samedi 4 octobre 2014

Tu veux ma photo?

Aujourd'hui, on va causer de photos, de vie privée, et de partage en ligne.

Certains d'entre vous me diront surement : "Ouah l'autre eh! Comment il surfe sur la vague du Celebgate pour attirer des lecteurs!"

Ce à quoi, d'autres leur répondrons : "Le quoi?"

Le Celebgate. Contraction de "Celebrity" (pour les non-anglophones : Célébrité, Vedette) et de "Gate" (littéralement une porte ou une ouverture, mais dans le cas présent ce mot vient de "Watergate" en référence au scandale éponyme) désigne la publication sur internet début septembre de centaines de photos dénudées  (volées)  de plusieurs vedettes (ou considérées ainsi) américaines telles que Jennifer Lawrence ou Kaley Cuoco.
Car oui, dans un élan d'imagination débridée, la presse américaine aime à baptiser les différents scandales qui fleurissent dans ses colonnes en utilisant un mot-valise et en y ajoutant le suffixe "gate" en référence au scandale dit du "Watergate". A l'origine, ça désignait surtout les affaires dans lesquelles le gouvernement américain était mouillé (exemples : Irangate, Monicagate, Cablegate...), mais l'usage s'est depuis passablement élargit (exemples : Nipplegate, Antennagate, Climategate, DSKgate, Golden Gate). Notons d'ailleurs que depuis quelques années, cette détestable habitude commence à atteindre même nos contrées civilisées (exemple : Sarkogate, Gayetgate, Bragette, Colgate...).
Qu'on se rassure, dans un prodigieux effort de bon goût et d'originalité, des internautes ont également surnommé ce fait divers "Fappening", élégante contraction de "to fap" (pour les non anglophones : se "polir le chinois") et de "happening" (traduction : évènement, fête), c'est à dire pour synthétiser : la fête à la branlette. Oui je sais, c'est d'une folle délicatesse et d'un goût exquis, qui ne sont pas sans rappeler la prose poétique douce-amer et subtile d'un sketch de Jean-Marie Bigard période "Lâché de salopes". En même temps, vu la nature de l'évènement lui-même, fallait pas compter sur du Baudelaire non plus.
Et ne rêvez pas :  en matière de polémique concernant la publication d'éléments de la vie privé, la France n'a pas été épargnée puisque nos concitoyens, qui n'en demandaient pas tant, se sont vus infliger un ouvrage discutable sur leur président de la république, rédigé par son ancien plan cul ancienne maîtresse ancienne compagne.

Pour les rares chanceux et chanceuses d'entre vous qui n'auraient pas suivi cette actualité sordide, voici un petit résumé en images, comme ça vous ne pourrez pas dire que vous saviez pas. Et pour ceux qui, par rigueur intellectuelle bien sur, voudraient se faire leur propre idée au sujet des terribles photos volées de Jennifer Lawrence et consoeurs, il suffit de cliquer ►ici◄. Pour le résumé, c'est ci-dessous :
Pour afficher le résumé, cliquez sur l'image.

Ce long chapitre liminaire pour vous dire que non, je ne parlerai pas du Celebg... euh... du Fappen... Enfin de ce truc avec les photos à poil des stars hollywoodiennes. Enfin si, un peu quand même du coup, mais c'était juste une remise en contexte. Car parfois l'actualité tombe fort à propos pour évoquer certaines problématiques telles que la vie privée.

Si vous avez un compte Facebouc®, vous avez forcément accepté les CGU qui disent ceci : "Pour le contenu protégé par les droits de propriété intellectuelle, comme les photos ou vidéos (propriété intellectuelle), vous nous donnez spécifiquement la permission suivante, conformément à vos paramètres de confidentialité et des applications : vous nous accordez une licence non-exclusive, transférable, sous-licenciable, sans redevance et mondiale pour l’utilisation des contenus de propriété intellectuelle que vous publiez sur Facebook ou en relation avec Facebook (licence de propriété intellectuelle). Cette licence de propriété intellectuelle se termine lorsque vous supprimez vos contenus de propriété intellectuelle ou votre compte, sauf si votre compte est partagé avec d’autres personnes qui ne l’ont pas supprimé."

De même sur Touïteur® : "En soumettant, publiant ou affichant des Contenus sur ou par le biais des Services, vous nous accordez une licence mondiale, non exclusive, gratuite, incluant le droit d'accorder une sous-licence, d'utiliser, de copier, de reproduire, de traiter, d'adapter, de modifier, de publier, de transmettre, d'afficher et de distribuer ces Contenus sur tout support par toute méthode de distribution connue ou amenée à exister."

Traduction en français : "On peut faire ce qu'on veut avec les textes et les photos que tu publies! Mouahahaha!"
P.S. : pourriez-vous signer ces CGU avec votre sang svp?

Du coup, le sachant, certain(e)s d'entre vous ont peut être décidé de partager le statut suivant : "En raison du fait que Facebouc® a choisi d’impliquer un logiciel qui permet l’usage de mes renseignements personnels, je déclare ce qui suit : en réponse aux nouvelles lignes directrices de Facebouc®  et en vertu des articles L.111, 112 et 113 du code de la propriété intellectuelle, je déclare que mes droits sont attachés à toutes mes données personnelles, dessins, peintures, photos, textes écrits, vidéos, musiques, etc. publiées sur mon profil. Pour une utilisation commerciale ou autre de ce qui précède, mon consentement écrit est nécessaire en tout temps. Et en plus je voudrais 100 balles. Et un mars. Et un hélicoptère avec un pilote et le plein effectué. Et vite, sinon j'exécute les otages. Euh... attendez, non...". Sachez-le d'emblée, cette bravade était au mieux futile, et au pire ridicule, car elle n'a aucune valeur juridique.
Ça, c'est Facebouc® en train de réagir à ce statut dans lequel vous affirmez votre droit à l'image.
En même temps, vous auriez pu vous en douter : l'utilisation de Facebouc® et Touïteur® est gratuite. Et comme le dit le dicton : si c'est gratuit, c'est toi le produit. Du coup, comme j'ai pas super envie de découvrir un jour ma tronche sur une pub en Moldavie pour une crême contre les hémorroïdes, ou celle de mes gnomes dans une campagne promotionnelle pour de la Ritaline® en Floride, j'évite de mettre des photos personnelles sur les réseaux sociaux.

