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samedi 19 octobre 2013

R.I.P. (Restore In Peace)

Avertissement liminaire : cette bafouille peut contenir des traces de Dave et de Stéphane Eicher. En cas d'allergie, je ne peux rien pour vous. Pas de bol. En revanche elle ne contient pas de Justin Bieber, ni de Miley Cyrus : vous êtes tranquilles.

Avec deux gnomes (dont l'aîné a tout juste trois ans et demi), quatre chats et un chien, les repas dans la famille Hérisson peuvent s'avérer parfois assez sportifs. Évidemment, cela dépend d'un grand nombre de facteurs (et non je ne parle pas de ceux qui distribuent, parfois approximativement, le courrier) :
  1. L'état de fatigue des gnomes, puisque la règle est : BCBG (c.f. ici pour la traduction)
  2. Le nombre de chats présent à l'intérieur à l'instant T ("T" comme "Tu vas en chier")
  3. La nature plus ou moins élaborée des aliments proposés
  4. L'état de fatigue de papa Hérisson et maman Koala
  5. L'horaire
  6. Et Vanina. Nous y reviendrons...
♫ ♪ Vanina-a-a... a-a-a-a... ♪ ♫
Compte-tenu de ces facteurs, on devine assez vite que certains repas sont plus critiques que d'autres. Le problème du petit déjeuner a déjà été évoqué dans de précédents articles, celui de papa Hérisson est en général assez catastrophique puisque :
    ►Papa Hérisson se lève tôt et a donc l'acuité visuelle de Steevie Wonder (à cause des yeux collés) et un temps de réaction proche de celui d'un unau neurasthénique.
    ►Presque tous les chats sont à la maison. Et ils ont faim (en même temps, ils ont tout le temps faim).
    ►Le grille-pain est manuel (il ne t'éjecte pas les tartines dans le museau, mais préfère les carboniser à cœur pendant que tu n'y pense plus).
    ►Sans compter Vanina...
Ah... papa Hérisson vient d'ouvrir les yeux, il est temps de préparer le p'tit déj'
On notera au passage que le facteur n°3 (degré d'élaboration des aliments) ne change ici rien du tout : des tartines grillées, c'est simple, et en l'occurrence, ça part quand même en cacahuète.

Et encore, là on se limite à un repas incluant seulement un protagoniste, puisque les autres roupillent encore à ce stade.

Maintenant, voyons ce que donne un repas du midi incluant plusieurs protagonistes : papa Hérisson, Xéna et Plouf (ce jour-là, maman Koala était partie chasser l'eucalyptus en forêt périgourdine).

Mission : déjeuner en paix.
♫ ♪ les nouvelles sont mauvaises d'où qu'elles viennent... ♪ ♫
Forces en présence :
  • Papa Hérisson : vétéran
  • Plouf : tête brûlée
  • Xéna : sniper
  • Chat n°1 : terroriste félin
  • Chat n°4 : terroriste félin & ennemi public n°1
  • Chien : agent double
  • Vanina : ah-ah, ah-ah-ah-ah-ah, ah-ah-ah-ah-ah, aaaaaaaaaaah ♫ ♪
Situation :
Le problème de l'automne, c'est que parfois il fait moche. Du coup, quand il pleut à torrent, sortir défouler deux gnomes débordant d'énergie s'avère difficile, surtout quand les chaussures de merde qu'on nous vend à prix d'or ne sont pas étanches. En outre, faisant ses dernières prémolaires, Xéna est fatiguée. En plus elle en plein terribeul-two (comme le dit Marie des Mamantestent) et est donc d'humeur changeante. Elle pleure à la moindre contrariété (et il y en aura inévitablement), ou rigole comme une baleine dès que son frère fait/sort une ânerie (et il y en aura inévitablement).
En général, vers 11h elle réclame à manger, et continuera jusqu'à 12h - 12h30 si ça n'est pas prêt. Notez cependant qu'elle déclare qu'elle n'a pas faim sitôt que c'est prêt. Ces deux affirmations peuvent se suivre à intervalle de quelques secondes. BCBG on vous a dit!

