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vendredi 30 octobre 2015

La vérité est... riche.

Car la vérité est tailleur, et mon tailleur est riche.
...
Non? Bon tant pis.
Même Mulder est atterré par ce jeu de mots moisi...

Bon, j'ai déjà abordé ici la question de la vie extraterrestre, mais j'avoue avoir un peu survolé le sujet. Et puis, j'avais surtout envisagé la question sous l'angle assez basique de "la vie tout court". Sans (oser) aller jusqu'à l'évocation de civilisations extraterrestre avancées.

Sauf que si la question d'une vie au delà de notre bonne vieille terre nous titille, il convient d'admettre que la question encore plus croustillante de l'existence ou non d'une vie intelligente nous fait carrément fantasmer. Ne serait-ce déjà que sur notre bonne vieille terre...
Une forme d'intelligence qui fait des étincelles!

–Ouaih, c'est sûr que ça fait fantasmer, mais bon, à ce jour on n'a trouvé aucune trace d'une vie intelligente ailleurs que sur Terre hein...

Peut-être... ou peut-être pas.

–Ah ouaih ok, je vois... "Roswell" c'est ça?

Non. Roswell c'est pas une trace de vie intelligente, c'est une légende urbaine. Vraie ou pas, je n'en sais rien et pour tout dire ça m'est égal. Je parle de vraies traces. Scientifiques. Avérées. Mais dont l'explication n'est pas certaine. En gros des suspicions, mais aucune certitude qui aurait justifié une conférence de presse de la NASA pour dire : "Nous ne sommes pas seuls!". En tout cas pas encore. Car ces cas peuvent éventuellement relever d'une explication naturelle, et qu'il convient de vérifier toutes les hypothèses avant de faire le kéké à la télé. Et ce genre de suspicion, il y a en quelques unes qui traînent chez nos amis scientifiques... suivez-moi, c'est par ici.

1. Le signal "WOW!"

Le 15 août 1977 (vous voyez que ça ne date pas d'hier, j'étais à peine né), l'astrophysicien Jerry Ehman travaillait sur le radiotéléscope de l'université d'état de l'Ohio dans le cadre du programme SETI (la recherche de signaux extraterrestres justement), lorsque l'appareil enregistra un puissant signal radio de 72 secondes sur une bande étroite centrée sur la raie à 21 cm... Hum.
"–Oui? Tu disais? Bande? Étroite? Raie? 21 cm?"

Je... je... Oui, je me rends compte que je risque de m'attirer des visites ici sur la base de toutes sortes de recherches Gogole® assez salaces. Mais que voulez vous, c'est ce qui rend la science si sexy.

–J'ai rien bité...

Ok... pour schématiser : l'ami Jerry avait collé une grosse antenne sur sa radio pour écouter les derniers tubes à la mode venus de l'espace. Entre deux conneries de Doc et Difool, il a capté une station qui diffusait un truc qui ressemblait vaguement à quelque chose, alors du coup il a imprimé les données et écrit "Wow!" au stylo pour dire que ce truc, il le kiffait sa race!

Notons au passage que si un jour d'éventuels extraterrestres captent nos transmissions et tombent sur du Superbus, il n'y a aucune chance qu'ils écrivent "Wow!" (ou "Glüpnitz!" en Trantorien) car ça passera aisément pour des parasites ou du bruit de fond. Ce qui n'est pas plus mal : sinon ça pourrait être un Casus Belli interplanétaire.

–Et ça ne pouvait pas être un truc naturel?

C'est possible, mais peu probable : on ne connait aucun phénomène naturel produisant ce type de signaux radio. Ça serait comme confondre le cri d'un castor dont les testiboules viennent de se prendre dans un piège à ours avec du Justin Bieber remixé par David Guetta. Euh... attendez... non, mauvais exemple.

–C'était un signal alien alors?

Bin c'est ça le problème : on n'en sait rien. Le signal n'a jamais été retrouvé, même en repointant les antennes dans la même direction. Ce qu'on sait juste c'est que :

  • le signal venait bien de l'espace. Mais proche ou lointain, ça on ne sait pas...
  • le signal est probablement artificiel
  • la bande de fréquence utilisée est la plus... logique pour une transmission spatiale à longue portée, et est théoriquement une fréquence "non utilisée", par convention internationale
En résumé, on est raisonnablement sûrs que ce signal a été émis par une intelligence, et qu'il vient de l'espace. Le seul doute majeur est de savoir s'il vient de l'espace lointain, ou si c'est une transmission militaire satellite par exemple (ou un signal émis depuis la terre et reflété par un objet en orbite).

Si le SETI capte un jour un autre signal "Wow!", on en saura peut-être plus...

–Mais... ça serait un signal à notre intention?

Peut être... peut être pas. Prenons notre propre exemple :  nous aussi, nous émettons des signaux vers l'espace. Déjà : il y a eu quelques messages émises dans le cadre du programme SETI, dont au moins une réponse au signal "Wow!".

Mais au delà de ça, nos systèmes de télécommunication (télévision, radio) émettent des signaux dont certains se perdent dans l'espace, et qui seront peut être capté un jour par d'autre civilisations. Ainsi par exemple, les signaux émis en 1989 peuvent à présent être capté à 26 années-lumière (puisque ça fait 26 ans), c'est à dire aux alentours de Véga.
Pendant ce temps, sur Véga...
A titre d'exemple, l'une des premières transmissions assez puissante pour quitter l'atmosphère terrestre et partir vers les étoiles, était la retransmission de la cérémonie d'ouverture des JO de Berlin en 1936 et le discours d'Adolf Hitler. Ce détail était d'ailleurs évoqué dans le livre "Contact" de Carl Sagan, dont je vous recommande la lecture (oubliez le film éponyme et tiré du roman avec Jodie Foster : il n'est pas franchement mauvais, mais se contente de survoler l'histoire). Voilà voilà.

