jeudi 20 mars 2014

Le principe de la Biscotte de Papa Hérisson

Vous avez sans doute déjà entendu parler du principe du "Rasoir d'Ockham" (énoncé par un moine franciscain du XIVème siècle nommé Guillaume d'Ockham, ce qui ne nous rajeunit pas, convenons-en)... Si vous ne connaissez pas le nom du principe lui-même, vous l'avez pour autant surement entendu énoncé de la sorte : "L'explication la plus simple est souvent la meilleure."
Ce postulat (ça n'est qu'un postulat puisque la "simplicité" d'une explication est quelque chose d'assez subjectif) est régulièrement invoqué dans les domaines scientifiques, assez souvent pour réfuter l'appel au surnaturel ou au divin d'ailleurs. C'est aussi l'un des leitmotivs de Sherlock Holmes.

Partant de ce principe, j'ai moi-même énoncé le postulat dit de "la biscotte de papa Hérisson" (je rappelle que je me rase avec une biscotte) :
►"L'explication la plus simple à une action ou une décision qui parait absurde et/ou contreproductive est la bêtise."
Il s'accompagne souvent du corollaire dit "de Justin Bieber" :
▲"Si cette action ou cette action parait incommensurablement stupide, c'est probablement parce qu'elle l'est, tout comme son instigateur."
On pourra accessoirement y adjoindre cet autre corollaire, dit de "la poussée d'archi-merde" :
▲"Une action/décision individuelle stupide se mue invariablement en action/décision collective exponentiellement stupide si elle est menée en groupe."

Des exemples? Pas de soucis : je vous propose ce petit bouquet garni de démonstrations de bêtise humaine manifeste.


1. Les déchets jonchés au sol alors qu'il y a une poubelle à moins de 10m
Comme le dit très bien Hildegarde, il est extrêmement énervant de se balader (en forêt par exemple, ou sur une plage) et de poser sans arrêt le regard sur tout un tas de détritus divers et variés :
  • bouteilles et canettes de bière
  • emballages de chips/gâteaux/bonbons
  • paquets de cigarette
  • slips (!?)
  • chaussures solitaires (!?)
  • emballages de capotes (ah... peut être un début d'explication?)
  • mégots de cigarettes en quantité industrielle
  • couches sales (la capote ci-dessus devait être percée, voila ce que c'est de copuler au milieu des aiguilles de sapin)
  • emballages de médocs
  • CD de Justin Bieber
  • bidons de déchets nucléaires
  • cadavres de joggueuses
  • etc...
Tient? On a retrouvé une joggeuse disparue...
Très souvent, ces déchets se trouvent au moins à... pffffff, au moins 10 mètres d'une poubelle. Ouhla! Pffff! 10m!!! Non, franchement, ça devait être vraiment être trop loin pour remuer son gros cul se déplacer jusqu'à ce bel objet de mobilier urbain inventé par le préfet qui lui a donné son nom. On se rend pas bien compte hein... 10 mètres, allez retour ça doit bien faire 30 bonnes secondes. Insurmontable!
Je gage que derrière cette façade de cynisme grinçant, vous aurez deviné les sentiments d'allégresse qui m'emplissent... à l'idée de meuler la face des inconvenants qui prennent la nature pour leur poubelle à l'aide de quelque objet lourd et/ou contondant (pelle, manivelle de cric, pied de biche, Franck Dubosc...), avant de les trainer dans mon grenier pour un séchage en règle. On va dire que ça sera ma contribution au nettoyage de la nature façon colibri d'Hildegarde (vous pouvez faire de même, mais que cela ne vous empêche pas de prendre un sac plastique,de ramasser quelques détritus lors de votre prochaine balade en cambrousse, et de déposer le sac dans l'une de ces fameuses poubelles. Et pas que pour la journée de la Terre par exemple...).

2. Les voitures garées n'importe comment, alors qu'il y a un parking à moins de 50m
Selon la voiture, ça peut revenir au point précédent... ceci étant, curieusement, les véhicules en question sont souvent de belles berlines/de gros 4x4 urbains (je... oui, moi aussi je m'interroge souvent sur la pertinence du concept de 4x4 urbain qui me semble relever de la même logique absurde que le soda de régime, les convictions en politique ou un livre de Nabilla) de marque Merwagen, OpeMW ou Volkcedes.
Quand je dis "garées n'importe comment", j'entends par exemple:

►garé comme une merde sur le trottoir au point d'empêcher le passage d'un papa (Hérisson par exemple) avec une poussette, ou un handicapé en fauteuil roulant, les obligeant à passer sur la route à leurs risques et périls
Un cumulard : garé sur le trottoir et sur un passage piéton.
►devant une borne incendie, ce qui obligera les pompiers à défoncer la bagnole à grands coup de hache-incendie en cas de problème
Bien joué les pompiers. Respect.
 ►devant un passage, bloquant ainsi l'accès à d'autres véhicules
Oui, nous sommes d'accord : cette voiture de police est bien mal garée.
Le tout bien sur alors que de vraies places de parking se trouvent à moins de 50 mètres, et que certaines (voir la plupart) sont disponibles.

