tu veux être candidat?

Moi candidat? A la présidence?
Ça va pas non? Qu'est-ce que j'irais faire dans ce cirque médiatique qu'est la campagne électorale? Non, quitte à prendre le pouvoir, autant devenir...
Empereur! (bon en fait je pensais plutôt à l'Empereur Dieu de Dune, mais bon hein...)
Au moins, tu n'as pas à te casser la paillasse à faire de la démagogie pour une éventuelle réélection.

vendredi 26 juin 2015

Espèces d'ordures!

Ordures! Déchets humains! Rebuts de la société de consommation! Saloperies! Détritus...
"Moules à gauffres, bachibouzouks!"

–Naméo Papa Hérisson!!! Çavapatatête des fois? Qu'est-ce qu'il te prend d'un coup de balancer des insultes comme ça?

Non ami/e lecteur/trice, contrairement à ce que tu pourrais penser, je n'ai pas succombé à mon tour au syndrome Kevin de la Tourette dont les gnomes sont parfois atteints... Je ne suis pas non plus en train de t'insulter comme du poisson pourri, car si tu es en train de me lire, ça dénote déjà d'un bon goût certain et d'un sens de l'humour subtil et raffiné (poil aux pieds!). En fait, je reviens tout juste de vacances (oui, je sais, je les prend tôt, mais je m'en étais déjà expliqué ici) en Vendée, et je me contentais de te relater ce que j'ai eu l'occasion de rencontrer sur les plages.
Ah... je crois que j'aperçois du sable...

Car oui, les plages (vendéennes en l'occurrence, mais ça n'est sans doute guère mieux ailleurs, bien que je me sois laissé dire que les plages bretonnes sont plus propres...) sont de vrais dépotoirs. Canettes de bière, sacs plastiques (beaucoup), déchets plastiques divers et variés (du morceau de filet de pêche en nylon, aux bouteilles de soda, en passant par les morceaux de polystyrène et fragments de bouée canard), emballages de barres chocolatées, couple exhibitionniste en train de se turluter en public, piles usagées, et j'en passe et des meilleures. Bon, l'honnêteté m'oblige à dire que c'est plus propre en saison. Enfin, d'une certaine façon : bin oui, tourisme estival oblige, il y a plus de détritus, mais en revanche le ramassage par les services de voiries est plus rigoureux.
On vous aura prévenu : les couches de vos gnomes nous emmerderons pour 450 ans environ...

En tous cas, une ballade sur la plage au petit matin est le meilleur moyen de constater que les humains sont des porcs égoïstes l'humanité produit moult déchets, et qu'une partie non négligeable de ceux-ci se retrouvent dans la nature, et en particulier dans l'océan. Il paraitrait même qu'il existe maintenant des continents de plastique! En même temps, ça n'est guère étonnant, lorsqu'on voit la quantité de déchets que j'ai ramassé sur la plage de St Jean-de-Monts en seulement 10 minutes de ballade, sur une surface d'environ 200m sur 10m. Et encore, j'ai pas creusé.

Il faut croire que pour beaucoup de gens, se débarrasser de ses ordures dans une poubelle représente un jeu d'adresse visiblement trop compliqué. Ou alors qu'ils n'ont pas compris que la poubelle c'est le gros bidule rond ou carré qui contient un sac, et pas ce qu'il y a autour. Mais c'est vrai que c'est compliqué...
Ah bin oui, dis donc, c'est plus petit! Donc moins facile... pis des fois elle au moins à pfffou, 10 ou 20 mètres!
En même temps, ne nous voilons pas la face : tous les déchets qui jonchent la plage n'ont pas été laissé sur place. Certains sont amenés, peut être de fort loin, par les courant marins qui charrient les poubelles épaves du monde entier. Il y a une certaine poésie à se dire que le tampon hygiénique sur lequel tu viens de coller ton peton potelé sur une plage française a peut-être été jeté négligemment au Brésil ou en Chine (par où il n'est pas arrivé à pied...). Enfin poésie... c'est peut être un grand mot. Disons... ironie alors? Non plus? Bon, ok, OK : c'est juste de la connerie.
"Made in china?"
D'autant que les questions d'écologie, de sauvegarde de l'environnement, de gestion des déchets, on est quand même vaguement en plein dedans, et que, objectivement, ce genre de spectacle, ça débecte un peu tout le monde :
"Tiens!? Quel drôle de coquillag... ah bin non, c'est un plug anal. Au temps pour moi."