Faute d'une promenade défouloir, Plouf, quand à lui, évacue son stress en courant autour de la cheminée (qui est au centre de notre maison) . Parfois il se gamelle (c'est Plouf-le-cascadeur je vous rappelle) et entame alors les cœurs avec sa sœur qui proteste énergiquement contre quelque chose (si elle ne sait pas pourquoi elle pleure, quelqu'un d'autre le saura certainement) ou pleure pas solidarité parce zut quoi à la fin! Ou sinon, ils se battent un jouet, et Plouf perd le combat puisque Xéna tape plus dur (on est guerrière ou on ne l'est pas).

Mission :
Vers 11h45, papa Hérisson attaque donc la préparation du repas. Faisons simple (rapport au facteur n°3) : purée de légumes, steak hâché. A ce stade, commence un intéressant numéro d'équilibriste : il va falloir préparer le repas et mettre la table, en occupant/consolant/surveillant les deux gnomes, le tout en empêchant les chats et le chien de s'attaquer à la nourriture. Un intermède changeage de couche-apocalyptique-qui-tue-la-vie n'étant pas exclu.
Jim semble penser que ça ne va pas être de la tarte...
Arrive le moment où le repas est servi. En général les gnomes s'installent d'eux-même à table (le plus dur étant de les faire y rester). Et c'est là que le facteur n°3 (nature des aliments) entre en jeu. Soyons clairs : les deux gnomes mangent de tout. Même si, comme pour tous les enfants, certains trucs passent mieux que d'autres. Non, le problème c'est que s'ils mangent en général tout seuls, la texture de certains aliment (soupe, purée, etc...) leur rend la tâche (c'est le cas de le dire) parfois ardue. Voire impossible. Et dans ce cas, le gnome est binaire : soit il refuse le plat, soit il demande à papa/maman de l'aider. Comprendre :  le nourrir comme s'il n'avait pas de mains.

Rappel des forces en présence : un papa Hérisson, deux gnomes. Vous pensiez que les gnomes étaient dans le camp de papa Hérisson? Erreur.  Ah oui, et deux chats (les deux autres étant dehors) ainsi qu'un chien. Sans oublier Vanina.

Plan de bataille :
Bon, ça se présente mal. Papa Hérisson est cerné. Il ne lui reste plus qu'à faire Camerone, comme on dit dans la légion.
Résumé de la bataille :

