Affichage des articles dont le libellé est exorciste. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est exorciste. Afficher tous les articles

mercredi 19 novembre 2014

La vérité est tailleur, et mon tailleur est riche!

Donc la vérité devrait faire ma fortune.

Il y a quelques jours de cela, Sabine et associés a lancé un truc de ouf sur sa page. Je ne suis même pas sur qu'elle se doutait de l'ampleur que ça allait prendre. Du coup, j'ai décidé de prendre le train en marche et de vous révéler...

10 choses que vous ne savez pas sur moi…

... et qui vont vous faire une belle jambe. Notons que si vous lisez un autre billet de cette série, ça vous en fera deux et ça vous économisera le chirurgien esthétique, vous permettant ainsi d'aller vous la péter sur le dance floor en minijupe ras-la-touffe avec une paire de gambette à rendre Adriana Karambeu verte de jalousie. On dit merci qui?
Merci papa Hérisson!

Allez, on s'accroche bien à l'élastique de son slip, c'est parti!

1– Je ne supporte pas les objets pointus (même juste vaguement pointus : stylo, doigts, menton de frère Bogdanov, etc...) en direction de mes yeux. C'est phobique.
Ok, je vais plutôt regarder les yeux hein...

2– Enfant, j'ai été traumatisé par un épisode de "L'amour du Risque", dans lequel une psychopathe amoureuse de Jonathan tentait de tuer Jennifer à grand coups de couteau de cuisine king size. J'en ai longtemps fait des cauchemars.
Une série qui fait peur!

3– Je souffre du mal des transports depuis aussi longtemps que je me souvienne : les trajets en voiture ont toujours été ma hantise. Bizarrement, je n'en souffre pas quand je conduis. Et depuis que j'ai passé mon permis, ça peut aller aussi quand je suis passager à l'avant et que je regarde la route comme si j'étais au volant. En revanche, si je suis à l'arrière ou que je détourne le regard (pour lire, consulter une carte, râler contre les gnomes qui foutent le dawa à l'arrière, ramasser un doudou tombé, etc...), c'est radical : je suis malade.
T'as pas pris ta cocculine?

4– Je ne peux pas saquer les dogmes. Un dogme, c'est une affirmation gratuite, non démontrée, mais considérée comme incontestable. C'est donc un concentré de bêtise, de stéréotypes, d'idées reçues, d’arrogance, et de refus du dialogue. Mon antithèse quoi! C'est vrai en religion évidemment, mais aussi en politique, en société, et même en science! Alors même que la science, par nature, devrait cultiver le doute et rejeter tout dogmatisme, c'est très loin d'être le cas et on y trouve sans doute autant de dogmes que partout ailleurs. Et ça, ça m'énerve un chouïa...
Viens là le dogme que je te mette ta raclée!

5– Petit, je rêvais d'être savant fou. Bon, j'ai déjà des chats et un petit pet au casque, il ne manque qu'un plan machiavélique pour conquérir le monde. Et des sbires. Plein de sbires. À moustache si possible, je trouve que le sbire à moustache ça a un certain charme désuet. Par contre, ne comptez pas sur moi pour me faire avoir par le premier James Bond venu : pas de plan foireux et super-compliqué pour me débarrasser de lui, juste la bonne vieille balle entre les deux yeux par un sniper à 800m. Fou peut être, mais stupide : non.
Les sbires, c'est essentiel. C'est important de savoir bien s'entourer...

6– J'ai adoré "Le pendule de Foucault" de Umberto Eco. Je l'ai relu plusieurs fois. Ainsi que l'ensemble du cycle de "Dune" de Franck Herbert, "Le Seigneur des Anneaux" de Tolkien et "Le secret de Ji" de Pierre Grimbert. J'ai lu "Twilight" aussi. Et je... je... j'ai bien aimé. Je suis désolé. J'ai honte.
Jacques Dessange aime ça.