►Variante : "je me suis garé sur un parking (gratuit tant qu'à faire), mais je parviens on ne sait comment à occuper trois places au lieu d'une car le concept même de manœuvre m'est totalement étranger".
(Là, je crois qu'on tient un champion du monde.) –Dites, vous seriez libre pour un diner mercredi?
Excuse classique : "Nan mais allô quoi! J'en ai pour 5 minutes!", et ce quelle que soit la durée, comprise le plus souvent entre 30 minutes et une demi-journée. Einstein serait ravi : la relativité du temps est donc prouvée, et l'univers doit bien être infini puisque la connerie humaine quand à elle semble sans limite (bon, pour l'univers, y a encore un doute)...
Du coup, à ma dernière vidange, j'ai demandé à mon copain Piotr quelques aménagements sur Titine à l'aide de pièces de récup sur des chars de l'armée rouge...
"Tient!? Je crois que j'ai roulé sur un truc... j'espère que Titine n'est pas rayée"

3. Les gens qui viennent te polluer ton espace vital alors que tu n'avais rien demandé
J'ai parfois l'impression que chez certaines personnes, voir un gars tout seul, tranquille (en train de béqueter sa gamelle dans la patio non fumeur de son entreprise lors de sa pause déjeuner par exemple, ou en train de bouquiner sur un banc pendant la pause café) déclenche une sorte de réflexe de pitié : il faut impérativement aller lui tenir compagnie, et lui raconter toutes ses petites misères, voire se pointer en groupe et se mettre à caqueter comme des dindes (inutile de lâcher un commando femen à mes trousses, aucun sexisme dans ma remarque : le groupe peut aussi bien être féminin, masculin ou mixte).
Il faut croire que le fait de manger tout seul, peinard et avec l'air rêveur du gars perdu dans ses pensés te rend :
  • soit extrêmement sexy au point d'attirer tout ce que ton entreprise compte d'individus en rut (là encore : hommes, femmes, fans de Justin Bieber, pas de discrimination)
  • soit infiniment digne de pitié : tu dois certainement être très malheureux/dépressif/au bord du suicide pour te couper ainsi de tous ces boulets de tes sympathiques collègues
  • soit totalement invisible, ce qui justifie de venir s'asseoir limite sur tes genoux pour raconter aux autres membres de ton poulailler ses passionnantes histoires d'herpès génital.
Le summum étant de venir poser ses fesses à 30 cm des tiennes (alors qu'on ne te connait ni d'Eve ni d'Adam) et, sans même t'adresser la parole, d'allumer une clope bas de gamme (surement de contrebande) qui pue pendant que tu tentes de te délecter du délicieux crumble à la fraise au goût si subtil que maman Koala t'a préparé avec amour. Dans le patio non fumeur. Juste sous l'étiquette d'interdiction de fumer. Cumuk.
–Ça va? L'odeur de ma bouffe ne te gène pas trop?
–Non non, ça v...
"J'ai trébuché M. le juge..."

4. Ces objets mal pensés/mal fichus qui vous pourrissent la vie
Nous sommes en l'an 2014 après Jean-Claude. Depuis 1969, l'humanité a envoyé avec succès plusieurs missions habitées sur la lune. Depuis des décennies maintenant, nous savons envoyer et ramener des humains dans l'espace. Nous savons concevoir des ordinateurs capables d'apprendre par eux-même, nous savons manipuler des séquences ADN pour modifier les gènes des plantes et des animaux. Nous savons détecter d'infimes signaux électromagnétiques vieux de plus de 14 milliards d'années, prouvant que l'univers est né d'une extraordinaire "explosion" primordiale.
Et nous sommes infoutus d'inventer des &%$#@ d'étiquettes qui peuvent se décoller sans se déchirer des objets que nous venons d'acheter.
Si ce mauvais gag ne vous est jamais arrivé, sachez que je vous méprise.
Notons qu'à l'inverse, les objets pour lesquels des informations indispensables mériteraient d'être étiquetées de façon inamovibles, sont souvent équipés d'étiquettes qui ne collent pas ou plus simplement d'une notice volante qui finira invariablement par disparaitre. Dans le même esprit : les bons de garantie sous forme d'un ticket de caisse sur papier thermique... qui finit par s'effacer en l'espace de quelques semaines/mois. Bon courage pour faire jouer la garantie.

Un autre exemple : les papiers prédécoupées avec des pointillés... dont la découpe part systématiquement en couille cacahuète et occasionne une belle déchirure, surtout si c'est un papier important. De façon générale, on pourra conspuer tous les systèmes d'ouverture facile qui fonctionnent quand ils veulent.Comme par exemple ces foutues boites de pâtée pour chat, dont la tirette de l’opercule a la bonne idée de se casser, au moment ou vous avez 4 chats affamés autour de vous en train de brailler comme des ânes pour avoir leur repas, et deux bébés dans la pièce d'à côté qui viennent de s'endormir.
Et encore, là ils sont cool... ils ne profèrent aucune menace contre votre vie.


Dernier exemple : ces objets du quotidien, souvent à vocation culinaire qui semblent avoir été conçus par un connard d'ingénieur de mes deux qui n'a jamais dû mettre les pieds dans une cuisine, et encore moins tenté des les nettoyer après usage.
Hmmmm! ♫ Tous ces petits recoins !♪ Trop de bonheur à nettoyer! ♫
Et je ne parlerai pas de tous ces récipients dont le bec verseur a manifestement été conçu pour en foutre le maximum à côté.
Pour ma part, afin de résoudre ce problème, j'ai fondé une association à but non lucratif : le Comité pour une Torture Relativement Légale Associée à la Lapidation  Terminale pour les Scientifiques créateurs d'Ustensiles Peu Pratiques ou Ratés (le CTRL ALT SUPPR). L'inventeur du crépi est en tête de la liste noire de l'association.

