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vendredi 24 avril 2015

Communiqué du FLNC (canailles hystériques)

(Message personnel à l'agent de la DCRI qui se tapera ce billet de blog à cause de l'algorithme un peu soupe-au-lait qui aura tilté sur quelque mot clé légèrement ambigu : j'espère que tu vas bien te marrer. En tout cas, vu le nombre de visiteurs Russes et Ukrainiens que j'ai chaque jour ici, tes potes du KGB du FSB ont l'air de s'y plaire.Spéciale dédicace à mon pote Vladimir : bisous mon gros nounours!)
C'est sur que ça a plus de gueule qu'un mec qui se fait chier dessus par un pigeon...

Communiqué du FLNC* (canailles hystériques)
(*Front Loquace des Nouveaux Chieurs)

Vous l'aurez certainement noté, la presse dite "parentale", ce sont généralement des mamans, qui s'adressent à des mamans. Et donc, si vous êtes un tant soit peu perspicace, vous aurez fructueusement remarqué que dans "parentale" il manque environ la moitié de l'équation.

Et bien nous, au FLNC, nous disons : STOP! Car :
  • Nous autres les papas, nous avons parfois aussi besoin de conseils (même si on fait nos kékés en prétendant que tout va bien : ces fichus mioches ne sont pas livrés avec le mode d'emploi).
  • Et nous pouvons aussi donner des conseils ("Non, là tu vois, à mon avis, le suppositoire se met de l'autre côté").
  • Nous aussi pouvons être des chieurs de mauvaise foi.
  • Nous aussi pouvons être gagas de nos gnomes dont les flatulences sonores nous collent pourtant la honte absolue dans la file d'attente au camion à pizza (d'autant que le délicat fumet d'icelles provoque des convulsions chez les personnes les plus fragiles de cette même file d'attente, comme par exemple les camionneurs et les vieilles à cheveux bleus).
  • Nous aussi pouvons nous extasier sur le design et la légèreté de ces poussettes aux allures de LEM, vraisemblablement conçues par la NASA (et dont le modèle premier prix coûte d'ailleurs environ la moitié du programme Apollo).
  • Nous aussi nous nous inquiétons pour nos gnomes lorsque ces derniers se réveillent en pleurant hurlant à 3h du mat' avec une fièvre à faire concurrence à la fusion du réacteur de Tchernobyl.
  • Nous aussi nous pestons contre ces ustensiles de puériculture mal pensés, bourrés de recoins à la con dont le concepteur n'a manifestement jamais envisagé qu'il serait utile de pouvoir les nettoyer facilement (c'est vrai qu'un gnome ça ne vomit jamais ni ne projette jamais de nourriture partout... non...).
Aussi, lorsque le magasine "Parole de Mamans" (au moins ils annoncent la couleur) m'a contacté pour me demander de faire partie des 6 papas et mamans sélectionnés pour effectuer les tests de produits dans leur numéro "best of" du mois de juin, je ne me suis pas tâté trop longtemps : pour une fois que les papas ont droit de l'ouvrir...

–Ouaih, enfin ça et le fait qu'on t'a promis que tu repartirais avec une valise remplie des trucs testés.

Oh alors là, franchement, ça serait mal me connaître...
Ceci est un intermède musical.
... d'autant qu'il faut tout de même se rendre à Paris (ce qui représente une certaine distance de ma cambrousse sauvage), et que les frais de déplacement sont pour ma pomme. Mais bon, "Parole de Mamans" et moi ne sommes pas de parfaits inconnus, ils m'ont même interviewé une fois...

Bref. Toujours est-il que je contactai la sympathique Henda, à la rédaction du magazine, afin d'avoir des détails, et que donc rendez-vous fut pris, billets de trains réservés, et grosse valise empruntée à belle-maman puisque Henda me confirma que je repartirais avec l'une ou l'autre babiole.

Petit aparté : notons au passage que le site de la SNCF est une grosse arnaque un vaste foutage de gueule. Outre son côté peu ergonomique et grosso modo aussi facile à décrypter qu'une notice IAVEKA™ traduite en moldave, le prix des billets affiché pour un trajet donné varie d'une consultation à l'autre (sur la même journée à quelques minutes d'intervalle je précise). En augmentant, bien sûr (passant donc du prix d'un rein sur le marché noir au PIB annuel du Burundi). Je soupçonne l'intervention sournoise d'un algorithme programmé pour augmenter subrepticement les prix lorsqu'un tarif est consulté, style : "Ah ah, tu veux te rendre là à telle date? Ce trajet t'intéresse? Mouahahaha! Banque donc pauvre pigeon!". SNCF : à nous de vous faire préférer le vélo.

Enfin bon, après avoir hypothéqué le foie de maman Koala, je me procurai donc les billets de train pour Panam afin de répondre à l'appel de "Parole de Mamans"...
A la guerre comme à la guerre...


Vis ma vie de blogueur testeur

►Mardi ►5h30 AM
Je chevauchais un ornithorynque garou avec mon djembé en compagnie de Grichka Bogdanov pour allez acheter des pamplemousses arc-en-ciel chez Jean-Pierre Bacri, quand subitement, au détour d'un lamantin du Périgord, je tombe sur Monica Bellucci, nue et offerte qui me susurre d'une voix suave :

– Xrrrrkzzzz'ktte rrrkhhrrr' zzzzzz!


– Xrrrrkzzzz'ktte rrrkhhrrr' zzzzzz!
Le radio-réveil est en train de crachoter une purée de parasites. A moins que ça ne soit du Zaz, j'hésite. Tandis que je tente péniblement d'émerger de ce merveilleux cet angoissant monde onirique dans lequel je me trouvais, maman Koala éteint promptement le bidule et me propulse hors du lit m'aide à me lever d'un violent coup de cul petit mouvement du fessier en me susurrant d'une voix suave :

–Gneuuuuh grouu, mfffmmmh guegneuuuh mpffff! Mfprrrr grr mpfff gneuh.