Reste du coup le problème du partage des photos de famille avec les proches, qui le sont parfois géographiquement (ce qui permet de s'en tirer avec une bonne clé USB) mais pas toujours (ce qui complique alors les choses). Bon, il reste le mail, mais le nombre de photos qu'on aimerait envoyer rend souvent cela peu pratique. Et en plus ça n'est guère convivial il faut bien le dire, car c'est quand même grave cool de pouvoir "plusser" ou "liker" la photo du petit Théo en train de vomir son gâteau au chocolat sur tata Cunégonde, ou de la petite Emma en train de faire pipi sur le T-Shirt de tonton Raoul. Si si, ne me dites pas le contraire. Idéalement, il faudrait une interface conviviale permettant de partager ses photos de famille de façon sécurisée et sans la licence "on-t-a-bien-eu" de chez Facebouc®. Et du coup, j'étais plutôt content quand on m'a présenté Private Bébé.

Sans déconner! Le mec nous fait tout un laïus sur la société de consommation et les hippopotames rouges, et là, pif pouf, il retourne sa veste et nous balance un vieux billet promotionnel moisi pour un service en ligne? Payant bien sur! Ah bah bravo la profession de foi! On dirait du françois Hollande dans le texte tiens...

Certains n'ont pas bien dû lire la FAQ de ce blog : je suis chez moi, je fais ce que je veux, et je m'essuie les pieds ou je veux y compris sur mes propres principes si jamais ça me chantait. Ceci étant dit, même si c'est un peu à titre exceptionnel (car vous n'êtes pas prêts de voir un autre billet de promo sur ce blog) j'ai décidé de vous présenter Private Bébé surtout parce que je trouve leur service vraiment chouette, simple d'utilisation, qu'il va dans le bon sens pour la protection des données personnelles et de la vie privée, et que son créateur, Christophe, est un mec super sympa. J'ajoute que Christophe ne m'a pas demandé de faire un article : c'est un choix de ma part. D'ailleurs, à l'origine je m'étais inscrit sur Private Bébé anonymement.
Coucou, qui est là?

Private Bébé donc, est un service proposé par la société Ketch'Up, une entreprise de droit Suisse fondée dans ce but par Christophe et Audrey, jeune couple sympa affligé d'un gnome en bas-âge (ceci expliquant sans doute celà). Private Bébé, c'est : un blog rempli d'info, et un site sur lequel on peut créer son espace personnel privé, afin d'y déposer des photos et des vidéos de famille, rangées dans des albums. Cet espace personnel peut être partagé avec un certain nombre de contacts auquels on va attribuer des mots de passe, et qui, pourront commenter et "aimer" les contenus mis en ligne. Ajoutons à celà que votre espace est entièrement paramétrable au niveau de son apparence, avec des thèmes génériques assez variés, que vous pouvez de toute manière personnaliser à volonté. Vous hésitez ou vous n'êtes pas convaincu? Qu'à cela ne tienne : vous pouvez vous inscrire et profiter gratuitement du site pendant un mois, sans aucun engagement (vos coordonnées bancaires ne sont pas demandées). Et après si vous êtes intéressé, vous avez le choix entre deux formules : photo uniquement à 9,95€ par mois, et photos + vidéos à 19,90€ par mois (il y a aussi des offres à l'années, plus avantageuses), le tout en illimité. Et bien sur, puisque c'est le principe du site, vous restez totalement propriétaires de vos contenus. Cerise sur le gâteau, l'interface est d'une simplicité enfantine : c'est pas compliqué, ma maman de 80 berges passées navigue dessus avec une aisance qui ferait passer Julian Assange pour une sorte de Christine Albanel (ah, le parefeu Open Office!).

"Nan mais là je suis en train de préparer un leak des tweets de Nadine Morano. Comment ça ils sont déjà publics? Mais euh... elle le sait?"

Private Bébé présente aussi un autre avantage, non négligeable : il vous permet de disposer d'une sauvegarde délocalisée de vos photos de famille. Vous savez, celles auxquelles vous tenez précieusement (il suffit de demander aux gens ce qu'ils choisiraient de sauver en premier, hormis les être vivants, en cas d'incendie de leur maison : les photos de familles arrivent souvent en tête). Et bien justement, avec ce service, vos photos sont à l'abris sur des serveurs en Suisse, et peuvent être réimportées sur votre machine si besoin (crash du disque dur, pc qui brûle, virus informatique, cambriolage, effacement accidentel car vous êtes un boulet...). Alors oui, évidemment ce service se paye, mais au moins, vos données ne sont pas utilisées à des fins marketing et le service est garanti.

Vous savez presque tout. Me reste à vous présenter Audrey et Christophe, car comme je prends mon devoir d'information très à cœur, j'ai interviewé les créateurs de Private Bébé pour vous :

CHRISTOPHE

► Comment vous êtes vous rencontré toi et Audrey? Pas de carabistouilles, y aura contre-interrogatoire!
De façon peu originale. Audrey était trapéziste stagiaire dans un cirque bien connu (dont je tairais le nom afin de t'éviter des soucis avec le CSA) et son co-équipier s'est foulé la cheville en marchant dans un crottin d'éléphant quelques minutes avant d'entrer en scène. On a donc du trouver quelqu'un pour la remplacer. Son patron de l'époque a proposé au jeune homme (moi) qui s'occupait de repasser sa jupette à paillettes et son justaucorps moulant de venir faire un essai en conditions réelles. Et voilà, on s'est rencontré en plein vol et on ne s'est plus jamais quitté ! C'était il y a exactement….20 ans !

►C'est toi qui l'a séduite ?
Non c'est elle ! Comme elle me faisait voltiger à chaque représentation, je n'ai pas eu d'autre choix que de succomber à ses propositions indécentes.