A l'évidence, tout cela devrait amener une sérieuse interrogation sur :
  • la réalité de la gestion des déchets (dans notre pays ou ailleurs)
  • les mesures pédagogiques pour sensibiliser la population à cette question.
Et de ce point de vue, force est de constater qu'il reste encore énormément de progrès à faire. Prenons la base : l'enlèvement des ordures ménagères et le tri sélectif. La loi de juillet 1992 a posé les bases : les collectivités locales sont obligées de pratiquer la valorisation des déchets, la réduction des tonnages et depuis 2002 d'abandonner la mise en décharge des déchets ménagers. Le tri sélectif est donc pratiqué désormais à peu près partout : soit par un enlèvement direct de poubelles triées individuellement, soit par le biais de cuves de tri collectives dont les emplacements sont saupoudrés dans les communes, soit par un tri à postériori (pratiquement jamais, car trop coûteux à mettre en place).

Techniquement, si les collectivités locales (communes ou communautés de communes hein... car c'est plus facile de faire des cochonneries gérer tout ça en groupe) sont donc soumises à l'obligation légale de pratiquer le triolisme sélectif, la loi ne leur impose pas de processus déterminé.Oui, parce qu'en France on aime les choses simples et pratiques : chacun se démerde comme il veut à la one again. Asterix spirit, village gaulois, toussa. C'est donc aux communes de choisir le mode d'action (individuel ou collectif) à sa sauce. Et en toute logique, c'est un grand festival de n'importe quoi de compétition, tant les personnes qui décident quoi faire n'y bitent rien la plupart du temps. A moins qu'elles ne soient simplement manipulées par les grands acteurs privés du secteur (comme par exemple Vérolia® ou Sistita®) dont la probité légendaire force le respect au moins autant que celle d'un Balkani, et qui héritent souvent de délégations de service public bien juteuses, merci au revoir madame. Le grand gagnant n'est donc généralement ni l'environnement, ni le budget communal, ni même le simple bon sens.
Les ordures ménagères, c'est un peu le mythe de Sisyphe actualisé.

Du coup, il est probable que ces dernières années vous ayez connu des changements d'organisation et/ou de tarif au niveau de l'enlèvement des ordures ménagères, simplement en raison de l'évolution de la loi. Dans ma cambrousse par exemple, tout ce bazar a été confié à un syndicat intercommunal, qui a tout changé en mettant en place des bacs de tri collectifs en lieu et place des cagettes individuelles utilisées jusque là. On va dire que c'était pour rationaliser les coûts... sauf qu'au final, ça nous revient plus cher à nous. Je suppose donc que le coût est bel et bien rationalisé, mais juste pas à notre échelon à nous. Dommage. Au final, a donc été mise en place une "Redevance incitative", sous forme d'un forfait incluant un certains nombre de levées (celles en plus étant facturées). Retenez bien le terme choisi, je vais y revenir.
Ni une pipe d'ailleurs.

En toute logique, le Syndicat Intercommunal a donc investi à fond un peu pour encourager un tri efficace et une réduction des déchets, en faisant de la pédagogie intensive avec les usagers par le biais... d'un vague courrier explicatif, sans doute rédigé initialement en Sanskrit, et traduit grâce à Gogole™ Translate. Non, mais je suis vache, y avait des dessins explicatifs. Enfin, un ou deux schémas réalisés sous Paint® quoi. Ok. Admettons, avec internet de nos jours, même si le débit moisi de notre commune indique que la ligne téléphonique utilisée a dû être posée pendant la guerre... enfin la guerre mondiale... enfin la première j'entends, il est facile de se renseigner sur les bonnes pratiques de tri et de réduction des déchets. Ce que nous fîmes avec motivation, maman Koala s'inscrivant depuis sur à peu près tout ce qu'internet doit compter de communautés écolo-bio-zéro déchet. Et le résultat ne se fit pas attendre : non seulement notre volume de poubelle a fondu, mais nous sommes même parvenus à être en dessous du nombre de levées du forfait. Tant mieux puisque la première année, le dispositif prévoyait un remboursement des levées non effectuées.