5. Les boulets qui se conduisent dans les lieux publics comme s'ils étaient seuls au monde
Ceux là, y en a plusieurs sous-espèces (oui, le terme convient assez bien en y réfléchissant) :
  • L'ahuri(e) qui est planté(e) en plein milieu du passage (porte d'accès du bâtiment dans lequel tu veux rentrer, au milieu d'un escalier étroit, en train d'avancer en ligne à 0,5 km/h avec ses potes sur toute la largeur de la rue...), qui ne te regarde pas, et semble ne pas entendre quand tu toussotes en disant "Excusez-moi". Existe aussi en troupeau. A parfois tendance à soupirer comme si tu demandais la lune lorsqu'il/elle daigne enfin s'écarter de 15 cm. A mon sens, c'est la meilleure explication à toutes ces histoires de tireurs fous qui se mettent à canarder apparemment au hasard.
  • Le/la pénible qui dégaine son téléphone portable dans un lieu clos (exemple : salle d'attente du médecin, autobus, ...) et se met à raconter sa vie dans les moindres détails sordides ("Non parce que tu vois, cet herpès génital, c'est quand même embarrassant... ça me fait des sortes de..."). L'immolation par le feu reste le meilleur remède.
  • Les gros porcs qui transforment les toilettes publiques en tranchées de bataille de Verdun. Après avoir fait sortir la taupe du terrier ou lâché un renard, certains doivent trouver hilarant de balancer une grenade ou un pétard mammouth dans la cuvette. Je ne vois aucune autre explication à l'état dans lequel on retrouve parfois certaines toilettes publiques. Mention spéciale pour les aires d'autoroute : il faut impérativement que les restaurants routiers cessent de proposer du chili con carne à la nitroglycérine dans leurs menus ! Accessoirement, je suppose que ce sont les mêmes individus qui préfèrent se soulager sur le mur de ta maison que dans les toilettes publiques situées à moins de 20 mètres. Le stock de vieilles bonbonnes d'ypérite que je viens d'acquérir sur un site de surplus militaire allemand devrait me permettre de résoudre rapidement ce problème... Ach, großß malheur que la guerre!

J'ai préféré vous mettre cette image d'un paysage bucolique : les derniers WC publics que j'ai visité hanteront mon âme encore longtemps...




Je m'arrête là, on pourrait multiplier les exemples à l'infini. Tient, et vous d'ailleurs... il y a des exemples de bêtise humaine désespérante qui vous frappent ?

vendredi 14 mars 2014

Bons baisers de l'espion aux pistolets d'or qui ne meurt jamais deux fois un autre jour au casino royal de Russie.

Papa Hérisson dans "Opération  quéquette Bonnet Rouge"

Mon salaire étant plus proche de l'insulte que de la source de revenu, j'aime râler sur les trucs qui coûte un bras. Et parmi ceux là, la voiture est un poste de dépense particulièrement important. Comme j'ai fait le choix de vivre à la cambrousse ("C'est ton choix bonhomme!" me direz-vous à juste titre), il m'est difficile de me passer d'un véhicule automobile. Du coup, nous avons deux voitures : Titine, la mienne (petite citadine essence de marque Citregeot™) et Pepette, celle de maman Koala (monospace familial diesel de marque Citregeot™ aussi). Et étant donné que je bosse à une trentaine de bornes de chez moi, Titine roule quotidiennement, avalant les kilomètres, l'essence, l'huile de moteur et le contenu de mon compte bancaire. Fort heureusement, elle date de l'époque ou Citregeot™ fabriquait encore des voitures.

Je suis plutôt du genre pragmatique : tant qu'elle est capable de me mener d'un point A à un point B sans trop protester, je ne vois pas vraiment de raison d'en changer. Du coup ma Titine elle n'est plus toute jeune : pensez, elle a connu la guerre! Celle du Golfe je parle (la troisième pour être exact). Mais elle a beau avoir pas loin de 20 ans et 250 000 bornes dans les pistons, elle est encore plutôt fringuante. Mais bon... y a deux ans, elle a quand même eu un problème de joint : elle faisait de la mayonnaise dégueulasse (un peu comme Justin Bieber, sauf que là c'était un problème de joint de culasse). Après moult hésitation, j'ai fait le choix de la réparation (ce qui ma coûté un testiboule au passage), et elle était repartie. Elle semble a peu près remise, sauf qu'elle est un peu gourmande en huile (elle biberonne son bidon de 2L tous les 6-7000 kilomètres). Du coup, par mesure d'économie, j'ai décidé de faire mes vidanges (et à tout le moins les remplissages d'huile) moi-même.

C'est l'autre avantage d'avoir une voiture un peu ancienne : si vous êtes un minimum bricoleur, y a plein de petits entretiens que vous pouvez faire vous-même du coup. Comme par exemple : la vidange, changer les essuies-glace, remplacer les ampoules de phare grillées, changer une roue. Car oui, toutes ces petites choses assez basiques peuvent devenir compliquées, voire infaisables, sur des modèles plus récent. Oui, même changer une ampoule, car sur certains modèles, pour y parvenir, il faut retirer toute la calandre avant et déconnecter proprement l'ordinateur de bord... Bon courage.
"–Que fais-tu Dave? Tu n'as pas l'autorisation pour ça. Je vais devoir poursuivre la mission seul!"
Si j'en crois certains de mes amis (heureux possesseurs de voitures récentes) et les forums de passionnés d'automobiles, sur un certain nombre de modèles récents, on rencontre les "désagréments" suivants :
  • Impossibilité de changer un phare sans démonter le pare-choc, voire le filtre à air. Facturé 1h30 de boulot chez le garagiste. (notons cependant que cela ne vous dispense pas d'avoir une boite d'ampoule dans votre vie-poche, les flic vous verbalisant quand même si vous ne l'avez pas, et ce bien que ni vous ni eux ne puissiez changer cette $#@%! d'ampoule, même si vous vous retrouvez sans éclairage en pleine nuit sur une route de campagne. Bonne chance.)
  • Impossible de changer la batterie car : soit les vis qui la fixent ont une forme or standard et vous ne disposez pas de la clé adaptée, soit cela réinitialisera l'ordinateur de bord et vous ne pourrez plus démarrer.
  • Impossible d'accéder à quelque pièce que ça soit dans le moteur, ce dernier est "protégé" par moult carters et caches vissés à l'aide de vis de forme non standard pour lesquelles vous ne disposez toujours pas de la clé adaptée : Apple Syndrom. (notons que si jamais cette clé arrivait dans le commerce, le standard de la marque serait alors changé et vous seriez bien feinté)
  • Impossible de faire la vidange/changer le filtre à huile vous même : le filtre est hors d'atteinte et nécessite un démontage partiel du moteur, et le bouchon de vidange est de forme non standard.
Bien évidemment, votre garagiste (appartenant au réseau de la marque, afin de disposer de la valise –pas la valise RTL– qui se connecte à votre ordinateur de bord) vous fera tout ça pour pas cher : juste un bras. On voit bien l'intérêt de la chose...