Pif!
Je traduis aussitôt par "Debout les campeurs et haut les cœurs! N'oubliez pas vos bottes, parce que ça caille aujourd'hui!". Mais à la réflexion c'était peut être "Allez zou, debout grosse feignasse! Bon courage je t'aime."... Toujours est-il que je me lève dans la pénombre de la chambre et me dirige vers la porte, non sans écraser mon petit orteil contre l'un des pieds de lit. J'étouffe un cri en mangeant mon poing droit. Je quitte la chambre, et y reviens à cloche pied après avoir marché dans le vomi de Chat n°2, afin de prendre une paire de chaussettes propre. Je parviens ensuite à descendre l'escalier furtivement, en mode ninja. Puis, arrivé au pied de l'escalier, Boulette (chien n°2) se jette sur moi pour me léchouiller, bousculant au passage la tour de CD qui s'effondre au sol presque sans un bruit de tonnerre. Presque. Venant d'en haut, j'entends la douce voix de ma chère et tendre :

–Pffrrrrmm p! Mpf gna mpfaaa tchhhhh'ttt mpffffui?


Pouf!
Brave chérie : elle vient de me demander "Mon coeur! Est-ce que tout va bien?"... ou peut être "Dis donc! Ça ne va pas de faire tout ce barouf ?". Je ne sais pas trop.

Après avoir ramassé les CD éparpillés tout en repoussant le museau de mon chien, j'attrape ma pile de vêtem... j'attrape Chat n°3 qui dormait sur ma pile de vêtements propres préparés de la veille, le dépose sur le fauteuil, puis saisis ma pile de vêtement propre en me dirigeant vers la salle de bain. Étrangement, Boulette ne tente pas de me faire chuter dans l'obscurité. Bizarre... Je traverse la cuisine, froide, puis le petit couloir, glacial...
Winter Couloir is coming!
Je me déshabille, puis dispose mes vêtements sur le sèche serviette, afin de pouvoir me blottir dans des trucs chauds au sortir de la douche. J'attrape ma biscotte pour me raser. Mais... tient!? Où sont mes chaussettes ? Voyons, refaisons le film :
 descente escalier chaussettes dans la main ► chien ► pouf ► ramassage CD ► déposage chat ►attrapage de vêtement...
Hum. J'ai dû poser les chaussettes en ramassant les CD. Et merde. Boulette. Ça explique qu'elle n'ait pas essayer de me faire choir. Je me précipite dans la maison, à poil. A travers le couloir glacial. A POIL BORDEL! Et à travers la cuisine froide. A POIIIIILEUH! Bingo! Boulette est en train de bouffer mes chaussettes. Après une brève course poursuite, je récupère mon bien, légèrement sérieusement baveux et un peu plus troué. Puis je retourne me raser avec ma biscotte et prendre ma douche.

►Mardi ►6h00 AM
Douché, écorché rasé de près et habillé en propre avec des chaussettes troutroutées comme disent les gnomes, je prépare ensuite mon petit déjeuner dans la cuisine. Après une intraveineuse de café, ça va mieux. J'avale mon petit déjeuner avec un lance-pierres, puis me prépare à partir :
  • Grosse valise à roulette : check
  • E-billet TGV (pour la modique somme de 'PIB du Zimbabwé'€) : check
  • Bouquin pour le train : check
  • Bracelets d’accu-pressure contre le mal des transport (oui, je souffre du mal des transports et je n'ai jamais trouvé de solution géniale... on m'a recommandé ce truc là, je vais tester) : check
  • Portemofeuille (oui, à 6h15 du matin, je n'ai plus de porte-monnaie ou de portefeuilles mais un portemofeuille, ce qui est bien commode, qu'on se le dise) : check
  • Quota de sommeil : pas check
Bon, tant pis pour le quota de sommeil, on fera sans. Démarrant ma Citreugeot B2, je me mets en route vers la gare. Il est 6h30.

►Mardi ►7h00 AM
J'arrive près de la gare. Gros avantage de la B2, c'est compact. J'avise une place de parking microscopique (mais gratuite) et parviens à y loger le véhicule. J'attrape ma valise et presse le pas vers la gare. 7h05. J'ai une confortable avance. J'en profite pour acheter des tickets de métro, puis je me dirige vers le quai où se trouve mon train. 7h10 : je suis à bord. 7h15 : le train s'ébranle. C'est parti pour 1h30 de trajet. J'enfile mes bracelets d'accu-pressure et somnole un peu en regardant le paysage. Pas de nausée... vers 7h45, je tente d'ouvrir mon livre et d'en parcourir quelques lignes : toujours pas de nausée. Yesss! C'est 'achement bien ces fichus bracelets! Bon, ça serre un peu le poignet mais sinon... Je suis joie! Je suis légèreté! Je suis zénitude! Je suis pas malade! Je suis exsangue des mains...

►Mardi ►8h50 AM
Le train arrive à Montparnasse. Je choppe ma valise et descends du train, puis me dirige vers le métro.
8h52 : je m'attends à croiser des militaires derrière chaque pilier du bâtiment, puisque le plan Vigicorsaire-Code-Cramoisi-Inferno-Mode-Expert-Maximum-Overkill est toujours actif. Mais non, rien, nib, que dalle, nada. Pas l'ombre d'un FAMAS ni même d'un pantalon de treillis!... Ah si! Là!
8h53 : ah non, au temps pour moi c'est le futal d'un punk-à-chien. 'fin bon, ça doit être tout aussi efficace contre les terroristes en même temps hein...
8h55 : je descends vers les couloirs du métro, composte mon ticket, passe le portillon... rhaaaa! Fichue valise! Je PASSE LE PORTILLON BORDEL DE BITE À COUILLES! *Plop* Je passe le portillon donc.
8h56 : ce délicat parfum si caractéristique du métro, fruit du subtil mélange en plein bouillon de culture pleine fermentation d'odeurs d'urine, de renfermé, de vomis, de sueur, de pollution parisienne, de fiente de pigeon, de liquide séminal, de pet, etc... assaille mes narines. Je vacille légèrement.
8h57 : je suis dans une sorte de grand hall, plusieurs couloirs s'offrent à moi, ornés d'inscriptions mystérieuses, telles que "Ligne 13 CHATILLON", "Ligne 13 ST DENIS" ou encore "Ligne 6 NATION". Je me sens comme Champollion devant une tablette ornée de hiéroglyphes. Ou plutôt une poule devant un I-pad : sur un malentendu, j'ai une chance d'atteindre mon but.
8h59 : Bon alors : je sais que c'est ligne 13 jusqu'à Saint Lazare puis ligne 3 jusqu'à Levallois... mais du coup, c'est ligne 13 vers "quelle direction"? Je scrute perplexe une carte du métro avant de me décider, puis me lance dans le dédale des couloirs vers le quai de métro voulu.
Alors voyons... "Chatillon"? "Saint Denis"?