–Ah ouaih quand même... mais... s'il existe plein de civilisations extraterrestres, ne devrait-on pas recevoir plein de signaux?

C'est là que le bâts blesse. Car ce mode de recherche souffre de sérieux biais :
  1. Rien ne garantit que d'autres civilisations utilisent ce mode de communication dans un environnement proche du nôtre
  2. Rien ne dit que ce mode de communication soit utilisé de façon durable : on peut imaginer que la technologie évoluant, ces civilisations utilisent des moyens de communication moins... dispersifs : du coup la fenêtre de détection peut-être courte
  3. Peut-être ne saurions-nous pas interpréter d'éventuels signaux comme étant d'origine intelligente
  4. Peut-être les civilisations avancées se font-elles discrètes, pour ne pas attirer d'éventuels ennemis
  5. L'univers est immense : le programme SETI n'a écouté qu'une fraction infime du ciel, et encore : sur des durées très courtes. C'est un peu comme cherché une aiguille dans un océan de bottes de foin.
Bref, rien ne dit que le programme SETI ait des chances de trouver ce qu'il cherche, sauf sur un malentendu.

–Bon mais alors du coup... il y a d'autres pistes?

Oui! La détection de signaux n'est pas le seul moyen de prouver l'existence de civilisations : l'observation de grandes structures artificielles en serait un autre. Et là, l'actualité nous gâte...

2. L'étoile KIC 8462852, un nom qui envoie du rêve

En effet, vous avez sans doute vu passer dans la presse récemment, que des équipes d'astronomes avaient découvert une surprenante anomalie en observant l'étoile KIC 8462852, située à environ 1500 années-lumière. Cette étoile se fait ponctuellement occulter par un ou plusieurs "objets" passant devant, de façon irrégulière et sur des durées variables.
"Objets"? "Occulter"? On m'appelle?

L'assombrissement peut atteindre plus de 20%. Il faut savoir que la plus grosse planète de notre système solaire, le popotin de Kim Kardashian Jupiter, ne causerait qu'un assombrissement de 1% dans les mêmes conditions. Et encore, ça serait régulier. Du coup, les astronomes s'interrogent, car la plupart des hypothèses naturelles connues ne tiennent pas dans le cas présent, et l'hypothèse d'une sphère de Dyson a donc été timidement évoquée...

–Dyson? Les aspirateurs?

Ouhla! Non... Au temps pour moi, j'ai oublié de vous parler de Freeman Dyson.
Cette photo de Morgan Freeman n'a aucun rapport avec la choucroute.
Freeman Dyson est un physicien et mathématicien du genre iconoclaste, qui en 1960 a imaginé une mégastructure artificielle de forme sphérique construite autour d'une étoile par une civilisation avancée dans le but d'en récupérer le plus d'énergie possible. Pour simplifier, au lieu de coller deux-trois panneaux solaires sur la toiture de votre maison pour bénéficier du crédit d'impôts sur les énergies vertes, on fabrique un méga-œuf kinder en panneaux solaires directement autour du soleil pour collecter toute l'énergie produite par celui-ci.

–Ah bin ça c'est pas banal!

Non hein? Bon évidemment, c'est très au delà de ce que nous sommes capables de faire, mais on pourrait imaginer que des civilisations avancées le puissent.

–Mais... du coup, si on met le soleil dans une coquille, ça ne devrait pas le cacher complètement?

Moui... enfin le terme de "sphère" est trompeur : il est virtuellement impossible de fabriquer une sphère compacte de la taille d'un système solaire sans qu'elle éclate sous l'effet de la force centrifuge ou ne s'effondre sous l'effet de la gravité ou des forces de marée : aucun matériaux connu (et sans doute inconnu) ne serait assez résistant. La "sphère" de Dyson serait plutôt probablement constituée d'un immense essaim de panneaux solaires de grande taille (quelques kilomètres ou dizaines de kilomètres de diamètre) en orbite autour de l'étoile. Du coup, au gré de leurs orbites, nécessairement décalées pour qu'ils ne se percutent pas, ces panneaux pourraient occulter plus ou moins la lumière d'une étoile pour un observateur extérieur. Et ça pourrait expliquer l'observation faite concernant KIC 8462852...
Ah ouaih, quand même!
 Bon, ça reste une hypothèse hein... il y a encore des théories naturelles qui pourraient expliquer le phénomène, comme par exemple un essaim de comète déstabilisé par une étoile voisine et qui passerait devant KIC 8462852. Ceci étant, pour atteindre les 20% d'occultation, il faudrait un sacré essaim de comètes.

–Et il y a moyen d'être fixé?

Et bien, d'autres observatoires vont braquer leurs télescopes sur cette étoile, et les antennes du programme SETI vont l'écouter pour tenter de capter des signaux artificiels d'ici la fin de l'année.

–On saura bientôt à quoi s'en tenir alors?