Sur ma "vieille" voiture sans électronique, je n'ai pas ces problèmes. Mais bon, de temps en temps, il faut quand même l'amener chez le garagiste pour une petite révision : je ne suis pas un cador de la mécanique et je ne suis pas vraiment équipé pour l'entretien complet. Et il faut aussi passer le contrôle technique de temps en temps. Pour le garagiste, je ne suis pas trop mal tombé : j'en ai trouvé un plutôt compétent, honnête et qui pratique des tarifs presque raisonnables. Un petit garage à l'ancienne dans une commune un peu excentrée. Il n'a que deux employés : sa femme qui gère l'accueil et la compta, et un mécano (un grand type musculeux du genre taiseux, que je verrais bien se prénommer Youri ou Sergueï et être un ancien Spetsnaz qui aurait déserté à la chute du rideau de fer). Et puis il est sympa : quand il fait l'entretien de Titine, il me prête une voiture de courtoisie gratuitement.
Quel plaisantin ce Evgueny!
Ah... les voitures de courtoisie... Sauf si votre garagiste est aussi un un riche concessionnaire se frottant les mains à l'idée de vous refourguer son tout dernier modèle de chez Renoyota Motors™, toutes options, en leasing sur 30 ans pour la modique somme de "ton âme", il y a peu de chance qu'on vous ait déjà prêté un véhicule de démonstration quasi-neuf en guise de véhicule de dépannage. Vous l'aurez sans doute noté, la plupart des garagistes vous refilent de vieilles guimbardes approximatives dont on se demande souvent comment elles ont pu obtenir leur contrôle technique réglementaire. La conduite de ces débris sur roue tient en général plus du numéro au cirque du soleil que de l'exercice d'auto-école.
"–Allez-y doucement sur l'accélérateur tant que le moteur chauffe, sinon elle peut avoir tendance à caler...
–Ah? Parce qu'elle arrive à démarrer déjà?"
Mais avec mon garagiste, je crois qu'on est carrément à un autre niveau. Les deux dernières fois, il m'a passé les clés d'un... euh... véhicule (disons), dont le logo en W sur la calandre tentait de faire croire qu'il s'agissait d'une voiture de marque allemande. En réalité, et sachant que le mot russe Шпион signifie "Espion" je soupçonne que ce W est en réalité un Ш cyrillique. Le KGB ne manque pas d'humour. Pour schématiser, l'engin fait le bruit d'un Tupolev, est maniable comme un chalutier soviétique (espion bien sur), poussif comme un blindé de l'armée rouge et son auto-radio crépite comme un compteur Geiger près de Tchernobyl. Quoique... en y réfléchissant, c'était peut être juste les signaux d'un spoutnik captés par l'antenne (pièce de récup de la station Mir).
J'aurais dû me douter de quelque chose...
Cerise sur le gâteau, c'est un diesel. Mais c'est bien la première fois que j'en vois un avec un starter. Si si : authentique. Et à l'intérieur le tableau de bord, plutôt épuré, est plus proche de celui d'un soyouz (trois boutons : marche, arrêt, oups) que de la navette spatiale. Point d'ordinateur de bord. Remarquez, ça tombe bien, je ne parle pas le russe.

Ok. Bon, donc manifestement Andreï là, c'est une sorte de Лдмєз БФИD version soviétique, et ça c'est la voiture avec laquelle il est venu en France. Certainement un agent dormant, venu là pour déclencher des troubles en aidant à l'infiltration de commandos femen voués à déstabiliser nos valeurs en s'appropriant les symboles les plus sacrés de notre république.
Non, pas de boobs. C'est un blog tout public, non mais ho! Circulez chenapans!
Il travaille surement en étroite collaboration avec la vénéneuse Лцlѥ GДЧЄT et Cдяlд БЯЦИI, redoutables agentes du KGB ayant pour mission de séduire nos dirigeants afin de leur dérober des secrets d'état comme par exemple les plans du Minitel, du Tatoo ou de la ligne Maginot.

Donc la semaine dernière, j'ai déposé ma voiture pour la vidange, dès potron minet. Seul le mécano, Slobodan, était déjà là :
–Ah... euh... bonjour Vassili. Je suis papa Hérisson, j'avais rendez-vous pour l'entretien de ma voiture.
–...
–Hem. Oui, bon. Voila les clés hein.
–...
–Heu...
–...
–C'est à dire que... hem... j'avais aussi demandé une voiture de courtoisie. Pour aller au travail quoi.
–...
–Heu... ça sera la Volkscedes™ de la dernière fois? Non parce que... ah ah... elle est un peu rustique non? Elle vient d'ex-URSS? ah ah ah... hem.
–Non. Super 5. Là.
–Ah? Euh... ok. Bon... merci.

Ok : finalement, Igor, c'est Mдc GЧѴЄЯ. J'en ai eu confirmation avec cette deuxième voiture de courtoisie qui m'a été prêtée. Une Super 5, un peu trop jeune pour avoir connu la guerre froide (bon elle a quand même dû voir la deuxième guerre du Golfe hein... non je ne parle pas des problèmes conjugaux de Tiger Wood). Manifestement une authentique Renoyota™ puisque j'ai bien reconnu le rayon de braquage digne d'un convoi exceptionnel de la Super 5 (maman Koala en a eu une avant Pepette). Sauf que l'engin a manifestement été rafistolé à l'aide de diverses pièces pas d'origine , manifestement issues d'un sous-marin nucléaire soviétique réformé (ou échoué, c'est pareil). Mention spéciale pour le rétroviseur central qui semblait être un morceau de périscope (provenant certainement du Koursk). Notez que, à ma grande déception, je n'ai pas trouver le bouton pour l'ouverture des trappes à torpilles.