12:00 : C'est cuit. Papa Hérisson dégage chat n°4 du plan de travail de la cuisine et attrape la poêle contenant les steaks hachés. Du cheval. Ou du bœuf. Donc du cheval.
12:01 : Xéna pleure parce que ça ne va pas assez vite.
12:02 : Papa Hérisson dégage chat n°4 (oui encore elle) couchée sur sa chaise.
12:03 : Il sert les steaks hachés dans les assiettes des gnomes en consolant Xéna.
12:04 : Il dégage chat n°4 de la table et débite les steaks hachés en petits morceaux.
12:06 : Il court à la cuisine pour récupérer la purée en train de cramer et en profite pour dégager chat n°1 qui se trouve sur le plan de travail de la cuisine.
12:06 : Il court à la table et dégage chat n°4 de la chaise de Xéna qui commence à pleurer.
12:07 : Il console Xéna en servant la purée.
12:09 : Plouf veut bien la viande mais ne veut pas de purée. Papa Hérisson insiste.
12:10 : Plouf insiste de son côté. Papa Hérisson ne négocie pas avec les terroristes : pas de purée = pas de viande.
12:11 : Plouf s'assied par terre et pleure. Xéna réclame "T'aider papa!"
12:12 : Papa Hérisson sent son auréole pousser.
Plouf! Fais-moi le plaisir de t'asseoir à table! Presto!
12:13 : Entendant un bruit, le chien aboie, la caravane passe, papa Hérisson court dans la cuisine. Dégageant chat n°1, il récupère la poêle contenant son steak, oublié à son précédent passage.
12:14 : Il revient à table et dégage chat n°4.
12:15 : Plouf cesse de pleurer et annonce qu'il a faim. Il s'assied de nouveau à table.
12:16 : Papa Hérisson commencer à aider nourrir Xéna.
12:17 : Plouf veut de l'aide aussi.
12:20 : Le repas de papa Hérisson refroidit.
12:22 : Encore du bruit dans la cuisine. Papa Hérisson se précipite et dégage chat n°4 qui a trouvé la plaquette de beurre oubliée sur le plan de travail. S'assurant que la pièce ne contient plus de chat, papa Hérisson y remet la poêle contenant un reste de steak, la protège avec un couvercle assez lourd, puis ferme la porte de la cuisine.
12:24 : De retour à table, il dégage chat n°1 qui tentait sa chance du côté de Plouf.
12:25 : Alternant de Xéna à Plouf, papa Hérisson verse une larme sur son repas qui refroidit.
12:29 : Xéna pleure : ça ne va pas assez vite. Elle finit par se braquer et refuser de terminer son assiette. Repas fini pour elle. De toutes façons elle est cuite. Schlafen baby.
12:34 : Plouf termine son assiette, mais, fatigué lui aussi, ne veut ni fromage ni dessert.
12:38 : Les gnomes sont grognons, ils aspirent à aller siester. Papa Hérisson englouti son repas. Froid.
Repas fini, papa Hérisson, crevé, veut se réchauffer un café (il en reste dans la cafetière) avant de monter les gnomes au lit.
12:45 : Et c'est là que Vanina intervient. VANINA = Variable Aléatoire de Nuisances Intempestives Neutralisant vos Actions. On l'appelle parfois effet Pauli chez les physiciens, loi de Murphy plus généralement, ou encore principe d'emmerdement maximum. Bref, c'est le petit gravier qui vient se glisser dans le sandwich SNCF et fait dérailler les trains. Dans le cas présent : le micro-onde ne se lance pas. Le café de papa Hérisson restera donc froid. Pestant en émettant quelques jurons en allemand (la langue de Goethe se prête assez à ça comme je l'ai déjà dit) du style "Spaß beiseite!", il sort de la cuisine d'assez mauvaise humeur et attrape les gnomes qui pleurent pour les mettre à la sieste. Il checkera le micro-onde plus tard.
12:54 : Trainage des gnomes dans leur chambre, descendage de la poubelle de couches (remplie), remontage avec de l'eau pour que les gnomes puissent boire...
13:09 : 15 minutes, une histoire, deux pipis dans le pot, quelques pleurs et une menace de mise au coin (exécutée) plus tard, les gnomes sont au lit.
13:10 : Redescendant, l'escalier, papa Hérisson entend du bruit dans la cuisine. Il avait oublié de refermer la porte. Entendant ses pas, chat n°1 se sauve comme un voleur pendant que chat n°4 grogne. C'est pas bon signe quand elle grogne, c'est qu'elle a choppé un aliment carné. Bingo. Elle a réussi à soulever le couvercle de la poêle et s'attaque au restant de steak. Cette créature est l'incarnation du diable. Invoquant un taxidermiste-exorciste, papa Hérisson la dégage en vociférant.
13:15 : Vérification du micro-onde : la prise est disjonctée. Bon. On rejoncte, on lance le 'cro-onde. Rien. Nada. D'autres appareils sur la même prise fonctionnent, mais le 'cro-onde est bien mort. Paix à son klystron. Réchauffant son café à la casserole, papa Hérisson se lamente pour le bras que le rachat d'un four va lui coûter. Et là, il constate subitement que la série noire se poursuit...
13:22 : En vieillissant, le chien est devenu un peu sournois, et a développé des goûts... disons discutables. Sans rentrer dans les détails, il adore les couches des enfants. Pleines. Deux d'entre elles (qui se trouvaient dans la poubelle descendue plus tôt) gisent éventrées sur le tapis du salon. Yerk!
13:23
15:30 : Vous savez quoi? Les gnomes ont passé les deux heures de sieste à rigoler comme des baleines. Zéro dodo. Je vous raconte même pas leur état de fatigue et d'énervement le restant de l'après-midi...
Ach! Großß malheur que la guerre!