Deuxième année du dispositif : le Syndicat décide de diminuer le nombre de passages des éboueurs (le ramenant à un par quinzaine au lieu d'un par semaine), ainsi que le nombre de levées inclus dans le forfait (de 24 à 15, soit une dizaine de moins d'un coup). Mais sans diminuer le montant de la Redevance Incitative. Ok, why not, même si ça commence à faire un peu mal au rectum. La tête dans le guidon, nous réduisons encore notre production de déchets (autant le dire, on aimerait bien arriver à zéro, même si c'est quand même chaud patate) : compostage, sac réutilisable, achat en vrac. Bingo : nous sommes à nouveau sous le seuil minimum du forfait. Et là, Redevance Incitative oblige (tout le monde pige bien le terme incitatif? C'est bon? Je continue?) ils nous remboursent donc... zob.

–Zob?

Zob. Que dalle. Rien. Nada. Peau d'balle. Walou. Zéro remboursement. En cette deuxième année, si tu fais mieux que ce qu'on t'impose en terme de réduction, tu as droit à une image panini et une tape sur dos rien du tout. Oh mais voilà qui est super incitatif dites donc! Maman Koala, qui n'a pas sa plume dans sa poche, décide donc de s'en ouvrir au Syndicat en question, qui en substance, lui a répondu que oui,  mais non, c'est comme ça, et que si elle est pas contente c'est pareil, pis que de toutes façons c'est pas possib' que tu ne produises pas de déchets et picétou, et que rembourser les levées non effectuées ça risquerait d'encourager les dépôts sauvages et la fraude, et que du coup, c'est un peu louche qu'on ait si peu de levées et oh dites donc. Alors qu'à l'évidence, leur dispositif dans lequel les éboueurs ne passent plus qu'une semaine sur deux, pas du tout. Ok, les mecs, changez rien, on vous kiffe. Si, quand même, éventuellement, pour le prochain support pédagogique, je suggère l'envoi d'un film informatif sur cassette VHS. Suffit de recycler une vieille vidéo d'entreprise, ça devrait le faire. Ça envoie du rêve.
Message à caractère informatif.
Précision : la loi prévoit certes une TEOM (Taxe sur l'Enlèvement des Ordures Ménagères), exigible dès lors que vous vivez dans une commune, au même titre que la taxe foncière par exemple, que vous fassiez appel au service d'enlèvement des ordures, ou pas. En revanche, la redevance imputable à l'utilisation du service est bien distincte, et ne peut être exigée si l'usager ne fait pas appel au service d'enlèvement. Manifestement, chez nous, le Syndicat fait un peu l'amalgame entre les deux... Dommage car la réduction/valorisation des déchets est un bel objectif.

Vous pensez que cet exemple d'incompétence est rare? Détrompez-vous. En Suisse par exemple, un usager  très impliqué dans la réduction de ses déchets (recyclage, compost, etc), s'est vu menacé par sa commune car... il n'avait pas sorti une seule poubelle depuis le début de l'année. C'était donc forcément un fraudeur. Logique : quand t'es premier de la classe, t'es toujours suspect de tricherie. Pis d'façon, si tu produis pas de déchets c'est que tu consommes pas et que t'es un mauvais citoyen qui ne participe pas à l'économie.C'est quand même marrant cette tendance des autorités à voir les citoyens comme des ennemis et des présumés coupables de fraude, plutôt que comme des alliés objectifs à impliquer intelligemment lorsqu'il faut s'attaquer à ce genre d'enjeux...

Bon certes, il est sans doute illusoire de penser que tout le monde s'impliquerait à fond et qu'il n'y aurait aucune triche, mais j'ai la faiblesse de penser qu'il est plus efficace de responsabiliser les gens en les encourageant et en les impliquant, que de les infantiliser en les matraquant d'interdits, de taxes, et de procédures crétines administratives absconses. Un peu comme les gnomes en fait. M'enfin moi, je dis ça, je dis rien hein...