Misère! Boris n'était donc qu'un vulgaire trafiquant de surplus militaire russe? Déception : le KGB c'est comme les voitures, c'était mieux avant (souvenez-vous, Anna Chapman).
Le KGB, c'était mieux avant.
Finalement, j'ai donc récupéré ma voiture le soir même, vidangée et entretenue :

–Bonsoir madame... M. Papa Hérisson. Je viens récupérer ma Citregeot™ Saxensix qui était à l'entretien aujourd'hui. Elle est prête?
–Ah! Oui, elle vous attend. Voila la facture, ça nous fera donc... un bras.
–Pas de soucis. Je vous signe le chèque avec mon sang hein... ah ah!
–Hi hi hi! Bon, Alex vous a fait la vidange et changé le filtre. Les freins et les amortisseurs sont nickel. Faudra changer le filtre à air, mais ça peut attendre le contrôle technique. Ah, il vous a aussi redressé l'antenne radio et remplacé le bouchon de vidange.
–Euh... Alex?
–Oui, le mécano... pourquoi?
–Non, pour rien. Au revoir madame.

Zut... j'aurais bien parié qu'il s'appelait Boris ou Nikita. Faut que j'arrête de me faire des films dans ma tête moi...

Epilogue :

Le président de la fédération de Russie contemplait pensivement la place Rouge depuis la fenêtre de son bureau du Kremlin. Un verre de vodka à la main, son esprit se projetait à des milliers de kilomètres, là où était peut être en train de se jouer la suprémacie Russe des décennies à venir... La sonnerie de son Tatoo le tira de ses pensées. Consultant rapidement le mini-message qui s'y affichait, il lâcha un bref soupir, puis se dirigea à pas lents vers un secretaire fermé. Il le déverrouilla à l'aide de la clé sécurisée qu'il gardait en permanence autour du cou, et en extirpa un petit appareil muni d'un clavier et d'un écran qu'il brancha et posa sur son bureau avant de s'asseoir dans son confortable fauteuil. Il décrocha son téléphone rouge, et posa le combiné sur l'appareil. Il saisi le code d'accès : 36 15 цггд, et commença à pianoter.
–Боиjouя cдmдядбє Дlєжєï !
–Боиjouя cдmдядбє VlДбimiя!
–Vous êtes sur que ce mode de communication est sécurisé?
–Dд camarade président! Certain! La NSA n'espionne pas ce canal de communication. Les minitels sont jugés trop primitifs pour que les єspions-gєєks américains daignent s'y intéresser. Дн дн дн !
–Parfait. Alors le camarade Дяидцб Моитєъоцяg a fait de l'excellent travail en récupérant les plans de ces engins. Où en êtes vous de l'opération "Боииєтs Яоцgєs" ?
Complot crypto-communiste
–Ça avance camarade président. Nous seront bientôt maîtres des voies de communication de l'ouest du pays, et grâce à la camarade Лцlѥ GДЧЄT et au camarade Бцissои, l'attention des médias français est focalisée sur les secrets d'alcove de leurs dirigeants! Sans compter votre brillante opération de diversion en Crimée. Mais...
–Mais?
–Il y a eu un impondérable... j'ai peut être été repéré par un agent français qui se fait appeler "Pдpд Hєяissoи".
–Qu'est-ce qui vous fait penser ça?
–Il a évoqué l'origine russe de ma voiture...
–Nous ne pouvons nous permettre que les français s'intéressent de trop près à nos opérations en Bretagne camarade Alexeï!Une fois terminée, la ligne "Мдgiиот" que nous y construisons assurera la sécurité absolue de cette enclave Russe en plein cœur de l'Europe et nous permettra de lancer l'attaque finale ouvrant la voie au "Иоцvєl Оябяє Sоviєтiфцє Моибiдl". Mouhдhдhдhд !
–Je sais cela camarade président... rassurez-vous, j'ai pris des mesures pour neutraliser l'agent Pдpд Hєяissoи : j'ai trafiqué son auto-radio pour qu'il diffuse du Justin Bieber et du Sebastien Patoche.
–Bяяяя! Guerre psychologique... Vous êtes cruel camarade Alexeï!
–J'ai aussi remplacé son bouchon de vidange par l'émetteur radio d'un spoutnik : nous allons pouvoir le localiser en permanence. Un commando femen est prêt à intervenir avec sa subtilité habituelle pour neutraliser la cible...

jeudi 27 février 2014

Tu t'es rasé avec une biscotte?

Si on me surnomme papa Hérisson, ça n'est pas sans raison : c'est parce que j'ai tendance à piquer un peu (et à ronchonner aussi, mais c'est un autre problème). Je ne compte plus les fois où on m'a sorti :

– Dit donc, tu es en procès avec Ginette™ ou quoi?
ou
– Tient!? Tu t'es rasé avec une biscotte ?

Bin oui : j'ai le poil dru, j'ai le poil noir, et j'ai la peau sensible (et accessoirement parfois un peu la flemme aussi). Du coup, les rasages quotidien me posaient problème, car soit je ressemblais à ça :
"Je crois que je me suis rasé d'un peu trop près..."
soit je ressemblais à ça :
"Oui, je pique un peu..."
Oui, je sais. Du calme quand même les filles, maman Koala n'est pas prêteuse. Du coup, vous l'imaginez bien, j'ai testé pas mal de techniques, de produits et d'ustensiles de rasage avant de trouver la méthode :
1/ la meilleur marché
2/ la plus efficace
3/ la moins douloureuse

Notons que si j'ai résolu les problèmes de poils drus et noirs et de peau sensible, le problème de flemme étant toujours d'actualité, je ne me rase toujours pas quotidiennement, ce qui fait qu'en général, je ressemble à ça :
"Boah... ça va encore, je me raserai demain!"
Rhaaaaa! Du calme les filles j'ai dit!