lundi 19 août 2013

Chat m'énerve chat!

Certains matins sont plus durs que d'autres. Et bizarrement, quand une journée commence mal, il y a de fortes chances que ça aille en empirant. Là, je suis sur que certains me répondront : "Mais non, faut pas dire ça! Aide-toi et le ciel t'aidera!". Ce à quoi je répondrai : "Le ciel je ne sais pas, les chats : aucune chance!". Dans le film Usual Suspects, Verbal Kint (joué par l'excellent Kevin Spacey) dit : "Le coup le plus rusé que le diable ait jamais réussi, ça a été de faire croire à tout le monde qu'il n'existait pas.". Moi je dirais plutôt que le coup le plus rusé que les chats aient jamais réussi, ça a été de faire croire à l'existence du diable pour pouvoir tout lui coller sur le dos...
Et vous pensiez que Keyser Sözé était dangereux?
Mes horaires de travail sont un peu fluctuant, du coup, mon heure de réveil aussi. Il faut savoir que le papa Hérisson n'est pas particulièrement matinal. Ni spécialement vespéral non plus d'ailleurs. Et pas super nocturne (contrairement à mon pote Colegramme le hérisson du jardin d'ailleurs), non en fait, le papa Hérisson aime bien dormir, souvent et le plus longtemps possible. Là, déjà, logiquement, avec deux gnomes en bas âge à la maison, vous vous dites que c'est mal brêlé. Et vous avez raison, mais ceci étant, les deux petits monstres sont plutôt de bon dormeurs (les gènes de papa Hérisson surement) qui ont fait leurs nuits assez vite et ne sont (en général) pas réveillés de trop bonne heure. Du coup, la principale menace contre le sommeil reste le travail.

La plupart du temps, j'ouvre un œil avant que le réveil-matin ne se manifeste (horloge interne performante), ce qui me permet de me lever et de le couper pour ne pas déranger maman Koala (provisoirement mère au foyer, qui a bien besoin de toute son énergie pour gérer les deux zébulons accrochés à sa fourrure toute la journée). Mais parfois, quand c'est trop tôt ou que je me traine quelques nuits trop courtes, ça rate.

Certaines personnes ont un réveil-matin proposant des sonneries assez délicates avec une lumière tamisée pour un réveil en douceur. Vu que ça coûte un bras et que je tiens aux miens, t'oublies!. Pour d'autre, c'est le radio-réveil, programmé sur une station de leur choix pour un réveil dynamique au son de Freddy Mercury (pour les plus chanceux) ou de Justin Bieber (pour ceux qui ont pissé sur un totem). De base, maman Koala et moi étant partisans de cette option (enfin, Freddy Mercury, pas Justin Bieber hein!), nous avons fait l'acquisition d'un magnifique radio-réveil avec affichage mural fonctionnant sur secteur, équipé de surcroit d'un emplacement piles qui permettent de conserver l'enregistrement des stations, de l'heure, et des différentes programmations en cas de panne de courant (l'installation électrique de la maison n'est pas particulièrement vétuste puisque je l'ai refaite il y a quelques années lors de l'acquisition des lieux, mais les prises disjonctent parfois... j'y reviendrai).