Tiens, au fait, figurez-vous que pendant mes vacances, je me suis rendu sur la grande plage de St Gilles Croix-de-Vie, et que là, accroché à une poubelle, se trouvait un grand seau en plastique équipé d'une sangle, vous proposant de mettre à profit une ballade sur la plage pour ramasser quelques détritus. Initiative privée d'un membre de la Surfrider Foundation, je le précise. Et bien j'ai eu du mal à remplir le seau : la plage était moins crade que celle de St Jean de Monts. Lien de cause à effet, je ne sais pas : ça reste une goutte d'eau propre dans un océan de déchets, mais bon, c'est un peu le principe du colibri de Pierre Rabhi, si chacun fait sa part, ça ne peut pas faire de tort. Et ça donne le bon exemple. Comme quoi...
#seauplagepropre
En plus c'est une idée applicable partout : forêt, mer, montagne... Tiens d'ailleurs : vous partez en vacances bientôt? Que diriez-vous d'acheter/récuperer un grand seau en plastique, de prendre votre plus beau feutre, d'y inscrire le petit texte qui va bien, et d'accrocher le seau près d'une poubelle publique, dans un endroit que vous aimeriez voir propre ? Ça pourrait être une idée sympa à populariser et pas trop coûteuse non?

vendredi 8 novembre 2013

Ça va être noël tous les jours! (épisode I)

Les commerçants (et les industriels par corollaire) n'ont manifestement pas le même calendrier que nous. Pour le quidam moyen, lorsque l'hiver arrive, il convient de ressortir les chemises à manches longues, les cols roulés, les écharpes, les chaussures  étanches et fourrées, les gants.
Le marchand de fringues, lui, à cette période, il sort les petits top en dentelle à manche courte et à dos nu, les débardeurs, les blousons d'été, les shorts, et tous les articles mirifiques de la collection printemps-été de l'année suivante. Logique.
D'ailleurs, je ne vous parle pas de la galère à trouver une paire de chaussures chaudes et étanches en février, après les soldes, l'ancienne collection hiver ayant été justement soldée. Authentique. Mais tu peux toujours acheter des tongs. C'est sympa pour faire des batailles de boules de neige.

De la même façon, dès le mois de juin-juillet, commencent à fleurir les catalogues et prospectus... sur la rentrée scolaire de septembre. Et fin septembre, les premiers catalogues de jouets de Noël pointent le bout de leur nez. C'est vrai qu'il ne reste jamais que trois mois avant l’événement. Juste un quart de l'année. Et j'ai l'impression que ça avance chaque année : l'an passé, on ne les voyait qu'en octobre. Si ça continue on les aura en août...
– Doc! Mais!?  Nous sommes en juin et c'est le catalogue des jouets de Noël?
– Nom de Zeus Marty! Nous sommes en plein paradoxe spatio-temporel! C'est une catastrophe!

Fondamentalement, Noël étant, généralement, une période faste pour les commerçants, j'ai l'impression qu'ils aimeraient bien qu'on fête Noël toute l'année. Ou en tout cas, le plus tôt possible. D'où l'envoi des catalogues le plus tôt possible. Histoire de griller la concurrence aussi... En même temps, c'est stratégiquement discutable : ceux qui ont des gnomes me comprendront, mais entre septembre et décembre, le gnome peut changer environ 15 fois d'avis sur ce qui lui ferait plaisir au pied du sapin. Pas de précipitation donc...

Il y a quelques années, ils avaient tenté un "moyen terme" entre la rentrée et Noël en essayant de faire passer Halloween dans les mœurs française. L'occasion de nous fourguer par la même occasion citrouilles (ceci dit, c'est la saison, et ça peut se cuisiner de plein de façons différentes), déco à base de toiles d'araignée et de guirlandes de fantômes noirs et oranges, bonbecs et autre déguisements de monstres.
Déguisements de monstr... ah non, pardon, ça ce sont des déguisements de pouffe emo.
Mais ça n'a pas vraiment pris. Ou plutôt : ça a pris gentiment, mais sans générer les revenus attendus par les commerçants, qui se sont retrouvés avec des tonnes de citrouilles et de déco invendues sur les bras.