Bien, je vais donc vous faire profiter de ma grande expérience en la matière en vous proposant cet article de test (non sponsorisé je le précise) :

Papa ne pique plus (enfin plus trop)


► Test n°1 : Les rasoirs

♦ Les rasoirs électriques
Ces petits bijoux de technologie qui font la joie et la fierté de l'homme moderne (et accessoirement de son catalogue) n'ont jamais vraiment été une expérience inoubliable pour moi. Déjà ces appareils sont en général fort coûteux à l'achat, et pas vraiment meilleur marché à l'entretien puisque les grilles de remplacement (bin oui, les lames sont à changer périodiquement) coûtent en général un testiboule.
Ajoutons à cela qu'il convient de nettoyer soigneusement ces fameuses grilles, faute de quoi leur durée du vie s'en trouve grandement réduite, et par la même le nombre de vos testiboules itou. Certains vous diront que le rasage à l'électrique est plus doux pour la peau : je m'inscrit en faux. Certes, il est difficile de se faire une coupure au rasoir électrique, mais le passage rapide de la grille a tout de même tendance à irriter l'épiderme... d'où le fait que maintenant les industriels proposent des rasoirs électrique qui déposent préalablement un gel protecteur à l'aloejoba de karité. Vendu en dosettes qui coûtent un rein bien sur.
Naturellement, ça complique d'autant le nettoyage de cette @#&*$ de grille, qui, non contente d'être garnie de micropoils abrasifs obstruant le machin, est donc à présent plâtrée de gel collant, cimentant ainsi les dit poils. Le bonheur.
Et pour ce qui est de l'efficacité, franchement on repassera : je n'ai jamais réussi à être rasé de vraiment près à l'électrique. Et comme j'ai le poil noir, ça fait un voile même quand je viens de me raser... pas terrible quand même. Ou alors il faut que j'insiste trois plombes, et du coup ça prend des heures et en plus après, je ressemble à ça :
"Ça irrite un peu la peau quand même..."
Bref, autant dire que pour le côté pratique, rapide et indolore, on repassera.

♦ Le rasoir mécanique à têtes jetables (2, 3, 4, 5 ou whatmille lames)

Bon. En terme d'efficacité, y a clairement pas photo : le rasage mécanique permet sans surprise d'être rasé de beaucoup plus près. Il est aussi beaucoup moins cher à l'achat, d'autant qu'on trouve régulièrement des offres de remboursement (total ou partiel) sur l'achat du nouveau dernier modèle-tip-top-wahou-qui-déchire-sa-race de chez Ginette™ (ou Ouiquisonne?™) avec encore plus de lames.
Le nouveau Ginette™ 4 lames sur pivot qui rase d'encore plus près!
Sur ce plan là, avantage avantage au mécanique. Sur l'entretien... je suis déjà plus partagé : sous prétexte d'efficacité et de confort de rasage (Mouaih. J'y reviendrai plus loin...), les industriels on jugé bon de pourvoir les têtes de ces rasoirs d'un nombre de lames improbable. Et en constante augmentation : c'est l'inflation. Au dernières nouvelles on était arrivé à 5 lames il me semble?
Bref, toutes ces lames c'est bien joli, et ça permet de faire de belles pub dans lesquelles on a l'impression que le rasoir a été conçu par la Nasa à l'aide d'un ordinateur quantique, mais le problème c'est que ça fini par coûter un bras. Grosso merdo, comptez une bonne quinzaine d'euros pour un petit paquet de 4 têtes de rechange. Argh!
Et du coup, deuxième problème, qui dit inflation du nombre de lames, dit effet grille d'égout : les poils se coincent entre les lames. Et comme avec un rasoir mécanique vous avez franchement intérêt à utiliser un gel ou une mousse à raser si vous ne voulez pas ressembler à ça :
"Oh mince, je me suis un peu coupé..."
du coup, vous retrouvez, comme pour l'électrique, à devoir nettoyer consciencieusement cette fichue tête garnie de mortier poil-savon si vous ne voulez pas la changer à chaque rasage (je rappelle : un bras les 4 têtes). Autre aspect : le confort. Alors pour un rasage pas trop fréquent, ça peut encore aller, mais sur un rasage quotidien : franchement non. En même temps, c'est logique : la multiplicité des lames fait que le rasage est plus rapide et plus efficace, MAIS du point de vue de la peau, chaque lame compte indépendamment pour un passage. Faite le calcul : disons 4 lames par tête, un passage vers le bas, un passage vers le haut, ça fait l'équivalent de 8 passages. Ouch. Pas étonnant que vous ayez la peau irritée, nécessitant un baume après-rasage apaisant et hydratant (prix : un oeil). Naturellement, il convient donc de préparer la peau avant le rasage à l'aide d'un gel ou d'une mousse de haute technologie (conçue elle aussi par la Nasa... pas étonnant que leurs sondes tombent en panne, les mecs doivent être trop occupés à concevoir des rasoirs et des cosmétiques) contenant moult substances allergènes, et coûtant un os.
Notez le design futuriste du bouzin : on dirait une navette spatiale de la Nasa.