Il y a juste deux petits problèmes :
  1. notre maison se trouve juste derrière une magnifique église du XVIème siècle, classée monument historique et qui possède l'intéressante propriété de faire obstacle à la plupart des ondes électromagnétiques de notre environnement, à savoir : micro-ondes pulsées par la NSA pour le contrôle de nos cerveaux, ondes télépathiques des illuminatis qui veulent dominer le monde, ondes des téléphones portables (je me sens peu concerné, mon portable est antédiluvien et je ne m'en sert pratiquement pas) et ondes radios. Ah. Grosso modo, par temps clair et moyennant une prière à Saint Marconi on capte deux stations : radio-curés qui te diffuse le top cinquante des messes et des cantiques et radio-djeuns-cambrousse qui passe moulte Justin Bieber et autre Superbus. Génial! Va pour radio-curés : de temps en temps, ils diffusent Oldelaf & Monsieur D. (pensant sans doute que "Nathalie, mon amour des JMJ" est une chanson religieuse).
  2. je ne sais pas à quoi servent les piles placées dans le radio-réveil, mais manifestement pas à conserver le moindre réglage : même flambant neuves elles n'ont jamais permis de garder quoi que ce soit suite à une panne de courant, même brève. A titre personnel, je pense qu'elles fournissent l'énergie nécessaire à l'ouverture d'un passage interdimensionnel par lequel des moustiques du jurassique (des bestiaux d'environ 3kg à vide) se faufilent pour nous bouffer la nuit, et par lequel les chaussettes adultères abandonnent leur tendre moitié pour aller pécher l’ichtyosaure. Mais ça n'est qu'une hypothèse. Quoiqu'il en soit, les pannes de courant étant fréquentes, le radio-réveil ne reste pas calibré sur radio-curés et s'allume donc sur radio-parasite (à moins que ça ne soit du Justin Bieber?). Avec le son à fond, parce que sinon c'est pas rigolo.
Ce matin là donc : levé à 6h du mat'. Et évidemment, mon horloge interne dormait aussi, donc à 6h pétantes (enfin, 5h33 et 47 secondes en fait car le radio-réveil prend de l'avance. Oui, je sais, faudrait en changer, mais déjà qu'il m'a coûté un testiboule alors ça attendra que ça repousse...) maman Koala et moi-même fûmes réveillés par une purée de parasites à 140dB (surement un extrait du dernier tube de Benjamin Biolay... quoique ça me paraissait bien rythmé). D'un geste délicat, maman Koala (cherchant à protéger son sommeil et celui de ses enfants créchant dans la chambre voisine) éteignit donc l'appareil importun d'un bon ramponeau bien placé et m'éjecta promptement du lit d'un coup de popotin péremptoire en se fendant d'un :" Mgnnnhigngn rrr pchh chtem!" que je traduisis par :"Debout les campeurs et haut les coeurs!". Mais c'était peut-être : "Bouge tes fesses, c'est l'heure! P.S. : je t'aime!".
Mgnnnhigngn rrr pchh chtem!
La tête dans le pâté, les yeux collés, je me hasardai donc dans la pénombre vers la porte de la chambre, l'ouvris silencieusement, et descendis (avec la démarche souple d'un pachyderme sous tranxene) notre escalier de bois qui grince. Direction les toilettes pour le petit pipi du matin.

Petit point géolocalisation : chez nous pour accéder aux toilettes, il faut traverser le salon, la cuisine et un petit couloir semi-extérieur mal isolé (en décembre par -15° je vous raconte pas le bonheur). Ensuite il faut savoir que sur nos quatre chats, l'une d'entre eux (n°2) est la souffre-douleur des trois autres, ce qui fait que la nuit, nous l'isolons dans la salle de bain, fermée, après la cuisine elle aussi fermée afin que : primo elle soit protégée des assauts vindicatifs des trois autres pénibles, et secundo si elle passe sa nuit à gueuler comme un âne (si si, elle est stérilisée) cela ne nuise pas à notre sommeil.
Plan de mon rez-de-chaussé (édition décembre 2012)