Siège de la World Corporation™, division France :
– Bon, alors, mon petit Jean-Kevin... Halloween, ça s'est cassé la gueule. Un échec commercial. Vous avez des idées pour rattraper le coup?
– Euh... M. le directeur, c'est à dire que... c'est pas une bonne période, les gens n'ont plus d'argent.
– Tatata. En cherchant bien, on en trouve toujours. Au pire ils attaqueront leur épargne, au mieux ils feront appel à notre filiale de crédit à la consommation.
– D'accord, mais... à part Halloween, y a rien avant Noël... et Noël c'est porteur, pas facile de faire penser les gens à autre chose.
– Et bah voilà! Bravo Jean-Kevin. On va avancer Noël. Juste après la rentrée. Ah et puis on va avancer la rentrée aussi. En se débrouillant bien, on doit pouvoir boucler toute l'année la-dessus. 

Logique finalement : octobre-novembre, c'est la période des impôts et autres taxes d'habitation, foncier, et j'en passe sur les factures diverses. C'est après la rentrée –le portefeuille des parents d'enfants scolarisé est exsangue– et avant Noël –les parents commencent à hypothéquer leurs reins en vue de l'achat des cadeaux– du coup, il n'y a plus trop de budget pour Halloween. Alors oui, les gens le fêtent, un peu, parce que c'est rigolo et que ça plait aux gnomes, mais il le fêtent à l'économie : déguisement cheap faits maison, déco minimaliste système D, restes de bonbecs du pot de départ de Gégé de la compta, etc...

Petit apparté
On va me dire "Halloween, oui mais nan, tu vois, c'est pas dans nos traditions, c'est un truc des américains". Ce à quoi certains répondront "Ah non, mais si mais carrément ça vient de chez nous à la base, tu vois, c'est un truc des druides chez les celtes tout ça". Voire "Nan mais moi, je fête pas Halloween, je fête Samain, c'est pas pareil."
Ok. Personnellement, ça peut s'appeler Halloween, Samain, la saint Trilili, et ça peut venir des USA, des celtes, des martiens, ça m'est un peu égal en fait... j'aime bien fêter des trucs. Si c'est amusant et bon enfant, je prend. Surtout si ça ne coûte pas un testiboule. Je suis totalement agnostique, et je fête pourtant Noël.
Mais bien sur chacun fait comme il le sent. Evitez juste les excuses à deux balles du style :


► encore un truc commercial / encore un truc 'ricain
◄ combien le disent en bouffant au MacDal™ 3 fois par semaine et en faisant exploser la carte bleue aux fêtes de fins d'années? Il ne tient qu'à vous d'en faire un truc pas commercial. Quand au côté 'ricain, ça n'a pas l'air de vous gêner des masses quand vous achetez un smartphone...

tous ces monstres, ces thèmes horrifiques, ça véhicule une image morbide, ça n'est pas porteur de choses positives
◄ et parmi ceux-là, combien vouent un culte à la minceur, encourageant ainsi leurs gamines à suivre un régime pour "garder la ligne" qui les transforment en squelettes sur pattes. Et sinon, il fait beau chez les bisounours?
L'une de ces deux images est morbide. Sauras-tu trouver laquelle ami lecteur?
ça n'est pas dans nos valeurs judéo-chrétiennes de français de souche porteuses d'amour et de tolérance [Note de papa Hérisson : mouahahahaha! je me gausse!]
◄ pour rappel, ceux qui tiennent ce discours peuvent entrer généralement dans deux catégories possibles. La première : ceux qui ont des convictions religieuses proches du néant et ne vont jamais à l'église/au temple/à la synagogue/à la mosquée/etc (mais fêtent quand même Noël, Pâques, la galette des rois, et accessoirement la fête des mères qui a été inscrite officiellement au calendrier sous le régime de Vichy pour rappel). La deuxième, ce sont ces gens là (amour et tolérance donc) :