7– On m'a déjà proposé de faire un casting pour de la télé-réalité, un truc de rencontres/séduction façon "L'amour est dans le pré" à priori. Ah ah ah! Même pas en rêve! Non sérieux, j'ai mis des gens à sécher dans mon grenier pour moins que ça... Bon, c'était pas à "moi" personnellement, la proposition s'adressait à tous les membres de l'association de Jeu de Rôle que j'ai la folie l'honneur de présider. C'est bien connu : tous les rôlistes sont de jeunes geeks, puceaux, qui rêvent de se mettre en couple avec une bimbo en plastique écervelée qui maitrise la compétence backstab au level 10. Ou pas, puisque plusieurs des membres de mon asso sont en couple, voire ont des enfants. Et on compte un gros tiers de filles. Fumble pour l'agence de casting donc...
"Aaaah, pas de chance Kévin... fumble sur ton jet de Séduction! Tu vas donc quitter l'aventure!"

8– J'adore apprendre des trucs par sérendipité. Et j'adore le mot sérendipité, que j'ai d'ailleurs appris par sérendipité il y a quelques années de cela. Je trouve d'ailleurs que la fonction "article au hasard" de Wikipédia est une excellente source de sérendipité.
Bon, soyons honnêtes, la plupart du temps on tombe sur un article juste chiant.

9– Si je devais choisir un superpouvoir, je ne choisirais pas de voler. C'est moisi, banal, et c'est un coup à se viander un avion ou se prendre un drone dans le croupion. La super-force non plus. C'est trop commun! Et puis ça fait vraiment pouvoir de gros bourrin peu subtil, sans compter que ça se révèle finalement assez peu utile à part pour frimer. L'invisibilité non plus : c'est juste un pouvoir de gros lâche ou de pervers de vestiaire. L'immortalité... bof, j'ai peur que ça me pèse un peu, surtout vers la fin. Le déplacement spatio-temporel (téléportation), ça pourrait être sympa, mais ça me semble quand même vachement risqué. Non, le truc qui me botterait, ça serait un pouvoir de glossolalie. Pas la maladie hein, juste la capacité à parler (et même lire et écrire) n'importe quelle langue! Parce que déjà franchement, en terme de frime c'est la classe internationale. Ensuite, ça permettrait de décrypter des écrits anciens et de percer leurs mystères. En plus, parler une langue, ça reste le meilleur moyen de comprendre une culture, et donc de vivre en paix avec les autres (ou d'insulter leur mère dans un langage inconnu), ce qui est tout de même grave cool. Enfin, si jamais des extraterrestres débarquaient un jour, je serais à l'évidence l'homme de la situation pour leur parler.
Mais tout super héros à sa kryptonite. La mienne, c'est le Skyblog.

10–Maman Koala craque pour l'acteur Jensen Ackles :
Je ne vois vraiment pas ce qu'elle lui trouve...
 Si cet homme me lit un jour, je tiens à ce qu'il sache que je le méprise cordialement. Mais d'une force !!!

Hum... bon... psssst! Pssssssssst! Sérieusement... comment tu fais pour le six-pack là? Parce que moi, j'ai beau essayer de gonfler les abdos, ça remue juste un peu le gras...

mercredi 8 janvier 2014

L'e. coli de Noël révolutionnaire incuba : Fidèle Gastro

Increvable. Invulnérable. Chaque année, on pense que c'est sa dernière, mais non... C'est pourtant pas faute d'avoir tenté de lui faire la peau : même les "spécialistes" n'ont pu y parvenir à ce jour. Et quand on croit y avoir enfin échappé : paf, nous voilà à genoux en train de crier "Raoul". Rien à faire, ces révolutionnaires semblent résister à tout, et se répandent autour de nous comme les spécialités lyonnaises à base de brochet dans les journaux anxiogènes de J. P. Pernaut.
Comme lui, mais le Spasfon® et le Motilium® ne marchent pas dans son cas à lui...
C'est un peu comme la grippe (d'ailleurs on l'appelle parfois "grippe intestinale"), et la médecine... pardon, la Médecine dans sa toute puissance vaccinale (rhooo? de l'ironie? moi? voyons, ça serait mal me connaître), semble tout aussi incapable d'en venir à bout.
Mais pourquoi diable parle-je de révolutionnaires me direz-vous? Et bien techniquement, nous sommes en permanence porteurs de e. coli, qui est une bactérie intestinale plutôt sympa normalement, participant à la digestion. Mais il semble que par moment, celle-ci se rebelle et devienne pathogène. La plupart des médecins pensent que ça serait lié à des souches spécifiques. D'autres postulent que le retour chaque année à la même saison de la fidèle gastro est plutôt liée à notre changement d'alimentation au moment des fêtes de fin d'année (nourriture plus riche, plus grasse, avec souvent plus d'alcool, et en plus grosse quantité) qui :