Ou pas. Comme dit précédemment, rien ne garantit qu'une civilisation avancée utilise les ondes radio pour communiquer. Et puis... si structure artificielle il y a bien, rien ne dit que la civilisation qui l'a fabriquée existe encore. La structure orbite peut être dans l'espace à l'abandon depuis des millénaires... vestige d'une civilisation disparue comme les pyramides d'Egypte. Pour être fixé, il faudra peut être attendre les analyses visuelles de télescopes très puissants, qui n'existent peut-être même pas encore. Bref : réponse dans... les années qui viennent disons.

De toute façon, même si c'était avéré, ça n'apporterait que la satisfaction de le savoir, car à 1500 années-lumière, les communications avec ces êtres seraient... problématiques. En effet, sachant que les ondes radio se déplacent à la vitesse de la lumière, il leur faudrait 1500 ans pour parcourir la distance qui nous sépare.

–Hein?

Simplifions : disons qu'une civilisation extraterrestre se trouve à 1000 années-lumière de distance. Supposons qu'ils aient réussi à capter la retransmission du discours de Jules César sur Youtubus® (le Youtube® de l'époque gallo-romaine) après la guerre des Gaules.
Environ 500.000 vues sur Youtubus®. Il aurait fait mieux en suivant les conseils relooking d'Enjoy Phénix...
Déjà, ce discours, il va mettre 1000 ans à leur parvenir. Disons qu'ils décident de répondre : comptez 1000 ans de plus le temps que leur réponse arrive, soit un total de 2000 ans.
Et ouaih, ça calme...
Autant dire que ça risque de poser un sérieux problème de communication...
C'est vrai quoi...

–Et il n'y aurait pas moyen de trouver plus proche? De se rendre visite?

L'ennui c'est la théorie de la Relativité nous interdit théoriquement de dépasser la vitesse de la lumière. Les voyages seraient... longs. Mais pas forcément inenvisageables car il existe peut-être des moyens de contourner la règle comme l'Alcubierre Drive utilisant la distorsion de l'espace temps pour contourner la règle sans la violer. Mais ça reste à démontrer en pratique.

Mais même sans ça, on pourrait envisager de grands vaisseaux-mondes (taille gros astéroïde) propulsés jusqu'à une vitesse proche de celle de la lumière grâce à un Collecteur Bussard, transportant toute une population d'une étoile à une autre pour explorer/installer des colonies. Ce thème du vaisseau générationnel est d'ailleurs abordé dans l'excellent roman "Rendez-vous avec Rama" d'Arthur C. Clarke, que je vous recommande chaudement.

Du coup, outre l'éventualité de détecter un jour un tel vaisseau dans les parages, on pourrait imaginer trouver les traces d'un passage plus ancien d'une telle expédition dans notre propre système solaire... on peut même penser que des systèmes automatiques auraient alors été déposés ici et là pour surveiller notre planète : idée évoquée dans "2001 l'odyssée de l'espace" du même Arthur Clarke. Le fameux monolithe noir placé sur notre lune devant servir de "système d'alarme" pour avertir de notre capacité à voyager dans l'espace.

On peut même se demander s'il n'en reste pas des traces sur Cérès...

3. Serait-ce Cérès qu'on a oublié de l'éteindre?

Le nom de Cérès ne vous dit rien? Pas étonnant : jusqu'à une date récente il était classé comme simple astéroïde. Le bouleversement des classifications astronomiques qui a aboutit à la déchéance de Pluton il y a quelques années du rang de "planète" à celui de "planète naine" a également vu entrer Cérès dans cette dernière catégorie.

Située en plein cœur de la grande ceinture d'astéroïdes, entre Mars et Jupiter, Cérès est une grosse boule de roche d'environ 1000 km de diamètre. Depuis quelques mois, Cérès fait l'objet d'un survol par la sonde Dawn de la NASA, et le moins que l'on puisse dire est que ce gros caillou nous réserve pas mal de surprises. La première d'entre elles fut l'observation de "lumières" venant de sa surface.
"–Ah merde! J'ai oublié d'éteindre la lumière!"

Bien qu'il s'agisse apparemment de simples reflets du soleil sur une surface brillante, la nature de cette dernière (glace? plaque de sel? autre?) n'a pas encore été élucidée.

Ah... et puis il y a la pyramide.

–Pardon? Une pyramide? Sérieusement?

Non j'déconne, c'est juste une montagne. Enfin... "juste", façon de parler, parce qu'elle est quand même assez zarbie la montagne en question : un grand cône tronqué aux parois super lisses juste à coté d'un cratère sensiblement de la même dimension, c'est pas ordinaire...
Moi j'aurais pris "Mironton" plutôt...
En tout cas, sa nature exacte et les conditions de sa formation n'ont pas encore été déterminées non plus.

Et depuis : nouveau mystère! Les équipements embarqués de la sonde Dawn ont détecté trois sursauts d'électrons énergétiques dont les astronomes ignorent l'origine.

Je passerai sur la "tâche noire" repérée sur certaines photos, puisqu'il ne s'agit probablement que d'une ombre ou d'un défaut de l'image... Oh wait! Point noir? Gros bouton? Peau luisante? Bon sang mais c'est bien sûr! Cérès est une planète en pleine puberté!!!
"–KEVIIIIN! Arrête d'éclater ton acné sur le miroir de la salle de bain! P'tit con!"


Bien sûr, il est probable que tous ces phénomènes soient d'origine naturelle, mais cela montre que notre propre système solaire peut nous réserver des surprises, y compris sur des mondes a priori prévisibles comme Cérès. Ou Pluton...