►Tu es le créateur de la société Ketch'UP, l'entreprise qui se trouve derrière le site Private Bebe. pourquoi le nom "Ketch'up" ? C'est une private joke? Ça a un sens particulier pour vous ?
On avait envie d'un nom rigolo mais dynamique pour notre start-up. Donc un nom en UP, court et qui soit compréhensible facilement par un américain ou un chinois. Stratégique dans notre plan de conquête du monde. Comme Pull-ups avait déjà été choisi par une marque de couches bien connue, on a choisi Ketch'up. Une bonne idée pour attaquer le marché américain, non ?

►Moi je connais déjà plus ou moins la réponse, mais pour mes lecteurs qui ne vous connaissent pas, c'est quoi Private Bebe qu'est-ce qui vous a amené à en avoir l'idée?
Comme souvent, les idées que peuvent avoir des inventeurs viennent d'un besoin dans la vie de tous les jours. Quand notre fils est né, j'ai passé plus de 2 heures à la maternité à envoyer des SMS à nos familles, nos amis d'enfance et contacts pour leur annoncer que le divin enfant était arrivé et que tout s'était bien passé. Dès le lendemain de sa naissance, rebelotte, tous ou presque nous redemandaient encore des photos et aussi des vidéos…Comme beaucoup de nouveaux parents, dans ces moments là, on a autre chose à faire de notre temps que de passer des heures à envoyer des photos….Il fallait que je trouve une meilleure solution pour leur donner des nouvelles facilement et en toute sécurité car pour nous, il était hors de question de mettre nos photos de famille sur les réseaux sociaux.

J'ai passé quelques jours à chercher un service en ligne sécurisé, privé et très facile d'accès pour nos papy et mamies, je n'ai malheureusement rien trouvé de satisfaisant et pratique pour eux comme pour nous. J'ai donc eu l'idée de créer un petit site privé avec accès par mot de passe pour tous nos proches. Etant développeur sur internet depuis plus de 15 ans maintenant, j'ai fabriqué un espace familial privé, personnalisé et facilement accessible où tous nos proches pouvaient se connecter et avoir des nouvelles de notre famille. Avec leur accès privé, ils pouvaient voir nos albums photos, nos vidéos, laisser des commentaires, etc.

Evidemment, nous avons reçu beaucoup de commentaires et félicitations mais ce à quoi on ne s'attendait pas, c'est que plus d'une dizaine de contacts m'ont demandé de leur créer le même espace privé pour leur propre famille ! Voilà comment l'idée a germé.

►C'est toi qui code tout seul où vous avez des stagiaires enchaînés dans votre cave pour ça?
J'ai commencé tout seul et me suis fait aider par un ami développeur pour les quelques tâches dont j'avais besoin. Entre le cahier des charges, et le début du beta-test avec près de 200 familles francophones, il s'est passé près de 18 mois ! Ca peut paraître très long mais le budget de développement assez serré nous a obligé à procéder ainsi, avec les moyens du bord. Ca a bien évolué en 2 ans : la zone parent, l'espace privé, de nombreux thèmes graphiques, la personnalisation, la version mobile qui arrive…Quand on se lance dans un projet comme celui-là, il faut deux ingrédients qui sont primordiaux : être passionné et ne pas compter ses heures. :-)

►Vous avez choisit la Suisse pour vous installer et lancer votre startup car :
a/ Audrey est suissesse
a'/ tu es suisse
b/ y a des banques, des montres et surtout du chocolat
c/ c'était plus avantageux fiscalement et juridiquement et les paysages sont plus jolis
d/ la réponse d
e/ Obiwan Kenobi
f/ Ah zut! On est en Suisse?
g/ autre raison
G, la réponse G ! Et aussi pour le chocolat !
Plus sérieusement, entreprendre en France un projet sur le web tel que celui-là aurait été vraiment compliqué. J'avais déjà fait plusieurs expériences en France et surtout ayant habité pas mal de temps en Suisse cela m'a semblé naturel de démarrer cette activité ici.

►Le chocolat suisse est-il si bon qu'on le dit?
C'est le meilleur du monde ! Mais comme toutes les bonnes choses, à consommer avec parcimonie, bien sûr.

►La Suisse est-elle si propre qu'on le dit? C'est vrai qu'on risque plus de choper des médicaments que des maladies là-bas?
La Suisse et les Suisses sont surtout très respectueux sur beaucoup de plans ou de sujets societaux. C'est un pays accueillant que je recommande de visiter à tous ceux qui aiment la nature, les lacs, les montagnes.
Le canton de Vaud, du Jura ou de Neuchâtel pour ne citer qu'eux, sont très verts et le climat est vraiment agréable.

►Bon, ok, j'arrête avec la Suisse... Sans indiscrétion, Private Bebe ça commence à être rentable?
On commence à avoir une petite notoriété malgré notre jeunesse. Notre concept séduit de nombreuses familles qui utilisent notre service pour partager en privé leurs photos familiales et vidéos en famille avec leurs proches. De plus en plus de parents et futurs parents se rendent compte que ce n'est pas anodin d'utiliser les réseaux sociaux et encore moins quand ça concerne sa vie de famille.
Par ailleurs, nous venons de signer un partenariat avec deux enseignes de puériculture ainsi que plusieurs collaborations avec des boutiques e-commerce. Ca nous aide fortement à accroitre notre visibilité et faire l'acquisition d'une nouvelle clientèle qui ne nous connaissait pas auparavant.

►Vous avez des projets de développement? Des trucs dont vous pouvez nous parlez? Je sais pas moi... le rachat de Google ou Apple... Allez quoi, un p'tit scoop, soyez sympa... sinon je vais être obligé de causer du bouquin de Valérie Rottweiler pour attirer le chaland...
J'adorerais tellement voir de quelle manière tu pourrais traiter le sujet Rottweiler, que, la mort dans l'âme, je préfère ne rien dire pour t'y obliger. Bon, alors vraiment parce que c'est toi…On va lancer dans les jours qui arrivent la version Familiale de Private Bébé, pour les familles avec des enfants plus grands. Ce nouveau service va permettre à beaucoup de familles de pouvoir conserver leurs souvenirs (anniversaires, mariages, fêtes en famille, vacances, etc…) et de la même manière que Private Bébé, de pouvoir créer leur blog privé à partager avec leurs proches.