(source : http://www.angersmag.info/Taubira-injuriee-a-Angers-la-preuve-_a8029.html)

Fin de l'apparté

Bref : Halloween étant un échec commercial, il fallait trouver quelque chose pour meubler, donc autant avancer Noël. L'avantage avec cette technique, c'est que s'ils s'y prennent bien, ils peuvent nous faire le même coup qu'avec les collections de mode, et nous préparer Noël au début de l'été. Voir juste après le Noël précédent. Vous vous dites que j'exagère? Vraiment? Songez à ce qui se passe après une élection présidentielle en France... que font les dirigeants politiques? Ils se déchirent en vue de la prochaine. Cinq ans plus tard.
Nom de Zeus! La pub Canal+ pour Noël 2025... les rennes chantent encore plus faux, on dirait du Justin Bieber!
Bon. Pour les pubs Noël n'importe quand, admettons. Intéressons-nous à présent au contenu des catalogues... rendez-vous bientôt dans :


(et ça ne sera pas publié dans 6 mois)

dimanche 25 août 2013

Fais pas çi, fais pas ça!

Le truc avec les enfants, c'est que lorsqu'on leur interdit quelque chose, le plus souvent ils le font quand même. Soit franchement, en vous regardant bien avec l'air espiègle de celui qui se dit "Je fais ce que je veux, tu es bien feinté!", soit en loucedé quand dès que tu as le dos tourné. Parce si tu l'as interdit c'est que ça doit être chouette (comme par exemple manger du chocolat après brossage des dents). Du coup, il est parfois nécessaire de bien les surveiller, et d'établir clairement des règles avec punition proportionnée en cas d'infraction.
Exemple :


– Xéna, non! Laisse le chat tranquille! Et rebouche ce feutre. Et non, ça n'est plus l'heure de manger du chocolat! Et on ne colle pas de ramponeau à son frère. Tu vas aller au coin si tu continue...
*Paf le frangin!*
– Ouinnnnnn!
– Je t'ai prévenue, maintenant, c'est : au coin!
– Ouinnnnnn aussi!
– Fallait y penser avant. Punie! Et quand tu auras finis de crier ta rage de t'être fait chopper comme une bleue, tu demanderas pardon à Plouf et tu lui fera un bisou.
Conclusion :
  1. Tes deux gnomes braillent comme des ânes, et la Sécurité Sociale va pleurer sa mère en voyant la note de prothèses auditives.
  2. Lorsque tu énonces un interdit à un gnome, tu te transformes aussitôt en une sorte de crypto-Balladur qui "vous demande de vous arrêter". Avec la même crédibilité.
  3. Plus tu énonces d'interdits, plus tu passes pour un pénible, et plus ça augmente tes chances d'être en train de pisser dans un violon.
Attention, hein, j'te vois! Chenapan!
Plus généralement, le truc avec les humains, c'est que lorsqu'on leur interdit quelque chose, le plus souvent ils le font quand même. Soit franchement, en vous regardant bien avec l'air espiègle de celui qui se dit "Je fais ce que je veux, tu es bien feinté!" (ou l'air bovin de celui qui se dit "Gneuh??"), soit en loucedé quand dès que tu as le dos tourné. Du coup, il est parfois nécessaire de bien les surveiller, et d'établir clairement des règles avec punition proportionnée en cas d'infraction.