Bon, et puis il y a aussi cette histoire de capsules métalliques venues de l'espace découvertes par une équipe scientifique. Je vous résume : des chercheurs ont envoyé des ballons sonde dans la haute atmosphère terrestre (27km d'altitude) pour y récupérer des particules venant de l'espace, et ont eu la surprise de trouver parmi celles-ci des billes de métal en titane et vanadium qui semblent contenir de la matière biologique. Si cette information était avérée (et là je reste prudent, car l'équipe à l'origine de la trouvaille semble un peu... douteuse disons), ça pourrait indiquer qu'une civilisation extraterrestre tente d'essaimer la vie dans les systèmes solaires voisins (rappelez-vous, la panspermie dont je vous ai déjà parlé). Bref, si ça se trouve, nous sommes tous Charlie des extraterrestres...
... et moi aussi je peux avoir un gros panaris sur le doigt.

Et il y a aussi 1991VG... ce curieux objet qui pourrait bien être une sonde spatiale extraterrestre, et qui repassera au voisinage de la Terre en 2017 (l'occasion d'y jeter un œil en détail et de déterminer peut-être sa vraie nature....)

Comme vous le voyez, l'actualité est riche en matière d'observations spatiales. Mais hélas, comme souvent, la presse n'a pas dépassé l'orbite de la lune...
Ça c'est du journalisme!


mardi 19 novembre 2013

Culture fast-food

Petit intermède avant l'épisode III sur Noël. Un intermède inspiré par l'actualité, ou plutôt la façon dont elle est traitée. Je précise que je ne m'intéresse à l'actualité que de façon assez distante. Je n'ai pas la télé, et je ne lis pas la presse papier. Mes sources d'informations sont donc :
  1. Internet (je visite régulièrement quelques sites d'information comme Rue 89, et 20 minutes)
  2. La radio (en voiture, j'écoute la radio)
Ça n'est pas la première fois que je le constate, mais je trouve qu'on en a encore eu un bel exemple avec la traque du tireur parisien de ces derniers jours : tous les media se mobilisent, enchainent les articles/reportages/unes/interview d'"expert" jusqu'au point de saturation pour nous livrer une information à chaud contenant précisément... du rien! Si si, regardez bien! Comptez les articles, brèves, et reportages télé toutes les 20 minutes pour nous dire quoi? Juste répéter les mêmes informations : un gars armé, vêtu de telle façon, qui a tiré a tel endroit, et dont on a perdu la trace. Ah si, et bien sur enchaîner toutes les hypothèses –invérifiables en l'état puisqu'on ne sait rien de plus– sur ses motivations, ses liens supposés avec le grand banditisme/le terrorisme/la crise/le front de libération des escargots de bourgogne... Tient, une hypothèse de mon cru : ce gars avait lu son horoscope dans Libé qui lui disait que sur le plan financier tout allait bien, juste avant de recevoir un mise en demeure de son banquier. Paf, il pète les câbles et va flinguer l'auteur de l'horoscope avant d'essayer de se farcir son banquier.
Et je passe sur les cris d'orfraie quant au fait que ce cinglé s'est attaqué à la presse (ça crie moins quand à son attaque de la banque d'ailleurs) : tant qu'à faire, on défend sa chapelle hein.
Non truqué : trois articles sur le sujet rien qu'en Une...

Je ne dis pas que le fait divers ne mérite pas d'être mentionné, mais ce matraquage –sachant qu'on ne sait quasiment rien à l'heure ou j'écris ces lignes– était-il vraiment indispensable? Dans mon souvenir, on avait eu droit à la même effervescence insignifiante lors de l'affaire Merah à Toulouse (avec un quasi-direct TV lors de la prise d'assaut foireuse du GIGN). Les (maigres) infos dont dispose la presse sont balancées précipitamment, souvent sans vérification, parfois au mépris de la présomption d'innocence, et délayées/rabâchées jusqu'à leur totale perte de saveur en l'absence de nouvelles infos à donner. Il parait que c'est ce qu'attend le public. Il parait.

Et bien ça, pour moi, c'est la culture fast-food. Je parle là de la presse, mais c'est valable à tous les niveaux de la société, de plus en plus : on en veut toujours plus, tout de suite, ça doit contenir du sel, et il faut que ça se digère vite. Reprenons notre exemple de la presse :
  • infos quasi simultanées avec les évènements
  • multiplication des flash/interview/analyse/infographies/photos/articles repassant en boucle les mêmes infos
  • un peu de dramatisation pour le sel ("le tueur peut être n'importe", "et si ça s'était passé sur votre lieu de travail", "la victime dans le coma", etc...)
  • une analyse simpliste et consensuelle du peu que l'on sait (histoire que le spectateur/lecteur/auditeur lambda pense avoir une information nouvelle et de qualité, et accessoirement, ça libère du temps de cerveau, il n'a pas besoin de réfléchir par lui-même).
Naturellement, ça n'est pas propre à la presse. Ce phénomène s'étend à tous les aspects de notre vie quotidienne : c'est un problème de société.
►Rencontres amoureuses fast-food ? Pas de problème, le speed dating est fait pour vous. Si vous êtes branchés internet/smartphone, les sites de rencontres ne manquent pas (Meetic, Adopteunmec, etc...).
L'histoire ne dit pas si Raphaël fait ça comme un lapin...
►Et après, rupture fast food? Pas de soucis : on largue pas SMS.
►Repas fast food? Sandwicheries, fast foof eux-mêmes, distributeurs divers et variés... Sans parler des kits de cuisine permettant de faire "soi-même" des repas "élaborés". Qui n'a jamais utilisé un kit de cuisine mexicaine (vendu fort cher du reste) par exemple? Et pourtant, faire des galettes de blé est d'une simplicité enfantine, et les sauces elles-même n'ont rien de compliqué à réaliser. Le reste n'est de toutes façons pas fourni... Bon, ok, il faut y passer un peu de temps. Je vous filerai ma recette à l'occasion.
►Politique fast food? Mais on ne trouve quasiment que cela! Combien de personnages politiques ont encore une réelle vision à long terme? Combien ne cherchent pas narcissiquement à montrer leur tronche à la télé au moindre fait divers? Combien pour faire une analyse posée, et non bêtement idéologique, des problèmes et des solutions possibles?
Pff... tout ça me semble bien indigeste...