  1. fatiguerait notre organisme et affaiblirait notre système immunitaire déjà un peu usé par les laryngites, grippes, angines (et j'en passe) également de saison
  2. empêcherait ce même système immunitaire de jouer alors correctement son rôle en régulant la population d'e. coli présente naturellement dans notre système digestif
  3. favoriserait le développement des ces mêmes e. coli sous leur version pathogène par des substances riches qu'elles affectionnent
  4. et hop! c'est la révolution dans votre intestin grêle!
Vous me direz surement "Oui, mais il m'est déjà arrivé d'être malade sans avoir fait d'excès, voir avant les fêtes!". C'est pas faux, mais e. coli est très contagieuse :  si une personne de votre environnement l'a choppé, les chances de vous la refiler sont élevées (une seule poignée de mains pas parfaitement propres peut suffire, ou un bisou baveux, une léchouille, un verre ma lavé).

Bref, en tous cas, Fidèle Gastro arriva chez nous par une belle journée de décembre dans l'organisme de maman Koala, et incuba.
"Compañeros! Viva la revolución intestinale!" 
Et comme maman Koala est partageuse, elle le refila à notre princesse-guerrière favorite, Xéna qui décida donc un beau matin de reparfumer ses draps. Mais maman Koala et sa warrior de fille sont des battantes : elles se remirent en 24h à peine. Bien moins de temps que Plouf-le-cascadeur et moi-même qui fument les dernières victimes innocentes de nos révolutionnaires en goguette et avons bien mis 48h à nous en remettre.

Et laissez-moi vous dire une chose : quand vous sentez que vous avez une bouffée de chaleur, accompagnée d'une nausée et des quelques spasmes, vous trouvez subitement que :
  1. sauter du lit
  2. ouvrir la porte de la chambre
  3. descendre (ou dévaler, ou dégringoler) l'escalier
  4. ouvrir la porte de la cuisine
  5. ouvrir la porte du petit couloir glacial (sorte de warp zone sub-arctique connectée à notre maison par une sorte de trou de ver, je ne vois pas d'autre explication)
  6. ouvrir la porte de la salle de bain
  7. soulever la lunette du grand téléphone en porcelaine
  8. enfin pouvoir crier "Raoul" dans ce même téléphone
et bin ça fait long. Très long. Trop long.
Caramba! Encore raté!
Et sinon, je vous souhaite bonne année. Et surtout, la santé!

lundi 19 août 2013

Chat m'énerve chat!

Certains matins sont plus durs que d'autres. Et bizarrement, quand une journée commence mal, il y a de fortes chances que ça aille en empirant. Là, je suis sur que certains me répondront : "Mais non, faut pas dire ça! Aide-toi et le ciel t'aidera!". Ce à quoi je répondrai : "Le ciel je ne sais pas, les chats : aucune chance!". Dans le film Usual Suspects, Verbal Kint (joué par l'excellent Kevin Spacey) dit : "Le coup le plus rusé que le diable ait jamais réussi, ça a été de faire croire à tout le monde qu'il n'existait pas.". Moi je dirais plutôt que le coup le plus rusé que les chats aient jamais réussi, ça a été de faire croire à l'existence du diable pour pouvoir tout lui coller sur le dos...
Et vous pensiez que Keyser Sözé était dangereux?
Mes horaires de travail sont un peu fluctuant, du coup, mon heure de réveil aussi. Il faut savoir que le papa Hérisson n'est pas particulièrement matinal. Ni spécialement vespéral non plus d'ailleurs. Et pas super nocturne (contrairement à mon pote Colegramme le hérisson du jardin d'ailleurs), non en fait, le papa Hérisson aime bien dormir, souvent et le plus longtemps possible. Là, déjà, logiquement, avec deux gnomes en bas âge à la maison, vous vous dites que c'est mal brêlé. Et vous avez raison, mais ceci étant, les deux petits monstres sont plutôt de bon dormeurs (les gènes de papa Hérisson surement) qui ont fait leurs nuits assez vite et ne sont (en général) pas réveillés de trop bonne heure. Du coup, la principale menace contre le sommeil reste le travail.