►Mardi ►9h05 AM
J'arrive sur le quai du métro ligne 13 direction Saint Denis, bondé, avec mon énorme valise à roulettes. Le timing est excellent, un métro arrive dans la minute. Par contre, je ne m'explique pas les regards de haine que les autres usagers autour de moi me lancent... certainement une forme de mépris parisien vis à vis de mon allure provinciale. Histoire de faire couleur locale, je calque mon attitude sur celle des autres, et me mets à faire la gueule aussi.

Le métro arrive, bondé lui aussi. Bon je laisse passer celui-là. Le suivant arrive 2 minutes plus tard. Bondé également. Je me met en mode Tétris (voilà, maintenant vous avez la musique en tête pour une bonne semaine au moins. De rien, c'est cadeau.) et me faufile à l'intérieur.
Les piquants aident un peu à se glisser à l'intérieur...
9h25 : j'arrive à Saint Lazare. Je m'extirpe de la rame de métro en bousculant quelques passagers. Je sens le soulagement de ceux qui restent dans la rame... les braves gens : ils sont contents que j'ai réussi à attendre mon objecti... ah non zut, je ne suis qu'à mi-parcours. J'avise le panneau indiquant la ligne 3 et... fait chier : GALLIENI ou PONT  DE LEVALLOIS/BECON? Bon, vu que je suis censé aller à Levallois, ça doit être direction Pont de Levallois. Enfin j'espère.
9h30 : mode Tétris de nouveau... j'ai la musique à l'esprit en permanence maintenant. Ces Russes sont vraiment redoutables en matière de tortures mentales. ♪Ta tatata tatata tatata tatata tatata tatata ta tata tataaaa a ♫
9h45 : arrivée à Levallois, je sors des souterrains du métro et retrouve enfin la lumière du jour. C'est joli Levallois, il y a une atmosphère qui... je... je... j'ai subitement envie de monter une caisse noire et d'établir des fausses factures, je ne sais pas pourquoi. Une atmosphère je vous dis...
Ta ta ta! Preum's!
9h50 : je téléphone à maman Koala pour la rassurer. Je dégaine donc mon portable téléphone portatif.

Oui, c'est un modèle à clapet, il est un peu ancien...
–Coucou ma chérie, c'est moi!
–Xskkrrk skrrr skrrrrr zzzkrrrr!
–Oui, le voyage s'est bien passé, je suis sur le pas de la porte là...
–Krrrr krrrr kr krrr krkrkkrrrrrrr zzzzkr zkrrr krr...
–Non, en effet la communication n'est pas très bonne, je crois que mon téléphone déconne un peu.
–Rrrkr krrr krrkrrrr zkr!
–Ah ah ah! En effet, c'est plus "le téléphone sans fil", c'est "le téléphone s'en fiche"!
–Zkrrr k'rrrrrkr!
–Oui, moi aussi zkrrr k'rrrrrkr!

9h55 : j'arrive à la rédaction de "Parole de Mamans"

►Mardi ►10h00 AM
Je suis accueilli chaleureusement par l'équipe de rédaction composée principalement de jeunes femmes au physique affolant charmantes au demeurant. On fait les présentations, puis Henda (qui m'a fait bizarrement penser à Christina Cordula, en plus sympa) me fait signer le contrat de cession de mon âme de mes droits d'auteur et droits à l'image avec mon sang. A peine le temps d'un café, et hop, on se met au boulot : aidé de deux jeunes membres de la rédaction, Alexis et Sixtine, ma mission est de tester tous les objets/produits/jouets/instruments de torture/etc présents dans la pièce où l'on m'installe et de rédiger un avis les concernant.
"–Ok, donc là, il va falloir se tirer les doigts du..."
Première constatation : elles ont manifestement pré-sélectionné des objets et des produits qui avaient des chances de convenir à mon coté chieur bobo-écolo-bio. C'est vexant : comment je fais pour gronchonner moi?
Deuxième constatation : on n'a que la journée pour tout tester?
Troisième constatation : la valise risque d'être un chouïa beaucoup trop petite...
Quatrième constatation : on n'a que la journée pour tout tester?
Je reprends un café.

►Mardi ►1h00 PM
Pause déjeuner autour d'un bon sandwich. On a dû faire un petit tiers des tests. Il va falloir mettre un bon coup de collier et accélérer la cadence.
"–Allez, allez! On se motive!"
Je profite de la pause pour rappeler maman Koala et les gnomes. Elle m'annonce que Boulette a mangé mes chaussons, une de mes paires de chaussures, une éponge et le tuyau d'arrosage... Brave bête.

►Mardi ►1h30 PM
Un p'tit café et hop, c'est reparti. La digestion aidant, l'ambiance se décontracte. Sixtine et Alexis me tirent le portrait à plusieurs reprises pendant que je fais le con teste les produits avec sérieux et probité.
"–Bon, la boule disco, check. On passe à la machine à mousse?"
15h00 : on rattrape gentiment notre retard, ça avance bien. Il nous reste quelques gros morceaux, dont des chasseurs TIE sièges auto futuristes.
15h30 : on commence a tester des trucs qui ressemblent à des modules lunaires de série de science-fiction : les poussettes. En vieux fan de Cosmos 1999 bon père de deux enfants, je gère correctement le montage-dépliage des bidules. Purée, qu'est-ce que c'est léger maintenant ces machins! Plus besoin de subir l'entrainement des forces spéciales américaines pour déplacer le bazar ou comprendre le mécanisme de montage...
Avant, il fallait s'entrainer pour utiliser une poussette. Mais ça c'était avant.
Encore un p'tit café pour la route... je commence à rigoler bêtement. Surement le café.