►Célébrité fast food? Y a qu'à demander : Secret Story, la Nouvelle Star, etc... Ah bah oui, c'est du fast food hein! C'est donc formaté (filles écervelé à grosse poitrine/minet inculte à gros biscotos) et indigeste.
–Pour parler à mon neurone, tapez 1 suivi de #
–1 #
–Le numéro que vous avez demandé n'est pas attribué
►Job fast food ? Si vous n'êtes pas trop regardant sur la nature de l'emploi, l'intérim est fait pour vous.
►Travail fast food? Qui n'a jamais pesté contre des délais serrés qu'on lui impose, ou des clients qui exigent un réponse immédiate à leur demande?
►Enseignement fast food ? Cours à la carte proposés par de nombreuses sociétés (fort lucratives du reste) de soutien scolaire. Bachotage inepte, bourrage de crâne, réflexion allégée... Les résultats sont peut être là, mais est-ce efficace pour autant? Ne vous inquiétez pas, l'école de la république s'y met peu à peu : pour que le maximum d'élèves aient le bac, il est plus simple de revoir les exigences à la baisse que d'essayer d'améliorer les contenus et de prendre le temps nécessaire pour ça rentre.
►Formation professionnelle fast food? Si vous avez déjà suivi des formations de ce type (en interne dans votre entreprise, ou dans le cadre d'une recherche d'emploi), il y a de fortes chances que vous soyez tombé sur une formation dite "Power Point™". La plupart du temps, le formateur a le charisme d'un rutabaga et se contente de lire des slides indigestes qu'il fait défiler bien trop vite avant de proposer un pause café d'une demi-heure. En général, à la fin vous n'avez rien retenu d'utile de toute façon.
►Tourisme fast food? Vendez un rein et optez pour une croisière all inclusive. Avec un troupeau d'allemands en short, vous pourrez visiter plusieurs villes/pays au pas de course selon des parcours balisés avant de claquer votre fric dans les boutiques à touriste. N'espérez pas découvrir vraiment la culture locale, on est dans du fast food encore une fois. Et profitez bien de la piscine de l’hôtel/du bateau de croisière, c'est pas comme si vous aviez la mer à deux pas.
►Faire des enfants fast food? Aller, vite : PMA pour gagner du temps. Et après l'accouchement programmé, hop hop : à trois mois, chez la nounou/en crêche, à un an il faut qu'il marche et qu'il soit propre sinon c'est qu'il y a un problème, à trois ans pétantes zou à l'école et qu'il apprenne vite à compter/écrire, etc, etc... Et après on s'étonne qu'ils soient ado de plus en plus tôt, et que les filles se fassent engrosser à 12-13 ans avant de se suicider à 14...

J'arrête là, mais ça ne sont pas les exemples qui manquent. Vous-mêmes, demandez-vous un peu depuis combien de temps vous n'avez pas pris le temps...

Et si vous preniez le temps de ralentir le pas, de regarder le paysage autour de vous? C'est l'automne... avez-vous vu combien certains arbres se parent de couleurs magnifiques? Est-il si urgent que vous arriviez là où vous vous rendez?

Et si vous preniez le temps de manger, sans vous presser, en savourant chaque bouchée, chaque aliment? Prendre plaisir à vous nourrir ne vous fera pas tord...

Et si vous preniez le temps de sourire? Juste comme ça, parce que finalement, la vie n'est pas si mal. Faire une tête de dépressif ne vous apportera rien.

Et si vous preniez le temps de parler à ce SDF qui fait la manche tous les jours à ce coin de rue, et que tout le monde prend bien garde à ignorer? Vous n'avez peut être pas de pièce à lui donner, mais un sourire et un peu de chaleur humaine ça ne coûte pas grand chose.

Et si vous preniez le temps d'aider ce voisin un peu balourd, qui semble galérer avec ses sacs de courses/ses papiers administratifs? L'entraide n'a jamais tué personne...

Et si vous preniez le temps de regarder votre compagne/compagnon (de la/le regarder vraiment, pas juste de la/le voir) ? De détailler tranquillement son visage, sa silhouette... de constater –peut être– que de petites rides ou des cheveux gris commencent à se dessiner, mais ça ne change rien à l'amour qu'elle/il vous inspire, au contraire.

Et si vous preniez le temps de lui dire "Je t'aime!"? Pas le "Je t'aime" qu'on balance comme ça, par convenance ou habitude, comme on dirait bonjour ou bonsoir. Non, le "Je t'aime!" chargé de toute l'émotion porté par vos souvenirs communs et votre amour mutuel... un truc qui vient des tripes!

Et si vous preniez le temps de regarder en souriant vos enfants jouer, rire, se raconter des histoires? De les voir se salir bêtement sans les disputer? De juste jouer avec eux, sans vous dire que vous avez mieux à faire?