La plupart du temps, j'ouvre un œil avant que le réveil-matin ne se manifeste (horloge interne performante), ce qui me permet de me lever et de le couper pour ne pas déranger maman Koala (provisoirement mère au foyer, qui a bien besoin de toute son énergie pour gérer les deux zébulons accrochés à sa fourrure toute la journée). Mais parfois, quand c'est trop tôt ou que je me traine quelques nuits trop courtes, ça rate.

Certaines personnes ont un réveil-matin proposant des sonneries assez délicates avec une lumière tamisée pour un réveil en douceur. Vu que ça coûte un bras et que je tiens aux miens, t'oublies!. Pour d'autre, c'est le radio-réveil, programmé sur une station de leur choix pour un réveil dynamique au son de Freddy Mercury (pour les plus chanceux) ou de Justin Bieber (pour ceux qui ont pissé sur un totem). De base, maman Koala et moi étant partisans de cette option (enfin, Freddy Mercury, pas Justin Bieber hein!), nous avons fait l'acquisition d'un magnifique radio-réveil avec affichage mural fonctionnant sur secteur, équipé de surcroit d'un emplacement piles qui permettent de conserver l'enregistrement des stations, de l'heure, et des différentes programmations en cas de panne de courant (l'installation électrique de la maison n'est pas particulièrement vétuste puisque je l'ai refaite il y a quelques années lors de l'acquisition des lieux, mais les prises disjonctent parfois... j'y reviendrai).

Il y a juste deux petits problèmes :
  1. notre maison se trouve juste derrière une magnifique église du XVIème siècle, classée monument historique et qui possède l'intéressante propriété de faire obstacle à la plupart des ondes électromagnétiques de notre environnement, à savoir : micro-ondes pulsées par la NSA pour le contrôle de nos cerveaux, ondes télépathiques des illuminatis qui veulent dominer le monde, ondes des téléphones portables (je me sens peu concerné, mon portable est antédiluvien et je ne m'en sert pratiquement pas) et ondes radios. Ah. Grosso modo, par temps clair et moyennant une prière à Saint Marconi on capte deux stations : radio-curés qui te diffuse le top cinquante des messes et des cantiques et radio-djeuns-cambrousse qui passe moulte Justin Bieber et autre Superbus. Génial! Va pour radio-curés : de temps en temps, ils diffusent Oldelaf & Monsieur D. (pensant sans doute que "Nathalie, mon amour des JMJ" est une chanson religieuse).
  2. je ne sais pas à quoi servent les piles placées dans le radio-réveil, mais manifestement pas à conserver le moindre réglage : même flambant neuves elles n'ont jamais permis de garder quoi que ce soit suite à une panne de courant, même brève. A titre personnel, je pense qu'elles fournissent l'énergie nécessaire à l'ouverture d'un passage interdimensionnel par lequel des moustiques du jurassique (des bestiaux d'environ 3kg à vide) se faufilent pour nous bouffer la nuit, et par lequel les chaussettes adultères abandonnent leur tendre moitié pour aller pécher l’ichtyosaure. Mais ça n'est qu'une hypothèse. Quoiqu'il en soit, les pannes de courant étant fréquentes, le radio-réveil ne reste pas calibré sur radio-curés et s'allume donc sur radio-parasite (à moins que ça ne soit du Justin Bieber?). Avec le son à fond, parce que sinon c'est pas rigolo.
Ce matin là donc : levé à 6h du mat'. Et évidemment, mon horloge interne dormait aussi, donc à 6h pétantes (enfin, 5h33 et 47 secondes en fait car le radio-réveil prend de l'avance. Oui, je sais, faudrait en changer, mais déjà qu'il m'a coûté un testiboule alors ça attendra que ça repousse...) maman Koala et moi-même fûmes réveillés par une purée de parasites à 140dB (surement un extrait du dernier tube de Benjamin Biolay... quoique ça me paraissait bien rythmé). D'un geste délicat, maman Koala (cherchant à protéger son sommeil et celui de ses enfants créchant dans la chambre voisine) éteignit donc l'appareil importun d'un bon ramponeau bien placé et m'éjecta promptement du lit d'un coup de popotin péremptoire en se fendant d'un :" Mgnnnhigngn rrr pchh chtem!" que je traduisis par :"Debout les campeurs et haut les coeurs!". Mais c'était peut-être : "Bouge tes fesses, c'est l'heure! P.S. : je t'aime!".
Mgnnnhigngn rrr pchh chtem!
La tête dans le pâté, les yeux collés, je me hasardai donc dans la pénombre vers la porte de la chambre, l'ouvris silencieusement, et descendis (avec la démarche souple d'un pachyderme sous tranxene) notre escalier de bois qui grince. Direction les toilettes pour le petit pipi du matin.