♦ Le rasoir dit "de sureté"

Concrêtement, c'est le rasoir de grand-papy.
"–En 45, c'est avec ça que j'ai rasé la tête de cette gourgandine qui avait fricoté avec les boches! C'est du bon matériel!   –Grand papy! Voyons!"
Alors bon, oui c'est archaïque. Mais l'objet est plutôt luxueux finalement. Et en plus de son aspect rétro assez sympa (oh le bel objet!), il a une bonne maniabilié, à condition de bien choisir son modèle en terme de longueur de manche et de matière. Plus lourd que les mécaniques ordinaires, ça lui donne une meilleure tenue de main à mon sens.D'ailleurs les modèles haut de gamme coûtent un poumon (mais sont de belle facture). Pour ma part, j'ai choisi un Merkur Solingen™ qui doit coûter une quarantaine d'euros. Par contre, les lames sont à un prix dérisoire : comptez 1,50€ le petit paquet de 10 lames (allez : 3€ si vous achetez des lames haut de gamme au lieu des bonnes vieilles lames Ginette™ Blue Serie). Disons que le prix du rasoir se situe entre le mécanique à têtes classique et l'électrique, par contre, pour les lames, y a pas photo, c'est facile 30 fois moins. Du coût l'entretien revient considérablement moins cher, et le rasoir est, finalement, très vite amorti.

Bon, le prix c'est une chose, mais en termes d'efficacité? Ça rase moins bien, non?

Bin... non en fait. Bon, la qualité de la lame joue pas mal (c.f. forum du site rasage-traditionnel.com), mais sur les Ginette™ Blue serie par exemple, je n'ai pas constaté de différence notable avec les mécaniques à lames multiples que j'utilisais avant, en terme de qualité de rasage. Ah. Et concernant l'irritation de la peau? Et bien, plutôt moins d'irritation en fait (logique, moins de passage de lame au final...).

Mais vous me direz "tu as dû utiliser un gel ou une mousse de marque Poduku™ conçue par la Nasa aussi, du coup forcément..."

Bin non justement : un bon vieux savon au bol (vendu en grande surface dans son bol en plastoc pour la somme astronomique de 1,50€), à appliquer au blaireau. Bon ok, il faut un blaireau... comptez une vingtaine d'euros pour un blaireau Ouiquisonne?™ qui tiendra un bon moment si vous le rincez bien.

Ok, mais on doit bien se couper avec ce truc non? Et à votre avis, pourquoi appelle-t-on ça un rasoir de sureté?

Non, on ne se coupe pas plus qu'avec les mécaniques whatmille-lames, à moins d'y aller à la barbare, ou de raser dans le sens du fil de la lame, ce qui est très con de base avouons-le... Honnêtement, à part quelques micro-coupures (que je subissais tout autant avec mon Ouiquisonne?™ 4 lames et grille de protection), je ne me suis jamais coupé sérieusement avec mon rasoir de sureté.

Et la durée de vie des lames alors? Parce que bon, elles coûtent moins cher, mais on si on en utilise 20 fois plus...

Bof. Peut être un peu plus courte que les têtes multilames... et encore. Gardez à l'esprit que votre lame servira des deux côtés. A la marge, la retourner dessus-dessous permet de gagner encore 1 ou deux rasages. Petit calcul rapide : en étant pessimiste, et en comptant 1 seul rasage par côté (sans retournement dessus-dessous), sur un rasage quotidien, on obtient 365/2=182,5 lames, soit grosso modo 19 paquets de 10 lames. A 1,50€ le paquet, ça représente 28,50€ sur l'année. Si vous ne dépensez pas plus que ça pour vos têtes 5 lames Ginette™ Proglisse a l'aloejoba (sur un nombre équivalent de rasage) merci de me donner tout de suite votre truc (à part le vol dans les rayons). Et encore, je suis super pessimiste, puisque par expérience je compte plutôt 3 ou 4 rasage par côté, plus encore 1 ou 2 en retournant la lame. Soit : (3x2)+1=7 rasage par lame, donc 1 lame par semaine, soit un paquet pour 10 semaines, ou 6 paquets dans l'année, c'est à dire 1,50x6=9€. Ruineux, non?

Mon bilan : victoire sans appel du bon vieux rasoir de sureté.

► Test n° 2 : Les mousses à raser

♦ Les gels/mousses à raser en spray

J'ai parfois utilisé des gels et autres bombes de mousse, dont je ne remets pas l'efficacité en question. Leur principale atout est de ne pas nécessiter de blaireau pour l'application en général. L'inconvénient est que ces produits ne sont souvent pas très économiques : relativement onéreux à l'achat, il faut renouveler souvent le stock, car les bombes se vident assez rapidement.

♦ Les mousses à raser en tube

Moins chères que leurs homologues en spray, elles durent aussi un peu plus longtemps. A titre personnel, j'aimais bien les gels mentholé, qui donnait une agréable sensation de fraîcheur.  Inconvénient : il faut un blaireau (l'ustensile, pas l'animal) pour le faire mousser et l'appliquer.

♦ Le bol à raser

Je l'ai déjà évoqué brièvement au dessus : personnellement, je me contente maintenant du bon vieux savon à raser au bol, à touiller vigoureusement au blaireau. D'un bête point de vue de rapport qualité-prix, le bol est super intéressant : il coûte peu cher (environ 1,50€), dure longtemps (je dois en utiliser un en quatre à six mois environ) et se montre tout aussi efficace que les gels hors de prix, malgré ma peau sensible. Seul bémol, il nécessite lui aussi d'avoir un blaireau.

► Test n°3 : Les blaireaux

Comme le dit si bien wikipedia le blaireau est une brosse servant à faire mousser et appliquer sur le visage le savon à barbe. Son nom de "blaireau" vient du fait qu'il était traditionnellement fabriqué avec le poil de l'animal éponyme.
Il faut donc attraper ce petit animal, et le trucider pour lui carotter ses poils comme une vulgaire racaille qui chourave le sac d'une vieille.
On en trouve aussi en soies de sanglier, de porc, en crin de cheval, et en synthétique. Les blaireaux bas de gamme peuvent se trouver en grande surface pour 15 à 20€. Par contre, les prix pour un blaireau de qualité (marque Kent, Omega ou Plisson) atteignent aisément les 90 à 150€. Et on trouve même des modèles à plus de 1000€!