Et si vous preniez le temps de parler/écrire aux gens que vous appréciez? De leur parler vraiment et pas juste de la pluie et du beau temps.

Et si vous preniez le temps de faire quelque chose dont vous aviez envie? Sans vous prendre la tête sur ce que vous aviez à faire.

Et si vous preniez le temps de lâcher prise?

Et si vous preniez le temps de... vivre? Tout simplement...

Pourquoi tout devrait-il toujours aller plus vite? Notre monde et notre civilisations sont en train de crever de cette obsession de la vitesse : nous utilisons nos ressources à une fois et demi la vitesse nécessaire pour qu'elles se renouvellent! Et ce ratio augmente!
J'ai mis un citron, mais si vous préférez une orange, c'est pareil...


La culture fast food a envahi nos vies jusqu'à l'indigestion! On dit que l'on est ce qu'on mange (et je pense que l'on peut parler aussi bien de la nourriture physique que spirituelle ou intellectuelle)... vous voulez vraiment devenir... ça :
Et mon cul popotin, c'est du poulet?
Je me rend compte que cette bafouille, qui devait être brève, s'est transformé en une vraie tribune. Manquerait plus qu'on en fasse un pps avec des chatons, des paysages d'automne, et une musique d'ascenseur et ça serait le pompon...

Alors je vais conclure en vous disant : la prochaine fois que vous vous sentez pressé, que vous n'avez pas le temps (ou pas envie de le prendre) pour faire quelque chose, demandez-vous si votre vie sera réellement meilleure en ne prenant pas votre temps. Prenez le temps de regarder autour de vous, calmement, en silence, et de réfléchir. La procrastination peut être une maladie, mais parfois c'est un remède.

A vouloir vivre trop vite, on finit par mourir trop vite.

lundi 19 août 2013

Chat m'énerve chat!

Certains matins sont plus durs que d'autres. Et bizarrement, quand une journée commence mal, il y a de fortes chances que ça aille en empirant. Là, je suis sur que certains me répondront : "Mais non, faut pas dire ça! Aide-toi et le ciel t'aidera!". Ce à quoi je répondrai : "Le ciel je ne sais pas, les chats : aucune chance!". Dans le film Usual Suspects, Verbal Kint (joué par l'excellent Kevin Spacey) dit : "Le coup le plus rusé que le diable ait jamais réussi, ça a été de faire croire à tout le monde qu'il n'existait pas.". Moi je dirais plutôt que le coup le plus rusé que les chats aient jamais réussi, ça a été de faire croire à l'existence du diable pour pouvoir tout lui coller sur le dos...
Et vous pensiez que Keyser Sözé était dangereux?
Mes horaires de travail sont un peu fluctuant, du coup, mon heure de réveil aussi. Il faut savoir que le papa Hérisson n'est pas particulièrement matinal. Ni spécialement vespéral non plus d'ailleurs. Et pas super nocturne (contrairement à mon pote Colegramme le hérisson du jardin d'ailleurs), non en fait, le papa Hérisson aime bien dormir, souvent et le plus longtemps possible. Là, déjà, logiquement, avec deux gnomes en bas âge à la maison, vous vous dites que c'est mal brêlé. Et vous avez raison, mais ceci étant, les deux petits monstres sont plutôt de bon dormeurs (les gènes de papa Hérisson surement) qui ont fait leurs nuits assez vite et ne sont (en général) pas réveillés de trop bonne heure. Du coup, la principale menace contre le sommeil reste le travail.

La plupart du temps, j'ouvre un œil avant que le réveil-matin ne se manifeste (horloge interne performante), ce qui me permet de me lever et de le couper pour ne pas déranger maman Koala (provisoirement mère au foyer, qui a bien besoin de toute son énergie pour gérer les deux zébulons accrochés à sa fourrure toute la journée). Mais parfois, quand c'est trop tôt ou que je me traine quelques nuits trop courtes, ça rate.

Certaines personnes ont un réveil-matin proposant des sonneries assez délicates avec une lumière tamisée pour un réveil en douceur. Vu que ça coûte un bras et que je tiens aux miens, t'oublies!. Pour d'autre, c'est le radio-réveil, programmé sur une station de leur choix pour un réveil dynamique au son de Freddy Mercury (pour les plus chanceux) ou de Justin Bieber (pour ceux qui ont pissé sur un totem). De base, maman Koala et moi étant partisans de cette option (enfin, Freddy Mercury, pas Justin Bieber hein!), nous avons fait l'acquisition d'un magnifique radio-réveil avec affichage mural fonctionnant sur secteur, équipé de surcroit d'un emplacement piles qui permettent de conserver l'enregistrement des stations, de l'heure, et des différentes programmations en cas de panne de courant (l'installation électrique de la maison n'est pas particulièrement vétuste puisque je l'ai refaite il y a quelques années lors de l'acquisition des lieux, mais les prises disjonctent parfois... j'y reviendrai).