Petit point géolocalisation : chez nous pour accéder aux toilettes, il faut traverser le salon, la cuisine et un petit couloir semi-extérieur mal isolé (en décembre par -15° je vous raconte pas le bonheur). Ensuite il faut savoir que sur nos quatre chats, l'une d'entre eux (n°2) est la souffre-douleur des trois autres, ce qui fait que la nuit, nous l'isolons dans la salle de bain, fermée, après la cuisine elle aussi fermée afin que : primo elle soit protégée des assauts vindicatifs des trois autres pénibles, et secundo si elle passe sa nuit à gueuler comme un âne (si si, elle est stérilisée) cela ne nuise pas à notre sommeil.
Plan de mon rez-de-chaussé (édition décembre 2012)

Je rentre donc dans les toilettes... tient? Quelle est cette sensation humide qui s'insinue dans ma chaussette droite? Super, chat n°2 a fait pipi par terre. Comprendre : juste dans l'entrée de la pièce, à 13,4cm de la litière propre qui se trouve là juste pour elle. Restons zens, j'aime les chats.
Pipi du matin : check! Je repasse dans la cuisine, ouvre la porte du salon. A cet instant, chat n°4 (la petite dernière récupérée au 15 juillet dernier, après son abandon par quelque irresponsable/lâche/ individu lucide partant peut être en vacance) se jette sur mes jambes pour y grimper à la force des griffes : elle à faim. Retenant mes larmes, je me dirige vers le placard avec le chat suspendu à ma cuisse, attrape sa gamelle et y verse quelques croquettes. Elle me lâche pour aller manger, je me fais 4 points de suture. J'aime les chats.

De retour dans la salon, j'attrape mes vêtements du jour, consciencieusement pliés sur le canapé. Mais... quelle est cette sensation visqueuse sur mes mains? Oh, du vomis de chat sur ma chemise propre. J'AIME LES CHATS BORDEL! Ok, donc :
  1. remonter subrepticement dans la chambre
  2. aller ouvrir à tâtons le placard contenant les fringues
  3. choisir une paire de chaussettes, une chemise et un pantalon au hasard dans l'obscurité (en croisant les doigts pour ne pas tomber sur la chemise à paillette de la dernière soirée années 80 et le pantalon-treilli-zombie-ensanglantée de la soirée apocalypse)
  4. repartir (toujours dans l'obscurité)
  5. se cogner violemment le petit orteil sur le lit,
  6. entendre maman Koala émettre un "Mgnneu? kjpfdrrr pchh..." (traduction = "ça va mon chéri? tu ne t'es pas fait mal?", à moins que ça ne soit "Tu pourrais faire moins de bruit s'te plait, y en a qui dorment!", ou encore "Les chats! Taisez-vous! Pchiiit!").
  7. laisser perler une larme le long de ma joue en gardant un visage stoïque
  8. me dépêcher de descendre discrêtement-pachyderme-tranxene-machin-tout-ça
  9. sortir de la maison
  10. aller hurler sur la colline
  11. revenir
  12. J'AIME CES P*#&@ DE CHATS!
Vestige de l'évolution, le petit orteil n'existe que pour s'exploser sur un coin de meuble, sachez-le!

Et là, tu te rapproche du canapé pour t'habiller. Et de nouveau, tu as une drôle de sensation au niveau de ton pied droit (nu cette fois puisque tu as déjà incinéré les chaussettes que tu portais en marchant dans la flaque de pipi de la salle de bain. C'est humide et visqueux, et ça s'insinue entre tes petits orteils délicats (et propres, tu viens de te laver le pied dans la salle de bain suite à l'incident-pipi... suivez un peu bon sang!). Du vomis de chat. Manifestement, l'un des félins ici présent (n°1, n°3 ou n°4) a décidé de rejouer une scène de l'Exorciste pendant la nuit : outre ta chemise, ton canapé et ton tapis ont pris cher aussi. Bon. Aller se re-nettoyer le pied en notant mentalement de trouver l'adresse d'un bon taxidermiste, et en se disant que cette journée commence mal.
Bon sang, mais quelle peut-être la contenance d'un chat?