Je rentre donc dans les toilettes... tient? Quelle est cette sensation humide qui s'insinue dans ma chaussette droite? Super, chat n°2 a fait pipi par terre. Comprendre : juste dans l'entrée de la pièce, à 13,4cm de la litière propre qui se trouve là juste pour elle. Restons zens, j'aime les chats.
Pipi du matin : check! Je repasse dans la cuisine, ouvre la porte du salon. A cet instant, chat n°4 (la petite dernière récupérée au 15 juillet dernier, après son abandon par quelque irresponsable/lâche/ individu lucide partant peut être en vacance) se jette sur mes jambes pour y grimper à la force des griffes : elle à faim. Retenant mes larmes, je me dirige vers le placard avec le chat suspendu à ma cuisse, attrape sa gamelle et y verse quelques croquettes. Elle me lâche pour aller manger, je me fais 4 points de suture. J'aime les chats.

De retour dans la salon, j'attrape mes vêtements du jour, consciencieusement pliés sur le canapé. Mais... quelle est cette sensation visqueuse sur mes mains? Oh, du vomis de chat sur ma chemise propre. J'AIME LES CHATS BORDEL! Ok, donc :
  1. remonter subrepticement dans la chambre
  2. aller ouvrir à tâtons le placard contenant les fringues
  3. choisir une paire de chaussettes, une chemise et un pantalon au hasard dans l'obscurité (en croisant les doigts pour ne pas tomber sur la chemise à paillette de la dernière soirée années 80 et le pantalon-treilli-zombie-ensanglantée de la soirée apocalypse)
  4. repartir (toujours dans l'obscurité)
  5. se cogner violemment le petit orteil sur le lit,
  6. entendre maman Koala émettre un "Mgnneu? kjpfdrrr pchh..." (traduction = "ça va mon chéri? tu ne t'es pas fait mal?", à moins que ça ne soit "Tu pourrais faire moins de bruit s'te plait, y en a qui dorment!", ou encore "Les chats! Taisez-vous! Pchiiit!").
  7. laisser perler une larme le long de ma joue en gardant un visage stoïque
  8. me dépêcher de descendre discrêtement-pachyderme-tranxene-machin-tout-ça
  9. sortir de la maison
  10. aller hurler sur la colline
  11. revenir
  12. J'AIME CES P*#&@ DE CHATS!
Vestige de l'évolution, le petit orteil n'existe que pour s'exploser sur un coin de meuble, sachez-le!

Et là, tu te rapproche du canapé pour t'habiller. Et de nouveau, tu as une drôle de sensation au niveau de ton pied droit (nu cette fois puisque tu as déjà incinéré les chaussettes que tu portais en marchant dans la flaque de pipi de la salle de bain. C'est humide et visqueux, et ça s'insinue entre tes petits orteils délicats (et propres, tu viens de te laver le pied dans la salle de bain suite à l'incident-pipi... suivez un peu bon sang!). Du vomis de chat. Manifestement, l'un des félins ici présent (n°1, n°3 ou n°4) a décidé de rejouer une scène de l'Exorciste pendant la nuit : outre ta chemise, ton canapé et ton tapis ont pris cher aussi. Bon. Aller se re-nettoyer le pied en notant mentalement de trouver l'adresse d'un bon taxidermiste, et en se disant que cette journée commence mal.
Bon sang, mais quelle peut-être la contenance d'un chat?

A ce stade, je me disais fort justement que les chats étaient de sérieux emmerdeurs de petits coquins et qu'ils avaient fait fort ce coup là. Naïf que j'étais : une symphonie n'est rien sans son requiem.