Il y a juste deux petits problèmes :
  1. notre maison se trouve juste derrière une magnifique église du XVIème siècle, classée monument historique et qui possède l'intéressante propriété de faire obstacle à la plupart des ondes électromagnétiques de notre environnement, à savoir : micro-ondes pulsées par la NSA pour le contrôle de nos cerveaux, ondes télépathiques des illuminatis qui veulent dominer le monde, ondes des téléphones portables (je me sens peu concerné, mon portable est antédiluvien et je ne m'en sert pratiquement pas) et ondes radios. Ah. Grosso modo, par temps clair et moyennant une prière à Saint Marconi on capte deux stations : radio-curés qui te diffuse le top cinquante des messes et des cantiques et radio-djeuns-cambrousse qui passe moulte Justin Bieber et autre Superbus. Génial! Va pour radio-curés : de temps en temps, ils diffusent Oldelaf & Monsieur D. (pensant sans doute que "Nathalie, mon amour des JMJ" est une chanson religieuse).
  2. je ne sais pas à quoi servent les piles placées dans le radio-réveil, mais manifestement pas à conserver le moindre réglage : même flambant neuves elles n'ont jamais permis de garder quoi que ce soit suite à une panne de courant, même brève. A titre personnel, je pense qu'elles fournissent l'énergie nécessaire à l'ouverture d'un passage interdimensionnel par lequel des moustiques du jurassique (des bestiaux d'environ 3kg à vide) se faufilent pour nous bouffer la nuit, et par lequel les chaussettes adultères abandonnent leur tendre moitié pour aller pécher l’ichtyosaure. Mais ça n'est qu'une hypothèse. Quoiqu'il en soit, les pannes de courant étant fréquentes, le radio-réveil ne reste pas calibré sur radio-curés et s'allume donc sur radio-parasite (à moins que ça ne soit du Justin Bieber?). Avec le son à fond, parce que sinon c'est pas rigolo.
Ce matin là donc : levé à 6h du mat'. Et évidemment, mon horloge interne dormait aussi, donc à 6h pétantes (enfin, 5h33 et 47 secondes en fait car le radio-réveil prend de l'avance. Oui, je sais, faudrait en changer, mais déjà qu'il m'a coûté un testiboule alors ça attendra que ça repousse...) maman Koala et moi-même fûmes réveillés par une purée de parasites à 140dB (surement un extrait du dernier tube de Benjamin Biolay... quoique ça me paraissait bien rythmé). D'un geste délicat, maman Koala (cherchant à protéger son sommeil et celui de ses enfants créchant dans la chambre voisine) éteignit donc l'appareil importun d'un bon ramponeau bien placé et m'éjecta promptement du lit d'un coup de popotin péremptoire en se fendant d'un :" Mgnnnhigngn rrr pchh chtem!" que je traduisis par :"Debout les campeurs et haut les coeurs!". Mais c'était peut-être : "Bouge tes fesses, c'est l'heure! P.S. : je t'aime!".
Mgnnnhigngn rrr pchh chtem!
La tête dans le pâté, les yeux collés, je me hasardai donc dans la pénombre vers la porte de la chambre, l'ouvris silencieusement, et descendis (avec la démarche souple d'un pachyderme sous tranxene) notre escalier de bois qui grince. Direction les toilettes pour le petit pipi du matin.

Petit point géolocalisation : chez nous pour accéder aux toilettes, il faut traverser le salon, la cuisine et un petit couloir semi-extérieur mal isolé (en décembre par -15° je vous raconte pas le bonheur). Ensuite il faut savoir que sur nos quatre chats, l'une d'entre eux (n°2) est la souffre-douleur des trois autres, ce qui fait que la nuit, nous l'isolons dans la salle de bain, fermée, après la cuisine elle aussi fermée afin que : primo elle soit protégée des assauts vindicatifs des trois autres pénibles, et secundo si elle passe sa nuit à gueuler comme un âne (si si, elle est stérilisée) cela ne nuise pas à notre sommeil.
Plan de mon rez-de-chaussé (édition décembre 2012)

Je rentre donc dans les toilettes... tient? Quelle est cette sensation humide qui s'insinue dans ma chaussette droite? Super, chat n°2 a fait pipi par terre. Comprendre : juste dans l'entrée de la pièce, à 13,4cm de la litière propre qui se trouve là juste pour elle. Restons zens, j'aime les chats.
Pipi du matin : check! Je repasse dans la cuisine, ouvre la porte du salon. A cet instant, chat n°4 (la petite dernière récupérée au 15 juillet dernier, après son abandon par quelque irresponsable/lâche/ individu lucide partant peut être en vacance) se jette sur mes jambes pour y grimper à la force des griffes : elle à faim. Retenant mes larmes, je me dirige vers le placard avec le chat suspendu à ma cuisse, attrape sa gamelle et y verse quelques croquettes. Elle me lâche pour aller manger, je me fais 4 points de suture. J'aime les chats.

De retour dans la salon, j'attrape mes vêtements du jour, consciencieusement pliés sur le canapé. Mais... quelle est cette sensation visqueuse sur mes mains? Oh, du vomis de chat sur ma chemise propre. J'AIME LES CHATS BORDEL! Ok, donc :
  1. remonter subrepticement dans la chambre
  2. aller ouvrir à tâtons le placard contenant les fringues
  3. choisir une paire de chaussettes, une chemise et un pantalon au hasard dans l'obscurité (en croisant les doigts pour ne pas tomber sur la chemise à paillette de la dernière soirée années 80 et le pantalon-treilli-zombie-ensanglantée de la soirée apocalypse)
  4. repartir (toujours dans l'obscurité)
  5. se cogner violemment le petit orteil sur le lit,
  6. entendre maman Koala émettre un "Mgnneu? kjpfdrrr pchh..." (traduction = "ça va mon chéri? tu ne t'es pas fait mal?", à moins que ça ne soit "Tu pourrais faire moins de bruit s'te plait, y en a qui dorment!", ou encore "Les chats! Taisez-vous! Pchiiit!").
  7. laisser perler une larme le long de ma joue en gardant un visage stoïque
  8. me dépêcher de descendre discrêtement-pachyderme-tranxene-machin-tout-ça
  9. sortir de la maison
  10. aller hurler sur la colline
  11. revenir
  12. J'AIME CES P*#&@ DE CHATS!
Vestige de l'évolution, le petit orteil n'existe que pour s'exploser sur un coin de meuble, sachez-le!