 ►Mardi ►5h00 PM
 Bon! Les tests sont finis. Maintenant il va falloir faire rentrer tout ce bazar dans la valoche de belle-maman. Mouaih. On va être sélectif hein...
Oui, parce que là, on en a mis environ 1/5ème...
17h30 : en sélectionnant sévère, en virant les emballages, et en tassant bien, je fini par réussir à fermer la valise, gonflée à bloc. Il reste un gros carton qui n'aurait pas tenu dedans de toutes façons : tant pis, je le prends à la main.
♫ Oketi poketi ♪
17h40 : je prends congé de la charmante équipe de rédaction après un dernier café...
J'aurais peut être pas dû prendre autant de café...

17h50 : Alexis (qui a terminé sa journée) me raccompagne gentiment jusqu'au métro. C'est l'heure de pointe. Mode Tétris level maximum-overkill activé.

Bizarrement, je n'ai croisé aucun joueur de djembé ou de flûte de pan dans le métro à ces horaires là...

 ►Mardi ►6h30 PM
Arrivée à Montparnasse. J'ai environ 1h30 avant le départ de mon train (oui j'ai prévu large). Le changement de billet me coûterait un testiboule (d'autant que j'ai un billet de 1ère... et oui, à cet horaire, la différence n'était que de 3€). Je profite donc de mon temps libre pour trouver un restau et dîner avant mon retour. Tournant un peu autour de Montparnasse, je repère finalement un troquet typique (les serveurs ont l'air méprisant à souhait), et y passe commande.
Je suis finalement déçu : le repas est bon, le service rapide et les serveurs plutôt sympathiques. Raté pour le café parisien typique.

►Mardi ►7h30 PM
L'heure du départ approche. Je prend un café, l'addition, ma valise, mon carton, mon frigidaire, mon armoire à cuillère, mon évier en fer, et mon poêle à mazout ♫ ♪
19h45 : le train est à quai, je monte et m'installe. C'est spacieux la 1ère classe, et les fauteuils sont conforts. En plus, on n'a pas de siège voisin... on ne voyage pas avec la plèbe quoi. Je ne suis pas super cool de laisser la valise pleine et le carton dans l'espace dédié aux bagages, mais bon... pas le choix.
19h55 : le train démarre.
20h05 : j'ai un torticoli à force de tourner la tête pour surveiller l'espace bagage qui est derrière moi. Ma cassette valise! Où est ma cassette valise?
C'est MA valise!
21h30 : arrivée à destination. J'attrape mon précieuuuuux ma cassette ma valise, mon carton, mon frigidaire, mon armoire à cuillère, mon évier en fer, et mon poêle à mazout ♫ ♪
21h40 : je récupère ma voiture, entasse tout le bordel dedans comme je peux, et me voilà reparti pour ma cambrousse.

►Mardi ►10h10 PM
Arrivée chez moi. J'ouvre la porte... une femelle à poil et surexcitée se jette sur moi et m'enlace affectueusement. Je repousse donc Boulette, très énervée donc, me relève, et vais embrasser maman Koala qui se marre avant de lui raconter mes aventures...

lundi 19 août 2013

Chat m'énerve chat!

Certains matins sont plus durs que d'autres. Et bizarrement, quand une journée commence mal, il y a de fortes chances que ça aille en empirant. Là, je suis sur que certains me répondront : "Mais non, faut pas dire ça! Aide-toi et le ciel t'aidera!". Ce à quoi je répondrai : "Le ciel je ne sais pas, les chats : aucune chance!". Dans le film Usual Suspects, Verbal Kint (joué par l'excellent Kevin Spacey) dit : "Le coup le plus rusé que le diable ait jamais réussi, ça a été de faire croire à tout le monde qu'il n'existait pas.". Moi je dirais plutôt que le coup le plus rusé que les chats aient jamais réussi, ça a été de faire croire à l'existence du diable pour pouvoir tout lui coller sur le dos...
Et vous pensiez que Keyser Sözé était dangereux?
Mes horaires de travail sont un peu fluctuant, du coup, mon heure de réveil aussi. Il faut savoir que le papa Hérisson n'est pas particulièrement matinal. Ni spécialement vespéral non plus d'ailleurs. Et pas super nocturne (contrairement à mon pote Colegramme le hérisson du jardin d'ailleurs), non en fait, le papa Hérisson aime bien dormir, souvent et le plus longtemps possible. Là, déjà, logiquement, avec deux gnomes en bas âge à la maison, vous vous dites que c'est mal brêlé. Et vous avez raison, mais ceci étant, les deux petits monstres sont plutôt de bon dormeurs (les gènes de papa Hérisson surement) qui ont fait leurs nuits assez vite et ne sont (en général) pas réveillés de trop bonne heure. Du coup, la principale menace contre le sommeil reste le travail.

La plupart du temps, j'ouvre un œil avant que le réveil-matin ne se manifeste (horloge interne performante), ce qui me permet de me lever et de le couper pour ne pas déranger maman Koala (provisoirement mère au foyer, qui a bien besoin de toute son énergie pour gérer les deux zébulons accrochés à sa fourrure toute la journée). Mais parfois, quand c'est trop tôt ou que je me traine quelques nuits trop courtes, ça rate.

Certaines personnes ont un réveil-matin proposant des sonneries assez délicates avec une lumière tamisée pour un réveil en douceur. Vu que ça coûte un bras et que je tiens aux miens, t'oublies!. Pour d'autre, c'est le radio-réveil, programmé sur une station de leur choix pour un réveil dynamique au son de Freddy Mercury (pour les plus chanceux) ou de Justin Bieber (pour ceux qui ont pissé sur un totem). De base, maman Koala et moi étant partisans de cette option (enfin, Freddy Mercury, pas Justin Bieber hein!), nous avons fait l'acquisition d'un magnifique radio-réveil avec affichage mural fonctionnant sur secteur, équipé de surcroit d'un emplacement piles qui permettent de conserver l'enregistrement des stations, de l'heure, et des différentes programmations en cas de panne de courant (l'installation électrique de la maison n'est pas particulièrement vétuste puisque je l'ai refaite il y a quelques années lors de l'acquisition des lieux, mais les prises disjonctent parfois... j'y reviendrai).