Toujours un peu léthargique bien que sous le coup de la colère, je vais pour préparer mon petit déjeuner. Chat n°4 jailli de la cuisine ou je l'avais enfermée pour qu'elle mange ses croquettes. Et m... mince! Le pain. Cette affamée a bouffé toutes ses croquettes, puis attaqué le pain. Rhaaa! Mais c'est pas vrai? Ils ont un trou noir ,à la place de l'estomac? Ah non, c'est vrai, ils vomissent après. Surement des crypto-anorexiques. Ronchonnant, je découpe mes tartines, les colle dans le grille-pain et prépare mon café en ruminant des pensées incluant des chats, de la corde, un sac de toile de jute, des parpaings et un taxidermiste. Puis muni de mes tartines beurrées et confiturées, je me pose devant mon ordinateur avec mon café pour y mater le dernier article d'un Odieux Connard.

Soudain : bruit de métal chutant sur le sol. Dans la cuisine. Je me précipite. Faisant tomber le couteau, chat n°4 est en train de lécher le beurre que j'ai omis de remettre au frigo.
...
...
Xlptk! Pchiiiiit! Fiche le camp sale bête! Je range le beurre au frigo, dégage chat n°4 et ferme la porte de la cuisine. Je retourne à l'ordinateur, et dégage chat n°4 en train de manger mes tartines. Purée!!! Mais elle est partout celle-là! On en a combien d'exemplaire? Qui l'a mouillée?
Je me demande bien quel animal a pu inspirer le créateur des gremlins...
Je continue mon p'tit déj' en ricanant bêtement devant le spoiler de Pacific Rim. Soudain, Ecran noir. Plus de courant. Ah. Je check le tableau électrique : en effet, c'est disjoncté. Je rejoncte. Et ça re-disjoncte. Grrr. Je teste pièce par pièce : c'est la cuisine. Ok, allons checker la cuisine. Prise du four : pleine d'un liquide jaunâtre dont l'odeur ôte le moindre doute qu'il pourrait y avoir quant à la provenance. Et même pas de cadavre de chat électrocuté... quelle déception. Je nettoie, je rebranche, et je vais rejoncter avant d'aller finir mon p'tit déj'. Puis je retourne dans la cuisine pour préparer ma boite déjeuner et faire ma vaisselle.
Le condensateur du futur. Et en plus il est kawaï.

Il faut savoir que je ne dispose que d'une heure pour ma pause déjeuner (comme beaucoup de gens me direz-vous...), et que mon entreprise ne dispose pas d'une cantine. Comme je travaille à plus de trente bornes de mon domicile, rentrer manger chez moi est inenvisageable. Il y a bien une série de resto/cafet'/fast-food/pizzeria dans la galerie commerciale voisine, mais celle-ci se trouve à environ 1/4 d'heure de marche (14 minutes en courant, enfin quand moi je cours, 25 à cloche-pied). Ou 5 minutes en voiture, mais comme le parking de l'entreprise doit comporter environ 200 places pour 800 employés, tu réfléchi sérieusement avant de libérer celle pour laquelle tu as dû plier trois cadavres dans ton coffre (en attente d'un séchage en règle au grenier, ou d'une inhumation dans le jardin). Reste la solution de disposer d'une boite-repas, de préférence thermos pour manger chaud. Solution qui a donc été retenue par votre serviteur.

Du coup, le matin, je fais griller aussi mes tartines pour le midi, car j'aime bien manger un peu de pain avec le fromage que j'emmène (je suis assez épicurien). J'ouvre donc la porte de la cuisine. Chat n°1 se sauve comme s'il avait fait une bêtise. Qu'est-ce qu'il fichait là celui là? Zut j'ai dû l'enfermer en virant chat n°4...
Manifestement, il devait avoir faim, puisqu'il a mangé la moitié de mes tartines grillées (constituées de pain déjà partiellement boulotté par un chat je le rappelle). Pourquoi est-ce que j'entends soudain les grandes orgues dans ma tête?



– Allo? Le taxidermiste? Vous faites des prix de gros?