Et là, tu te rapproche du canapé pour t'habiller. Et de nouveau, tu as une drôle de sensation au niveau de ton pied droit (nu cette fois puisque tu as déjà incinéré les chaussettes que tu portais en marchant dans la flaque de pipi de la salle de bain. C'est humide et visqueux, et ça s'insinue entre tes petits orteils délicats (et propres, tu viens de te laver le pied dans la salle de bain suite à l'incident-pipi... suivez un peu bon sang!). Du vomis de chat. Manifestement, l'un des félins ici présent (n°1, n°3 ou n°4) a décidé de rejouer une scène de l'Exorciste pendant la nuit : outre ta chemise, ton canapé et ton tapis ont pris cher aussi. Bon. Aller se re-nettoyer le pied en notant mentalement de trouver l'adresse d'un bon taxidermiste, et en se disant que cette journée commence mal.
Bon sang, mais quelle peut-être la contenance d'un chat?

A ce stade, je me disais fort justement que les chats étaient de sérieux emmerdeurs de petits coquins et qu'ils avaient fait fort ce coup là. Naïf que j'étais : une symphonie n'est rien sans son requiem.

Toujours un peu léthargique bien que sous le coup de la colère, je vais pour préparer mon petit déjeuner. Chat n°4 jailli de la cuisine ou je l'avais enfermée pour qu'elle mange ses croquettes. Et m... mince! Le pain. Cette affamée a bouffé toutes ses croquettes, puis attaqué le pain. Rhaaa! Mais c'est pas vrai? Ils ont un trou noir ,à la place de l'estomac? Ah non, c'est vrai, ils vomissent après. Surement des crypto-anorexiques. Ronchonnant, je découpe mes tartines, les colle dans le grille-pain et prépare mon café en ruminant des pensées incluant des chats, de la corde, un sac de toile de jute, des parpaings et un taxidermiste. Puis muni de mes tartines beurrées et confiturées, je me pose devant mon ordinateur avec mon café pour y mater le dernier article d'un Odieux Connard.

Soudain : bruit de métal chutant sur le sol. Dans la cuisine. Je me précipite. Faisant tomber le couteau, chat n°4 est en train de lécher le beurre que j'ai omis de remettre au frigo.
...
...
Xlptk! Pchiiiiit! Fiche le camp sale bête! Je range le beurre au frigo, dégage chat n°4 et ferme la porte de la cuisine. Je retourne à l'ordinateur, et dégage chat n°4 en train de manger mes tartines. Purée!!! Mais elle est partout celle-là! On en a combien d'exemplaire? Qui l'a mouillée?
Je me demande bien quel animal a pu inspirer le créateur des gremlins...
Je continue mon p'tit déj' en ricanant bêtement devant le spoiler de Pacific Rim. Soudain, Ecran noir. Plus de courant. Ah. Je check le tableau électrique : en effet, c'est disjoncté. Je rejoncte. Et ça re-disjoncte. Grrr. Je teste pièce par pièce : c'est la cuisine. Ok, allons checker la cuisine. Prise du four : pleine d'un liquide jaunâtre dont l'odeur ôte le moindre doute qu'il pourrait y avoir quant à la provenance. Et même pas de cadavre de chat électrocuté... quelle déception. Je nettoie, je rebranche, et je vais rejoncter avant d'aller finir mon p'tit déj'. Puis je retourne dans la cuisine pour préparer ma boite déjeuner et faire ma vaisselle.
Le condensateur du futur. Et en plus il est kawaï.

Il faut savoir que je ne dispose que d'une heure pour ma pause déjeuner (comme beaucoup de gens me direz-vous...), et que mon entreprise ne dispose pas d'une cantine. Comme je travaille à plus de trente bornes de mon domicile, rentrer manger chez moi est inenvisageable. Il y a bien une série de resto/cafet'/fast-food/pizzeria dans la galerie commerciale voisine, mais celle-ci se trouve à environ 1/4 d'heure de marche (14 minutes en courant, enfin quand moi je cours, 25 à cloche-pied). Ou 5 minutes en voiture, mais comme le parking de l'entreprise doit comporter environ 200 places pour 800 employés, tu réfléchi sérieusement avant de libérer celle pour laquelle tu as dû plier trois cadavres dans ton coffre (en attente d'un séchage en règle au grenier, ou d'une inhumation dans le jardin). Reste la solution de disposer d'une boite-repas, de préférence thermos pour manger chaud. Solution qui a donc été retenue par votre serviteur.

Du coup, le matin, je fais griller aussi mes tartines pour le midi, car j'aime bien manger un peu de pain avec le fromage que j'emmène (je suis assez épicurien). J'ouvre donc la porte de la cuisine. Chat n°1 se sauve comme s'il avait fait une bêtise. Qu'est-ce qu'il fichait là celui là? Zut j'ai dû l'enfermer en virant chat n°4...
Manifestement, il devait avoir faim, puisqu'il a mangé la moitié de mes tartines grillées (constituées de pain déjà partiellement boulotté par un chat je le rappelle). Pourquoi est-ce que j'entends soudain les grandes orgues dans ma tête?



– Allo? Le taxidermiste? Vous faites des prix de gros?