On a également l'affiliation famille toujours en version beta actuellement, qui va ouvrir ses portes d'ici quelques semaines. Notre plate-forme offre un programme de distribution online et offline avec un reversement très intéressant puisque la commission est de 9,95 HT ou 19,90 HT reversée à chaque abonnement de nouveau client.

Egalement, notre "blog bébé et maman" sur lequel nous dispensons chaque jour de nouveaux conseils pour les (futurs) parents (bientôt) en galère. ;-)

►Jennifer Lawrence vous a contacté pour héberger ses photos ?
Tout est piratable sur internet, rien n'est à 100% sécurisé, elle aurait dû s'en douter la pauvre. Néanmoins, quand on propose un service comme Private Bébé, qui protège la vie privée de ses utilisateurs, il y a peu de risque de se faire pirater. Pour tout te dire, on a même reçu les félicitations d'un groupe de hackers [NdPH : des "White Hat" à priori] pour notre initiative de protection de la vie privée et des données personnelles et ils nous ont même apporté leurs conseils sur quelques points techniques. Il faut également savoir que, sur nos serveurs, il n'y a aucun stockage de données personnelles, données sensibles ou numéros de cartes bancaires. Il n'y a donc aucun intérêt pour des pirates de faire des tentatives de piraterie sur nos serveurs.

►Lancer sa startup et son projet comme ça, c'est pas trop chronophage vis à vis de la vie de famille? Vous arrivez à profiter de votre gnome?
Un petit peu, si, d'autant que PrivateBebe.com est né quelques semaines après notre premier enfant. On s'occupe beaucoup de notre petit, notre bureau étant assez proche de la maison, j'essaye au maximum d'être là aux moments clés de la journée…le midi et pour donner le bain du soir avant de raconter les histoires indispensables au rituel du coucher.

►Portrait chinois express :
§ Si tu étais un animal de film, lequel, et que chanterais-tu comme chanson?
Pas un animal mais des animaux ! Sans hésitation et parce que Audrey me l'a suffisamment mise dans la tête…
Tout le monde, tout le monde, tout le monde veut devenir un cat ! Dans les aristochats

§ Si Audrey était une préparation culinaire, laquelle, de quelle couleur, et mangé par quelle vedette de cinéma?
Un classique culinaire en hommage à …. magneto Serge !
C'est ma petite moukreine à moi ! :-)


AUDREY

► Comment vous êtes vous rencontré toi et Christophe? Attention, je compare les réponses!
Je pourrais te dire que je descendais d'un arc en ciel à dos de chameau violet, mais non, rien de bien original, on s'est rencontré chez des amis communs quand on était étudiants (et jeunes et beaux et drôles et intelligents)

►Franchement, tu peux me le dire, c'est toi qui l'a séduit, non?
Non, je ne PEUX pas te le dire (il m'a harcelée jusqu'à ce que, de guerre lasse, je finisse par céder) !


►Si tu devais me "vendre" votre produit, Private Bebe, comment me présenterais-tu la chose?
Au-delà de la sécurité totale permettant de partager ses photos et vidéos de famille avec les proches de son choix, sans risque de les retrouver on ne sait où, pour moi, Private Bébé c'est aussi une superbe fabrique de souvenirs. Pouvoir organiser, sauvegarder, tout ce qui a trait à la vie de son bébé puis de son enfant avec autant de facilité et de clarté, en sachant qu'il pourra voir tout ça plus grand, c'est précieux.

►Il y a beaucoup d'esclaves de salariés qui travaillent chez Ketch'up ?
Point d'esclaves, uniquement des petites souris de laboratoire que nous avons sauvées d'une mort certaine et dressées à cet effet. Tu serais surpris de voir la vitesse avec laquelle elles tapent sur leur clavier avec leurs minuscules pattes, notamment pour répondre à ce questionnaire à ma place.


► Vous avez un gnome garçon je crois. Qui a choisit le prénom ?
a/ Toi
b/ Christophe
c/ je ne sais pas, ou étaient bourrés, on a retrouvé un post it collé sur un tigre, dans la salle de bain, avec le prénom griffonné dessus.
d/ la réponse d
e/ le docteur Rotule
f/ Flûte! Le prénom!!!! Je savais bien qu'on avait oublié un truc en sortant de la maternité!
g/ C'était consensuel (non ça n'est pas sale).
Réponse g. On voulait un prénom un peu original qui lui donne un maximum de chances de réussite. Thomas c'était banal, alors on opté pour Thomato. Thomato Ketch'Up. Preuve de sa réussite, son nom est déjà affiché partout dans le monde...

►Vous avez beaucoup hésité avant de lancer votre entreprise? Vous n'avez pas eu peur de prendre un risque, alors même que vous veniez d'avoir un enfant?
En fait non, c'était comme une évidence : nous étions certains de ce dans quoi nous nous lancions, on croyait fort en ce projet puisque, nous-mêmes, avions cherché en vain un tel support pour protéger l'identité numérique de notre bébé et que tous nos proches, en voyant ce que nous avions, nous réclamaient la même chose pour eux-mêmes et leurs enfants.

►Ça va? Christophe n'est pas trop tire-au-flanc ? Tu le fouettes un peu de temps en temps pour qu'il se remue?
Notez mon cher Hérisson que je préfère user de la carotte (et de son fameux et savoureux cake) plutôt que de la cravache, c'est plus efficace et ça laisse moins de traces, mais ce serait plutôt dans un but inverse.

►Imaginons que demain, en lisant mon siouperbe artikeule, un investisseur milliardaire décide d'injecter des fonds colossaux dans votre entreprise, vous faites quoi?
Tu veux dire, on FÊTE quoi, non ?