En parlant de surveillance, vous avez lu "1984" de Georges Orwell? Moi non. Ou peut être quelques extraits en cours de français au collège, au titre des études de texte. J'en garde le souvenir d'un truc plutôt soporifique dans l'ensemble, à propos d'un mec qui rédige son journal intime dans un angle mort à l'abri du regard inquisiteur d'une espèce de télévision équipée d'une webcam allumée en permanence. Comme Secret Story finalement. Si je me souviens bien, il y avait aussi une "police de la pensée" chargée de réprimer tout comportement déviant et non conforme à la doctrine en vigueur (le "politiquement correct" en somme), et les gens parlaient une langue bizarre édulcorée de tous les termes qui risqueraient de les amener à trop réfléchir... un truc
Il parait que ce livre est une référence pour tous ceux qui dénoncent les régimes totalitaires et les atteintes à la vie privée et aux libertés individuelle par des organismes d'état, "Big Brother" tout ça tout ça.
Big Brother is watching you! Y'a pas, ça me file les chocottes...
En ce qui me concerne, la fiction de référence en matière politique, ça serait plutôt Game of Thrones. Et oui, réfléchissez : on nous y explique que même si on mesure 1m20, on peut prendre le pouvoir à condition d'être un beau-parleur. Comme Sarkozy en 2007. Elle nous révèle également que ça ne suffit pas pour le garder, même si votre femme a été plus fréquentée que le périphérique un jour de départ en vacances. Comme Sarkozy en 2012. Mais surtout, elle démontre que tenter de bloquer les trucs que tu n'aimes pas et que tu ne veux pas voir à l'aide d'un grand mur : ça ne sert rien. Ces trucs que tu n'aimes pas continuent d'exister, et en plus, y a des chances qu'ils profitent du fait que tu ne regarde pas, pour contourner ton mur à un moment ou à un autre.
Nicolas Sarkozy et son bouclier fiscal
Et bien figurez-vous que cette technique dite "du mur" (le "canard enchaîné" parlerait surement de "mur du çon") est particulièrement employée de nos jours. Enfin, ça et la technique dite "du couvercle" (mais Maliki en parle mieux que moi). Comme quoi, depuis Jericho, on a pas franchement progressé. Petit point sur les "murs" les plus célèbres :
  • les murs Facebouc© : souvent surnommés murs de la honte
  • le mur des lamentations : mur Facebouc© de l'hypothétique entité omnipuissante surnommée "Dieu"
  • le mur de Berlin : ouvrage de maçonnerie destiné à empêcher les allemands de l'ouest de rouler en Trabant. Étrangement, sa destruction n'a pas pour autant favorisé la vente de ce véhicule populaire. On en trouve parfois des morceaux à vendre sur e-bay (du mur, comme de la Trabant)
  • la ligne Maginot : sorte de grande muraille de chine, mais plus petite, devant protéger la France d'une invasion allemande en 1939, avec le succès que l'on sait. Ah ah ah!
  • la grande muraille de Chine : sorte de ligne Maginot, mais en plus grand, pour protéger la Chine des invasions mongoles. Même efficacité que la ligne Maginot. Mais plus grand.
  • le Firewall ("mur de feu") : censé protéger votre ordinateur d'une intrusion externe. La plupart des pirates informatiques en rigolent encore.
  • la ligne rouge : celle à ne pas franchir (expression souvent utilisée par les politiciens ou les journalistes). Régulièrement franchie dans la joie et l'allégresse avec fanfare et klaxon, le plus souvent dans l'indifférence générale (exemple : "La Syrie ne doit pas franchir la ligne rouge en utilisant des armes chimiques!". C'est maintenant chose faite. Et donc on fait quoi?).
Le dernier modèle de Trabant, sorti peu avant la chute du mur.
Mais la notion de "mur" est à prendre au sens large : ainsi le législateur...

Petit aparté :  vous noterez que ce terme de "législateur", volontairement vague, est utilisé pour désigner de façon très impersonnelle ceux qui font voter une loi. Style "C'est pas moi, c'est eux m'sieur!". Le législateur est donc une sorte d'entité mal identifiée, prétendument impartiale, et théoriquement dédiée au bien commun. Je dis bien "théoriquement", parce que "pratiquement", le mec qui vote une pseudo-loi inapplicable contre la corruption a des chances d'être celui-là même qui est en train de blanchir en Suisse l'argent de ses caisses noires, ou de se faire attribuer un modeste appartement de 15 pièces avec terrasse en marbre sur les Champs Élysées, à loyer très modéré malgré un salaire de ministre (ça tombe bien : il l'est).
Législateur en plein travail.
Bref, le législateur donc, aime à créer quantités de barrières, en établissant dans la loi toutes sortes d'interdictions. La plupart répondent à une certaine nécessité en terme de vie en société : interdiction de zigouiller les gens (fussent-ils particulièrement insupportables comme Justin Bieber), ou plus généralement interdiction de causer une nuisance physique volontaire (même si de ce fait, de nombreuses baffes continueront de se perdre comme dans le cas de Nadine Morano). Jusque là, rien à redire : la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres.