Il y a juste deux petits problèmes :
  1. notre maison se trouve juste derrière une magnifique église du XVIème siècle, classée monument historique et qui possède l'intéressante propriété de faire obstacle à la plupart des ondes électromagnétiques de notre environnement, à savoir : micro-ondes pulsées par la NSA pour le contrôle de nos cerveaux, ondes télépathiques des illuminatis qui veulent dominer le monde, ondes des téléphones portables (je me sens peu concerné, mon portable est antédiluvien et je ne m'en sert pratiquement pas) et ondes radios. Ah. Grosso modo, par temps clair et moyennant une prière à Saint Marconi on capte deux stations : radio-curés qui te diffuse le top cinquante des messes et des cantiques et radio-djeuns-cambrousse qui passe moulte Justin Bieber et autre Superbus. Génial! Va pour radio-curés : de temps en temps, ils diffusent Oldelaf & Monsieur D. (pensant sans doute que "Nathalie, mon amour des JMJ" est une chanson religieuse).
  2. je ne sais pas à quoi servent les piles placées dans le radio-réveil, mais manifestement pas à conserver le moindre réglage : même flambant neuves elles n'ont jamais permis de garder quoi que ce soit suite à une panne de courant, même brève. A titre personnel, je pense qu'elles fournissent l'énergie nécessaire à l'ouverture d'un passage interdimensionnel par lequel des moustiques du jurassique (des bestiaux d'environ 3kg à vide) se faufilent pour nous bouffer la nuit, et par lequel les chaussettes adultères abandonnent leur tendre moitié pour aller pécher l’ichtyosaure. Mais ça n'est qu'une hypothèse. Quoiqu'il en soit, les pannes de courant étant fréquentes, le radio-réveil ne reste pas calibré sur radio-curés et s'allume donc sur radio-parasite (à moins que ça ne soit du Justin Bieber?). Avec le son à fond, parce que sinon c'est pas rigolo.
Ce matin là donc : levé à 6h du mat'. Et évidemment, mon horloge interne dormait aussi, donc à 6h pétantes (enfin, 5h33 et 47 secondes en fait car le radio-réveil prend de l'avance. Oui, je sais, faudrait en changer, mais déjà qu'il m'a coûté un testiboule alors ça attendra que ça repousse...) maman Koala et moi-même fûmes réveillés par une purée de parasites à 140dB (surement un extrait du dernier tube de Benjamin Biolay... quoique ça me paraissait bien rythmé). D'un geste délicat, maman Koala (cherchant à protéger son sommeil et celui de ses enfants créchant dans la chambre voisine) éteignit donc l'appareil importun d'un bon ramponeau bien placé et m'éjecta promptement du lit d'un coup de popotin péremptoire en se fendant d'un :" Mgnnnhigngn rrr pchh chtem!" que je traduisis par :"Debout les campeurs et haut les coeurs!". Mais c'était peut-être : "Bouge tes fesses, c'est l'heure! P.S. : je t'aime!".
Mgnnnhigngn rrr pchh chtem!
La tête dans le pâté, les yeux collés, je me hasardai donc dans la pénombre vers la porte de la chambre, l'ouvris silencieusement, et descendis (avec la démarche souple d'un pachyderme sous tranxene) notre escalier de bois qui grince. Direction les toilettes pour le petit pipi du matin.

Petit point géolocalisation : chez nous pour accéder aux toilettes, il faut traverser le salon, la cuisine et un petit couloir semi-extérieur mal isolé (en décembre par -15° je vous raconte pas le bonheur). Ensuite il faut savoir que sur nos quatre chats, l'une d'entre eux (n°2) est la souffre-douleur des trois autres, ce qui fait que la nuit, nous l'isolons dans la salle de bain, fermée, après la cuisine elle aussi fermée afin que : primo elle soit protégée des assauts vindicatifs des trois autres pénibles, et secundo si elle passe sa nuit à gueuler comme un âne (si si, elle est stérilisée) cela ne nuise pas à notre sommeil.
Plan de mon rez-de-chaussé (édition décembre 2012)

Je rentre donc dans les toilettes... tient? Quelle est cette sensation humide qui s'insinue dans ma chaussette droite? Super, chat n°2 a fait pipi par terre. Comprendre : juste dans l'entrée de la pièce, à 13,4cm de la litière propre qui se trouve là juste pour elle. Restons zens, j'aime les chats.
Pipi du matin : check! Je repasse dans la cuisine, ouvre la porte du salon. A cet instant, chat n°4 (la petite dernière récupérée au 15 juillet dernier, après son abandon par quelque irresponsable/lâche/ individu lucide partant peut être en vacance) se jette sur mes jambes pour y grimper à la force des griffes : elle à faim. Retenant mes larmes, je me dirige vers le placard avec le chat suspendu à ma cuisse, attrape sa gamelle et y verse quelques croquettes. Elle me lâche pour aller manger, je me fais 4 points de suture. J'aime les chats.

De retour dans la salon, j'attrape mes vêtements du jour, consciencieusement pliés sur le canapé. Mais... quelle est cette sensation visqueuse sur mes mains? Oh, du vomis de chat sur ma chemise propre. J'AIME LES CHATS BORDEL! Ok, donc :
  1. remonter subrepticement dans la chambre
  2. aller ouvrir à tâtons le placard contenant les fringues
  3. choisir une paire de chaussettes, une chemise et un pantalon au hasard dans l'obscurité (en croisant les doigts pour ne pas tomber sur la chemise à paillette de la dernière soirée années 80 et le pantalon-treilli-zombie-ensanglantée de la soirée apocalypse)
  4. repartir (toujours dans l'obscurité)
  5. se cogner violemment le petit orteil sur le lit,
  6. entendre maman Koala émettre un "Mgnneu? kjpfdrrr pchh..." (traduction = "ça va mon chéri? tu ne t'es pas fait mal?", à moins que ça ne soit "Tu pourrais faire moins de bruit s'te plait, y en a qui dorment!", ou encore "Les chats! Taisez-vous! Pchiiit!").
  7. laisser perler une larme le long de ma joue en gardant un visage stoïque
  8. me dépêcher de descendre discrêtement-pachyderme-tranxene-machin-tout-ça
  9. sortir de la maison
  10. aller hurler sur la colline
  11. revenir
  12. J'AIME CES P*#&@ DE CHATS!
Vestige de l'évolution, le petit orteil n'existe que pour s'exploser sur un coin de meuble, sachez-le!