►Portrait chinois express :
§ Si tu étais un livre adapté en film, lequel, sous-titré en quelle langue, et qui doublerait ta voix?
Forcément "Belle du seigneur" sous-titré en paléo-sibérien avec la voix de Mireille (en mode Colargol)

§ Si Christophe était un jeu de société, lequel, avec ou sans piles, et pour quelle tranche d'âge?
"La liste des courses" pour les 3-7 ans

vendredi 26 septembre 2014

50 nuances de marron

J’imagine qu’à la lecture du titre de ce billet, certains d’entre vous pensaient qu’ils s’apprêtaient à lire je ne sais quelle prose à caractère humoristico-prout-prout-pipi-caca. Ou un article santé honteusement recyclé abordant la difficile question de la gastro saisonnière… Ne le niez pas, lorsque j’ai évoqué ce titre à venir sur Facebouc® , j’ai bien vu à quoi vous pensiez. Quoi ? Vous n’avez pas encore aimé ma page Facebouc® ? Vous avez bien raison, et je vous encourage à rester loin de ce lieu de perdition où il m’arrive d’évoquer des questions intimes et de poster des images compromettantes. Quoiqu’il en soit : non. Ce billet est ainsi intitulé car :

L’automne arrive !

♫♪ Les feuilles mortes... se ramassent à la pelleuuuuuh! ♪♫

Et je ne suis pas en train de faire mon Ned Stark, c’est juste une constatation liée au fait que lors de nos ballades dominicales en forêt, ma fille Xéna commence à ressembler à un hamster :

C'est nul aussi... pourquoi font-ils des poches si petites?

Oui, un hamster. Aux poches garnies de marrons. Car s’il est un bien un signe du retour de l’automne, c’est celui-là. Bon, il faut reconnaitre que c’est plutôt élégant un marron. C’est brillant avec de belles nuances de marron. De belles lignes irrégulières d’une couleur plus foncée en font le tour… on dirait le tableau de bord d’un Rolls Royce en ronce de noyer. Sans les boutons et les cadrans. Et pas en ronce de noyer du coup. Et gratuit. Bref, tout simplement c’est joli à regarder, et c’est vraisemblablement la raison pour laquelle Xéna les collectionne.


♫ Il m'a filé une beigne, je lui ai filé un marron
 Il m'a filé une châtaigne, je lui ai filé mon blouson ♪
Et les marrons, ça revient tous les ans précisément à la même période et ça ne se mange pas contrairement aux châtaignes et du coup, ça ne sert à rien de particulier. C’est d’ailleurs pour ça que, dans la presse, on appelle « marronniers » les sujets récurrents, prévisibles, saisonniers et sans grand intérêt qui servent de bouche-trou lorsque l’actualité est pauvre comme par exemple :
►la rentrée scolaire : c’est vrai que des gnomes qui vont à l’école pour apprendre  à s’exprimer et à écrire, c’est un truc de dingue. Vu le nombre de fautes de français qu'ils commettent, les journalistes devraient essayer…
►les impôts : car oui, étrangement l’Etat ne finance pas les soirées de débauches putes/champagne des ministres infrastructures publiques (hôpitaux, écoles, police, etc…) en récupérant l’or des lutins au pied de l’arc-en-ciel.
►le passage à l’heure d’été/d’hiver : plus personne ne sait à quoi ça sert exactement (à l’évidence, l’argument concernant de soi-disant économies d’énergie est  juste complètement con puisque l'on se situe à moins de 0,3% de la consommation électrique totale), mais ça n’empêche pas la presse d’y revenir tous les 6 mois, accompagnés des sempiternels avis (négatifs ou positifs) des experts de service qui devaient avoir un vieux reliquat d’impôts à payer.
►la vaccination contre la grippe : la grippe, ça fait tousser. Je ne suis toujours pas certain d'avoir bien compris l'intérêt de se prendre une aiguille dans le croupion pour y remédier, d'autant que chaque fois que je l'ai fait, j'ai été malade comme un chien. Ceci dit, les autorités compétentes des gens qui passent à la télé nous le recommandent. J'en reparlerai bientôt...

"Des gens vont mourir parce qu'ils ne se seront pas fait vacciner!"
►les soldes : et vous, allez-vous profiter des stupéfiantes réductions proposées par les commerçants sur les hippopotames rouges ?
►la Saint Valentin : l’occasion de parler de sexe avec une bonne excuse.
►le baccalauréat : ou de l’importance dans faire une tartine au sujet d’un diplôme dont le monde du travail se contrefiche, attendu qu’il a tellement été nivelé par le bas et trituré pour qu’une majorité d’élèves l’obtienne que certains le décrochent avec une moyenne de 21 sur 20. Oui, 21 sur 20. Veuillez m’excuser un instant, je crois que je vais avoir besoin de mon fix de colle Cléopatre là…
►la canicule et la solitude des vieux : et oui, en été il fait chaud, et les vacanciers abandonnent leurs vieux sur les aires de repos, ce qui n’est guère urbain vis-à-vis des pauvres agents d’autoroute qui vont devoir nettoyer derrière. C’est tragique. N.B. : des SDF meurent aussi en été, mais comme on les dégage des c'est pas dans les zones touristiques, ça ne se voit pas, alors ça va, pas besoin d’en parler.
►le froid et la détresse des SDF : et oui, en hiver il fait froid, et tels la cigale de la fable, ou les petits cochons aux maisons de paille et de bois que le loup vient de souffler, les gens qui vivent dehors sont bien feintés. Notez bien qu’ils sont sales, qu’ils ont faim, et parfois froid aussi tout le reste de l’année, mais comme c’est pas en période de fête, ça va c’est cool merci d’être venu. Notons aussi que les vieux crèvent toujours dans la solitude, mais comme ça ne fera pas vendre de climatiseurs c’est sans intérêt.

A ne pas confondre avec les « serpents de mer », similaires aux « marronniers » à ceci prêt qu’ils ne sont pas saisonniers et peuvent être utilisés à n’importe quel moment :
►le sexe : comme la Saint Valentin, mais sans avoir une bonne excuse bien consensuelle (quel joli mot). Idéalement on s’abritera donc derrière une énième étudalacon, ou un beau reportage en immersion sur le porno ou la prostitution pour pouvoir appâter le chaland avec quelques nichons. Fort heureusement, l’émergence de nouvelles greluches popstars telles que Miley Cyrus ou Rihanna permet aujourd’hui de montrer du cul sans parler de sexe. On vit une époque formidable.
Nicolas Sarkozy Paul Bismuth qui dit qu’il a changé : un vrai virage à 360° ! Si si !
►le retour de Nicolas Sarkozy  Paul Bismuth  en politique : ah bon, il était parti ?
►le retour des procédures judiciaires contre Nicolas Sarkozy Paul Bismuth : y'a une pause là… c’est le temps de recharger les distributeurs de tickets pour les juges.
►le retour de Nicolas Sarkozy Paul Bismuth à la télé pour dire que les procédures judiciaires c’est n’importe quoi et qu’il va pendre les juges à un croc de boucher : c'est important les apparitions télé pour booker les conférences et justifier leur tarif.