A ce stade, je me disais fort justement que les chats étaient de sérieux emmerdeurs de petits coquins et qu'ils avaient fait fort ce coup là. Naïf que j'étais : une symphonie n'est rien sans son requiem.

Toujours un peu léthargique bien que sous le coup de la colère, je vais pour préparer mon petit déjeuner. Chat n°4 jailli de la cuisine ou je l'avais enfermée pour qu'elle mange ses croquettes. Et m... mince! Le pain. Cette affamée a bouffé toutes ses croquettes, puis attaqué le pain. Rhaaa! Mais c'est pas vrai? Ils ont un trou noir ,à la place de l'estomac? Ah non, c'est vrai, ils vomissent après. Surement des crypto-anorexiques. Ronchonnant, je découpe mes tartines, les colle dans le grille-pain et prépare mon café en ruminant des pensées incluant des chats, de la corde, un sac de toile de jute, des parpaings et un taxidermiste. Puis muni de mes tartines beurrées et confiturées, je me pose devant mon ordinateur avec mon café pour y mater le dernier article d'un Odieux Connard.

Soudain : bruit de métal chutant sur le sol. Dans la cuisine. Je me précipite. Faisant tomber le couteau, chat n°4 est en train de lécher le beurre que j'ai omis de remettre au frigo.
...
...
Xlptk! Pchiiiiit! Fiche le camp sale bête! Je range le beurre au frigo, dégage chat n°4 et ferme la porte de la cuisine. Je retourne à l'ordinateur, et dégage chat n°4 en train de manger mes tartines. Purée!!! Mais elle est partout celle-là! On en a combien d'exemplaire? Qui l'a mouillée?
Je me demande bien quel animal a pu inspirer le créateur des gremlins...
Je continue mon p'tit déj' en ricanant bêtement devant le spoiler de Pacific Rim. Soudain, Ecran noir. Plus de courant. Ah. Je check le tableau électrique : en effet, c'est disjoncté. Je rejoncte. Et ça re-disjoncte. Grrr. Je teste pièce par pièce : c'est la cuisine. Ok, allons checker la cuisine. Prise du four : pleine d'un liquide jaunâtre dont l'odeur ôte le moindre doute qu'il pourrait y avoir quant à la provenance. Et même pas de cadavre de chat électrocuté... quelle déception. Je nettoie, je rebranche, et je vais rejoncter avant d'aller finir mon p'tit déj'. Puis je retourne dans la cuisine pour préparer ma boite déjeuner et faire ma vaisselle.
Le condensateur du futur. Et en plus il est kawaï.

Il faut savoir que je ne dispose que d'une heure pour ma pause déjeuner (comme beaucoup de gens me direz-vous...), et que mon entreprise ne dispose pas d'une cantine. Comme je travaille à plus de trente bornes de mon domicile, rentrer manger chez moi est inenvisageable. Il y a bien une série de resto/cafet'/fast-food/pizzeria dans la galerie commerciale voisine, mais celle-ci se trouve à environ 1/4 d'heure de marche (14 minutes en courant, enfin quand moi je cours, 25 à cloche-pied). Ou 5 minutes en voiture, mais comme le parking de l'entreprise doit comporter environ 200 places pour 800 employés, tu réfléchi sérieusement avant de libérer celle pour laquelle tu as dû plier trois cadavres dans ton coffre (en attente d'un séchage en règle au grenier, ou d'une inhumation dans le jardin). Reste la solution de disposer d'une boite-repas, de préférence thermos pour manger chaud. Solution qui a donc été retenue par votre serviteur.

Du coup, le matin, je fais griller aussi mes tartines pour le midi, car j'aime bien manger un peu de pain avec le fromage que j'emmène (je suis assez épicurien). J'ouvre donc la porte de la cuisine. Chat n°1 se sauve comme s'il avait fait une bêtise. Qu'est-ce qu'il fichait là celui là? Zut j'ai dû l'enfermer en virant chat n°4...
Manifestement, il devait avoir faim, puisqu'il a mangé la moitié de mes tartines grillées (constituées de pain déjà partiellement boulotté par un chat je le rappelle). Pourquoi est-ce que j'entends soudain les grandes orgues dans ma tête?



– Allo? Le taxidermiste? Vous faites des prix de gros?