Et là, tu te rapproche du canapé pour t'habiller. Et de nouveau, tu as une drôle de sensation au niveau de ton pied droit (nu cette fois puisque tu as déjà incinéré les chaussettes que tu portais en marchant dans la flaque de pipi de la salle de bain. C'est humide et visqueux, et ça s'insinue entre tes petits orteils délicats (et propres, tu viens de te laver le pied dans la salle de bain suite à l'incident-pipi... suivez un peu bon sang!). Du vomis de chat. Manifestement, l'un des félins ici présent (n°1, n°3 ou n°4) a décidé de rejouer une scène de l'Exorciste pendant la nuit : outre ta chemise, ton canapé et ton tapis ont pris cher aussi. Bon. Aller se re-nettoyer le pied en notant mentalement de trouver l'adresse d'un bon taxidermiste, et en se disant que cette journée commence mal.
Bon sang, mais quelle peut-être la contenance d'un chat?

A ce stade, je me disais fort justement que les chats étaient de sérieux emmerdeurs de petits coquins et qu'ils avaient fait fort ce coup là. Naïf que j'étais : une symphonie n'est rien sans son requiem.

Toujours un peu léthargique bien que sous le coup de la colère, je vais pour préparer mon petit déjeuner. Chat n°4 jailli de la cuisine ou je l'avais enfermée pour qu'elle mange ses croquettes. Et m... mince! Le pain. Cette affamée a bouffé toutes ses croquettes, puis attaqué le pain. Rhaaa! Mais c'est pas vrai? Ils ont un trou noir ,à la place de l'estomac? Ah non, c'est vrai, ils vomissent après. Surement des crypto-anorexiques. Ronchonnant, je découpe mes tartines, les colle dans le grille-pain et prépare mon café en ruminant des pensées incluant des chats, de la corde, un sac de toile de jute, des parpaings et un taxidermiste. Puis muni de mes tartines beurrées et confiturées, je me pose devant mon ordinateur avec mon café pour y mater le dernier article d'un Odieux Connard.

Soudain : bruit de métal chutant sur le sol. Dans la cuisine. Je me précipite. Faisant tomber le couteau, chat n°4 est en train de lécher le beurre que j'ai omis de remettre au frigo.
...
...
Xlptk! Pchiiiiit! Fiche le camp sale bête! Je range le beurre au frigo, dégage chat n°4 et ferme la porte de la cuisine. Je retourne à l'ordinateur, et dégage chat n°4 en train de manger mes tartines. Purée!!! Mais elle est partout celle-là! On en a combien d'exemplaire? Qui l'a mouillée?
Je me demande bien quel animal a pu inspirer le créateur des gremlins...
Je continue mon p'tit déj' en ricanant bêtement devant le spoiler de Pacific Rim. Soudain, Ecran noir. Plus de courant. Ah. Je check le tableau électrique : en effet, c'est disjoncté. Je rejoncte. Et ça re-disjoncte. Grrr. Je teste pièce par pièce : c'est la cuisine. Ok, allons checker la cuisine. Prise du four : pleine d'un liquide jaunâtre dont l'odeur ôte le moindre doute qu'il pourrait y avoir quant à la provenance. Et même pas de cadavre de chat électrocuté... quelle déception. Je nettoie, je rebranche, et je vais rejoncter avant d'aller finir mon p'tit déj'. Puis je retourne dans la cuisine pour préparer ma boite déjeuner et faire ma vaisselle.
Le condensateur du futur. Et en plus il est kawaï.

Il faut savoir que je ne dispose que d'une heure pour ma pause déjeuner (comme beaucoup de gens me direz-vous...), et que mon entreprise ne dispose pas d'une cantine. Comme je travaille à plus de trente bornes de mon domicile, rentrer manger chez moi est inenvisageable. Il y a bien une série de resto/cafet'/fast-food/pizzeria dans la galerie commerciale voisine, mais celle-ci se trouve à environ 1/4 d'heure de marche (14 minutes en courant, enfin quand moi je cours, 25 à cloche-pied). Ou 5 minutes en voiture, mais comme le parking de l'entreprise doit comporter environ 200 places pour 800 employés, tu réfléchi sérieusement avant de libérer celle pour laquelle tu as dû plier trois cadavres dans ton coffre (en attente d'un séchage en règle au grenier, ou d'une inhumation dans le jardin). Reste la solution de disposer d'une boite-repas, de préférence thermos pour manger chaud. Solution qui a donc été retenue par votre serviteur.

Du coup, le matin, je fais griller aussi mes tartines pour le midi, car j'aime bien manger un peu de pain avec le fromage que j'emmène (je suis assez épicurien). J'ouvre donc la porte de la cuisine. Chat n°1 se sauve comme s'il avait fait une bêtise. Qu'est-ce qu'il fichait là celui là? Zut j'ai dû l'enfermer en virant chat n°4...
Manifestement, il devait avoir faim, puisqu'il a mangé la moitié de mes tartines grillées (constituées de pain déjà partiellement boulotté par un chat je le rappelle). Pourquoi est-ce que j'entends soudain les grandes orgues dans ma tête?



– Allo? Le taxidermiste? Vous faites des prix de gros?

vendredi 16 août 2013

L'ardoise m'agite

Des fois, ce sont des trucs tous bêtes qui m'énervent : un article de presse truffé de fautes d'orthographe, un discours politique où on nous prend clairement pour des jambons, l'abandon du tiroir conjugal par des chaussettes sans scrupules sous le fallacieux prétexte d'aller acheter un paquet de lessive à la machine à laver du coin,  une paire de témoins de Jéhovah qui viennent frapper à ma porte et faire aboyer mon chien pendant la sieste des gnomes...