"Et avec ça Maryse, un magnifique pupitre de conférence vous est offert pour la modique somme de..."
►l’augmentation du chômage : à ce stade, c’est plus une improbable baisse qui est une véritable info, même si c’est souvent dû à un bug
►les malheurs de Sophie François Hollande : c’est un peu le François Pignon de la politique. Que voulez-vous, faut bien se détendre…
►les francs-maçons qui nous contrôlent : bon avouons-le, ça c’est un peu le pré carré du journal « le Point » quand même… chez « Minute », c’est plus les terroristes arabes musulmans étrangers qui nous colonisent par exemple…


Tiens, un autre marronnier : le bilan annuel, très en vogue sur beaucoup de blogs. Par exemple, j'ai constaté que depuis un an, vous étiez de plus en plus nombreux à venir en ce lieu de perdition pour y lire mes âneries. Parfois sur la base de mots clés de recherche sur Gogole™ assez... discutables.

Il faut absolument que je parle avec la personne qui est arrivée ici en cherchant "fond d'écran mickey swag cannabis"!
Du coup, je tiens à vous avertir que je ne peux garantir votre santé mentale si revenez régulièrement sur ce blog : tout comme moi vous risquez de devenir cyniques, gronchons et mysanthropes. Vous êtes prévenus, fuyez tant qu'il en est temps. Si vous persistez, je décline toute responsabilité.


Bref. Tout ça pour dire que l’automne arrive. Et avec lui les arbres aux couleurs de flammes,  les raclettes entre amis, les taxes foncières et d’habitation, les soirées au coin du feu nus et lascivement étendus sur une peau de bête, les champignons, les potirons, l’oktoberfest, le déclin programmé des moustiques à mesure de la baisse des températures... et tout ça, ça nous fait bien plaisir.

vendredi 19 septembre 2014

Le syndrome de l'hippopotame rouge

–Tient!? Salut papa Hérisson, tu vas bien?
–Ah salut... Merde c'est qui déjà ce con ?  euh... Je connais vaguement sa tête mais...  euh... Machin Kevin. Ça va, et toi, qu'est-ce que tu deviens?
–Brandon.
–Pardon?
–Brandon, pas Kevin.
–Quoi... oh? J'ai dit Kevin? Ah ah ah! Non, 'scuse, bien sur Machin Brandon! Non, c'est juste que j'étais en train de penser à un autre connard que je peux pas blairer et qui me saute dessus dès qu'il me croise pote. Ah ah ah! Et sinon, ça va?
–Ah ouaih, carrément! Je viens de m'acheter le nouvel I-phoune® 6S²  DeLuxe Edition Platinöme Waïde Scrine. Et j'ai pré-commandé ma Pear-Watch® !
Attention, la version à 599€  n'intègre pas l'affichage de l'heure. Seule la version DeLuxe à 1299€ le fait. Avec une appli.

–Oh putain!!!
–Ouaih hein?
–Ah ouaih : t'as appris l'anglais avec un accent de merde écossais! J'ai pas bitté un mot de ce que tu viens de me dire!
–Je... euh...
–Tiens? Tu as un nouveau téléphone?
–Euh, bin, oui, justement c'est ce que je...
–L'ancien était pété? C'est con, ça coûte une blinde ces cochonneries hein...
–Euh non, il fonctionne toujours... mais euh... celui-ci est mieux. Il a un écran plus grand! Et puis avec  je peux prendre mon pouls et mesurer ma glycémie ainsi que mon taux de cholestérol. Et partager le tout sur Facebouc®... et il pourra se connecter avec ma Pear-Watch® pour enregistrer mes performances sexuelles et la texture de mes selles... c'est génial non?
–Aaaaah! D'accord! Non, ok, je comprends mieux. C'est un hippopotame rouge.
–Je... Pardon?

Le vendredi, c'est sociologie. Oui, comme vous le savez déjà, je suis sociologue de comptoir, diplômé du bar-PMU de Trifouilli-les-oies (attention ça ne rigole pas!) à mes heures perdues. Je vais donc vous parler aujourd'hui du Syndrome de l'Hippopotame Rouge.
Comme quoi on peut être grand, rougeaud, informe, avec un gros cul et avoir le swag.
Il y a quelques temps de cela, moi, maman Koala et les gnomes avons rendu visite à une de mes cousines (que nous appellerons "cousine Salsa" pour simplifier, rapport à son passé sordide de professeur d'espagnol... un métier de sinistre mémoire. Brrrr!) (Mais super sympa la cousine sinon. Bref.). Il se trouve que sur l'une de ses étagères, trônait une peluche : un hippopotame. Rouge. Vous vous en doutez, le regard des gnomes était irrésistiblement attiré par l'animal, et ils nous tannèrent jusqu'à ce que ma cousine accepte de leur prêter temporairement ce dernier. Si vous connaissez bien vos mathématiques parentales, vous vous doutez que ça n'a rien résolu :
UN hippo + DEUX gnomes = (N + TROIS) mécontents
N étant un entier naturel supérieur ou égal à zéro.
N+ Trois? Oui, N+ trois : le gnome qui ne l'a pas + les deux parents qui subissent ses cris + N adultes présents qui subissent aussi.