Là où ça commence à être marrant, c'est lorsque le ♫ législateur ♪ (à prononcer sur un ton grave et vaguement inquiétant) s'attaque à des sujets de société pour lesquels l'objectivité part assez vite en cacahuète. Des exemples? En voici déjà un : la loi du 11 octobre 2011 d'interdiction du port du voile intégral (ou burqa) dans les lieux publics. Un loi censée défendre en vrac :
  • La laïcité (je vous laisse jeter un œil à la bafouille de Maître Eolas sur la question, c'est édifiant).
  • La liberté (interdire le port d'un accessoire vestimentaire au nom de la liberté, c'est assez culotté je trouve)
  • Le droit des femmes (considérées ici comme des victimes donc)
La loi étant censée protéger les victimes et punir les contrevenants il me semble, pourquoi c'est à elles qu'on inflige une amende?
– Non, mais bon, tu fais semblant de pas comprendre aussi : c'est le mari qui leur inflige ça qui est visé! C'est lui qui paye l'amende au final! Han!
Ah. Et de ce point de vue, la femme voilée est donc considérée comme une irresponsable insolvable dont c'est le mari qui vient sauver les miches? Belle progression du statut de la femme dites moi...
– Non, mais bon, c'est un signe ostentatoire aussi... c'est du prosélytisme!
Moui, tandis que les panneaux publicitaires et les magazines montrant des pouffes anorexiques jeunes femmes maigrichonnes à moitié dévêtues par exemple, c'est pas ostentatoire, et ça ne valorise pas un culte malsain de la maigreur excessive. Et c'est une preuve de bon goût aussi. D'ailleurs c'est bien connu, les femmes sont tellement influençables, que le fait de voir l'une d'entre elles en burka donne immédiatement envie aux autres de se convertir à l'islam... Suffit de voir l'effet d'une paire de louboutins...
Toi aussi rejoins le côté obscur l'islam radical!
– Non, mais bon, c'est pas un exemple pour la jeunesse, ça donne une mauvaise image de la Femme!
Une seule réponse : Loana (mais j'aurais également pu dire Nabila "Allo quoi" Benatia, et sans doute pas mal d'autres noms).
Pourtant, vis à vis du cancer de la peau...
Cerise sur le gâteau, cette loi a des effets pervers en créant un "mur" (tient, encore un) entre les musulmans (radicaux ou non) qui se sentent quand même un chouïa dans le collimateur, et les autres qui se disent que si on a fait une loi, c'est que tout ça ne doit pas être très catholique. Ou comment la loi, qui devrait lutter contre le communautarisme a l'effet exactement inverse. Bien joué le ♫ législateur ♪.

En même temps, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais depuis déjà quelques années, les pouvoirs publics (entité sensiblement équivalente au législateur) ont la fâcheuse tendance de nous prendre pour des buses : Mangez 5 fruits et légumes par jour, Fumer est dangereux pour la santé, Triez vos déchets, Achetez français, Le nucléaire c'est bon mangez-en!,Tuer c'est mal, L'alcool ça saoule, Attention : faire l'amour peut provoquer une grossesse!, etc... Je pense que les prochaines campagnes de pub financées par l'état seront : Ne pas respirer tue!, Mangez quand vous avez faim!, Ne mettez pas vos coudes sur la table.

M'est avis que l'état français a trop de fric, du coup le dépenser en campagnes de pub, dont le degré de créativité est digne d'une chanson de Superbus, semble être une bonne idée. D'un autre côté, c'est payé par les testiboules que le fisc vous ponctionne hein... (sauf si tu es ♫ législateur ♪, puisque dans ce cas tu connais les combines pour frauder et/ou tu as un compte helvétique bien garni).

Bref tout ça pour vous dire qu'à force de vouloir interdire tout et n'importe quoi on fini par obtenir l'effet inverse. Alors, lâchez un peu prise de temps en temps...
Ne craignez rien, ça fait du bruit, mais ça sent pas!