Là, dernièrement, c'est la recherche d'un cadeau pour les 2 ans de mon gnome fille qui m'a énervé un tantinet. Plutôt du style Xéna-princesse-guerrière (comprendre : princesse car je veux pas trop me salir les doigts en attrapant ce biscuit au chocolat avec mes propres mains alors tient-le pour moi esclave, et guerrière car je viens de coller un ramponeau à mon frère ainé qui fait une tête de plus que moi et il chouine comme une fillette mouhaha), elle n'est pas forcément encore à un âge ou elle formule des exigences spécifiques allant plus loin que : "J'ai faim!" ou "Dans les bras papa!" voire "Nan, pas de bisous, tu piques!". Ajoutez à cela que nous n'avons pas la télé. Qui dit pas de télé, dit pas de chaîne-pour-enfant-qui-diffuse-des-dessins-animés-abrutissant-entrecoupés-de-pub-toutes-les-5-minutes-pour-transformer-les-gnomes-en-bons-consommateurs-dociles.
Nounou électrique. Non, pardon NUCLEAIRE!

Xéna, elle aime bien le dessin, mais trouve le support papier trop limitatif pour sa créativité. Y a bien l'Aquabidule©, sorte de tapis blanc sur lequel on dessine à l'aide "feutres" justes remplis d'eau toute bête (ça colle la première épaisseur, blanche, du tapis sur la seconde, bleue, et produit ainsi un tracé bleu). Mouaih. Sur les deux feutres d'origine : l'un a disparu (il est sans doute aller faire la fiesta avec les chaussettes fugueuses), et l'autre a la pointe tellement écrasée et cradingue qu'on dessinerait certainement mieux avec une serpillère usagée. Ajoutons que les gnomes adorent suçoter la dite pointe, ce qui en terme d'hygiène nous situe quelque part entre l'attaque bactériologique et le championnat de natation en bassin d'épuration. Et si ça ne suffisait pas, le tapis lui-même a tellement été manipulé par des petites mains pleines de petits doigts boudinés couverts de substances grassouillettes pas toujours bien identifiées, que même avec un nettoyeur haute pression on peine à y tracer quoique ça soit tellement la couche de gras fait obstacle à l'eau (même après lavage).

Du coup, le choix est assez simple :

  1. tu brides la créativité de ton gnome en limitant l'activité dessin/peinture au maximum. Avantage : tu économise un pot de peinture murale. Inconvénient : tu frustres la princesse guerrière et creuse le trou de la sécu en frais de prothèse auditive (c'est mal de frustrer Xéna!).
  2. tu laisses s'exprimer la créativité de ton artiste de 90 cm. Avantage : sait-on jamais, si c'est la future Picasso, y a p'têt moyen de se faire des testiboules en or. Bon, ça impliquera de tailler dans la maçonnerie pour vendre le bidule, mais avec le fric que tu te feras, tu pourras payer un maçon polonais sans-papiers pour restaurer l'intégrité de tes murs. Inconvénients : si c'est pas la future Picasso, t'as des murs crados et ça va te coûter un pot de peinture murale.
Et là tu te dis : bon sang, mais c'est bien sur! Au temps de ma jeunesse, y avait un truc super : l'ardoise magique! Inventé à la fin des années 50 par un français dont l'office des brevets n'a pas retenu le nom (au contraire de celui du comptable de la boite à laquelle il a vendu l'idée. Si si, véridique!), ce bel objet de plastique se compose principalement d'un écran grisâtre recouvrant une sorte de poudre. Le passage d'un stylet enlève la poudre localement, ce qui laisse une marque noire que l'on peut faire disparaitre en secouant l'écran comme une vulgaire bouteille d'orangeade dont on souhaite décoller la pulpe.

Existait en deux version : le Telecran équipé de boutons rotatifs qui guide (l'un verticalement, l'autre horizontalement) un stylet se trouvant à l'intérieur. Quiconque en a eu un entre les mains sait que l'on peut au mieux y tracer de vagues formes rectangulaires. Schématiquement, pour y dessiner une patate, tu as intérêt à la dessiner sous forme de frites. D'ailleurs, quoique tu cherches à dessiner, ça sera souvent sous forme de frites.
Ceci n'est pas une pipe. Non, vraiment pas.
L'autre version c'est l'Ardoise Magique avec son stylet. Sur celle là, point de bouton, mais un stylet indépendant. Parfois trop indépendant d'ailleurs, même si on peut théoriquement l'attacher à l'aide d'un piti cordon... le gars qui a imaginé que le-dit cordon résisterait à la traction d'un gnome têtu ne devait pas avoir d'enfants.Ou au contraire voulait vendre des stylets en rab' à un prix prohibitif. J'aurais bien dit qu'un bête stylo bille à sec peut faire l'affaire, mais il me semble que la pointe du stylet est magnétique, donc macache!
 
Si ça existe encore, avec ça mes murs sont sauvés et la sécu itou. Gougle étant un copain, je vérifie derechef et constate que ce jouet mirifique et antédiluvien est toujours distribué. Hosanna! Alléluia! A l'évidence, le premier magasin de jouets venu te pourvoira en quelques minutes de cet accessoire simpliste et bon marché. Ah ah ah!

Profitant de sa pause déjeuner (son lieu de travail étant proche d'une grande galerie commerciale comportant une grande enseigne de jouets que nous baptiserons "T'vas voir ta gueule à la récré!"), papa Hérisson fait un saut, qu'il pense rapide, dans la boutique sus-nommée.
Vous qui entrez ici en décembre, abandonnez tout espoir!
C'est chouette les portes automatiques!

Bon. Trouver le rayon dessin/peinture/machins artistiques à base de perles et autre bitoniaux en plastique : ok. Trouver les Ardoises magiques... euh... Ah voilà. Coup d’œil à l'étiquette de prix : un bras. Payable par CB, chèque, sur acceptation du dossier par la maison de crédit. Âme acceptée sur présentation du justificatif signé par le sang du titulaire. Ok.