Et comme vous vous doutez, le pire se produisit lorsqu'il fallu rendre l'hippo, au moment du départ. Les gémissements et les cris de désespoir évoquant alors ceux des fans de Star Wars à chaque apparition de Jar Jar Binks, et niveau de décibels concurrençant sans difficulté celui du dernier Hellfest. Sans compter la longue litanie des arguments imparables :
  • le popotame il est tout seul, il va être malheureux
  • mais MOI je VEUX!
  • je veux juste lui faire un bisou un câlin
  • il pleure le popotame, il veut venir
  • OUAAAAAAAH!
  • s'il-te-plaiiiiiiiiiiiiit!
  • c’est pas juste !
    ... bientôt suivie d’une lippe des plus classiques face à notre intransigeance :
    "On ne dirait pas, mais je suis un tantinet contrariée là..."
    Ils tentèrent aussi la redoutable technique, indicible et non euclidienne, dite du « chaton abandonné ». Une technique particulièrement retorse à laquelle il est extrêmement difficile de résister :
    Rhaaaa! Arrêtez de me regarder comme ça, c'est insoutenable!
    Nous dûmes alors entamer une difficile négociation avec les ravisseurs :
    "Ils tiennent l'hippopotame rouge. Ils sont deux : un garçon, une fille. Je vais tenter de négocier..."
    –Bon maintenant ça suffit les gnomes. Il faut rendre l’hippo à cousine Salsa. C’est le sien, et elle y tient.
    –Non, y a pas le droit !
    –Pas le… ? Non mais oh ! C’est quoi ce caprice ? Vous avez plein de peluches à la maison…
    –Non, pas plein de peluches !
    – Pffff, non c’est vrai ! Juste quatre gros cartons qui débordent. Sans compter les grosses qui ne tiennent pas dedans. Et des jolies en plus… vous avez même un hippo d’ailleurs. Mais l’hippopotame rouge là, il appartient à la cousine. Et en plus c’est une peluche de décoration, c’est pas un jouet.
    –Mais siiiiiiiii !
    –Bon sang, mais vous en avez un d’hippo en peluche à la maison !!!
    –Mais là c’est un hippopotame rouuuuuge !

    On ne saurait être plus clair : pourquoi un hippopotame rouge ? Parce que c’est un hippopotame rouge ! D’où la nécessité d’avoir un hippopotame rouge. D’autant que maintenant qu’on a vu un hippopotame rouge, il faut impérativement avoir un hippopotame rouge. Sinon ça veut dire qu’on n’a pas d’hippopotame rouge. L’hippopotame rouge ne sert absolument à rien, il est donc rigoureusement indispensable.

    Le pire, c’est que lorsqu’ils l’avaient, l’hippopotame rouge, à part durant les moments où ils se le disputaient, il était la plupart du temps négligemment posé sur une chaise, une table, ou directement à même le sol. Délaissé. Seul. Inutile.

    Si vous avez des gnomes, amis lecteurs, je ne doute pas que vous avez déjà été dans cette situation d’hippopotame rouge. En fait, je suis même intimement persuadé que, même si vous n’avez pas de gnome, vous avez très certainement été confronté à des hippopotames rouges, ne serait-ce que pour vous-même. Pour certain(e)s, ce sont les chaussures. Ou les sacs à mains, les fringues, les téléphones portables, les voitures, les bijoux, les conquêtes amoureuses, les emmerdes, etc… Chacun d’entre nous à ses hippopotames rouges personnels. Et pourtant, vous savez que cet hippopotame rouge est inutile, voire carrément nuisible parfois.
    "Je... j'ai une envie irrépressible d'embaucher Thomas Thévenoux comme ministre. C'est plus fort que moi."
    La plus grave c’est que les industriels, les marques, les commerçants le savent pertinemment. Et ils jouent de cela. Le marketing et la publicité font tout pour encourager votre penchant naturel pour les hippopotames rouges. Vous n’avez pas d’hippopotame rouge ? Alors il vous faut un hippopotame rouge. D’ailleurs regardez : tout le monde a un hippopotame rouge ! Vous avez déjà un hippopotame rouge ? Vous ne croyez pas qu’un deuxième hippopotame rouge ça pourrait être chouette ? Votre hippopotame rouge aura un copain comme ça. Vous avez cassé votre hippopotame rouge ? Vous ne pouvez pas rester sans hippopotame rouge… rachetez donc un hippopotame rouge! Oh mais voyez : on a sorti un nouveau modèle d’hippopotame rouge recouvert de velours. C’est un hippopotame rouge DeLuxe. Il vous le faut. Et voyez, celui-ci est plus grand d’un centimètre : c’est l’hippopotame rouge King Size ! Vous trouvez que l’hippopotame rouge commence à devenir banal ? Ça tombe bien, nous venons de sortir une nouveauté : l’hippopotame écarlate ! Et s’il le faut, on fera un hippopotame grenat, ou carmin. Voire violet pour les hipsters.


    Petit point neuroscience.
    Le cerveau humain est (plus ou moins arbitrairement mais on va dire que pour notre explication ça suffira) divisé en 3 zones :
    ►Le cerveau reptilien (en charge de nos besoins fondamentaux : alimentation, sommeil, reproduction, agressivité…)
    ►Le cerveau limbique (siège de nos émotions, envies, désirs, etc… c’est là que se loge l’hippopotame rouge)
    ►Le néocortex (siège du langage, du raisonnement logique, de l’anticipation des actes…)
    Bon, donc chez les enfants, on va dire que ce syndrome de l’hippopotame rouge est normal : ils sont encore jeunes, leur cerveau est encore en développement, les mécanismes de raisonnement du cortex préfrontal ne sont pas encore totalement mis en place. Et du coup, les enfants sont plutôt tributaires de la partie dite du cerveau limbique (le siège des émotions) : Moi vois, moi aime : moi veux !

    En théorie, chez les adultes, cette soumission au cerveau limbique devrait être plus modérée puisque le néocortex est totalement fonctionnel. Mais en pratique, cela dépend énormément de l’éducation reçue, de l’environnement et de la personnalité de chacun.

    Ah, au cas où vous vous poseriez la question, nous sommes repartis de chez cousine Salsa sans l’hippopotame rouge. Les petits ont assez vite fait une croix dessus, même si nous avons subit quelques pleurs dans la voiture. Et pour eux, cousine Salsa est depuis devenue "celle-qui-a-un-hippopotame-rouge".