♦ Le blaireau basique

Jusqu'à une date récente, je vous aurais dit qu'un blaireau est un blaireau. Point barre. On en trouve facilement dans n'importe quelle grande surface.
Non, pas ces blaireaux là...
L'un des modèles les plus courants, est le blaireau Ouiquisonne?™ qui coûte une vingtaine d'euros. Rien à dire de particulier : il fait son boulot. Il a juste tendance à perdre ses poils et sa douceur au bout d'un moment.

♦ Le blaireau haut de gamme

Mais ça c'était avant. Car depuis, maman Koala m'a offert un blaireau relativement haut de gamme, et j'ai compris qu'il y avait de bons et de mauvais blaireaux, comme il y a de bons et de mauvais chasseurs (souvenez-vous!).
Basiquement, le mauvais blaireau tu l'attrapes, tu attrapes ton bol de savon à raser, tu mouilles le blaireau, tu le met sur le savon, et d'un geste vif du poignet : tu touilles jusqu'à ce que ça mousse. Après, tu appliques sur le visage et tu n'as plus qu'à couper les poils.
Le bon blaireau  tu l'attrapes, tu attrapes ton bol de savon à raser, tu mouilles le blaireau, tu le met sur le savon, et d'un geste vif du poignet : tu touilles jusqu'à ce que ça mousse. Après, tu appliques sur le visage et... rhaaaaaaa lovely. C'est doux!!!! Tu as l'impression que Monica Belluci est entrée dans ta salle de bain et est en train de te caresser le visage...
"–Tu piques un peu quand même papa Hérisson...
–Monica, sors de ma salle de bain! J'aime me raser tranquille!"
Bref. Un blaireau de base remplira son office, mais un bon blaireau le fera avec en plus un certain confort. Disons que c'est ce qui peut transformer la corvée du rasage en un moment plaisir. Pour ma part, j'utilise désormais un blaireau Plisson® en synthétique, d'une douceur exceptionnelle, qui coûte une quarantaine d'euros (on le trouve à l'Occitane à priori).

► Test n°4 : Les après rasages

Bon. Là, ça se complique un peu. Quel que soit le mode de rasage choisi, il vous sera difficile d'y couper (ah ah ah!). En effet, que le rasage soit électrique ou mécanique, il agresse plus ou moins votre peau : irritations, coupure, assèchement... Sans compter la sensation dite du "feu" du rasoir pour le mécanique (et l'électrique mais dans une moindre mesure).

♦ Contre les coupures

D'abord, parlons des coupures. Surtout dans le cas du rasage mécanique, elles peuvent toutefois survenir avec un rasoir électrique mal utilisé (ou si vous avez des petits boutons par exemple). A moins de vouloir ressembler à la créature de Frankenstein en vous pointant au boulot, stopper les écoulements sang, fussent-ils mineurs est un impératif. Plusieurs écoles s'affrontent :

  1. le papier hémostatique : vous avez surement déjà vu ça (au moins dans un film ou une série), ce sont ces tout petits bout de papier genre papier à cigarette, que l'on colle sur la micro-coupure le temps que ça sèche. C'est un peu la technique du pansement.
  2. la pierre d'alun : on en trouve encore (ça existe aussi comme déo) sous forme d'un petit tube assez senblable aux tubes de rouge à lèvre. Le tube contient une pierre d'alun (ça alors!) qui, une fois légèrement mouillée, sert à déposer un peu de sa substance, dessechante, sur le bobo. C'est efficace, mais ça pique un peu (Wouaaaaargh!) et ça dessèche la peau.
  3. Tamponner avec une serviette : en gros tu attend que ça coagule et tu essuie quoi!
  4. Faire appel à Edouard
  5. Jacques Dessange aime ça.
  6.  utiliser une crème spéciale de marque Poduku™
  7.  la lanoline : cette substance grasse est extraite de la laine des moutons (d'où le nom de lanoline d'ailleurs). C'est un excellent cicatrisant, et au moins, il ne dessèche pas la peau : au contraire, il l'hydrate. Par contre l'odeur est bof-bof et ça coûte un peu cher. De plus la texture est celle d'une crème très grasse et très compacte, donc inenvisageable comme après-rasage, c'est juste pour les petites coupures. On la trouve en mini tube de la taille du petit doigt, souvent en pharmacie ou parapharmacie pour les femmes allaitantes : la lanoline est recommandée pour les crevasses aux tétons liées à l'allaitement.

♦ L'après-rasage hydratant et apaisant

Voyons maintenant ce qu'on peut utiliser pour hydrater, assouplir et adoucir la peau et atténuer le feu du rasoir. Les après-rasages ne manquent pas dans le commerce : sticks, roller, baume en crème, eau de toilette... difficile de vous donner des conseils, chacun a ses préférences en terme de texture et d'odeur, et chaque peau réagit différemment. Si comme moi vous avez une peau sensible ou très sensible, vous avez probablement déjà opté pour un baume hydratant. La plupart d'entre eux sont à l'aloe vera, qui reste l'une des substances les plus efficaces et les moins allergènes.

En ce qui me concerne, mon côté bobo-écolo-qui-aime-se-la-péter-en-faisant-du-DIY m'a poussé à essayer de fabriquer mon baume moi-même (vous pouvez le retrouver aussi dans les fiches pratiques du menu de droite).

Il est assez facile de trouver des recettes sur internet. Elles sont assez variées, et on en trouve pour toutes les bourses. Comptez quand même un investissement minimum (en huiles essentielles et autre), qui peut paraître élevé de prime abord, mais sera amorti par les quantités de produit final que vous serez capable de produire.

► Epilogue
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–Papa, tu piques un peu quand même!
–Rhaaa, non mais bon : c'est la faute de Monica! Elle reste trois plombes dans la salle de bain aussi!