Alors, il faut comprendre un truc : il doit y avoir en tout 4 modèles proposés dans le rayon. Trois d'entre eux sont sous licence :
  • un machin avec Winnie un ourson jaune à T-shirt rouge. Coût : un bras.
  • un truc avec Spiderman un super héros arachnoïde. Coût : un rein.
  • un bidule avec Hello Kitty ce chat japonais sans bouche qu'on voit partout, l'écran étant de la taille d'un timbre poste moldave. Coût : seulement un doigt. Mais écran si ridiculement petit que tu auras déjà du bol si t'arrive à tracer une croix dedans, vu le rapport de taille entre la pointe du stylet et la diagonale de l'ardoise (en terme d'expression de la créativité, j'ai peur que Xéna se sente frustrée).
Évidemment, ces trois là sont mis en valeur à mi-hauteur, couleurs criardes et étiquettes de prix bien visibles.
Y'a des offres intéressantes.

Ok. Papa Hérisson n'étant pas né de la dernière pluie, il farfouille. Dans sa jeunesse, au camp indien, on l'appelait Oeil-de-Lynx (non, en fait, c'était Bison-des-nuages, mais je trouve que ça pète moins la classe), du coup, il repère vite fait d'autres boites, sans la licence Winnie-démembreur, Spiderman-trafiquant-d'organe ou Kitty-microbiologiste. A environ 3m50 de hauteur. A plat en haut du rayonnage. Sans étiquette de prix. Logique.

Papa Hérisson mesurant grosso-modo 2m20 les bras levés (sauf si on le chatouille), ne disposant pas d'échelle/escabeau/lasso/fouet, ne sachant projeter de toile d'araignée avec ses petites mimines, et ayant négligé de mettre son slip par dessus son pantalon (ce qui lui aurait permis de prendre son envol avec sa cape dans le vent et sa mèche gominée), ça craint légèrement du boudin. Rhaaa! Bon, ça parait stupide de mettre ça là, si on ne peut y accéder : il doit y avoir d'autres boites plus bas. Ah oui en effet : plus bas. Beaucoup plus bas.

Tellement bas en fait, que pour le voir, il te faudra ramper comme le GI de base pris dans une embuscade vietcong, ou chercher frénétiquement tel le chien renifleur de drogues dans l'autocar de tournée de Justin Bieber. Qu'importe : voici des ardoises magique à peu près basiques. En essuyant un peu la poussière, on trouve même une étiquette de prix (bien planquée quand même, faut pas déconner), et ça coûte quand même un demi-testiboule. Soit. Donc là, tu sors la machette pour couper les lianes et dégager les tarentules (le positionnement stratégique de cet article sans licence afin de décourager la vente, semble des plus efficaces)  et tu choppes une boite.
Des rayonnages accueillants!

Alors déjà : ce ne sont pas les mêmes boites que les inaccessibles tout en haut. Ok, ils ont donc un stock de boites non référencées. En même temps, vu l'altitude, sans une bonne cordée, c'est pas évident... Normal. Bon, ensuite c'est fabriqué en PRC. PRC? PRC : People's Republic of China. Donc fabriqué en Chine (ça te surprend vraiment ami lecteur?), mais comme on a un peu honte de l'avouer, on marque PRC, ça peut désorienter temporairement les consommateurs non avertis (note bien : en l’occurrence, les 4 modèles venaient tous de Chine donc ça ne change rien, t'as pas le choix sur ce point. Je ne ne peux me prononcer sur la boite stockée dans la stratosphère, ayant omis de prendre mon télescope avec moi). Enfin, la boite est super légère. Pas étonnant, c'est fait dans ces nouveaux plastiques biodégradables que je déteste.



– Wouah, papa Hérisson il est pas écolo, il est contre les plastiques biodégradables!


Ah... vous m'expliquerez ce qui écologique dans le fait de fabriquer des jouets qui cassent plus vite que leur carton d'emballage, et nécessitent ainsi un renouvellement aussi fréquent que coûteux. Notez, y a une logique commerciale : ça casse, donc tu rachète. Au final, c'est plus un bras que ça te coûte, c'est les deux avec une hypothèque sur ceux de tes descendants sur 5 générations. C'est sûr que les machins quasi-indestructibles de mon enfance qu'on retrouve parfois dans les vides-greniers, c'est pas super intéressant pour le fabriquant hein...

Bon, enfin, tant pis. Boiboite sous le bras, je poursuis ma quête. Bah oui, même si c'est l'anniversaire de Xéna, faudrait voir à ne pas négliger son frangin...  Lui aussi a une certaine vocation artistique, mais son truc c'est pas trop le dessin en fait. Par contre, avec un tableau blanc aimanté et des magnets de différentes formes/tailles/couleurs, il fait des trucs plutôt chouettes.
Ça, on a. L'ennui c'est que le stock de magnets s'amenuise au gré des disparitions sous le frigo, dans le canapé (ou partis rejoindre des chaussettes adultères dans un motel miteux). Du coup, je me dis bêtement : qu'à cela ne tienne, pendant que je suis à "T'vas voir ta gueule à la récré!", je vais reprendre une boite d'assortiment de formes en magnets.

T'as qu'à croire. T'as le choix entre un paquet de chiffres aimantés ou un paquet de lettres aimantées, et pis c'est tout. Bon l'intérêt pédagogique n'est pas nul hein... mais les Chiffres et les Lettres, c'est déjà chiant à la télé et une fois les 3/4 des magnets perdus, il risque d'être difficile de composer autre chose que des plaques d'immatriculations ou des équations différentielles. Ajoutez à cela que ces magnets sont fait du même plastique foireux que l'ardoise magique, et qu'on leur a (mal) collé un minuscule aimant qui finira vraisemblablement par se détacher afin de terminer au choix :
  1. dans la bouche d'un des gnomes
  2. dans la gueule du chien
  3. dans la gueule d'un des chats
  4. sous ton petit pied nu tout tendre en plein milieu de la nuit lorsque tu te rendra subrepticement aux toilettes pour un petit pipi nocturne en ayant les yeux collés

Sinon, en immatriculation, je propose DTC421 ! Ou CLOWN123
Zut, il manque le "k" pour faire WAKER!
Et tout ça pour la modique somme de : un œil.  Ok, je laisse tomber les magnets, je vais déjà prendre l'ardoise magique qui sera cassée dans deux semaines, pour un demi-testiboule. De toute façon, vu le temps que ça m'a pris, je suis en retard au boulot, ce qui va déjà me coûter l'œil que je viens d'économiser : le compte est bon. Ah bin nous y revoila aux chiffres et aux lettres!