    F.A.Q. :
    ►Est-il possible de lutter contre le syndrome de l’hippopotame rouge ?
    ◄Et bien chez les enfants, c’est surtout une affaire d’éducation : on ne cède pas, et on leur apprend à ne pas céder à toutes les envies. Chez l’adulte, c’est parfois plus compliqué, car c’est une éducation déjà faite qui est à revoir. A mon sens, le meilleur moyen consiste à temporiser : le cerveau limbique fonctionne plutôt dans l’immédiateté, dans l’émotion ressentie sur le moment. En s’astreignant à retarder le moment de satisfaire son envie, il est parfois possible de l’atténuer, voire de la supprimer : cela laisse le temps de rationnaliser cette envie en faisant ainsi appel au cortex préfrontal, et on sort du cadre de la compulsion incontrôlée. Mais la temporisation peut malheureusement parfois exacerber l’envie, donnant l’effet inverse. Reste la solution de se réfugier dans l’alcool, et donc les éléphants roses plutôt que les hippopotames rouges.


    ►Je suis un ex-futur président de république. J’ai un problème : je ne résiste pas aux hippopotames rouges habillés en soubrette. C’est plus fort que moi et ça m’a déjà attiré des ennuis. Pourtant j’en ai un très gros. Un très gros cerveau je veux dire. Est-ce normal ?
    "Oh, quels beaux melons vous avez... ils me font bien envie..."
     ◄ Il est clair que c’est surtout votre cerveau limbique qui est gros, et que ce dernier n’a pas de difficulté à prendre violemment par derrière le dessus sur le cortex préfrontal (cortex à l’évidence atteint du syndrome de Stockholm, compte tenu de ses faibles protestations face à un traitement si cavalier). Mon conseil : évitez les sources de tentation telles que les hôtels (Sofitel, Carlton…).


    ►Je suis un ex-président, et j’adore les Rolex depuis bien avant mes 50 ans. Je fais aussi des conférences facturées très cher,  mais apparemment ça ne plait pas aux gens, ça attire des critiques. M'enfin M. Papa Hérisson, c’est quand même incroyable que dans notre pays, au XXIème siècle, on reproche à quelqu’un sa réussite financière…
    ◄Euh… admettons, quelle est la question ?
    ►Je n’ai pas de question, je veux simplement vous serrer la main pour montrer que je suis proche des gueux des français d’en bas.
    ◄Non, sans façon. Je déteste ce genre de familiarité. En plus, un politicien qui serre déjà des louches à n’importe qui, je crains d’être souillé… j’ai peur d’attraper des trucs en A : eczéma, Escherichia, chikungunya, cholera, ébola, grippe A, dégoût de sois, ENA, langue de bois
    ►Hein ?
    ◄Je reformule : touche-moi pas, tu vas me salir.
    ►Et ben… casse-toi alors pauv’ #censure# !
    Travaillez plus, pour que JE gagne plus! (et pour faire plaisir à mes potes du Medef)

    ◄Vous êtes un cas très intéressant : votre fascination pour l'argent et les hippopotames rouges bling-bling montre une nette prédominance du cerveau limbique sur le néocortex… pour autant, vos accès d’agressivité indiquent aussi que votre cerveau reptilien prend souvent le dessus. On se demande franchement ce que fiche votre néocortex...
    ►Ah ouaih ? Et bin… viens, viens me le dire en face si t’es un homme… allez viens en bas !
    ◄Je suis déjà en bas. Je suis juste plus grand.


    ►Papa Hérisson, je suis dingue de toi, tu es mon hippopotame rouge ! Je te veux ! Prends moi toute ! Rhaaa lovely !
    ◄Alors déjà : je ne suis pas un hippopotame, je suis un hérisson. Ok, j’ai un peu pris du cul ces derniers temps, mais je vous trouve assez vexante… Et ensuite, je suis déjà l’hippopotame rouge de maman Koala et elle n’est pas prêteuse. Son aptitude à faire la lippe et le regard de chaton abandonné mettrait en déroute un maître Shaolin, et je ne compte pas sa ceinture noire en rouleau-à-pâtisserie-kun-do.


    ►Toute cette histoire d’hippopotames rouges m’a donné très envie de m’en procurer un. Je… mon cerveau limbique m’envoie des signaux très clairs : je veux un hippopotame rouge. Il me faut un hippopotame rouge ! Rapidement ! Je ne peux plus vivre sans hippopotame rouge ! Où puis-je trouver un hippopotame rouge ? Je suis prêt à payer le prix qu’il faudra pour avoir un hippopotame rouge !
    ◄… et bien… je me renseigne sur les coûts de production derechef [Allo ? M. Chang ? Vous pouvez m’en livrer combien pour demain ?], et vous pourrez très prochainement cliquer sur l’icône "Boutique" de ce blog pour acquérir un merveilleux hippopotame rouge qui fera votre bonheur et l’admiration de vos proches (n’hésitez pas à leur parler de ce blog). Vous ai-je dit que je prépare une version DeLuxe Platinum King size Collector ?


    Epilogue
    –Bonsoir maman Koala, ta journée s’est bien passée ? *bizz*
    –Bonsoir papa Hérisson *bizz* oui oui, ça va. Tiens, tu as reçu un coli…
    –Ah super ça doit être mon nouveau supplément de jeu de rôle : « Le Manuel des Pioches » pour la Pelle de Cthulhu. Je me suis offert le Collector : pour 30€ de plus, ils offrent un poster de mec de la DDE, hu hu hu !
    –Hum. Bon : alors tu sais que ça coûte un bras, que tu en as déjà une étagère pleine, que tu n’as pas fini de lire le dernier, et que tu dois avoir le temps d’organiser à tout casser une demi-douzaine de parties par an avec tes copains ?
    –Je… euh… je… je n’y peux rien, c’est plus fort que moi ! Quand j’ai reçu la newsletter qui parlait de ce supplément et proposait la précommande, j’ai craqué… je suis faible.
    –Ok. Hippopotame rouge.




    Image d'hippopotame rouge : Red hippo par Lutramania, Flickr
    Image de lippe : Pouter par Matthew, Flickr
    Image extraite du film "Le négociateur" avec Kevin Spacey
    Image de François Hollande : François Hollande par Parti Socialiste, Flickr
    Image de DSK : http://commons.wikimedia.org/wiki/File:DSK_Lagny.jpg
    Image de Naboleon : image originale de http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Nicolas_Sarkozy_at_the_37th_G8_Summit_in_Deauville_Cropped.jpg